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Soient n∈N∗n \in \mathbb{N}^* et deux matrices A,B∈Mn(C)A, B \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}). On suppose que ces matrices vérifient la relation suivante :

AB2−B2A=BA B^2 - B^2 A = B

Montrer que la matrice BB est nilpotente et que son indice de nilpotence est nécessairement un nombre impair.

1.

On pourra introduire l'endomorphisme de l'espace vectoriel des matrices Φ:M↦AM−MA\Phi : M \mapsto AM - MA et étudier les puissances de BB.

2.

Montrer par récurrence que pour tout entier k≥1k \geq 1, on a une relation entre B2k−1B^{2k-1} et B2kB^{2k}.

3.

Utiliser le fait qu'un endomorphisme en dimension finie ne possède qu'un nombre fini de valeurs propres.

4.

Raisonner par l'absurde sur la parité de l'indice de nilpotence.

Idées clés

•

Utilisation de l'opérateur de commutation M↦[A,M]M \mapsto [A, M].

•

Recherche de vecteurs propres pour cet opérateur dans l'algèbre des matrices.

•

Propriété de finitude du spectre en dimension finie.

Résolution.

Considérons l'application linéaire Φ:Mn(C)→Mn(C)\Phi : \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) \to \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) définie par :

∀M∈Mn(C),Φ(M)=AM−MA\forall M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}),   \Phi(M) = AM - MA

L'énoncé nous donne la relation fondamentale : Φ(B2)=B\Phi(B^2) = B.

  1. Établissons une relation de récurrence sur les puissances de BB. Montrons par récurrence que pour tout k∈N∗k \in \mathbb{N}^* :
    Φ(B2k)=kB2k−1\boxed{\Phi(B^{2k}) = k B^{2k-1}}

    Initialisation : Pour k=1k=1, Φ(B2)=AB2−B2A=B\Phi(B^2) = AB^2 - B^2A = B, ce qui correspond bien à 1⋅B2(1)−11 \cdot B^{2(1)-1}. Hérédité : Soit k≥1k \geq 1 tel que Φ(B2k)=kB2k−1\Phi(B^{2k}) = k B^{2k-1}. Calculons Φ(B2k+2)\Phi(B^{2k+2}) : \begin{align*} \Phi(B^{2k+2}) &= A B^{2k+2} - B^{2k+2} A
    &= (A B^2 - B^2 A) B^{2k} + B^2 (A B^{2k} - B^{2k} A)
    &= B \cdot B^{2k} + B^2 \cdot \Phi(B^{2k}) \end{align*}

    En utilisant l'hypothèse de récurrence : \begin{align*} \Phi(B^{2k+2}) &= B^{2k+1} + B^2 (k B^{2k-1})
    &= B^{2k+1} + k B^{2k+1}
    &= (k+1) B^{2k+1} \end{align*} La propriété est donc démontrée par récurrence.

  2. Montrons que BB est nilpotente. Supposons que pour tout k≥1k \geq 1, B2k−1≠0B^{2k-1} \neq 0. D'après la relation précédente, pour tout kk tel que B2k−1≠0B^{2k-1} \neq 0, la matrice B2k−1B^{2k-1} est un vecteur propre de Φ\Phi associé à la valeur propre kk. Si B2k−1B^{2k-1} n'est jamais nulle, alors Φ\Phi possèderait une infinité de valeurs propres distinctes (tous les entiers naturels kk). Or, Φ\Phi est un endomorphisme d'un espace de dimension finie n2n^2, donc son spectre est fini (il contient au plus n2n^2 éléments). Il existe donc nécessairement un entier kk tel que :
    B2k−1=0\boxed{B^{2k-1} = 0}
    Ainsi, BB est nilpotente.

  3. Déterminons la parité de l'indice de nilpotence. Soit mm l'indice de nilpotence de BB, c'est-à-dire le plus petit entier tel que Bm=0B^m = 0. Par définition, Bm−1≠0B^{m-1} \neq 0. Supposons, par l'absurde, que mm soit pair. On peut alors écrire m=2km = 2k avec k∈N∗k \in \mathbb{N}^*. Comme mm est l'indice de nilpotence, on a B2k=0B^{2k} = 0. Reprenons la relation démontrée à la question 1 :
    Φ(B2k)=kB2k−1\Phi(B^{2k}) = k B^{2k-1}
    Puisque B2k=0B^{2k} = 0, on a Φ(B2k)=Φ(0)=0\Phi(B^{2k}) = \Phi(0) = 0. D'où :
    kB2k−1=0k B^{2k-1} = 0
    Comme k≥1k \geq 1, cela implique B2k−1=0B^{2k-1} = 0, soit Bm−1=0B^{m-1} = 0. Ceci contredit le fait que mm est l'indice de nilpotence de BB (le plus petit entier annulateur). L'indice de nilpotence mm ne peut donc pas être pair. On en conclut :
    m est impair\boxed{m \text{ est impair}}

Une erreur fréquente serait de vouloir utiliser la trace. Ici, Tr(B)=Tr(AB2−B2A)=0\text{Tr}(B) = \text{Tr}(AB^2 - B^2A) = 0 car la trace d'un commutateur est nulle, ce qui montre que BB a une trace nulle, mais cela ne suffit pas à prouver la nilpotence (sauf si l'on montre que Tr(Bk)=0\text{Tr}(B^k)=0 pour tout kk, ce qui est plus long ici).