Soient un entier naturel non nul, des entiers deux à deux distincts et des nombres complexes.
On définit la suite par la relation suivante :
On suppose que pour tout , on a .
Démontrer que pour tout , l'élément est un entier.
Introduire le polynôme unitaire dont les racines sont les entiers .
Justifier que les coefficients de ce polynôme sont des entiers.
Établir une relation de récurrence linéaire vérifiée par la suite et conclure par récurrence.
Lien entre les racines d'un polynôme et les suites récurrentes linéaires.
Propriété de stabilité de par combinaison linéaire à coefficients entiers.
1. Construction d'un polynôme annulateur à coefficients entiers.
Considérons le polynôme défini par :
Ce polynôme est unitaire de degré .
Puisque les sont des entiers, les coefficients de ce polynôme (qui sont, au signe près, les fonctions symétriques élémentaires des racines ) sont également des entiers.
On peut donc écrire :
2. Établissement de la relation de récurrence.
Pour chaque , est une racine de , donc . Ceci implique :
Multiplions cette égalité par pour un entier naturel quelconque :
En sommant sur l'indice allant de à , nous obtenons :
On reconnaît alors l'expression de la suite , ce qui nous donne la relation de récurrence linéaire suivante :
3. Conclusion par récurrence.
Procédons par récurrence forte sur pour montrer que .
Initialisation : Par hypothèse, pour tout , . L'initialisation est donc vérifiée pour les premiers termes.
Hérédité : Soit . Supposons que pour tout .
D'après la relation de récurrence établie précédemment :
Comme les coefficients sont des entiers et que, par hypothèse de récurrence, les termes sont des entiers, alors par stabilité de par addition et multiplication :
Par principe de récurrence, nous avons bien démontré :
Ne pas essayer de calculer explicitement les via un système de Vandermonde. Bien que cela soit possible, les ne sont généralement pas des entiers (ce sont des rationnels), ce qui compliquerait inutilement la preuve.