Soient , et deux matrices de , et un complexe non nul. On suppose que ces matrices vérifient la relation suivante :
Montrer que la matrice est nilpotente et que son indice de nilpotence est un nombre impair.
Pour la nilpotence, utiliser la trace des puissances de en exploitant la linéarité et la propriété de cyclicité .
On rappelle qu'une matrice est nilpotente si et seulement si pour tout .
Pour l'indice de nilpotence, on pourra utiliser la formule du commutateur d'une puissance : .
Raisonner par l'absurde en supposant que l'indice de nilpotence est pair, soit .
Caractérisation de la nilpotence par la trace des puissances.
Utilisation de l'identité des commutateurs pour les puissances d'une matrice.
Raisonnement par l'absurde sur la parité de l'indice.
1. Montrons que est une matrice nilpotente.
D'après l'énoncé, nous avons la relation . Comme , on peut écrire :
Soit . Calculons la trace de . En utilisant l'expression ci-dessus :
Par linéarité de la trace, on obtient :
En utilisant la propriété de cyclicité du commutateur (), nous avons :
En injectant ce résultat dans l'expression de , il vient :
\boxed{ \forall k \in \mathbb{N}^*, Tr(B^k) = 0 }
Comme nous travaillons sur , une matrice dont toutes les traces des puissances sont nulles est nilpotente. Ainsi, est nilpotente.
\vspace{0.5cm} 2. Montrons que l'indice de nilpotence de est impair.
Soit l'indice de nilpotence de . Par définition :
Supposons, par l'absurde, que soit un nombre pair. On peut alors poser avec . Considérons le commutateur . D'une part, comme , nous avons :
D'autre part, nous utilisons la formule classique du commutateur pour une puissance :
En appliquant cette formule à , et sachant que , il vient :
Simplifions les puissances de à l'intérieur de la somme :
La somme devient alors :
En égalisant les deux expressions obtenues pour , nous en déduisons :
Puisque et (car est nilpotente d'indice ), on en conclut que :
Or, nous avons supposé que était l'indice de nilpotence, ce qui implique . Nous obtenons une contradiction. L'indice de nilpotence ne peut donc pas être pair.
\boxed{ p \text{ est un nombre impair} }
Une erreur classique consiste à affirmer que implique nilpotente. C'est faux (penser à une matrice de trace nulle mais non nilpotente comme ). Il est impératif de montrer que pour toutes les puissances (ou au moins jusqu'à ).