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Corrigé détaillé X ENS Physique PSI 2021

Autour de la modulation acousto-optique

  • 47 questions corrigées
  • Difficulté estimée : classique (1,7 / 4)
  • Faisable en Sup (en PCSI, MPSI et PTSI : 32 questions sur 47, parties II.B, II.C, III.B.a et III.B.b)
  • Vérifié question par question

Ce problème très complet et formateur propose une étude approfondie du modulateur acousto-optique à travers toute la chaîne physique : de la genèse des ondes acoustiques par piézoélectricité jusqu'à la détection optique hétérodyne et au traitement du signal associé.

Le sujet balaie une remarquable diversité de pans du programme de PSI : acoustique dans les fluides et dans les solides discrets (chaîne 1D, phonons et zone de Brillouin), diélectriques et couplage électromécanique au sein du quartz (circuit équivalent de Butterworth-Van Dyke, résonance et anti-résonance), optique géométrique instrumentale et enfin démodulation hétérodyne par multiplieur et filtrage passe-bas. Très progressif mais exigeant dans la rigueur des justifications physiques, il constitue un sujet d'entraînement d'un intérêt pédagogique exceptionnel pour les révisions de concours.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie I : Génération d'ondes acoustiques

A · Étude fréquentielle de l'émetteur ultrasonore

Question 1

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : filtre passe-bande, facteur de qualité, bande passante

Interpréter la courbe de réponse, représentée figure 2, comme celle d'un filtre, dont on précisera la nature, et dont on évaluera par lecture graphique les grandeurs caractéristiques suivantes : fréquence propre , bande passante à et facteur de qualité .

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Identifier un filtre passe-bande du second ordre très sélectif ; relever la pulsation au sommet f_p, les fréquences de coupure à U_{s,\mathrm{max}}/\sqrt{2}, et en déduire Q = f_p / \Delta f.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature du filtre à partir des comportements aux limites (f \to 0 et f \to \infty) et de la présence d'un maximum franc.
  2. Relever la fréquence de résonance f_{\mathrm{p}} et l'amplitude maximale associée, puis calculer le niveau à -3\text{ dB} à l'aide des données numériques fournies.
  3. Déterminer les fréquences de coupure f_1 et f_2 par lecture graphique pour en déduire la bande passante \Delta f, puis calculer le facteur de qualité Q = f_{\mathrm{p}} / \Delta f.
Voir le corrigé complet

Nature du filtre : Le rapport d'amplitudes \frac{U_{\mathrm{s,m}}}{U_0} tend vers zéro à basse fréquence (f < 37\text{ kHz}) ainsi qu'à haute fréquence (f > 44\text{ kHz}), et présente un pic marqué autour de 40\text{ kHz}. La courbe de réponse correspond donc à celle d'un filtre passe-bande.

Fréquence propre f_{\mathrm{p}} : Le maximum de la réponse est atteint pour :

\boxed{f_{\mathrm{p}} \approx 39{,}9\text{ kHz} \approx 40{,}0\text{ kHz}}

L'amplitude maximale correspondante vaut :

G_{\max} = \left(\frac{U_{\mathrm{s,m}}}{U_0}\right)_{\max} \approx 0{,}35

Bande passante \Delta f à -3\text{ dB} : La bande passante à -3\text{ dB} est délimitée par les fréquences de coupure f_1 et f_2 telles que :

G(f_1) = G(f_2) = \frac{G_{\max}}{\sqrt{2}}

En utilisant la donnée de l'énoncé 2^{0{,}5} \approx 1{,}4 ainsi que 35 / 1{,}4 = 25 :

\frac{G_{\max}}{\sqrt{2}} \approx \frac{0{,}35}{1{,}4} = 0{,}25

Par lecture graphique sur la figure 2 à l'ordonnée 0{,}25 :

  • fréquence de coupure basse : f_1 \approx 39{,}1\text{ kHz} ;
  • fréquence de coupure haute : f_2 \approx 40{,}5\text{ kHz} à 40{,}6\text{ kHz}.

La bande passante est donc :

\Delta f = f_2 - f_1 \approx 40{,}5 - 39{,}1
\boxed{\Delta f \approx 1{,}4\text{ kHz} \text{ à } 1{,}5\text{ kHz}}

Facteur de qualité Q : Le facteur de qualité s'en déduit par :

Q = \frac{f_{\mathrm{p}}}{\Delta f} \approx \frac{40}{1{,}5} \approx 27 \quad (\text{ou } \frac{40}{1{,}4} \approx 29)
\boxed{Q \approx 27 \pm 2}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Justifiez l'obtention des valeurs numériques de Q et Δf à partir des données de l'énoncé sans les parachuter.

« Notons que toutes les informations numériques nécessaires étaient disponibles dans l’énoncé. Les valeurs parachutées (Q et ∆f) sans explications ont été sanctionnées. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 2

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : onde sonore, domaine audible, ultrason

Rappeler la gamme de fréquences sur laquelle l'oreille humaine est sensible. Conclure quant à la dénomination de l'émetteur.

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Rappeler la bande passante de l'audition humaine (20\text{ Hz} à 20\text{ kHz}) et comparer à la fréquence propre observée (40\text{ kHz}).

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L'oreille humaine moyenne est sensible aux ondes sonores dont la fréquence est comprise dans le domaine audible :

\boxed{20\text{ Hz} \leqslant f \leqslant 20\text{ kHz}}

D'après la question 1, la fréquence propre d'émission de l'émetteur est :

f_{\mathrm{p}} \approx 40\text{ kHz} > 20\text{ kHz}

Cette fréquence se situe au-delà de la limite supérieure des sons audibles par l'être humain, dans le domaine des ultrasons.

\boxed{\text{Le dispositif émet des ultrasons, ce qui justifie son appellation d'« émetteur ultrasonore »}.}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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B · Étude de la propagation des ondes acoustiques

Question 3

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : approximation acoustique, équation d'euler, équation de conservation de la masse

Dans le cadre de l'approximation acoustique, établir les équations et relations linéarisées déduites des équations (4), (5), (6), dont les perturbations , et sont solutions.

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Négliger les termes d'ordre 2 tels que (\vec{v}\cdot\vec{\nabla})\vec{v} et \mu\vec{v}, puis différencier \rho(P) à entropie constante avec \mathrm{d}\rho = \rho_0 \chi_S \mathrm{d}P.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les grandeurs P, \rho et \vec{v} sous la forme de l'état d'équilibre augmenté d'une perturbation du premier ordre.
  2. Injecter ces décompositions dans les trois équations en ne conservant que les termes d'ordre 1 et en négligeant les termes du second ordre (produits de grandeurs perturbées).
Voir le corrigé complet

Dans le cadre de l'approximation acoustique, les perturbations p(\vec{r},t), \mu(\vec{r},t) et \vec{v}(\vec{r},t) sont des infiniment petits du premier ordre. Les grandeurs d'équilibre P_0 et \rho_0 sont uniformes et stationnaires, et la vitesse d'équilibre est nulle.

  • Équation d'Euler linéarisée :

    En substituant P = P_0 + p, \rho = \rho_0 + \mu et \vec{v} dans l'équation (4) :

    \begin{aligned} (\rho_0 + \mu) \left( \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} + (\vec{v} \cdot \vec{\operatorname{grad}})\vec{v} \right) &= -\vec{\operatorname{grad}}(P_0 + p) \end{aligned}

    Le terme convectif (\vec{v} \cdot \vec{\operatorname{grad}})\vec{v} est du second ordre par rapport à \vec{v}, de même que le produit \mu \frac{\partial \vec{v}}{\partial t}. De plus, P_0 étant uniforme, \vec{\operatorname{grad}} P_0 = \vec{0}. Il reste donc au premier ordre :

    \boxed{\rho_0 \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} = -\vec{\operatorname{grad}} p}
  • Équation de conservation de la masse linéarisée :

    En substituant \rho = \rho_0 + \mu et la vitesse dans l'équation (5) :

    \begin{aligned} \operatorname{div}\big((\rho_0 + \mu)\vec{v}\big) + \frac{\partial (\rho_0 + \mu)}{\partial t} &= 0 \\ \rho_0 \operatorname{div}\vec{v} + \operatorname{div}(\mu \vec{v}) + \frac{\partial \mu}{\partial t} &= 0 \end{aligned}

    car \rho_0 est uniforme et indépendant du temps. Le terme \operatorname{div}(\mu \vec{v}) est du second ordre en perturbations, donc négligeable. On obtient :

    \boxed{\frac{\partial \mu}{\partial t} + \rho_0 \operatorname{div}\vec{v} = 0}
  • Relation thermodynamique (compressibilité isentropique) :

    Les transformations subies par le fluide lors du passage de l'onde acoustique sont supposées réversibles et adiabatiques (effets de conduction thermique négligeables), donc isentropiques. D'après l'équation (6), la variation de masse volumique au premier ordre s'écrit :

    \begin{aligned} \mathrm{d}\rho &= \left. \frac{\partial \rho}{\partial P} \right|_S \mathrm{d}P = \rho_0 \chi_S \, \mathrm{d}P \end{aligned}

    En identifiant les variations aux perturbations du premier ordre \mathrm{d}\rho = \mu et \mathrm{d}P = p, on en déduit :

    \boxed{\mu = \rho_0 \chi_S p}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Exposez avec clarté et efficacité les arguments physiques justifiant la linéarisation des équations.

« Question de cours : il s’agit donc de bien expliquer les arguments de la linéarisation, ceci pouvant être fait en restant efficace. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 4

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : équation de d'alembert, célérité acoustique, compressibilité isentropique

Établir l'équation de D'Alembert pour la surpression

où l'on exprimera en fonction de et .

Voir l'indice

Prendre la divergence de l'équation d'Euler linéarisée, commuter les dérivées spatio-temporelles et injecter l'équation de continuité exprimée en fonction de la pression p.

Voir la stratégie

Pour combiner les équations linéarisées établies à la question Q3 et éliminer les grandeurs \vec{v} et \mu au profit de la seule surpression p :

  1. Prendre la divergence de l'équation d'Euler linéarisée afin de faire apparaître le laplacien de la pression \Delta p = \operatorname{div}(\vec{\operatorname{grad}} p).
  2. Dériver l'équation de conservation de la masse par rapport au temps pour éliminer le terme \operatorname{div}\vec{v}.
  3. Exprimer \mu en fonction de p à l'aide du coefficient de compressibilité isentropique pour identifier la célérité c_a.
Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q3, les équations linéarisées régissant la perturbation acoustique s'écrivent :

\begin{align*} \rho_0 \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} &= -\vec{\operatorname{grad}} p \tag{1} \\ \frac{\partial \mu}{\partial t} + \rho_0 \operatorname{div}\vec{v} &= 0 \tag{2} \\ \mu &= \rho_0 \chi_S p \tag{3}\end{align*}

Prenons la divergence de l'équation d'Euler linéarisée (1). En permutant les dérivations spatiale et temporelle :

\operatorname{div}\left( \rho_0 \frac{\partial \vec{v}}{\partial t} \right) = \rho_0 \frac{\partial}{\partial t}(\operatorname{div}\vec{v}) = -\operatorname{div}(\vec{\operatorname{grad}} p) = -\Delta p

Par ailleurs, dérivons l'équation de conservation de la masse (2) par rapport au temps t :

\frac{\partial^2 \mu}{\partial t^2} + \rho_0 \frac{\partial}{\partial t}(\operatorname{div}\vec{v}) = 0 \implies \rho_0 \frac{\partial}{\partial t}(\operatorname{div}\vec{v}) = -\frac{\partial^2 \mu}{\partial t^2}

En égalant les deux expressions de \rho_0 \frac{\partial}{\partial t}(\operatorname{div}\vec{v}), il vient :

\Delta p = \frac{\partial^2 \mu}{\partial t^2}

En injectant la relation constitutive isentropique (3), on obtient :

\frac{\partial^2 \mu}{\partial t^2} = \rho_0 \chi_S \frac{\partial^2 p}{\partial t^2}

soit finalement :

\Delta p(\vec{r},t) - \rho_0 \chi_S \frac{\partial^2 p}{\partial t^2}(\vec{r},t) = 0

On identifie cette relation à l'équation de d'Alembert sous la forme proposée :

\boxed{\Delta p(\vec{r},t) - \frac{1}{c_a^2} \frac{\partial^2 p}{\partial t^2}(\vec{r},t) = 0}

avec pour expression de la célérité acoustique :

\boxed{c_a = \frac{1}{\sqrt{\rho_0 \chi_S}}}

Résultat

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Question 5

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : célérité acoustique, retard temporel, mesure de célérité

On souhaite mesurer la célérité des ondes acoustiques dans l'air. Pour cela, on place deux récepteurs ultrasonores en face d'un émetteur ultrasonore, qui fonctionnent tous sur le même principe que l'émetteur ultrasonore étudié précédemment. L'émetteur envoie régulièrement des trains d'onde et on écarte un récepteur d'une distance par rapport à l'autre récepteur. Les deux récepteurs sont excités par un train d'onde de l'émetteur et les signaux obtenus à l'oscilloscope sont représentés en figure 3. En exploitant ces oscillogrammes, déterminer la valeur de la célérité des ondes acoustiques dans cette expérience. Comparer la valeur mesurée à la valeur théorique et commenter ce résultat.

Voir l'indice

Mesurer le décalage temporel \Delta t entre les deux salves à l'oscilloscope en comptant les divisions (200\text{ }\mu\text{s/div}), puis poser c = d_{\mathrm{rec}} / \Delta t avant de comparer à c_a = 1/\sqrt{\rho_0 \chi_S}.

Voir la stratégie
  1. Mesurer le retard temporel \Delta t entre les deux salves d'ondes reçues sur l'oscillogramme (figure 3) à l'aide de la sensibilité horizontale.
  2. Calculer la célérité expérimentale c_{\text{mes}} = d_{\text{rec}} / \Delta t, puis la comparer à la valeur théorique c_{a,\text{th}} = 1/\sqrt{\rho_0 \chi_S} calculée à partir des données de l'énoncé.
Voir le corrigé complet

1. Détermination expérimentale de la célérité

L'émetteur envoie des trains d'ondes qui parviennent successivement aux deux récepteurs distants de d_{\text{rec}} = 17\text{ cm}. Le retard temporel \Delta t correspond au décalage entre les débuts (ou les maxima) des deux paquets d'ondes sur la figure 3.

La sensibilité horizontale indiquée est de 200\text{ }\mu\text{s/div}. La lecture graphique donne un décalage temporel de :

\Delta t \approx 2{,}5\text{ divisions} \times 200\text{ }\mu\text{s/div} = 500\text{ }\mu\text{s} = 5{,}0 \times 10^{-4}\text{ s}

La célérité mesurée de l'onde acoustique est donc :

c_{\text{mes}} = \frac{d_{\text{rec}}}{\Delta t}

Application numérique avec d_{\text{rec}} = 0{,}17\text{ m} :

c_{\text{mes}} = \frac{0{,}17}{5{,}0 \times 10^{-4}} = \frac{170}{0{,}50} = 340\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{c_{\text{mes}} \approx 340\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

2. Comparaison avec la valeur théorique

D'après le résultat de la question 4, l'expression théorique de la célérité est :

c_{a,\text{th}} = \frac{1}{\sqrt{\rho_0 \chi_S}}

Avec \rho_0 = 1{,}20\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et \chi_S = 7{,}00 \times 10^{-6}\text{ Pa}^{-1}, on calcule :

\rho_0 \chi_S = 1{,}20 \times 7{,}00 \times 10^{-6} = 8{,}40 \times 10^{-6}\text{ s}^2\cdot\text{m}^{-2}

En utilisant la donnée numérique 8{,}4^{-0{,}5} \approx 0{,}345 :

c_{a,\text{th}} = 10^3 \times 8{,}4^{-0{,}5} \approx 10^3 \times 0{,}345 = 345\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{c_{a,\text{th}} \approx 345\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

L'écart relatif entre la mesure et la valeur théorique vaut :

\frac{|c_{\text{mes}} - c_{a,\text{th}}|}{c_{a,\text{th}}} = \frac{345 - 340}{345} \approx 1{,}4\%

3. Commentaire

L'accord entre la valeur mesurée et la valeur théorique est excellent (écart inférieur à 2\%). Les faibles écarts constatés peuvent s'expliquer par :

  • l'incertitude de lecture sur l'oscilloscope (repérage précis du début du front du paquet d'ondes, lié au temps de montée du transducteur) ;
  • l'incertitude sur la distance effective d_{\text{rec}} entre les centres acoustiques réels des deux récepteurs ;
  • la dépendance de la célérité vis-à-vis de la température ambiante réelle du laboratoire (c \propto \sqrt{T} pour un gaz parfait) et de l'humidité de l'air.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Comparez le résultat expérimental à la valeur théorique calculée à l'aide des données du sujet.

« Notons qu’il s’agissait de comparer la valeur obtenue expérimentalement à l’expression théorique obtenue juste avant et dont la valeur numérique pouvait être déduite des données numériques, ce que certains candidats n’ont pas réalisé. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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C · Propagation d'ondes acoustiques dans un cristal

Question 6

Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en Sup

Notions : chaîne d'atomes, principe fondamental de la dynamique, oscillateur couplé

Établir l'équation différentielle reliant , et .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'atome n soumis aux forces de rappel des deux ressorts adjacents de raideur K.

Voir la stratégie
  1. Isoler l'atome n dans le référentiel galiléen du laboratoire et faire le bilan des forces (interactions élastiques avec les voisins de gauche et de droite).
  2. Exprimer les allongements des deux ressorts adjacents en fonction des déplacements u_{n-1}(t), u_n(t) et u_{n+1}(t).
  3. Appliquer la deuxième loi de Newton en projection sur l'axe (Ox).
Voir le corrigé complet

On étudie l'atome n de masse m, situé à la position x_n(t) = na + u_n(t), dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen.

L'atome n est soumis à l'action de ses deux voisins immédiats par l'intermédiaire de deux ressorts identiques, de raideur K et de longueur à vide a :

  • Le ressort situé à sa gauche relie l'atome n-1 à l'atome n. Sa longueur instantanée est \ell_{\text{g}} = x_n - x_{n-1} = a + u_n - u_{n-1}. La force exercée par ce ressort sur l'atome n s'écrit :

    \vec{F}_{\text{g}} = -K(\ell_{\text{g}} - a)\vec{e}_x = -K\big(u_n(t) - u_{n-1}(t)\big)\vec{e}_x
  • Le ressort situé à sa droite relie l'atome n à l'atome n+1. Sa longueur instantanée est \ell_{\text{d}} = x_{n+1} - x_n = a + u_{n+1} - u_n. La force exercée par ce ressort sur l'atome n s'écrit :

    \vec{F}_{\text{d}} = +K(\ell_{\text{d}} - a)\vec{e}_x = +K\big(u_{n+1}(t) - u_n(t)\big)\vec{e}_x

En appliquant la deuxième loi de Newton à l'atome n et en tenant compte du fait que \frac{\mathrm{d}^2 x_n}{\mathrm{d}t^2} = \frac{\mathrm{d}^2 u_n}{\mathrm{d}t^2} (la position d'équilibre na étant constante), on obtient :

\begin{aligned} m \frac{\mathrm{d}^2 u_n}{\mathrm{d}t^2}\vec{e}_x &= \vec{F}_{\text{g}} + \vec{F}_{\text{d}} \\ &= \Big[-K\big(u_n(t) - u_{n-1}(t)\big) + K\big(u_{n+1}(t) - u_n(t)\big)\Big]\vec{e}_x \end{aligned}

En projetant sur l'axe (Ox), on en déduit l'équation différentielle du mouvement :

\boxed{m \frac{\mathrm{d}^2 u_n}{\mathrm{d}t^2}(t) = K \big(u_{n+1}(t) + u_{n-1}(t) - 2u_n(t)\big)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Démontrez rigoureusement l'équation différentielle au lieu de parachuter directement le résultat.

« Si cette question est classique, il s’agit tout de même d’expliquer d’où provient l’équation différentielle et une expression parachutée totalement aura été sanctionnée. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 7

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : approximation des milieux continus, équation de d'alembert, développement limité

Pour cette question uniquement, nous nous plaçons dans l'approximation des milieux continus. Cette approximation consiste à considérer que les atomes sont très rapprochés vis-à-vis de la distance caractéristique de variation de en fonction de : . On peut alors considérer comme une fonction continue . Établir que le champ de déplacement est solution d'une équation de D'Alembert. On précisera l'expression de la célérité de l'onde ainsi décrite.

Voir l'indice

Effectuer un développement de Taylor à l'ordre 2 en a de u(x\pm a, t) pour approcher la différence seconde spatiale par une dérivée seconde partielle.

Voir la stratégie
  1. Poser x = na et effectuer un développement de Taylor des grandeurs déplacées u_{n\pm 1}(t) = u(x\pm a, t) au voisinage de x, jusqu'à l'ordre 2 en a, justifié par la condition a \ll \lambda_c.
  2. Réinjecter ces développements dans l'équation différentielle du mouvement obtenue à la question Q6.
  3. Identifier l'équation de propagation 1D de d'Alembert et en extraire la célérité c_s.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q6, l'équation régissant l'écart à l'équilibre du n-ième atome s'écrit :

m \frac{\mathrm{d}^2 u_n}{\mathrm{d}t^2}(t) = K \big( u_{n+1}(t) + u_{n-1}(t) - 2u_n(t) \big).

Dans le cadre de l'approximation des milieux continus, la position d'équilibre na est repérée par la variable d'espace continue x. Comme le pas du réseau vérifie a \ll \lambda_c, où \lambda_c est l'échelle spatiale caractéristique de variation du déplacement, on peut effectuer un développement limité à l'ordre 2 en puissances de a :

\begin{aligned} u_{n+1}(t) &= u(x+a,t) = u(x,t) + a\,\frac{\partial u}{\partial x}(x,t) + \frac{a^2}{2}\,\frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x,t) + o(a^2), \\ u_{n-1}(t) &= u(x-a,t) = u(x,t) - a\,\frac{\partial u}{\partial x}(x,t) + \frac{a^2}{2}\,\frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x,t) + o(a^2). \end{aligned}

En sommant ces deux expressions, les termes du premier ordre se compensent exactement par symétrie :

u_{n+1}(t) + u_{n-1}(t) - 2u_n(t) = a^2\,\frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x,t) + o(a^2).

En reportant ce résultat dans l'équation du mouvement, on obtient :

m\,\frac{\partial^2 u}{\partial t^2}(x,t) = K a^2\,\frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x,t).

Le champ de déplacement u(x,t) vérifie donc l'équation de d'Alembert unidimensionnelle :

\boxed{\frac{\partial^2 u}{\partial x^2}(x,t) - \frac{1}{c_s^2}\,\frac{\partial^2 u}{\partial t^2}(x,t) = 0}

avec pour célérité de l'onde acoustique :

\boxed{c_s = a\sqrt{\frac{K}{m}}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Maîtrisez les aspects mathématiques du développement limité requis pour cette approximation continue.

« Il était demandé un développement limité de la fonction introduite. L’aspect mathématique du développement limité n’était pas toujours maîtrisé mais globalement cette question a été traitée correctement. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 8

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : relation de dispersion, onde progressive harmonique

Montrer que la relation de dispersion se met sous la forme suivante :

où est une constante à exprimer en fonction des données.

Voir l'indice

Injecter la forme d'onde plane discrète dans l'équation différentielle et factoriser par l'exponentielle avant de faire apparaître une identité d'Euler en sinus.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme d'onde plane discrète u_n(t) dans l'équation différentielle du mouvement obtenue à la question 6.
  2. Exprimer la combinaison spatiale à l'aide des formules d'Euler et transformer le terme trigonométrique en angle moitié.
  3. En déduire \omega(q) sachant que la pulsation est une grandeur positive (\omega \in \mathbb{R}^+) et identifier l'expression de la constante A.
Voir le corrigé complet

D'après la question 6, l'équation régissant le déplacement du n-ième atome s'écrit :

m \frac{\mathrm{d}^2 u_n}{\mathrm{d}t^2}(t) = K \Big( u_{n+1}(t) + u_{n-1}(t) - 2u_n(t) \Big)

On injecte la solution recherchée sous forme d'onde plane discrète (équation 8 de l'énoncé) :

u_n(t) = u_0 \exp[\mathrm{i}(qna - \omega t)]

La dérivée temporelle seconde de u_n(t) vaut :

\frac{\mathrm{d}^2 u_n}{\mathrm{d}t^2}(t) = (-\mathrm{i}\omega)^2 u_n(t) = -\omega^2 u_n(t)

D'autre part, pour les atomes voisins :

\begin{aligned} u_{n+1}(t) &= u_n(t) \mathrm{e}^{\mathrm{i}qa} \\ u_{n-1}(t) &= u_n(t) \mathrm{e}^{-\mathrm{i}qa} \end{aligned}

Le membre de droite de l'équation du mouvement s'exprime donc sous la forme :

\begin{aligned} K \Big( u_{n+1}(t) + u_{n-1}(t) - 2u_n(t) \Big) &= K u_n(t) \left( \mathrm{e}^{\mathrm{i}qa} + \mathrm{e}^{-\mathrm{i}qa} - 2 \right) \\ &= 2K u_n(t) \left( \cos(qa) - 1 \right) \\ &= -4K \sin^2\left(\frac{qa}{2}\right) u_n(t) \end{aligned}

En réinjectant ces expressions dans l'équation différentielle et en simplifiant par u_n(t) \neq 0, on obtient :

-m \omega^2 = -4K \sin^2\left(\frac{qa}{2}\right) \implies \omega^2 = \frac{4K}{m} \sin^2\left(\frac{qa}{2}\right)

Comme la pulsation est par convention positive (\omega \in \mathbb{R}^+), on prend la racine carrée :

\omega(q) = 2 \sqrt{\frac{K}{m}} \left| \sin\left(\frac{qa}{2}\right) \right|

On retrouve bien la forme demandée avec :

\boxed{A = 2 \sqrt{\frac{K}{m}}}

Résultat

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Évitez d'ajuster artificiellement vos calculs pour retrouver la formule fournie si la question 6 comporte des erreurs.

« Attention, les candidats ayant faux à la question 6 et trafiquant les expressions pour aboutir aux résultats ont été sanctionnés. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 9

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : condition aux limites périodique, quantification du vecteur d'onde, mode propre

On suppose que le cristal est de longueur suffisamment grande pour négliger les effets de bord et considérer le cristal comme infini. Afin de faire disparaître les effets de bord, nous utilisons des conditions aux limites périodiques : nous supposons que les deux extrémités sont liées entre elles de sorte à fermer la chaîne linéaire d'atomes sur elle-même. Cela se traduit par la condition mathématique . En déduire que , où , étant à exprimer en fonction des données. Chaque nombre d'onde , quantifié par l'entier relatif , correspond alors à un mode de vibration du cristal.

Voir l'indice

Traduire la condition périodique u_{N+1}(t) = u_1(t) en imposant \exp(\mathrm{i} q N a) = 1, ce qui quantifie q sous la forme p(2\pi/L).

Voir la stratégie
  1. Injecter l'expression de l'onde plane progressive u_n(t) donnée par l'équation (8) dans la condition aux limites périodique u_{N+1}(t) = u_1(t).
  2. Simplifier par le terme temporel et l'amplitude u_0 pour obtenir une condition de phase sur l'exponentielle complexe.
  3. En déduire la quantification du vecteur d'onde q et identifier le pas élémentaire q_0 en fonction de la longueur de la chaîne L = Na.
Voir le corrigé complet

D'après l'équation (8), le déplacement du n-ième atome s'écrit sous forme d'onde plane :

u_n(t) = u_0 \exp \big[\mathrm{i}(qna - \omega t)\big]

La condition aux limites périodique (dite condition de Born-von Kármán) impose u_{N+1}(t) = u_1(t) à tout instant t, soit :

u_0 \exp \Big(\mathrm{i}\big(q(N+1)a - \omega t\big)\Big) = u_0 \exp \Big(\mathrm{i}(qa - \omega t)\Big)

Pour u_0 \neq 0, en factorisant par u_0 \exp\big(\mathrm{i}(qa - \omega t)\big), on obtient :

\exp(\mathrm{i}qNa) = 1

Cette égalité impose que l'argument soit un multiple entier de 2\pi :

qNa = p \times 2\pi \quad (p \in \mathbb{Z})

La chaîne étant constituée de N mailles de pas a, sa longueur totale macroscopique est L = Na. Il vient donc :

q = p \, \frac{2\pi}{Na} = p \, \frac{2\pi}{L}

On identifie directement la forme demandée q = p q_0 avec :

\boxed{q_0 = \frac{2\pi}{Na} = \frac{2\pi}{L}}

Résultat

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Question 10

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : première zone de brillouin, repliement spectral

En considérant et deux nombres d'onde tels que , où , expliquer pourquoi nous pouvons restreindre l'étude aux nombres d'onde appartenant à l'intervalle .

Voir l'indice

Montrer que changer q en q + 2\pi/a ne modifie pas les valeurs physiques des déplacements discrets u_n(t) aux nœuds du réseau.

Voir la stratégie
  1. Comparer les déplacements u_n(t) calculés pour deux nombres d'onde q et q' différant d'un multiple entier de 2\pi/a.
  2. Vérifier également l'invariance de la pulsation propre \omega(q) donnée par la relation de dispersion.
  3. Conclure sur le fait que q et q' décrivent le même état vibratoire physique du réseau discret, ce qui permet de restreindre l'étude à un intervalle fondamental de largeur 2\pi/a.
Voir le corrigé complet

Considérons deux nombres d'onde q et q' tels que q' = q + h \dfrac{2\pi}{a} avec h \in \mathbb{Z}.

  • Pour la pulsation propre \omega(q) établie à la question Q8 :

    \begin{aligned} \omega(q') &= A \left| \sin\left(\frac{q' a}{2}\right) \right| \\ &= A \left| \sin\left(\frac{q a}{2} + h\pi\right) \right| \\ &= A \left| (-1)^h \sin\left(\frac{q a}{2}\right) \right| \\ &= \omega(q). \end{aligned}

    Les deux ondes possèdent donc la même pulsation.

  • Pour le déplacement du n-ième atome à la date t, donné par l'équation (8) :

    \begin{aligned} u_n(q', t) &= u_0 \exp\left[ \mathrm{i}(q'na - \omega(q')t) \right] \\ &= u_0 \exp\left[ \mathrm{i}\left(qna + 2\pi h n - \omega(q)t\right) \right] \\ &= u_0 \exp\left[ \mathrm{i}(qna - \omega(q)t) \right] \times \mathrm{e}^{\mathrm{i} 2\pi h n}. \end{aligned}

    Comme h \in \mathbb{Z} et n \in \mathbb{Z}, le produit hn est un entier, d'où \mathrm{e}^{\mathrm{i} 2\pi h n} = 1. Il vient ainsi :

    u_n(q', t) = u_n(q, t) \quad \forall n \in [\![1 ; N]\!], \; \forall t.

Les deux nombres d'onde q et q' décrivent rigoureusement le même mouvement pour l'ensemble des atomes du réseau discret : ils représentent un seul et même mode physique.

Tout nombre d'onde réel q peut s'écrire de manière unique sous la forme q = q_0 + h\dfrac{2\pi}{a} avec h \in \mathbb{Z} et q_0 \in \left[-\dfrac{\pi}{a} ; \dfrac{\pi}{a}\right[. Pour décrire l'ensemble des modes physiques sans redondance, il suffit donc de restreindre l'étude à l'intervalle :

\boxed{q \in \left[ -\frac{\pi}{a} ; \frac{\pi}{a} \right[}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Discutez de l'expression du déplacement des atomes en plus de la périodicité de la pulsation.

« La plupart des candidats ont explicité la périodicité de ω sans discuter de l’expression de un pour les deux vecteurs d’onde. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 11

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : relation de dispersion, première zone de brillouin

Représenter graphiquement sur cet intervalle, appelé première zone de Brillouin, l'évolution de la pulsation en fonction de .

Voir l'indice

Tracer une arche de sinusoïde redressée symétrique par rapport à q=0, nulle en 0 et maximale en \pm \pi/a.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression de la relation de dispersion \omega(q) obtenue à la question Q8 et identifier ses propriétés de symétrie (parité).
  2. Calculer les valeurs remarquables aux bornes de la première zone de Brillouin (q = \pm \pi/a) ainsi qu'à l'origine (q = 0).
  3. Étudier la dérivée (vitesse de groupe v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}q}) à l'origine et aux bords de zone pour tracer précisément les tangentes.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q8, la pulsation propre s'exprime par :

\omega(q) = A \left|\sin\left(\frac{qa}{2}\right)\right| \quad \text{avec} \quad A = 2\sqrt{\frac{K}{m}}

Sur la première zone de Brillouin, q \in \left[-\frac{\pi}{a}, \frac{\pi}{a}\right], la quantité \frac{qa}{2} appartient à l'intervalle \left[-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}\right]. La fonction \omega(q) est paire et présente les caractéristiques remarquables suivantes :

  • À l'origine (q = 0) :

    \omega(0) = 0

    Pour q > 0, au voisinage de l'origine, \omega(q) \approx \frac{A a}{2} q = c_s q où c_s = a\sqrt{\frac{K}{m}} est la célérité acoustique trouvée à la question Q7. La demi-tangente à droite est de pente +c_s, et celle à gauche de pente -c_s.

  • Aux limites de la zone (q = ± \frac{\pi}{a}) :

    \omega\left(\pm \frac{\pi}{a}\right) = A = 2\sqrt{\frac{K}{m}} = \omega_{\max}
  • Tangentes aux bords de zone : Pour q \in \left]0, \frac{\pi}{a}\right], \omega(q) = A\sin\left(\frac{qa}{2}\right), d'où :

    \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}q} = \frac{Aa}{2}\cos\left(\frac{qa}{2}\right)

    En q \to \pm \frac{\pi}{a}, \cos\left(\frac{qa}{2}\right) \to 0 : la tangente est horizontale aux bords de la zone de Brillouin (\frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}q} = 0).

Voir ce qu'a relevé le jury

Pensez à faire figurer le point anguleux en q = 0 lors du tracé de la courbe.

« Certains candidats n’ont pas dessiné de point anguleux pour q = 0. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 12

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : approximation des milieux continus, relation de dispersion, vitesse de phase

Proposer un critère quantitatif permettant de fixer un domaine sur lequel la relation de dispersion peut être linéarisée. Comparer ce critère à celui utilisé dans le cadre de l'approximation des milieux continus, mise en œuvre à la question 7. Donner alors le lien entre et . À quoi correspond le facteur de proportionnalité ? On fera apparaître cette relation linéaire sur le graphique représenté en réponse à la question 11.

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Effectuer le développement limité de \sin(qa/2) pour qa \ll 1, correspondant au régime des grandes longueurs d'onde devant le pas du réseau, et identifier la vitesse du son c_s = \omega/q.

Voir la stratégie
  1. Réaliser un développement limité au voisinage de q = 0 de la relation de dispersion obtenue à la question 8 pour identifier la condition de linéarité.
  2. Exprimer le nombre d'onde en fonction de la longueur d'onde \lambda et faire le lien avec l'approximation des milieux continus vue à la question 7.
  3. Identifier la relation linéaire \omega(q) ainsi que le facteur de proportionnalité, et tracer la droite correspondante sur la relation de dispersion.
Voir le corrigé complet

D'après la question 8, la relation de dispersion s'écrit :

\omega(q) = 2\sqrt{\frac{K}{m}} \left|\sin\left(\frac{qa}{2}\right)\right|

Pour |q|a \ll 1, un développement limité à l'ordre 1 au voisinage de 0 donne :

\sin\left(\frac{qa}{2}\right) \approx \frac{qa}{2}

Le critère quantitatif permettant de linéariser la relation de dispersion est donc :

\boxed{ |q| a \ll 1 \quad \text{soit} \quad |q| \ll \frac{1}{a} }

En reliant le nombre d'onde q à la longueur d'onde spatiale de l'excitation par q = \frac{2\pi}{\lambda}, ce critère devient :

\frac{2\pi a}{\lambda} \ll 1 \iff a \ll \frac{\lambda}{2\pi} \sim \lambda

Ce critère est rigoureusement identique à celui de l'approximation des milieux continus introduite à la question 7 (a \ll \lambda_c), où le pas du réseau a est très petit devant l'échelle spatiale de variation de la déformation.

Sous cette approximation, la pulsation s'écrit :

\omega(q) \approx 2\sqrt{\frac{K}{m}} \frac{|q|a}{2} = a\sqrt{\frac{K}{m}} |q|

On a donc la relation linéaire :

\boxed{ \omega = c_s |q| }

Le facteur de proportionnalité est :

\boxed{ c_s = a\sqrt{\frac{K}{m}} }

Il s'agit de la célérité des ondes acoustiques dans le milieu continu établie à la question 7. Dans ce domaine des grandes longueurs d'onde, le milieu n'est pas dispersif et la vitesse de phase v_\varphi = \frac{\omega}{|q|} est égale à la vitesse de groupe v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}|q|} = c_s.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Menez la comparaison jusqu'à la condition λ >> a pour retrouver la célérité de la question 7, et traitez toutes les sous-questions.

« Cette question demande de comparer les deux critères d’approximation. Beaucoup des candidats ne sont pas allés au bout du raisonnement pour se rendre compte que les deux conditions étaient λ ≫a et qu’on retrouvait alors la célérité des ondes acoustiques obtenue à la question 7. »

« Par ailleurs, certains les candidats n’ont pas répondu aux plusieurs sous-questions dans cette question. »

Source : rapport du jury X-ENS 2021

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Question 13

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en Sup

Notions : dualité onde-corpuscule, photon, phonon

Ainsi décrite, l'onde se propageant le long du réseau cristallin peut être assimilée à une quasi-particule, appelée phonon, matérialisant la propagation d'un mode de vibration au sein du cristal induite par le mouvement collectif d'oscillation des atomes. Par analogie avec un autre domaine de la physique, nommer la particule associée à une onde également caractérisée par une relation de dispersion linéaire.

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Faire le parallèle avec l'optique quantique où l'onde lumineuse de relation \omega = c k est associée au photon.

Voir le corrigé complet

Dans le domaine de l'optique et de l'électromagnétisme (ou de la physique quantique), l'onde électromagnétique se propageant dans le vide obéit à la relation de dispersion linéaire :

\omega = c k

où c est la célérité de la lumière dans le vide.

Le quantum d'énergie associé à cette onde électromagnétique, de masse nulle et vérifiant la relation d'énergie-impulsion linéaire E = p c (soit E = \hbar\omega et p = \hbar k), est le photon.

\boxed{\text{Le photon}}

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.