Soit et . On s'intéresse à l'existence d'une "racine -ième" pour la matrice , c'est-à-dire une matrice telle que .
Montrer que est une puissance -ième dans si et seulement si :
Pour le sens direct (), considérer la suite des noyaux itérés d'une matrice telle que . Utiliser le fait que cette suite stationne au plus tard à l'indice .
Pour le sens réciproque (), utiliser la condition sur le rang pour obtenir une décomposition de l'espace en somme directe .
Sur , la restriction de l'endomorphisme est inversible. Utiliser le lemme des noyaux pour se ramener à des endomorphismes de la forme avec nilpotent, puis utiliser un développement en série entière (tronqué) pour trouver une racine -ième.
Stabilité de la suite des noyaux itérés d'un endomorphisme en dimension .
Décomposition de Fitting (ou lemme de décomposition des noyaux).
Calcul fonctionnel sur les matrices nilpotentes (série binomiale).
Condition nécessaire ().
Supposons qu'il existe telle que .
Considérons la suite des noyaux itérés de , notée où . Cette suite est croissante au sens de l'inclusion. De plus, il est classique qu'en dimension , si , alors la suite stationne à partir du rang .
Comme la dimension de l'espace est , la suite doit stationner au plus tard à l'indice . On a donc :
Or, par hypothèse, et . L'égalité précédente donne directement :
D'après le théorème du rang, l'égalité des dimensions des noyaux implique l'égalité des rangs :
Condition suffisante ().
Supposons que . D'après le théorème du rang, cela équivaut à .
Comme , on en déduit . D'après le lemme de la base adaptée ou les propriétés classiques des noyaux itérés, cela entraîne :
Soit l'endomorphisme associé à . Les deux sous-espaces de la somme directe ci-dessus sont stables par .
Il suffit donc de montrer que tout automorphisme d'un espace de dimension finie sur possède une racine -ième.
Le polynôme caractéristique de est scindé sur et n'est pas valeur propre. D'après le lemme des noyaux appliqué aux sous-espaces caractéristiques, on peut décomposer en :
Sur chaque sous-espace , on peut écrire où est un endomorphisme nilpotent qui commute avec . Comme , on écrit :
Posons , qui est encore nilpotent. On cherche une racine -ième de sous la forme d'un polynôme en . On utilise le développement en série entière de :
Puisque pour un certain , la série appliquée à est en fait une somme finie :
Par propriété des séries formelles (ou par prolongement analytique), on a . En prenant une racine -ième complexe de (), l'endomorphisme est une racine -ième de sur .
En recollant les solutions sur chaque sous-espace de la somme directe, on construit un endomorphisme tel que .
Attention, ce résultat est faux sur . Par exemple, la matrice vérifie , mais n'admet pas de racine carrée () dans car n'a pas de solution réelle.