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Soit A∈M3(R)A \in \mathcal{M}_3(\mathbb{R}) la matrice définie par :

A=(5−418−7212−124)A = \begin{pmatrix} 5 & -4 & 1
8 & -7 & 2
12 & -12 & 4 \end{pmatrix}

  1. Montrer que AA est diagonalisable et semblable à D=diag(0,1,1)D = \text{diag}(0, 1, 1).
  2. Trouver une matrice BB telle que B2=AB^2 = A, mais telle que BB ne soit pas de la forme αA+βI+γA2\alpha A + \beta I + \gamma A^2.
  3. Soit C=(1jj2jj21j21j)∈M3(C)C = \begin{pmatrix} 1 & j & j^2
    j & j^2 & 1
    j^2 & 1 & j \end{pmatrix} \in \mathcal{M}_3(\mathbb{C})
    où j=e2iπ/3j = e^{2i\pi/3}. Déterminer une racine carrée de CC.

1.

Pour la question 2, chercher une racine carrée MM de DD qui ne soit pas diagonale. Une symétrie peut convenir sur le bloc associé à la valeur propre 1.

2.

Pour la question 3, CC est une matrice circulante. Utiliser la base de Fourier ou remarquer que C2C^2 est proportionnelle à CC.

Idées clés

•

Lorsque les valeurs propres sont multiples, il existe des racines carrées qui ne sont pas des polynômes en AA.

•

Sur un sous-espace propre EλE_\lambda, toute matrice SS telle que S2=λIS^2 = \lambda I convient.

Résolution.

  1. Le calcul du polynôme caractéristique donne χA(X)=−X(X−1)2\chi_A(X) = -X(X-1)^2. On vérifie que dim⁡(ker⁡(A))=1\dim(\ker(A)) = 1 et dim⁡(ker⁡(A−I))=2\dim(\ker(A-I)) = 2.
    A=P(000010001)P−1\boxed{A = P \begin{pmatrix} 0 & 0 & 0
    0 & 1 & 0
    0 & 0 & 1 \end{pmatrix} P^{-1}}
    avec par exemple P=(1102013−44)P = \begin{pmatrix} 1 & 1 & 0
    2 & 0 & 1
    3 & -4 & 4 \end{pmatrix}
    .

  2. Si M2=DM^2 = D, MM peut être de la forme (0000ab0cd)\begin{pmatrix} 0 & 0 & 0
    0 & a & b
    0 & c & d \end{pmatrix}
    avec (abcd)2=I2\begin{pmatrix} a & b
    c & d \end{pmatrix}^2 = I_2
    . On peut choisir une matrice de symétrie non diagonale : S=(0110)S = \begin{pmatrix} 0 & 1
    1 & 0 \end{pmatrix}
    . On prend alors M=(000001010)M = \begin{pmatrix} 0 & 0 & 0
    0 & 0 & 1
    0 & 1 & 0 \end{pmatrix}
    . La matrice B=PMP−1\boxed{B = P M P^{-1}} est alors une racine carrée de AA. Comme MM n'est pas diagonale alors que DD l'est, BB n'est pas un polynôme en AA.

  3. Pour la matrice circulante CC, on remarque que la somme de chaque ligne est 1+j+j2=01+j+j^2 = 0. En calculant C2C^2, on obtient :
    C2=(1+j2+j4j+j3+j2…………)=(1+j2+jj+1+j2…………)=(000000000)C^2 = \begin{pmatrix} 1+j^2+j^4 & j+j^3+j^2 & \dots
    \dots & \dots & \dots \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1+j^2+j & j+1+j^2 & \dots
    \dots & \dots & \dots \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 & 0 & 0
    0 & 0 & 0
    0 & 0 & 0 \end{pmatrix}
    En réalité, le calcul direct montre que C2=(1+j+j2)C=0C^2 = (1+j+j^2)C = 0. Ainsi, la matrice nulle est une solution (triviale), mais cherchons si CC elle-même a une racine. On trouve que CC est de rang 1 car toutes les colonnes sont proportionnelles à (1jj2)\begin{pmatrix} 1
    j
    j^2 \end{pmatrix}
    . Tr(C)=1+j2+j=0\text{Tr}(C) = 1+j^2+j = 0. Une matrice de rang 1 et de trace nulle est nilpotente d'indice 2. Une matrice nilpotente d'indice 2 n'a pas de racine carrée dans M3(C)\mathcal{M}_3(\mathbb{C}). Il n’existe pas de B tel que B2=C\boxed{\text{Il n'existe pas de } B \text{ tel que } B^2 = C}.

Attention à la question 3 : posséder une trace nulle et être de rang 1 pour une matrice 3×33\times 3 implique C2=0C^2=0. Or, si B2=CB^2=C, alors B4=0B^4=0, donc BB est nilpotente. Dans M3(C)\mathcal{M}_3(\mathbb{C}), le carré d'une matrice nilpotente a un indice de nilpotence réduit, ce qui mène souvent à une contradiction.