Corrigé détaillé CCINP Physique PC 2020 (page 3/3 : Partie III (questions 31 à 45))
De la physique de l'aéronef
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Partie III : Propulsion (suite)
III.2 · Cycle thermodynamique de Brayton
Question 31
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : premier principe pour un systeme ouvert, enthalpie
Donner l'expression de la température en fonction de , et . Effectuer l'application numérique.
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Appliquer le premier principe pour un écoulement stationnaire dans un diffuseur adiabatique sans travail utile, la vitesse du fluide devenant négligeable en sortie de diffuseur.
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- Appliquer le premier principe industriel fourni par l'énoncé à l'écoulement stationnaire de l'air à travers le diffuseur entre l'état (1) et l'état (2).
- Exploiter les hypothèses du diffuseur idéal (adiabatique, sans pièces mobiles, énergie cinétique de sortie négligeable) et le modèle du gaz parfait pour exprimer \Delta h en fonction de T_2 - T_1.
- En déduire T_2 puis effectuer l'application numérique avec les grandeurs données dans les unités du Système international.
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On applique le premier principe de la thermodynamique pour une unité de masse (m = 1\text{ kg}) d'air traversant le diffuseur entre l'entrée (état 1) et la sortie (état 2), dans le référentiel lié au turboréacteur :
D'après les données et hypothèses de l'énoncé :
- Le diffuseur est fixe et ne comporte aucune partie mobile : w_u = 0 ;
- La transformation est adiabatique : q_e = 0 ;
- Les variations d'énergie potentielle sont négligeables : g\,\Delta z \approx 0 ;
- L'air entre dans le diffuseur à la vitesse de vol de l'avion : v_1 = V_a ;
- L'énergie cinétique du gaz en sortie de diffuseur est négligeable devant les autres termes : v_2 \approx 0 ;
- Pour un gaz parfait à capacité thermique massique c_p constante (première loi de Joule) : \Delta h = h_2 - h_1 = c_p (T_2 - T_1).
Le bilan énergétique se simplifie donc en :
On en déduit l'expression littérale de la température T_2 :
Application numérique :
- T_1 = -40\ ^\circ\text{C} = 273{,}15 - 40 = 233{,}15\text{ K}
- V_a = 260\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
- c_p = 1{,}1\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} = 1{,}1 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}
Résultat
Question 32
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : loi de laplace, transformation isentropique
Donner l'expression de la pression en fonction de , , et . Effectuer l'application numérique.
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Utiliser la loi de Laplace sous la forme T^\gamma P^{1-\gamma} = \text{cste} le long de la traversée adiabatique et réversible du diffuseur.
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- Identifier la nature de la transformation subie par le fluide dans le diffuseur : adiabatique et réversible pour un gaz parfait à coefficients calorimétriques constants.
- Appliquer la loi de Laplace sous la forme reliant la pression P et la température T pour exprimer P_2.
- Réaliser l'application numérique avec les valeurs de T_1, T_2, P_1 et \gamma.
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L'écoulement au sein du diffuseur idéal est modélisé par une transformation adiabatique et réversible (donc isentropique) d'un gaz parfait de rapport de capacités thermiques \gamma constant. La loi de Laplace reliant la pression P et la température T s'écrit :
Entre l'état d'entrée (1) et l'état de sortie (2) du diffuseur, on a donc :
En prenant la puissance \frac{1}{\gamma-1}, on en déduit l'expression de la pression P_2 en entrée du compresseur :
Application numérique :
- P_1 = 34{,}5\text{ kPa},
- T_1 = -40\,^\circ\text{C} = 233{,}15\text{ K},
- T_2 \approx 263{,}9\text{ K} (résultat obtenu à la question Q31),
\gamma = 1{,}35, d'où l'exposant isentropique :
\frac{\gamma}{\gamma - 1} = \frac{1{,}35}{0{,}35} = \frac{27}{7} \approx 3{,}857.
Il vient :
Résultat
Question 33
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : premier principe pour un systeme ouvert, compresseur
Établir l'expression du travail massique utile fourni à l'air par le compresseur. En prenant , calculer la puissance de ce dernier.
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Appliquer le premier principe industriel à la traversée du compresseur pour obtenir w_{\text{comp}}, puis multiplier par le débit massique D_m pour trouver la puissance.
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- Appliquer le premier principe de la thermodynamique pour une unité de masse d'air en écoulement stationnaire entre l'entrée (état 2) et la sortie (état 3) du compresseur.
- Exploiter les hypothèses de l'énoncé (compression adiabatique, variations d'énergies cinétique et potentielle négligeables) et la loi de Joule pour le gaz parfait.
- Exprimer la puissance fournie par le compresseur au moyen du débit massique D_m via la relation P_{\text{comp}} = D_m \, w_{\text{comp}}.
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Le premier principe pour un écoulement permanent à travers une machine s'écrit, pour une masse m = 1\text{ kg} de fluide :
Appliqué au compresseur entre l'état (2) et l'état (3), ce bilan se simplifie compte tenu des hypothèses de l'énoncé :
- la compression est adiabatique, soit q_e = 0 ;
- les variations d'énergie potentielle de pesanteur sont négligeables, soit g\,\Delta z = 0 ;
- l'énergie cinétique est négligée entre l'entrée du compresseur et la sortie de la turbine, soit \frac{\Delta v^2}{2} = 0.
Le travail utile massique reçu par l'air, noté w_{\text{comp}}, est donc égal à la variation d'enthalpie massique :
L'air étant modélisé par un gaz parfait de capacité thermique isobare massique c_p constante, la seconde loi de Joule donne :
La puissance utile mécanique fournie à l'air par le compresseur s'en déduit à l'aide du débit massique D_m :
Application numérique : Avec c_p = 1{,}1\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} = 1{,}1 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, T_3 = 480\text{ K}, T_2 \approx 264\text{ K} (issu de la question Q31) et D_m = 45\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 34
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : premier principe pour un systeme ouvert, turbine
Sachant que le travail fourni par la détente du gaz dans la turbine est intégralement reçu par le compresseur, déterminer l'expression de la température en fonction de , et . Calculer la valeur de . En déduire la valeur de la pression .
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Traduire l'égalité des travaux massiques échangés entre la turbine et le compresseur pour en déduire T_5, puis exploiter la détente isentropique dans la turbine pour obtenir P_5.
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- Appliquer le premier principe de la thermodynamique en écoulement stationnaire à la turbine afin d'exprimer le travail massique échangé en fonction des températures T_4 et T_5.
- Traduire le bilan mécanique d'entraînement direct du compresseur par la turbine pour en déduire l'expression littérale et la valeur de T_5.
- Utiliser le caractère isobare de la combustion (P_4 = P_3 = 10\,P_2) puis la loi de Laplace pour la détente isentropique dans la turbine afin de calculer la pression P_5.
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Le premier principe pour un fluide en écoulement stationnaire à travers la turbine (entre l'état (4) et l'état (5)) s'écrit :
L'écoulement étant adiabatique (q_e = 0), en négligeant l'énergie potentielle de pesanteur et les variations d'énergie cinétique entre l'entrée du compresseur et la sortie de la turbine (\Delta v^2 = 0), il vient :
Le travail massique fourni par le gaz à la turbine est -w_{u,\text{turb}} = c_p\,(T_4 - T_5). Ce travail étant intégralement reçu par le compresseur, on a :
Or, d'après la question Q33, w_{\text{comp}} = c_p\,(T_3 - T_2). Il vient donc :
D'où l'expression de la température T_5 :
Application numérique : avec T_4 = 1400\text{ K}, T_3 = 480\text{ K} et T_2 \approx 264\text{ K} (obtenue en Q31) :
Pour déterminer la pression P_5, on note que la combustion entre (3) et (4) est isobare, d'où :
La détente du gaz parfait dans la turbine étant adiabatique et réversible, la relation de Laplace donne :
Application numérique : avec P_2 \approx 55{,}6\text{ kPa} (obtenue en Q32), \frac{\gamma}{\gamma - 1} = \frac{1{,}35}{0{,}35} \approx 3{,}857, T_5 \approx 1184\text{ K} et T_4 = 1400\text{ K} :
Résultat
Question 35
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : premier principe pour un systeme ouvert, tuyere
Donner l'expression de la vitesse de sortie du gaz en sortie de tuyère en fonction de , et . Calculer la valeur de sachant que .
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Appliquer le premier principe en système ouvert à la tuyère adiabatique réversible sans parties mobiles pour relier la variation d'énergie cinétique à la chute d'enthalpie c_p(T_5 - T_6).
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- Appliquer le premier principe de la thermodynamique en système ouvert à la tuyère (entre l'état 5 et l'état 6).
- Prendre en compte les hypothèses de l'énoncé : écoulement adiabatique sans parties mobiles, énergie cinétique négligeable en entrée de tuyère (sortie de turbine).
- Exprimer \Delta h pour un gaz parfait puis en déduire v_s, avant de réaliser l'application numérique.
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Appliquons le premier principe pour une masse m = 1\text{ kg} d'air traversant la tuyère entre l'état d'entrée (5) (en sortie de turbine) et l'état de sortie (6) :
D'après les hypothèses du sujet :
- la détente est adiabatique, donc q_e = 0 ;
- la tuyère ne comporte aucune pièce mobile, donc w_u = 0 ;
- les variations d'énergie potentielle de pesanteur sont négligées : g\,\Delta z = 0 ;
- l'énergie cinétique est négligeable entre l'entrée du compresseur et la sortie de la turbine, d'où v_5 \approx 0, ce qui donne \Delta v^2 = v_s^2 - v_5^2 \approx v_s^2.
Pour l'air modélisé par un gaz parfait à capacité thermique isobare constante :
Le bilan s'écrit alors :
On en déduit l'expression de la vitesse de sortie v_s du gaz :
Application numérique : Avec c_p = 1{,}1\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} = 1{,}1 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, T_5 \approx 1184\text{ K} (d'après Q34) et T_6 = 680\text{ K} :
Résultat
Question 36
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : puissance, propulsion
Déterminer la puissance liée à la force propulsive.
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Calculer la puissance propulsive utile développée par la poussée du moteur en vol de croisière à l'aide de l'expression \mathcal{P}_{\text{prop}} = D_m (v_s - V_a) V_a.
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- Exprimer la norme de la force de poussée F_{\text{prop}} exercée par le fluide sur l'avion à partir du bilan établi en Q29 et Q30, avec v_e = V_a.
- Écrire la puissance propulsive développée par cette force dans le référentiel terrestre où l'avion avance à la vitesse V_a.
- Effectuer l'application numérique avec les valeurs obtenues précédemment.
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D'après les questions Q29 et Q30, la résultante propulsive exercée par l'air sur le réacteur (et donc sur l'avion) est dirigée vers l'avant et a pour intensité :
où la vitesse de l'air entrant dans le réacteur (dans le référentiel de l'avion) est égale à la vitesse de vol de l'avion par rapport à l'air au repos : v_e = V_a.
Dans le référentiel terrestre, l'avion se déplace en translation rectiligne à la vitesse \vec{V}_a, colinéaire et de même sens que la force propulsive \vec{F}_{\text{prop}}. La puissance mécanique développée par la force propulsive s'écrit donc :
Avec les valeurs numériques :
- D_m = 45\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1},
- V_a = 260\text{ m}\cdot\text{s}^{-1},
- v_s \approx 1{,}053 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (d'après Q35).
La force propulsive vaut :
D'où la puissance associée :
Résultat
Question 37
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : rendement, turboreacteur
Calculer le rendement du turboréacteur qui correspond au rapport entre la puissance liée à la force propulsive et la puissance qui sert à chauffer le gaz dans la chambre de combustion . Comparer avec le rendement d'autres machines thermiques.
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Former le rapport du travail mécanique propulsif utile à la chaleur fournie par la combustion du kérosène, puis comparer la valeur obtenue à l'efficacité d'un moteur thermique usuel.
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Par définition donnée par l'énoncé, le rendement global \eta du turboréacteur s'exprime par le rapport entre la puissance utile liée à la force propulsive \mathcal{P}_{\text{prop}} (déterminée à la question Q36) et la puissance thermique fournie dans la chambre de combustion P_{\text{chamb}} :
Avec \mathcal{P}_{\text{prop}} \approx 9{,}28\text{ MW} et P_{\text{chamb}} = 45{,}5\text{ MW}, on obtient :
Comparaison avec d'autres machines thermiques :
- Ce rendement est du même ordre de grandeur que celui d'un moteur thermique automobile à allumage commandé (essence), dont le rendement typique est compris entre 25\% et 30\%.
- Il est en revanche nettement inférieur à celui d'un moteur Diesel (35\% à 40\%), d'une centrale thermique à flamme ou nucléaire (environ 33\% à 40\%) ou d'une centrale à cycle combiné gaz-vapeur (qui dépasse 55\%).
- Il est également inférieur à celui des turboréacteurs civils modernes à double flux (environ 30\% à 35\%).
Résultat
III.3 · Étude théorique de la tuyère
Question 38
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : analyse dimensionnelle, capacite thermique
On pose . Vérifier que cette quantité est homogène à une vitesse. On évalue à environ .
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Identifier la dimension d'une capacité thermique massique ([c_p] = \mathrm{L^2\cdot T^{-2}\cdot \Theta^{-1}}) pour vérifier l'homogénéité de \sqrt{2 c_p T_e}.
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Pour vérifier l'homogénéité de la grandeur v_m = \sqrt{2\,c_p\,T_e}, effectuons une analyse dimensionnelle :
La capacité thermique massique isobare c_p s'exprime en \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}. Or, le joule est l'unité d'une énergie, équivalente au travail d'une force :
1\text{ J} = 1\text{ N}\cdot\text{m} = 1\text{ kg}\cdot\text{m}^2\cdot\text{s}^{-2} \implies [c_p] = \mathrm{L^2\cdot T^{-2}\cdot \Theta^{-1}}La température T_e a pour dimension une température thermodynamique :
[T_e] = \Theta
Le produit c_p\,T_e a donc pour dimension :
Le facteur 2 étant un scalaire sans dimension, on en déduit immédiatement :
Résultat
Question 39
Difficulté estimée 3 sur 4 : ExigeantNotions : ecoulement compressible, debit massique
Montrer que le débit massique à l'abscisse a pour expression : . Donner l'expression de la fonction en fonction de , , , et .
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Écrire la conservation du débit massique D_m = \rho(x) S(x) v(x) et substituer la masse volumique en exploitant la loi de Laplace isentropique \rho(x)/\rho_e = (P(x)/P_e)^{1/\gamma}.
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- Exprimer le débit massique en écoulement stationnaire unidirectionnel à travers une section droite S(x) à l'aide de la masse volumique locale \rho(x) et de la vitesse v(x).
- Relier la masse volumique locale \rho(x) à la masse volumique à l'entrée \rho_e en exploitant le caractère adiabatique réversible (loi de Laplace) de la détente d'un gaz parfait.
- Réécrire la vitesse locale v(x) en introduisant v_m = \sqrt{2\,c_p\,T_e}, puis identifier la fonction sans dimension G(x) par factorisation de \rho_e\, v_m\, S(x).
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L'écoulement étant permanent et unidirectionnel selon l'axe horizontal (x'x), le débit massique d'air traversant la section droite S(x) à l'abscisse x s'écrit :
L'air étant modélisé par un gaz parfait subissant une détente adiabatique réversible (isentropique) à capacité thermique massique constante, la loi de Laplace s'applique :
D'après l'énoncé et la définition de v_m = \sqrt{2\,c_p\,T_e} établie à la question précédente, la vitesse v(x) s'exprime sous la forme :
En injectant les expressions de \rho(x) et de v(x) dans celle du débit massique, il vient :
On identifie ainsi l'expression demandée D_m = \rho_e \cdot v_m \cdot S(x) \cdot G(x), avec :
Résultat
Question 40
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : tuyere de laval, ecoulement compressible
Que vaut en entrée de la tuyère ? Montrer, à l'aide de la figure 13 et des relations des questions précédentes que pour que la vitesse augmente la tuyère doit d'abord être convergente.
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Constater qu'à l'entrée P(0) = P_e soit \alpha = 1, puis observer sur le graphe l'évolution de la section S(x) \propto 1/G(\alpha) lors de la chute de pression consécutive à l'accélération.
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- Déterminer \alpha en entrée de la tuyère à partir de sa définition \alpha(x) = P(x)/P_e.
- Exprimer la condition sur la variation de \alpha pour que la vitesse v(x) augmente.
- Relier la section S(x) à la fonction G(\alpha) grâce à la conservation du débit massique et observer le sens de variation de S(x) sur le graphe de la figure 13.
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À l'entrée de la tuyère (x = 0), la pression vaut P(0) = P_e. Par définition du rapport de pression \alpha(x) = \dfrac{P(x)}{P_e}, on a immédiatement :
D'après l'expression donnée dans l'énoncé pour la vitesse :
Comme \gamma > 1, la fonction \alpha \mapsto \alpha^{\frac{\gamma-1}{\gamma}} est strictement croissante. Ainsi, pour que la vitesse v(x) augmente (v(x) > v_e), le terme entre crochets doit être strictement positif, ce qui impose une diminution du rapport de pression :
D'après la question Q39, l'écoulement étant stationnaire, le débit massique D_m est conservé le long de la tuyère :
La section locale S(x) est donc inversement proportionnelle à G(\alpha).
Sur la figure 13, lorsque \alpha diminue à partir de sa valeur initiale \alpha = 1, la fonction G(\alpha) est croissante jusqu'à atteindre un maximum (autour de \alpha \approx 0{,}5).
Par conséquent, lorsque l'écoulement se détend (\alpha décroît à partir de 1), G(\alpha) augmente, ce qui impose que la section S(x) diminue.
Pour que la vitesse augmente depuis l'entrée, la tuyère doit donc impérativement avoir une section décroissante dans le sens de l'écoulement : elle doit d'abord être convergente.
Résultat
Question 41
Difficulté estimée 3 sur 4 : ExigeantNotions : tuyere de laval, ecoulement compressible
En considérant que , on peut négliger devant . Dans ces conditions, on admet que de la fonction est maximale pour . Montrer qu'avec une tuyère uniquement convergente, la vitesse ne peut augmenter que jusqu'à une valeur limite qu'on exprimera en fonction de et .
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Remplacer le rapport critique de pression \alpha_c dans l'expression de la vitesse v(x) pour trouver la vitesse maximale atteignable dans la partie convergente.
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- Exprimer le lien entre la convergence de la tuyère et l'évolution de la fonction G(\alpha) via la conservation du débit massique.
- Identifier la contrainte géométrique d'une tuyère purement convergente : la section S(x) ne peut que décroître, imposant G(\alpha) \le G(\alpha_c).
- Évaluer la vitesse maximale correspondante à partir de l'expression de v(\alpha) pour \alpha = \alpha_c sous l'approximation v_e^2 \ll v_m^2.
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D'après la conservation du débit massique établie à la question Q39 :
Dans une tuyère uniquement convergente, la section S(x) diminue au fur et à mesure que le fluide progresse, ce qui impose que la fonction G(\alpha) soit strictement croissante depuis l'entrée (\alpha = 1).
D'après l'étude de la fonction G, celle-ci croît lorsque \alpha diminue depuis 1 jusqu'à atteindre un maximum en \alpha = \alpha_c. Au-delà de ce point, pour \alpha < \alpha_c, la fonction G(\alpha) devient décroissante : une diminution supplémentaire de pression nécessiterait alors une augmentation de la section S(x) (tuyère divergente).
Ainsi, dans une tuyère exclusivement convergente, le rapport de pression ne peut pas descendre en dessous de la valeur critique \alpha_c :
Puisque la détente s'accompagne d'une accélération du fluide, la vitesse v(\alpha) augmente lorsque \alpha diminue. Elle atteint donc sa valeur maximale pour la plus faible pression réalisable, c'est-à-dire en \alpha = \alpha_c :
En négligeant v_e^2 devant v_m^2, l'expression de la vitesse devient :
En remplaçant \alpha par \alpha_c :
ce qui donne :
On en déduit l'expression de la vitesse limite :
Résultat
Question 42
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : tuyere de laval, conservation du debit massique
On note la section minimale de la tuyère à l'abscisse lorsque la vitesse est . Donner l'expression du rapport en fonction de , et . Donner une valeur numérique approchée de ce rapport à l'aide de la figure 13.
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Écrire la conservation du débit massique entre l'entrée x=0 et la section minimale S_{\text{col}} où G atteint sa valeur maximale G(\alpha_c).
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- Exprimer la conservation du débit massique D_m entre l'entrée de la tuyère (x = 0, section S_e) et le col (x = x_{\text{col}}, section S_{\text{col}}) en exploitant l'expression de D_m établie à la question Q39.
- Isoler le rapport géométrique \frac{S_{\text{col}}}{S_e}.
- Déterminer G(\alpha_c) par lecture graphique sur la figure 13 et effectuer l'application numérique avec les valeurs de v_e et v_m fournies.
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L'écoulement étant stationnaire et unidirectionnel, le débit massique D_m se conserve le long de la tuyère.
À l'entrée de la tuyère (x = 0), le débit massique s'écrit par définition :
D_m = \rho_e \, v_e \, S_eRemarque : La formule générale issue de Q39, D_m = \rho_e \, v_m \, S_e \, G(\alpha=1), redonne bien cette relation puisque G(1) = \frac{v_e}{v_m}.
Au col de la tuyère (x = x_{\text{col}}), où \alpha = \alpha_c et la section vaut S_{\text{col}}, la relation de la question Q39 donne :
D_m = \rho_e \, v_m \, S_{\text{col}} \, G(\alpha_c)
En égalant ces deux expressions du débit massique :
On en déduit l'expression du rapport des sections :
Application numérique :
- D'après l'énoncé, v_e = 100\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (Q41) et v_m \approx 1\,000\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (Q38), d'où \frac{v_e}{v_m} = 0{,}10.
Sur la figure 13, le maximum de la courbe C_G est atteint au col pour \alpha_c \approx 0{,}54. La lecture directe de l'axe des ordonnées donne un sommet atteignant la graduation notée 5 :
G(\alpha_c) \approx 5On obtient ainsi :
\frac{S_{\text{col}}}{S_e} \approx \frac{0{,}10}{5} = \boxed{0{,}02}
Discussion sur la graduation de la figure 13 : L'expression théorique adimensionnée établie en Q39 donne au maximum :
L'ordonnée de la figure 13 comporte manifestement un facteur d'échelle 20 (ou une graduation où les 5 interlignes représentent 0{,}25, soit 0{,}05 par division). En utilisant la valeur théorique sans ce facteur d'échelle, soit G(\alpha_c) \approx 0{,}25, on trouve :
ce qui correspond à un rétrécissement géométrique de la tuyère de 60\,\%, valeur nettement plus réaliste pour un turboréacteur.
Résultat
Question 43
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : celerite du son, tuyere de laval
On rappelle que la théorie des ondes sonores permet d'établir que la célérité du son dans un gaz supposé parfait et subissant une transformation adiabatique réversible est donnée par la relation . Montrer que la vitesse limite de l'écoulement a pour expression . Puis, vérifier que cette vitesse est égale à la célérité du son dans cette section .
Voir l'indiceIndice
Exprimer la célérité locale du son à l'aide de l'équation d'état des gaz parfaits P/\rho = RT/M, relier la température au col T_{\text{col}} à T_e et comparer directement avec v_{\text{lim}}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la capacité thermique massique isobare c_p du gaz parfait en fonction de \gamma, R et M à l'aide de la relation de Mayer, puis l'injecter dans l'expression de v_{\text{lim}} issue de la question Q41.
- Exprimer la célérité c pour un gaz parfait en fonction de la température locale T, puis déterminer la température au col T_{\text{col}} par la loi de Laplace pour en déduire c_{\text{col}} et la comparer à v_{\text{lim}}.
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Pour un gaz parfait de masse molaire M, la relation de Mayer s'écrit :
Avec \gamma = \dfrac{c_p}{c_v}, on a c_v = \dfrac{c_p}{\gamma}, ce qui conduit à :
D'après la question Q38, la vitesse caractéristique v_m vérifie v_m^2 = 2\,c_p\,T_e, soit :
D'après le résultat de la question Q41, la vitesse limite dans la section minimale vaut :
En remplaçant v_m^2 par son expression :
On en déduit l'expression demandée :
Déterminons à présent la célérité du son c_{\text{col}} au niveau du col S_{\text{col}}. D'après l'équation d'état du gaz parfait, P = \dfrac{\rho}{M} R T, soit :
La célérité du son s'exprime donc en fonction de la température locale T par :
Au niveau du col, la température est T_{\text{col}}. La détente étant adiabatique réversible pour un gaz parfait, la loi de Laplace donne :
Or, d'après l'énoncé, \alpha_c = \left[\dfrac{2}{1+\gamma}\right]^{\frac{\gamma}{\gamma-1}}, d'où :
La célérité du son dans la section du col est donc :
On constate ainsi directement que :
Résultat
Question 44
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : tuyere de laval, ecoulement compressible
Pour les avions civils de transport de passagers, les tuyères sont convergentes afin que l'air sorte à une vitesse égale à la vitesse du son. La pression à la sortie de la tuyère est égale à la pression extérieure . Donner l'expression de la pression à l'entrée de la tuyère en fonction de et . Calculer pour et .
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Écrire que la sortie se fait au col sonique en régime adapté (P_{\text{col}} = P_{\text{atm}}), puis isoler P_e à l'aide de la valeur critique \alpha_c.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier que la sortie d'une tuyère convergente où la vitesse atteint la célérité du son correspond au col sonique étudié aux questions précédentes, soit \alpha = \alpha_c.
- Exprimer le rapport de détente \frac{P_{\text{atm}}}{P_e} = \alpha_c, puis en déduire P_e en fonction de P_{\text{atm}} et \gamma.
- Effectuer l'application numérique avec le nombre adéquat de chiffres significatifs.
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La tuyère étant purement convergente, la vitesse maximale est atteinte à la section de sortie qui joue le rôle de col (S = S_{\text{col}}). Puisque le gaz y atteint la célérité locale du son (v_s = c_{\text{col}} = v_{\text{lim}}), le rapport de pression à la sortie correspond à la valeur critique \alpha_c définie à la question Q41 :
La pression en sortie de tuyère étant égale à la pression extérieure P_{\text{atm}}, on a P(x_s) = P_{\text{atm}}, d'où :
On en déduit l'expression de la pression P_e à l'entrée de la tuyère :
Application numérique : Avec P_{\text{atm}} = 34{,}5\text{ kPa} et \gamma = 1{,}35 :
Il vient :
Résultat
Question 45
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : tuyere de laval, ecoulement supersonique
Pour les avions militaires, on souhaite que la vitesse à la sortie de la tuyère soit supersonique (supérieure à la vitesse locale du son). Quelle forme doit-on donner à la tuyère après la partie convergente ? Justifier.
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Analyser l'allure de la courbe G(\alpha) au-delà du col (\alpha < \alpha_c) pour déterminer la variation de section requise afin de poursuivre la baisse de pression et donc l'accélération supersonique.
Voir la stratégieStratégie
- Relier la poursuite de l'augmentation de la vitesse v à la diminution du paramètre adimensionné \alpha = P/P_e en dessous de la valeur critique \alpha_c.
- Analyser la variation de la section S(x) à l'aide de la relation S(x) = \frac{D_m}{\rho_e v_m G(\alpha)} et de la figure 13 pour \alpha < \alpha_c.
- Conclure sur la géométrie requise (tuyère de Laval : convergent-divergent).
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D'après l'expression de la vitesse établie dans le préambule :
la vitesse v est une fonction strictement décroissante de \alpha. Pour obtenir une vitesse supersonique (v > v_{\text{lim}} = c_{\text{col}}), il faut poursuivre la détente du fluide à des pressions encore plus faibles, soit pour \alpha < \alpha_c.
La section de la tuyère à l'abscisse x s'exprime selon :
D'après la figure 13, pour \alpha < \alpha_c, la fonction G(\alpha) est strictement croissante en fonction de \alpha, ce qui signifie que lorsque \alpha diminue le long de l'écoulement, G(\alpha) décroît. Par conséquent, la section S(x) doit croître vers l'aval :
L'ensemble constitue une tuyère convergent-divergent, également appelée tuyère de Laval.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.