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Corrigé détaillé CCINP Physique MP 2022

Rayonnement, réaction de rayonnement et décalage de Lamb

  • 33 questions corrigées
  • Difficulté estimée : classique (1,9 / 4)
  • Faisable en Sup (Très partiellement en MPSI : 4 questions sur 33, partie III)
  • Vérifié question par question

Ce sujet original et très formateur s'intéresse à l'électrodynamique classique et quantique à travers l'étude du rayonnement d'une charge accélérée, de la force d'auto-interaction (réaction de rayonnement d'Abraham-Lorentz) et de leur manifestation historique : le décalage de Lamb (Lamb shift) au sein de l'atome d'hydrogène.

Très progressif et fidèle à l'esprit du concours CCINP, il aborde successivement le calcul de la puissance rayonnée d'un dipôle oscillant en zone d'onde, l'oscillateur harmonique amorti par réaction radiative menant à une résonance de puissance, une analyse numérique sous Python (IPT) des pulsations de coupure, puis une approche semi-classique et quantique des fluctuations du vide électromagnétique. C'est un excellent sujet de révision transversale mêlant électromagnétisme, mécanique, analyse spectrale et physique quantique.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Partie I : Rayonnement par un dipôle oscillant

Question 1

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : rayonnement dipolaire, approximation dipolaire

Préciser ce que signifie " très éloigné ".

Voir l'indice

Comparer la distance r d'observation à la dimension du dipôle d ainsi qu'à la longueur d'onde émise \lambda = 2\pi c/\omega.

Voir la stratégie

Dans l'étude du rayonnement électromagnétique dipolaire, deux échelles de longueur interviennent pour qualifier la distance r = OM :

  1. La taille caractéristique de la source oscillante, ici l'amplitude d'oscillation d.
  2. La longueur d'onde \lambda = \frac{2\pi c}{\omega} de l'onde électromagnétique émise.
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L'expression « très éloigné » signifie que le point d'observation M vérifie deux conditions :

  1. L'approximation dipolaire (source quasi-ponctuelle) :

    r \gg d

    La distance d'observation est très grande devant les dimensions de la source.

  2. La zone de rayonnement (ou zone d'onde) :

    r \gg \lambda = \frac{2\pi c}{\omega} \quad \left(\text{ou } r \gg \frac{c}{\omega}\right)

    La distance est très grande devant la longueur d'onde du rayonnement émis.

Dans le cadre de l'approximation dipolaire non relativiste, la source vérifie d \ll \lambda, de sorte que l'ensemble des conditions s'écrit :

\boxed{r \gg \lambda \gg d}

Dans cette région, les composantes de champ décroissant en 1/r^2 (champ d'induction) et 1/r^3 (champ quasi-statique) sont négligeables devant la composante de rayonnement en 1/r.

Résultat

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Question 2

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : symétrie du champ magnétique, rayonnement dipolaire

Justifier par des considérations de symétrie la direction du champ magnétique.

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Identifier les plans de symétrie et d'antisymétrie de la distribution de courant associée au dipôle oscillant orienté selon Oz.

Voir la stratégie

Pour déterminer la direction du champ magnétique \vec{B}(M) :

  1. On identifie un plan de symétrie ou d'antisymétrie des sources passant par le point de calcul M.
  2. On applique la règle de transformation du vecteur champ magnétique (vecteur axial / pseudovecteur) par cette symétrie.
Voir le corrigé complet

Le dipôle oscillant est constitué de charges et de courants localisés sur l'axe (Oz), le courant étant orienté selon \vec{e}_z.

Considérons le point d'observation M(r, \theta, \phi) et le plan méridien \Pi_s = (M, \vec{e}_r, \vec{e}_\theta) qui contient l'axe (Oz) :

  • L'axe (Oz) est entièrement inclus dans \Pi_s ; la distribution de charges \rho et la densité volumique de courant \vec{\jmath} = j_z \vec{e}_z sont donc contenues dans ce plan.
  • Par conséquent, la réflexion par rapport au plan \Pi_s conserve les positions et laisse le vecteur densité de courant invariant (\vec{\jmath} \parallel \Pi_s). Le plan \Pi_s est donc un plan de symétrie pour la distribution de courants.

Le champ magnétique \vec{B} est un champ pseudovectoriel (vecteur axial). En tout point d'un plan de symétrie des courants, le champ magnétique est orthogonal à ce plan :

\vec{B}(M) \perp \Pi_s.

Le vecteur unitaire de la base sphérique directement orthogonal au plan (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta) est \vec{e}_\phi (en effet, \vec{e}_r \wedge \vec{e}_\theta = \vec{e}_\phi). On en déduit :

\boxed{\vec{B}(M) = B_\phi(r, \theta, t)\,\vec{e}_\phi}

Le champ magnétique est donc purement orthoradial, dirigé selon \vec{e}_\phi.

Résultat

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Question 3

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : onde localement plane, rayonnement dipolaire

On donne l’expression du champ magnétique . Pourquoi dit-on que l’onde est localement plane ?

Voir l'indice

Vérifier la relation de structure \vec{B} = \frac{\vec{e}_r \wedge \vec{E}}{c} caractéristique d'une onde sphérique assimilable localement à une OPPH à grande distance.

Voir la stratégie

Pour justifier le qualificatif d'onde « localement plane », il convient d'analyser :

  1. la géométrie des surfaces d'onde (surfaces équiphases) à grande distance ;
  2. la structure transverse des champs électromagnétiques et la relation locale liant \vec{E} et \vec{B}.
Voir le corrigé complet

On dit que l'onde émise est localement plane pour les raisons suivantes :

  1. Géométrie des surfaces d'onde :
    La phase de l'onde s'écrit \psi(r, t) = \omega\left(t - \frac{r}{c}\right). Les surfaces d'onde (surfaces à phase instantanée constante) sont des sphères concentriques de rayon r, se propageant dans la direction radiale \vec{u} = \vec{e}_r à la vitesse c. Dans la zone de rayonnement (r \gg \lambda), sur une dimension spatiale caractéristique de l'ordre de quelques longueurs d'onde \lambda, ces fronts d'onde sphériques sont assimilables à des plans tangents normaux à la direction de propagation \vec{e}_r. De plus, l'amplitude en 1/r varie de façon négligeable à cette échelle spatiale.
  2. Structure des champs et transversalité :
    Les champs électrique et magnétique vérifient :

    \vec{E} \cdot \vec{e}_r = 0 \quad \text{et} \quad \vec{B} \cdot \vec{e}_r = 0

    L'onde est donc transverse. Le trièdre (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta, \vec{e}_\phi) étant orthonormé direct, on a \vec{e}_r \wedge \vec{e}_\theta = \vec{e}_\phi.

  3. Relation de structure entre \vec{E} et \vec{B} :
    En utilisant la relation \varepsilon_0 \mu_0 c^2 = 1, le rapport des amplitudes vaut :

    \frac{\|\vec{E}\|}{\|\vec{B}\|} = \frac{\frac{e d \omega^2}{4\pi\varepsilon_0 c^2}\frac{\sin\theta}{r}}{\frac{\mu_0 e d \omega^2}{4\pi c}\frac{\sin\theta}{r}} = \frac{1}{\varepsilon_0 \mu_0 c} = c

    On retrouve ainsi la relation fondamentale caractéristique d'une onde plane progressive dans le vide se propageant selon \vec{e}_r :

    \boxed{\vec{B} = \frac{\vec{e}_r \wedge \vec{E}}{c}}

Résultat

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Question 4

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : vecteur de poynting, rayonnement dipolaire

Écrire le vecteur de Poynting associé à l’onde.

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Appliquer la définition \vec{\Pi} = \frac{\vec{E} \wedge \vec{B}}{\mu_0} et utiliser la relation \varepsilon_0 \mu_0 c^2 = 1.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition générale du vecteur de Poynting dans le vide.
  2. Exprimer le produit vectoriel \vec{E} \wedge \vec{B} dans la base sphérique (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta, \vec{e}_\phi) à l'aide des expressions fournies de \vec{E} et \vec{B}.
  3. Simplifier l'expression à l'aide de la relation \varepsilon_0 \mu_0 c^2 = 1.
Voir le corrigé complet

Par définition, le vecteur de Poynting associé au champ électromagnétique dans le vide s'écrit :

\vec{\Pi} = \frac{\vec{E} \wedge \vec{B}}{\mu_0}

Avec \vec{E} = E_\theta \vec{e}_\theta et \vec{B} = B_\phi \vec{e}_\phi, compte tenu de la relation de base sphérique directe \vec{e}_\theta \wedge \vec{e}_\phi = \vec{e}_r, le vecteur de Poynting est purement radial :

\vec{\Pi} = \frac{E_\theta B_\phi}{\mu_0} \vec{e}_r

En injectant les expressions des champs données dans l'énoncé :

\begin{aligned} E_\theta &= \frac{e d \omega^2}{4\pi\varepsilon_0 c^2} \frac{\sin\theta}{r} \cos\left(\omega\left(t-\frac{r}{c}\right)\right) \\ B_\phi &= \frac{\mu_0 e d \omega^2}{4\pi c} \frac{\sin\theta}{r} \cos\left(\omega\left(t-\frac{r}{c}\right)\right) \end{aligned}

il vient :

\vec{\Pi} = \frac{1}{\mu_0} \left(\frac{e d \omega^2}{4\pi\varepsilon_0 c^2}\right) \left(\frac{\mu_0 e d \omega^2}{4\pi c}\right) \frac{\sin^2\theta}{r^2} \cos^2\left(\omega\left(t-\frac{r}{c}\right)\right) \vec{e}_r

soit finalement :

\boxed{\vec{\Pi}(M,t) = \frac{e^2 d^2 \omega^4}{16 \pi^2 \varepsilon_0 c^3} \frac{\sin^2\theta}{r^2} \cos^2\left(\omega\left(t-\frac{r}{c}\right)\right) \vec{e}_r}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La définition du vecteur de Poynting a fait l'objet de plusieurs erreurs.

« Quelques erreurs de définition du vecteur de Poynting. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 5

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : flux du vecteur de poynting, puissance rayonnée

Calculer le flux de celui-ci à travers une sphère de centre et de rayon très grand.

Voir l'indice

Intégrer le flux sur l'angle solide \mathrm{d}\Omega = \sin\theta\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}\phi en exploitant l'intégrale de \sin^3\theta fournie dans les données.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur surface élémentaire \mathrm{d}\vec{S} orienté vers l'extérieur sur une sphère de centre O et de rayon r.
  2. Écrire le produit scalaire \vec{\Pi} \cdot \mathrm{d}\vec{S} en utilisant l'expression du vecteur de Poynting obtenue à la question Q4.
  3. Intégrer sur les variables angulaires \theta \in [0, \pi] et \phi \in [0, 2\pi] en exploitant l'intégrale fournie dans les données.
Voir le corrigé complet

Soit \mathcal{S} la sphère de centre O et de rayon r (avec r \gg \lambda). L'élément de surface de cette sphère, orienté vers l'extérieur suivant la normale unitaire \vec{e}_r, s'écrit en coordonnées sphériques :

\mathrm{d}\vec{S} = r^2 \sin\theta\,\mathrm{d}\theta\,\mathrm{d}\phi\,\vec{e}_r

D'après le résultat de la question Q4, le vecteur de Poynting est purement radial :

\vec{\Pi}(M,t) = \frac{e^2 d^2 \omega^4}{16 \pi^2 \varepsilon_0 c^3} \frac{\sin^2\theta}{r^2} \cos^2\left(\omega\left(t-\frac{r}{c}\right)\right) \vec{e}_r

Le flux instantané \Phi(t) de \vec{\Pi} sortant de la sphère \mathcal{S} s'exprime donc par :

\begin{aligned} \Phi(t) &= \iint_{\mathcal{S}} \vec{\Pi}(M,t) \cdot \mathrm{d}\vec{S} \\ &= \frac{e^2 d^2 \omega^4}{16 \pi^2 \varepsilon_0 c^3} \cos^2\left(\omega\left(t-\frac{r}{c}\right)\right) \left(\int_0^{2\pi} \mathrm{d}\phi\right) \left(\int_0^{\pi} \sin^3\theta\,\mathrm{d}\theta\right) \end{aligned}

L'intégration sur \phi donne immédiatement 2\pi. L'énoncé précise par ailleurs la valeur de l'intégrale angulaire :

\int_0^{\pi} \sin^3(u)\,\mathrm{d}u = \frac{4}{3}

Le facteur géométrique issu de l'intégration vaut donc :

\iint \sin^2\theta\,\mathrm{d}\Omega = 2\pi \times \frac{4}{3} = \frac{8\pi}{3}

En regroupant les termes, on obtient :

\Phi(t) = \frac{e^2 d^2 \omega^4}{16 \pi^2 \varepsilon_0 c^3} \times \frac{8\pi}{3} \cos^2\left(\omega\left(t-\frac{r}{c}\right)\right)
\boxed{\Phi(t) = \frac{e^2 d^2 \omega^4}{6\pi \varepsilon_0 c^3} \cos^2\left(\omega\left(t-\frac{r}{c}\right)\right)}

Résultat

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Question 6

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : puissance rayonnée, moyenne temporelle

En déduire quelle est l’énergie moyenne temporelle rayonnée par l’électron.

Voir l'indice

Calculer la valeur moyenne temporelle du flux instantané sur une période à l'aide de \langle \cos^2(\omega t) \rangle = 1/2.

Voir la stratégie
  1. Partir de l'expression du flux instantané \Phi(t) du vecteur de Poynting obtenue à la question précédente (qui représente la puissance instantanée rayonnée à travers la sphère).
  2. Prendre la moyenne temporelle en utilisant l'indication de l'énoncé \langle \cos^2(\omega t) \rangle = \frac{1}{2} pour obtenir la puissance moyenne rayonnée (énergie moyenne rayonnée par unité de temps).
  3. Préciser, par rigueur dimensionnelle vis-à-vis du terme « énergie », l'énergie rayonnée sur une période T = \frac{2\pi}{\omega}.
Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q5, le flux instantané du vecteur de Poynting à travers la sphère de rayon r, correspondant à la puissance instantanée cédée par le dipôle au champ électromagnétique, s'écrit :

\Phi(t) = \frac{e^2 d^2 \omega^4}{6\pi \varepsilon_0 c^3} \cos^2\left(\omega\left(t-\frac{r}{c}\right)\right)

En prenant la moyenne temporelle sur une période et en utilisant la donnée \langle \cos^2 \rangle = \frac{1}{2}, la puissance moyenne rayonnée (c'est-à-dire l'énergie moyenne rayonnée par unité de temps) vaut :

\langle \Phi \rangle = \frac{e^2 d^2 \omega^4}{12 \pi \varepsilon_0 c^3}

Selon l'interprétation stricte du terme « énergie » :

  • Si l'énoncé entend par « énergie moyenne temporelle rayonnée » le débit moyen d'énergie (puissance moyenne rayonnée par l'électron, reprise sous cette appellation en Q7) :

    \boxed{P_{\text{moy}} = \langle \Phi \rangle = \frac{e^2 d^2 \omega^4}{12 \pi \varepsilon_0 c^3}}
  • Si l'énoncé demande l'énergie moyenne rayonnée par période T = \frac{2\pi}{\omega} :

    \mathcal{E}_T = \langle \Phi \rangle \times T = \frac{e^2 d^2 \omega^4}{12 \pi \varepsilon_0 c^3} \times \frac{2\pi}{\omega}
    \boxed{\mathcal{E}_T = \frac{e^2 d^2 \omega^3}{6 \varepsilon_0 c^3}}

Résultat

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Question 7

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : formule de larmor, analyse dimensionnelle

a) Montrer que la puissance moyenne, appelée puissance de Larmor , rayonnée par cet électron oscillant, peut s’écrire en appelant l’accélération de la particule chargée et mobile. b) Donner l’expression de la constante en fonction de , et de et indiquer sa dimension, puis son unité.

Voir l'indice

Calculer l'accélération \vec{\gamma} = \ddot{z}(t)\vec{e}_z, déterminer \langle \vec{\gamma}^2 \rangle, identifier la constante K_e et en déduire sa dimension par analyse dimensionnelle.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'accélération \vec{\gamma}(t) de l'électron en dérivant deux fois son vecteur position \vec{OP}(t), puis calculer la moyenne temporelle \langle \vec{\gamma} \cdot \vec{\gamma} \rangle.
  2. Identifier la constante K_e en reliant cette moyenne temporelle à la puissance moyenne rayonnée P_L calculée à la question Q6.
  3. Déterminer la dimension et l'unité de K_e par analyse dimensionnelle à partir de la relation P_L = K_e \langle \vec{\gamma}^2 \rangle.
Voir le corrigé complet

a) Le mouvement de l'électron mobile le long de l'axe (Oz) est régi par :

\vec{OP}(t) = d \cos(\omega t)\,\vec{e}_z

Son accélération instantanée s'obtient par double dérivation par rapport au temps :

\vec{\gamma}(t) = \frac{\mathrm{d}^2\vec{OP}}{\mathrm{d}t^2} = - d \omega^2 \cos(\omega t)\,\vec{e}_z

Le carré de la norme de l'accélération s'écrit alors :

\vec{\gamma}(t) \cdot \vec{\gamma}(t) = \gamma^2(t) = d^2 \omega^4 \cos^2(\omega t)

En prenant la valeur moyenne temporelle sur une période, avec la donnée \langle \cos^2(\omega t) \rangle = \frac{1}{2} :

\langle \vec{\gamma} \cdot \vec{\gamma} \rangle = \frac{1}{2} d^2 \omega^4

D'après la question Q6, la puissance moyenne rayonnée par le dipôle est :

P_L = \langle \Phi \rangle = \frac{e^2 d^2 \omega^4}{12 \pi \varepsilon_0 c^3}

En faisant apparaître la quantité \langle \vec{\gamma} \cdot \vec{\gamma} \rangle :

P_L = \frac{e^2}{6 \pi \varepsilon_0 c^3} \left( \frac{1}{2} d^2 \omega^4 \right) = \frac{e^2}{6 \pi \varepsilon_0 c^3} \langle \vec{\gamma} \cdot \vec{\gamma} \rangle

On obtient bien la forme annoncée :

\boxed{P_L = K_e \langle \vec{\gamma} \cdot \vec{\gamma} \rangle}

b) Par identification, l'expression de la constante K_e est :

\boxed{K_e = \frac{e^2}{6 \pi \varepsilon_0 c^3}}

D'après la relation P_L = K_e \langle \gamma^2 \rangle, la dimension de K_e vérifie :

[K_e] = \frac{[P_L]}{[\gamma]^2}

Or, une puissance est le quotient d'une énergie par un temps : [P_L] = \mathrm{M} \cdot \mathrm{L}^2 \cdot \mathrm{T}^{-3}.
Une accélération a pour dimension [\gamma] = \mathrm{L} \cdot \mathrm{T}^{-2}, d'où [\gamma]^2 = \mathrm{L}^2 \cdot \mathrm{T}^{-4}.
On en déduit :

[K_e] = \frac{\mathrm{M} \cdot \mathrm{L}^2 \cdot \mathrm{T}^{-3}}{\mathrm{L}^2 \cdot \mathrm{T}^{-4}} = \mathrm{M} \cdot \mathrm{T}

La dimension de K_e est :

\boxed{[K_e] = \mathrm{M} \cdot \mathrm{T}}

Dans le Système International d'unités, son unité est donc le :

\boxed{\mathrm{kg} \cdot \mathrm{s}}

Résultat

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Partie II : Mise en évidence d’une résonance de puissance

Question 8

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : puissance d'une force, force de réaction de rayonnement

a) Donner la définition de la puissance instantanée associée à cette force. b) Calculer la valeur moyenne sur une période de cette puissance, pour le mouvement forcé d’un électron mobile placé au point tel que .

Voir l'indice

Calculer le produit scalaire \vec{f}_{\text{ray}} \cdot \vec{v} et utiliser une intégration par parties temporelle ou les propriétés des moyennes de fonctions trigonométriques orthogonales.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition générale de la puissance instantanée d'une force s'appliquant à un point matériel en mouvement.
  2. Dériver successivement le vecteur position \overrightarrow{OP}(t) pour obtenir la vitesse \vec{v}(t), l'accélération \vec{\gamma}(t) et la suraccélération \frac{\mathrm{d}\vec{\gamma}}{\mathrm{d}t}, puis former le produit scalaire \vec{f}_{\text{ray}}\cdot\vec{v}.
  3. Prendre la moyenne temporelle sur une période et relier le résultat à la puissance de Larmor P_L établie à la question Q7.
Voir le corrigé complet

a) Définition de la puissance instantanée

La puissance instantanée développée par la force de réaction de rayonnement \vec{f}_{\text{ray}} appliquée à l'électron animé d'une vitesse \vec{v}(t) = \frac{\mathrm{d}\overrightarrow{OP}}{\mathrm{d}t} dans le référentiel d'étude est donnée par le produit scalaire :

\boxed{P_{\text{ray}} = \vec{f}_{\text{ray}} \cdot \vec{v} = K_e \, \frac{\mathrm{d}\vec{\gamma}}{\mathrm{d}t} \cdot \vec{v}}

b) Valeur moyenne sur une période

Le mouvement forcé de l'électron le long de l'axe Oz est décrit par :

\overrightarrow{OP}(t) = d\cos(\omega t)\,\vec{e}_z

En dérivant successivement par rapport au temps :

\begin{aligned} \vec{v}(t) &= \frac{\mathrm{d}\overrightarrow{OP}}{\mathrm{d}t} = -d\omega \sin(\omega t)\,\vec{e}_z \\ \vec{\gamma}(t) &= \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = -d\omega^2 \cos(\omega t)\,\vec{e}_z \\ \frac{\mathrm{d}\vec{\gamma}}{\mathrm{d}t}(t) &= d\omega^3 \sin(\omega t)\,\vec{e}_z \end{aligned}

La force de réaction de rayonnement s'écrit donc :

\vec{f}_{\text{ray}}(t) = K_e d\omega^3 \sin(\omega t)\,\vec{e}_z

La puissance instantanée développée par cette force est alors :

P_{\text{ray}}(t) = \left(K_e d\omega^3 \sin(\omega t)\,\vec{e}_z\right) \cdot \left(-d\omega \sin(\omega t)\,\vec{e}_z\right) = -K_e d^2 \omega^4 \sin^2(\omega t)

Sachant que \langle \sin^2(\omega t) \rangle = \frac{1}{2}, la valeur moyenne temporelle sur une période T = \frac{2\pi}{\omega} vaut :

\boxed{\langle P_{\text{ray}} \rangle = -\frac{1}{2} K_e d^2 \omega^4 = -P_L}

Résultat

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Question 9

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : principe fondamental de la dynamique, amortissement radiatif

Écrire l’équation différentielle du mouvement de l’électron.

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'électron projeté sur l'axe Oz avec l'accélération \gamma = \ddot{z}.

Voir le corrigé complet

On étudie l'électron de masse m_e, assimilé à un point matériel P, dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen.

Le mouvement étant rectiligne le long de l'axe Oz, le vecteur position s'écrit :

\overrightarrow{OP}(t) = z(t)\,\vec{e}_z

Par dérivations temporelles successives :

\begin{aligned} \vec{v}(t) &= \dot{z}(t)\,\vec{e}_z \\ \vec{\gamma}(t) &= \ddot{z}(t)\,\vec{e}_z \\ \frac{\mathrm{d}\vec{\gamma}}{\mathrm{d}t} &= \dddot{z}(t)\,\vec{e}_z \end{aligned}

L'électron est soumis à deux forces :

  • la force de rappel élastique : \vec{f}_{\text{rappel}} = -m_e\omega_0^2 z(t)\,\vec{e}_z ;
  • la force de réaction de rayonnement (force d'Abraham-Lorentz) : \vec{f}_{\text{ray}} = K_e\frac{\mathrm{d}\vec{\gamma}}{\mathrm{d}t} = K_e\dddot{z}(t)\,\vec{e}_z.

D'après le principe fondamental de la dynamique :

m_e\,\vec{\gamma} = \vec{f}_{\text{rappel}} + \vec{f}_{\text{ray}}

En projetant sur le vecteur unitaire \vec{e}_z, on obtient :

m_e\,\ddot{z}(t) = -m_e\omega_0^2 z(t) + K_e\,\dddot{z}(t)

En divisant par m_e et en posant \tau = \frac{K_e}{m_e}, on aboutit à l'équation différentielle du mouvement :

\boxed{\ddot{z}(t) - \tau\,\dddot{z}(t) + \omega_0^2 z(t) = 0}

Résultat

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Question 10

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : équation caractéristique, amortissement faible

On cherche des solutions complexes sous la forme avec et complexe. Écrire l’équation liant et . On peut alors écrire avec .

Voir l'indice

Injecter la forme proposée dans l'équation différentielle pour obtenir l'équation caractéristique polynomiale en \Omega.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les dérivées temporelles successives d'une solution sous la forme \underline{z}(t) = \underline{z}_0 \mathrm{e}^{i\Omega t}.
  2. Injecter ces dérivées dans l'équation différentielle établie à la question précédente afin d'en déduire l'équation algébrique vérifiée par \Omega.
  3. Justifier rapidement la forme approchée donnée par l'énoncé par un calcul perturbatif au premier ordre en \tau.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q9, l'équation différentielle du mouvement libre s'écrit :

\ddot{z}(t) - \tau \dddot{z}(t) + \omega_0^2 z(t) = 0

avec \tau = \dfrac{K_e}{m_e}.

En cherchant une solution sous la forme complexe \underline{z}(t) = \underline{z}_0 \mathrm{e}^{i\Omega t}, les dérivées successives par rapport au temps sont :

\begin{aligned} \dot{\underline{z}}(t) &= i\Omega \, \underline{z}(t) \\ \ddot{\underline{z}}(t) &= (i\Omega)^2 \underline{z}(t) = -\Omega^2 \underline{z}(t) \\ \dddot{\underline{z}}(t) &= (i\Omega)^3 \underline{z}(t) = -i\Omega^3 \underline{z}(t) \end{aligned}

En injectant ces expressions dans l'équation différentielle et en simplifiant par \underline{z}(t) \neq 0, on obtient la relation caractéristique liant \Omega, \omega_0 et \tau :

-\Omega^2 - \tau (-i\Omega^3) + \omega_0^2 = 0

soit :

\boxed{\omega_0^2 - \Omega^2 + i\tau \Omega^3 = 0}

Remarque (justification de la solution approchée) :
En supposant la perturbation radiative très faible (\tau\omega_0 \ll 1), cherchons \Omega = \pm \omega_0 + i\delta avec |\delta| \ll \omega_0. Au premier ordre en \delta et en \tau :

\Omega^2 \approx \omega_0^2 \pm 2i\omega_0\delta \quad \text{et} \quad i\tau\Omega^3 \approx \pm i\tau\omega_0^3

L'équation caractéristique devient :

\omega_0^2 - (\omega_0^2 \pm 2i\omega_0\delta) \pm i\tau\omega_0^3 = 0 \iff \mp 2i\omega_0 \delta \pm i\tau\omega_0^3 = 0 \implies \delta = \frac{1}{2}\tau\omega_0^2

On retrouve bien la forme annoncée :

\Omega = \pm \omega_0 + \frac{i}{2\tau_0} \quad \text{avec} \quad \frac{1}{\tau_0} = \tau \omega_0^2

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Des fautes de calcul ont été fréquemment commises.

« Des fautes de calcul assez souvent. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 11

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : temps caractéristique, durée de vie

Dans le cadre de cette approximation, on trouve . Que représente le temps ?

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Interpréter le terme imaginaire de la pulsation \Omega comme responsable d'un amortissement temporel en \exp(-t/\tau_0) de l'amplitude mécanique.

Voir le corrigé complet

La solution complexe du mouvement libre s'écrit sous la forme :

\underline{z}(t) = \underline{z}_0 \exp(i\Omega t)

En injectant l'expression de \Omega = \pm \omega_0 + \frac{i}{2\tau_0} donnée par l'énoncé, on obtient :

\underline{z}(t) = \underline{z}_0 \exp\left(-\frac{t}{2\tau_0}\right)\exp(\pm i\omega_0 t)

En prenant la partie réelle, la position de l'électron est de la forme :

z(t) = Z_0 \exp\left(-\frac{t}{2\tau_0}\right)\cos(\omega_0 t + \varphi)

L'amplitude du mouvement s'amortit donc exponentiellement au cours du temps avec un temps caractéristique égal à 2\tau_0.

L'énergie mécanique totale de l'oscillateur harmonique est proportionnelle au carré de l'amplitude :

E_m(t) \propto z(t)^2 \propto \exp\left(-\frac{t}{\tau_0}\right)

Ainsi :

\boxed{\tau_0 \text{ représente le temps caractéristique d'amortissement radiatif (ou temps de relaxation) de l'énergie de l'oscillateur.}}

On l'appelle également durée de vie radiative de l'oscillateur.

Résultat

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Question 12

Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directe

Notions : théorème de gauss, modèle de thomson

En utilisant le théorème de Gauss, qu’on énoncera, indiquer quel est le champ électrostatique auquel est soumis l’électron en ().

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Choisir une surface de Gauss sphérique de rayon r < a_0 centrée sur le noyau et déterminer la charge intérieure proportionnelle au volume.

Voir la stratégie
  1. Énoncer le théorème de Gauss sous sa forme intégrale générale.
  2. Déterminer les symétries et invariances de la distribution pour établir l'orientation et les dépendances du champ \vec{E}.
  3. Choisir une sphère de Gauss de rayon r = OP < a_0, évaluer le flux de \vec{E} ainsi que la charge intérieure Q_{\text{int}}, puis en déduire l'expression vectorielle du champ en P.
Voir le corrigé complet

1. Énoncé du théorème de Gauss :
Le flux du champ électrostatique \vec{E} à travers toute surface fermée \mathcal{S} orientée vers l'extérieur est égal au quotient de la charge électrique totale Q_{\text{int}} contenue à l'intérieur de cette surface par la permittivité diélectrique du vide \varepsilon_0 :

\Phi = \oiint_{\mathcal{S}} \vec{E} \cdot \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} = \frac{Q_{\text{int}}}{\varepsilon_0}

2. Symétries et forme du champ :
Le modèle de Thomson décrit le proton comme une boule sphérique de centre O, de rayon a_0, chargée uniformément de charge totale +e. Sa densité volumique de charge est :

\rho = \frac{e}{\frac{4}{3}\pi a_0^3} = \frac{3e}{4\pi a_0^3}
  • Tout plan contenant O et le point P est un plan de symétrie de la distribution de charge. Le champ électrostatique en P appartient à l'intersection de tous ces plans, il est donc radial : \vec{E}(P) = E(r)\,\vec{e}_r, où r = OP.
  • La distribution est invariante par toute rotation autour du centre O, de sorte que l'amplitude E ne dépend que de la distance radiale r.

3. Calcul du champ électrostatique pour r = OP < a_0 :
On choisit pour surface de Gauss \mathcal{S} la sphère de centre O et de rayon r < a_0.

  • Le flux de \vec{E} à travers \mathcal{S} s'écrit :

    \Phi = \oiint_{\mathcal{S}} E(r)\,\vec{e}_r \cdot \vec{e}_r\,\mathrm{d}S = E(r) \oiint_{\mathcal{S}} \mathrm{d}S = 4\pi r^2 E(r)
  • La charge intérieure à la sphère de rayon r est :

    Q_{\text{int}} = \rho \times \frac{4}{3}\pi r^3 = e \left(\frac{r}{a_0}\right)^3

D'après le théorème de Gauss :

4\pi r^2 E(r) = \frac{e}{\varepsilon_0} \frac{r^3}{a_0^3} \implies E(r) = \frac{e}{4\pi \varepsilon_0 a_0^3}\,r

En introduisant le vecteur position \overrightarrow{OP} = r\,\vec{e}_r, le champ électrostatique auquel est soumis l'électron en P est :

\boxed{\vec{E}(P) = \frac{e}{4\pi \varepsilon_0 a_0^3} \overrightarrow{OP}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le théorème de Gauss dans le cadre d'une symétrie sphérique a souvent été mal appliqué.

« Le théorème de Gauss à cette situation à symétrie sphérique est mal appliqué dans bon nombre de copies. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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Question 13

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : pulsation propre, modèle de l'atome

a) En déduire ce que vaut la pulsation définie par . On l’exprimera en fonction de et de . b) Évaluer numériquement la longueur d’onde associée. Commenter.

Voir l'indice

Identifier la raideur effective m_e \omega_0^2 à partir de la force électrostatique subie et en déduire la longueur d'onde \lambda_0 = 2\pi c/\omega_0.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la force électrostatique subie par l'électron de charge q = -e plongé dans le champ créé par la distribution de Thomson obtenu à la question Q12, puis l'identifier à la force de rappel pour en déduire \omega_0.
  2. Relier la pulsation \omega_0 à la longueur d'onde associée dans le vide \lambda_0 = \frac{2\pi c}{\omega_0}, réaliser l'application numérique avec les constantes fournies, puis commenter le domaine spectral obtenu au regard du spectre atomique de l'hydrogène.
Voir le corrigé complet

a) Expression de la pulsation propre \omega_0

D'après le résultat de la question Q12, le champ électrostatique régnant à l'intérieur de la boule de Thomson (OP < a_0) est :

\vec{E}(P) = \frac{e}{4\pi\varepsilon_0 a_0^3} \overrightarrow{OP}

L'électron, de charge q = -e, subit la force de Coulomb :

\vec{f}_{\text{rappel}} = -e \vec{E}(P) = -\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 a_0^3} \overrightarrow{OP}

Par identification avec la modélisation proposée \vec{f}_{\text{rappel}} = -m_e \omega_0^2 \overrightarrow{OP}, il vient :

m_e \omega_0^2 = \frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 a_0^3}

soit finalement :

\boxed{\omega_0 = \sqrt{\frac{e^2}{4\pi\varepsilon_0 m_e a_0^3}}}

b) Évaluation numérique de la longueur d'onde et commentaire

La pulsation propre \omega_0 correspond à une onde électromagnétique de longueur d'onde dans le vide :

\lambda_0 = \frac{2\pi c}{\omega_0} = 2\pi c \sqrt{\frac{4\pi\varepsilon_0 m_e a_0^3}{e^2}}

Calculons numériquement la pulsation \omega_0 à l'aide des données :

  • e = 1{,}60 \cdot 10^{-19}\text{ C}
  • \varepsilon_0 = 8{,}85 \cdot 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1}
  • m_e = 9{,}10 \cdot 10^{-31}\text{ kg}
  • a_0 = 5{,}29 \cdot 10^{-11}\text{ m}
\begin{aligned} \omega_0 &= \sqrt{\frac{(1{,}60 \cdot 10^{-19})^2}{4\pi \times 8{,}85 \cdot 10^{-12} \times 9{,}10 \cdot 10^{-31} \times (5{,}29 \cdot 10^{-11})^3}} \\ &= 4{,}1 \cdot 10^{16}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

On en déduit la longueur d'onde associée avec c = 3{,}00 \cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} :

\lambda_0 = \frac{2\pi \times 3{,}00 \cdot 10^8}{4{,}12 \cdot 10^{16}} = 4{,}57 \cdot 10^{-8}\text{ m}
\boxed{\lambda_0 \approx 46\text{ nm}}

Commentaires :

  • D'après le spectre électromagnétique fourni en tête de sujet, cette longueur d'onde se situe dans l'ultraviolet lointain (ou extrême UV).
  • L'énergie photonique associée vaut \hbar\omega_0 = 1{,}05 \cdot 10^{-34} \times 4{,}12 \cdot 10^{16}\text{ J} \approx 4{,}3 \cdot 10^{-18}\text{ J} \approx 27\text{ eV} = 2 R_Y. Elle est du même ordre de grandeur que l'énergie d'ionisation de l'atome d'hydrogène (R_Y = 13{,}6\text{ eV}) et que les transitions électroniques de la série de Lyman (qui s'étendent de 10{,}2\text{ eV} à 13{,}6\text{ eV}, soit entre 91\text{ nm} et 122\text{ nm}). Le modèle classique de Thomson fournit ainsi un ordre de grandeur très satisfaisant des fréquences optiques caractéristiques de l'atome d'hydrogène.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question a obtenu étonnamment peu de bonnes réponses.

« Peu de bonnes réponses étrangement ! »

Source : rapport du jury CCINP 2022

Question déjà tombée ailleurs

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Question 14

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : régime sinusoïdal forcé, notation complexe

a) Écrire l’équation du mouvement. b) En utilisant les notations complexes, déterminer la solution " forcée " de pulsation imposée par le champ extérieur. Écrire l’accélération de l’électron en fonction de et de .

Voir l'indice

Écrire le principe fondamental en régime sinusoïdal forcé sous forme complexe, puis dériver deux fois par rapport au temps pour obtenir l'accélération complexe.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à l'électron dans le référentiel d'étude en projetant sur l'axe Oz, en tenant compte des trois forces exercées : la force de rappel élastique, la réaction de rayonnement et la force électrique extérieure.
  2. Utiliser la représentation complexe en régime sinusoïdal forcé à la pulsation \omega pour déterminer la position complexe \underline{z}(t), puis en déduire l'accélération complexe \underline{\vec{\gamma}}(t) = \ddot{\underline{z}}(t)\vec{e}_z.
Voir le corrigé complet

a) Équation du mouvement

On étudie l'électron (charge q = -e, masse m_e) dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen. Le mouvement s'effectue le long de l'axe Oz, repéré par \overrightarrow{OP}(t) = z(t)\vec{e}_z.

L'électron est soumis à trois forces :

  • la force de rappel : \vec{f}_{\text{rappel}} = -m_e \omega_0^2 z(t)\vec{e}_z ;
  • la force de réaction de rayonnement : \vec{f}_{\text{ray}} = K_e \frac{\mathrm{d}\vec{\gamma}}{\mathrm{d}t} = K_e \dddot{z}(t)\vec{e}_z ;
  • la force électrostatique due au champ extérieur : \vec{f}_{\text{ext}} = q\vec{E}_{\text{ext}} = -e E_0 \cos(\omega t)\vec{e}_z.

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

m_e \ddot{z}(t)\vec{e}_z = \vec{f}_{\text{rappel}} + \vec{f}_{\text{ray}} + \vec{f}_{\text{ext}}.

En projetant sur l'axe Oz et en introduisant le temps caractéristique \tau = \frac{K_e}{m_e}, on obtient :

m_e \ddot{z}(t) - K_e \dddot{z}(t) + m_e \omega_0^2 z(t) = -e E_0 \cos(\omega t),

soit, sous forme canonique :

\boxed{\ddot{z}(t) - \tau \dddot{z}(t) + \omega_0^2 z(t) = -\frac{eE_0}{m_e} \cos(\omega t)}

b) Solution forcée et accélération complexe

On adopte la notation complexe en associant au champ électrique le signal \underline{E}_{\text{ext}}(t) = E_0 \mathrm{e}^{i\omega t}. En régime forcé, on cherche la position sous la forme \underline{z}(t) = \underline{Z}_0 \mathrm{e}^{i\omega t}.

Les dérivées temporelles s'écrivent :

\dot{\underline{z}}(t) = i\omega \underline{z}(t), \quad \ddot{\underline{z}}(t) = -\omega^2 \underline{z}(t), \quad \dddot{\underline{z}}(t) = -i\omega^3 \underline{z}(t).

En injectant ces relations dans l'équation différentielle :

\left(-\omega^2 - \tau(-i\omega^3) + \omega_0^2\right) \underline{z}(t) = -\frac{eE_0}{m_e}\mathrm{e}^{i\omega t},

d'où l'expression de la position complexe forcée :

\boxed{\underline{z}(t) = -\frac{\frac{e E_0}{m_e}}{\omega_0^2 - \omega^2 + i\tau \omega^3}\,\mathrm{e}^{i\omega t}}

La grandeur physique réelle s'en déduit par z(t) = \mathrm{Re}\big(\underline{z}(t)\big).

L'accélération complexe s'obtient directement par \underline{\vec{\gamma}}(t) = \ddot{\underline{z}}(t)\vec{e}_z = -\omega^2 \underline{z}(t)\vec{e}_z, ce qui donne :

\boxed{\underline{\vec{\gamma}}(t) = \frac{\frac{e E_0 \omega^2}{m_e}}{\omega_0^2 - \omega^2 + i\tau \omega^3}\,\mathrm{e}^{i\omega t}\,\vec{e}_z}

Résultat

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Question 15

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : résonance, diffusion rayleigh

a) En admettant que la formule de la puissance de Larmor peut être utilisée, établir la puissance rayonnée par l’électron. b) Que vaut la puissance notée pour ? Comment s’exprime la puissance pour et pour ? Que vaut-elle pour et pour tendant vers l’infini ?

Voir l'indice

Utiliser \langle \vec{\gamma}^2 \rangle = \frac{1}{2}|\underline{\gamma}|^2 et étudier les comportements asymptotiques aux basses et hautes pulsations.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la puissance moyenne rayonnée P = K_e \langle \vec{\gamma}\cdot\vec{\gamma}\rangle à partir de l'accélération complexe \underline{\vec{\gamma}}(t) obtenue à la question Q14.
  2. Évaluer cette puissance à la résonance \omega = \omega_0 pour identifier P_0, puis étudier les comportements asymptotiques aux basses et hautes fréquences ainsi que les limites en 0 et en +\infty.
Voir le corrigé complet

a) Expression de la puissance moyenne rayonnée P

D'après la question Q14, l'accélération complexe de l'électron en régime forcé s'écrit :

\underline{\vec{\gamma}}(t) = \frac{\dfrac{e E_0 \omega^2}{m_e}}{\omega_0^2 - \omega^2 + i\tau \omega^3} \, \mathrm{e}^{i\omega t} \, \vec{e}_z

L'accélération réelle \vec{\gamma}(t) = \operatorname{Re}(\underline{\vec{\gamma}}(t)) est sinusoïdale d'amplitude \gamma_0 = |\underline{\vec{\gamma}}|. La valeur moyenne temporelle du carré de l'accélération vaut donc :

\langle \vec{\gamma}\cdot\vec{\gamma} \rangle = \frac{1}{2} |\underline{\vec{\gamma}}|^2 = \frac{1}{2} \frac{\left(\dfrac{e E_0 \omega^2}{m_e}\right)^2}{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \tau^2 \omega^6}

En introduisant cette expression dans la formule de Larmor P_L = K_e \langle \vec{\gamma}\cdot\vec{\gamma} \rangle, avec \tau = \dfrac{K_e}{m_e}, on obtient la puissance rayonnée P :

\boxed{P(\omega) = \frac{K_e e^2 E_0^2}{2 m_e^2} \frac{\omega^4}{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \tau^2 \omega^6} = \frac{e^2 E_0^2 \tau}{2 m_e} \frac{\omega^4}{(\omega_0^2 - \omega^2)^2 + \tau^2 \omega^6}}

b) Cas particuliers et comportements asymptotiques

  • Pour \omega = \omega_0 : le terme d'inertie et de rappel s'annule (\omega_0^2 - \omega_0^2 = 0) et il vient :

    P_0 = P(\omega_0) = \frac{e^2 E_0^2 \tau}{2 m_e} \frac{\omega_0^4}{\tau^2 \omega_0^6}

    soit :

    \boxed{P_0 = \frac{e^2 E_0^2}{2 m_e \tau \omega_0^2} = \frac{e^2 E_0^2}{2 K_e \omega_0^2}}
  • Pour \omega \ll \omega_0 : le dénominateur est dominé par \omega_0^4 (car (\omega_0^2-\omega^2)^2 \approx \omega_0^4 et \tau^2\omega^6 \ll \omega_0^4). La puissance varie comme \omega^4 :

    \boxed{P(\omega) \approx \frac{e^2 E_0^2 \tau}{2 m_e} \frac{\omega^4}{\omega_0^4} = P_0 \, (\tau \omega_0)^2 \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^4}

    En particulier, pour \omega = 0 :

    \boxed{P(0) = 0}
  • Pour \omega \gg \omega_0 : dans le domaine non relativiste où l'approximation dipolaire reste valable, on a généralement \omega \tau \ll 1, de sorte que (\omega_0^2 - \omega^2)^2 \approx \omega^4 \gg \tau^2 \omega^6. La puissance devient indépendante de la pulsation :

    \boxed{P(\omega) \approx \frac{K_e e^2 E_0^2}{2 m_e^2} = \frac{e^2 E_0^2 \tau}{2 m_e}}
  • Pour \omega \to +\infty : formellement, le terme en \tau^2 \omega^6 l'emporte au dénominateur sur \omega^4, ce qui donne P(\omega) \sim \dfrac{e^2 E_0^2}{2 m_e \tau \omega^2}, d'où :

    \boxed{\lim_{\omega \to +\infty} P(\omega) = 0}

Résultat

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Question 16

Difficulté estimée 2 sur 4 : Classique

Notions : bande passante, facteur de qualité

On peut montrer que cette fonction peut s’écrire au voisinage de sous la forme approchée . a) En admettant que les pulsations de coupure haute et basse sont suffisamment proches de pour que la forme approchée de convienne et que , en déduire la pulsation de résonance, la largeur à mi-hauteur et le facteur de qualité . b) L’application numérique de la formule obtenue en Q7b donne : que valent la largeur de bande passante et le facteur de qualité dans le domaine optique ?

Voir l'indice

Identifier la largeur à mi-hauteur en résolvant g(\omega) = 1/2, poser \omega = \omega_0 \pm \frac{\Delta\omega}{2} puis calculer Q = \omega_0/\Delta\omega.

Voir la stratégie
  1. Identifier le maximum de g(\omega) pour déterminer la pulsation de résonance \omega_r.
  2. Exprimer la condition de coupure à mi-hauteur g(\omega_c) = \frac{1}{2} et utiliser l'approximation \omega_c \approx \omega_0 pour en déduire les pulsations de coupure, la largeur à mi-hauteur \Delta\omega ainsi que le facteur de qualité Q.
  3. Pour l'application numérique dans le domaine optique, estimer une pulsation typique (visible, \lambda_0 \sim 500\text{ nm}, soit \omega_0 \approx 4\cdot 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}, valeur reprise dans la partie III) et calculer \tau = K_e/m_e, puis \Delta\omega et Q.
Voir le corrigé complet

a) Pulsation de résonance, largeur à mi-hauteur et facteur de qualité

La fonction de profil de résonance s'écrit au voisinage de \omega_0 :

g(\omega) \approx \frac{1}{1+\left(\dfrac{\omega_0^2-\omega^2}{\tau\omega_0^3}\right)^2}
  • Pulsation de résonance \omega_r : Le dénominateur de g(\omega) est minimal (égal à 1) lorsque le terme au carré s'annule, c'est-à-dire pour :

    \boxed{ \omega_r = \omega_0 }

    On a alors g(\omega_r) = 1, soit P(\omega_r) = P_0.

  • Largeur à mi-hauteur \Delta\omega : Les pulsations de coupure à mi-hauteur \omega_c vérifient la condition g(\omega_c) = \frac{1}{2}, soit :

    \left(\frac{\omega_0^2-\omega_c^2}{\tau\omega_0^3}\right)^2 = 1 \iff \frac{\omega_0^2-\omega_c^2}{\tau\omega_0^3} = \pm 1

    Comme les pulsations de coupure sont très proches de \omega_0 (\omega_c \approx \omega_0), on peut factoriser :

    \omega_0^2 - \omega_c^2 = (\omega_0 - \omega_c)(\omega_0 + \omega_c) \approx 2\omega_0 (\omega_0 - \omega_c)

    L'égalité devient :

    \frac{2\omega_0(\omega_0 - \omega_c)}{\tau\omega_0^3} \approx \pm 1 \implies \omega_0 - \omega_c \approx \pm \frac{\tau\omega_0^2}{2}

    Les deux pulsations de coupure (basse et haute) sont donc :

    \omega_1 \approx \omega_0 - \frac{\tau\omega_0^2}{2} \quad \text{et} \quad \omega_2 \approx \omega_0 + \frac{\tau\omega_0^2}{2}

    La largeur à mi-hauteur (bande passante à -3\text{ dB}) vaut :

    \boxed{ \Delta\omega = \omega_2 - \omega_1 = \tau \omega_0^2 = \frac{1}{\tau_0} }
  • Facteur de qualité Q : Par définition, pour une résonance aiguë :

    \boxed{ Q = \frac{\omega_0}{\Delta\omega} = \frac{1}{\omega_0 \tau} = \omega_0 \tau_0 }

    L'hypothèse \omega_0\tau \ll 1 assure bien que Q \gg 1.

b) Application numérique dans le domaine optique

Le temps caractéristique associé à la réaction de rayonnement vaut :

\tau = \frac{K_e}{m_e} = \frac{5{,}75\cdot 10^{-54}\text{ kg}\cdot\text{s}}{9{,}10\cdot 10^{-31}\text{ kg}} \approx 6{,}32\cdot 10^{-24}\text{ s}

Dans le domaine optique (domaine visible), pour une onde lumineuse de longueur d'onde typique \lambda_0 \approx 470\text{ nm} à 500\text{ nm}, la pulsation propre vaut typiquement :

\omega_0 = \frac{2\pi c}{\lambda_0} \approx 4{,}0\cdot 10^{15}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1}

(valeur reprise explicitement en Partie III). On en déduit :

\begin{aligned} \Delta\omega &= \tau \omega_0^2 = 6{,}32\cdot 10^{-24} \times (4{,}0\cdot 10^{15})^2 \approx 1{,}0\cdot 10^8\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \\ Q &= \frac{\omega_0}{\Delta\omega} = \frac{4{,}0\cdot 10^{15}}{1{,}0\cdot 10^8} = 4{,}0\cdot 10^7 \end{aligned}
\boxed{ \Delta\omega \approx 1{,}0\cdot 10^8\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \quad \text{et} \quad Q \approx 4\cdot 10^7 }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La détermination de la bande passante et du facteur de qualité a mis en difficulté certains candidats.

« La détermination classique de la bande passante et du facteur de qualité pose problème à certains candidats. »

Source : rapport du jury CCINP 2022

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