Soient et deux matrices . On suppose que ces matrices vérifient la relation suivante :
Montrer que la matrice est nilpotente et que son indice de nilpotence est nécessairement un nombre impair.
On pourra introduire l'endomorphisme de l'espace vectoriel des matrices et étudier les puissances de .
Montrer par récurrence que pour tout entier , on a une relation entre et .
Utiliser le fait qu'un endomorphisme en dimension finie ne possède qu'un nombre fini de valeurs propres.
Raisonner par l'absurde sur la parité de l'indice de nilpotence.
Utilisation de l'opérateur de commutation .
Recherche de vecteurs propres pour cet opérateur dans l'algèbre des matrices.
Propriété de finitude du spectre en dimension finie.
Résolution.
Considérons l'application linéaire définie par :
L'énoncé nous donne la relation fondamentale : .
Initialisation : Pour , , ce qui correspond bien à .
Hérédité : Soit tel que . Calculons :
\begin{align*}
\Phi(B^{2k+2}) &= A B^{2k+2} - B^{2k+2} A
&= (A B^2 - B^2 A) B^{2k} + B^2 (A B^{2k} - B^{2k} A)
&= B \cdot B^{2k} + B^2 \cdot \Phi(B^{2k})
\end{align*}
En utilisant l'hypothèse de récurrence :
\begin{align*}
\Phi(B^{2k+2}) &= B^{2k+1} + B^2 (k B^{2k-1})
&= B^{2k+1} + k B^{2k+1}
&= (k+1) B^{2k+1}
\end{align*}
La propriété est donc démontrée par récurrence.
Une erreur fréquente serait de vouloir utiliser la trace. Ici, car la trace d'un commutateur est nulle, ce qui montre que a une trace nulle, mais cela ne suffit pas à prouver la nilpotence (sauf si l'on montre que pour tout , ce qui est plus long ici).