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Soit n∈N∗n \in \mathbb{N}^*. Pour A∈Mn(C)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}), on note Γ(A)\Gamma(A) son commutant et Bic(A)={C∈Mn(C)∣∀B∈Γ(A),BC=CB}\text{Bic}(A) = \{C \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) \mid \forall B \in \Gamma(A), BC = CB\} son bicommutant.

  1. Soit AA une matrice de transposition dans Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}) (matrice associée à une transposition τ∈Sn\tau \in \mathfrak{S}_n). Déterminer la dimension de Γ(A)\Gamma(A).
  2. Soit JJ une matrice nilpotente d'indice nn (Jn=0J^n=0 et Jn−1≠0J^{n-1} \neq 0). Montrer que dim⁡Γ(J)=n\dim \Gamma(J) = n.
  3. On suppose AA diagonalisable.
    1. Déterminer la dimension de Bic(A)\text{Bic}(A).
    2. Montrer que Bic(A)=C[A]\text{Bic}(A) = \mathbb{C}[A].

1.

Pour la question 1, une transposition est diagonalisable. Identifier ses valeurs propres et leurs multiplicités.

2.

Pour la question 2, utiliser le fait que JJ est semblable à un bloc élémentaire. On peut aussi tester le commutant d'une matrice décalage.

3.

Pour le bicommutant, utiliser la structure par blocs du commutant trouvée dans l'exercice 1.

Idées clés

•

Lien entre spectre et commutant pour les matrices remarquables.

•

Structure du bicommutant pour les endomorphismes diagonalisables.

•

Propriétés des matrices nilpotentes d'indice maximal.

Résolution.

  1. Matrice de transposition. Soit AA la matrice de la transposition τ=(i,j)\tau = (i,j). AA est une matrice de permutation, donc diagonalisable. Ses valeurs propres sont les racines du polynôme X2−1=0X^2-1=0 (car τ2=id\tau^2 = id), soit 11 et −1-1. - L'espace propre E1E_1 est l'hyperplan d'équation xi=xjx_i = x_j, de dimension n−1n-1. - L'espace propre E−1E_{-1} est la droite engendrée par ei−eje_i - e_j, de dimension 1. D'après la formule de l'exercice 1, dim⁡Γ(A)=(n−1)2+12\dim \Gamma(A) = (n-1)^2 + 1^2.
    dim⁡Γ(A)=n2−2n+2\boxed{\dim \Gamma(A) = n^2 - 2n + 2}

  2. Matrice nilpotente d'indice nn. Soit JJ telle que Jn=0J^n=0 et Jn−1≠0J^{n-1} \neq 0. JJ est semblable à la matrice de décalage SS avec des 11 sur la sur-diagonale. Si M=(mi,j)M = (m_{i,j}) commute avec SS, un calcul direct (ou l'étude des puissances de SS) montre que MM doit être une matrice de Toeplitz triangulaire supérieure :
    M=∑k=0n−1akSkM = \sum_{k=0}^{n-1} a_k S^k
    Ces matrices sont exactement les polynômes en SS. La famille (I,S,…,Sn−1)(I, S, \dots, S^{n-1}) est libre, donc :
    dim⁡Γ(J)=n\boxed{\dim \Gamma(J) = n}

  3. Bicommutant du cas diagonalisable.
    1. Soit v∈Bic(u)v \in \text{Bic}(u). vv doit commuter avec tout w∈C(u)w \in \mathcal{C}(u). En prenant pour ww les projections sur les sous-espaces propres EiE_i (qui sont dans le commutant), on voit que vv doit stabiliser les EiE_i. De plus, la restriction viv_i de vv à EiE_i doit commuter avec tout élément de L(Ei)\mathcal{L}(E_i). Les seuls endomorphismes commutant avec tout L(Ei)\mathcal{L}(E_i) sont les homothéties vi=μiIdEiv_i = \mu_i Id_{E_i}. Ainsi, vv est déterminé par le choix de pp scalaires (μ1,…,μp)(\mu_1, \dots, \mu_p).
      dim⁡Bic(A)=pouˋ p est le nombre de valeurs propres distinctes\boxed{\dim \text{Bic}(A) = p   \text{où } p \text{ est le nombre de valeurs propres distinctes}}

    2. On sait que C[A]⊂Bic(A)\mathbb{C}[A] \subset \text{Bic}(A) car AA commute avec son commutant, et toute puissance de AA aussi. La dimension de C[A]\mathbb{C}[A] est le degré du polynôme minimal πA\pi_A. Pour une matrice diagonalisable, deg⁡πA=p\deg \pi_A = p. Par égalité des dimensions, Bic(A)=C[A]\boxed{\text{Bic}(A) = \mathbb{C}[A]}.

Pour la question 3(b), il est crucial de préciser que AA est diagonalisable. Si AA n'est pas diagonalisable, l'égalité Bic(A)=C[A]\text{Bic}(A) = \mathbb{C}[A] reste vraie (Théorème du bicommutant de Von Neumann en dimension finie), mais la preuve est plus complexe.