Sens (1)⟹(2).
Supposons que p∘q=q∘p=0.
- Comme p∘q=q∘p, les endomorphismes p et q commutent.
- p et q sont des projecteurs, ils sont donc diagonalisables.
- Un résultat classique du cours affirme que deux endomorphismes diagonalisables qui commutent sont simultanément diagonalisables.
Il existe donc une base B de E telle que les matrices de p et q soient diagonales. Notons :
MB(p)=diag(λ1,…,λn)etMB(q)=diag(μ1,…,μn) Comme p et q sont de rang 1, un seul coefficient diagonal est égal à 1 pour chacun, les autres étant nuls.
De plus, la condition p∘q=0 impose que pour tout i∈{1,…,n}, λiμi=0.
Ainsi, les indices des coefficients non nuls sont distincts.
Soit u=αp+βq∈Vect(p,q). Sa matrice dans la base B est :
MB(u)=αMB(p)+βMB(q)
Cette matrice est diagonale car elle est une combinaison linéaire de matrices diagonales.
Tout eˊleˊment de Vect(p,q) est donc diagonalisable. Sens (2)⟹(1).
Supposons que tout élément de Vect(p,q) est diagonalisable.
Étape 1 : Montrons que (p) \neq \operatorname{Im}(q)Im(p)=Im(q).}
Supposons par l'absurde que Im(p)=Im(q)=Kx avec x=0.
Alors pour tout v∈E, p(v)=ϕ(v)x et q(v)=ψ(v)x où ϕ,ψ∈E∗.
Comme p(x)=x et q(x)=x (car x est dans l'image de projecteurs), on a ϕ(x)=ψ(x)=1.
Considérons l'endomorphisme u=p−q. On a u(v)=(ϕ(v)−ψ(v))x.
u est de rang au plus 1. Son unique valeur propre potentiellement non nulle est sa trace :
Tr(u)=Tr(p)−Tr(q)=1−1=0
Un endomorphisme de rang 1 et de trace nulle est nilpotent d'indice 2 (car
u2=Tr(u)u=0).
Pour être diagonalisable, il doit être nul. Or
p=q par hypothèse, donc
u=0.
C'est une contradiction. Donc
Im(p)=Im(q).
Par dualité (ou en considérant les transposées), on montre de même que
Ker(p)=Ker(q).
Étape 2 : Analyse de l'action de p et q.
Soient x un générateur de Im(p) et y un générateur de Im(q).
D'après l'étape 1, (x,y) est une famille libre.
On peut écrire p(v)=ϕ(v)x avec ϕ(x)=1 et q(v)=ψ(v)y avec ψ(y)=1.
Calculons les produits :
p(q(v))=p(ψ(v)y)=ψ(v)p(y)=ψ(v)ϕ(y)x
q(p(v))=q(ϕ(v)x)=ϕ(v)q(x)=ϕ(v)ψ(x)y
Pour montrer
p∘q=q∘p=0, il suffit de prouver que
ϕ(y)=0 et
ψ(x)=0.
Étape 3 : Utilisation de la diagonalisabilité de u=p+λq.
Considérons le plan P=Vect(x,y). Ce plan est stable par p et q.
En effet p(x)=x, p(y)=ϕ(y)x, q(x)=ψ(x)y et q(y)=y.
La matrice de uλ=p+λq restreint à P dans la base (x,y) est :
Mλ=(1ψ(x)λϕ(y)λ)
Le polynôme caractéristique de cette restriction est
X2−(1+λ)X+λ(1−ϕ(y)ψ(x)).
Le discriminant est
Δ=(1+λ)2−4λ(1−ϕ(y)ψ(x))=(1−λ)2+4λϕ(y)ψ(x).
Si ϕ(y)ψ(x)=0, on peut choisir λ∈C tel que Δ=0 (avec λ=0,1).
L'endomorphisme aurait une valeur propre double sans être une homothétie, ce qui contredit la diagonalisabilité.
Donc ϕ(y)ψ(x)=0.
Supposons par exemple ϕ(y)=0. Alors Δ=(1−λ)2.
Pour λ=1, Δ=0. La valeur propre est 1 (double).
Pour que u1=p+q soit diagonalisable, sa restriction à P doit être l'identité I2.
Or la matrice est M1=(1ψ(x)01).
Celle-ci est égale à I2 si et seulement si ψ(x)=0.
On en déduit ϕ(y)=0 et ψ(x)=0, d'où p∘q=0 et q∘p=0.