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On considère la suite de fonctions (fn)n≥1(f_n)_{n \geq 1} définie sur R\mathbb{R} par :

∀n∈N∗,∀x∈R,fn(x)=1n∑k=1ncos⁡2k(2πkx)\forall n \in \mathbb{N}^*,   \forall x \in \mathbb{R},   f_n(x) = \frac{1}{n} \sum_{k=1}^n \cos^{2k}(2 \pi k x)

  1. Étudier la convergence simple de la suite (fn)(f_n) sur R\mathbb{R}. On distinguera les cas x∈Qx \in \mathbb{Q} et x∈R∖Qx \in \mathbb{R} \setminus \mathbb{Q}.
  2. La suite (fn)(f_n) converge-t-elle uniformément sur un intervalle II de R\mathbb{R} de longueur non nulle ?

Indication : Pour le cas irrationnel, on pourra utiliser le résultat d'équirépartition modulo 1 : si x∉Qx \notin \mathbb{Q, pour toute fonction gg continue et 11-périodique, 1n∑k=1ng(kx)→n→+∞∫01g(t) dt\frac{1}{n} \sum_{k=1}^n g(kx) \xrightarrow[n \to +\infty]{} \int_0^1 g(t)   \mathrm{d}t.}

1.

Pour x=p/qx = p/q, séparer dans la somme les indices kk multiples de qq des autres. Utiliser une majoration par une série géométrique pour les termes restants.

2.

Pour x∉Qx \notin \mathbb{Q}, fixer un entier MM et majorer cos⁡2k(2πkx)\cos^{2k}(2\pi kx) par cos⁡2M(2πkx)\cos^{2M}(2\pi kx) pour k≥Mk \geq M. Appliquer ensuite le théorème d'équirépartition.

3.

Pour la convergence uniforme, utiliser le fait que la limite d'une suite de fonctions continues convergeant uniformément est continue.

Idées clés

•

Étude de la limite d'une moyenne de Cesàro modifiée.

•

Équirépartition de la suite (nx)(nx) pour xx irrationnel (Théorème de Weyl).

•

Propriété de continuité de la limite uniforme.

1. Étude de la convergence simple.

Premier cas : x∈Qx \in \mathbb{Q.}

Soit x=pqx = \frac{p}{q} avec p∈Zp \in \mathbb{Z}, q∈N∗q \in \mathbb{N}^* et pgcd(p,q)=1\text{pgcd}(p,q) = 1. Pour tout k∈N∗k \in \mathbb{N}^*, notons uk(x)=cos⁡2k(2πkx)u_k(x) = \cos^{2k}(2 \pi k x).

Si kk est un multiple de qq, soit k=mqk = mq avec m∈N∗m \in \mathbb{N}^*, alors :

kx=mqpq=mp∈Z  ⟹  cos⁡(2πkx)=cos⁡(2πmp)=1kx = mq \frac{p}{q} = mp \in \mathbb{Z} \implies \cos(2\pi kx) = \cos(2\pi mp) = 1
Ainsi, umq(x)=12mq=1u_{mq}(x) = 1^{2mq} = 1.

Si kk n'est pas un multiple de qq, écrivons k=mq+rk = mq + r avec 1≤r<q1 \le r < q. Alors kx=mp+rpqkx = mp + \frac{rp}{q}. Comme pp et qq sont premiers entre eux et 1≤r<q1 \le r < q, le nombre rp/qrp/q n'est pas un entier. Il en résulte que ∣cos⁡(2πkx)∣=∣cos⁡(2πrp/q)∣<1|\cos(2\pi kx)| = |\cos(2\pi rp/q)| < 1.

Posons c=max⁡{cos⁡2(2πrp/q)∣1≤r<q}c = \max \{ \cos^2(2\pi rp/q) \mid 1 \le r < q \}. On a 0≤c<10 \le c < 1. Alors pour tout kk non multiple de qq, uk(x)≤cku_k(x) \le c^k.

Décomposons la somme fn(x)f_n(x) :

fn(x)=1n∑1≤k≤nq∣k1+1n∑1≤k≤nq∤kuk(x)f_n(x) = \frac{1}{n} \sum_{\substack{1 \le k \le n
q|k}} 1 + \frac{1}{n} \sum_{\substack{1 \le k \le n
q \nmid k}} u_k(x)

La première somme contient ⌊n/q⌋\lfloor n/q \rfloor termes égaux à 1. Son poids est :

1n⌊n/q⌋→n→+∞1q\frac{1}{n} \lfloor n/q \rfloor \xrightarrow[n \to +\infty]{} \frac{1}{q}

La seconde somme est majorée par la somme d'une série géométrique convergente :

0≤1n∑1≤k≤nq∤kuk(x)≤1n∑k=1nck≤1nc1−c→n→+∞00 \le \frac{1}{n} \sum_{\substack{1 \le k \le n
q \nmid k}} u_k(x) \le \frac{1}{n} \sum_{k=1}^n c^k \le \frac{1}{n} \frac{c}{1-c} \xrightarrow[n \to +\infty]{} 0

Par conséquent, si x=p/qx = p/q sous forme irréductible :

fn(x)→n→+∞1q\boxed{f_n(x) \xrightarrow[n \to +\infty]{} \frac{1}{q}}

Deuxième cas : x∉Qx \notin \mathbb{Q.}

Soit ϵ>0\epsilon > 0. Pour tout entier M∈N∗M \in \mathbb{N}^*, si k≥Mk \geq M, on a 0≤cos⁡2k(2πkx)≤cos⁡2M(2πkx)0 \le \cos^{2k}(2\pi kx) \le \cos^{2M}(2\pi kx). On peut alors découper la somme définissant fn(x)f_n(x) :

0≤fn(x)≤1n∑k=1M−11+1n∑k=Mncos⁡2M(2πkx)0 \le f_n(x) \le \frac{1}{n} \sum_{k=1}^{M-1} 1 + \frac{1}{n} \sum_{k=M}^n \cos^{2M}(2\pi kx)

D'après le résultat d'équirépartition rappelé en indication, pour MM fixé :

1n∑k=1ncos⁡2M(2πkx)→n→+∞∫01cos⁡2M(2πt) dt\frac{1}{n} \sum_{k=1}^n \cos^{2M}(2\pi kx) \xrightarrow[n \to +\infty]{} \int_0^1 \cos^{2M}(2\pi t)   \mathrm{d}t

Il en vient :

lim sup⁡n→+∞fn(x)≤∫01cos⁡2M(2πt) dt\limsup_{n \to +\infty} f_n(x) \le \int_0^1 \cos^{2M}(2\pi t)   \mathrm{d}t

Ce résultat est vrai pour tout M∈N∗M \in \mathbb{N}^*. Or, par convergence dominée (ou par un calcul direct de l'intégrale de Wallis), la suite d'intégrales tend vers 0 :

lim⁡M→+∞∫01(cos⁡(2πt))2M dt=0\lim_{M \to +\infty} \int_0^1 (\cos(2\pi t))^{2M}   \mathrm{d}t = 0

Par passage à la limite sur MM, on obtient :

fn(x)→n→+∞0\boxed{f_n(x) \xrightarrow[n \to +\infty]{} 0}

2. Étude de la convergence uniforme.

Supposons que la suite (fn)(f_n) converge uniformément vers une fonction ff sur un intervalle I=[a,b]I = [a, b] avec a<ba < b. Comme chaque fnf_n est une somme de fonctions continues, chaque fnf_n est continue sur II. Par théorème, la limite uniforme d'une suite de fonctions continues est continue. La fonction ff devrait donc être continue sur II.

D'après la question 1, la fonction limite ff est définie par :

f(x)={1/qsi x=p/q∈Q (forme irreˊductible)0si x∉Qf(x) = \begin{cases} 1/q & \text{si } x = p/q \in \mathbb{Q} \text{ (forme irréductible)}
0 & \text{si } x \notin \mathbb{Q} \end{cases}

Considérons x0∈I∩Qx_0 \in I \cap \mathbb{Q} (un tel point existe par densité de Q\mathbb{Q}). On a f(x0)>0f(x_0) > 0. Par densité des irrationnels, il existe une suite (yp)p∈N(y_p)_{p \in \mathbb{N}} d'éléments de I∖QI \setminus \mathbb{Q} telle que yp→x0y_p \to x_0. Alors f(yp)=0f(y_p) = 0 pour tout pp, donc f(yp)→0f(y_p) \to 0. Si ff était continue, on aurait f(yp)→f(x0)f(y_p) \to f(x_0), ce qui impliquerait 0=f(x0)>00 = f(x_0) > 0, une contradiction.

La fonction ff n'est continue en aucun point rationnel de II.

La convergence n’est uniforme sur aucun intervalle non trivial.\boxed{\text{La convergence n'est uniforme sur aucun intervalle non trivial.}}

Dépendance de l'exposant et de l'argument par rapport à l'indice de somme

Utilisation de la discontinuité de la limite simple pour infirmer la convergence uniforme