Soit . On s'intéresse à l'application définie sur des espaces de matrices pour un polynôme donné.
Pour la question 1, utiliser le théorème de d'Alembert-Gauss pour garantir que est surjective, puis construire sous forme diagonale dans une base de diagonalisation de .
Pour la question 2, considérer les propriétés des limites d'un polynôme de degré pair sur . Étudier ensuite le lien entre le spectre complexe d'une matrice réelle et celui de .
Surjectivité de sur (d'Alembert-Gauss).
Lien entre les spectres : .
Propriété des matrices réelles : les valeurs propres non réelles sont conjuguées deux à deux avec la même multiplicité.
Résolution.
Le polynôme est non constant, donc d'après le théorème de d'Alembert-Gauss, l'application est surjective de dans . Ainsi, pour chaque , il existe au moins un complexe tel que :
Définissons alors la matrice par :
Par propriété du calcul matriciel polynomial, on a :
En remplaçant les par les , on obtient :
Soit de degré pair (). Quitte à considérer , supposons que le coefficient dominant de est positif. Alors . Par continuité sur , admet un minimum global :
Considérons une valeur . Comme , le polynôme n'a pas de racine réelle. Soit une matrice diagonale réelle où les sont des réels distincts et supérieurs à .
Supposons qu'il existe telle que . Soit le polynôme caractéristique de . Si est une valeur propre de de multiplicité , alors est une valeur propre de de multiplicité au moins .
Comme est une valeur propre de , il existe tel que . Or , donc d'après l'étude de sur , on a nécessairement .
Puisque est une matrice réelle, son polynôme caractéristique est à coefficients réels. Les racines non réelles apparaissent donc par paires conjuguées avec la même multiplicité. Ainsi, est aussi une valeur propre de avec la même multiplicité que .
Comme est à coefficients réels, on a . La valeur doit donc apparaître comme valeur propre de avec une multiplicité au moins égale à la somme des multiplicités de et , soit une multiplicité paire (au moins 2).
Or, dans la matrice , la valeur propre est de multiplicité 1 par construction. C'est une contradiction.
L'erreur classique est d'oublier que même si est réelle, elle possède des valeurs propres complexes. Il ne suffit pas de dire que est borné inférieurement, il faut prouver que les images des valeurs propres complexes de par ne peuvent pas "combler" les lacunes de sans introduire de multiplicités paires.