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Corrigé détaillé CCINP Physique PC 2022

Mesures de la vitesse d'un fluide

  • 41 questions corrigées
  • Difficulté estimée : classique (1,8 / 4)
  • Faisable en Sup (en PCSI : 29 questions sur 41, parties I.1 et II.1)
  • Vérifié question par question

Ce sujet propose un panorama très complet et représentatif des techniques métrologiques de mesure de la vitesse d'un écoulement fluide, des méthodes mécaniques traditionnelles jusqu'aux dispositifs optiques modernes sans contact. Il balaie un spectre particulièrement large du programme de la filière PC : mécanique des solides et aérodynamique, induction, transferts thermiques conducto-convectifs (loi de King, modèle de l'ailette de refroidissement), analyse en ordres de grandeur de la convection naturelle (équations de Navier-Stokes) et optique ondulatoire (interférences à deux ondes, diffraction acousto-optique par cellule de Bragg, bilan cinématique photon-phonon).

Très progressif et fidèle à l'esprit des épreuves de CCINP, ce problème constitue un excellent support de révision globale. Il allie questions de cours directes, études de graphes expérimentaux et prise d'initiative modélisatrice (freinage par induction en Q12, convection naturelle en Q20-Q21).

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie I : Anémomètres mécaniques

I.1 · Anémomètre à plaque

Question 1

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : analyse dimensionnelle, traînée

Déterminer l'unité SI de en utilisant les unités des grandeurs de base.

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Effectuer une analyse dimensionnelle à partir de l'expression de la force [F] = [\mu][U]^2, sachant qu'une force s'exprime en \mathrm{kg\cdot m\cdot s^{-2}}.

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D'après l'énoncé, la force aérodynamique s'écrit \vec{F} = \mu U \vec{U}, où U = \|\vec{U}\| désigne la vitesse du vent. La norme de cette force s'exprime donc sous la forme :

F = \mu U^2 \iff \mu = \frac{F}{U^2}

Par analyse dimensionnelle, en appliquant le principe fondamental de la dynamique ([F] = \mathrm{M \cdot L \cdot T^{-2}}) :

[\mu] = \frac{[F]}{[U]^2} = \frac{\mathrm{M \cdot L \cdot T^{-2}}}{\left(\mathrm{L \cdot T^{-1}}\right)^2} = \mathrm{M \cdot L^{-1}}

Dans le Système International (SI), les unités de base associées à la masse et à la longueur sont respectivement le kilogramme (\mathrm{kg}) et le mètre (\mathrm{m}).

L'unité de \mu exprimée à l'aide des grandeurs de base est donc :

\boxed{\mathrm{kg\cdot m^{-1}}}

Résultat

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Exprimez bien le résultat final dans les unités fondamentales du SI et veillez à ne pas confondre le vecteur vitesse avec un vecteur unitaire.

« Quelques candidats omettent toutefois d’écrire le résultat dans les unités des grandeurs de base. Quelques autres pensent que U⃗ est un vecteur unitaire, traduisant ainsi une dépendance linéaire de la force avec la vitesse. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 2

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : force de traînée, écoulement turbulent

Justifier le choix d'une force aérodynamique proportionnelle à dans cette situation.

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Raisonner sur le nombre de Reynolds de l'écoulement autour de la plaque pour justifier un écoulement dominé par l'inertie plutôt que par la viscosité.

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  1. Estimer le nombre de Reynolds associé à l'écoulement de l'air autour de la plaque circulaire afin de caractériser le régime d'écoulement.
  2. Conclure sur la prédominance des effets inertiels par rapport aux effets visqueux pour justifier la loi de frottement quadratique.
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Le régime d'écoulement d'un fluide autour d'un obstacle de dimension caractéristique D (ici le diamètre de la plaque, D = 2R = 0{,}10\text{ m}) est gouverné par le nombre de Reynolds :

\mathrm{Re} = \frac{\rho_{\text{air}} U D}{\eta_{\text{air}}}

Pour une vitesse typique du vent de quelques mètres par seconde, prenons U \sim 1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\mathrm{Re} \sim \frac{1{,}3 \times 1 \times 0{,}10}{1{,}85\cdot 10^{-5}} \approx 7\cdot 10^3 \gg 1

Puisque \mathrm{Re} \gg 1, les forces d'inertie prédominent largement devant les forces de viscosité (régime inertiel).

L'écoulement présente un décollement de couche limite et un sillage turbulent à l'arrière de la plaque, générant une dépression motrice. La force aérodynamique est alors dominée par la traînée de forme (ou de pression), modélisée par la formule usuelle de traînée :

F = \frac{1}{2} C_x \rho_{\text{air}} S U^2

où S = \pi R^2 est la section droite de la plaque et C_x son coefficient de traînée.

\boxed{\text{Le nombre de Reynolds étant très grand devant 1, la force de traînée est quadratique en } U.}

Résultat

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Le choix d'une force en U au carré doit impérativement être étayé par le calcul du nombre de Reynolds comparé à une valeur de référence.

« Peu de candidats pensent à calculer le nombre de Reynolds. Évoquer des écoulements à « petite » ou « grande » vitesse sans comparaison à une référence ne signifie rien de précis. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 3

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : moment d'une force, bras de levier

On suppose que le point d'application de la résultante des forces aérodynamiques se situe au centre de la plaque circulaire. Exprimer les moments scalaires par rapport à l'axe des forces s'exerçant sur le système .

Voir l'indice

Calculer les moments scalaires par rapport à l'axe (\Delta) du poids de la plaque (qui tend à faire redescendre la tige) et de la force aérodynamique horizontale (qui tend à l'écarter de la verticale).

Voir la stratégie
  1. Définir le système \{\text{plaque} + \text{tige}\} et recenser les actions mécaniques extérieures en précisant leurs points d'application.
  2. Choisir une base adaptée pour exprimer le vecteur position du centre de la plaque et calculer le moment scalaire de chaque force par rapport à l'axe (\Delta), soit par le produit vectoriel, soit par la méthode du bras de levier.
Voir le corrigé complet

On étudie le système \{\text{plaque} + \text{tige}\} dans le référentiel terrestre supposé galiléen. On note O l'intersection de la tige avec l'axe horizontal (\Delta), et C le centre de la plaque circulaire, situé à la distance OC = L de O.

On définit un repère orthonormé direct (O, \vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z) tel que :

  • \vec{e}_x est le vecteur unitaire horizontal colinéaire et de même sens que la vitesse du vent \vec{U} ;
  • \vec{e}_z est le vecteur unitaire vertical descendant, colinéaire et de même sens que \vec{g} ;
  • \vec{e}_\Delta = \vec{e}_z \wedge \vec{e}_x est le vecteur unitaire orientant l'axe (\Delta), de sorte qu'une rotation dans le sens direct autour de \vec{e}_\Delta corresponde à une augmentation de l'angle \theta.

Le vecteur position du point C s'écrit alors :

\vec{OC} = L \sin\theta\,\vec{e}_x + L \cos\theta\,\vec{e}_z

Les actions mécaniques extérieures appliquées au système sont :

  1. L'action de la liaison pivot en O : modélisée par une résultante \vec{R}. Sa droite d'action coupant l'axe (\Delta), son moment scalaire par rapport à (\Delta) est nul :

    \boxed{\mathcal{M}_\Delta(\vec{R}) = 0}
  2. Le poids du système : la tige étant de masse négligeable et la plaque homogène, il se réduit au poids de la plaque \vec{P} = m\vec{g} = mg\,\vec{e}_z, appliqué au centre de masse C. Son moment par rapport à (\Delta) vaut :

    \begin{aligned} \vec{\mathcal{M}}_O(\vec{P}) &= \vec{OC} \wedge \vec{P} = (L \sin\theta\,\vec{e}_x + L \cos\theta\,\vec{e}_z) \wedge (mg\,\vec{e}_z) \\ &= - mg L \sin\theta\,(\vec{e}_z \wedge \vec{e}_x) = - mg L \sin\theta\,\vec{e}_\Delta \end{aligned}

    D'où le moment scalaire :

    \boxed{\mathcal{M}_\Delta(\vec{P}) = - mg L \sin\theta}
  3. La résultante des forces aérodynamiques : \vec{F} = \mu U \vec{U} = \mu U^2 \vec{e}_x, appliquée en C. Son moment par rapport à (\Delta) vaut :

    \begin{aligned} \vec{\mathcal{M}}_O(\vec{F}) &= \vec{OC} \wedge \vec{F} = (L \sin\theta\,\vec{e}_x + L \cos\theta\,\vec{e}_z) \wedge (\mu U^2 \vec{e}_x) \\ &= \mu U^2 L \cos\theta\,(\vec{e}_z \wedge \vec{e}_x) = \mu U^2 L \cos\theta\,\vec{e}_\Delta \end{aligned}

    D'où le moment scalaire :

    \boxed{\mathcal{M}_\Delta(\vec{F}) = \mu U^2 L \cos\theta}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'utilisation du bras de levier évite les erreurs de signe pour exprimer le moment scalaire, sans oublier la réaction de l'axe dans le bilan des forces.

« Les candidats qui utilisent le bras de levier sont ceux qui réussissent le mieux cette question : ils évitent en général les erreurs de calcul et de signe, et proposent une expression scalaire du moment, comme demandé dans l’énoncé. »

« Très peu de candidats pensent à la réaction de l’axe dans le bilan des forces et la remplacent par une « tension de la tige », sans objet ici. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 4

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : théorème du moment cinétique, position d'équilibre

Lorsque le système est à l'équilibre mécanique, on mesure l'angle à l'aide d'un rapporteur. Déterminer l'expression de la vitesse du vent, en fonction de , , et . Faire l'application numérique. La valeur obtenue vous paraît-elle cohérente ?

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Écrire la condition d'équilibre statique en annulant la somme des moments scalaires, puis isoler la vitesse U.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition d'équilibre mécanique du système en rotation autour de l'axe fixe (\Delta) en appliquant le théorème du moment cinétique scalaire (ou la condition de nullité de la somme des moments scalaires).
  2. Isoler U et vérifier l'homogénéité de la formule obtenue.
  3. Réaliser l'application numérique et discuter la cohérence du résultat avec les données et hypothèses de l'énoncé.
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À l'équilibre mécanique dans le référentiel d'étude galiléen, la somme des moments scalaires des forces appliquées au système {plaque + tige} par rapport à l'axe (\Delta) est nulle :

\sum \mathcal{M}_\Delta = \mathcal{M}_\Delta(\vec{P}) + \mathcal{M}_\Delta(\vec{F}) + \mathcal{M}_\Delta(\vec{R}) = 0

En utilisant les expressions obtenues à la question précédente (Q3) pour \theta = \theta_{\text{eq}} :

- m g L \sin\theta_{\text{eq}} + \mu U^2 L \cos\theta_{\text{eq}} = 0

La longueur L se simplifie (puisqu'elle est non nulle), ce qui conduit à :

\mu U^2 \cos\theta_{\text{eq}} = m g \sin\theta_{\text{eq}} \iff U^2 = \frac{m g}{\mu} \tan\theta_{\text{eq}}

La vitesse du vent U étant positive, on en déduit :

\boxed{U = \sqrt{\frac{m g}{\mu} \tan\theta_{\text{eq}}}}

Application numérique :

  • m = 30\text{ g} = 30 \cdot 10^{-3}\text{ kg}
  • g = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}
  • \mu = 1 \cdot 10^{-2}\text{ kg}\cdot\text{m}^{-1}
  • \theta_{\text{eq}} = 8^\circ
U = \sqrt{\frac{30 \cdot 10^{-3} \times 9{,}81}{1 \cdot 10^{-2}} \times \tan(8^\circ)} \approx \sqrt{29{,}43 \times 0{,}1405} \approx \sqrt{4{,}137} \approx 2{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{U \approx 2{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Commentaire sur la cohérence :

  • Cette valeur est de l'ordre de « quelques \text{m}\cdot\text{s}^{-1} » (environ 7{,}3\text{ km}\cdot\text{h}^{-1}, ce qui correspond à une légère brise), en parfait accord avec l'ordre de grandeur annoncé dans l'introduction de la sous-partie I.1.
  • L'angle \theta_{\text{eq}} = 8^\circ \approx 0{,}14\text{ rad} reste faible devant 1\text{ rad}, ce qui valide a posteriori l'hypothèse de faibles inclinaisons formulée pour l'expression de la traînée \vec{F}.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il faut appliquer le théorème du moment cinétique plutôt que le PFD et veiller à convertir l'angle en radians lors du calcul numérique.

« En se plaçant dans l’approximation des petits angles (acceptable à 8°), certains candidats se sont fait piéger dans l’application numérique avec un angle à l’équilibre laissé en degrés. »

« Les correcteurs ont été très surpris de la part non négligeable de candidats qui utilisent le principe fondamental de la dynamique pour tenter de résoudre cette question ! »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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I.2 · Anémomètre à coupelles

Question 5

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : force de traînée, anémomètre

On représente sur la figure 2 un anémomètre composé de 4 coupelles coniques décalées de les unes par rapport aux autres et soumises à un vent de vitesse . Reproduire ce schéma sur votre copie. En supposant que l'anémomètre est initialement immobile, représenter, en vous aidant du document 2, les forces s'exerçant sur chaque coupelle. On comparera les normes de ces forces les unes par rapport aux autres.

Voir l'indice

Relever sur le document 2 les valeurs du coefficient C_{\mathrm{N}} pour \beta = 45^\circ et \beta = 135^\circ afin d'orienter et de comparer les normes des forces normales agissant sur les coupelles creuses et bombées.

Voir la stratégie
  1. Identifier pour chacune des quatre coupelles l'orientation relative par rapport au vent incident \vec{U} et déterminer l'angle d'incidence \beta associé.
  2. Utiliser la courbe C_{\mathrm{N}}(\beta) du document 2 pour relever les valeurs correspondantes du coefficient de force normale.
  3. Comparer les normes des forces normales \vec{F}_{\mathrm{N}} et représenter ces forces sur le schéma avec une échelle cohérente.
Voir le corrigé complet

Le vent incident se propage horizontalement de gauche à droite à la vitesse \vec{U}.

Identification des angles d'incidence et des coefficients C_{\mathrm{N}} :

  • Coupelles inférieures : le vent arrive dans la concavité (creux de la coupelle). L'angle d'incidence entre le vent et l'axe de la coupelle est \beta = \pm 45^\circ. D'après la courbe du document 2 :

    C_{\mathrm{N}}(45^\circ) \approx 1{,}6 > 0.

    La force normale est dirigée selon +\vec{u}_{\mathrm{N}} (vers l'aval du vent, vers la droite).

  • Coupelles supérieures : le vent frappe la face convexe (la pointe du cône). L'angle d'incidence est \beta = \pm (180^\circ - 45^\circ) = \pm 135^\circ. D'après la courbe du document 2 :

    C_{\mathrm{N}}(135^\circ) \approx -0{,}35 < 0.

    La force normale est dirigée selon -\vec{u}_{\mathrm{N}} (également orientée globalement vers l'aval, vers la droite).

Comparaison des normes des forces : La norme de la force normale s'écrit \|\vec{F}_{\mathrm{N}}\| = \frac{1}{2}\rho_{\mathrm{air}}\mathcal{A}\,|C_{\mathrm{N}}|\,U^2. Par symétrie de la configuration (\|\vec{F}_{\mathrm{N}}(-\beta)\| = \|\vec{F}_{\mathrm{N}}(\beta)\|), les deux coupelles inférieures subissent une force de même norme, notée F_{\mathrm{N, bas}}, et les deux coupelles supérieures subissent une force de même norme, notée F_{\mathrm{N, haut}} :

\begin{aligned} F_{\mathrm{N, bas}} &\approx \frac{1}{2}\rho_{\mathrm{air}}\mathcal{A} \times 1{,}6 \times U^2, \\ F_{\mathrm{N, haut}} &\approx \frac{1}{2}\rho_{\mathrm{air}}\mathcal{A} \times 0{,}35 \times U^2. \end{aligned}

Le rapport des normes vaut donc :

\frac{F_{\mathrm{N, bas}}}{F_{\mathrm{N, haut}}} = \frac{|C_{\mathrm{N}}(45^\circ)|}{|C_{\mathrm{N}}(135^\circ)|} \approx \frac{1{,}6}{0{,}35} \approx 4{,}5 \text{ à } 5.
\boxed{\|\vec{F}_{\mathrm{N, bas}}\| \approx 4{,}5 \, \|\vec{F}_{\mathrm{N, haut}}\|}

Les forces normales sur les coupelles inférieures sont ainsi environ quatre à cinq fois plus intenses que celles s'exerçant sur les coupelles supérieures.

Représentation schématique : Sur le schéma ci-dessous, les forces \vec{F}_{\mathrm{N}} normales aux bases des cônes sont tracées : des flèches de grande longueur pour les deux coupelles inférieures, et de faible longueur pour les deux coupelles supérieures.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Soignez l'orientation des forces exercées sur les coupelles et comparez explicitement leurs normes respectives.

« Les erreurs les plus fréquentes portent sur l’orientation et la norme des forces des coupelles supérieures. La comparaison des normes devait être explicite. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 6

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : théorème du moment cinétique, moment d'une force

Expliquer à partir de votre schéma pourquoi l'anémomètre va se mettre en mouvement, et représenter le sens de rotation sur le schéma.

Voir l'indice

Comparer les moments créés par les forces normales sur les bras opposés : la dissymétrie des coefficients de traînée impose un sens de rotation préférentiel.

Voir la stratégie
  1. Exprimer qualitativement le bilan des moments des forces normales \vec{F}_{\mathrm{N}} par rapport à l'axe vertical de rotation (\Delta) passant par le centre de l'anémomètre.
  2. Exploiter la dissymétrie des coefficients aérodynamiques établie à la question précédente (C_{\mathrm{N}}(45^\circ) > |C_{\mathrm{N}}(135^\circ)|) pour déterminer le signe du moment résultant et en déduire le sens de rotation.
Voir le corrigé complet

Soit (\Delta) l'axe vertical de rotation de l'anémomètre, orienté vers le haut (vers l'observateur). Les quatre coupelles sont situées à égale distance R_{\text{bras}} de cet axe.

  • Les forces tangentielles \vec{F}_{\mathrm{T}} étant portées par les bras, leur droite d'action coupe l'axe (\Delta) : leur moment par rapport à (\Delta) est nul.
  • Les forces normales \vec{F}_{\mathrm{N}} sont orthogonales aux bras ; leur bras de levier par rapport à l'axe (\Delta) est donc maximal et égal à la longueur du bras R_{\text{bras}}.
  • D'après l'étude menée à la question précédente, les coupelles inférieures présentent leur face creuse (concave) face au vent et subissent des forces \vec{F}_{\mathrm{N}} motrices de grande norme (C_{\mathrm{N}} \approx 1{,}6). À l'inverse, les coupelles supérieures présentent leur pointe (convexe) face au vent et subissent des forces résistantes de norme nettement plus faible (|C_{\mathrm{N}}| \approx 0{,}35, soit un rapport d'environ 4{,}5).

Le moment résultant par rapport à l'axe vertical (\Delta) n'est donc pas nul :

\sum \mathcal{M}_{\Delta}(\vec{F}) = \sum \mathcal{M}_{\Delta}(\vec{F}_{\mathrm{N}}) > 0

Le couple moteur exercé sur les coupelles inférieures l'emporte largement sur le couple résistant exercé sur les coupelles supérieures. D'après le théorème du moment cinétique appliqué à l'anémomètre autour de l'axe (\Delta), cette dissymétrie induit une accélération angulaire non nulle : l'anémomètre se met en rotation.

Sens de rotation : Les coupelles inférieures étant poussées vers la droite (dans le sens du vent) avec une force prépondérante, l'anémomètre se met à tourner dans le sens anti-horaire (sens trigonométrique).

\boxed{\text{L'anémomètre se met en rotation dans le sens anti-horaire (trigonométrique).}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Pour justifier la mise en mouvement, il fallait comparer les moments des forces en constatant que les bras de levier sont identiques.

« En revanche, très peu de candidats comparent les moments en notant que les bras de levier sont égaux. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 7

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : moment d'une force, bras de levier

Justifier que la force tangentielle est sans importance pour l'étude du mouvement de rotation de l'anémomètre.

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Observer la direction de la force tangentielle \vec{F}_{\mathrm{T}} : son support passe par le bras ou par l'axe de rotation, rendant son bras de levier nul.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le moment scalaire de la force tangentielle \vec{F}_{\mathrm{T}} par rapport à l'axe vertical de rotation (\Delta).
  2. Analyser la géométrie du problème (direction de la droite d'action de \vec{F}_{\mathrm{T}} par rapport au bras de l'anémomètre).
Voir le corrigé complet

Le mouvement de rotation de l'anémomètre autour de son axe vertical (\Delta) orienté par \vec{u}_z est régi par le théorème du moment cinétique scalaire, dans lequel n'interviennent que les moments des forces extérieures par rapport à cet axe.

Pour une coupelle dont le centre est repéré par le point M à l'extrémité du bras de rayon R_{\text{bras}} issu de l'axe (\Delta) en un point O :

\overrightarrow{OM} = R_{\text{bras}}\,\vec{u}_{\mathrm{T}}

car le bras radial reliant l'axe au centre de la base de la coupelle est colinéaire au vecteur tangentiel \vec{u}_{\mathrm{T}} défini dans le document 2.

La force tangentielle s'écrit :

\vec{F}_{\mathrm{T}} = \frac{1}{2}\rho_{\mathrm{air}}\mathcal{A}C_{\mathrm{T}}U^2\,\vec{u}_{\mathrm{T}}

Le moment scalaire de cette force par rapport à l'axe (\Delta) vaut donc :

\begin{aligned} \mathcal{M}_\Delta(\vec{F}_{\mathrm{T}}) &= \left(\overrightarrow{OM} \wedge \vec{F}_{\mathrm{T}}\right) \cdot \vec{u}_z \\ &= \left(R_{\text{bras}}\,\vec{u}_{\mathrm{T}} \wedge \frac{1}{2}\rho_{\mathrm{air}}\mathcal{A}C_{\mathrm{T}}U^2\,\vec{u}_{\mathrm{T}}\right) \cdot \vec{u}_z \\ &= 0 \end{aligned}

puisque le produit vectoriel de deux vecteurs colinéaires est nul.

\boxed{\mathcal{M}_\Delta(\vec{F}_{\mathrm{T}}) = 0}

La droite d'action de \vec{F}_{\mathrm{T}} coupe l'axe de rotation : son bras de levier est nul. Elle n'engendre aucun couple moteur ou résistant et est donc sans influence sur la rotation de l'anémomètre.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'absence d'effet d'une force sur la rotation d'un solide autour d'un axe fixe se justifie par la nullité de son moment, et non de sa résultante.

« Question simple et pourtant peu réussie : les candidats ne pensent pas à évoquer le moment nul des forces, et parlent au contraire de nullité de la résultante des forces. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 8

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : couple de forces, résultante nulle

Rappeler la définition d'un couple de forces. Le terme de « couple » aérodynamique utilisé dans le document 3 vous paraît-il bien choisi ?

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Rappeler la définition mécanique stricte d'un couple de forces (résultante nulle) et discuter si l'ensemble des forces aérodynamiques sur l'anémomètre vérifie rigoureusement cette propriété.

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1. Définition d'un couple de forces :

En mécanique du solide, un couple de forces est un système de forces dont la résultante est nulle :

\vec{R} = \sum_i \vec{F}_i = \vec{0}

En particulier, un couple élémentaire est constitué de deux forces de directions parallèles, de sens opposés et de même norme, portées par des droites d'action distinctes.

Une conséquence fondamentale est que le moment résultant d'un couple est indépendant du point de référence choisi :

\forall (A, B), \quad \vec{\mathcal{M}}_B = \vec{\mathcal{M}}_A + \overrightarrow{BA} \wedge \vec{R} = \vec{\mathcal{M}}_A

2. Discussion sur l'appellation « couple aérodynamique » :

  • Au sens strict de la mécanique : l'expression est impropre (abus de langage). En effet, la résultante des actions aérodynamiques exercées par le vent sur l'anémomètre n'est pas nulle (\vec{R}_{\text{aéro}} \neq \vec{0}) : le vent exerce une force de traînée globale non nulle sur le dispositif, reprise par la fixation de l'axe. Le torseur des actions aérodynamiques n'est donc pas un torseur couple.
  • Dans l'usage courant en sciences pour l'ingénieur : le terme « couple » est très souvent employé par métonymie pour désigner le moment scalaire des forces par rapport à l'axe de rotation (\Gamma = \mathcal{M}_{\Delta}), qui traduit la capacité du vent à entraîner l'anémomètre en rotation (analogue à la notion anglo-saxonne de torque). En ce sens pratique, le terme permet d'identifier immédiatement l'action motrice agissant sur la rotation.
Voir ce qu'a relevé le jury

La définition mécanique rigoureuse d'un couple de forces doit être maîtrisée et ne se limite pas au cas particulier de deux forces opposées.

« La définition d’un couple n’est que très rarement juste et complète. Bien que cela n’ait pas été sanctionné, signalons qu’un couple ne se réduit pas systématiquement à deux forces. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 9

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : traînée, vitesse relative

Proposer une interprétation qualitative au fait que le couple aérodynamique diminue avec la fréquence de rotation de l'anémomètre, comme constaté dans le document 3.

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Considérer la vitesse relative du vent par rapport à chaque coupelle en rotation : lorsque la coupelle avance, le vent relatif incident diminue.

Voir le corrigé complet

Les forces aérodynamiques exercées par l'écoulement d'air sur une coupelle dépendent non pas de la vitesse absolue \vec{U} du vent, mais de la vitesse relative \vec{U}_{\text{rel}} = \vec{U} - \vec{v} du vent par rapport à cette coupelle, où \vec{v} est la vitesse de déplacement de la coupelle (de norme v = 2\pi f R, avec R le rayon du bras de l'anémomètre) :

  • Pour les coupelles motrices (creux face au vent, qui se déplacent dans le sens du vent) : la vitesse relative a pour norme U_{\text{rel}} \approx U - v. Lorsque la fréquence de rotation f augmente, v augmente, donc la vitesse relative diminue : la force motrice et le couple moteur associé diminuent.
  • Pour les coupelles résistantes (pointes face au vent, qui remontent le vent) : la vitesse relative a pour norme U_{\text{rel}} \approx U + v. Lorsque f augmente, cette vitesse relative augmente, ce qui accroît la force résistante et donc le couple résistant.

Par conséquent, la résultante de ces deux effets conduit à une diminution globale du couple aérodynamique moyen \Gamma lorsque la fréquence de rotation f augmente.

Voir ce qu'a relevé le jury

L'interprétation qualitative repose sur l'étude de la vitesse relative du vent par rapport aux coupelles dans les deux sens de déplacement.

« La notion de vitesse relative, centrale dans l’explication, devait être discutée aussi bien pour les coupelles se déplaçant dans le sens du vent que pour les coupelles se déplaçant dans le sens opposé au vent. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 10

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : frottement solide, loi de coulomb

Lorsque la vitesse du vent est inférieure à la vitesse de démarrage (document 1), l'anémomètre est immobile. Quel phénomène peut expliquer l'existence de cette vitesse de démarrage ?

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Penser aux frottements mécaniques solides (frottements secs au niveau du pivot ou des roulements) qui nécessitent un seuil de couple pour déclencher la mise en mouvement.

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L'existence d'une vitesse de démarrage U_0 s'explique par la présence de frottements mécaniques solides (secs) au niveau de l'axe de rotation (liaison pivot, roulements ou paliers).

D'après les lois de Coulomb sur le frottement sec, le système reste immobile tant que le couple moteur d'origine aérodynamique \Gamma_{\text{aéro}}(U) n'excède pas le couple de frottement statique maximal \Gamma_{\text{s,max}} opposé par les contacts mécaniques :

|\Gamma_{\text{aéro}}(U)| \le \Gamma_{\text{s,max}}

Le couple aérodynamique exercé sur l'anémomètre à l'arrêt étant une fonction croissante de la vitesse du vent U (proportionnel à U^2), il n'atteint la valeur critique \Gamma_{\text{s,max}} qu'à partir d'une vitesse seuil non nulle, notée U_0. Pour toute vitesse U < U_0, le rotor ne peut pas démarrer.

Voir ce qu'a relevé le jury

L'existence d'une vitesse seuil de démarrage s'explique nécessairement par la présence de frottements solides au niveau de l'axe.

« Question assez souvent bien traitée, même s’il fallait impérativement parler des frottements solides (ou sur l’axe) pour obtenir les points. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 11

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : anémomètre, étalonnage

En négligeant la vitesse de démarrage , estimer la distance d'étalonnage de l'anémomètre étudié dans le document 3.

Voir l'indice

Exploiter la relation U = \ell_0 f + U_0 et utiliser le point de fonctionnement à couple nul dans le document 3 pour U = 8{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de fonctionnement en régime permanent pour un anémomètre sans frottement.
  2. Lire sur le document 3 la fréquence de rotation f pour laquelle le couple aérodynamique moyen s'annule lorsque U = 8{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
  3. En déduire la distance d'étalonnage \ell_0 = \frac{U}{f} et commenter son ordre de grandeur.
Voir le corrigé complet

En régime permanent et en l'absence de couple résistant de frottement (ce qui correspond à U_0 = 0), l'accélération angulaire moyenne de l'anémomètre est nulle. D'après le théorème du moment cinétique projeté sur l'axe vertical, le couple moyen résultant s'exerçant sur le rotor doit être nul :

\Gamma(f) = 0

D'après le document 3, le vent souffle à une vitesse U = 8{,}0\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. Sur l'axe des abscisses, les graduations principales indiquent un pas de 1\text{ Hz} par grand carreau (comme en attestent les repères 9\text{ Hz} et 10\text{ Hz}). L'intersection de la courbe \Gamma(f) avec l'axe \Gamma = 0 se situe entre la 6e et la 7e division, ce qui donne une fréquence de rotation d'équilibre :

f \approx 6{,}2\text{ Hz} \quad (\text{comprise entre } 6{,}0\text{ Hz et } 6{,}3\text{ Hz})

En utilisant la loi d'étalonnage du document 1 avec U_0 = 0 :

U = \ell_0 f \implies \ell_0 = \frac{U}{f}

Soit numériquement :

\ell_0 = \frac{8{,}0}{6{,}2} \approx 1{,}3\text{ m}
\boxed{\ell_0 \approx 1{,}3\text{ m}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il était indispensable d'invoquer l'hypothèse du régime stationnaire pour justifier la lecture de la fréquence à couple aérodynamique nul.

« Il fallait au moins mentionner le régime stationnaire pour justifier qu’on relevait la fréquence à couple aérodynamique nul sur le document 3. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 12

Difficulté estimée 3 sur 4 : Exigeant

Notions : loi de lenz, couple de freinage

Estimer le couple mécanique résistant s'exerçant en moyenne sur l'anémomètre du fait de la présence de la bobine au voisinage de l'aimant. Cela est-il de nature à perturber le fonctionnement de l'anémomètre ?

Voir l'indice

Relier la puissance mécanique résistante moyenne dissipée par le couple résistant (\mathcal{P} = \Gamma_{\text{res}} \omega) à la puissance électrique moyenne dissipée dans la résistance d'entrée de l'oscilloscope par le signal sinusoïdal induit.

Voir la stratégie
  1. Poser les hypothèses de modélisation mécanique et électrique (relation entre vitesse angulaire et fréquence du signal, impédance de la bobine devant celle de l'oscilloscope).
  2. Exprimer la puissance électrique moyenne dissipée par effet Joule dans le circuit de mesure.
  3. Relier cette puissance dissipée au couple mécanique résistant moyen via un bilan de puissance, puis comparer ce couple aux couples aérodynamiques typiques de l'anémomètre (document 3).
Voir le corrigé complet

1. Hypothèses et modélisation :

  • Modèle mécanique : Un aimant droit comporte un pôle Nord et un pôle Sud (une paire de pôles). Une rotation complète de l'anémomètre induit donc une période temporelle complète de flux magnétique dans la bobine. La fréquence de rotation de l'axe est ainsi égale à la fréquence électrique observée :

    f_{\text{rot}} = f = 38\text{ Hz}, \quad \text{soit une vitesse angulaire } \Omega = 2\pi f \approx 239\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}
  • Modèle électrique : Le circuit est modélisé par une f.é.m. d'induction e(t), en série avec la bobine (d'inductance L = 11\text{ mH} et de résistance interne r_{\text{b}}) et l'oscilloscope de résistance d'entrée R_{\text{osc}} = 1\text{ M}\Omega. L'impédance inductive vaut :

    L\Omega = 11\cdot 10^{-3} \times 239 \approx 2{,}6\,\Omega \ll R_{\text{osc}}

    La résistance interne du fil de la bobine vérifie également r_{\text{b}} \ll R_{\text{osc}}. L'impédance totale du circuit se réduit donc à la résistance de l'oscilloscope R_{\text{osc}}.

  • Les pertes par hystérésis magnétique et par courants de Foucault dans les pièces métalliques sont négligées.

2. Bilan de puissance : La tension mesurée aux bornes de l'oscilloscope est sinusoïdale d'amplitude U_m = 32\text{ V}. Le courant induit instantané est i(t) = \frac{u(t)}{R_{\text{osc}}}. La puissance électrique moyenne dissipée par effet Joule s'écrit :

\langle \mathcal{P}_e \rangle = \frac{U_{\text{eff}}^2}{R_{\text{osc}}} = \frac{U_m^2}{2 R_{\text{osc}}}

Par conservation de l'énergie, cette puissance dissipée est intégralement fournie par le travail des forces de Laplace s'exerçant sur l'aimant tournant, qui développe un couple résistant moyen \Gamma_{\text{res}} :

\langle \mathcal{P}_{\text{méc}} \rangle = \Gamma_{\text{res}} \Omega = \langle \mathcal{P}_e \rangle

On en déduit l'expression du couple résistant moyen :

\boxed{ \Gamma_{\text{res}} = \frac{U_m^2}{4\pi f R_{\text{osc}}} }

3. Application numérique :

\begin{aligned} \langle \mathcal{P}_e \rangle &= \frac{32^2}{2 \times 1{,}0\cdot 10^6} \approx 5{,}1\cdot 10^{-4}\text{ W} = 0{,}51\text{ mW} \\ \Gamma_{\text{res}} &= \frac{5{,}12\cdot 10^{-4}}{2\pi \times 38} \approx 2{,}1\cdot 10^{-6}\text{ N}\cdot\text{m} = 2{,}1\cdot 10^{-3}\text{ mN}\cdot\text{m} \end{aligned}

4. Commentaire : D'après le document 3, le couple aérodynamique s'exerçant sur l'anémomètre est de l'ordre de quelques \text{mN}\cdot\text{m} (environ 5\text{ mN}\cdot\text{m} au démarrage). Le couple de freinage électromagnétique induit par le capteur (\Gamma_{\text{res}} \approx 2\cdot 10^{-3}\text{ mN}\cdot\text{m}) est environ un millier de fois plus faible :

\Gamma_{\text{res}} \ll \Gamma

La présence de la bobine n'est donc absolument pas de nature à perturber le fonctionnement et la mesure de la vitesse par l'anémomètre.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait identifier un mécanisme d'induction électromécanique et oser poser une démarche, celle-ci étant valorisée même sans aboutir.

« Question ouverte très peu traitée cette année, du fait que peu de candidats ont identifié qu’un phénomène d’induction (et plus précisément de conversion électromécanique) était en jeu. »

« Rappelons qu’il est possible d’obtenir une bonne partie des points même si le raisonnement n’a pas abouti. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.