Autour des matériaux piézoélectriques (composition de physique, option chimie)
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Cette composition de physique, épreuve secondaire des candidats de l'option chimie, étudie les matériaux piézoélectriques à travers cinq parties concrètes : une utilisation optique d'une forme particulière de quartz, un allume-gaz domestique, l'émission et la réception d'ondes ultrasonores, le fonctionnement d'un oscillateur à quartz, puis une modélisation du comportement piézoélectrique par analogie avec un condensateur et une chaîne de ressorts. Un document-réponse était fourni et devait être complété et rendu par les candidats.
1Partie IUtilisation optique d'une forme particulière de quartz, premier matériau dont on a découvert les propriétés piézoélectriques, à travers l'optique géométrique.
2Partie IIÉtude d'un allume-gaz, dispositif domestique mettant en œuvre l'effet piézoélectrique, à partir d'un diagramme d'état du butane.
3Partie IIIÉmission et réception d'ondes ultrasonores à l'aide de matériaux piézoélectriques, avec équation de d'Alembert et traitement d'incertitudes.
4Partie IVFonctionnement d'un oscillateur à quartz, à travers l'étude de filtres et d'un montage à amplificateur linéaire intégré.
5Partie VModélisation du comportement des matériaux piézoélectriques en se rapportant à des systèmes simples comme un condensateur ou une chaîne de ressorts.
Difficulté moyenne. Le sujet visait à limiter les obstacles liés à la technicité mathématique, avec des résultats intermédiaires fréquemment fournis, et la moyenne des candidats admissibles s'établit à 9,31 sur 20.
Deux tiers des copies environ (moyenne ± écart-type)
Votre note sur 20 à ce sujet, en conditions de concours.
Source : rapport du jury. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.
Ce qu'a observé le jury
5 erreurs relevées
Images réelles et virtuelles mal définies · Questions de thermodynamique mal traitées · Oscillateur auto-entretenu mal compris
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Le jury a été sensible aux efforts de nombreux candidats pour structurer leur communication scientifique écrite et féliciter leur engagement. Des questions repérées par une étoile, au nombre de 39 sur 60, relevaient d'un socle fondamental de connaissances que le jury encourage à travailler en priorité.
Les erreurs les plus sanctionnées
1
Images réelles et virtuelles mal définiesQ1
Les notions d'images réelles et virtuelles sont souvent définies de façon peu précise, avec des confusions sur le rôle des plans focaux ou des foyers.
« d'images réelles et virtuelles sont souvent définies de façon peu précise »
2
Questions de thermodynamique mal traitéesQ17, Q18
Le jury attend une connaissance parfaite de l'écriture des principes de la thermodynamique et une compréhension profonde des notations utilisées.
« Les quelques questions de thermodynamique ont été assez mal traitées »
3
Oscillateur auto-entretenu mal comprisQ36, Q38
Le caractère non linéaire de l'oscillateur auto-entretenu n'est globalement pas compris : la plupart des candidats confondent son comportement avec le régime libre d'un oscillateur.
« Le caractère non linéaire de l'oscillateur auto-entretenu n'est globalement pas »
4
Plans de symétrie et d'antisymétrie confondusQ41
Les candidats confondent souvent le plan d'anti-symétrie d'une distribution de charges et le plan de symétrie du champ électrostatique qu'elle crée.
5
Intensité du courant électrique mal définieQ50
La définition de l'intensité du courant électrique est très mal connue, tout comme la notion de flux associée (orientation de la surface, notations infinitésimales).
« La définition de l'intensité du courant électrique est très mal connue. »
Ce qui a été bien réussi
Les lois de Snell-Descartes sont bien maîtrisées.
Le passage en notation complexe et le calcul de l'impédance complexe équivalente sont très bien menés par un grand nombre de candidats.
La lecture et la compréhension d'un script pré-écrit, en langage C ou en langage Python, est bien maîtrisée, ce qui est très encourageant.
Conseils du jury
Travailler la définition précise de l'intensité du courant électrique et de la notion de flux, orientation de surface comprise.
S'exercer sur les questions du socle fondamental, repérées par une étoile, qui représentent une large part du barème.
Accompagner les raisonnements de schémas clairs et annotés, en particulier pour les arguments de symétrie et pour le théorème de Gauss.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
Description
Sujet officiel Agrégation externe en chimie, session 2025.
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Calculatrice autorisée selon les modalités de la circulaire du 17 juin 2021 publiée au BOEN du 29 juillet 2021.
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Il appartient au candidat de vérifier qu'il a reçu un sujet complet et correspondant à l'épreuve à laquelle il se présente.
Si vous repérez ce qui vous semble être une erreur d'énoncé, vous devez le signaler très lisiblement sur votre copie, en proposer la correction et poursuivre l'épreuve en conséquence. De même, si cela vous conduit à formuler une ou plusieurs hypothèses, vous devez la (ou les) mentionner explicitement.
NB : Conformément au principe d'anonymat, votre copie ne doit comporter aucun signe distinctif, tel que nom, signature, origine, etc. Si le travail qui vous est demandé consiste notamment en la rédaction d'un projet ou d'une note, vous devrez impérativement vous abstenir de la signer ou de l'identifier.
Le fait de rendre une copie blanche est éliminatoire
INFORMATION AUX CANDIDATS
Vous trouverez ci-après les codes nécessaires vous permettant de compléter les rubriques figurant en en-tête de votre copie.
Ces codes doivent être reportés sur chacune des copies que vous remettrez.
Autour des matériaux piézoélectriques
Certains matériaux possèdent la propriété suivante : lorsque l'on applique une action mécanique (flexion, traction, torsion, cisaillement) à l'un de ces matériaux, il se produit une polarisation électrique en son sein et des charges électriques apparaissent à sa surface engendrant une différence de potentiel entre ses faces. C'est l'effet piézoélectrique direct. Ces mêmes matériaux possèdent également la propriété inverse : si l'on soumet deux faces du matériau à une différence de potentiel, le matériau se déforme sous l'action de contraintes internes. C'est l'effet piézoélectrique indirect.
Le sujet est constitué de cinq parties indépendantes les unes des autres. Il est néanmoins conseillé de les aborder dans l'ordre de présentation. Dans la première partie, on s'intéresse à une utilisation optique d'une forme particulière de quartz, premier matériau dont on a découvert les propriétés piézoélectriques. Dans la deuxième partie, on étudie un allume-gaz, dispositif domestique mettant en œuvre l'effet piézoélectrique. Dans la troisième partie, on s'intéresse à l'émission et la réception d'ondes ultrasonores à l'aide de matériaux piézoélectriques. Dans la quatrième partie, on étudie le fonctionnement d'un oscillateur à quartz. Enfin, dans la cinquième et dernière partie, on modélise le comportement des matériaux piézoélectriques en se rapportant à des systèmes simples (condensateur, chaîne de ressorts).
Un document-réponse est à rendre avec la copie. Il comporte des figures qui doivent être soigneusement complétées et annotées. Les figures de l'énoncé du sujet sont indexées par des nombres tandis que les figures du document-réponse sont indexées par des lettres minuscules.
Les notations et valeurs numériques sont introduites tout au long du sujet lorsque cela est nécessaire. Un même symbole peut être utilisé pour représenter des grandeurs différentes selon la partie du sujet dans laquelle il se trouve.
Des questions considérées comme relevant d'un socle fondamental de connaissances et de compétences sont repérées par une étoile (★).
Le ou la candidat(e) attachera une grande importance à la clarté, la précision et la concision des réponses qui devront être justifiées avec soin.
Si au cours de l'épreuve, un ou une candidat(e) repère ce qui lui semble être une erreur ou une imprécision dans l'énoncé, il ou elle le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il ou elle est amené(e) à prendre.
Plan du sujet
I Une application du quartz fondu ..... 2
II Une utilisation domestique de l'effet piézoélectrique ..... 3
III Effet piézoélectrique et ultrasons ..... 5
III. 1 Équation d'onde ..... 5
III. 2 Propagation en régime libre ..... 6
III. 3 Propagation en régime sinusoïdal forcé ..... 6
III. 4 Propagation de salves ..... 9
IV Oscillateur à quartz ..... 12
V Relations électro-mécaniques d'un matériau piézoélectrique ..... 15
V. 1 Étude d'un condensateur plan ..... 15
V. 2 Polarisation d'un milieu piézoélectrique ..... 18
I Une application du quartz fondu
Le quartz, de formule SiO_2, est le premier matériau dont le caractère piézoélectrique a été découvert par Jacques et Pierre Curie dans les années 1880. Le quartz fondu présente quelques avantages : il possède un indice optique de 1,46 dans le visible, il est très peu dispersif et il est transparent dans le domaine ultra-violet.
L'une des sphères les plus « parfaites et homogènes » ayant jamais été fabriquées a été réalisée en quartz fondu afin de l'utiliser au cours de l'expérience Gravity Probe 2 dont l'objectif est de vérifier l'une des conséquences de la théorie de la relativité générale. La figure 1 est une photo de communication prise par la NASA (National Aeronautics and Space Administration, agence gouvernementale états-unienne en charge de l'expérience, en collaboration avec l'université de Stanford). Elle montre la sphère utilisée dans l'expérience placée devant une photo éclairée d'Albert Einstein. La sphère se comporte alors comme un système optique.
Figure 1 - Une sphère « parfaite », réalisée en quartz fondu pour l'expérience Gravity Probe 2, placée dans l'air devant une photographie d'Albert Einstein. La sphère est posée sur un tube en verre. Source : NASA.
Q1. (★) Définir les notions d'image réelle et d'image virtuelle. Dans le cas de la figure 1, préciser si l'image de la photographie d'Albert Einstein à travers la sphère de quartz est de nature réelle ou virtuelle.
La figure a du document-réponse (à rendre avec la copie) présente, dans un plan en coupe, la sphère en quartz fondu, d'indice optique n = 1, 46, ainsi que la marche à travers le système optique d'un rayon de lumière issu d'un point-objet lumineux A. La sphère est placée dans l'air d'indice optique assimilé à celui du vide. On précise que A n'appartient pas à la photographie d'Albert Einstein.
Q2. (★) À l'aide des lois de Snell-Descartes sur la réfraction, justifier :
-la raison pour laquelle il est possible d'utiliser un schéma dans un plan en coupe pour représenter la marche d'un rayon de lumière à travers le système optique;
-la raison pour laquelle le rayon de lumière issu de A et passant par S n'est pas dévié par le système optique.
Dans la question Q3, on suppose que la sphère est un système optique rigoureusement stigmatique.
Q3. (★) Définir le stigmatisme rigoureux d'un système optique pour un point-objet A et son image A'. Préciser sur la figure a la position de l'image A' de A par la sphère en utilisant les rayons de lumière issus de A et passant, d'une part, par S et, d'autre part, par I_1.
Q4. (★) Sur la figure a, compléter la marche, à travers le système optique, du rayon de lumière issu de A passant par I_1^′ et I_2^′. On pourra, si nécessaire, utiliser le rapporteur fourni dans la figure 23. Indiquer si ce tracé est compatible avec le caractère rigoureusement stigmatique du système optique postulé dans la question Q3.
Q5. (★) Définir les conditions de l'approximation de Gauss.
II Une utilisation domestique de l'effet piézoélectrique
Un allume-gaz est un objet domestique permettant de créer facilement une flamme visant ensuite à allumer un feu de type barbecue ou à « démarrer » une plaque de cuisson au gaz. De nombreux modèles d'allume-gaz mettent en jeu l'effet piézoélectrique. Le YouTuber de vulgarisation scientifique anglais Steve Mould a réalisé une vidéo expliquant son principe de fonctionnement. Le document 1 en présente une transcription abrégée (et traduite) ainsi qu'un certain nombre d'images issues de la vidéo.
Document 1 - Fonctionnement d'un allume-gaz
Capture d'écran n° 1.
Capture d'écran n° 2.
Capture d'écran n° 3.
Capture d'écran n° 4.
Lorsque l'on appuie sur la gâchette d'un allume-gaz, on remarque que cela demande un effort non négligeable. [...] Et il y a une raison à cela. Lorsque l'on appuie sur la gâchette, cela comprime un ressort assez rigide [...]. Accroché à l'une des extrémités de ce ressort se trouve un petit marteau. [...] Lorsque le ressort est relâché, [...] le marteau frappe un type spécial de cristal appelé cristal piézoélectrique. Et lorsque l'on frappe ce type de cristal, cela engendre une différence de potentiel électrique entre deux faces du cristal. [...] Deux fils conducteurs, reliés aux faces du cristal, permettent de retrouver cette différence de potentiel à l'extrémité de l'allume-gaz. Les deux fils ne sont pas en contact : un espace est ménagé entre les deux fils dénudés. Mais la tension que l'on engendre lorsque l'on appuie sur le cristal piézoélectrique est si élevée que l'air devient conducteur, produisant une étincelle [(voir la capture d'écran n° 4)]. Si on libère un gaz inflammable, l'étincelle enflammera le gaz.
Source : Piezoelectricity - why hitting crystals makes electricity, Steve Mould, https ://youtu.be/wcJXA8IqY18
Le réservoir d'un allume-gaz contient du butane à l'état d'équilibre liquide-vapeur, sous une pression supérieure à la pression atmosphérique. La figure b du document-réponse (à rendre avec la copie) présente l'évolution de la pression p du butane pur en fonction du volume massique v pour quelques courbes isothermes et isotitres. On rappelle que 0 °C= 273,15 K.
Q6.(★) Sur la figure b du document-réponse, identifier les zones où le butane se trouve à l'état liquide, à l'état de gaz et à l'état d'équilibre liquide-gaz. Nommer la courbe 𝒞 tracée en pointillés. Nommer l'état dans lequel se trouve le butane lorsque sa température est supérieure à 151, 85^∘C.
On note R la constante des gaz parfaits et M_b = 58 g ⋅ mol^(− 1) la masse molaire du butane.
Q7.(★) Énoncer les hypothèses du modèle du gaz parfait et citer l'équation d'état des gaz parfaits. Sur la figure b du document-réponse, localiser la portion de l'isotherme à 515 K où le butane est assimilable à un gaz parfait en justifiant votre réponse à l'aide de l'équation d'état.
L'allume-gaz est utilisé à 32 °C. Le réservoir contenant le butane est assimilé à un parallélépipède rectangle de dimensions 4 cm × 1 cm × 1 cm. Il contient initialement 70 % en masse de liquide.
Q8.Sur la figure b du document-réponse, positionner le point, noté A, représentant l'état du butane dans le réservoir. En déduire la pression dans le réservoir ainsi que la masse de butane présente dans le réservoir.
On suppose que le réservoir est indilatable.
Q9.Sur la figure b du document-réponse, indiquer comment se déplace le point représentant l'état du butane lorsque la température extérieure augmente, au moyen d'une flèche correctement positionnée et orientée. Préciser l'évolution de la composition du mélange liquide-gaz lors de cette augmentation de température.
L'énergie minimale d'inflammation (EMI) est l'énergie minimale engendrée par une étincelle permettant d'enflammer un gaz. L'EMI du butane vaut 0,25 mJ.
Q10.En mettant en œuvre une démarche de type résolution de problème, estimer la valeur de la constante de raideur du ressort utilisé dans l'allume-gaz présenté dans la vidéo.
III Effet piézoélectrique et ultrasons
On s'intéresse dans cette partie à la propagation, à l'émission et à la réception d'ondes acoustiques à l'aide de matériaux piézoélectriques.
On se place au sein d'un fluide immobile dans le référentiel supposé galiléen de l'observateur. On note μ_0 la masse volumique du fluide et p_0 la pression en son sein, supposées uniformes et stationnaires. On se place dans un modèle à géométrie cartésienne unidimensionnelle dans le repère cartésien orthonormé direct (O, e_x^(→−), e_y→, e_z→) : les champs ne dépendent que de la date t et de l'abscisse x repérant la position d'un point M de l'espace le long d'un axe (O, e_x^(→−)). Le fluide est perturbé par la présence d'une onde acoustique, ce qui modifie sa masse volumique, que l'on note μ(M, t) = μ_0 + μ_1(M, t) et la pression en son sein, que l'on note p(M, t) = p_0 + p_1(M, t). Le champ eulérien de vitesse est alors non nul et est noté v⃗(M, t) = v_1^(→−)(x, t). On se place dans le cadre de l'approximation acoustique. Les seules forces prises en compte sont les forces de pression au sein du fluide.
III. 1 Équation d'onde
Q11. (★) Définir l'approximation acoustique.
L'équation locale de transport de la masse s'écrit (∂μ)/(∂t) + div(μv⃗) = 0.
Q12. (★) Obtenir une relation approchée entre μ_0, μ_1 et divv_1^(→−) dans le cadre de l'approximation acoustique.
Q13. (★) Définir la notion de particule de fluide.
L'accélération lagrangienne d'une particule de fluide centrée en M , notée a_M^(→−)(t), s'écrit en fonction du champ de vitesse eulérien :
Q14. (★) Établir la relation approchée μ_0(∂v_1^(→−))/(∂t) = − grad ^(→−)p_1 en appliquant la deuxième loi de Newton à une particule de fluide dans le cadre de l'approximation acoustique. En déduire la direction de v_1^(→−).
On fait l'hypothèse que l'évolution du fluide est isentropique. On introduit son coefficient de compressibilité isentropique défini par χ_s = 1/μ((∂μ)/(∂p))_s, où s est l'entropie massique du fluide. Le développement limité de μ en tant que fonction de p et de s, au voisinage de p_0 à l'ordre 1 en p_1 s'écrit :
Q15. (★) Démontrer la relation approchée μ_1 = μ_0 χ_s p_1 dans le cadre de l'approximation acoustique.
On rappelle la définition de l'opérateur laplacien : Δ∙ = div(grad ∙^(→−)).
Q16. (★) Déduire des relations établies aux questions Q12, Q14 et Q15 que p_1 vérifie une équation de d'Alembert de la forme c^2 Δp_1 = (∂^2 p_1)/(∂t^2), où c = 1/(√(X_s μ_0)) est la célérité de l'onde. Vérifier l'homogénéité de l'expression de c.
Q17. (★) Citer l'identité thermodynamique relative à l'énergie interne pour un corps pur monophasé. Montrer alors qu'un gaz parfait subissant une transformation isentropique vérifie la loi de Laplace : p/(μ^γ) est constant le long de la transformation, où γ est l'indice adiabatique du gaz supposé constant.
On note R la constante des gaz parfaits et on donne R = 8, 314 J ⋅ mol^(− 1) ⋅ K^(− 1).
Q18. (★) Dans le cas où le fluide est un gaz modélisé par un gaz parfait, établir l'expression de c en fonction de R, de γ, de la température du fluide notée T et de la masse molaire du gaz notée M. Calculer la valeur de c pour l'air à 27, 0^∘C (on prendra M = 29, 0 g ⋅ mol^(− 1) et γ = 1, 40 pour l'air).
III. 2 Propagation en régime libre
Les solutions de l'équation de d'Alembert pour (x, t) ∈ ℝ × ℝ^+s'écrivent :
où f(x) = p_1(x, 0) et g(x) = (∂p_1)/(∂t)(x, 0) sont les conditions initiales supposées connues à l'instant de date t = 0. Dans cette sous-section, on prend c = 3 × 10^2 m ⋅ s^(− 1).
Q19. (★) Préciser la signification physique des termes x + ct et x − ct dans l'expression de p_1(x, t).
Figure 2 - Évolution spatiale du champ de surpression initial p_1(x, 0) à utiliser pour compléter la figure c du document-réponse.
On choisit des conditions initiales pour lesquelles g(x) = 0. Ainsi, pour(x, t) ∈ ℝ × ℝ^+:
p_1(x, t) = 1/2[f(x − ct) + f(x + ct)].
Le champ de surpression initial p_1(x, 0) = f(x) est représenté dans le graphe de la figure 2.
Q20. Représenter sur la figure c du document-réponse (à rendre avec la copie) l'évolution de p_1 en fonction de x à la date t = 1 s.
III. 3 Propagation en régime sinusoïdal forcé
On s'intéresse au montage photographié dans la figure 3. Un générateur basse fréquence (GBF) délivre une tension sinusoïdale de fréquence f voisine de 40 kHz. Il alimente un matériau piézoélectrique qui vibre alors à la même fréquence et émet une onde ultrasonore qui se propage dans la direction et le sens de e_x^(→−). Deux matériaux piézoélectriques sont placés sur le trajet de l'onde : placés dans le champ de surpression de l'onde, une tension apparaît à leurs bornes. Ces tensions sont visualisées sur un oscilloscope : la tension délivrée à l'émetteur est visualisée sur la voie 1 et les deux autres sur les voies 2 (récepteur A) et 3 (récepteur B). On visualise les tensions sur les voies 2 et 3 pour deux écarts relatifs différents entre les récepteurs A et B (voir les figures 4 et 5). Les positions des deux récepteurs sont mesurées à l'aide d'une règle graduée en millimètres.
Q21. (★) À l'aide des photographies des figures 4 et 5, mesurer la longueur d'onde λ de l'onde. Citer l'estimation de type B de l'incertitude-type pour une mesure effectuée à l'aide d'un instrument gradué. Citer la relation permettant d'obtenir l'incertitude-type d'une différence. En déduire l'incertitudetype u(λ) de λ.
Figure 3 - Montage utilisant un émetteur et deux récepteurs permettant de mesurer la célérité du ultrasons dans l'air.
Figure 4 - Le récepteur A est à la graduation 0 mm. L'abscisse du récepteur B est mesurable sur la photo ci-dessus. Les deux tensions visualisées sur les voies 2 et 3 sont en phase.
Figure 5 - Le récepteur A est toujours à la graduation 0 mm. Le récepteur B a été déplacé et sa nouvelle abscisse est mesurable sur la photo ci-dessus. Les deux tensions visualisées sur les voies 2 et 3 sont en phase. Entre la position du récepteur B de la figure 4 et celle-ci, il a été observé dix fois successivement que les courbes des voies 2 et 3 étaient en phase.
On mesure par ailleurs la fréquence f. On obtient f = 39, 988kHz avec une incertitude-type u(f) = 5 Hz. L'expérience a été réalisée à 27, 0^∘C.
Q22.(★) En déduire une mesure de la célérité c des ultrasons dans l'air ainsi que l'incertitude-type u(c) associée. Conclure quantitativement sur la compatibilité entre cette mesure et la valeur de la célérité obtenue par le modèle du gaz parfait à la question Q18. On utilisera le critère de l'écart normalisé.
Dans une expérience analogue à celle décrite précédemment mais mettant en jeu, cette fois, des ondes sonores, on trouve λ = 0, 77 m avec u(λ) = 0, 03 m. On a mesuré par ailleurs la fréquence f de l'onde : on obtient f = 440 Hz avec une incertitude-type u(f) = 2 Hz. On cherche à utiliser une méthode de Monte-Carlo afin de déterminer une mesure de c et son incertitude-type u(c). Le script Python utilisé est reproduit dans le listing 1 suivant :
Listing 1
import numpy as np
from numpy.random import uniform
from matplotlib import pyplot as plt
入 = 0.77 # m
f = 440 # Hz
u_f = 2 # Hz
N = 10000 # Nombre de tirages aléatoires à réaliser
λ_MC = uniform(λ - np.sqrt(3) * u_λ, λ + np.sqrt(3) * u_λ, N) # Simulation des valeurs de
f_MC = uniform(f - np.sqrt(3) * u_f, f + np.sqrt(3) * u_f, N) # Simulation des valeurs de f
c_MC = # À compléter
# Analyse statistique des résultats de la simulation de Monte-Carlo
c_avg = np.average(c_MC) # Valeur moyenne de c
c_std = np.std(c_MC, ddof = 1) # Écart-type de c
# Affichage de la simulation
plt.hist(c_MC, bins = 'rice')
plt.xlabel('Nombre de réalisations')
plt.ylabel('c (m/s)')
plt.title('{:3.3f}'.format(c_avg) + 'm/s ; ' + '{:3.3f}'.format(c_std) + 'm/s')
plt.show()
La figure qu'il affiche lorsqu'il est complété et interprété est reproduite dans la figure 6.
338.736m/s; 13.266m/s
Figure 6 - Figure affichée par le script Python reproduit dans le listing 1 lorsqu'il est complété et interprété.
Q23.(★) Compléter la ligne 14 du listing 1. Décrire la méthode utilisée pour calculer les valeurs de c et de son incertitude-type u(c). Écrire le résultat du mesurage de c.
III. 4 Propagation de salves
Figure 7 - Montage utilisant un microcontrôleur Arduino et un module HC-SR04 et permettant de mesurer la distance entre le module et un obstacle.
On s'intéresse désormais au montage photographié dans la figure 7. Il repose sur une utilisation classique du module de détection ultrasonore HC-SR04 couplé à un microcontrôleur Arduino. Il permet de mesurer la distance qui sépare le module d'un obstacle. Le code Arduino nécessaire à la commande et à l'exploitation du module HC-SR04 est reproduit dans le listing 2 suivant :
Listing 2
#define TRIG 8 // Entrée Trig du HC-SR04 sur la broche D8
#define ECHO 7 // Sortie Echo du HC-SR04 sur la broche D7
// Déclaration des variables
long Duree; // Durée mesurée (en μs)
long Distance; // Distance mesurée (en cm)
// Initialisation
void setup(){
pinMode(TRIG, OUTPUT); // Broche Trig en mode sortie (pour l'arduino)
pinMode(ECHO, INPUT); // Broche Echo en mode entrée (pour l'arduino)
Serial.begin(115200); // Initialisation du port série pour l'utilisation du moniteur série
}
// Boucle principale
void loop(){
// ***Début de la phase de mesure de distance***
// Pour commencer la mesure, il faut envoyer un signal logique 1 sur l'entrée Trig du HC-SR04
// pendant 10
digitalWrite(TRIG, LOW); // On initialise l'état logique de Trig à 0 pendant 2μs par sécurité
delayMicroseconds(2);
digitalWrite(TRIG, HIGH); // On passe l'état logique de Trig à 1 pendant 10μs
delayMicroseconds(10);
digitalWrite(TRIG, LOW); // On passe l'état logique de Trig à 0
Duree = pulseIn(ECHO, HIGH); // On mesure la durée pendant laquelle Echo est à l'état logique 1
// Par construction, cette durée est la durée nécessaire à l'onde pour se propager de l'émetteur
// vers l'obstacle puis, après réflexion, de l'obstacle vers le récepteur
// pulseIn renvoie une durée en μs
// ***Fin de la phase de mesure de distance***
// On en déduit la distance à laquelle l'obstacle se situe
Distance = // À compléter
// Affichage via le port série de la distance mesurée
Serial.print("Distance mesuree : ");
Serial.print(Distance);
Serial.println(" cm");
// On procède à une nouvelle mesure après une attente de 1000ms
delay(1000);
}
Figure 8 - Module HC-SR04.
Le module HC-SR04 est équipé, entre autres, de deux matériaux piézoélectriques, l'un jouant le rôle d'émetteur (T) d'ultrasons, l'autre de récepteur (R) d'ultrasons (voir la figure 8). Il possède quatre broches: une correspondant à la masse, une correspondant à un potentiel de 5 V nécessaire à son alimentation et deux autres appelées « Trig » et « Echo ». Le fonctionnement standard du module est le suivant : si le potentiel de la broche « Trig » est porté à 5 V pendant 10μ s, la mesure de distance est déclenchée. Au bout d'une certaine durée, de l'ordre de quelques centaines de microsecondes, un signal créneau symétrique d'amplitude 5 V est délivré à l'émetteur piézoélectrique pendant une durée de l'ordre de quelques centaines de microsecondes. À la fin de cette séquence, le potentiel de la broche «Echo » est porté à 5 V jusqu'à ce que la tension aux bornes du récepteur piézoélectrique dépasse un certain seuil, de l'ordre d'une dizaine de millivolts. Le potentiel de la broche « Echo » redevient alors nul.
Q24.L'expérience se déroule à 27 °C. En utilisant le résultat numérique de la question Q18, compléter la ligne 36 du listing 2 afin d'obtenir une mesure de la distance, exprimée en centimètres, entre l'émetteur et l'obstacle.
Dans l'expérience, on a légèrement modifié le module HC-SR04 afin de pouvoir mesurer la tension aux bornes de l'émetteur et du récepteur piézoélectriques. Le dispositif d'acquisition (une carte Sysam-SP5 commandée par le logiciel Latis-Pro) permet de réaliser N = 40000 échantillons sur la durée d'acquisition T_a = 4 ms. Les signaux acquis lors de l'expérience sont les suivants : les potentiels des broches « Trig » et « Echo » du module HC-SR04 ainsi que les tensions aux bornes de l'émetteur et du récepteur piézoélectriques. Les signaux obtenus sont représentés dans la figure 9.
Q25.Préciser la valeur de la tension aux bornes du récepteur à partir de laquelle le module HC-SR04 considère qu'il détecte le début de l'écho de la salve émise. Estimer l'erreur qui découle de ce seuil sur la mesure de durée et en déduire une estimation de l'erreur systématique sur la mesure de distance associée à ce seuil.
Q26.Proposer une interprétation au fait que l'amplitude de la tension aux bornes de l'émetteur est bien plus élevée que celle de la tension aux bornes du récepteur.
Figure 9 - Évolution temporelle des potentiels des broches « Trig » et « Echo » du module HC-SR04 ainsi que des tensions aux bornes de l'émetteur et du récepteur piézoélectrique. La valeur de la tension aux bornes du récepteur est significativement plus petite que les autres grandeurs mesurées. Afin de pouvoir représenter les quatre grandeurs sur un même graphe, on a utilisé deux échelles différentes pour l'axe des ordonnées : l'échelle de droite se rapporte à la tension aux bornes du récepteur et l'échelle de gauche se rapport aux trois autres grandeurs.
IV Oscillateur à quartz
Figure 10 - Schéma d'un oscillateur à quartz.
Figure 11 - Caractéristique de transfert d'un ALI idéal fonctionnant dans la limite de gain infini.
On s'intéresse au montage schématisé dans la figure 10 permettant de réaliser un oscillateur à quartz. Il est constitué de trois amplificateurs linéaires intégrés (ALI), de type TL081, que l'on suppose idéaux et fonctionnant dans la limite de gain infini (voir la figure 11). Ils sont alimentés par une source (non représentée sur le schéma) délivrant un potentiel symétrique ± V_(cc) = ± 15 V. On note V_(sat) leur potentiel de saturation. On admet que les ALI C et D fonctionnent toujours en régime linéaire. Le montage est complété par des conducteurs ohmiques de résistances R = 10kΩ, R^(′′) = 100kΩ et R^′, le conducteur ohmique de résistance R^′ étant un potentiomètre, ce qui permet d'ajuster la valeur de R^′ entre 0Ω et 470 k Ω. Le montage utilise enfin un quartz piézoélectrique. Les tensions en entrée de chaque bloc sont notées u avec le nom du bloc en indice. Les tensions en sortie de chaque bloc sont notées v avec le nom du bloc en indice.
Le bloc A est un montage amplificateur inverseur. En régime linéaire, on a v_A = − (R^′)/Ru_A.
Q27. On s'intéresse au fonctionnement du bloc A en régime linéaire et en régime de saturation de l'ALI A.
Représenter graphiquement l'évolution de v_A en fonction de u_A en faisant apparaître les grandeurs pertinentes exprimées en fonction de R, R^′ et / ou V_(sat).
Q28. (★) Énoncer le théorème du diviseur de tension (on introduira les notations nécessaires sur un schéma).
Q29. (★) Exprimer v_B en fonction de u_B, R et R^(′′) lorsque le bloc B est en sortie ouverte.
Q30. (★) Nommer le montage représenté dans le bloc C. Préciser son intérêt et exprimer v_e en fonction de u_B, R et R^(′′).
Q31. Exprimer v_e en fonction de u_A, R, R^′, R^(′′) et/ou v_(sat) en distinguant les cas selon que l'ALI A fonctionne en régime linéaire ou en régime de saturation.
On note j le nombre complexe de partie imaginaire positive tel que j^2 = − 1. En régime sinusoïdal forcé de pulsation ω, on convient d'associer à toute grandeur sinusoïdale s(t) = Scos(ωt + φ_s) deux grandeurs complexes:
-la première, appelée amplitude complexe associée à S, notée S_– et définie par S_– = Se^(jφ_s);
-la seconde, appelée grandeur sinusoïdale complexe associée à s, notée s(t)_– et définie par s(t)_– =Se^(j(ωt + φ_s)) = S_–e^(jωt).
À l'exception de j, les grandeurs complexes sont soulignées.
Figure 12 - Dipôle modélisant le comportement électrocinétique d'un quartz.
Le comportement électrocinétique d'un quartz peut être modélisé par le dipôle représenté dans la figure 12.
Q32. (★) En régime sinusoïdal forcé de pulsation ω, exprimer l'impédance équivalente Z_– du quartz en fonction de R_s, L_s, C_s, C_p et ω. On exprimera Z_– sous la forme d'un rapport de deux polynômes en jω.
Dans le cadre du fonctionnement du montage, on admet qu'il est possible d'approcher l'expression de Z_– par Z_– = (1 + jR_s C_s ω + L_s C_s(jω)^2)/(jC_s ω). En outre, la fonction de transfert harmonique H_D_–(jω) = (V_D_–)/(U_D_–) du bloc D peut s'écrire sous la forme :
où ω_0 est la pulsation propre du bloc D et Q son facteur de qualité.
Q33. (★) Préciser la nature du filtre réalisé par le bloc D. Définir H_0. Exprimer H_0, Q et ω_0 en fonction de R, R_s, C_s et/ou L_s.
On isole temporairement le bloc D du reste du montage de la figure 10. On le soumet à une tension u_D sinusoïdale, d'amplitude constante U_D = 0, 20 V et de fréquence f variable. On mesure l'amplitude V_D de la tension v_D pour différentes valeurs de f. On obtient la courbe reproduite dans la figure d du document-réponse (à rendre avec la copie).
Q34.(★) À l'aide de la figure d, déterminer graphiquement les valeurs numériques de ω_0, |H_0| et Q. On annotera soigneusement la figure et on explicitera la démarche suivie. Commenter la valeur de Q.
Q35.En partant de l'expression de la fonction de transfert harmonique H_D_–, obtenir une équation différentielle vérifiée par la fonction t ↦ v_D(t) et faisant intervenir u_D, H_0, ω_0 et Q.
L'ALI A peut fonctionner en régime linéaire ou en régime de saturation. On note K = (v_e)/(u_A) lorsque l'ALI A fonctionne en régime linéaire et on montre que K est négatif. Selon le régime de fonctionnement de l'ALI A, v_D vérifie l'une des deux équations différentielles suivantes :
ééé{(d^2 v_D)/(dt^2) + (ω_0)/Q(1 − KH_0)(dv_D)/(dt) + ω_0^2 v_D = 0, si l'ALI A fonctionne en régime linéaire,; (d^2 v_D)/(dt^2) + (ω_0)/Q(dv_D)/(dt) + ω_0^2 v_D = 0, si l'ALI A fonctionne en régime de saturation.
Q36.Expliciter la condition sur K et H_0 pour laquelle il est possible de faire naître des oscillations de v_D lorsque l'ALI A fonctionne en régime linéaire. Justifier l'utilisation d'un potentiomètre dans le montage.
Dans la suite, on suppose cette condition vérifiée. La figure e du document-réponse (à rendre avec la copie) présente une capture d'écran d'oscilloscope réalisée lorsque les oscillations de v_D sont établies.
Q37.(★) À l'aide de la figure e du document-réponse, mesurer la valeur de V_(sat) ainsi que la fréquence des oscillations.
Q38.Annoter la figure e du document-réponse en mettant en évidence les régimes de fonctionnement de l'ALI A. Discuter alors du terme « oscillation quasi sinusoïdales » utilisé pour qualifier l'évolution temporelle de la tension v_D (on pourra s'appuyer sur les équations différentielles vérifiées par v_D ).
V Relations électro-mécaniques d'un matériau piézoélectrique
Dans cette partie, on cherche à établir, à l'aide de modèles simples, les relations décrivant les effets piézoélectriques direct et indirect.
V. 1 Étude d'un condensateur plan
Dans un premier temps, on se propose d'établir quelques propriétés des condensateurs. Ce sont, en effet, des systèmes simples qui présentent un comportement électrique voisin de celui des matériaux piézoélectriques.
On rappelle le théorème de Green-Ostrograski pour un champ vectoriel X⃗ :
où V est le volume délimité par la surface fermée S, dτ_p est le volume élémentaire autour d'un point P de V et dS_M^(ext)^(→−) est le vecteur surface élémentaire autour d'un point M de S orienté vers l'extérieur de S.
Q39. (★) Établir le théorème de Gauss à partir de l'équation de Maxwell-Gauss.
Figure 13 - Schématisation, dans un plan en coupe, de la distribution D_(σ_0) constituée par un plan Π_0 uniformément chargé.
On se place en régime stationnaire dans le vide à l'exception d'un plan infini Π_0 chargé, de densité surfacique de charge uniforme notée σ_0 (voir la figure 13). On note D_(σ_0) cette distribution de charge. On introduit le repère cartésien orthonormé direct (O, e_x^(→−), e_y→, e_z→) de telle sorte que Π_0 = (O, e_y→, e_z→). On repère un point M de l'espace à l'aide de ses coordonnées cartésiennes notées ( x_M, y_M, z_M ).
Q40. (★) En utilisant des arguments précis et concis de symétries et d'invariances de la distribution D_(σ_0), montrer que le champ électrique E⃗_(D_(σ_0))(M) engendré par D_(σ_0) en un point M de l'espace s'écrit sous la forme E⃗_(D_(0_0))(M) = E_(D_(0_0))(x_M)e⃗_x.
Q41. (★) Définir ce que l'on entend par «plan d'anti-symétrie» d'une distribution de charge. Discuter de l'existence d'un plan d'anti-symétrie pour la distribution D_(σ_0).
Le champ électrostatique est un champ vectoriel polaire. Une conséquence de cette propriété est que, si δ_Π est une symétrie de plan Π, alors :
δ_Π(E⃗_D(M)) = E⃗_(δ_Π(D))(δ_Π(M))
où δ_Π(E⃗_D(M)) est le symétrique du vecteur E⃗_D(M) par rapport au plan Π, E⃗_(δ_Π(D)) est le champ électrostatique engendré par le symétrique de la distribution D par rapport au plan Π et où δ_Π(M) est le symétrique du point M par rapport au plan Π.
Q42.En exploitant la relation précédente traduisant le caractère polaire du champ électrostatique, montrer que la fonction x_M ↦ E_(D_(σ_0))(x_M) est une fonction impaire de x_M. On pourra s'intéresser à la symétrie de plan Π_0.
Q43. (★) En appliquant le théorème de Gauss, établir l'expression de E_(D_(σ_0))(x_M) pour un point M n'appartenant pas au plan Π_0.
Figure 14 - Schématisation, dans un plan en coupe, du condensateur plan constitué par deux armatures planes assimilées aux plans Π_0 et Π_A.
On s'intéresse désormais à un condensateur plan modélisé par deux armatures planes conductrices, dont on néglige l'épaisseur, placées dans le vide de matière et séparées d'une distance L_x. On note S l'aire commune aux deux armatures. On néglige les effets de bords si bien que les armatures sont assimilables à deux plans infinis uniformément chargés, notés respectivement Π_0 et Π_A. On choisit le repère cartésien (O, e_x^(→−), e_y→, e_z→) de telle sorte que Π_0 = (O, e_y→, e_z→) et Π_A = (A, e_y→, e_z→), A étant de coordonnées (L_x, 0, 0). On note σ_0 et σ_A les densités surfaciques de charge respectives des armatures Π_0 et Π_A. Dans un condensateur, les armatures sont en influence électrostatique totale, ce qui implique que leurs armatures ont des charges opposées. Dans la suite, on pose σ_A = σ = q/S. On aura donc σ_0 = − σ et les charges des armatures Π_0 et Π_A seront respectivement notées − q et q. On note E_O^(→−)(M) et E_A^(→−)(M) les champs électrostatiques engendrés respectivement par les armatures Π_0 et Π_A en un point M de l'espace. Comme démontré dans la question Q40, les champs s'écrivent E_0^(→−)(M) = E_0(x_M)e_x^(→−) et E_A^(→−)(M) = E_A(x_M)e_x^(→−). On note E⃗(M) = E(x_M)e_x^(→−) le champ total engendré par le condensateur.
Q44.(★) Justifier la possibilité d'utiliser le principe de superposition dans le cadre du modèle utilisé. Représenter, au sein d'un même système d'axes, les évolutions de E_0, E_A et E en fonction de x_M.
Le champ électrostatique dans l'espace inter-armature s'écrit donc E⃗ = − σ/(ε_0)e_x^(→−).
Q45.(★) Citer la définition du potentiel électrostatique V. Citer la loi de Kirchhoff qui découle du fait que le champ électrostatique est à circulation conservative. Indiquer comment cette loi est modifiée en régime variable en présence d'un champ magnétique.
Q46.(★) Exprimer la circulation de E⃗ le long d'un segment C allant du point O au point A, orienté de O vers A. En déduire la différence de potentiel v = V_A − V_O entre le potentiel VA de l'armature Π_A et le potentiel V_0 de l'armature Π_0.
Q47.(★) Définir la capacité C du condensateur. Établir son expression en fonction de S, L_x et ε_0.
Le champ électrique stocke de l'énergie sous forme électrique. Un élément de volume dτ_M, centré au point M , contient une énergie électrique dε_(e, M) = u_e(M)dτ_M, où u_e(M) = (ε_0 E^2(M))/2 est la densité volumique d'énergie électrique au point M.
Q48.(★) Déterminer alors l'expression de l'énergie électrique ε_e stockée dans le condensateur en fonction de C et de v.
On suppose désormais qu'un matériau diélectrique solide, de permittivité diélectrique relative ε_r, est placé entre les deux armatures du condensateur, dans l'espace compris entre x = 0 et x = L_x. En présence d'un champ électrique, un matériau diélectrique se polarise localement. Cela se traduit en associant, à chaque volume mésoscopique de diélectrique centré en M, un vecteur moment dipolaire électrique dp_M = P⃗(M)dτ_M, où P⃗(M) = ε_0(ε_r − 1)E⃗(M). On admet que les résultats précédents restent valables à condition de remplacer, dans les expressions trouvées, la constante ε_0 par le produit ε_0 ε_r.
Q49. Citer les trois façons d'augmenter la capacité d'un condensateur plan à diélectrique et commenter leur faisabilité. Citer les ordres de grandeur de capacités que l'on peut trouver dans un laboratoire d'enseignement d'un lycée.
On se place dans le cadre de l'approximation des régimes quasi stationnaires (ARQS). Le condensateur est relié à une source idéale de tension, de force électromotrice U positive et stationnaire, en série avec un conducteur ohmique de résistance R et un interrupteur (voir le schéma de la figure 15). Le condensateur est initialement déchargé. On ferme l'interrupteur à l'instant de date t = 0. On note δq la charge qui passe à travers une section de conducteur pendant un intervalle de durée élémentaire dt, cette charge étant comptée positivement si elle se déplace dans le sens de l'intensité i et négativement dans le cas contraire.
Figure 15 - Schéma du circuit mettant en œuvre le condensateur de capacité C.
Q50. (★) Définir l'intensité i en faisant intervenir δq.
Q51. (★) En réalisant un bilan de charge électrique sur l'armature Π_A du condensateur, justifier le fait que i = (dq)/(dt), où d q est la variation de la charge de l'armature Π_A pendant la durée dt.
Q52. (★) Établir l'équation différentielle vérifiée par i pour t > 0 et la résoudre (on justifiera soigneusement la détermination des conditions initiales). Représenter graphiquement l'évolution temporelle de i. Mettre en évidence le comportement en t = 0, le régime transitoire, le régime établi ainsi que le temps caractéristique τ associé.
Q53. Décrire le mouvement des charges positives et négatives présentes initialement sur l'armature métallique Π_A en exploitant l'expression de i(t), obtenue à la question Q52, pour t > 0, ainsi que la définition de i donnée dans la question Q50.
V. 2 Polarisation d'un milieu piézoélectrique
Figure 16 - Évolution de l'énergie potentielle E_(ion) d'interaction entre deux ions, de charges de signes opposés, en fonction de la distance ℓ qui les sépare.
On se propose d'obtenir une expression de la polarisation au sein d'un milieu piézoélectrique et de voir comment elle diffère de celle d'un matériau diélectrique ne présentant pas de propriétés piézoélectriques.
On considère d'abord un solide ionique constitué d'un seul type de cation et d'un seul type d'anion. L'évolution de l'énergie potentielle E_(ion) d'interaction entre deux ions en fonction de la distance ℓ qui les sépare est donnée dans la figure 16.
Q54.(★) Justifier qu'il est possible de modéliser l'interaction entre deux ions, de charges de signes opposés, par une force de type « force de rappel d'un ressort » lorsque la distance ℓ qui les sépare est voisine de ℓ_0. Préciser les expressions de la longueur à vide du ressort et de sa constante de raideur en fonction de ℓ_0, de E_0 et/ou des dérivées de E_(ion) évaluées en ℓ_0.
Figure 17 - Schéma d'une maille au repos : les barycentres G_+et G_−sont confondus.
Figure 18 - Schéma d'une maille déformée : les barycentres G_+et G_−ne sont plus confondus.
On assimile ici un matériau piézoélectrique à un solide ionique déformable, diélectrique, localement neutre jusqu'à l'échelle de la maille cristalline. Tous les solides ioniques ne présentent néanmoins pas de propriétés piézoélectriques. Si l'on reprend l'exemple du quartz, sa structure cristalline est constituée par des ions silicium Si^(4 +) et des ions oxyde O^(2 −). Lorsque le matériau ne subit aucune contrainte, le barycentre des cations G_⊕ d'une maille est confondu avec le barycentre des anions G_⊖ de la même maille (voir la figure 17). Lorsque le matériau est déformé, les deux barycentres se déplacent et ne sont plus confondus (voir la figure 18).
On se propose d'étudier un modèle microscopique simple, unidimensionnel, permettant de lier le déplacement des barycentres en présence d'une contrainte à l'apparition d'une polarisation, de nature piézoélectrique, venant s'ajouter à la polarisation habituelle rencontrée pour un diélectrique.
Figure 19 - Échantillon macroscopique de matériau piézoélectrique modélisé par N_x mailles cubiques (au repos) d'arête a.
Dans le modèle unidimensionnel microscopique que l'on adopte, l'échantillon macroscopique de matériau piézoélectrique est constitué de N_x mailles cubiques d'arête a, avec N_x≫1 (voir la figure 19). Le comportement d'une maille cubique, indexée par la lettre i(i ∈ [ [1, N_x] ]), peut être étudié en considérant les positions de quatre points : le barycentre G_(⊕ i) des cations de la maille, portant une charge + δ, le barycentre G_(⊖i) des anions de la maille, portant une charge - δ, ainsi que les points A_(i − 1) et A_i respectivement à la frontière avec la maille précédente et avec la maille suivante. Ces quatre points peuvent se déplacer sur un axe de direction e_x^(→−). Les interactions entre ces points sont modélisées par des forces de type « force de rappel d'un ressort », comme montré dans la question Q54, toutes portées par la direction e_x^(→−) :
-le point G_(⊕ i) est lié à A_(i − 1) par un ressort de raideur k_a et de longueur à vide a/2;
-le point G_(⊕ i) est lié à A_i par un ressort de raideur k_b et de longueur à vide a/2;
-le point G_(⊖i) est lié à A_(i − 1) par un ressort de raideur k_b et de longueur à vide a/2;
-le point G_(⊖i) est lié à A_i par un ressort de raideur k_a et de longueur à vide a/2.
Figure 20 - Modélisation des interactions entre les points G_(⊕ i), G_(⊖i), A_(i − 1) et A_i : maille au repos et abscisses au repos. Afin de rendre la figure lisible, les points G_(⊕ i) et G_(⊖i) ont été décalés verticalement. En réalité, les quatre points G_(⊕ i), G_(⊖i), A_(i − 1) et A_i sont alignés horizontalement.
En l'absence de champ électrique et lorsque la maille n'est pas déformée (maille au repos), les abscisses des points A_(i − 1) et A_i sont respectivement x_(A_(i − 1), 0) = ia et x_(A_i, 0) = (i + 1)a (voir la figure 20). On note x_(G_(⊕ i), 0) et x_(G_(⊖i), 0) les abscisses respectives de G_(⊕ i) et G_(⊖i) dans la maille au repos. On ne prend pas en compte l'agitation thermique.
Q55. Montrer que ce modèle est compatible avec le fait que les barycentres sont confondus lorsque la maille est au repos et que x_(G_(⊕ i), 0) = x_(G_(⊖i), 0) = (i + 1/2)a.
Figure 21 - Déformation de la maille sous l'action d'une contrainte et d'un champ électrique E⃗ = E⃗e_x^(→−) : écarts aux abscisses de repos.
En présence d'une contrainte et d'un champ électrique E⃗ = Ee_x^(→−) uniforme et stationnaire, la maille se déforme dans la direction de e_x^(→−). Une fois l'équilibre mécanique atteint, les abscisses des points G_(⊕ i), G_(⊖i), A_(i − 1) et A_i ne correspondent plus à celles de la maille au repos (voir la figure 21). On note à l'aide d'un « tilde » l'écart entre l'abscisse du point et son abscisse pour la maille au repos. Par exemple, pour le point G_(⊕ i), l'écart s'écrit x_(G_(⊕ i))˜ = x_(G_(⊕ i)) − x_(G_(⊕ i), 0). On montre et on admet que la résultante des actions des ressorts qui s'exercent respectivement sur G_(⊕ i) et G_(⊖i) s'écrivent alors :
Q56. À l'équilibre mécanique, exprimer x_(G_(⊕ i))˜ et x_(G_(⊖i))˜ en fonction de δ, E, k_a, k_b, x_(A_(i − 1))˜ et x_(A_i)˜.
Q57. Définir le moment dipolaire électrique p_i→ de la maille i et montrer que :
Figure 22 - Volume mésoscopique dτ_M, compris entre les abscisses x et x + dx, constitué par N mailles cubiques (au repos).
On cherche à lier la description microscopique que nous venons de réaliser à une description mésoscopique du cristal piézoélectrique. On considère un volume mésoscopique dτ_M de matériau compris entre les abscisses x et x + dx au repos (voir la figure 22), englobant les N mailles comprises entre les points A_j en x et A_(j + N) en x + dx (au repos).
Q58. (★) Énoncer le critère quantitatif que doit vérifier N pour que dτ_M soit de taille mésoscopique dans la direction de e_x^(→−). Ce critère prendra la forme d'une inégalité forte.
L'abscisse d'un point M_(repos) du matériau au repos est notée x. Lorsque l'on déforme le cristal, ce point se déplace jusqu'à une position repérée par un point M . On définit le champ d'élongation longitudinal u⃗(M_(repos)) par :
u⃗(M_(repos)) = M_(repos)M^(→−) = u(x)e_x^(→−).
Q59.Définir le moment dipolaire électrique total dp_M^(→−) du volume mésoscopique dτ_M en utilisant le moment dipolaire électrique d'une maille obtenu à la question Q57. En déduire l'expression de dp_M^(→−) en fonction de δ, E, k_a, k_b, N, u(x) et u(x + dx).
Q60.
Exprimer finalement, au premier ordre en dx, la densité volumique de moment dipolaire électrique P⃗(M) en M définie par P⃗(M) = (dp_M^(→−))/(dτ_M). P⃗(M) est la somme de deux termes. Le premier est proportionnel à E et est présent dans tout matériau diélectrique. Le second est proportionnel à (k_b − k_a)(du)/(dx) et est caractéristique de l'effet piézoélectrique. Muni de cette expression, il est possible d'étudier le comportement électrique d'un piézoélectrique en utilisant les résultats établis pour un condensateur à diélectrique.
Figure 23 - Rapporteur « de secours » à découper.
NE RIEN ECRIRE DANS CE CADRE
Figure a - Représentation, dans un plan en coupe, de la sphère en quartz fondu, de centre C, d'indice optique n = 1, 46, et de la marche d'un rayon de lumière, issu d'un point-objet lumineux A, à travers le système optique, passant successivement par les points I_1 et I_2. La marche du deuxième rayon de lumière issu de A et passant par I_1^′ et I_2^′ est à compléter soigneusement.
Figure b - Diagramme p − v du butane. Les courbes isothermes sont représentées en rouge. Les courbes isotitres sont représentées en bleu.
NE RIEN ECRIRE DANS CE CADRE
Figure c - Évolution spatiale (à compléter) du champ de surpression p_1(x, t) à la date t = 1 s pour le champ de surpression initial représenté dans la figure 2.
Figure d - Évolution de l'amplitude V_D de la tension v_D en fonction de la fréquence f de la tension sinusoïdale u_D. Résultats expérimentaux tirés de l'article Du réveil à la montre à quartz, André Deiber, Olivier Kempf et Laurent Markiewicz, BUP n° 799, Vol 91, Décembre 1997, pp.2023-2050.
Figure e - Capture d'écran d'oscilloscope réalisée lorsque les oscillations de v_D sont établies. On visualise v_A sur la voie C 1 et v_D sur la voie C2.
Questions fréquentes
4 questions
Sur quoi porte la composition de physique de l'agrégation externe option chimie 2025 ?
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Sur quoi porte la composition de physique de l'agrégation externe option chimie 2025 ?
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Le sujet porte sur les matériaux piézoélectriques, à travers cinq parties : optique géométrique, thermodynamique du butane, ondes ultrasonores, oscillateur à quartz et modélisation électrostatique.
Quelle est la moyenne de l'épreuve de composition de physique de l'agrégation chimie 2025 ?
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Le rapport indique une moyenne de 9,31 sur 20 pour les candidats admissibles et de 10,25 pour les candidats admis, avec des écarts-types respectifs de 3,00 et 3,52.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes relevées par le jury sur cette épreuve de physique de l'agrégation chimie 2025 ?
+
Le jury relève des définitions imprécises des images réelles et virtuelles, des questions de thermodynamique mal traitées, une mauvaise compréhension de l'oscillateur non linéaire et une définition très mal connue de l'intensité du courant électrique.
Cette composition de physique de l'agrégation externe chimie 2025 est-elle difficile ?
+
Le sujet visait à limiter la technicité mathématique en fournissant des résultats intermédiaires, ce qui en fait une épreuve de difficulté moyenne selon le jury, avec une moyenne proche de 10 sur 20.