Soit un entier naturel non nul. On considère une matrice et on définit la matrice par la structure de blocs suivante :
Démontrer que la matrice est diagonalisable dans si, et seulement si, la matrice est diagonalisable dans .
On pourra remarquer que s'écrit comme un produit "bloc par bloc" faisant intervenir la matrice .
Étudier la diagonalisabilité de dans .
Utiliser une matrice de passage par blocs pour transformer en une matrice diagonale par blocs.
Rappeler qu'une matrice diagonale par blocs est diagonalisable si et seulement si chaque bloc l'est.
Réduction d'une matrice de petite taille agissant sur les blocs.
Utilisation de la structure de transvection ou de produit tensoriel implicite.
Lien entre la diagonalisabilité d'une matrice et de ses restrictions à des sous-espaces stables.
Résolution.
Considérons la matrice auxiliaire .
Calculons son polynôme caractéristique :
Le discriminant de ce trinôme est .
Les racines de sont complexes, distinctes et valent :
Puisque possède deux valeurs propres distinctes en dimension 2, est diagonalisable dans .
Il existe donc une matrice inversible telle que :
Définissons maintenant la matrice de passage par blocs par :
Par les règles de calcul sur les matrices par blocs (qui se comportent ici comme le produit tensoriel ), est inversible d'inverse où les sont les coefficients de .
Un calcul par blocs montre que :
Notons cette matrice diagonale par blocs. La matrice est diagonalisable si et seulement si l'est.
Condition suffisante : Supposons diagonalisable. Alors il existe tel que est diagonale.
Dans ce cas, la matrice permet de diagonaliser simultanément les deux blocs :
Cette dernière matrice étant diagonale, est diagonalisable, donc l'est.
Condition nécessaire : Supposons diagonalisable, alors l'est également.
Comme est diagonale par blocs, ses sous-espaces propres sont la somme directe des sous-espaces propres de chaque bloc. Un résultat classique stipule qu'une matrice diagonale par blocs est diagonalisable si et seulement si chaque bloc diagonal est diagonalisable.
Ainsi, et sont diagonalisables.
Comme (car ), la diagonalisabilité de implique celle de :
On en conclut l'équivalence.
Attention à ne pas oublier de justifier que les valeurs propres et sont non nulles. Si l'une des valeurs propres était nulle, on perdrait l'équivalence car est toujours diagonalisable, même si ne l'est pas.