WikiPrépaLivrets

Inexistence de racine carrée d'une matrice nilpotente d'indice n

Soit nn un entier naturel tel que n≥2n \geq 2 et K\mathbb{K} un corps (R\mathbb{R} ou C\mathbb{C}).

On considère une matrice J∈Mn(K)J \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{K}) nilpotente d'indice nn, c'est-à-dire que :

Jn−1≠0etJn=0J^{n-1} \neq 0   \text{et}   J^{n} = 0

Montrer que l'équation X2=JX^{2}=J ne possède aucune solution X∈Mn(K)X \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{K}).

1.

Si une telle matrice XX existe, commencez par montrer qu'elle est nécessairement nilpotente.

2.

Utilisez la propriété fondamentale liant la dimension de l'espace et l'indice de nilpotence d'un endomorphisme.

3.

Comparez les puissances de XX et celles de JJ pour aboutir à une contradiction sur l'indice de nilpotence de XX.

Idées clés

•

Analyse par l'absurde.

•

Propriété : si M∈Mn(K)M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{K}) est nilpotente, son indice de nilpotence pp vérifie p≤np \leq n.

•

Manipulation des exposants des puissances de matrices.

Résolution.

Supposons par l'absurde qu'il existe une matrice X∈Mn(K)X \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{K}) telle que X2=JX^{2} = J.

Étape 1 : Nilpotence de XX.

Par hypothèse, JJ est nilpotente d'indice nn, donc Jn=0J^n = 0.

En remplaçant JJ par X2X^2, nous obtenons :

(X2)n=X2n=0(X^{2})^{n} = X^{2n} = 0

Ceci prouve que la matrice XX est nilpotente.

Étape 2 : Utilisation de l'indice de nilpotence.

Soit pp l'indice de nilpotence de la matrice XX.

Comme X∈Mn(K)X \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{K}), un résultat classique du cours (issu du théorème de Cayley-Hamilton ou de l'étude des noyaux itérés) affirme que :

p≤n\boxed{ p \leq n }

Étape 3 : Recherche d'une contradiction.

Exprimons les puissances de JJ en fonction de XX. Pour tout k∈Nk \in \mathbb{N}, on a Jk=X2kJ^k = X^{2k}.

En particulier, pour k=n−1k = n-1, nous avons :

X2n−2=Jn−1X^{2n-2} = J^{n-1}

Par hypothèse sur JJ, nous savons que Jn−1≠0J^{n-1} \neq 0. Par conséquent :

X2n−2≠0\boxed{ X^{2n-2} \neq 0 }

Cette inégalité implique que l'indice de nilpotence pp de XX est strictement supérieur à 2n−22n-2 :

p>2n−2p > 2n-2

Étape 4 : Conclusion.

Nous avons ainsi l'encadrement suivant pour pp :

2n−2<p≤n2n - 2 < p \leq n

Ce qui entraîne l'inégalité :

2n−2<n2n - 2 < n

En simplifiant, nous obtenons :

n<2n < 2

Or, l'énoncé stipule que n≥2n \geq 2. Nous avons donc une contradiction.

L’eˊquation X2=J n’admet pas de solution dans Mn(K).\boxed{ \text{L'équation } X^2 = J \text{ n'admet pas de solution dans } \mathcal{M}_n(\mathbb{K}). }

L'erreur fréquente est d'oublier de justifier pourquoi XX est nilpotente. Il est crucial de passer par X2n=0X^{2n}=0 avant d'invoquer la borne sur l'indice de nilpotence.