On considère trois suites réelles (un)n∈N, (vn)n∈N et (wn)n∈N définies par leurs premiers termes u0,v0,w0 et les relations de récurrence suivantes pour tout n∈N :
⎩⎨⎧un+1vn+1wn+1=un+vn=un+wn=vn+wn
Déterminer l'expression explicite de un,vn et wn en fonction de n et des conditions initiales.
1.
Introduire le vecteur colonne Xn=unvnwn et traduire le système sous la forme Xn+1=AXn.
2.
Étudier les propriétés de la matrice A (symétrie, spectre) pour justifier sa diagonalisabilité.
3.
Calculer An en utilisant une matrice de passage, puis en déduire les composantes de Xn.
Idées clés
•
Traduction matricielle d'un système dynamique linéaire.
•
Diagonalisation d'une matrice symétrique réelle.
•
Calcul de la puissance n-ième via la formule An=PDnP−1.
1. Mise sous forme matricielle.
Soit Xn=unvnwn. Le système se réécrit Xn+1=AXn avec :
A=110101011
Par une récurrence immédiate, on établit que pour tout n∈N :
Xn=AnX0
2. Réduction de la matrice A.
La matrice A est symétrique réelle, elle est donc diagonalisable dans une base orthonormée (théorème spectral).
Calculons son polynôme caractéristique χA(x)=det(xI3−A) :
χA(x)=x−1−10−1x−10−1x−1
En développant par rapport à la première ligne :
χA(x)=(x−1)[x(x−1)−1]−(−1)[−(x−1)−0]
χA(x)=(x−1)(x2−x−1)−(x−1)=(x−1)(x2−x−2)
Les racines de x2−x−2 sont 2 et −1. Le spectre de A est donc :
Sp(A)={−1,1,2}
Les valeurs propres sont simples, ce qui confirme la diagonalisabilité.
3. Recherche des sous-espaces propres.
Pour λ=1 : On résout (A−I)V=0.
0101−11010xyz=000⟺{yx+z=0=0
On choisit E1=Vect(V1) avec V1=10−1.
Pour λ=2 : On résout (A−2I)V=0.
−1101−2101−1xyz=000⟺{xy=y=z
On choisit E2=Vect(V2) avec V2=111.
Pour λ=−1 : On résout (A+I)V=0.
210111012xyz=000⟺{yz=−2x=x
On choisit E−1=Vect(V3) avec V3=1−21.
4. Calcul de An.
Soit P=10−11111−21 la matrice de passage. On a A=PDP−1 avec D=diag(1,2,−1).
Un calcul de déterminant donne det(P)=6. L'inversion (par pivot de Gauss ou comatrice) donne :
P−1=6132102−2−321
Le vecteur Xn est donné par Xn=PDnP−1X0. Posons P−1X0=αβγ.
On a :
Une erreur fréquente est d'oublier de vérifier la diagonalisabilité avant d'utiliser la formule PDnP−1. Ici, la symétrie de A offre une justification immédiate et élégante.