Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 2 PSI 2024 (page 2/3 : Parties II et III)
À propos de la structure de la Terre
- 40 questions corrigées
- Sujet moyen
- Faisable en PCSI, MPSI et PTSI : 14 questions sur 40, parties III et V.B
- Vérifié question par question
Comment utiliser ce corrigé
Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés
Partie II : Étude d'un modèle gravimétrique de la Terre
II.A · Préliminaire : l'analogie électrostatique-gravitation
Question 16
Application directeTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
Notions : théorème de gauss, champ de gravitation
En utilisant l'analogie entre le champ électrostatique et le champ gravitationnel, montrer que ce dernier, noté , vérifie l'équation locale où est la constante universelle de gravitation et la masse volumique locale. En déduire l'énoncé du théorème de Gauss de la gravitation (analogue du théorème de Gauss de l'électromagnétisme).
Voir l'indiceIndice
Effectuer l'analogie formelle en remplaçant la charge électrique q par -m et 1/(4\pi\varepsilon_0) par G, puis appliquer le théorème de Green-Ostrogradsky.
Voir la stratégieStratégie
- Établir la correspondance entre la loi de Coulomb en électrostatique et la loi de gravitation universelle de Newton pour identifier les substitutions formelles.
- Transposer l'équation locale de Maxwell-Gauss au champ de gravitation à l'aide de cette analogie.
- Appliquer le théorème de Green-Ostrogradsky (théorème de flux-divergence) pour énoncer le théorème de Gauss gravitationnel sous forme intégrale.
Voir la réponse courteRéponse courte
Analogie avec l'électrostatique en remplaçant q/\varepsilon_0 par -4\pi G m, donnant l'équation locale et le flux gravitationnel.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons une source ponctuelle située à l'origine O.
En électrostatique, une charge ponctuelle q crée en un point M repéré par \vec{r} = \vec{OM} = r\vec{e}_r le champ :
\vec{E} = \frac{q}{4\pi\varepsilon_0 r^2}\,\vec{e}_rEn gravitation, une masse ponctuelle m crée en ce même point le champ :
\vec{\mathcal{G}} = -\frac{Gm}{r^2}\,\vec{e}_r
Par identification formelle entre ces deux expressions, on dégage le dictionnaire d'analogie :
Pour une distribution continue de matière, la densité volumique de charge \rho est remplacée par la masse volumique locale \mu.
L'équation locale de Maxwell-Gauss pour le champ électrostatique s'écrit :
En appliquant les règles d'analogie précédentes, on obtient directement l'équation locale régissant le champ gravitationnel :
Intégrons cette équation sur un volume V délimité par une surface fermée \Sigma orientée vers l'extérieur par son vecteur surface élémentaire \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}}. D'après le théorème de Green-Ostrogradsky :
Or l'intégrale volumique de la masse volumique représente la masse intérieure totale M_{\text{int}} contenue dans le volume V. On en déduit l'énoncé du théorème de Gauss pour la gravitation :
Énoncé : Le flux sortant du champ gravitationnel \vec{\mathcal{G}} à travers toute surface fermée \Sigma orientée vers l'extérieur est égal à -4\pi G fois la masse intérieure totale M_{\text{int}} délimitée par cette surface.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
L'analogie entre champ électrostatique et champ gravitationnel doit être menée de manière complète.
« l’analogie entre les champs électrostatique et gravitationnel est souvent incomplète »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024
Question déjà tombée ailleurs
II.B · Un premier modèle gravimétrique fruste de la Terre
Question 17
Application directeTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
Notions : théorème de gauss, champ de gravitation
Déterminer le champ gravitationnel en tout point de l'espace en introduisant un système de coordonnées adapté.
Voir l'indiceIndice
Exploiter la symétrie sphérique et appliquer le théorème de Gauss gravitationnel à une sphère de rayon r pour r \le R_T puis r \ge R_T.
Voir la stratégieStratégie
- Choisir le système de coordonnées sphériques (r, \theta, \varphi) de centre O adapté à la géométrie du problème.
- Analyser les symétries et invariances de la distribution sphérique et homogène de masse pour déterminer la direction et les dépendances du champ gravitationnel.
- Appliquer le théorème de Gauss de la gravitation (établi à la question Q16) à travers une sphère centrée en O de rayon r, en distinguant l'intérieur (r \le R_T) et l'extérieur (r \ge R_T) de la Terre.
Voir la réponse courteRéponse courte
Application du théorème de Gauss sur une sphère de rayon r pour r < R_T et r > R_T.
Voir le corrigé completCorrigé complet
On repère tout point de l'espace par ses coordonnées sphériques (r, \theta, \varphi) de centre O et de base locale (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta, \vec{e}_\varphi).
Symétries et invariances :
- Tout plan passant par le centre O est un plan de symétrie de la distribution de masse. Le champ gravitationnel \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(M) appartient à l'intersection de tous ces plans : il est purement radial, \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(M) = \mathcal{G}(r, \theta, \varphi)\,\vec{e}_r.
La distribution de masse est invariante par toute rotation autour de O, donc par rapport aux angles \theta et \varphi. La composante radiale ne dépend ainsi que de la coordonnée radiale r :
\vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(r) = \mathcal{G}(r)\,\vec{e}_r
Théorème de Gauss : On choisit pour surface de Gauss \Sigma la sphère de centre O et de rayon r, orientée vers l'extérieur par \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} = \mathrm{d}S\,\vec{e}_r. Le flux gravitationnel sortant à travers \Sigma s'écrit :
D'après le théorème de Gauss de la gravitation (question Q16), ce flux vaut :
où M_{\text{int}}(r) est la masse contenue à l'intérieur de la sphère de rayon r.
La masse totale s'écrit M_T = \frac{4}{3}\pi R_T^3 \mu_0, soit une masse volumique moyenne \mu_0 = \frac{3M_T}{4\pi R_T^3}.
À l'extérieur de la Terre (r \ge R_T) : La surface de Gauss englobe toute la masse de la Terre, soit M_{\text{int}}(r) = M_T :
\boxed{ \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(r) = -\frac{G M_T}{r^2}\,\vec{e}_r = -\frac{4\pi G \mu_0 R_T^3}{3 r^2}\,\vec{e}_r }À l'intérieur de la Terre (r \le R_T) : La masse intérieure correspond au volume de la boule de rayon r de masse volumique \mu_0 :
\begin{aligned} M_{\text{int}}(r) &= \mu_0 \times \frac{4}{3}\pi r^3 = M_T \left(\frac{r}{R_T}\right)^3 \end{aligned}On en déduit :
\boxed{ \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(r) = -\frac{4}{3}\pi G \mu_0 r\,\vec{e}_r = -\frac{G M_T}{R_T^3} r\,\vec{e}_r }
Le champ est continu en r = R_T et vaut \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(R_T) = -\frac{G M_T}{R_T^2}\,\vec{e}_r.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 18
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Schéma ou tracé
Notions : champ de gravitation, théorème de gauss
Tracer sa norme en fonction de la distance au centre .
Voir l'indiceIndice
Tracer une fonction affine croissante partant de l'origine jusqu'à la surface terrestre, raccordée à une décroissance en 1/r^2 à l'extérieur.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé de \|\vec{\mathcal{G}}(r)\| : croissance linéaire de 0 à R_T, puis décroissance en 1/r^2.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les résultats de la question Q17, l'expression de la norme \mathcal{G}(r) = \|\vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(r)\| du champ gravitationnel créé par la boule homogène est donnée par :
où \mathcal{G}_0 = \dfrac{G M_T}{R_T^2} est la valeur du champ à la surface.
Le profil de la norme \mathcal{G}(r) présente ainsi les propriétés remarquables suivantes :
- pour r \in [0, R_T], la norme croît linéairement de 0 à \mathcal{G}_0 avec une pente positive égale à \dfrac{\mathcal{G}_0}{R_T} ;
- en r = R_T, la fonction est continue et atteint son maximum \mathcal{G}_0 ;
- pour r \ge R_T, elle décroît en 1/r^2 et tend vers 0 lorsque r \to +\infty ;
- la dérivée par rapport à r présente un saut en r = R_T (pente \dfrac{\mathcal{G}_0}{R_T} à gauche, et -\dfrac{2\mathcal{G}_0}{R_T} à droite), traduisant la discontinuité de la masse volumique de \mu_0 à 0.
Question 19
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : champ de gravitation, pesanteur
Calculer sa valeur à la surface de la Terre.
Voir l'indiceIndice
Calculer la valeur numérique du champ gravitationnel surfacique \mathcal{G}_0 = G M_T / R_T^2.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de \mathcal{G}_0 = GM_T/R_T^2 \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les résultats établis aux questions Q17 et Q18, la norme du champ gravitationnel à la surface de la Terre (r = R_T) s'exprime par :
Avec les données numériques fournies :
- G = 6{,}67 \times 10^{-11}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{s}^{-2} ;
- M_T = 5{,}972 \times 10^{24}\text{ kg} ;
- R_T = 6371\text{ km} = 6{,}371 \times 10^6\text{ m}.
On obtient :
Résultat
II.C · Un second modèle gravimétrique (noyau + manteau) de la Terre
Question 20
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Notions : théorème de gauss, champ de gravitation
Justifier que la valeur de à la surface de la Terre dans le cadre de ce modèle est inchangée par rapport à celle évaluée à la question Q 19.
Voir l'indiceIndice
Remarquer que la masse totale M_T et la symétrie sphérique globale de la Terre restent rigoureusement identiques pour toute surface entourant la planète.
Voir la réponse courteRéponse courte
À la surface r = R_T, la masse intérieure reste la masse totale M_T, donc le champ est inchangé d'après Gauss.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La répartition de masse dans ce second modèle conserve une symétrie sphérique de centre O. Les invariances par rotation autour de tout axe passant par O et le fait que les plans contenant O soient des plans de symétrie de la distribution imposent que le champ gravitationnel est purement radial et ne dépend que de la coordonnée radiale r :
Appliquons le théorème de Gauss pour la gravitation (établi à la question Q16) à une surface fermée \Sigma constituée par la sphère de centre O et de rayon r = R_T :
Or, la masse intérieure à la surface terrestre (r = R_T) correspond à la masse totale de la Terre M_T, qui reste inchangée :
On en déduit immédiatement la norme du champ gravitationnel à la surface :
Ce résultat dépend uniquement de la masse totale M_T et du rayon extérieur R_T, et est totalement indépendant de la répartition radiale de la masse à l'intérieur de la sphère, dès lors que celle-ci présente une symétrie sphérique. La valeur de \mathcal{G}_0 est donc rigoureusement identique à celle obtenue à la question Q19.
Résultat
Question 21
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : masse volumique, intégration
Déterminer la distribution de masse volumique pour la Terre dans ce modèle. L'exprimer en fonction de , et dans le noyau et en fonction de , et dans le manteau.
Voir l'indiceIndice
Utiliser le théorème de Gauss ou l'expression de la divergence en coordonnées sphériques pour remonter à \mu(r) à partir de la norme du champ gravitationnel dans chaque zone.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer analytiquement la norme \mathcal{G}_T(r) du champ gravitationnel à partir du graphe de la figure 4 dans les deux domaines (noyau et manteau).
- Relier la masse volumique locale \mu(r) au champ gravitationnel par l'équation locale de Gauss \operatorname{div}\vec{\mathcal{G}} = -4\pi G\mu (ou par la forme intégrale appliquée à une sphère de rayon r).
- Remplacer \mathcal{G}_0 par son expression établie à la question Q19 pour respecter les variables demandées.
Voir la réponse courteRéponse courte
Expression de la masse volumique constante dans le noyau et calcul dans le manteau par bilan intégral de masse.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la figure 4, le champ gravitationnel intérieur \vec{\mathcal{G}}_T(r) = -\mathcal{G}_T(r)\vec{e}_r présente deux régimes :
D'après la question Q16, le champ gravitationnel vérifie l'équation locale de Gauss :
En coordonnées sphériques, le champ étant purement radial et ne dépendant que de r, la divergence s'écrit d'après le formulaire :
On en déduit l'expression générale de la masse volumique locale :
1. Dans le noyau (0 \le r \le R_2) :
La masse volumique est donc uniforme dans le noyau :
Or, d'après les questions Q17 et Q19, \mathcal{G}_0 = \dfrac{4}{3}\pi G \mu_0 R_T. On obtient ainsi :
2. Dans le manteau (R_2 < r \le R_T) :
Il vient :
En exprimant \mathcal{G}_0 en fonction de la masse totale de la Terre M_T, \mathcal{G}_0 = \dfrac{G M_T}{R_T^2} :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Évitez de confondre norme et composante radiale ; appliquez la loi locale de Q16 avec la figure 4 pour obtenir le profil.
« moins de 9 % des copies obtiennent au moins les trois quarts des points attribuées à la question Q21. »
« La principale raison est la confusion entre la norme du champ gravitationnel et sa composante radiale. »
« En appliquant la loi locale donnée par le sujet en Q16. et en exploitant la figure 4, les candidats parviennent rapidement au profil de masse volumique souhaité. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Schéma ou tracé
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : masse volumique, modèle planétaire
Tracer l'allure de cette distribution de masse volumique en précisant les valeurs numériques remarquables. Discuter les similitudes et les différences de ce modèle avec le profil de masse volumique donné par le modèle PREM sur la figure 3.
Voir l'indiceIndice
Calculer les valeurs de \mu(r) aux frontières remarquables (0, R_2^-, R_2^+ et R_T) et constater le saut de densité à la discontinuité de Gutenberg.
Voir la stratégieStratégie
- Évaluer numériquement la masse volumique moyenne \mu_0, le rayon du noyau R_2, puis les valeurs remarquables de \mu(r) aux frontières (r \in [0, R_2], r = R_2^+ et r = R_T).
- Tracer l'allure de la courbe \mu(r) en faisant apparaître la discontinuité à l'interface noyau-manteau (r = R_2).
- Comparer ce modèle à deux compartiments avec le profil issu du modèle PREM (figure 3) en soulignant les points communs et les simplifications.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé par morceaux avec discontinuité à la frontière noyau-manteau et comparaison qualitative avec le profil continu par morceaux de PREM.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les données de l'énoncé et la figure 1 :
Masse volumique moyenne :
\mu_0 = \frac{3M_T}{4\pi R_T^3} = \frac{3 \times 5{,}972 \times 10^{24}}{4\pi \times (6{,}371 \times 10^6)^3} \approx 5{,}51 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} = 5{,}51\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}Rayon à la discontinuité de Gutenberg : R_2 = R_T - 2885\text{ km} = 3486\text{ km}, soit un rapport :
\frac{R_T}{R_2} = \frac{6371}{3486} \approx 1{,}828
On en déduit les valeurs remarquables de la distribution établie à la question précédente :
Dans le noyau (0 \le r \le R_2) :
\mu_{\text{noyau}} = \mu_0 \frac{R_T}{R_2} \approx 5{,}51 \times 1{,}828 \approx \mathbf{10{,}1\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}} \quad (1{,}01 \times 10^4\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3})Dans le manteau à la base (r \to R_2^+) :
\mu(R_2^+) = \frac{2}{3}\mu_{\text{noyau}} \approx \mathbf{6{,}7\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}} \quad (6{,}7 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3})À la surface de la Terre (r = R_T) :
\mu(R_T) = \frac{2}{3}\mu_0 \approx \mathbf{3{,}7\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}} \quad (3{,}7 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3})
Comparaison avec le modèle PREM (figure 3) :
Similitudes :
- On retrouve une nette discontinuité de masse volumique à la frontière manteau-noyau (r \approx 3500\text{ km}), avec un saut brutal de densité.
- Les ordres de grandeur sont très bien restitués : PREM donne \mu \approx 10\text{ à }12\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} dans le noyau externe et \mu \approx 3{,}4\text{ à }5{,}6\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} dans le manteau, en accord avec les valeurs trouvées (10{,}1 et 3{,}7\text{ à }6{,}7\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}).
- La décroissance globale de \mu(r) avec la distance r au centre est respectée.
Différences :
- Le présent modèle considère un noyau homogène (\mu = \text{cste}), ignorant l'existence de la graine solide dense (\mu \approx 13\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}) et la discontinuité de Lehmann (r \approx 1216\text{ km}).
- Dans le manteau, le modèle impose une loi continue en 1/r, alors que le profil PREM présente des sauts associés aux transitions de phase minéralogiques (manteau supérieur/inférieur vers 410 et 660 km de profondeur) ainsi que la croûte superficielle peu dense.
Partie III : Composition chimique de la graine
Question 23
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Incontournable
- Question de cours
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1
Notions : liaison métallique, cristal métallique
Préciser le type de liaison à l'origine de la cohésion du cristal de fer.
Voir l'indiceIndice
Identifier le type d'interaction assurant la cohésion d'un empilement régulier de cations métalliques baignant dans un gaz d'électrons délocalisés.
Voir la réponse courteRéponse courte
Cohésion assurée par la liaison métallique (mise en commun des électrons de délocalisation par les cœurs ioniques).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le fer étant un élément métallique (Z = 26), la cohésion du cristal de fer solide est assurée par la liaison métallique.
Dans le modèle du gaz d'électrons (ou modèle de Drude-Lorentz), le cristal est décrit comme un empilement périodique d'ions positifs fixes (\text{Fe}^{n+}) baignant dans un fluide d'électrons de valence délocalisés sur l'ensemble du réseau (le « gaz » ou « mer » d'électrons). L'attraction électrostatique entre ce nuage électronique délocalisé et les cations assure la cohésion et la stabilité mécanique du solide.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question très sélective où seulement 10 % des candidats ont su identifier les liaisons métalliques.
« Seulement 10 % des candidats identifient les liaisons métalliques comme étant à l’origine de la cohésion du cristal de fer. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024
Question déjà tombée ailleurs
Question 24
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Schéma ou tracé
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1
Notions : réseau cfc, compacité
Représenter la maille du réseau cubique à faces centrées. Déterminer et calculer la compacité de la maille.
Voir l'indiceIndice
Dénombrer la population de la maille conventionnelle CFC, exprimer le paramètre de maille par la condition de tangence le long de la diagonale d'une face, et en déduire le rapport des volumes.
Voir la stratégieStratégie
- Représenter en perspective cavalière la maille cubique à faces centrées (CFC) avec les atomes aux sommets et aux centres des faces.
- Dénombrer la population N d'atomes appartenant en propre à la maille selon leur multiplicité.
- Identifier la direction de plus grand contact (diagonale d'une face) pour relier le paramètre de maille a au rayon atomique R, puis calculer la compacité c = V_{\text{occupé}} / V_{\text{maille}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Schéma de la maille CFC, tangence le long de la diagonale des faces (a\sqrt{2} = 4r) et compacité c = \frac{\pi\sqrt{2}}{6} \approx 0{,}74.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Représentation de la maille cubique à faces centrées
Dans le réseau cubique à faces centrées (CFC), les atomes sont situés aux 8 sommets du cube et aux centres des 6 faces.
2. Population de la maille
Les atomes sont partagés entre plusieurs mailles adjacentes :
- 8 atomes aux sommets, partagés chacun par 8 mailles (multiplicité 1/8) ;
- 6 atomes aux centres des faces, partagés chacun par 2 mailles (multiplicité 1/2).
Le nombre N d'atomes appartenant en propre à la maille vaut donc :
3. Condition de contact et compacité
Dans le modèle des sphères dures indéformables de rayon R, la tangence a lieu le long de la diagonale d'une face de côté a :
Le volume propre occupé par les 4 atomes dans la maille s'écrit :
Le volume total de la maille cubique vaut :
La compacité c est le rapport du volume occupé au volume disponible :
Numériquement :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question abordée par 95 % des candidats, mais seulement 26 % d'entre eux obtiennent la note maximale.
« 95 % des candidats abordent la question Q24. et 26 % obtiennent la totalité des points du barème. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024
Question déjà tombée ailleurs
Question 25
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1
Notions : réseau cfc, masse volumique, rayon atomique
Déterminer le rayon atomique du fer à pression ambiante pour la variété allotropique fer sachant que sa densité vaut .
Voir l'indiceIndice
Relier la masse volumique du fer \gamma à la masse de la maille divisée par son volume, puis en extraire le rayon atomique.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la masse volumique \mu_{\text{Fe}_\gamma} de la maille cubique à faces centrées en fonction du nombre de motifs par maille N, de la masse molaire M_{\text{Fe}}, de la constante d'Avogadro N_A et du paramètre de maille a.
- Relier le paramètre de maille a au rayon atomique r_{\text{Fe}_\gamma} grâce à la condition de contact entre atomes établie à la question Q24.
- En déduire l'expression littérale de r_{\text{Fe}_\gamma} puis réaliser l'application numérique avec trois chiffres significatifs.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul du paramètre a = (4M/(\mathcal{N}_A \mu))^{1/3} puis déduction du rayon atomique r = a\sqrt{2}/4 \approx 126\text{ pm}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La masse volumique du fer \gamma est définie par le rapport de la masse du contenu de la maille sur son volume V = a^3 :
où N = 4 correspond au nombre d'atomes de fer par maille dans le réseau cubique à faces centrées (d'après la question Q24).
Par définition de la densité d'un solide par rapport à l'eau liquide (\rho_{\text{eau}} = 1{,}00 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}), on a :
D'après la question Q24, la condition de tangence des sphères dures le long de la diagonale d'une face s'écrit :
En injectant cette relation dans l'expression de la masse volumique, le volume de la maille devient :
d'où :
On en déduit l'expression du rayon atomique :
Application numérique : Avec les valeurs numériques fournies par l'énoncé :
- M_{\text{Fe}} = 55{,}8\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 55{,}8 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} ;
- N_A = 6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1} ;
- d_{\text{Fe}_\gamma} = 7{,}87 et \rho_{\text{eau}} = 1{,}00 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
il vient :
soit :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Seulement 75 % des candidats abordent la question et 17 % la réussissent pleinement.
« Ils ne sont plus que 75 % à traiter la question Q25. et seulement 17 % avec succès. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024
Question 26
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1
Notions : masse volumique, composition chimique
En vous appuyant sur les résultats présentés à la figure 6, ainsi que sur les profils de masse volumique et de vitesses prévus par le modèle PREM en figure 3, montrer que le noyau ne peut pas être constitué que de fer pur et que la prise en compte d'éléments plus légers est nécessaire.
Voir l'indiceIndice
Comparer la masse volumique mesurée expérimentalement sous haute pression pour le fer pur sur la figure 6 à celle imposée par le modèle PREM dans le noyau interne.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier les conditions de pression et de température régnant dans le noyau (graine et noyau externe) à partir du texte et des figures.
- Lire sur la figure 6 (droite) la masse volumique du fer pur sous ces conditions thermodynamiques et la comparer au profil de masse volumique \mu(r) fourni par le modèle PREM (figure 3).
- Confronter les vitesses de propagation des ondes sismiques déduites des modules élastiques de la figure 6 (gauche) avec les vitesses sismiques de la figure 3.
- Conclure sur la nécessité d'incorporer des éléments chimiques plus légers.
Voir la réponse courteRéponse courte
La densité du fer pur aux pressions du noyau est supérieure à celle mesurée par PREM, impliquant des éléments légers.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Conditions thermodynamiques du noyau
- Dans la graine (r \in [0\,;\,1216\text{ km}]), la pression varie entre 330\text{ GPa} et 350\text{ GPa} et la température dépasse 5000\text{ K}.
- Dans le noyau externe (r \in [1216\,;\,3486\text{ km}]), la pression varie d'environ 135\text{ GPa} (discontinuité de Gutenberg, r=R_2) à 330\text{ GPa} (discontinuité de Lehmann, r=R_1), pour des températures comprises entre T_2 = 3800\text{ K} et T_1 = 5000\text{ K}.
2. Comparaison des masses volumiques
Dans la graine (fer \varepsilon solide) : D'après la figure 6 (droite), à P \approx 330\text{--}350\text{ GPa}, par interpolation entre les isothermes à 4000\text{ K} et 7000\text{ K}, la masse volumique du fer pur solide à T \approx 5000\text{ K} vaut :
\mu_{\text{Fe},\varepsilon} \approx 13{,}3\text{ à }13{,}5\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}Or, le profil PREM (figure 3) indique pour la graine (r < 1216\text{ km}) une masse volumique comprise entre :
\mu_{\text{PREM}} \approx 12{,}8\text{ et }13{,}1\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}Le fer pur est donc environ 3\text{ à }5\,\% plus dense que le milieu réel de la graine.
- Dans le noyau externe (fer liquide) : D'après la courbe du fer liquide (figure 6, droite), la masse volumique varie de \approx 10{,}8\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} (à 135\text{ GPa}) à \approx 12{,}8\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} (à 330\text{ GPa}). Sur le profil PREM (figure 3), \mu varie de 9{,}9\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} à 12{,}1\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}. Le fer liquide pur est là encore trop dense d'environ 6\text{ à }10\,\%.
3. Comparaison des vitesses sismiques dans la graine D'après la figure 6 (gauche), à P \approx 330\text{ GPa}, le fer pur possède :
Avec \mu \approx 13{,}4 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, les relations rappelées en partie I.B donnent pour le fer pur :
Or, le modèle PREM (figure 3) donne pour la graine :
Les vitesses prévues pour le fer pur sont significativement supérieures aux vitesses réelles mesurées, en particulier pour l'onde S.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question très valorisée (8 % du barème) où consacrer 15 à 20 minutes d'analyse appuyée sur les documents permet de faire la différence.
« Il est regrettable que plus des trois quarts des candidats n’abordent pas cette question, pourtant fortement valorisée dans le barème (8 % du total). »
« Consacrer une durée raisonnable (15 à 20 minutes) à cette question, en développant un raisonnement pertinent et argumenté et en donnant les références aux documents fournis permet de se démarquer. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024
Question 27
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en PCSI
Notions : solution solide, site interstitiel, alliage
Il est communément admis que le noyau est constitué d'environ 80
Voir l'indiceIndice
Comparer les rayons atomiques du nickel, du silicium et de l'oxygène à celui du fer pour discuter la substitution dans le réseau ou l'insertion dans les sites interstitiels.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler les critères d'incorporation d'un élément dans le fer solide donnés par le préambule : substitution (rayons atomiques très proches) ou insertion dans un site interstitiel sans déformation de la maille compacte.
- Calculer le rayon d'habitabilité des sites interstitiels (octaédriques et tétraédriques) d'un empilement compact de fer à partir de r_{\mathrm{Fe}_\gamma} \approx 128\text{ pm}.
- Comparer les rayons du nickel (r_{\mathrm{Ni}}), du silicium (r_{\mathrm{Si}}) et de l'oxygène (r_{\mathrm{O}}) à ceux du fer et des sites interstitiels pour conclure quant à l'expulsion des éléments légers lors de la cristallisation.
Voir la réponse courteRéponse courte
Insertion d'éléments légers de faible rayon (O, Si) dans les sites et substitution du fer par le nickel de taille comparable.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'énoncé, les structures hexagonale compacte (fer \varepsilon) et cubique à faces centrées (fer \gamma) sont toutes deux compactes ; leurs sites interstitiels présentent donc les mêmes critères géométriques d'habitabilité sans déformation de la maille. En prenant pour référence le rayon atomique du fer r_{\mathrm{Fe}} \approx 128\text{ pm} (déterminé à la question Q25) :
Sites octaédriques : le rayon maximal d'une sphère pouvant s'y loger sans repousser les atomes voisins vaut :
r_{\mathrm{octa}} = (\sqrt{2}-1)\,r_{\mathrm{Fe}} \approx 0{,}414 \times 128\text{ pm} \approx 53\text{ pm}Sites tétraédriques : le rayon maximal d'insertion sans déformation vaut :
r_{\mathrm{t\acute{e}tra}} = \left(\sqrt{\frac{3}{2}}-1\right)r_{\mathrm{Fe}} \approx 0{,}225 \times 128\text{ pm} \approx 29\text{ pm}
Analysons les différents éléments présents dans le noyau :
Le nickel (r_{\mathrm{Ni}} = 125\text{ pm}) : Son rayon atomique est extrêmement proche de celui du fer :
\frac{|r_{\mathrm{Ni}} - r_{\mathrm{Fe}}|}{r_{\mathrm{Fe}}} = \frac{|125 - 128|}{128} \approx 2{,}3\% \ll 15\%Le nickel peut donc facilement former un alliage de substitution avec le fer. Il est parfaitement soluble dans le réseau cristallin de la graine solide et n'est pas expulsé lors de la cristallisation.
- L'oxygène (r_{\mathrm{O}} = 60\text{ pm}) : Son rayon est nettement trop petit pour une substitution (r_{\mathrm{O}}/r_{\mathrm{Fe}} \approx 0{,}47), mais il est supérieur au rayon des sites octaédriques (60\text{ pm} > 53\text{ pm}) et bien supérieur à celui des sites tétraédriques (60\text{ pm} \gg 29\text{ pm}). L'oxygène ne peut donc pas s'insérer sans déformer significativement la maille.
- Le silicium (r_{\mathrm{Si}} = 110\text{ pm}) : Son rayon est beaucoup trop grand pour une insertion (110\text{ pm} \gg 53\text{ pm}). En substitution, la différence de taille avec le fer atteint 14\%, ce qui déstabilise le réseau cristallin compact par rapport à la phase liquide où l'arrangement atomique est plus souple.
Ces éléments légers (O et Si) présentent donc une affinité nettement plus forte pour le liquide magmatique que pour le fer solide compact. Lors de la solidification de la graine, ils sont exclus du réseau cristallin en formation, ce qui valide l'hypothèse de leur expulsion et de l'enrichissement de la base du noyau externe liquide en éléments légers.
Résultat
Où je me situe, question par question
Cochez les questions que vous avez réussies sans aide. Toutes les questions du sujet sont ici, y compris celles des autres pages : votre sélection est gardée d'une page à l'autre.
- Note estimée
- –
- 0 question réussie sur 40
- Position estimée
- –
- des copies sous cette note
Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 40 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 9,32 et d'écart-type 4,1 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.
Source des chiffres : document officiel du concours.
S'entraîner sur les mêmes chapitres
Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.
Signaler une erreur
Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q16) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.
Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.