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ÉCOLES NORMALES SUPÉRIEURES
COMPOSITION D'INFORMATIQUE-MATHÉMATIQUES - (ULC)
(Durée : 4 heures)
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Le présent sujet comporte 8 pages numérotées de 2 à 9 .
Autour des séries formelles
Une série formelle à coefficients dans
ℝ est une suite
(s_n)_(n ∈ ℕ) d'éléments de
ℝ . L'ensemble des séries formelles est noté
ℝ[[X]] . Les opérations usuelles d'addition (terme à terme) et de multiplication par un scalaire (terme à terme) sur les suites font naturellement de
ℝ[[X]] un
ℝ -espace vectoriel.
La suite (
s_n ), considérée comme série formelle, est également notée
∑_n s_n X^n . La légitimité de cette notation sommatoire sera explorée plus tard ; pour l'instant, elle ne doit pas s'interpréter comme provenant d'une notion de série classique. Ainsi, la série formelle
∑_n n!X^n est un élément de
ℝ[[X]] , bien que la série entière correspondante ait un rayon de convergence nul. En particulier, en dehors de la dernière partie du problème, toute considération de rayon de convergence est exclue.
On définit sur
ℝ[[X]] une opération de multiplication de deux séries formelles de la manière suivante : si
S = ∑_n s_n X^n et
T = ∑_n t_n X^n , alors
S.T = U = ∑_n u_n X^n , avec
Quelques notations
Lorsqu'une série formelle
S est définie,
s_n désigne implicitement son "coefficient de degré
n ", i.e.
S = ∑_n u_n X^n . Deux séries formelles
S et
T sont égales si et seulement si on a, pour tout
n ≥ 0, s_n = t_n .
On note
X_F la série formelle
(u_n)_(n ≥ 0) définie par
u_1 = 1, u_i = 0 pour
i ≠ 1; 1_F la série formelle
(v_n)_(n ≥ 0) définie par
v_0 = 1, v_i = 0 pour
i ≠ 0 ; et
0_F la série formelle dont tous les termes sont nuls. On admettra que le produit de séries formelles est commutatif et associatif, et admet
1_F comme élément neutre et
0_F comme élément absorbant.
Lorsque
E est un ensemble fini, on note
#E le cardinal de
E .
Partie 1 : Algèbre des séries formelles
Question 1.1. Quelle est la suite associée à la série formelle
(X_F)^n ?
Question 1.2. Montrer qu'il existe une unique application linéaire
f : ℝ[X] → ℝ[[X]] telle que, pour tout
n ≥ 0, f(X^n) = (X_F)^n , et qu'il s'agit d'un morphisme injectif d'algèbres.
Dans la suite, on identifiera un polynôme
P ∈ ℝ[X] à son image
f(P) ∈ ℝ[[X]] , et on pourra considérer que
ℝ[X] est un sous-ensemble de
ℝ[[X]] . On se gardera toutefois d'utiliser la notation
S(a) lorsque
a est un réel et que
S est une série formelle qui n'est pas un polynôme.
Pour une série formelle
S = ∑_n s_n X^n non identiquement nulle, la valuation de
S est définie
parν(S) = min{i : s_i ≠ 0} . Pour deux séries formelles
S et
T , on définit
Question 1.3.
(a). Montrer que
d définit une distance sur
ℝ[[X]] .
(b). Montrer qued n'est pas une distance provenant d'une norme sur
ℝ[[X]] .
(b). Montrer que
Question 1.4. Soient
S et
T deux séries formelles. Montrer que
S.T = 0_F si et seulement si
S = 0_F ou
T = 0_F .
Soit
U ∈ ℝ[[X]] , et
U^((n)) une suite d'éléments de
ℝ[[X]] . On dit que la suite
(U^((n))) converge vers
U au sens des séries formelles, si
lim_(n → ∞)d(U^((n)), U) = 0 .
On définit également la convergence d'une série de séries formelles, de la manière suivante : si
(V^((n))) est une suite d'éléments de
R[[X]] , on dira que la série
∑_n V^((n)) converge, avec comme somme
U , si la suite
U^((n)) = ∑_(k = 0)^n V^((k)) converge vers
U .
Question 1.5.
(a). Montrer que la suite de polynômes définie par
P_n(X) = 1 + (1/n)X ne converge pas au sens des séries formelles. Existe-t-il une norme sur
ℝ[X] pour laquelle elle converge?
(b). Montrer qu'une condition nécessaire et suffisante pour que la suite(U^((n))) de séries formelles converge vers une série formelle
U est que, pour tout
k ≥ 0 , la suite
(u_k^((n)))_(n ≥ 0) soit ultimement constante et égale à
u_k .
(c). Montrer qu'une suite de séries formelles(U^((n))) converge au sens des séries formelles si et seulement si la suite
(U^((n + 1)) − U^((n))) converge vers la série
0_F .
(b). Montrer qu'une condition nécessaire et suffisante pour que la suite
(c). Montrer qu'une suite de séries formelles
Question 1.6. Montrer que toute série formelle
∑u_n X^n est la somme de la série de séries formelles
∑_n S_n , où
S_n = u_n(X_F)^n .
Question 1.7. On définit sur
ℝ[[X]] une relation binaire
≤ _F de la manière suivante :
∑_n u_n X^n ≤ _F∑_n v_n X^n si et seulement si, pour tout
n ≥ 0 , on a
u_n ≤ v_n . Montrer que
≤ _F est une relation d'ordre sur
ℝ[[X]] .
Partie 2 : Équations de séries formelles
Dans cette partie, nous nous intéressons à différentes formes d'équations portant sur des séries formelles, et à donner des conditions permettant d'affirmer l'existence et l'unicité de solutions.
Si
Φ est une fonction de
ℝ[[X]] dans lui-même, une série formelle
S est une solution de l'équation
Φ(S) = 0_F si l'image de
S par
Φ est la série nulle. De même, une série formelle est une solution de l'équation
Φ(S) = S si
S est sa propre image par
Φ (
S est un point fixe de
Φ ).
Question 2.1. Soit
S une série formelle non identiquement nulle, et
k ∈ ℕ . Montrer qu'il existe une série formelle
T telle que l'on ait
S = (X_F)^k ⋅ T , si et seulement si
ν(S) ≥ k .
Question 2.2. La série formelle
T est un inverse (multiplicatif) de la série formelle
S , si l'on a
S.T = 1_F .
(a). En supposant connus les coefficients deS , écrire de manière générique les équations sur les coefficients de
T qui caractérisent le fait que
T soit un inverse de
S .
(b). Montrer qu'une sérieS = ∑_(n ≥ 0)s_n X^n admet un inverse si et seulement si
s_0 ≠ 0 , et que cet inverse est alors unique.
(c). SoitS = ∑_n n!X^n , et soit
T = ∑_n t_n X^n l'inverse de
S . Calculer
t_0, t_1, t_2 et
t_3 .
(a). En supposant connus les coefficients de
(b). Montrer qu'une série
(c). Soit
Question 2.3. Soient
P et
Q deux polynômes,
Q non identiquement nul.
(a). Montrer qu'il existe au plus une série formelleS telle que
P − Q.S = 0_F .
(b). Montrer que, siQ(0) ≠ 0 , alors il existe une série formelle
S telle que
P − Q.S = 0_F .
(c). Donner une condition nécessaire et suffisante surP et
Q pour qu'une telle série formelle existe (sans nécessairement supposer
Q(0) ≠ 0 ).
(a). Montrer qu'il existe au plus une série formelle
(b). Montrer que, si
(c). Donner une condition nécessaire et suffisante sur
Une série formelle solution d'une équation de la forme
P − Q.S = 0_F , où
P et
Q ≠ 0 sont des polynômes, est appelée série rationnelle.
Question 2.4. Soit
(s_n)_(n ≥ 0) une suite satisfaisant, pour tout
n ≥ 2, s_n = s_(n − 1) + s_(n − 2) . Montrer que la série formelle
S = ∑_n s_n X^n est rationnelle.
Question 2.5. Montrer que, pour toute série rationnelle
S ≠ 0_F , il existe un unique couple
(P^∗, Q^∗) de polynômes premiers entre eux, avec
P^∗ unitaire, tels que
S soit l'unique solution de l'équation
P^∗ − Q^∗.S = 0_F . Dans la suite, ces deux polynômes seront notés respectivement
Num(S) et
Den(S) .
Question 2.6. Soit
S une série rationnelle. Montrer qu'il existe un entier
k ≥ 0 , un entier
n_0 ≥ 0 , et des réels
a_1, …, a_k tels que les coefficients
(s_n)_(n ≥ 0) satisfassent, pour tout
n ≥ n_0 ,
Question 2.7. Réciproquement, démontrer que toute série formelle qui satisfait une condition de la forme (1) est rationnelle.
Question 2.8. Soient
P et
Q deux polynômes non identiquement nuls, avec
Q(0) = 1 . On suppose que
P et
Q sont donnés par leurs degrés respectifs
d_P et
d_Q (considérés comme des constantes), et leurs coefficients
(p_i)_(0 ≤ i ≤ d_P) et
(q_j)_(0 ≤ j ≤ d_Q) . Soit alors
S la série formelle d'équation
P − Q.S = 0_F . Montrer qu'il est possible de calculer le coefficient
s_n en
O(n) opérations arithmétiques sur des nombres entiers.
Une fonction
Φ de
ℝ[[X]] dans lui-même est dite contractante si, pour toutes séries formelles
S et
T telles que
S ≠ T , on a
Question 2.9.
(a). Montrer que si
Φ est contractante, alors l'équation
S = Φ(S) a au plus une solution.
(b). On supposeΦ contractante. Soit
S^((0)) une série formelle quelconque. On définit la suite de séries formelles
(S^((n)))_(n ≥ 0)parS^((n + 1)) = Φ(S^((n))) pour
n ≥ 0 . Montrer que, pour tout
n > 0 tel que
S^((n + 1)) ≠ S^((n)) , on a
(b). On suppose
(c). Montrer que, si
Φ est contractante, alors l'équation
S = Φ(S) a une solution unique.
Une équation de la forme
Φ(S) = 0_F est algébrique s'il existe un entier
k ≥ 1 et
k + 1 polynômes
P_0, …, P_k , non tous nuls, tels que
Φ(S) s'exprime sous la forme
Une éventuelle solution d'une équation algébrique est elle-même appelée série formelle algébrique.
Question 2.10. Soit une équation algébrique
Φ(S) = 0_F , pour laquelle le polynôme
P_1 ne s'annule pas en 0 , alors que chaque polynôme
P_i pour
1 < i ≤ k s'annule en 0 . Montrer qu'une telle équation a une solution unique dans
ℝ[[X]] .
Question 2.11. Soit
P ∈ ℝ[X] un polynôme tel que l'on ait
P(0) = p_0 > 0 . On s'intéresse aux solutions de l'équation
S^2 − P = 0 .
(a). Montrer qu'une condition nécessaire pour qu'une série formelleS = ∑_n s_n X^n soit solution de l'équation
S^2 − P = 0 est que
s_0 appartienne à un ensemble
E = {s, s^′} à déterminer.
(b). Montrer que l'équationS^2 − P = 0 a exactement deux solutions dans
ℝ[[X]] .
(a). Montrer qu'une condition nécessaire pour qu'une série formelle
(b). Montrer que l'équation
Partie 3 : Séries génératrices de langages
Soit
A un ensemble fini non vide.
A^∗ désigne l'ensemble des suites finies d'éléments de
A , suites qui sont appelées mots sur l'alphabet
A . On supposera systématiquement que les suites
finies non vides sont de la forme(w_k)_(1 ≤ k ≤ n) , i.e. sont indexées à partir de 1 . L'entier
n est alors la longueur du mot, notée
|w| . L'unique mot de longueur 0 , appelé mot vide, est noté
ε .
finies non vides sont de la forme
Afin de simplifier les notations, on note les mots en écrivant directement la séquence de leurs lettres: ainsi, le mot
(a, b, b, a) (de longueur 4) se note
abba .
Un langage
L est une partie de
A^∗ ; l'ensemble des langages sur l'alphabet
A est noté
L(A) .
Une occurrence d'une lettrea ∈ A dans un mot
w est un indice
1 ≤ i ≤ |w| tel que l'on ait
w_i = a . Le nombre d'occurrences de
a dans
w est noté
|w|_a .
Une occurrence d'une lettre
Si
L est un langage, on note
L_n = L ∩ A^n , pour tout entier
n , l'ensemble des mots de
L dont la longueur est
n , et
ℓ_n = #L_n . On a donc en particulier
ℓ_0 = 1 ou
ℓ_0 = 0 selon que
ε appartient ou non à
L .
On définit la série génératrice du langage
L comme la série formelle
S_L = ∑_n ℓ_n X^n .
Question 3.1. Soient
L et
L^′ deux langages. Montrer que, si
L ⊂ L^′ , alors on a
S_L ≤ _F S_(L^′) , et que, si de plus on a
S_L = S_(L^′) , alors
L = L^′ .
Question 3.2. Soient
L et
L^′ deux langages. Montrer que
S_(L ∪ L^′) ≤ _F S_L + S_(L^′) , et qu'il y a égalité si et seulement si les langages
L et
L^′ sont disjoints.
L'ensemble
A^∗ est muni d'une loi de composition interne dite produit de concaténation, notée . et définie comme suit : si
u = (u_k)_(1 ≤ k ≤ n) et
v = (v_k)_(1 ≤ k ≤ m) sont deux mots de longueurs respectives
n et
m, u.v est le mot
w , de longueur
n + m , défini par
On admettra que le produit de concaténation est associatif et admet
ε comme élément neutre.
On définit le produit (ensembliste) de deux langagesL et
L^′ comme le langage
L.L^′ défini par :
w ∈ L.L^′ si et seulement s'il existe deux mots
u ∈ L et
v ∈ L^′ tels que l'on ait
w = u.v . Lorsque l'un des langages est réduit à un unique mot, on s'autorise un abus de notation consistant par exemple à écrire
w.L pour le langage
{w}.L . Cette définition s'étend à un produit de plus de deux langages : si
L_1, …, L_k sont des langages,
L_1.L_2….L_k désigne l'ensemble des mots
w tels qu'il existe des mots
w_i ∈ L_i (pour
1 ≤ i ≤ k ) avec
w = w_1.w_2…..w_k .
On définit le produit (ensembliste) de deux langages
Le produit
L_1.L_2….L_k est dit non ambigu si, pour tout mot
w ∈ L_1.L_2….L_k , le
k -uplet de mots
(w_i)_(1 ≤ i ≤ k) est unique.
Un mot
u est un préfixe d'un mot
w s'il existe un mot
v tel que l'on ait
w = u.v ; en particulier, le mot vide
ε est préfixe de tout mot, et tout mot est préfixe de lui-même. Un langage
L est dit préfixe si, pour tout couple
(w, w^′) ∈ L^2, w est préfixe de
w^′ si et seulement si
w = w^′ (attention, la terminologie est un peu trompeuse : un langage préfixe est un langage qui ne contient pas de couples de mots distincts préfixes l'un de l'autre). À titre d'exemple, le langage fini {a,ab} n'est pas préfixe (
a est préfixe de
ab ), mais le langage
{a, ba} l'est.
Question 3.3. Soit
L un langage préfixe, et
L^′ un langage quelconque. Montrer que le produit
L.L^′ est non ambigu.
Question 3.4. Soient
L et
L^′ deux langages.
- Montrer que l'on a
S_(L ⋅ L^′) ≤ _F S_L ⋅ S_(L^′) - Montrer que l'on a
S_(L.L^′) = S_L ⋅ S_(L^′) si et seulement si le produit de langagesL ⋅ L^′ est non ambigu.
Question 3.5. On définit un langage
F ⊂ {a, b}^∗ sur l'alphabet
A = {a, b} , de la manière suivante :
F est l'ensemble des mots (y compris le mot vide) qui ne contiennent pas deux occurrences consécutives de la lettre
b , i.e. l'ensemble des mots
w = a_1…a_n (avec
a_i ∈ {a, b} pour chaque
i) tels que, pour tout
1 ≤ i ≤ n − 1, a_i ≠ b ou
a_(i + 1) ≠ b .
(a). Montrer queF satisfait l'identité ensembliste
(a). Montrer que
(b). Montrer que la série génératrice
S_F = ∑_n f_n X^n de
F est une série rationnelle, et déterminer
Num(S_F) et
Den(S_F) .
(c). Donner une relation de récurrence définissant la suite(f_n)_(n ≥ 0) .
(c). Donner une relation de récurrence définissant la suite
Question 3.6. On définit un langage
D sur l'alphabet
A = {a, b} de la manière suivante : un mot
w est dans
D si et seulement si, d'une part,
|w|_a = |w|_b , et d'autre part, pour tout préfixe
w_1 de
w , on a
|w_1|_a ≥ |w_1|_b .
(a). Soientw_1 et
w_2 deux mots de
D . Montrer que a.
w_1.b.w_2 ∈ D .
(b). Soitw un mot non vide de
D . Montrer qu'il existe deux mots
w_1 et
w_2 de
D tels que l'on ait
w = a.w_1.b.w_2 , et que ces deux mots sont uniques.
(c). Montrer que le langageD satisfait l'identité ensembliste
(a). Soient
(b). Soit
(c). Montrer que le langage
(d). Montrer que la série génératrice
S_D satisfait l'équation
Question 3.7. Soit
(L_n)_(n ≥ 0) une suite de langages sur un même alphabet fini
A . On suppose que l'on a, pour tout
n ≥ 0, L_n ⊂ L_(n + 1) . On note
S^((n)) la série génératrice du langage
L_n . Montrer que la suite
(S^((n))) converge au sens des séries formelles vers la série génératrice
S_L du langage
L = ∪ _n L_n 。
Dans le reste de cette partie,
Ψ désigne une fonction de
L(A) dans lui-même. On suppose que
Ψ est croissante au sens suivant : pour tous langages
L et
L^′ , si
L ⊂ L^′ alors
Ψ(L) ⊂ Ψ(L^′) .
On définit deux suites de langages
(K_n)_(n ≥ 0) et
(M_n)_(n ≥ 0) , de la manière suivante :
K_0 = ∅ ,
M_0 = A^∗ , et pour
n ≥ 0, K_(n + 1) = Ψ(K_n) et
M_(n + 1) = Ψ(M_n) . Enfin, on pose
K = ∪ _n K_n et
M = ∩ _n M_n .
Question 3.8.
(a). Montrer que l'on a, pour tout
n ≥ 0, K_n ⊂ K_(n + 1) ⊂ M_(n + 1) ⊂ M_n .
(b). Montrer queK et
M satisfont
K = Ψ(K) ⊂ Ψ(M) ⊂ M .
(c). Montrer que, siL est un langage qui satisfait
L = Φ(L) , alors
K ⊂ L ⊂ Ψ(M) .
(b). Montrer que
(c). Montrer que, si
On suppose maintenant que
Ψ peut s'exprimer de la manière suivante : pour tout langage
L ,
où
ψ_0 ∈ L(A) est un langage fixé et chaque
ψ_ℓ (pour
1 ≤ ℓ ≤ k ) est une fonction
(A^∗)^ℓ → L(A) qui, à chaque
ℓ -uplet de mots, associe un langage.
Question 3.9. Soient
L_1, L_2 et
L_3 trois langages fixés, et
Ψ¯ définie (pour cette question seulement) par
Trouver un entier
k et des
ψ_ℓ permettant d'exprimer
Ψ¯ sous la forme précédente.
Question 3.10. Montrer qu'une telle fonction
Ψ est croissante au sens précédemment défini.
Question 3.11. On suppose que chaque
ψ_ℓ satisfait la condition suivante : pour tout
ℓ -uplet de mots
(w_1, …, w_ℓ) et tout mot
w ∈ ψ_ℓ(w_1, …, w_ℓ) , on a
|w| > ∑_(i = 1)^ℓ|w_i| .
Montrer que sous ces conditions, le langage
K précédemment défini est l'unique langage tel que l'on ait
Ψ(K) = K .
Question 3.12. On se donne, sur un alphabet
A fixé, deux langages
L_1 et
L_2 , dont on suppose que
L_2 est préfixe, et qu'aucun mot de
L_1 n'a de préfixe dans
L_2 .
(a). Montrer qu'il existe un unique langageL ∈ L(A) tel que l'identité
L = L_1 ∪ L_2.L soit satisfaite, et que la série génératrice de
L satisfait l'équation
(a). Montrer qu'il existe un unique langage
(b). Montrer que, si les langages
L_1 et
L_2 ont des séries génératrices rationnelles, alors il en est de même de
L .
Partie 4 : Séries formelles et séries entières
Dans cette partie, on s'intéresse aux liens entre la théorie des séries formelles et celle des fonctions sommes de séries entières. Étant donnée une série formelle
U = ∑_n u_n X^n , on notera
∑_n u_n t^n la série entière correspondante, et, une fois la convergence en un point
t (qui sera toujours réel) établie, on notera
U~(t) la valeur en
t de la fonction somme.
Question 4.1. Soit
A un alphabet fini,
L un langage d'alphabet
A , et
S = S_L la série génératrice de
L . Montrer que la série entière correspondant à
S_L a un rayon de convergence strictement positif.
Question 4.2. Soient
T et
U deux séries formelles dont les séries entières associées ont un rayon de convergence strictement positif. Montrer que les séries formelles
V = T + U et
W = T.U ont également un rayon de convergence strictement positif, et que l'on a, pour
|t| < ρ (pour un certain
ρ > 0), V~(t) = T~(t) + U~(t) et
W~(t) = T~(t).U~(t) .
Question 4.3. Soit
S~_D la somme de la série entière correspondant à la série génératrice du langage
D défini à la question 3.6.
(a). Montrer que la fonctionS~_D est, sur un voisinage de 0 , solution de l'équation fonctionnelle
F(t) = 1 + t^2 F(t)^2 .
(b). Donner une expression analytique pourS~_D(t) au voisinage de 0 .
(a). Montrer que la fonction
(b). Donner une expression analytique pour
Question 4.4. On note
d_n le coefficient de degré
n de
S_D , i.e.,
S_D = ∑_n d_n X^n . Montrer que, pour
n ≥ 0 , on a
Fin de l'épreuve
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