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Soit I=[−1,0]I = [-1, 0]. L'objectif de cet exercice est de caractériser les fonctions qui sont limites uniformes sur II de polynômes dont tous les coefficients sont des réels non négatifs.

  1. Soit k∈Nk \in \mathbb{N}. On considère la suite de fonctions (fn)n∈N(f_n)_{n \in \mathbb{N}} définies sur II par :
    ∀x∈I,fn(x)=xk((1+x)n−1)\forall x \in I,   f_n(x) = x^k \left( (1+x)^n - 1 \right)
    Étudier la convergence uniforme de la suite (fn)(f_n) sur l'intervalle II.

  2. Déterminer l'ensemble des fonctions f:I→Rf : I \to \mathbb{R} qui sont limites uniformes sur II d'une suite de polynômes à coefficients dans R+\mathbb{R}^+.

  3. Proposer une construction explicite d'une suite de polynômes convergeant uniformément vers la fonction x↦∣x∣x \mapsto |x| sur l'intervalle [−1,1][-1, 1].

1.

Pour la question 1, commencez par déterminer la limite simple de fnf_n. Distinguez ensuite les cas k=0k=0 et k≥1k \ge 1 pour la continuité de la limite et l'étude du maximum de l'écart.

2.

Pour la question 2, montrez d'abord qu'une telle limite ff doit être continue et vérifier f(0)≥0f(0) \ge 0. Pour la réciproque, utilisez le résultat de la question 1 pour montrer que xkx^k et −xk-x^k (pour k≥1k \ge 1) peuvent être approchés par des polynômes à coefficients positifs.

3.

Pour la question 3, on peut utiliser une suite de polynômes définie par récurrence pour approcher u\sqrt{u} sur [0,1][0, 1], puis effectuer un changement de variable.

Idées clés

•

Étude de la convergence uniforme via la borne supérieure de l'écart.

•

Densité des polynômes (Théorème de Weierstrass) sous contrainte de signe des coefficients.

•

Construction classique de l'approximation de la racine carrée.

Résolution.

  1. Convergence simple : Soit x∈[−1,0]x \in [-1, 0]. On a 1+x∈[0,1]1+x \in [0, 1]. Si x∈(−1,0]x \in (-1, 0], alors 1+x∈(0,1]1+x \in (0, 1]. On distingue :
    • Si x=0x=0, fn(0)=0f_n(0) = 0 pour tout nn, donc fn(0)→0f_n(0) \to 0.
    • Si x∈(−1,0)x \in (-1, 0), alors 0<1+x<10 < 1+x < 1, donc (1+x)n→0(1+x)^n \to 0. Ainsi, fn(x)→−xkf_n(x) \to -x^k.
    Si x=−1x=-1, fn(−1)=(−1)k(0n−1)=(−1)k+1f_n(-1) = (-1)^k(0^n - 1) = (-1)^{k+1} (pour n≥1n \ge 1). Soit ff la limite simple. Pour k≥1k \ge 1, f(x)=−xkf(x) = -x^k sur [−1,0][-1, 0] car −(−1)k=(−1)k+1-(-1)^k = (-1)^{k+1} et −0k=0-0^k = 0. La limite est continue. Pour k=0k=0, f(x)=−1f(x) = -1 sur [−1,0)[-1, 0) et f(0)=0f(0) = 0. La limite est discontinue en 00. Convergence uniforme : Si k=0k=0, la limite simple est discontinue, donc la convergence n'est pas uniforme. Si k≥1k \ge 1, on étudie hn(x)=∣fn(x)−f(x)∣=∣xk(1+x)n−xk+xk∣=∣x∣k(1+x)nh_n(x) = |f_n(x) - f(x)| = |x^k(1+x)^n - x^k + x^k| = |x|^k(1+x)^n. Posons u=−x∈[0,1]u = -x \in [0, 1]. On cherche le maximum de gn(u)=uk(1−u)ng_n(u) = u^k(1-u)^n sur [0,1][0, 1].
    gn′(u)=kuk−1(1−u)n−nuk(1−u)n−1=uk−1(1−u)n−1[k(1−u)−nu]g_n'(u) = k u^{k-1}(1-u)^n - n u^k (1-u)^{n-1} = u^{k-1}(1-u)^{n-1} [k(1-u) - nu]
    Le maximum est atteint en un=kn+ku_n = \frac{k}{n+k}. On a :
    gn(un)=(kn+k)k(1−kn+k)n=(kn+k)k(nn+k)ng_n(u_n) = \left( \frac{k}{n+k} \right)^k \left( 1 - \frac{k}{n+k} \right)^n = \left( \frac{k}{n+k} \right)^k \left( \frac{n}{n+k} \right)^n
    Comme k≥1k \ge 1, (kn+k)k→0\left( \frac{k}{n+k} \right)^k \to 0 et (nn+k)n=exp⁡(nln⁡(1−kn+k))→e−k\left( \frac{n}{n+k} \right)^n = \exp\left( n \ln\left( 1 - \frac{k}{n+k} \right) \right) \to e^{-k}. Ainsi, gn(un)→0g_n(u_n) \to 0. On en déduit :
    La suite (fn) converge uniformeˊment vers x↦−xk si et seulement si k≥1.\boxed{\text{La suite } (f_n) \text{ converge uniformément vers } x \mapsto -x^k \text{ si et seulement si } k \ge 1.}

  2. Soit L\mathcal{L} l'ensemble des limites uniformes de polynômes de R+[X]\mathbb{R}^+[X] sur I=[−1,0]I = [-1, 0]. Condition nécessaire : Si f∈Lf \in \mathcal{L}, ff est continue sur II comme limite uniforme de fonctions continues. De plus, pour tout nn, Pn(0)=a0(n)≥0P_n(0) = a_0^{(n)} \ge 0, donc par passage à la limite, f(0)≥0f(0) \ge 0. Condition suffisante : Soit f∈C(I,R)f \in \mathcal{C}(I, \mathbb{R}) telle que f(0)≥0f(0) \ge 0. D'après le théorème de Weierstrass, ff est limite uniforme sur II de polynômes Qm∈R[X]Q_m \in \mathbb{R}[X]. Soit Q(x)=∑k=0dbkxkQ(x) = \sum_{k=0}^d b_k x^k un polynôme. On peut écrire Q(x)=b0+∑k=1dbkxkQ(x) = b_0 + \sum_{k=1}^d b_k x^k. - Si bk>0b_k > 0, alors bkxk∈R+[X]b_k x^k \in \mathbb{R}^+[X] est trivialement limite uniforme d'éléments de R+[X]\mathbb{R}^+[X]. - Si bk<0b_k < 0, d'après la question 1, −xk-x^k est limite uniforme sur II de xk((1+x)n−1)=∑j=1n(nj)xj+kx^k((1+x)^n - 1) = \sum_{j=1}^n \binom{n}{j} x^{j+k}. Ce polynôme appartient à R+[X]\mathbb{R}^+[X]. Donc bkxk=∣bk∣(−xk)b_k x^k = |b_k| (-x^k) est limite uniforme d'éléments de R+[X]\mathbb{R}^+[X]. - Enfin, si f(0)>0f(0) > 0, pour mm assez grand Qm(0)>0Q_m(0) > 0, donc la constante Qm(0)Q_m(0) est un polynôme de R+[X]\mathbb{R}^+[X]. Si f(0)=0f(0)=0, on peut approcher ff par f+ϵf + \epsilon et conclure. En conclusion :
    L={f∈C([−1,0],R)∣f(0)≥0}\boxed{\mathcal{L} = \{ f \in \mathcal{C}([-1, 0], \mathbb{R}) \mid f(0) \ge 0 \}}

  3. Pour approcher t↦tt \mapsto \sqrt{t} sur [0,1][0, 1], on définit la suite (Pn)(P_n) par P0=0P_0 = 0 et :
    ∀n∈N,Pn+1(t)=Pn(t)+12(t−Pn(t)2)\forall n \in \mathbb{N},   P_{n+1}(t) = P_n(t) + \frac{1}{2} (t - P_n(t)^2)
    On montre par récurrence que pour tout t∈[0,1]t \in [0, 1], 0≤Pn(t)≤t0 \le P_n(t) \le \sqrt{t}. En effet, si c'est vrai pour nn :
    t−Pn+1(t)=(t−Pn(t))−12(t−Pn(t))(t+Pn(t))=(t−Pn(t))(1−t+Pn(t)2)\sqrt{t} - P_{n+1}(t) = (\sqrt{t} - P_n(t)) - \frac{1}{2}(\sqrt{t} - P_n(t))(\sqrt{t} + P_n(t)) = (\sqrt{t} - P_n(t)) \left( 1 - \frac{\sqrt{t} + P_n(t)}{2} \right)
    Comme 0≤t+Pn(t)2≤t≤10 \le \frac{\sqrt{t} + P_n(t)}{2} \le \sqrt{t} \le 1, la suite (Pn(t))(P_n(t)) est croissante et majorée par t\sqrt{t}. Elle converge simplement vers une limite LL vérifiant L=L+12(t−L2)L = L + \frac{1}{2}(t - L^2), soit L=tL = \sqrt{t}. Par le théorème de Dini (croissance et continuité), la convergence est uniforme sur [0,1][0, 1]. En posant t=x2t = x^2, la suite de polynômes Qn(x)=Pn(x2)Q_n(x) = P_n(x^2) converge uniformément vers x2=∣x∣\sqrt{x^2} = |x| sur [−1,1][-1, 1].
    La suite Qn(x) deˊfinie par Q0=0 et Qn+1(x)=Qn(x)+12(x2−Qn(x)2) convient.\boxed{\text{La suite } Q_n(x) \text{ définie par } Q_0=0 \text{ et } Q_{n+1}(x) = Q_n(x) + \frac{1}{2}(x^2 - Q_n(x)^2) \text{ convient.}}

Oublier la condition de continuité de la limite uniforme au bord de l'intervalle.

La technique consistant à approcher -x^k par des polynômes à coefficients positifs grâce à x^k((1+x)^n - 1).