Corrigé détaillé Mines Physique 1 MPI 2025 (page 2/2 : Parties III et IV)
Impulsion mécanique et mesures optiques
- 25 questions corrigées
- Sujet difficile
- Faisable en MP2I et MPSI : 8 questions sur 25, parties I et II
- Vérifié question par question
Comment utiliser ce corrigé
Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés
Partie III : Mesures interférométriques de longueurs d’onde
A · L’interféromètre de Michelson
Question 9
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Schéma ou tracé
Notions : interféromètre de michelson, lame séparatrice, lame compensatrice
L'interféromètre comporte deux lames de verre et , parallèles, de même épaisseur et de même indice optique , inclinées d'un angle relativement à l'axe normal au miroir fixe. La lame est munie d'une couche semi-réfléchissante sur une seule de ses faces ; laquelle ? Justifier, en vous appuyant sur un schéma.
Voir l'indiceIndice
Tracer le cheminement optique des deux faisceaux réfléchis pour comparer le nombre de traversées de verre selon la face traitée de la séparatrice L_1.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier les deux faces de la lame séparatrice L_1 : la face d'entrée (ou face avant, tournée vers le monochromateur et le miroir mobile) et la face arrière (tournée vers le miroir fixe et l'oculaire).
- Dénombrer le nombre de traversées de verre d'épaisseur e effectuées par les rayons dans chaque bras en fonction de la face traitée, sachant que la lame compensatrice L_2 est située dans le bras vertical (voie du miroir mobile).
- Conclure sur la face qui permet d'égaliser le chemin optique dans le verre pour les deux voies (compensation chromatique).
Voir la réponse courteRéponse courte
Couche semi-réfléchissante sur la face arrière de L_1 pour que les deux faisceaux traversent le même nombre d'épaisseurs de verre avec la compensatrice L_2.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La lame L_1 (séparatrice) possède deux faces planes et parallèles :
- la face avant (ou face d'entrée), tournée vers la source (monochromateur) et le miroir mobile ;
- la face arrière, tournée vers le miroir fixe et l'oculaire.
La lame compensatrice L_2, de même épaisseur e et de même indice n que L_1, est disposée parallèlement à L_1 sur le trajet du bras vertical (vers le miroir mobile). Tout faisceau effectuant un aller-retour vers le miroir mobile traverse donc deux fois la lame L_2.
Détaillons le nombre de traversées de verre d'épaisseur e pour chaque voie :
Voie 2 (miroir mobile) : Le faisceau incident se réfléchit directement sur la face avant semi-réfléchissante de L_1 (0 traversée de L_1). Il monte vers le miroir mobile en traversant L_2 (1 traversée), s'y réfléchit, retraverse L_2 au retour (1 traversée), puis traverse l'épaisseur de L_1 pour émerger vers l'oculaire (1 traversée).
N_2 = 1 \text{ (dans } L_1\text{)} + 2 \text{ (dans } L_2\text{)} = 3 \text{ traversées.}Voie 1 (miroir fixe) : Le faisceau incident traverse L_1 (1 traversée) vers le miroir fixe, s'y réfléchit, rentre par la face arrière de L_1 et traverse son épaisseur jusqu'à la face semi-réfléchissante (1 traversée), s'y réfléchit (réflexion interne) et retraverse L_1 pour sortir par la face arrière vers l'oculaire (1 traversée).
N_1 = 3 \text{ (dans } L_1\text{)} = 3 \text{ traversées.}
Grâce à ce choix, les deux trajets parcourent rigoureusement la même épaisseur géométrique de verre (3e/\cos r).
Si la couche semi-réfléchissante était déposée sur la face arrière, la voie 1 ne traverserait L_1 qu'une seule fois au total (N_1 = 1), tandis que la voie 2 traverserait L_1 trois fois et L_2 deux fois (N_2 = 5), ce qui accentuerait la dissymétrie au lieu de la compenser.
Résultat
Question 10
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : interféromètre de michelson, lame d'air, frange d'égale inclinaison
Après réglage des vis et les miroirs fixe et mobile sont rendus rigoureusement perpendiculaires ; l'axe optique de l'oculaire est alors confondu avec la normale au miroir mobile et l'opérateur observe, au moyen de cet oculaire réglé à l'infini, des franges d'interférence. Quelle est la forme de ces franges ? Peut-on encore les observer si l'oculaire est déréglé ?
Voir l'indiceIndice
Identifier la nature géométrique de l'espace équivalent formé par les miroirs (lame à faces parallèles) et considérer l'effet de l'extension spatiale de la source sur la localisation.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la configuration géométrique équivalente de l'interféromètre lorsque les deux miroirs sont perpendiculaires (lame à faces parallèles).
- En déduire l'allure des lignes d'égale différence de marche et la géométrie des franges observées.
- Rappeler la zone de localisation des franges pour une source spatialement étendue et conclure sur l'effet d'une défocalisation de l'oculaire.
Voir la réponse courteRéponse courte
Configuration en lame d'air : anneaux concentriques d'égale inclinaison localisés à l'infini. Si l'oculaire est déréglé, les anneaux deviennent flous ou invisibles.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Forme des franges d'interférence
Lorsque le miroir fixe et le miroir mobile sont rigoureusement perpendiculaires, l'image du miroir fixe par la séparatrice L_1 est strictement parallèle au miroir mobile : l'interféromètre de Michelson est réglé en lame d'air à faces parallèles.
Pour un rayon incident sous un angle d'inclinaison \theta par rapport à la normale aux miroirs, la différence de marche ne dépend que de \theta :
où e est l'épaisseur de la lame d'air équivalente.
Les lignes d'égale intensité sont des lignes d'égale différence de marche, donc d'égale inclinaison \theta. Par symétrie de révolution autour de l'axe optique (O, \vec{e}_z), les franges observées dans le plan focal de l'oculaire ont la forme d'anneaux concentriques (anneaux d'égale inclinaison, ou anneaux de Haidinger), centrés sur l'axe optique.
2. Influence du déréglage de l'oculaire
La source lumineuse n'étant pas ponctuelle (elle est constituée d'une fente de largeur finie, donc spatialement étendue), chaque point source crée son propre système de franges. Ces systèmes ne se superposent en phase que dans la direction où la différence de marche est indépendante de la position de la source, c'est-à-dire à l'infini : les franges sont localisées à l'infini.
L'oculaire afocal réglé à l'infini permet de conjuguer l'infini optique avec la rétine de l'observateur (qui observe sans accommoder).
Si l'oculaire est déréglé, le plan conjugué de la rétine se retrouve à distance finie. Or, à distance finie, les rayons issus des différents points de la source étendue interfèrent avec des différences de marche différentes, ce qui conduit à un brouillage spatial : le contraste s'annule rapidement.
Résultat
Question 11
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
Notions : interféromètre de michelson, défilement des franges
Tout en observant les franges, l'observateur peut actionner la vis micrométrique et déplacer le miroir mobile dans le plan , le long de l'axe . Relier le nombre de franges sombres qui défilent au centre du champ et le décalage du miroir mobile.
Voir l'indiceIndice
Traduire la condition d'interférence au centre (\theta = 0) et relier la variation de la différence de marche \delta = 2\Delta z à un nombre entier de longueurs d'onde.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la différence de marche \delta_0 et l'ordre d'interférence p_0 au centre du champ (incidence normale).
- Établir la variation \Delta \delta_0 induite par un déplacement \Delta z du miroir mobile selon sa normale.
- En déduire le nombre \Delta N d'anneaux défilant au centre par variation unitaire de l'ordre d'interférence.
Voir la réponse courteRéponse courte
Au centre \delta = 2\Delta z, le passage d'une frange sombre à la suivante correspond à \Delta\delta = \lambda_0, d'où \Delta N = 2\Delta z / \lambda_0.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans la configuration en lame d'air à faces parallèles, la différence de marche pour des rayons faisant un angle i avec la normale aux miroirs s'écrit :
où e est l'épaisseur de la lame d'air équivalente (séparation entre le miroir mobile et l'image du miroir fixe par la séparatrice L_1).
Au centre du champ d'observation, les rayons émergent parallèlement à l'axe optique, soit sous une incidence normale i = 0. La différence de marche au centre vaut donc :
L'ordre d'interférence au centre est donné par :
Lorsque l'opérateur déplace le miroir mobile d'une distance \Delta z parallèlement à l'axe (O, \vec{e}_z), c'est-à-dire orthogonalement à sa surface réfléchissante, l'épaisseur de la lame d'air varie de \Delta e = \Delta z. La variation de différence de marche au centre s'élève donc à :
Chaque variation d'une unité de l'ordre d'interférence (\Delta p_0 = 1) correspond au passage d'une nouvelle frange sombre (ou brillante) au centre du champ. Par conséquent, le nombre \Delta N de franges sombres qui défilent au centre vérifie :
Résultat
Question 12
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Schéma ou tracé
Notions : interféromètre de michelson, différence de marche, anneau d'interférence
Exprimer, au moyen d'un schéma approprié, la différence de marche observée à l'infini dans une direction donnée, en fonction de l'écart séparant les deux miroirs. Le déplacement maximal de la vis micrométrique à partir du contact optique est noté . Déterminer, après ce déplacement, l'angle qui sépare le centre de la figure de la première frange de même nature.
Voir l'indiceIndice
Écrire la différence de marche à l'infini sous une incidence \theta et utiliser un développement limité aux petits angles au voisinage du centre.
Voir la stratégieStratégie
- Se placer dans le schéma équivalent du Michelson réglé en lame d'air à faces parallèles d'épaisseur e = \Delta z, où le miroir fixe M_1 et l'image M'_2 du miroir mobile sont parallèles.
- Établir géométriquement la différence de marche \delta(\theta) pour des rayons émergeant sous l'inclinaison \theta par rapport à la normale.
- Exprimer la condition pour que l'ordre d'interférence varie d'une unité (\Delta p = 1) entre le centre (\theta = 0) et le premier anneau de même nature, puis en déduire \Delta\theta au moyen d'un développement limité aux petits angles.
Voir la réponse courteRéponse courte
Schéma de la lame d'air d'épaisseur e : \delta(\theta) = 2e\cos\theta \approx 2e(1-\theta^2/2). Le premier anneau vérifie \Delta\theta = \sqrt{\lambda_0 / \Delta z_{\max}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans le modèle équivalent de l'interféromètre de Michelson réglé en lame d'air, le système est équivalent à deux miroirs parallèles plans M_1 et M'_2 distants de e = \Delta z, éclairés par une onde plane faisant un angle d'incidence \theta avec la normale commune aux miroirs.
La différence de marche \delta(\theta) entre les deux rayons émergeant parallèlement sous l'angle \theta s'écrit :
Par trigonométrie élémentaire dans les triangles rectangles ABB' (où B' est le projeté de A sur M_1) et ACH :
On en déduit :
En prenant en compte le déplacement \Delta z depuis le contact optique (e = \Delta z) :
L'ordre d'interférence en un point associé à l'inclinaison \theta vaut :
Au centre du champ (\theta = 0), l'ordre d'interférence est maximal :
La fonction \cos\theta étant strictement décroissante au voisinage de \theta = 0, l'ordre d'interférence diminue lorsqu'on s'écarte du centre. La première frange de même nature que le centre correspond à une diminution de l'ordre d'une unité entière :
Soit :
Pour les faibles inclinaisons observées (\Delta\theta \ll 1), un développement limité au second ordre donne 1 - \cos\Delta\theta \simeq \frac{(\Delta\theta)^2}{2}, d'où :
On obtient finalement l'angle \Delta\theta sous la forme :
Résultat
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : interféromètre de michelson, mesure de longueur d'onde, incertitude relative
Dans le cas d'une des raies de l'hydrogène atomique, on observe le défilement de franges pour un décalage . S'agit-il de la raie ou ? Avec quelle précision relative mesure-t-on sa longueur d'onde ? Que vaut alors ? Commenter.
Voir l'indiceIndice
Déduire la longueur d'onde expérimentale du comptage des franges par \lambda_0 = 2\Delta z / N, calculer l'incertitude associée et comparer aux longueurs d'onde de Balmer.
Voir la stratégieStratégie
- Calculer la longueur d'onde \lambda_0 à partir de la relation établie à la question Q11 (\Delta N = 2\Delta z / \lambda_0) et identifier la raie (H_\alpha rouge ou H_\beta bleue).
- Déterminer l'incertitude relative sur \lambda_0 à partir de l'incertitude sur la mesure du déplacement \Delta z.
- Calculer l'angle \Delta\theta sous lequel est vu le premier anneau à l'aide de l'expression obtenue en Q12, puis commenter l'ordre de grandeur obtenu.
Voir la réponse courteRéponse courte
\lambda_0 = 2\Delta z / N = 656\text{ nm} correspond à la raie H_\alpha ; incertitude relative de 0{,}2\% et \Delta\theta \approx 2{,}5\times 10^{-2}\text{ rad}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q11, le défilement de N franges lors d'un déplacement \Delta z s'écrit :
L'application numérique donne, avec deux chiffres significatifs :
Cette longueur d'onde appartient au domaine du rouge :
Le nombre de franges N étant déterminé par comptage sans incertitude, la précision relative sur la mesure de \lambda_0 découle directement de celle sur \Delta z :
Numériquement :
D'après la question Q12, l'écart angulaire avec le premier anneau de même nature après le déplacement \Delta z vaut :
Numériquement :
Commentaires :
- L'angle \Delta\theta \ll 1\text{ rad} valide a posteriori le développement limité à l'ordre deux de \cos\theta effectué à la question Q12.
- Les anneaux étant très resserrés au centre pour une telle épaisseur de lame d'air, l'emploi d'un oculaire afocal grossissant est indispensable pour séparer et observer nettement les franges.
Résultat
B · Cohérence spectrale d’une source
Question 14
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
Notions : formule de fresnel, facteur de contraste
Dans le cas où la source est rigoureusement monochromatique, de longueur d'onde , exprimer l'intensité en fonction de , et . Définir et calculer le facteur de contraste des franges.
Voir l'indiceIndice
Utiliser la formule classique de Fresnel pour deux ondes cohérentes de même amplitude et appliquer la définition C = (I_{\max} - I_{\min}) / (I_{\max} + I_{\min}).
Voir la réponse courteRéponse courte
Formule de Fresnel I(\delta) = I_0(1+\cos(2\pi\delta/\lambda_0)) donnant un contraste unitaire C = (I_{\max}-I_{\min})/(I_{\max}+I_{\min}) = 1.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Les deux ondes issues de la division d'amplitude sont cohérentes entre elles et se propagent le long des deux bras de l'interféromètre avec la même intensité I_0. En un point où la différence de marche entre les deux trajets optiques est \delta, le déphasage entre les deux ondes vaut :
D'après la formule de Fresnel pour l'interférence de deux ondes d'égales intensités I_1 = I_2 = I_0, l'intensité résultante s'écrit :
Le facteur de contraste (ou visibilité) de Michelson C est défini par :
Pour une source rigoureusement monochromatique, l'intensité varie entre les valeurs extrêmes :
On en déduit immédiatement le contraste des franges :
Résultat
Question 15
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
Notions : brouillage des franges, doublet jaune du sodium, contraste
Pour certaines sources bichromatiques les deux radiations émises sont de même intensité ; c'est le cas des lampes à vapeur de sodium, étudiées notamment par MICHELSON dans les conditions décrites en III.A. Expliciter l'intensité observée en fonction de , de la différence de marche , de et de . Exprimer le facteur de contraste des franges et montrer comment il permet la mesure de .
Voir l'indiceIndice
Sommer les intensités issues des deux rayonnements spectralement incohérents et faire apparaître un produit de cosinus (phénomène de battements).
Voir la stratégieStratégie
- Additionner les intensités produites indépendamment par chaque composante spectrale, deux radiations de fréquences distinctes étant mutuellement incohérentes.
- Utiliser une formule trigonométrique pour faire apparaître un terme de porteuse rapide et une modulation lente (battements), grâce à la condition \Delta\lambda \ll \lambda_0.
- Identifier les extrema locaux d'intensité pour déterminer le contraste C(\delta) et relier la période de brouillage à la grandeur \lambda_0/\Delta\lambda.
Voir la réponse courteRéponse courte
Somme des deux intensités : battements avec C(\delta) = |\cos(\pi\delta\Delta\lambda/\lambda_0^2)|. Premier brouillage pour \delta = \lambda_0^2/(2\Delta\lambda), permettant d'accéder à l'écart spectral.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Deux ondes de fréquences optiques différentes sont mutuellement incohérentes au sens de l'interférométrie : les termes d'interférence croisés ont une moyenne temporelle nulle. L'intensité totale observée est donc la somme des intensités associées à chaque radiation.
D'après la question Q14, chaque radiation monochromatique d'intensité I_0 par voie produit le signal :
L'intensité totale vaut ainsi :
Sachant que \lambda_1 = \lambda_0 - \frac{\Delta\lambda}{2} et \lambda_2 = \lambda_0 + \frac{\Delta\lambda}{2} avec \Delta\lambda \ll \lambda_0, on effectue les développements :
On obtient ainsi l'expression de l'intensité observée :
Puisque \Delta\lambda \ll \lambda_0, le facteur \cos\left(\frac{\pi\delta\,\Delta\lambda}{\lambda_0^2}\right) varie beaucoup plus lentement avec \delta que le facteur \cos\left(\frac{2\pi\delta}{\lambda_0}\right). L'intensité présente donc des oscillations rapides modulées par une enveloppe lente. Les extrema locaux d'intensité s'écrivent :
Le facteur de contraste C des franges est défini par :
On en déduit :
Mesure de \lambda_0/\Delta\lambda : Le contraste s'annule (phénomène de brouillage des franges) lorsque l'argument du cosinus est un multiple impair de \pi/2 :
L'écart de différence de marche entre deux brouillages successifs (ou entre deux réapparitions maximales de contraste) vaut :
En mesurant expérimentalement le déplacement \Delta z = \Delta\delta / 2 du miroir mobile entre deux extinctions consécutives du contraste, on en déduit directement le pouvoir de résolution :
Résultat
Question 16
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : facteur de contraste, brouillage des franges
D'autres sources, comme celles émettant la raie de l'hydrogène, peuvent être écrites comme bichromatiques mais les intensités et émises aux longueurs d'onde et sont différentes. Pour quelle(s) valeur(s) de le facteur de contraste des franges est-il minimal ? Quelle est cette valeur minimale ? Dans le cas de la raie double , l'écart est de l'ordre de . Est-il possible de le mettre en évidence avec le montage proposé ci-dessus ?
Voir l'indiceIndice
Écrire la somme de deux cosinus d'amplitudes inégales sous forme complexe pour déterminer l'enveloppe de modulation et son minimum.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer l'intensité totale résultant de la superposition incohérente des deux composantes spectrales, puis identifier l'amplitude des oscillations pour en déduire le contraste C(\delta).
- Trouver les conditions de minimum de contraste et en déduire la valeur de C_{\min}.
- Évaluer le déplacement \Delta z du miroir mobile nécessaire pour observer le premier brouillage (ou une période de battement) et discuter de sa faisabilité expérimentale.
Voir la réponse courteRéponse courte
Contraste minimal C_{\min} = (I_1-I_2)/(I_1+I_2) obtenu pour \delta = (k+1/2)\lambda^2/\Delta\lambda. Déplacement nécessaire \Delta z \approx 7{,}7\text{ mm}, hors de portée du micromètre.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Chaque composante monochromatique de longueur d'onde \lambda_k (k \in \{1, 2\}) donne une intensité :
Les deux rayonnements étant mutuellement incohérents, les intensités s'ajoutent :
En introduisant les phases \phi_1 = \dfrac{2\pi\delta}{\lambda_1} et \phi_2 = \dfrac{2\pi\delta}{\lambda_2}, avec \Delta\lambda \ll \lambda_0, on a \phi_0 = \dfrac{\phi_1+\phi_2}{2} \simeq \dfrac{2\pi\delta}{\lambda_0} et :
Le terme d'interférence s'écrit sous forme complexe :
L'amplitude des modulations d'intensité est donc proportionnelle à :
Le facteur de contraste s'exprime ainsi :
Le contraste est minimal lorsque le terme en cosinus vaut -1, c'est-à-dire :
La valeur minimale du facteur de contraste est alors (avec I_2 < I_1) :
Mise en évidence du doublet H_\alpha : Pour la raie H_\alpha, on a \lambda_0 \simeq 656\text{ nm} (question Q13) et \Delta\lambda = 1{,}4\times 10^{-11}\text{ m}. La première valeur de \delta conduisant à un minimum de contraste (k=0) est :
Comme \delta = 2\Delta z au centre du champ, le déplacement correspondant du miroir mobile vaut :
Une vis micrométrique standard dispose couramment d'une course de l'ordre de 10\text{ mm} à 25\text{ mm}. Un déplacement de 7{,}7\text{ mm} (ou de 15\text{ mm} pour une période complète de battement) est donc réalisable mécaniquement : il est tout à fait possible de mettre en évidence cette raie double (c'est d'ailleurs l'une des mesures historiques remarquables menées par Michelson en 1892).
Résultat
C · Les tubes à hydrogène
Question 17
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : spectre d'émission, élargissement doppler
Quel est le rôle du circuit à circulation d'eau qui entoure le tube central ? Sur le spectre proposé en figure 4, quelle est l'unité de la graduation donnée en abscisse ? Quelle est, à votre avis, l'origine du fond continu (essentiellement dans le proche ultra-violet) marqué en trait pointillé gris ?
Voir l'indiceIndice
Songer à la dissipation par effet Joule due aux décharges, identifier l'unité historique de longueur d'onde de l'ordre de 10^{-10}\text{ m} et le rôle du spectre de recombinaison continue.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la fonction d'un refroidissement à eau dans un tube à décharge haute tension (puissance thermique dissipée par effet Joule, tenue mécanique du quartz/verre, élargissement Doppler thermique).
- Déduire l'unité de l'axe des abscisses de la figure 4 à partir des positions des raies de Balmer identifiées (H_\beta, H_\gamma, etc.).
- Proposer l'origine physique du fond continu d'émission dans l'ultraviolet, en faisant le lien avec la nature moléculaire du gaz (H_2) et/ou les transitions libre-lié (recombinaison radiative).
Voir la réponse courteRéponse courte
Circulation d'eau pour refroidir et réduire l'élargissement Doppler. Abscisse en nanomètres ou ångströms. Fond continu issu des recombinaisons électron-ion (transitions lié-libre).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Rôle de la circulation d'eau :
Les décharges électriques haute tension dissipent une puissance thermique importante par effet Joule au sein du gaz et des parois. Le circuit de refroidissement à eau permet :
- d'évacuer cette chaleur pour éviter l'échauffement critique et la détérioration du tube en quartz ;
- de limiter la température du gaz, ce qui réduit l'élargissement Doppler thermique des raies d'émission et prévient le dégazage des parois.
Unité de la graduation en abscisse :
La série de Balmer dans le domaine visible présente pour la raie H_\beta (transition de n=4 vers n_f=2) une longueur d'onde théorique :
\frac{1}{\lambda} = R_H \left(\frac{1}{2^2} - \frac{1}{4^2}\right) = \frac{3}{16} R_H \implies \lambda \simeq 486\text{ nm}Sur la figure 4, le pic H_\beta se situe juste en dessous de la valeur 5 000 (environ 4 860), tandis que H_\gamma se trouve autour de 4 340. Les graduations (2 600, 3 000, 4 000, 5 000) correspondent donc à des longueurs d'onde exprimées en ångströms (\text{Å}), avec 1\text{ Å} = 10^{-10}\text{ m} = 0{,}1\text{ nm}.
\boxed{\text{L'unité de l'abscisse est l'\aa{}ngstrœ{}m (\AA) ; } 1\text{ \AA} = 10^{-10}\text{ m} = 0{,}1\text{ nm}}Origine du fond continu :
Le fond continu ultraviolet peut s'interpréter selon deux origines physiques :
Origine moléculaire (prépondérante pour \text{H}_2) : Lors de la décharge, des molécules excitées de dihydrogène subissent une transition radiative vers un état électronique dissociatif répulsif (b\,{}^3\Sigma_u^+), se dissociant en deux atomes d'hydrogène :
\mathrm{H}_2^* \longrightarrow \mathrm{H} + \mathrm{H} + h\nuL'énergie cinétique relative des atomes après dissociation n'étant pas quantifiée et variant continûment, le photon émis possède une énergie continûment variable, produisant ce fond continu caractéristique des lampes à hydrogène moléculaire.
- Recombinaison radiative (transitions libre-lié) : La capture d'un électron libre d'énergie cinétique quelconque E_c par un proton \mathrm{H}^+ + e^- \to \mathrm{H}(n) + h\nu émet un photon d'énergie h\nu = |E_n| + E_c. Pour n=2, cette recombinaison donne naissance au continuum de Balmer pour des longueurs d'onde inférieures à la limite de Balmer \lambda_B \simeq 3650\text{ \AA}, ce qui coïncide remarquablement avec la bande observée.
Résultat
Question 18
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : spectre moléculaire, étalonnage
Quelle propriété du spectre d'émission de la molécule hydroxyle est ici mise à profit ?
Voir l'indiceIndice
Penser à la position spectrale des raies d'émission ou bandes de HO afin qu'elles ne polluent pas le domaine visible étudié.
Voir la réponse courteRéponse courte
Spectre de bandes moléculaires très dense et bien répertorié servant de référence pour l'étalonnage précis en longueur d'onde du spectromètre.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'énoncé indique que l'utilisation de tubes à vapeur d'eau permet « l'obtention d'un spectre atomique sans bande continue ».
La propriété mise à profit est la suivante :
- la molécule hydroxyle \mathrm{HO} n'émet pas de continuum dans le domaine d'observation des raies atomiques de l'hydrogène (le visible pour la série de Balmer) ;
- son émission moléculaire est constituée de bandes discrètes (spectre de rovibration électronique) situées principalement dans le proche ultraviolet (autour de 306\text{ nm} pour le système A\,{}^2\Sigma^+ \to X\,{}^2\Pi), laissant le domaine visible (400\text{ nm} à 656\text{ nm}) totalement exempt de lumière parasite ou de fond continu émis par la molécule.
Les raies atomiques de l'hydrogène (et de ses isotopes) se détachent ainsi sur un fond sombre, avec un contraste optimal pour les mesures interférométriques.
Question 19
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
Notions : masse réduite, isotope, décalage isotopique
Les raies d'émission du deutérium sont-elles, par rapport à celle de l'hydrogène ordinaire, décalées vers le bleu ou vers le rouge ? De quelle résolution spectrale (en nanomètre) faut-il disposer pour séparer les raies de l'hydrogène et celles du deutérium ? À partir d'une lecture de la courbe de la figure 4, faire l'application numérique dans le cas de la raie .
Voir l'indiceIndice
Exprimer la différence relative \Delta\lambda / \lambda à partir de la formule donnée avec m_N(D) \approx 2m_N(H), puis évaluer numériquement le décalage spectral de la raie H_\beta.
Voir la stratégieStratégie
- Comparer les masses des noyaux d'hydrogène (m_p) et de deutérium (m_D \approx 2m_p) pour déduire le signe de la variation de longueur d'onde et conclure sur le sens du décalage spectral (bleu ou rouge).
- Exprimer l'écart en longueur d'onde \Delta\lambda = \lambda_H - \lambda_D à l'ordre le plus bas en m_e/m_p, qui fixe la résolution spectrale minimale nécessaire.
- Lire la longueur d'onde de la raie H_\beta sur la figure 4 et effectuer l'application numérique demandée en nanomètres.
Voir la réponse courteRéponse courte
Masse réduite plus grande pour le deutérium : niveaux plus profonds et décalage vers le bleu. Pour H_\beta, écart d'environ 0{,}13\text{ nm} mesurable sur le spectre.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le noyau d'hydrogène ordinaire est un proton unique de masse m_N = m_p, tandis que le noyau de deutérium contient un proton et un neutron, soit m_N = m_D \simeq 2m_p (le neutron et le proton ayant des masses quasi identiques).
D'après la relation fournie :
Comme m_D > m_p, il vient immédiatement :
La longueur d'onde émise par le deutérium est donc plus courte que celle de l'hydrogène : les raies d'émission du deutérium sont décalées vers le bleu.
Pour pouvoir séparer expérimentalement les deux raies, la résolution spectrale du dispositif (au sens du plus petit écart \delta\lambda discernable) doit être inférieure ou égale à l'écart spectral \Delta\lambda = \lambda_H - \lambda_D. En explicitant cet écart :
Comme m_e \ll m_p, on peut assimiler \lambda_\infty à la longueur d'onde \lambda mesurée, d'où la résolution spectrale requise :
Sur la figure 4, la position de la raie H_\beta se lit à l'abscisse :
Avec les valeurs numériques de l'énoncé (m_e c^2 = 0{,}51\text{ MeV} et m_p c^2 = 940\text{ MeV}) :
On en déduit l'écart spectral entre l'hydrogène et le deutérium pour la raie H_\beta :
Résultat
Partie IV : L’équation de Klein–Gordon
Question 20
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Question de cours
- Calcul littéral
Notions : état stationnaire, vitesse de phase, vitesse de groupe
L'état associé à cette fonction d'onde est-il stationnaire ? Dans quel sens le mouvement de la particule décrite par cette onde a-t-il lieu ? Exprimer les vitesses de phase et de groupe en fonction de , de et de sa dérivée.
Voir l'indiceIndice
Calculer la densité de probabilité |\underline{\Psi}|^2 pour statuer sur la stationnarité, puis poser \omega = E/\hbar et k = p/\hbar pour calculer les vitesses de phase et de groupe.
Voir la stratégieStratégie
- Pour tester le caractère stationnaire, examiner la factorisation spatio-temporelle de la fonction d'onde \underline{\Psi}(\vec{r},t) et vérifier si la densité de probabilité de présence |\underline{\Psi}|^2 dépend du temps.
- Identifier la pulsation \omega et le vecteur d'onde k pour déterminer le sens de propagation de l'onde plane progressive.
- Exprimer les vitesses de phase v_\varphi = \omega/k et de groupe v_g = \mathrm{d}\omega/\mathrm{d}k à l'aide des relations d'Einstein et de de Broglie.
Voir la réponse courteRéponse courte
État stationnaire car densité de probabilité indépendante du temps ; propagation vers les x croissants ; v_\varphi = E/p et v_g = dE/dp = (dp/dE)^{-1}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La fonction d'onde s'écrit sous la forme :
avec \underline{\psi}(x) = \underline{\psi}_0 \mathrm{e}^{\mathrm{i}p(E)x/\hbar}. La dépendance spatiale et la dépendance temporelle se factorisent, et l'énergie E est bien définie (état propre de l'hamiltonien). La densité volumique de probabilité de présence vaut :
Elle est rigoureusement indépendante du temps t (et ici de la position x). L'état associé est donc un état stationnaire.
En posant la pulsation \omega = \dfrac{E}{\hbar} > 0 et le nombre d'onde k = \dfrac{p(E)}{\hbar} > 0, la fonction d'onde s'écrit :
Il s'agit d'une onde plane progressive monochromatique se propageant dans la direction (Ox). Les plans d'onde d'égale phase vérifient kx - \omega t = \text{cte}, soit x(t) = \frac{\omega}{k}t + \text{cte} : l'onde se propage vers les x croissants. Le mouvement de la particule décrite par cette onde a donc lieu dans le sens des x croissants (dans le sens du vecteur \vec{e}_x).
D'après les relations d'Einstein-Planck (E = \hbar\omega) et de de Broglie (p = \hbar k), la vitesse de phase s'écrit :
La vitesse de groupe s'obtient par dérivation :
En notant p'(E) = \dfrac{\mathrm{d}p}{\mathrm{d}E} la dérivée de l'impulsion par rapport à l'énergie, on a :
Résultat
Question 21
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : équation de schrödinger, vitesse de groupe, limite non relativiste
Exprimer et dans le cas d'une particule vérifiant l'équation de SCHRÖDINGER dans un domaine où est constant. En déduire le caractère relativiste ou non du modèle associé à l'équation de SCHRÖDINGER.
Voir l'indiceIndice
Injecter l'expression de l'onde plane dans l'équation de Schrödinger scalaire stationnaire pour obtenir p(E), puis dériver pour en déduire v_g = \mathrm{d}E/\mathrm{d}p.
Voir la stratégieStratégie
- Injecter l'expression de l'onde plane \underline{\Psi}(x,t) dans l'équation de Schrödinger à potentiel V constant pour en déduire la relation de dispersion entre E et p.
- Exprimer p(E), puis calculer la vitesse de groupe v_g(E) = \dfrac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}p} = \dfrac{1}{p'(E)}.
- Analyser l'expression de v_g ou la relation p(E) au regard des lois de la mécanique classique et de la relativité restreinte.
Voir la réponse courteRéponse courte
p(E) = \sqrt{2m(E-V)} donne v_g = p/m = \sqrt{2(E-V)/m}, vitesse classique pouvant dépasser c : modèle purement non relativiste.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans un domaine où le potentiel V est constant, calculons les dérivées de la fonction d'onde :
On a :
En reportant dans l'équation de Schrödinger (4) :
Comme p(E) > 0 par hypothèse, on en déduit immédiatement (pour E > V) :
D'après la relation établie à la question Q20, la vitesse de groupe s'obtient par v_g = \dfrac{\mathrm{d}E}{\mathrm{d}p} :
En exprimant cette vitesse en fonction de l'énergie E :
On constate que la relation entre l'impulsion et la vitesse de groupe p = m v_g est la relation classique p = mv (question Q3), sans facteur de Lorentz \gamma. De plus, lorsque l'énergie E tend vers l'infini, la vitesse de groupe v_g diverge et peut dépasser la célérité de la lumière c, ce qui viole le postulat fondamental de la relativité restreinte.
L'équation de Schrödinger constitue donc un modèle non relativiste.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : équation de klein-gordon, vitesse de groupe, dispersion relativiste
Répondre aux mêmes questions dans le cas d'une particule vérifiant l'équation de KLEIN–GORDON (5).
Voir l'indiceIndice
Reprendre la même démarche par substitution dans l'équation de Klein–Gordon et vérifier si la vitesse de groupe reste strictement inférieure à c.
Voir la stratégieStratégie
- Injecter l'expression de la fonction d'onde plane \underline{\Psi}(x,t) dans l'équation de Klein–Gordon (5) pour un potentiel V constant afin d'obtenir la relation de dispersion liant E et p.
- Exprimer l'impulsion p(E), puis en déduire la vitesse de groupe v_g(E) = \left(\frac{\mathrm{d}p}{\mathrm{d}E}\right)^{-1}.
- Analyser le comportement à haute énergie et le lien avec la relation d'Einstein (1) pour conclure sur le caractère relativiste.
Voir la réponse courteRéponse courte
p(E) = \sqrt{E^2 - m^2 c^4}/c conduit à v_g = pc^2/E < c : l'équation de Klein-Gordon respecte la cinématique relativiste.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons la fonction d'onde plane unidirectionnelle proposée :
Dans un domaine où le potentiel V est constant, les dérivées spatiales et temporelles s'écrivent :
En injectant ces résultats dans l'équation de Klein–Gordon (5) :
il vient, après simplification par \underline{\Psi} \neq 0 :
Puisque p(E) > 0, on obtient l'expression de l'impulsion (pour E - V \geqslant mc^2) :
D'après la question Q20, la vitesse de groupe s'obtient par v_g = \frac{1}{p'(E)}. En dérivant p(E) par rapport à E :
D'où l'expression de la vitesse de groupe :
Caractère relativiste du modèle :
Pour une particule libre (V = 0), on retrouve la relation de dispersion relativiste exacte d'Einstein :
E^2 = p^2 c^2 + m^2 c^4- La vitesse de groupe vérifie v_g(E) < c pour toute énergie finie, et tend vers la célérité de la lumière c lorsque E \to +\infty, respectant ainsi le postulat de la relativité restreinte.
- L'équation de Klein–Gordon est d'ordre 2 en temps comme en espace (faisant intervenir l'opérateur d'Alembertien), ce qui lui confère l'invariance de Lorentz.
Le modèle associé à l'équation de Klein–Gordon est donc relativiste.
Résultat
Question 23
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : effet tunnel, onde évanescente, condition de continuité
Quelle est la nature de l'onde dans le domaine ? Quelles relations permettent de calculer et ? On ne demande pas de les exprimer ici ! Quel phénomène physique peut-on mettre ainsi en évidence ? Quelle est l'interprétation physique de ?
Voir l'indiceIndice
Constater que l'argument sous la racine devient négatif dans l'équation de Schrödinger pour E < V_0 (onde évanescente) et rappeler les conditions de raccordement en x=0 et x=a.
Voir la stratégieStratégie
- Pour déterminer la nature de l'onde dans [0,a], on analyse le signe du terme cinétique effectif E - V_0 < 0 dans l'équation de Schrödinger stationnaire.
- Les conditions aux limites découlent de la continuité imposée à la fonction d'onde et à sa dérivée première par l'équation différentielle spatiale du second ordre.
- On identifie le franchissement de la barrière malgré E < V_0 comme l'effet tunnel et on interprète |\underline{T}|^2 à l'aide des densités de courant de probabilité.
Voir la réponse courteRéponse courte
Onde évanescente pour E < V_0. Continuité de la fonction d'onde et de sa dérivée spatiale en x=0 et x=a. Effet tunnel ; |\underline{T}|^2 est le coefficient de transmission.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Nature de l'onde dans le domaine x \in [0, a] : Dans ce domaine, le potentiel est constant et vaut V_0 > E. L'équation de Schrödinger indépendante du temps s'écrit :
-\frac{\hbar^2}{2m} \frac{\mathrm{d}^2 \underline{\psi}}{\mathrm{d}x^2} + V_0 \underline{\psi}(x) = E \underline{\psi}(x) \iff \frac{\mathrm{d}^2 \underline{\psi}}{\mathrm{d}x^2} = K^2 \underline{\psi}(x)avec K = \frac{\sqrt{2m(V_0 - E)}}{\hbar} \in \mathbb{R}^{+*}. La solution générale s'exprime comme une combinaison linéaire d'exponentielles réelles :
\underline{\psi}(x) = A \mathrm{e}^{-Kx} + B \mathrm{e}^{Kx} \quad (A, B \in \mathbb{C})Il s'agit donc d'une onde évanescente (ou onde non propagative / amortie).
Relations permettant de déterminer \underline{R} et \underline{T} : Le potentiel V(x) ne présentant que des discontinuités de première espèce (marches finies), la fonction d'onde spatiale et sa dérivée spatiale première doivent être continues en tout point, en particulier aux frontières de la barrière :
\begin{aligned} \text{Continuité de } \underline{\psi}(x) \text{ en } x = 0 \quad &\text{et} \quad x = a \\ \text{Continuité de } \frac{\mathrm{d}\underline{\psi}}{\mathrm{d}x}(x) \text{ en } x = 0 \quad &\text{et} \quad x = a \end{aligned}Ces quatre conditions aux limites fournissent un système linéaire de quatre équations à quatre inconnues (A, B, \underline{R} et \underline{T}).
- Phénomène physique mis en évidence : Bien que l'énergie mécanique E de la particule soit strictement inférieure à la hauteur de la barrière de potentiel V_0 (zone classiquement interdite), l'onde transmise pour x > a a une amplitude non nulle. Ce phénomène purement quantique est l'effet tunnel.
Interprétation physique de |\underline{T}|^2 : Puisque le potentiel est identique dans les régions x < 0 et x > a (V=0), la vitesse de groupe et l'impulsion p sont les mêmes pour l'onde incidente et l'onde transmise. Le courant de probabilité incident s'écrit j_{\text{inc}} = \frac{p}{m}|\underline{\psi}_0|^2 et le courant transmis j_{\text{trans}} = \frac{p}{m}|\underline{T}|^2 |\underline{\psi}_0|^2.
La quantité |\underline{T}|^2 s'interprète donc comme le coefficient de transmission en probabilité :
\boxed{|\underline{T}|^2 = \frac{j_{\text{trans}}}{j_{\text{inc}}}}Elle représente la probabilité pour une particule incidente de traverser la barrière de potentiel par effet tunnel.
Résultat
Question 24
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : onde progressive, équation de klein-gordon
Quelle est la nature de l'onde dans le domaine ? On notera qu'en introduisant , on a .
Voir l'indiceIndice
Vérifier le signe de la grandeur q^2 proposée lorsque V_0 - E > mc^2 pour déterminer si l'onde demeure évanescente ou redevient propagative.
Voir la réponse courteRéponse courte
Comme q^2 > 0, l'onde est propagative (progressive) dans la barrière : c'est la manifestation du paradoxe de Klein pour un potentiel très répulsif.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans le domaine x \in [0, a], le potentiel est constant et vaut V(x) = V_0.
Cherchons une solution stationnaire en énergie sous la forme \underline{\Psi}(x, t) = \underline{\psi}(x) \exp\left(-\frac{\mathrm{i}}{\hbar} E t\right). En injectant cette forme dans l'équation de Klein–Gordon (5) :
En posant \varepsilon = E - V_0, l'équation différentielle spatiale s'écrit :
Comme par hypothèse V_0 - E > mc^2, on a \varepsilon < -mc^2 < 0, de sorte que :
Leur produit est donc strictement positif, ce qui justifie l'indication de l'énoncé :
L'équation spatiale se met sous la forme canonique d'un oscillateur harmonique spatial :
avec q = \frac{\sqrt{\varepsilon^2 - m^2 c^4}}{c} \in \mathbb{R}_+^*.
La solution générale pour \underline{\psi}(x) est une combinaison linéaire d'exponentielles imaginaires pures :
Résultat
Question 25
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : résonance de transmission, coefficient de transmission
Déterminer la valeur maximale de . Commenter.
Voir l'indiceIndice
Identifier les conditions sur l'angle \varphi = qa/\hbar qui maximisent le dénominateur de |T|^2 et commenter l'existence d'une transmission parfaite malgré une très haute barrière.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le dénominateur de |\underline{T}|^2 sous forme d'une fonction réelle de la variable trigonométrique \sin^2\varphi.
- Étudier les extrema de cette fonction compte tenu de la propriété de la grandeur \alpha.
- Conclure sur la valeur maximale de |\underline{T}|^2 et commenter physiquement ce résultat en le confrontant au cas de l'effet tunnel non relativiste.
Voir la réponse courteRéponse courte
Transmission totale |\underline{T}|^2 = 1 lorsque qa = n\pi par interférences constructives résonantes dans la barrière, en rupture complète avec le comportement tunnel classique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le module au carré du dénominateur s'écrit, pour \varphi réel :
Comme p > 0 et q > 0, l'inégalité arithmético-géométrique donne :
avec égalité si et seulement si p = q. Ainsi, le coefficient (\alpha^2 - 1) est strictement positif ou nul :
Le dénominateur vérifie donc en tout point :
On en déduit que le facteur de transmission est borné par :
La valeur maximale de |\underline{T}|^2 vaut ainsi :
Ce maximum est atteint pour \sin\varphi = 0, c'est-à-dire :
Commentaire :
Contraste avec la mécanique non relativiste : Dans le cadre de l'équation de Schrödinger (question Q23), pour une barrière telle que V_0 > E, l'onde dans la barrière est évanescente (q = \mathrm{i}K), ce qui conduit à un facteur de transmission par effet tunnel exponentiellement amorti avec l'épaisseur :
|\underline{T}|^2 \propto \exp\left(-\frac{2Ka}{\hbar}\right) \xrightarrow[a \to +\infty]{} 0- Transmission résonante en régime relativiste : À l'inverse, pour l'équation relativiste de Klein-Gordon avec un potentiel très élevé (V_0 - E > mc^2), l'onde redevient propagative dans la barrière. L'interférence constructive des ondes aller et retour entre les parois x = 0 et x = a conduit à des résonances de transmission totale (|\underline{T}|^2 = 1), strictement identiques à celles d'une cavité de Fabry-Pérot ou à l'effet Ramsauer–Townsend, et ce quelle que soit la largeur a de la barrière.
- Origine physique (paradoxe de Klein) : Cette pénétration sans atténuation exponentielle au travers d'une barrière d'énergie potentielle supérieure à l'énergie de la particule est la manifestation du paradoxe de Klein. En théorie quantique relativiste des champs, un tel potentiel électrostatique violent est capable d'arracher des paires particule-antiparticule au vide quantique : des antiparticules (d'énergie négative pour l'équation de Klein-Gordon) se propagent alors au sein de la région de fort potentiel.
Résultat
Où je me situe, question par question
Cochez les questions que vous avez réussies sans aide. Toutes les questions du sujet sont ici, y compris celles des autres pages : votre sélection est gardée d'une page à l'autre.
- Note estimée
- –
- 0 question réussie sur 25
- Position estimée
- –
- des copies sous cette note
Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 25 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 10,85 et d'écart-type 3,92 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.
Source des chiffres : document officiel du concours.
S'entraîner sur les mêmes chapitres
Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.
Signaler une erreur
Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q9) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.
Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.