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Soient n∈N∗n \in \mathbb{N}^*, AA et BB deux matrices de Mn(C)\mathcal{M}_{n}(\mathbb{C}), et α\alpha un complexe non nul. On suppose que ces matrices vérifient la relation suivante :

AB2−B2A=αBA B^{2} - B^{2} A = \alpha B

Montrer que la matrice BB est nilpotente et que son indice de nilpotence est un nombre impair.

1.

Pour la nilpotence, utiliser la trace des puissances de BB en exploitant la linéarité et la propriété de cyclicité Tr(XY)=Tr(YX)Tr(XY) = Tr(YX).

2.

On rappelle qu'une matrice M∈Mn(C)M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) est nilpotente si et seulement si Tr(Mk)=0Tr(M^k) = 0 pour tout k∈{1,…,n}k \in \{1, \dots, n\}.

3.

Pour l'indice de nilpotence, on pourra utiliser la formule du commutateur d'une puissance : [A,Xk]=∑j=0k−1Xj[A,X]Xk−1−j[A, X^k] = \sum_{j=0}^{k-1} X^j [A, X] X^{k-1-j}.

4.

Raisonner par l'absurde en supposant que l'indice de nilpotence pp est pair, soit p=2kp=2k.

Idées clés

•

Caractérisation de la nilpotence par la trace des puissances.

•

Utilisation de l'identité des commutateurs pour les puissances d'une matrice.

•

Raisonnement par l'absurde sur la parité de l'indice.

1. Montrons que BB est une matrice nilpotente.

D'après l'énoncé, nous avons la relation αB=[A,B2]\alpha B = [A, B^2]. Comme α≠0\alpha \neq 0, on peut écrire :

B=1α(AB2−B2A)B = \frac{1}{\alpha} (A B^2 - B^2 A)

Soit k∈N∗k \in \mathbb{N}^*. Calculons la trace de BkB^k. En utilisant l'expression ci-dessus :

Tr(Bk)=Tr(B⋅Bk−1)=1αTr((AB2−B2A)Bk−1)Tr(B^k) = Tr\left( B \cdot B^{k-1} \right) = \frac{1}{\alpha} Tr\left( (A B^2 - B^2 A) B^{k-1} \right)

Par linéarité de la trace, on obtient :

Tr(Bk)=1α(Tr(AB2Bk−1)−Tr(B2ABk−1))=1α(Tr(ABk+1)−Tr(B2(ABk−1)))Tr(B^k) = \frac{1}{\alpha} \left( Tr(A B^2 B^{k-1}) - Tr(B^2 A B^{k-1}) \right) = \frac{1}{\alpha} \left( Tr(A B^{k+1}) - Tr(B^2 (A B^{k-1})) \right)

En utilisant la propriété de cyclicité du commutateur (Tr(XY)=Tr(YX)Tr(XY) = Tr(YX)), nous avons :

Tr(B2(ABk−1))=Tr((ABk−1)B2)=Tr(ABk+1)Tr(B^2 (A B^{k-1})) = Tr((A B^{k-1}) B^2) = Tr(A B^{k+1})

En injectant ce résultat dans l'expression de Tr(Bk)Tr(B^k), il vient :

Tr(Bk)=1α(Tr(ABk+1)−Tr(ABk+1))=0Tr(B^k) = \frac{1}{\alpha} \left( Tr(A B^{k+1}) - Tr(A B^{k+1}) \right) = 0

\boxed{ \forall k \in \mathbb{N}^*,   Tr(B^k) = 0 }

Comme nous travaillons sur C\mathbb{C}, une matrice dont toutes les traces des puissances sont nulles est nilpotente. Ainsi, BB est nilpotente.

\vspace{0.5cm} 2. Montrons que l'indice de nilpotence de BB est impair.

Soit pp l'indice de nilpotence de BB. Par définition :

Bp=0etBp−1≠0B^p = 0   \text{et}   B^{p-1} \neq 0

Supposons, par l'absurde, que pp soit un nombre pair. On peut alors poser p=2kp = 2k avec k∈N∗k \in \mathbb{N}^*. Considérons le commutateur [A,(B2)k][A, (B^2)^k]. D'une part, comme B2k=Bp=0B^{2k} = B^p = 0, nous avons :

[A,(B2)k]=[A,B2k]=[A,0]=0[A, (B^2)^k] = [A, B^{2k}] = [A, 0] = 0

D'autre part, nous utilisons la formule classique du commutateur pour une puissance XkX^k :

[A,Xk]=∑j=0k−1Xj[A,X]Xk−1−j[A, X^k] = \sum_{j=0}^{k-1} X^j [A, X] X^{k-1-j}

En appliquant cette formule à X=B2X = B^2, et sachant que [A,B2]=αB[A, B^2] = \alpha B, il vient :

[A,(B2)k]=∑j=0k−1(B2)j(αB)(B2)k−1−j[A, (B^2)^k] = \sum_{j=0}^{k-1} (B^2)^j (\alpha B) (B^2)^{k-1-j}

Simplifions les puissances de BB à l'intérieur de la somme :

(B2)jB(B2)k−1−j=B2j⋅B⋅B2k−2−2j=B2j+1+2k−2−2j=B2k−1(B^2)^j B (B^2)^{k-1-j} = B^{2j} \cdot B \cdot B^{2k-2-2j} = B^{2j + 1 + 2k - 2 - 2j} = B^{2k-1}

La somme devient alors :

[A,(B2)k]=∑j=0k−1αB2k−1=kαB2k−1[A, (B^2)^k] = \sum_{j=0}^{k-1} \alpha B^{2k-1} = k \alpha B^{2k-1}

En égalisant les deux expressions obtenues pour [A,(B2)k][A, (B^2)^k], nous en déduisons :

kαB2k−1=0k \alpha B^{2k-1} = 0

Puisque α≠0\alpha \neq 0 et k≥1k \ge 1 (car BB est nilpotente d'indice p≥1p \ge 1), on en conclut que :

B2k−1=0\boxed{ B^{2k-1} = 0 }

Or, nous avons supposé que p=2kp = 2k était l'indice de nilpotence, ce qui implique Bp−1=B2k−1≠0B^{p-1} = B^{2k-1} \neq 0. Nous obtenons une contradiction. L'indice de nilpotence pp ne peut donc pas être pair.

\boxed{ p \text{ est un nombre impair} }

Une erreur classique consiste à affirmer que Tr(B)=0Tr(B)=0 implique BB nilpotente. C'est faux (penser à une matrice de trace nulle mais non nilpotente comme diag(1,−1)diag(1,-1)). Il est impératif de montrer que Tr(Bk)=0Tr(B^k)=0 pour toutes les puissances kk (ou au moins jusqu'à nn).