WikiPrépaLivrets

Soit AA la matrice de M3(R)\mathcal{M}_3(\mathbb{R}) définie par :

A=(2−125−33−10−2)A = \begin{pmatrix} 2 & -1 & 2
5 & -3 & 3
-1 & 0 & -2 \end{pmatrix}

  1. Calculer le polynôme caractéristique de AA, noté χA\chi_A. La matrice AA est-elle diagonalisable ?
  2. Déterminer une base de R3\mathbb{R}^3 dans laquelle la matrice de l'endomorphisme canoniquement associé à AA est triangulaire supérieure.
  3. En déduire une matrice inversible PP et une matrice triangulaire TT telles que A=PTP−1A = PTP^{-1}.

1.

Calculer χA(X)=det⁡(XI3−A)\chi_A(X) = \det(XI_3 - A). On pourra développer suivant la dernière ligne pour simplifier les calculs.

2.

Une fois la valeur propre unique λ\lambda trouvée, chercher un vecteur propre v1v_1.

3.

Compléter la famille par des vecteurs v2v_2 et v3v_3 vérifiant par exemple (A−λI)v2=v1(A-\lambda I)v_2 = v_1 et (A−λI)v3=v2(A-\lambda I)v_3 = v_2 pour obtenir une forme de "chaîne".

Idées clés

•

Calcul du polynôme caractéristique pour identifier le spectre.

•

Étude de la dimension des sous-espaces propres pour tester la diagonalisabilité.

•

Construction d'une base adaptée à la réduction (méthode des noyaux itérés).

1. Calcul du polynôme caractéristique.

Calculons χA(X)=det⁡(XI3−A)\chi_A(X) = \det(XI_3 - A) :

χA(X)=∣X−21−2−5X+3−310X+2∣\chi_A(X) = \begin{vmatrix} X-2 & 1 & -2
-5 & X+3 & -3
1 & 0 & X+2 \end{vmatrix}

Développons suivant la dernière ligne :

χA(X)=1×∣1−2X+3−3∣+(X+2)∣X−21−5X+3∣\chi_A(X) = 1 \times \begin{vmatrix} 1 & -2
X+3 & -3 \end{vmatrix} + (X+2) \begin{vmatrix} X-2 & 1
-5 & X+3 \end{vmatrix}

Calculons les déterminants 2×22 \times 2 :

∣1−2X+3−3∣=−3−(−2)(X+3)=−3+2X+6=2X+3\begin{vmatrix} 1 & -2
X+3 & -3 \end{vmatrix} = -3 - (-2)(X+3) = -3 + 2X + 6 = 2X + 3
∣X−21−5X+3∣=(X−2)(X+3)+5=X2+X−6+5=X2+X−1\begin{vmatrix} X-2 & 1
-5 & X+3 \end{vmatrix} = (X-2)(X+3) + 5 = X^2 + X - 6 + 5 = X^2 + X - 1

En remplaçant :

χA(X)=(2X+3)+(X+2)(X2+X−1)\chi_A(X) = (2X + 3) + (X+2)(X^2 + X - 1)
χA(X)=2X+3+(X3+X2−X+2X2+2X−2)\chi_A(X) = 2X + 3 + (X^3 + X^2 - X + 2X^2 + 2X - 2)
χA(X)=X3+3X2+3X+1\chi_A(X) = X^3 + 3X^2 + 3X + 1

On reconnaît une identité remarquable :

χA(X)=(X+1)3\boxed{\chi_A(X) = (X+1)^3}

La matrice admet une unique valeur propre λ=−1\lambda = -1 de multiplicité 3. Pour que AA soit diagonalisable, il faudrait que le sous-espace propre E−1E_{-1} soit de dimension 3, c'est-à-dire que A=−I3A = -I_3, ce qui n'est manifestement pas le cas.

2. Recherche d'une base de trigonalisation.

Cherchons le sous-espace propre E−1=ker⁡(A+I3)E_{-1} = \ker(A + I_3). Soit u=(x,y,z)∈R3u = (x,y,z) \in \mathbb{R}^3 :

(A+I3)u=0  ⟺  (3−125−23−10−1)(xyz)=(000)(A+I_3)u = 0 \iff \begin{pmatrix} 3 & -1 & 2
5 & -2 & 3
-1 & 0 & -1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x
y
z \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0
0
0 \end{pmatrix}

Le système est équivalent à :

{3x−y+2z=05x−2y+3z=0−x−z=0\begin{cases} 3x - y + 2z = 0
5x - 2y + 3z = 0
-x - z = 0 \end{cases}

D'après la dernière équation, z=−xz = -x. En remplaçant dans la première : 3x−y−2x=0  ⟹  y=x3x - y - 2x = 0 \implies y = x. On vérifie dans la deuxième : 5x−2x−3x=05x - 2x - 3x = 0, ce qui est toujours vrai. On a donc E−1=Vect(v1)E_{-1} = \text{Vect}(v_1) avec v1=(1,1,−1)\boxed{v_1 = (1, 1, -1)} (en posant x=1x=1). Comme dim⁡E−1=1<3\dim E_{-1} = 1 < 3, la matrice n'est effectivement pas diagonalisable.

Pour trigonaliser, nous cherchons une base B′=(v1,v2,v3)\mathcal{B}' = (v_1, v_2, v_3) telle que la matrice soit triangulaire. On peut chercher v2v_2 tel que (A+I3)v2=v1(A+I_3)v_2 = v_1 :

(3−125−23−10−1)(xyz)=(11−1)\begin{pmatrix} 3 & -1 & 2
5 & -2 & 3
-1 & 0 & -1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x
y
z \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1
1
-1 \end{pmatrix}

La dernière ligne donne −x−z=−1  ⟹  z=1−x-x-z = -1 \implies z = 1-x. La première ligne donne 3x−y+2(1−x)=1  ⟹  x−y+2=1  ⟹  y=x+13x - y + 2(1-x) = 1 \implies x - y + 2 = 1 \implies y = x+1. En choisissant x=0x=0, on obtient v2=(0,1,1)\boxed{v_2 = (0, 1, 1)}.

Cherchons maintenant v3v_3 tel que (A+I3)v3=v2(A+I_3)v_3 = v_2 :

(3−125−23−10−1)(xyz)=(011)\begin{pmatrix} 3 & -1 & 2
5 & -2 & 3
-1 & 0 & -1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x
y
z \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0
1
1 \end{pmatrix}

La dernière ligne donne −x−z=1  ⟹  z=−1−x-x-z = 1 \implies z = -1-x. La première ligne donne 3x−y+2(−1−x)=0  ⟹  x−y−2=0  ⟹  y=x−23x - y + 2(-1-x) = 0 \implies x - y - 2 = 0 \implies y = x-2. En choisissant x=0x=0, on obtient v3=(0,−2,−1)\boxed{v_3 = (0, -2, -1)}.

3. Conclusion.

Par construction, on a :

Av1=−v1Av_1 = -v_1
Av2=v1−v2Av_2 = v_1 - v_2
Av3=v2−v3Av_3 = v_2 - v_3

La matrice de l'endomorphisme dans la base B′=(v1,v2,v3)\mathcal{B}' = (v_1, v_2, v_3) est donc :

T=(−1100−1100−1)\boxed{T = \begin{pmatrix} -1 & 1 & 0
0 & -1 & 1
0 & 0 & -1 \end{pmatrix}}

La matrice de passage associée est :

P=(10011−2−11−1)\boxed{P = \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0
1 & 1 & -2
-1 & 1 & -1 \end{pmatrix}}

Attention à ne pas se tromper dans la résolution des systèmes (A−λI)vi+1=vi(A-\lambda I)v_{i+1} = v_i. Ces systèmes ont une infinité de solutions car le noyau de (A−λI)(A-\lambda I) n'est pas réduit à {0}\{0\}. Il faut choisir une solution particulière simple.