Pour tout n∈N∗, on définit la fonction gn sur [0,+∞[ par :
gn(x)=(1+nx)ne−2x
Démontrer que la suite de fonctions (gn)n∈N∗ converge uniformément sur [0,+∞[ vers la fonction f:x⟼e−x.
1.
Utiliser une inégalité de Taylor-Lagrange ou un développement limité pour encadrer ln(1+u)−u pour u≥0.
2.
Établir que 0≤f(x)−gn(x)≤e−x(1−e−2nx2).
3.
Pour prouver la convergence uniforme, utiliser un découpage du domaine [0,+∞[ en [0,xn] et [xn,+∞[ avec un choix judicieux de xn (par exemple xn=n1/3).
Idées clés
•
Inégalité de Taylor-Lagrange pour le logarithme.
•
Méthode de découpage du domaine pour la convergence uniforme.
•
Majoration uniforme par morceaux.
Résolution.
Soit x≥0. On cherche à estimer f(x)−gn(x)=e−x−(1+x/n)ne−2x.
On peut factoriser par e−x :
f(x)−gn(x)=e−x(1−exp(nln(1+nx)−x))
Étape 1 : Inégalité sur le logarithme.
D'après l'inégalité de Taylor-Lagrange appliquée à u↦ln(1+u) à l'ordre 2 sur [0,u], il existe c∈]0,u[ tel que :
ln(1+u)=u−2(1+c)2u2
Comme c>0, on a 0<(1+c)21<1, d'où :
u−2u2≤ln(1+u)≤u
En posant u=x/n, on multiplie par n :
x−2nx2≤nln(1+nx)≤x
Il en résulte que −2nx2≤nln(1+nx)−x≤0.
En passant à l'exponentielle (croissante) et en multipliant par −1 :
0≤1−exp(nln(1+nx)−x)≤1−e−2nx2
D'où la majoration fondamentale :
∀x≥0,0≤f(x)−gn(x)≤e−x(1−e−2nx2)
Étape 2 : Convergence uniforme par découpage.
Soit ε>0.
Puisque limx→+∞e−x=0, il existe A>0 tel que pour tout x≥A, e−x≤ε.
Comme 0≤gn(x)≤f(x) d'après l'inégalité précédente, on a pour tout x∈[A,+∞[ :
∣f(x)−gn(x)∣≤f(x)=e−x≤ε
Sur l'intervalle compact [0,A], la fonction x↦1−e−2nx2 est croissante. Son maximum est atteint en A et vaut 1−e−2nA2.
Ainsi, pour tout x∈[0,A] :
∣f(x)−gn(x)∣≤e0(1−e−2nA2)=1−e−2nA2
Comme limn→+∞(1−e−2nA2)=0, il existe N∈N tel que pour tout n≥N, 1−e−2nA2≤ε.
Finalement, pour n≥N :
x∈[0,+∞[sup∣f(x)−gn(x)∣≤ε
Ceci démontre que la convergence est uniforme.
x∈[0,+∞[sup∣gn(x)−f(x)∣n→+∞0
Confondre convergence simple et convergence uniforme sur un intervalle non borné.
Technique du découpage [0, A] et [A, +inf[ pour la convergence uniforme.