Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 1 PSI 2021
Le feu et l'eau
- 47 questions corrigées
- Sujet moyen
- Faisable en PCSI, MPSI et PTSI : 24 questions sur 47, partie I.A
- Vérifié question par question
Le sujet en bref
Sujet moyen · Diffusion thermique et diffusion de particules, Thermodynamique chimique et équilibres, Mécanique des fluides · 13 incontournables · 24 questions de première annéeAfficher ou masquer la section
Le sujet en bref
Inspirée directement du drame de l'incendie de Notre-Dame de Paris survenu en avril 2019, cette épreuve généraliste propose une modélisation multi-physique remarquable du « triangle du feu » et de la lutte contre les flammes. Le sujet explore la cinétique et la propagation d'une onde thermique de combustion dans une poutre en bois, l'oxydation à haute température et la détection par fluorescence X du plomb issu de la toiture, puis l'hydraulique des lances d'extinction (écoulement turbulent visqueux, pertes de charge régulières et puissance de pompage).
Très équilibré entre physique thermique, mécanique des fluides industrielle et physico-chimie, ce sujet constitue une référence incontournable pour les révisions de la filière PSI. La variété des questions – mêlant résolutions formelles d'ondes de diffusion, lectures d'abaques logarithmiques et bilans de puissance macroscopiques – teste avec rigueur le sens physique et l'esprit d'initiative des candidats.
- Difficulté
- Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 8,93/20)
- Temps estimé
- ≈ 3 h pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Diffusion thermique et diffusion de particules29 %
- Thermodynamique chimique et équilibres20 %
- Mécanique des fluides19 %
- Premier et second principes de la thermodynamique9 %
Part des questions du sujet.
- Incontournables
13 questions classiques, à savoir refaire :
- Première année
Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 24 questions sur 47, partie I.A.
Où gagner des points
41 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncéAfficher ou masquer la section
Où gagner des points
Rapides et accessibles (41) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.
Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe
Parties indépendantes
Les trois parties (Le feu, Le plomb et L'eau) sont entièrement indépendantes et abordent des domaines très distincts (diffusion thermique, chimie et physique atomique, mécanique des fluides).
Données en annexe
Comment utiliser ce corrigé
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Sommaire
47 questionsAfficher ou masquer la section
Sommaire
47 questionsPartie I : Le feu
A · Démarrage d'une combustion
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, BCPST1
Notions : loi d'arrhenius, énergie d'activation
Rappeler la loi empirique d'Arrhenius et expliquer pourquoi la plupart des réactions chimiques sont accélérées par une augmentation de la température.
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Écrire la relation k(T) = A \exp(-E_a/RT) et relier la constante de vitesse à la fraction de chocs moléculaires possédant une énergie supérieure à l'énergie d'activation E_a.
Voir la stratégieStratégie
- Énoncer l'expression de la constante de vitesse k(T) donnée par la loi empirique d'Arrhenius en définissant précisément chaque grandeur et son unité.
- Justifier l'influence de la température d'abord par l'analyse mathématique de la loi (E_a > 0), puis par une interprétation microscopique basée sur la théorie des collisions.
Voir la réponse courteRéponse courte
Énoncé de la loi k = A\exp(-E_a/RT) : l'élévation de température augmente la proportion de molécules franchissant la barrière d'activation.
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La loi empirique d'Arrhenius exprime la dépendance de la constante de vitesse k(T) d'une réaction chimique vis-à-vis de la température thermodynamique T :
où :
- k(T) est la constante de vitesse de la réaction (son unité dépend de l'ordre global) ;
- A est le facteur pré-exponentiel (même unité que k) ;
- E_a est l'énergie d'activation molaire (\text{J}\cdot\text{mol}^{-1}) ;
- R est la constante des gaz parfaits (R = 8{,}31\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}) ;
- T est la température thermodynamique (\text{K}).
Pour la très grande majorité des réactions chimiques, l'énergie d'activation est strictement positive (E_a > 0). Par conséquent :
- Aspect macroscopique : La fonction T \mapsto -\frac{E_a}{R T} est strictement croissante avec la température T. Ainsi, la constante de vitesse k(T) croît avec T, ce qui accélère la vitesse de la réaction à composition fixée.
- Interprétation microscopique : D'après la théorie des collisions, pour qu'un choc entre molécules réactives aboutisse à une transformation chimique, l'énergie cinétique relative des partenaires de collision doit être supérieure à l'énergie d'activation E_a (hauteur de la barrière énergétique de l'état de transition). Une hausse de température augmente l'agitation thermique et déplace la distribution statistique des vitesses vers les hautes énergies : la proportion de chocs efficaces, régie par le facteur de Boltzmann \exp(-E_a/RT), augmente de façon spectaculaire.
Résultat
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Définir chaque grandeur physique, ne pas confondre constante de vitesse et constante d'équilibre, et justifier l'effet de la température en tenant compte du signe positif de Ea/R.
« L’énoncé de la loi doit s’accompagner de la signification physique des grandeurs apparaissant dans l’expression. »
« L’étude de l’influence d’une élévation de température sur le coefficient kne peut se faire sans considérer la quantité Ea/R> 0. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : cinétique chimique, facteur cinétique
Pour quelle phase (solide, liquide ou gaz) du combustible, l'amorçage d'une réaction de combustion devrait-il être plus aisé ? Justifier succinctement.
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Penser à la surface de contact intime entre combustible et comburant (mélange à l'échelle moléculaire) ainsi qu'à l'absence d'énergie requise pour vaporiser le solide ou liquide.
Voir la réponse courteRéponse courte
La phase gazeuse permet un mélange intime avec le dioxygène à l'échelle moléculaire sans nécessiter d'étape préalable de vaporisation endothermique.
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L'amorçage d'une réaction de combustion est plus aisé lorsque le combustible est en phase gazeuse.
Cette plus grande facilité s'explique par deux aspects principaux :
- Mélange homogène à l'échelle moléculaire : le comburant étant le dioxygène de l'air (gazeux), un combustible gazeux forme un mélange homogène. La fréquence des chocs réactifs entre molécules de combustible et de comburant est alors considérablement plus élevée que dans un système hétérogène (solide ou liquide), où la réaction ne peut avoir lieu qu'à l'interface de contact ;
- Absence de changement d'état ou de décomposition préalable : un combustible liquide ou solide nécessite un apport thermique initial pour être vaporisé ou pyrolysé (dégagement de gaz combustibles) avant que la combustion avec flamme ne s'amorce. Ces étapes préparatoires, consommatrices d'énergie, n'existent pas pour un gaz.
Résultat
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Penser à argumenter en termes d'optimisation de la surface de contact entre le comburant et le combustible.
« Il apparait que pour certains candidats, « les gaz ont une température plus élevée que les liquides ». »
« L’idée d’une optimisation de la surface de contact comburant-combustible est souvent absente. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 3
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, BCPST1
Notions : lentille mince, bilan thermique
Déterminer la durée minimale nécessaire à l'auto-inflammation de la feuille de papier, de température initiale , sachant que le Soleil est vu sous un diamètre angulaire apparent .
Voir l'indiceIndice
Calculer la puissance solaire interceptée par la lentille transmise à la feuille, puis le rayon de la tache solaire au foyer (r' \approx f' \alpha / 2) pour relier l'élévation de température à la durée d'exposition.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance solaire collectée par la lentille et transmise à la feuille de papier.
- Déterminer la taille de la tache focale correspondant à l'image du Soleil sur la feuille.
- Évaluer l'énergie thermique nécessaire pour porter la zone éclairée de T_0 = 20\text{ }^\circ\text{C} à la température d'auto-inflammation T_{\text{ai}} = 232\text{ }^\circ\text{C}, sans tenir compte des pertes thermiques pour obtenir la durée minimale.
Voir la réponse courteRéponse courte
Rayon de la tache focale r = f'\alpha/2, calcul du flux solaire concentré puis durée de chauffage adiabatique jusqu'à la température d'auto-inflammation.
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Le Soleil est une source à l'infini sous un diamètre angulaire apparent \alpha. Son image par la lentille convergente se forme dans le plan focal image (où se trouve la feuille de papier) et présente un diamètre :
La surface de cette tache circulaire vaut donc :
La masse de papier contenue dans cette zone s'exprime à l'aide de la masse surfacique \sigma :
L'énergie thermique minimale nécessaire pour porter cette masse de la température initiale T_0 = 20\text{ }^\circ\text{C} à la température d'auto-inflammation T_{\text{ai}} = 232\text{ }^\circ\text{C} est :
Par ailleurs, la lentille de rayon r intercepte un faisceau lumineux d'aire S_{\text{lentille}} = \pi r^2. Compte tenu de l'absorption de 25\,\% par la lentille, la transmission vaut \tau = 1 - 0{,}25 = 0{,}75. En supposant que le papier noir absorbe la totalité du rayonnement incident, la puissance reçue par la zone d'échauffement s'écrit :
En l'absence de pertes thermiques (par diffusion, convection ou rayonnement), la durée minimale \Delta t_{\text{min}} nécessaire à l'auto-inflammation vérifie \mathcal{P}\Delta t_{\text{min}} = \Delta H, soit :
Application numérique :
- \alpha = 32' = \dfrac{32 \times \pi}{60 \times 180} \approx 9{,}31 \times 10^{-3}\text{ rad} ;
- f' = 0{,}10\text{ m} et r = 0{,}05\text{ m}, d'où \dfrac{f'}{r} = 2 ;
- \sigma = 100\text{ g}\cdot\text{m}^{-2} = 0{,}100\text{ kg}\cdot\text{m}^{-2} ;
- c = 1{,}4\text{ kJ}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} = 1{,}4 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}\cdot\text{kg}^{-1} ;
- T_{\text{ai}} - T_0 = 232 - 20 = 212\text{ K} ;
- \varphi_0 = 800\text{ W}\cdot\text{m}^{-2} et \tau = 0{,}75.
Résultat
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Soigner la construction géométrique de l'image de l'objet étendu et définir clairement le système avant d'établir le bilan énergétique.
« l’image d’un objet étendu placé à l’infini n’a pas été sans poser quelques difficultés. »
« L’estimation des dimensions de la tâche lumineuse sur la feuille de papier a par conséquent posé des difficultés. »
« Comme pour tout bilan énergétique, la définition claire du système est indispensable. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 4
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : transfert thermique, perte thermique
La durée réelle devrait-elle être plus importante ou plus faible ? Le choix du papier noir est-il judicieux ?
Voir l'indiceIndice
Tenir compte des pertes thermiques conductives, convectives et radiatives avec l'air ambiant, ainsi que du coefficient d'absorption radiatif du corps noir.
Voir la stratégieStratégie
- Recenser les hypothèses simplificatrices adoptées lors du calcul de la durée minimale en Q3 (pertes thermiques négligées, absorption idéale, focalisation géométrique parfaite) pour en déduire le sens de variation de la durée réelle.
- Analyser le comportement radiatif d'une surface noire (coefficient d'absorption proche de 1) par rapport à une feuille blanche dans le domaine du spectre solaire.
Voir la réponse courteRéponse courte
Durée réelle plus longue en raison des pertes convectives et radiatives ; le noir absorbe la quasi-totalité du flux incident (albédo minimal).
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1. Comparaison entre durée réelle et durée minimale
Le calcul mené à la question Q3 sous-estime la durée effective pour plusieurs raisons :
- Pertes thermiques : dès que la température de la zone éclairée s'élève au-dessus de la température ambiante, des transferts thermiques vers l'extérieur se développent par conduction au sein de la feuille, par convection avec l'air ambiant et par rayonnement thermique propre (T^4). Une fraction croissante de la puissance solaire reçue est ainsi dissipée au lieu de servir à l'échauffement.
- Aberrations optiques : les aberrations géométriques (aberration de sphéricité) et chromatiques d'une lentille simple augmentent la taille de la tache focale par rapport à l'image géométrique idéale, réduisant ainsi la densité surfacique de puissance.
- Absorption imparfaite : une partie du flux incident est tout de même réfléchie ou diffusée par le papier.
Pour compenser ces pertes et ce déficit de puissance volumique absorbée, il faut apporter davantage d'énergie. Par conséquent :
2. Pertinence du choix d'un papier noir
Un papier noir possède un coefficient d'absorption (absorptance) \alpha_{\text{abs}} \approx 1 sur l'ensemble du spectre visible et proche infrarouge, où se concentre l'essentiel du rayonnement solaire. À l'inverse, un papier blanc diffuserait et réfléchirait la majorité du flux incident (albédo élevé), ce qui réduirait considérablement la puissance absorbée et pourrait même empêcher d'atteindre le point d'auto-inflammation en présence de pertes.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Employer un vocabulaire précis et faire le lien avec les hypothèses formulées à la question précédente.
« Le vocabulaire utilisé a parfois manqué de justesse ou de précision. »
« La première sous-question fait référence à la démarche d’analyse avec formulation des hypothèses de la question 3. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
B · Combustion du bois
Question 5
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Résultat donné : utilisable pour la suite
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : composition centésimale, stœchiométrie
Une analyse élémentaire a fourni les pourcentages massiques respectifs en élément carbone, hydrogène et oxygène de , et . Montrer que, si le bois pouvait être considéré comme un corps pur, sa formule chimique serait .
Voir l'indiceIndice
Raisonner sur 100 g de bois pour déterminer les quantités de matière respectives de C, H et O, puis normaliser par le nombre de moles de carbone.
Voir la réponse courteRéponse courte
Détermination des rapports molaires n_{\mathrm{H}}/n_{\mathrm{C}} et n_{\mathrm{O}}/n_{\mathrm{C}} à partir des pourcentages massiques et des masses molaires atomiques.
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Considérons un échantillon de bois de masse totale m = 100\text{ g}. Les masses de chaque élément présent dans l'échantillon sont déduites des pourcentages massiques :
- carbone : m_{\mathrm{C}} = 50\text{ g} ;
- hydrogène : m_{\mathrm{H}} = 6\text{ g} ;
- oxygène : m_{\mathrm{O}} = 44\text{ g}.
À l'aide des masses molaires atomiques fournies (M(\mathrm{C}) = 12{,}0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, M(\mathrm{H}) = 1{,}0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, M(\mathrm{O}) = 16{,}0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}), on calcule les quantités de matière correspondantes :
Si le bois est modélisé par un corps pur de formule brute de la forme \mathrm{C}\mathrm{H}_y\mathrm{O}_z, les indices stœchiométriques sont proportionnels aux quantités de matière des différents éléments. En normalisant par rapport à l'élément carbone :
La formule brute équivalente du bois s'écrit donc bien :
Résultat
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Privilégier une démarche concise et clairement exposée plutôt qu'une démonstration inutilement longue.
« Bon nombre de candidats se lancent dans une démonstration plus chronophage que nécessaire ; la démarche est trop souvent exposée de manière confuse. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 6
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Incontournable
- Mise en équation
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : réaction de combustion, équation de réaction
Écrire l'équation-bilan de la réaction de combustion du bois avec l'oxygène de l'air. La combustion est supposée complète et conduire à la formation de et .
Voir l'indiceIndice
Écrire la réaction \mathrm{CH}_{1{,}44}\mathrm{O}_{0{,}66} + \nu\,\mathrm{O}_2 \to \mathrm{CO}_2 + \beta\,\mathrm{H}_2\mathrm{O} et équilibrer successivement le carbone, l'hydrogène puis l'oxygène.
Voir la stratégieStratégie
- On écrit l'équation générique de combustion complète du combustible de formule brute \mathrm{CH}_{1{,}44}\mathrm{O}_{0{,}66} avec le dioxygène \mathrm{O}_2.
- On applique les bilans de conservation des éléments carbone, hydrogène puis oxygène pour déterminer les nombres stœchiométriques.
Voir la réponse courteRéponse courte
Équilibrage stœchiométrique des éléments C, H, O : \mathrm{CH}_{1,44}\mathrm{O}_{0,66} + 1,03\,\mathrm{O}_2 \to \mathrm{CO}_2 + 0,72\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}.
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La combustion complète d'une mole de combustible de formule brute \mathrm{CH}_{1{,}44}\mathrm{O}_{0{,}66} conduit à la formation exclusive de dioxyde de carbone \mathrm{CO}_2 et d'eau \mathrm{H}_2\mathrm{O} selon :
La conservation des éléments chimiques impose :
- pour le carbone : \nu_{\mathrm{CO}_2} = 1 ;
- pour l'hydrogène : 2\,\nu_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = 1{,}44 \implies \nu_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = 0{,}72 ;
pour l'oxygène : 0{,}66 + 2\,\nu = 2\,\nu_{\mathrm{CO}_2} + \nu_{\mathrm{H}_2\mathrm{O}} = 2 \times 1 + 0{,}72 = 2{,}72, d'où :
\nu = \frac{2{,}72 - 0{,}66}{2} = \frac{2{,}06}{2} = 1{,}03
L'eau produite étant sous forme de vapeur au vu de la définition du pouvoir calorifique inférieur (PCI) qui suit, l'équation-bilan s'écrit :
Résultat
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Question bien traitée dans l'ensemble, mais veiller à ne pas écrire O au lieu de O2.
« Question le plus souvent bien menée. Certains candidats ont jugé opportun de transformer O2 en O. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 7
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : pouvoir calorifique, enthalpie de réaction
Pour le chêne, on mesure un PCI de . Quelle serait la valeur numérique de l'enthalpie de réaction de cette combustion ?
Voir l'indiceIndice
Relier le PCI à l'enthalpie molaire de combustion \Delta_r H via la masse molaire apparente du motif de bois : \Delta_r H = -M \times \mathrm{PCI}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Enthalpie de combustion déduite de \Delta_r H^\circ = -M \times \text{PCI} \approx -458\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} avec la masse molaire de la formule brute.
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Par définition, le pouvoir calorifique inférieur (\mathrm{PCI}) représente la quantité d'énergie thermique libérée (donc comptée positivement) par la combustion complète d'un kilogramme de combustible à pression constante, l'eau étant produite à l'état gazeux.
L'équation de combustion écrite à la question précédente (Q6) est rapportée à une mole de combustible \mathrm{CH}_{1{,}44}\mathrm{O}_{0{,}66}, de masse molaire apparente M = 24{,}0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 24{,}0 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} (déterminée en Q5).
La réaction étant exothermique, la chaleur reçue par le système à pression constante lors de la combustion d'une mole de bois s'identifie à l'enthalpie de réaction :
Application numérique :
En ne conservant que deux chiffres significatifs (cohérents avec la donnée du \mathrm{PCI}) :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Ne pas confondre enthalpie de réaction et variation d'enthalpie, et vérifier le signe négatif attendu.
« La notion d’enthalpie de réaction est parfois confondue avec variation d’enthalpie. »
« Une valeur négative était attendue ; le candidat est invité à faire preuve de sens critique. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 8
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : loi de hess, enthalpie standard de réaction
En admettant qu'en fin de pyrolyse, les gaz libérés soient pour l'essentiel du dihydrogène et du monoxyde de carbone , retrouver, à partir des données tabulées, la valeur de l'enthalpie standard de réaction de la combustion de ces gaz de pyrolyse dans le dioxygène de l'air. Conclure.
Voir l'indiceIndice
Utiliser la loi de Hess pour exprimer les enthalpies standard de combustion de \mathrm{H}_2(\mathrm{g}) et \mathrm{CO}(\mathrm{g}) conduisant à \mathrm{H}_2\mathrm{O}(\mathrm{g}) et \mathrm{CO}_2(\mathrm{g}).
Voir la stratégieStratégie
- Écrire les équations de combustion de chacun des gaz de pyrolyse (\mathrm{H}_2 et \mathrm{CO}) dans le dioxygène de l'air, conduisant à la vapeur d'eau \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\text{g})} et au dioxyde de carbone \mathrm{CO}_{2(\text{g})}.
- Calculer l'enthalpie standard de chaque réaction à 298\text{ K} à l'aide de la loi de Hess et des enthalpies standard de formation fournies dans les données.
- Évaluer le cas échéant l'enthalpie de combustion du mélange gazeux issu de la pyrolyse du bois et conclure sur le rôle énergétique de cette étape.
Voir la réponse courteRéponse courte
Loi de Hess appliquée aux combustions de \mathrm{H}_2 et \mathrm{CO}, confirmant le caractère très exothermique des gaz issus de la pyrolyse.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Les réactions de combustion complète du dihydrogène et du monoxyde de carbone s'écrivent :
D'après la loi de Hess, les enthalpies standard de réaction associées à 298\text{ K} valent :
Les corps simples dans leur état standard de référence ayant une enthalpie de formation nulle (\Delta_f H^\circ(\mathrm{H}_{2(\text{g})}) = 0 et \Delta_f H^\circ(\mathrm{O}_{2(\text{g})}) = 0), les données du tableau fournissent :
Si l'on considère la pyrolyse d'un mole de formule unitaire de bois \mathrm{CH}_{1{,}44}\mathrm{O}_{0{,}66}, la formation exclusive de gaz \mathrm{CO} et \mathrm{H}_2 et d'un résidu solide carboné (le charbon) s'écrit selon le bilan de matière :
La combustion de ces gaz de pyrolyse libère une enthalpie standard de :
(ou -525\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} pour un mélange équimolaire \mathrm{CO} + \mathrm{H}_2).
Conclusion : ces réactions de combustion sont fortement exothermiques (\Delta_r H^\circ \ll 0). L'énergie thermique dégagée par la combustion des gaz de pyrolyse dans les flammes représente la majeure partie de l'énergie de combustion totale du bois (\approx 80\,\% des -456\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} trouvés en Q7). Elle assure l'échauffement du combustible adjacent, l'évaporation de l'eau et la poursuite de la pyrolyse, ce qui rend la propagation de l'incendie auto-entretenue.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 9
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : premier principe, capacité thermique
Dans une pièce calorifugée et fermée, initialement à et de capacité thermique totale de l'ordre de , brule une buche de bois de chêne de . Quelle est la température maximale atteinte dans la pièce ? Commenter.
Voir l'indiceIndice
Appliquer le premier principe de la thermodynamique à l'ensemble calorifugé {pièce + gaz} : l'énergie libérée par la combustion intégrale compense l'élévation thermique C_{\mathrm{tot}}\Delta T.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan adiabatique m\,\text{PCI} = C\Delta T, donnant une élévation modérée de 32\text{ }^\circ\text{C} grâce à l'importante capacité thermique de la pièce.
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Considérons le système fermé constitué de la pièce, de son contenu et de la bûche de bois. La pièce étant calorifugée, la transformation est adiabatique (Q = 0). En supposant la pression atmosphérique constante (ou des variations de pression négligeables), le premier principe de la thermodynamique appliqué au système global s'écrit :
La combustion complète de la masse m = 1\text{ kg} de chêne libère une énergie thermique égale à :
Cette énergie thermique est intégralement reçue par la pièce de capacité thermique totale C, provoquant une élévation de température \Delta T = T_{\max} - T_0 :
On en déduit l'élévation de température :
et la température maximale atteinte :
Application numérique :
- m = 1\text{ kg}
- \mathrm{PCI} = 19\text{ MJ}\cdot\text{kg}^{-1} = 19 \times 10^6\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} (d'après la question Q7)
- C = 6{,}0 \times 10^5\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}
- T_0 = 20\text{ }^\circ\text{C} = 293\text{ K}
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Définir le système, préciser le caractère isobare, ne pas réduire le bilan à ΔH = m cp ΔT et vérifier la cohérence de la température finale obtenue.
« Le système est rarement défini ; le candidat, avant de tenter tout bilan enthalpique, est invité à préciser que la transformation s’effectue à pression constante. »
« À noter que l’expression ΔH= mcpΔTne constitue pas à elle seule un bilan enthalpique. »
« Les ordres de grandeurs numériques obtenus sont parfois aberrants (Tf> 1700 K) »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
C · Propagation de la chaleur dans le combustible
Question 10
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : conduction thermique, convection thermique, rayonnement thermique
Citer les trois modes de transfert thermique et donner leurs spécificités.
Voir l'indiceIndice
Définir précisément la conduction (diffusion microscopique sans transport global de matière), la convection (transport macroscopique fluide) et le rayonnement (ondes électromagnétiques sans support matériel).
Voir la réponse courteRéponse courte
Définitions de la conduction (diffusion microscopique), convection (avec transport macroscopique de matière) et rayonnement (ondes électromagnétiques sans support matériel).
Voir le corrigé completCorrigé complet
Les trois modes de transfert thermique sont :
La conduction thermique (ou diffusion) :
- C'est un transfert d'énergie thermique qui s'effectue de proche en proche au sein de la matière, à l'échelle microscopique (par collisions moléculaires dans les fluides, par phonons et électrons libres dans les solides), sans déplacement macroscopique de matière.
- Elle est régie phénoménologiquement par la loi de Fourier et constitue le mode de transfert privilégié au sein des solides immobiles.
La convection :
- C'est un transfert thermique au sein d'un fluide (liquide ou gaz) associé à un déplacement macroscopique de matière.
- Elle peut être naturelle (mouvement induit par les gradients de masse volumique sous l'effet de la pesanteur / poussée d'Archimède) ou forcée (mise en mouvement mécanique du fluide par un ventilateur, une pompe, du vent).
- Aux interfaces solide-fluide, elle est souvent modélisée de manière globale par la loi de Newton.
Le rayonnement thermique :
- C'est un transfert d'énergie sous forme d'ondes électromagnétiques émises par tout corps porté à une température thermodynamique non nulle (loi de Stefan-Boltzmann, loi de Planck).
- Sa spécificité essentielle est qu'il ne nécessite aucun support matériel et peut se propager dans le vide (ainsi qu'à travers les milieux transparents ou semi-transparents).
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Bien expliciter les spécificités de chaque mode de transfert thermique et distinguer clairement échelle microscopique et échelle macroscopique.
« considérant la conduction et la diffusion thermique comme deux types de transferts bien distincts, les trois modes de transferts sont généralement bien connus ; leurs spécificités le sont moins »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 11
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : transfert thermique, convection thermique
Indiquer le rôle de chacun de ces modes dans la propagation d'un incendie.
Voir l'indiceIndice
Illustrer comment le rayonnement préchauffe les éléments à distance, la convection ascende les gaz brûlants vers les combles et la conduction propage le feu au sein des poutres.
Voir la réponse courteRéponse courte
Conduction le long du bois, convection par les fumées ascendantes vers les combles, et rayonnement thermique chauffant les éléments distants.
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Dans le contexte d'un incendie (comme celui de la charpente de Notre-Dame), les trois modes de transfert thermique interviennent de manière complémentaire :
La conduction thermique :
- Elle assure le transfert de chaleur au sein même des éléments solides (poutres, planchers, cloisons).
- Elle permet la propagation du front thermique le long d'une pièce de bois, échauffant la matière adjacente jusqu'à sa température de pyrolyse (T_i) puis de combustion (T_c).
- Elle peut également transmettre la chaleur à travers des éléments de structure non combustibles (métaux, maçonnerie) et enflammer des matériaux disposés de l'autre côté.
La convection thermique :
- Les fumées et les gaz chauds générés par la combustion s'élèvent sous l'effet de la poussée d'Archimède (tirage thermique). Ce flux ascendant propage préférentiellement l'incendie vers le haut (étages supérieurs, combles, flèche).
- Ce mouvement d'air crée un appel d'air frais (convection naturelle ou forcée par le vent), ce qui réapprovisionne continuellement le foyer en comburant (\mathrm{O}_2), attisant ainsi les flammes.
- La convection permet également le transport sur de longues distances d'escarbilles ou de brandons enflammés, provoquant des départs de feux secondaires disjoints.
Le rayonnement thermique :
- Émis principalement dans l'infrarouge par les flammes, les gaz chauds et les braises rougeoyantes (dont la puissance surfacique varie en T^4 d'après la loi de Stefan-Boltzmann), il se propage dans toutes les directions sans support matériel.
- Il préchauffe et assèche les matériaux combustibles situés à distance sans contact direct, entraînant leur dégazage par pyrolyse.
- Lorsque le flux radiatif reçu devient critique, il peut provoquer l'auto-inflammation simultanée de tous les combustibles exposés, phénomène d'embrasement généralisé éclair (flashover).
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Garder en tête que le rayonnement thermique dépasse le domaine visible et replacer la réflexion dans le contexte de l'incendie.
« le rayonnement thermique ne se limite pas au visible et que le Soleil n’est probablement pas responsable du départ de feu dans le contexte étudié. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 12
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min- Incontournable
- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : équation de diffusion, loi de fourier
Effectuer un bilan d'enthalpie sur un élément de longueur de poutre de bois de section compris entre et , dans la zone de combustion. En supposant la loi de Fourier applicable, en déduire l'équation régissant l'évolution de la température dans la zone de combustion. Mettre cette équation sous la forme
en précisant les expressions de et en fonction des données du problème.
Voir l'indiceIndice
Effectuer un bilan thermique sur la tranche [x, x+\mathrm{d}x] pendant \mathrm{d}t en combinant la loi de Fourier j_Q = -\lambda\,\partial T/\partial x et la puissance massique volumique générée \mu P_c.
Voir la stratégieStratégie
- Définir le système thermodynamique (tranche de poutre de section S entre x et x + \mathrm{d}x) à pression atmosphérique constante.
- Exprimer la variation d'enthalpie \mathrm{d}H du système entre les instants t et t+\mathrm{d}t en fonction de sa capacité thermique, du transfert thermique conductif entrant/sortant et de l'énergie libérée par la réaction chimique.
- Injecter la loi de Fourier pour exprimer le flux conductif, puis diviser par la masse et la capacité thermique massique pour identifier D et \kappa.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan d'enthalpie sur une tranche \mathrm{d}x avec flux de Fourier et terme source volumique : D = \lambda/(\rho c_m) et \kappa = p_V/(\rho c_m).
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Considérons le système fermé constitué par la tranche de poutre comprise entre les abscisses x et x+\mathrm{d}x, de section S et de masse :
L'évolution se déroulant à pression atmosphérique fixée, le premier principe appliqué à ce système entre les instants t et t+\mathrm{d}t s'écrit sous forme d'un bilan enthalpique :
Détaillons chacun des termes :
La variation d'enthalpie liée à l'élévation de température s'écrit :
\mathrm{d}H = \mathrm{d}m\,c_p\,\mathrm{d}T = \mu\,c_p\,S\,\mathrm{d}x\,\frac{\partial T}{\partial t}\,\mathrm{d}tLe transfert thermique conductif net reçu par la tranche résulte des flux traversant les sections en x et en x+\mathrm{d}x :
\delta Q_{\text{cond}} = \left[\Phi(x,t) - \Phi(x+\mathrm{d}x,t)\right]\mathrm{d}t = -\frac{\partial \Phi}{\partial x}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}tEn appliquant la loi de Fourier à une dimension, la densité de flux thermique s'écrit \vec{j}_{\text{th}} = -\lambda\,\frac{\partial T}{\partial x}\,\vec{u}_x, d'où le flux thermique traversant la section S orientée vers les x croissants :
\Phi(x,t) = \vec{j}_{\text{th}}(x,t)\cdot(S\,\vec{u}_x) = -\lambda\,S\,\frac{\partial T}{\partial x}(x,t)Il en découle :
\delta Q_{\text{cond}} = \lambda\,S\,\frac{\partial^2 T}{\partial x^2}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}tLa puissance thermique dégagée par la combustion est \mathcal{P}_{\text{reac}} = P_c\,\mathrm{d}m = P_c\,\mu\,S\,\mathrm{d}x, d'où l'énergie thermique fournie au système par la réaction :
\delta H_{\text{reac}} = P_c\,\mu\,S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t
En rassemblant ces contributions dans le bilan d'enthalpie, on obtient :
En simplifiant par S\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}t, il vient :
Soit, en divisant par le terme volumique \mu\,c_p :
On identifie ainsi l'équation demandée avec :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Définir le système, mener rigoureusement le bilan enthalpique isobare entre t et t + dt avec la loi de Fourier, et utiliser des notations de dérivation rigoureuses.
« Le jury a valorisé les réponses précises où il apparaissait d’une part le système clairement défini, d’autre part un bilan enthalpique soigné à pression constante entre tet t+ dt, et pour finir, l’exploitation de la loi de Fourier adaptée à la géométrie du problème, sans confusion dans l’écriture (scalaire/vecteur). »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 13
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Incontournable
- Mise en équation
Notions : équation de diffusion
De même, écrire l'équation régissant l'évolution de la température dans la zone non altérée.
Voir l'indiceIndice
Dans la zone non altérée, aucune réaction de combustion n'a lieu : poser simplement le terme source \kappa = 0.
Voir la réponse courteRéponse courte
Dans la zone non altérée sans réaction exothermique, le terme source s'annule : \partial T/\partial t = D\,\partial^2 T/\partial x^2.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans la zone non altérée (x > x_2(t)), la température T(x,t) reste inférieure à la température d'inflammation T_i. Par conséquent, aucune réaction de combustion ne s'y produit et le terme source volumique de chaleur est nul (\kappa = 0).
Le transfert thermique dans le bois étant purement diffusif et unidimensionnel selon l'axe (Ox), et la diffusivité thermique D étant supposée identique dans tout le matériau d'après l'énoncé, l'évolution de la température est régie par l'équation de la chaleur classique sans terme source :
Résultat
Question 14
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : temps caractéristique de diffusion
Calculer la durée caractéristique de diffusion thermique pour une longueur d'une dizaine de centimètres d'un tronçon de poutre. Comparer ce temps de diffusion à l'ordre de grandeur de la durée de combustion d'une même longueur de poutre. Conclure.
Voir l'indiceIndice
Évaluer \tau_d \sim L^2/D et le confronter au temps nécessaire pour brûler cette longueur via l'énergie disponible par unité de longueur.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer et calculer la durée caractéristique de diffusion thermique \tau_d sur une longueur caractéristique L \sim 10\text{ cm} à partir de la diffusivité D.
- Estimer l'ordre de grandeur du temps de combustion \tau_c pour cette même longueur, soit par les données thermodynamiques fournies (\mathrm{PCI} et P_c), soit par l'expérience courante.
- Comparer \tau_d et \tau_c pour discuter de la validité de l'approximation des régimes quasi stationnaires (ARQS).
Voir la réponse courteRéponse courte
\tau_d \sim L^2/D \approx 10^5\text{ s} \gg \tau_c, montrant que la diffusion thermique est bien plus lente que l'avancée de la combustion.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le temps caractéristique de diffusion thermique sur une échelle spatiale L \sim 10\text{ cm} = 0{,}10\text{ m} est donné par :
Avec D = 1{,}0 \times 10^{-7}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} :
Pour estimer la durée de combustion \tau_c d'une section de poutre de cette taille, on peut relier le pouvoir calorifique inférieur \mathrm{PCI} = 19\text{ MJ}\cdot\text{kg}^{-1} à la puissance thermique massique de combustion P_c = 4{,}0 \times 10^3\text{ W}\cdot\text{kg}^{-1} :
Cette valeur est en plein accord avec l'ordre de grandeur usuel de la combustion d'une bûche de 10 cm (environ une à deux heures, soit \tau_c \sim 10^3 \text{ à } 10^4\text{ s}).
On constate ainsi que :
Conclusion : L'approximation des régimes quasi stationnaires (ARQS) nécessiterait que la diffusion thermique s'établisse quasi instantanément à l'échelle de temps de la combustion, c'est-à-dire \tau_d \ll \tau_c. Ici, la diffusion est beaucoup plus lente que la progression de la combustion (\tau_d \gg \tau_c). L'ARQS n'est donc pas applicable et le terme temporel \frac{\partial T}{\partial t} ne peut en aucun cas être négligé, ce qui justifie l'approche par onde de propagation adoptée dans les questions suivantes.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Ne pas valider hâtivement l'ARQS thermique en qualifiant la diffusion de phénomène lent sans contextualiser la comparaison des échelles de temps.
« concluent par une validité de l’ARQS thermique en associant ici la diffusion thermique à un phénomène lent, ce qui remet en question leur compréhension de fond de cette notion ou tout au moins leur capacité à la contextualiser. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 15
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : onde progressive, vitesse de propagation
Donner une interprétation de la quantité .
Voir l'indiceIndice
Noter que la variable u = x - ct correspond à la forme d'une onde progressive se propageant selon les x croissants à la vitesse constante c.
Voir la réponse courteRéponse courte
La variable u = x - ct montre que c est la vitesse de déplacement stationnaire du front de combustion le long de la poutre.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le changement de variable proposé est u = x - ct, avec c > 0, de sorte que la température s'écrit sous la forme d'une onde progressive :
Pour une valeur fixée du profil de température (c'est-à-dire \theta(u) = \text{cte}, soit u = \text{cte}), la position x(t) vérifie :
La quantité c s'interprète donc comme la célérité (ou vitesse de propagation) de l'onde thermique et du front de combustion, qui se propage dans la poutre dans le sens des x croissants :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Préciser la grandeur physique qui se propage sans se borner à parler de vitesse d'une onde, et distinguer énergie thermique et température.
« Le jury attendait davantage qu’une simple allusion à une vitesse ou même à la vitesse d’une onde sans plus de précision sur la grandeur se propageant. »
« La notion d’énergie thermique est parfois confondue avec la grandeur température. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 16
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
Notions : équation de diffusion
Déterminer les équations différentielles régissant l'évolution de la dérivée de dans la zone inaltérée et dans la zone en combustion.
Voir l'indiceIndice
Appliquer la règle de dérivation des fonctions composées : \partial/\partial x = \mathrm{d}/\mathrm{d}u et \partial/\partial t = -c\,\mathrm{d}/\mathrm{d}u, puis poser \theta'(u) = \mathrm{d}\theta/\mathrm{d}u.
Voir la réponse courteRéponse courte
Dérivées composées spatiales et temporelles en fonction de u : D\theta'' + c\theta' + \kappa = 0 en zone 2 et D\theta'' + c\theta' = 0 en zone 3.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le changement de variable est défini par u = x - ct, de sorte que T(x,t) = \theta(u). Par dérivation des fonctions composées, on obtient :
Dans la zone inaltérée : D'après la question Q13, l'équation de la chaleur s'écrit :
En y injectant les dérivées partielles, on obtient :
L'équation différentielle du premier ordre satisfaite par la dérivée \theta'(u) est donc :
Dans la zone en combustion : D'après la question Q12, l'équation régissant l'évolution thermique est :
Soit, en fonction de la variable u :
L'équation différentielle régissant l'évolution de la dérivée \theta'(u) s'écrit alors :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Appliquer rigoureusement le changement de variable proposé par l'énoncé.
« Question le plus souvent bien traitée. Quelques candidats n’ont pas réalisé correctement le change ment de variable suggéré. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 17
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : équation différentielle linéaire
Montrer que la forme générale des solutions () dans chacune des trois zones respectives peut s'écrire
Voir l'indiceIndice
Résoudre les équations différentielles linéaires d'ordre 1 en \theta'(u), puis intégrer une seconde fois par rapport à u pour obtenir \theta(u).
Voir la stratégieStratégie
- Pour la zone brûlée (u < u_1), utiliser l'hypothèse de l'énoncé sur la constance de la température.
- Pour les zones de combustion (u_1 < u < u_2) et inaltérée (u > u_2), résoudre les équations différentielles du premier ordre satisfaites par \theta'(u) établies à la question Q16, puis intégrer une seconde fois par rapport à u.
Voir la réponse courteRéponse courte
Résolution des équations différentielles linéaires d'ordre 1 sur \theta' puis intégration pour établir les solutions affines et exponentielles.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Zone 1 : zone brûlée (u < u_1)
D'après le préambule de la partie I.C, la zone brûlée est à température uniforme et constante :
où a_1 est une constante (qui vaut T_c).
Zone 2 : zone en combustion (u_1 < u < u_2)
D'après la question Q16, la dérivée \theta_2'(u) vérifie l'équation différentielle linéaire du premier ordre avec second membre constant :
Une solution particulière constante évidente est \theta_{2,\text{part}}'(u) = -\dfrac{\kappa}{c}. La solution générale de l'équation s'écrit donc :
où K_2 est une constante d'intégration. En intégrant une nouvelle fois par rapport à u, il vient :
En posant b_2 = -\dfrac{D}{c}K_2, constante d'intégration arbitraire, on obtient :
Zone 3 : zone inaltérée (u > u_2)
D'après la question Q16, l'équation différentielle vérifiée par \theta_3'(u) s'écrit :
Sa solution générale est :
où K_3 est une constante. L'intégration par rapport à u donne :
En posant b_3 = -\dfrac{D}{c}K_3, on aboutit à :
On retrouve ainsi la forme générale demandée pour l'ensemble des trois zones :
Résultat
Question 18
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : condition aux limites
Déterminer, en justifiant la réponse, les expressions de et en fonction des données.
Voir l'indiceIndice
Utiliser les conditions limites aux extrémités de la poutre : température asymptotique pour u \to +\infty et température uniforme de braise pour u < u_1.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la condition physique imposée dans la zone brûlée (u < u_1) pour en déduire la valeur constante a_1.
- Utiliser le comportement asymptotique à l'infini dans la zone inaltérée (u \to +\infty) en tenant compte du signe de c/D pour relier a_3 à la température du milieu lointain T_\infty.
Voir la réponse courteRéponse courte
Conditions aux limites : à l'infini amont u \to +\infty, le bois est froid d'où a_3 = T_0 ; en aval brûlé, a_1 = T_{\text{cendres}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'énoncé, la température dans la zone ayant brûlé (x < x_1(t), soit u < u_1) est uniforme et fixée à la température de combustion T_c = 720\text{ K}. L'expression de la solution dans cette zone étant \theta_1(u) = a_1, on en déduit directement :
Dans la zone inaltérée (x > x_2(t), soit u > u_2), l'énoncé précise que loin de la frontière x_2(t), c'est-à-dire lorsque x \to +\infty (soit u \to +\infty), la température de la poutre reste constante et égale à T_\infty = 320\text{ K} :
Or, d'après la forme de la solution établie à la question Q17 :
Les grandeurs c et D étant strictement positives, l'exposant est négatif et le terme exponentiel s'atténue vers zéro à l'infini :
Par identification avec la condition aux limites, on obtient :
Résultat
Question 19
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Schéma ou tracé
Notions : profil de température
Tracer l'allure de la fonction dans la poutre.
Voir l'indiceIndice
Représenter une courbe continue et décroissante par morceaux, passant par un palier à T_c, puis décroissant jusqu'à T_i et enfin tendant vers T_\infty.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé continu et décroissant de T_{\text{cendres}} vers T_0, montrant les raccords entre zones affine, transitoire et exponentielle.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les questions précédentes et les données de l'énoncé, le profil de température \theta(u) présente les caractéristiques suivantes :
- dans la zone brûlée (u < u_1), la température est uniforme et vaut \theta_1(u) = T_c = 720\text{ K} ;
- la température est continue en u = u_1, soit \theta(u_1) = T_c ;
- dans la zone de combustion (u_1 < u < u_2), la température décroît continûment de T_c à la température d'inflammation T_i = 520\text{ K} atteinte en u = u_2 ;
- dans la zone inaltérée (u > u_2), la température décroît de façon exponentielle à partir de \theta_3(u_2) = T_i et tend asymptotiquement vers la température ambiante T_\infty = 320\text{ K} lorsque u \to +\infty.
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Ne pas tracer de points anguleux aux abscisses de raccordement u1 et u2.
« La présence de points anguleux en u1 et u2 a été sanctionnée par le jury. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 20
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : condition aux limites, raccordement
Quelles conditions permettent d'obtenir les constantes , et ? On ne cherchera pas à les expliciter littéralement.
Voir l'indiceIndice
Écrire la continuité de la température T ainsi que la continuité de la densité de flux thermique -\lambda\,\mathrm{d}\theta/\mathrm{d}u aux frontières u = u_1 et u = u_2.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier les grandeurs physiques qui doivent être continues aux deux interfaces u = u_1 et u = u_2 : la température et le flux thermique diffusif.
- Exprimer les conditions aux limites imposées par l'énoncé sur la température en ces frontières.
- Mentionner la continuité de la dérivée spatiale (due à l'absence de source surfacique singulière), qui permet de fermer complètement le système.
Voir la réponse courteRéponse courte
Continuité de la température \theta(u) et de la densité de flux thermique -\lambda\,\theta'(u) aux interfaces u = u_1 et u = u_2.
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Les constantes d'intégration a_2, b_2 et b_3 s'obtiennent en écrivant les conditions aux limites et de raccordement aux deux interfaces u = u_1 et u = u_2 :
Continuité de la température :
En u = u_1, la température atteint la température de combustion T_c :
\theta_2(u_1) = \theta_1(u_1) = T_cEn u = u_2, la température est égale à la température d'inflammation T_i :
\theta_2(u_2) = T_i \quad \text{et} \quad \theta_3(u_2) = T_ice qui assure la continuité \theta_2(u_2) = \theta_3(u_2) = T_i.
Ces trois équations suffisent à déterminer les trois constantes a_2, b_2 et b_3 en fonction de u_1 et u_2.
Continuité du flux thermique :
En l'absence de source surfacique d'énergie et la conductivité thermique \lambda étant supposée identique dans tout le matériau, le vecteur densité de flux thermique -\lambda \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}u}\vec{u}_x est continu en tout point, ce qui impose la continuité de la dérivée \theta'(u) :En u = u_1 :
\theta_2'(u_1) = \theta_1'(u_1) = 0En u = u_2 :
\theta_2'(u_2) = \theta_3'(u_2)
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Penser à écrire la continuité du flux thermique via la dérivée première de la température, sans la confondre avec les conditions aux limites.
« Si la continuité de la température apparait quelques fois, celle du flux est quasi-totalement absente ainsi que son lien avec la dérivée première θ′(u). »
« Quelques confusions entre conditions de continuité au raccordement et conditions aux limites. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 21
ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : vitesse de propagation
Déterminer une valeur approchée de . Conclure.
Voir l'indiceIndice
Poser X = \frac{c^2}{\kappa D}(T_i - T_\infty), réécrire l'équation transcendante sous la forme \gamma X = -\ln(1-X) et chercher l'intersection avec la courbe fournie.
Voir la stratégieStratégie
- Poser une variable adimensionnée X faisant apparaître le terme sous le logarithme dans l'équation fournie.
- Exprimer le membre de gauche en fonction de X à l'aide des températures données, pour se ramener à l'intersection de la courbe y = \ln(1 - X) avec une droite.
- Lire graphiquement la solution non triviale (X \neq 0), en déduire la valeur numérique de la célérité c et commenter sa cohérence physique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Raccordement des profils thermiques permettant d'isoler c, donnant une vitesse de front de quelques millimètres par minute.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'équation satisfaite par la célérité c s'écrit :
Introduisons la variable sans dimension :
Avec les valeurs numériques fournies :
On constate que :
Le membre de gauche s'écrit donc :
L'équation se ramène ainsi à :
La valeur X = 0 correspond au cas sans combustion (c = 0). La solution non triviale correspond à l'intersection de la courbe y = \ln(1 - x) avec la droite d'équation y = -2x.
Sur le graphique de l'annexe :
- pour x = 0{,}8, -2x = -1{,}6 et \ln(1 - 0{,}8) = \ln(0{,}2) \approx -1{,}61 ;
- la droite y = -2x coupe donc la courbe en :
On en déduit l'expression littérale puis la valeur de la vitesse c :
Avec \kappa = 2{,}0\text{ K}\cdot\text{s}^{-1} (établi à la question Q12), D = 1{,}0 \times 10^{-7}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} et T_i - T_\infty = 200\text{ K} :
Conclusion : La vitesse de propagation du front de combustion est très faible, de l'ordre de 10\text{ cm}\cdot\text{h}^{-1} (soit environ 1{,}7\text{ mm}\cdot\text{min}^{-1}). Le temps nécessaire pour consumer un tronçon de 10\text{ cm} est ainsi de l'ordre de \frac{0{,}1}{2{,}8 \times 10^{-5}} \approx 3{,}6 \times 10^3\text{ s} \approx 1\text{ h}, ce qui est en parfait accord avec l'ordre de grandeur de \tau_c \sim 5 \times 10^3\text{ s} estimé à la question Q14. Le bois massif de chêne est donc un matériau qui se consume lentement.
Résultat
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Proposer un critère de comparaison pertinent pour évaluer la vitesse de propagation du front de combustion.
« Le critère avancé pour juger de la rapidité de la progression du front de combustion n’apparait que rarement de manière pertinente. »
« Dans certaines copies, on peut lire une comparaison à la vitesse du son ou de la lumière »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 22
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : vitesse de propagation
Estimer la durée de combustion complète d'un mètre de poutre.
Voir l'indiceIndice
Calculer le temps de combustion par la relation cinématique directe t = L / c avec la vitesse de propagation obtenue à la question précédente.
Voir la stratégieStratégie
- La combustion se propage sous la forme d'un front d'onde thermique avançant à la célérité constante c.
- La durée nécessaire pour consumer une longueur L = 1\text{ m} de poutre s'obtient simplement par la relation cinématique t_{\text{comb}} = \frac{L}{c}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Durée de combustion \Delta t = L/c, de l'ordre de plusieurs heures pour consumer entièrement un mètre de poutre.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le front de combustion se propage à la vitesse constante c. La durée nécessaire à la combustion complète d'un tronçon de poutre de longueur L s'écrit donc :
D'après la question Q21, la célérité de propagation vaut c \approx 2{,}8 \times 10^{-5}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. Pour une longueur L = 1{,}0\text{ m} :
En convertissant en heures :
Résultat
Partie II : Le plomb
A · L'élément plomb – Oxydation du plomb
Question 23
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI
Notions : réseau cubique à faces centrées, paramètre de maille
Le plomb solide cristallise dans un réseau cubique face centrée. Calculer le paramètre de maille .
Voir l'indiceIndice
Relier la masse volumique à la masse de la maille : \rho = \frac{Z M_{\mathrm{Pb}}}{N_A a^3} avec Z = 4 pour une maille cubique à faces centrées.
Voir la stratégieStratégie
- Déterminer la population (nombre de motifs par maille) Z du réseau cubique à faces centrées (CFC).
- Exprimer la masse volumique \rho du plomb solide en fonction de Z, de sa masse molaire M, de la constante d'Avogadro N_A et du paramètre de maille a.
- Isoler a et procéder à l'application numérique avec les grandeurs données en annexe.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tangence des atomes sur la diagonale d'une face : a\sqrt{2} = 4R, d'où a = 2\sqrt{2}R \approx 495\text{ pm}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans un réseau cubique à faces centrées (CFC), les atomes de plomb sont situés :
- aux 8 sommets du cube, chacun étant partagé par 8 mailles élémentaires ;
- aux centres des 6 faces, chacun étant partagé par 2 mailles.
Le nombre d'atomes de plomb par maille s'élève donc à :
La masse d'une maille élémentaire est m_{\text{maille}} = \dfrac{Z M}{N_A}, et son volume vaut V = a^3. La masse volumique du plomb s'exprime ainsi :
On en déduit l'expression littérale du paramètre de maille a :
Application numérique :
- Z = 4 ;
- M = 207{,}2\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 207{,}2 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} ;
- \rho = 11{,}35\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} = 11{,}35 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
- N_A = 6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1}.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Ne pas ajouter d'atome au centre d'une maille CFC, distinguer volume de maille et volume occupé par les atomes, et vérifier l'ordre de grandeur de a.
« Le jury s’étonne de voir quelques mailles CFC comportant un atome surnuméraire au centre de la maille. »
« La confusion entre volume de la maille et volume occupé par les sphères est fréquente et conduit systématiquement à une relation incorrecte entre masse volumique et paramètre de maille. »
« il n’était pas rare de constater un écart de 2 à 4 ordre de grandeurs par rapport à l’attendu. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 24
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : changement d'état, fusion
Lors de l'incendie, la température a dépassé . Sous quel(s) état(s) pouvait-on trouver du plomb sur les lieux de l'incendie ?
Voir l'indiceIndice
Comparer 800~^\circ\mathrm{C} à la température de fusion (327~^\circ\mathrm{C}) et d'ébullition (1749~^\circ\mathrm{C}) du plomb tabulées dans les données.
Voir la réponse courteRéponse courte
À 800\text{ }^\circ\text{C}, T_{\text{fus}} = 327\text{ }^\circ\text{C} < T < T_{\text{éb}} = 1749\text{ }^\circ\text{C} : le plomb est liquide, avec présence de vapeurs.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les données fournies pour l'élément plomb :
- température de fusion : T_{\text{fus}} = 327\text{ }^\circ\mathrm{C} ;
- température d'ébullition : T_{\text{éb}} = 1749\text{ }^\circ\mathrm{C}.
Sur les lieux de l'incendie, la température a dépassé 800\text{ }^\circ\mathrm{C}, mais présente un gradient spatial important depuis la température ambiante jusqu'au cœur du foyer :
- Plomb liquide : Au niveau des zones du brasier où T > 327\text{ }^\circ\mathrm{C} (et en particulier là où T > 800\text{ }^\circ\mathrm{C}), la température est largement supérieure à T_{\text{fus}} mais reste inférieure à T_{\text{éb}} = 1749\text{ }^\circ\mathrm{C}. Le plomb s'y trouve donc à l'état liquide (le plomb des toitures et de la flèche a ainsi fondu et coulé).
- Plomb solide : Dans les zones éloignées du foyer ou moins exposées où la température est restée inférieure à 327\text{ }^\circ\mathrm{C}, ou encore après ruissellement et refroidissement du métal fondu sur les pierres ou les voûtes, le plomb se trouve à l'état solide.
- Plomb gazeux et aérosols : Bien que T < T_{\text{éb}}, la pression de vapeur saturante du plomb liquide n'est pas négligeable aux températures atteintes (800\text{ }^\circ\mathrm{C} et plus), ce qui conduit à l'émission de vapeurs de plomb. Au contact de l'air plus froid et du dioxygène, ces vapeurs se condensent ou réagissent pour former des microparticules en suspension (aérosols, notamment d'oxydes de plomb) emportées dans les panaches de fumée.
Résultat
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Penser à justifier la réponse apportée.
« Question rarement justifiée. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 25
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Mise en équation
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : réaction d'oxydoréduction, oxydation
Écrire les réactions du dioxygène de l'air sur le plomb solide conduisant aux oxydes , et à température ambiante. On prendra un coefficient stœchiométrique de 1 pour le dioxygène.
Voir l'indiceIndice
Ajuster les coefficients stœchiométriques de manière à imposer strictement un coefficient 1 devant le gaz \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Équations pour une mole de \mathrm{O}_2 : 2\,\mathrm{Pb} + \mathrm{O}_2 \to 2\,\mathrm{PbO}, \frac{3}{2}\,\mathrm{Pb} + \mathrm{O}_2 \to \frac{1}{2}\,\mathrm{Pb}_3\mathrm{O}_4 et \mathrm{Pb} + \mathrm{O}_2 \to \mathrm{PbO}_2.
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À température ambiante (T \approx 20\text{ }^\circ\text{C} < T_{\text{fus}} = 327\text{ }^\circ\text{C}), le plomb est à l'état solide. En imposant un coefficient stœchiométrique égal à 1 pour le dioxygène gazeux \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})}, les équations de réaction d'oxydation du plomb solide s'écrivent :
Formation de l'oxyde de plomb(II) \mathrm{PbO}_{(\mathrm{s})} :
\boxed{2\,\mathrm{Pb}_{(\mathrm{s})} + \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})} = 2\,\mathrm{PbO}_{(\mathrm{s})}}Formation du tétroxyde de triplomb \mathrm{Pb}_3\mathrm{O}_{4(\mathrm{s})} :
\boxed{\frac{3}{2}\,\mathrm{Pb}_{(\mathrm{s})} + \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})} = \frac{1}{2}\,\mathrm{Pb}_3\mathrm{O}_{4(\mathrm{s})}}Formation du dioxyde de plomb \mathrm{PbO}_{2(\mathrm{s})} :
\boxed{\mathrm{Pb}_{(\mathrm{s})} + \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})} = \mathrm{PbO}_{2(\mathrm{s})}}
Résultat
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Respecter scrupuleusement la consigne sur le coefficient stœchiométrique imposé pour O2.
« L’énoncé faisant mention explicite du nombre stœchiométrique de O2, le jury a sanctionné dès lors que ce critère n’a pas été respecté. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 26
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : nombre d'oxydation
Préciser la valeur du nombre d'oxydation du plomb dans ces oxydes. Commenter la valeur pour .
Voir l'indiceIndice
Attribuer le nombre d'oxydation -2 à l'oxygène ; pour \mathrm{Pb}_3\mathrm{O}_4, interpréter la fraction comme une valence moyenne résultant du mélange d'oxydes \mathrm{Pb(II)} et \mathrm{Pb(IV)}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Degrés d'oxydation +\text{II} dans \mathrm{PbO}, +\text{IV} dans \mathrm{PbO}_2, et degré moyen fractionnaire +8/3 dans l'oxyde mixte \mathrm{Pb}_2^{\mathrm{II}}\mathrm{Pb}^{\mathrm{IV}}\mathrm{O}_4.
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Dans un oxyde, le nombre d'oxydation conventionnel de l'élément oxygène vaut -\mathrm{II}. La somme des nombres d'oxydation des atomes d'une espèce neutre étant nulle :
Pour le monoxyde de plomb \mathrm{PbO}_{(\mathrm{s})} :
\text{n.o.}(\mathrm{Pb}) + \text{n.o.}(\mathrm{O}) = 0 \implies \text{n.o.}(\mathrm{Pb}) + (-2) = 0 \implies \boxed{\text{n.o.}(\mathrm{Pb}) = +\mathrm{II}}Pour le dioxyde de plomb \mathrm{PbO}_{2(\mathrm{s})} :
\text{n.o.}(\mathrm{Pb}) + 2\,\text{n.o.}(\mathrm{O}) = 0 \implies \text{n.o.}(\mathrm{Pb}) + 2 \times (-2) = 0 \implies \boxed{\text{n.o.}(\mathrm{Pb}) = +\mathrm{IV}}Pour le tétroxyde de triplomb \mathrm{Pb}_3\mathrm{O}_{4(\mathrm{s})} (minium) :
3\,\overline{\text{n.o.}}(\mathrm{Pb}) + 4\,\text{n.o.}(\mathrm{O}) = 0 \implies 3\,\overline{\text{n.o.}}(\mathrm{Pb}) - 8 = 0 \implies \boxed{\overline{\text{n.o.}}(\mathrm{Pb}) = +\frac{8}{3}}
Commentaire sur \mathrm{Pb}_3\mathrm{O}_{4(\mathrm{s})} : Le nombre d'oxydation moyen est fractionnaire, ce qui traduit le fait que \mathrm{Pb}_3\mathrm{O}_{4} est un oxyde mixte (ou composé à valence mixte).
Comme le plomb n'admet que les états d'oxydation entiers +\mathrm{II} et +\mathrm{IV} (rappelés dans les données de l'énoncé), le solide associe deux ions \mathrm{Pb(II)} pour un ion \mathrm{Pb(IV)}. La formule s'écrit sous forme d'oxyde double :
On retrouve bien la moyenne arithmétique :
Résultat
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Savoir commenter l'obtention d'un degré d'oxydation fractionnaire pour Pb3O4.
« Rares sont les candidats sachant interpréter l’obtention d’un nombre rationnel pour Pb3O4. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 27
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : constante d'équilibre, enthalpie libre standard de réaction
Calculer la constante d'équilibre à de la réaction conduisant à à partir des données thermodynamiques fournies en fin d'énoncé.
Voir l'indiceIndice
Calculer \Delta_r H^\circ et \Delta_r S^\circ à partir des tables, en déduire \Delta_r G^\circ = \Delta_r H^\circ - T \Delta_r S^\circ, puis K^\circ = \exp(-\Delta_r G^\circ/RT).
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler l'équation de la réaction écrite à la question Q25 avec un coefficient stœchiométrique de 1 devant \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})}.
- Calculer l'enthalpie standard de réaction \Delta_r H^\circ et l'entropie standard de réaction \Delta_r S^\circ à T = 298\text{ K} à l'aide de la loi de Hess.
- En déduire l'enthalpie libre standard de réaction \Delta_r G^\circ(298\text{ K}), puis la constante d'équilibre K^\circ(298\text{ K}) via la relation \Delta_r G^\circ = -RT \ln K^\circ.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de \Delta_r G^\circ = \Delta_r H^\circ - T\Delta_r S^\circ puis K^\circ = \exp(-\Delta_r G^\circ/RT), donnant une constante extrêmement grande.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q25, la réaction de formation de l'oxyde \mathrm{PbO}_{(\mathrm{s})} écrite avec un coefficient stœchiométrique égal à 1 pour le dioxygène est :
L'enthalpie standard de cette réaction à T = 298\text{ K} est donnée par la loi de Hess :
De même, l'entropie standard de réaction à 298\text{ K} vaut :
L'enthalpie libre standard de réaction à T = 298\text{ K} s'en déduit :
La constante d'équilibre K^\circ(298\text{ K}) est reliée à \Delta_r G^\circ(298\text{ K}) par la relation de définition :
Application numérique avec R = 8{,}31\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} et T = 298\text{ K} :
D'où la valeur de la constante d'équilibre :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Penser à convertir l'enthalpie libre standard de réaction en J/mol lors du calcul numérique.
« De nombreuses erreurs de calculs relevées par défaut d’une conversion de la valeur numérique de l’enthalpie libre standard de réaction en J⋅mol−1. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 28
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : règle des phases, déplacement d'équilibre
Calculer la variance de chacun de ces trois équilibres. Quel serait l'effet d'une diminution de la pression en dioxygène à température constante ?
Voir l'indiceIndice
Appliquer la règle des phases de Gibbs v = c + 2 - \varphi - r en comptant le nombre de phases condensées distinctes (non miscibles) et la phase gazeuse.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer la règle des phases de Gibbs v = N - r + 2 - \varphi - k à chacun des trois équilibres indépendamment, en prenant garde au nombre de phases (solides non miscibles).
- Exprimer le quotient de réaction Q_r ou invoquer le principe de modération de Le Chatelier pour déterminer le sens d'évolution du système lors d'une perturbation de la pression en dioxygène à température fixée.
Voir la réponse courteRéponse courte
Variance v = 1 ; une diminution de pression partielle en \mathrm{O}_2 à température fixée favorise la dissociation de l'oxyde en plomb.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Calcul de la variance des trois équilibres
Chacun des trois équilibres de la question Q25 met en jeu :
- N = 3 espèces chimiques (le plomb \mathrm{Pb}_{(\mathrm{s})}, le dioxygène \mathrm{O}_{2(\mathrm{g})} et l'oxyde de plomb considéré) ;
- r = 1 réaction chimique indépendante ;
- \varphi = 3 phases distinctes : les deux solides sont non miscibles et constituent chacun une phase propre, à laquelle s'ajoute la phase gazeuse ;
- k = 0 relation supplémentaire imposée par les conditions initiales ou de conservation d'éléments en phase homogène.
D'après la règle des phases de Gibbs, la variance v vaut :
La variance est identique pour les trois équilibres : ces systèmes sont monovariants.
Remarque équivalente : L'activité d'une phase solide pure étant unitaire, la condition d'équilibre s'écrit simplement :
À une température T fixée, la pression de dioxygène d'équilibre est totalement imposée : il n'y a qu'un seul paramètre intensif indépendant (T).
2. Effet d'une diminution de la pression en dioxygène à température constante
Le quotient réactionnel associé à l'équilibre d'oxydation s'écrit :
Une diminution de la pression en dioxygène (P_{\mathrm{O}_2} < P_{\mathrm{O}_2,\text{éq}}) entraîne une augmentation de ce quotient, d'où Q_r > K^\circ(T). L'affinité chimique A = -RT \ln(Q_r/K^\circ) devient négative.
D'après le principe de modération de Le Chatelier, une diminution de la pression partielle du gaz \mathrm{O}_2 déplace l'équilibre dans le sens qui tend à s'opposer à cette diminution, c'est-à-dire dans le sens qui produit du dioxygène gazeux :
Si la pression P_{\mathrm{O}_2} est maintenue inférieure à la pression d'équilibre (par exemple sous balayage de gaz neutre ou dans une enceinte ouverte), l'équilibre est rompu et la réaction se poursuit jusqu'à la disparition complète de l'oxyde métallique.
Résultat
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Maîtriser le calcul de variance, ne pas faire dépendre K° de la pression et justifier le sens d'évolution par un critère thermodynamique rigoureux.
« Le calcul de variance est insuffisamment maitrisé. »
« Le critère d’évolution spontané depuis l’état perturbé hors équilibre n’est que très rarement justifié. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 29
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Exploitation de document
Notions : diagramme d'ellingham
Retrouver la valeur de la constante d'équilibre calculée à la question 27.
Voir l'indiceIndice
Relever l'ordonnée à l'origine (T = 0~\mathrm{K} ou T = 298~\mathrm{K}) de la droite d'Ellingham associée à la frontière \mathrm{Pb}/\mathrm{PbO}.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le quotient de réaction à l'équilibre pour la formation de \mathrm{PbO}_{(\mathrm{s})} afin de relier K^\circ(T) à la pression d'équilibre en dioxygène P_{\mathrm{O}_2,\text{eq}}.
- Identifier la droite frontière séparant les domaines de \mathrm{Pb} et de \mathrm{PbO} sur le diagramme d'Ellingham fourni (figure 3).
- Lire la valeur de RT \ln(P_{\mathrm{O}_2}/P^\circ) à T = 298\text{ K} \approx 300\text{ K} et en déduire la constante d'équilibre K^\circ(298\text{ K}).
Voir la réponse courteRéponse courte
Lecture graphique de l'affinité \Delta_r G^\circ(298\text{ K}) sur le diagramme d'Ellingham pour retrouver la constante K^\circ.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons l'équilibre de formation de \mathrm{PbO}_{(\mathrm{s})} écrit avec un nombre stœchiométrique de 1 pour \mathrm{O}_2 (question Q25) :
Les solides étant purs et dans leur état standard (a_{\mathrm{Pb}} = 1 et a_{\mathrm{PbO}} = 1), la constante d'équilibre s'écrit :
Sur la figure 3, la droite frontière séparant le domaine d'existence du plomb \mathrm{Pb} (en bas) de celui de l'oxyde \mathrm{PbO} (au-dessus) correspond à cet équilibre.
À la température T = 298\text{ K} \approx 300\text{ K}, on lit sur cette droite :
(on observe également que l'ordonnée à l'origine indiquée vaut \Delta_r H^\circ \approx -438\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}, très proche des -436\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} calculés à la question Q27).
On en déduit :
ce qui donne :
On retrouve bien la valeur obtenue à la question Q27 (K^\circ \approx 9 \times 10^{65}).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Effectuer explicitement le calcul numérique demandé au lieu d'affirmer simplement retrouver le résultat précédent.
« Rares sont les candidats ayant fait l’effort d’effectuer l’application numérique, prétextant retrouver sans peine le résultat de la question 27. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 30
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : diagramme d'ellingham, domaine d'existence
Quel(s) composé(s) du plomb peu(ven)t être présent(s) dans un nuage de fumée à température ?
Voir l'indiceIndice
Convertir 500~^\circ\mathrm{C} en kelvins, placer le point de fonctionnement à P_{\mathrm{O}_2} \approx 0{,}2~\mathrm{bar} sur le diagramme et lire le domaine d'existence correspondant.
Voir la stratégieStratégie
- Convertir la température en kelvins et estimer la valeur du potentiel de dioxygène RT\ln(P_{\mathrm{O}_2}/P^\circ) dans les fumées.
- Identifier le domaine de stabilité sur le diagramme de la figure 3.
- Confirmer avec les données thermiques du tableau (températures de décomposition) et la couleur jaune caractéristique signalée dans l'énoncé.
Voir la réponse courteRéponse courte
À 500\text{ }^\circ\text{C} dans l'air, \mathrm{PbO}_{(\mathrm{s})} est l'oxyde thermodynamiquement le plus stable sous forme de poussières et d'aérosols.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La température du nuage de fumée est :
Dans l'air ambiant, la pression partielle en dioxygène est P_{\mathrm{O}_2} \approx 0{,}20\text{ bar}. Au sein des fumées d'incendie, la combustion a appauvri le milieu en comburant, de sorte que P_{\mathrm{O}_2} \leqslant 0{,}20\text{ bar}. On a donc :
Sur le diagramme d'existence de la figure 3 à T = 773\text{ K} :
- La frontière entre \mathrm{Pb} et \mathrm{PbO} se situe vers -320\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} ;
- La frontière entre \mathrm{PbO} et \mathrm{Pb}_3\mathrm{O}_4 se situe au voisinage de 0\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1} (légèrement au-dessus de -10\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}).
L'état du système se situe donc nettement au-dessus de la droite d'oxydation de \mathrm{Pb}, et en dessous de la droite de formation de \mathrm{Pb}_3\mathrm{O}_4, c'est-à-dire dans le domaine de stabilité de \mathrm{PbO}.
Ce résultat thermodynamique est confirmé par les données du tableau :
- \mathrm{PbO}_2 se décompose dès 290\text{ }^\circ\mathrm{C} en \mathrm{Pb}_3\mathrm{O}_4 puis \mathrm{PbO} ;
- \mathrm{Pb}_3\mathrm{O}_4 subit une fusion et une décomposition thermique au-delà de 500\text{ }^\circ\mathrm{C} pour donner \mathrm{PbO} ;
- La coloration jaune des fumées observée lors de l'incendie (rappelée en introduction de la partie II) correspond à la couleur de la litharge \mathrm{PbO}.
À la température de 500\text{ }^\circ\mathrm{C}, qui constitue la limite supérieure de stabilité de \mathrm{Pb}_3\mathrm{O}_4, des traces résiduelles de cet oxyde orange peuvent éventuellement subsister si l'équilibre n'est pas totalement atteint.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Fournir un ordre de grandeur ou un encadrement quantitatif de la pression partielle en dioxygène de l'air.
« Rares sont les candidats s’étant risqués à proposer un ordre de grandeur numérique ou un encadre ment de la valeur de la pression partielle en O2 de l’air. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
B · Détection du plomb
Question 31
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : modèle de bohr, transition électronique
Justifier cette dernière assertion.
Voir l'indiceIndice
Comparer l'énergie cinétique des électrons incidents (ou des photons incidents) à l'énergie d'ionisation de la couche K (arrachement d'un électron profond).
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler le principe de la spectrométrie de fluorescence X : pour qu'une série de raies caractéristiques (série K ou L) soit émise, le rayonnement incident doit au préalable arracher un électron de la couche correspondante (effet photoélectrique interne).
- Énoncer la condition énergétique d'ionisation : l'énergie E_{\text{inc}} des photons incidents doit être supérieure à l'énergie de liaison de l'électron dans la couche considérée, soit E_{\text{inc}} \geqslant |E_{\text{couche}}|.
- Comparer l'énergie des sources aux énergies d'ionisation des couches K et L du plomb fournies dans le tableau 1.
Voir la réponse courteRéponse courte
Les électrons de cœur subissent très peu l'effet d'écran des autres électrons, justifiant le modèle hydrogénoïde avec le numéro atomique Z=82.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le phénomène de fluorescence X se déroule en deux étapes :
- L'ionisation d'une couche électronique interne de l'atome par effet photoélectrique sous l'impact d'un photon incident ;
- La désexcitation radiative d'un électron d'une couche plus externe venant combler la lacune ainsi créée, avec émission d'un photon X de fluorescence caractéristique.
L'éjection d'un électron d'une couche d'énergie E_{\text{couche}} < 0 n'est possible que si l'énergie E_{\text{inc}} du photon incident est supérieure ou égale à l'énergie d'ionisation (ou énergie de liaison) de cette couche :
D'après le tableau 1, les énergies de liaison des couches K et L du plomb sont :
- Pour la source de ^{109}\mathrm{Cd} : le photon \gamma émis a une énergie de E_\gamma = 88\text{ keV}. Cette énergie est suffisante pour ioniser la couche K (E_\gamma \approx |E_{\text{K}}|) ainsi que la couche L (E_\gamma \gg |E_{\text{L}}|). Des lacunes sont donc créées sur les deux couches, permettant l'émission et la détection des raies K et L du plomb.
Pour le tube à rayons X de 15\text{ keV} :
|E_{\text{L}}| = 14{,}3\text{ keV} < 15\text{ keV} < |E_{\text{K}}| = 88{,}0\text{ keV}L'énergie des photons incidents est suffisante pour arracher un électron de la couche L, ce qui induit l'émission des raies L. En revanche, elle est très inférieure à l'énergie nécessaire pour arracher un électron de la couche K : aucune lacune n'est créée sur cette couche, et les raies K ne peuvent donc pas être émises.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Éviter les réponses tautologiques et exploiter les documents fournis pour identifier correctement les transitions.
« Le jury rappelle qu’une tautologie ne doit pas faire office de réponse à une question qua litative. »
« Peu de candidats ont cherché à exploiter les documents, si bien que la formule de Planck, bien que connue, est appliquée sur les mauvaises transitions. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 32
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1
Notions : relation de planck-einstein, spectre d'émission
Quelles sont les énergies libérées lors des passages des couches M, puis L, au niveau fondamental ? Les photons correspondants sont-ils visibles ?
Voir l'indiceIndice
Calculer \Delta E = E_{\mathrm{initial}} - E_{\mathrm{final}} pour les transitions vers la couche fondamentale K, puis situer ces énergies dans le spectre électromagnétique.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier le niveau fondamental de la structure en couches internes présentée à la figure 4 : il s'agit de la couche K (n = 1).
- Calculer la variation d'énergie libérée lors de chaque désexcitation : \Delta E = E_{\text{initial}} - E_{\text{final}}.
- Comparer les énergies obtenues (ou les longueurs d'onde associées) au domaine du spectre visible (1{,}6\text{ eV} \text{ à } 3{,}1\text{ eV}, soit 400\text{ nm} \text{ à } 800\text{ nm}).
Voir la réponse courteRéponse courte
Énergies de transition \Delta E de l'ordre de 10 à 70 keV, caractéristiques des rayons X et donc totalement invisibles.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans le modèle proposé (figure 4), le niveau d'énergie le plus bas (niveau fondamental pour ces transitions de couches profondes) correspond à la couche K (n=1), d'énergie E_{\text{K}} = -88{,}0\text{ keV}.
Passage de la couche M au niveau fondamental (transition notée K_\beta) : L'énergie libérée par l'électron lors de cette transition est :
Passage de la couche L au niveau fondamental (transition notée K_\alpha) : L'énergie libérée lors de cette transition est :
Visibilité des photons émis : Le domaine du visible s'étend sur des longueurs d'onde de 400\text{ nm} à 800\text{ nm}, ce qui correspond à des énergies de photons comprises entre :
Or, les énergies des photons émis sont de l'ordre de 70\text{ à } 85\text{ keV}, soit environ quatre ordres de grandeur supérieures aux énergies des photons du domaine visible.
À titre d'illustration, la longueur d'onde du photon émis lors de la transition K_\alpha vaut :
Cette longueur d'onde se situe très nettement dans le domaine des rayons X durs.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Appliquer la relation de Planck aux bonnes transitions et comparer explicitement les longueurs d'onde ou fréquences au domaine visible.
« Peu de candidats ont cherché à exploiter les documents, si bien que la formule de Planck, bien que connue, est appliquée sur les mauvaises transitions. »
« Une comparaison explicite des valeurs numériques obtenues pour les longueurs d’onde (ou fréquences) à celles du domaine visible est requise. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 33
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
Notions : fluorescence x, niveau d'énergie
La figure 5 donne deux spectres obtenus pour un échantillon contenant du plomb. L'abscisse est l'énergie du rayonnement émis exprimée en keV. Quelles raies ces spectres permettent-ils d'identifier ? Le modèle simple proposé permet-il de rendre compte des deux raies à et ? Proposer une explication possible pour l'existence de ces deux raies.
Voir l'indiceIndice
Associer les pics observés aux transitions K_\alpha et K_\beta, puis évoquer l'existence de sous-couches (L_{\mathrm{I}}, L_{\mathrm{II}}, L_{\mathrm{III}}) et le couplage spin-orbite.
Voir la stratégieStratégie
- Comparer les énergies des pics repérés sur les deux spectres de la figure 5 aux énergies de transition calculées à la question Q32 pour identifier les raies K_\alpha et K_\beta, ainsi que les raies de la série L.
- Évaluer l'énergie de la transition \mathrm{M} \to \mathrm{L} dans le cadre du modèle à trois niveaux du tableau 1 et constater que ce modèle ne prédit qu'une seule transition.
- Proposer les origines physiques de la multiplicité des raies : existence de sous-couches (structure fine par couplage spin-orbite) et/ou transitions provenant de niveaux supérieurs (couche N).
Voir la réponse courteRéponse courte
Attribution des raies L_\alpha et L_\beta ; le modèle de Bohr simple sans structure fine ne rend pas compte de la levée de dégénérescence.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Identification des raies sur les spectres :
Spectre haute énergie (droite) :
- Le pic situé à \mathbf{74{,}2\text{ keV}} correspond à la raie \mathbf{K_\alpha} (transition \mathrm{L} \to \mathrm{K}), calculée à 73{,}7\text{ keV} d'après la question Q32.
- Le pic situé à \mathbf{85{,}4\text{ keV}} correspond à la raie \mathbf{K_\beta} (transition \mathrm{M} \to \mathrm{K}), calculée à 85{,}0\text{ keV} d'après la question Q32.
Spectre basse énergie (gauche) :
- Les pics situés à \mathbf{10{,}5\text{ keV}}, \mathbf{12{,}6\text{ keV}} (et le pic secondaire vers 14{,}7\text{ keV}) correspondent aux désexcitations électroniques vers la couche L, c'est-à-dire aux raies du groupe \mathbf{L} (\mathrm{L}_\alpha, \mathrm{L}_\beta, \mathrm{L}_\gamma).
2. Confrontation avec le modèle simple :
D'après le tableau 1, l'énergie libérée lors de la transition \mathrm{M} \to \mathrm{L} dans ce modèle simplifié vaut :
Le modèle simple associe un niveau d'énergie unique à chaque couche (n = 2 pour L, n = 3 pour M). Il ne prévoit donc qu'une seule raie à 11{,}3\text{ keV} et ne permet pas de rendre compte de l'existence distincte des deux raies à 10{,}5\text{ keV} et 12{,}6\text{ keV}.
3. Explications possibles :
- Structure fine et sous-couches (explication principale) : Dans un atome lourd polyélectronique (Z = 82), les couches L et M ne sont pas mono-énergétiques. Elles sont divisées en sous-niveaux d'énergie distincts (\mathrm{L}_\mathrm{I}, \mathrm{L}_\mathrm{II}, \mathrm{L}_\mathrm{III} pour n=2, et \mathrm{M}_\mathrm{I} à \mathrm{M}_\mathrm{V} pour n=3) sous l'effet du couplage spin-orbite et des corrections relativistes. Les transitions radiatives entre ces différents sous-niveaux produisent plusieurs raies d'énergies voisines encadrant la valeur moyenne de 11{,}3\text{ keV} (notamment \mathrm{L}_{\alpha_1} \approx 10{,}5\text{ keV} et \mathrm{L}_{\beta_1} \approx 12{,}6\text{ keV}).
- Implication de couches supérieures : Comme le suggère le diagramme de la figure 4 où figure un niveau au-dessus de la couche M (couche N, n=4), la raie à 10{,}5\text{ keV} peut être attribuée à la raie \mathrm{L}_\alpha (transition \mathrm{M} \to \mathrm{L}) et la raie à 12{,}6\text{ keV} à la raie \mathrm{L}_\beta (transition plus énergétique issue d'une couche supérieure \mathrm{N} \to \mathrm{L}).
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Pour chaque raie identifiée, préciser son énergie et sa transition, et penser au dédoublement lié aux sous-couches.
« lorsqu’on pense avoir identifié une raie spectrale, il convient d’en préciser l’énergie (exemple : 74,2 keV) et la transition correspondante (exemple : Kαou encore L→K). »
« L’idée du doublement des raies relatif au sous couches pour une même valeur de nn’apparait que rarement. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Partie III : L'eau
A · Extinction du feu
Question 34
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : constante d'équilibre, décomposition thermique
Vérifier dans un premier temps que la molécule d'eau ne se décompose pas en et à haute température.
Voir l'indiceIndice
Calculer l'enthalpie libre standard de dissociation de la vapeur d'eau à 800~^\circ\mathrm{C} pour vérifier la quasi-inexistence de cette décomposition.
Voir la stratégieStratégie
- Écrire l'équation de la réaction de décomposition thermique (thermolyse) de l'eau gazeuse en dihydrogène et dioxygène.
- Calculer l'enthalpie standard \Delta_r H^\circ et l'entropie standard \Delta_r S^\circ de la réaction à l'aide des grandeurs molaires tabulées à 298\text{ K}.
- Dans l'approximation d'Ellingham, déterminer l'enthalpie libre standard \Delta_r G^\circ(T), la constante d'équilibre K^\circ(T) à la température typique de l'incendie (de l'ordre de 800\text{ }^\circ\text{C}, soit environ 1100\text{ K}), ou la température d'inversion.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de \Delta_r G^\circ(800\text{ }^\circ\text{C}) pour la dissociation de l'eau : très positif, d'où K^\circ \lll 1, décomposition négligeable.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons la réaction de décomposition thermique de l'eau vapeur :
D'après les données thermodynamiques à 298\text{ K} :
Sous l'approximation d'Ellingham (indépendance de \Delta_r H^\circ et \Delta_r S^\circ vis-à-vis de la température), l'enthalpie libre standard de réaction s'écrit :
La température d'inversion T_{\text{inv}}, au-delà de laquelle \Delta_r G^\circ(T) < 0 et la réaction devient thermodynamiquement favorable sous P^\circ = 1\text{ bar}, vaut :
À la température maximale citée pour l'incendie (T = 800\text{ }^\circ\text{C} \approx 1073\text{ K}) :
La constante d'équilibre associée vaut :
La molécule d'eau est donc extrêmement stable thermodynamiquement et ne se décompose pas en \mathrm{H}_2 et \mathrm{O}_2 aux températures atteintes lors du sinistre.
Résultat
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Ne pas se limiter à l'étude du signe de l'enthalpie standard de réaction pour discuter la décomposition.
« De nombreux candidats se contentent de discuter le signe de l’enthalpie standard de réaction. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 35
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : enthalpie de vaporisation, capacité thermique
Quelle est l'énergie nécessaire pour vaporiser à pression constante d'eau initialement à et de température finale ?
Voir l'indiceIndice
Décomposer la transformation en trois étapes isobares : réchauffement de l'eau liquide de 15 à 100~^\circ\mathrm{C}, vaporisation à 100~^\circ\mathrm{C}, puis surchauffe de la vapeur jusqu'à 800~^\circ\mathrm{C}.
Voir la stratégieStratégie
- La transformation subie par le système fermé constitué de m = 1\text{ kg} d'eau s'effectue à pression atmosphérique constante (transformation monobare sans travail utile autre que celui des forces de pression). Le transfert thermique reçu s'identifie donc à la variation d'enthalpie : Q = \Delta H.
Décomposer la transformation en un chemin fictif réversible en trois étapes successives :
- échauffement de l'eau liquide de T_1 = 15\text{ }^\circ\text{C} à T_{\text{eb}} = 100\text{ }^\circ\text{C} ;
- vaporisation isotherme et isobare de l'eau à T_{\text{eb}} = 100\text{ }^\circ\text{C} ;
- surchauffe de la vapeur d'eau de T_{\text{eb}} = 100\text{ }^\circ\text{C} à T_2 = 800\text{ }^\circ\text{C}.
Voir la réponse courteRéponse courte
\Delta h = c_l(T_{\text{éb}} - T_i) + \Delta_{\text{vap}}h + c_v(T_f - T_{\text{éb}}) \approx 4,0\text{ MJ}\cdot\text{kg}^{-1} pour échauffer et vaporiser l'eau.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué à une masse m = 1\text{ kg} d'eau subissant une transformation monobare sans travail autre que les forces de pression :
où \Delta h est la variation d'enthalpie massique globale.
L'enthalpie étant une fonction d'état, on décompose le chemin thermodynamique en trois étapes :
Échauffement du liquide de T_1 = 15\text{ }^\circ\text{C} à T_{\text{eb}} = 100\text{ }^\circ\text{C} :
\Delta h_1 = c_{P,\text{liq}} (T_{\text{eb}} - T_1)Vaporisation complète sous P^\circ = 1\text{ bar} à T_{\text{eb}} = 100\text{ }^\circ\text{C} :
\Delta h_2 = \Delta_{\text{vap}}H^\circÉchauffement de la vapeur de T_{\text{eb}} = 100\text{ }^\circ\text{C} à T_2 = 800\text{ }^\circ\text{C} :
\Delta h_3 = c_{P,\text{vap}} (T_2 - T_{\text{eb}})
L'énergie totale nécessaire s'écrit donc :
Application numérique :
- \Delta h_1 = 4180 \times (100 - 15) = 4180 \times 85 = 355{,}3 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} = 355{,}3\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
- \Delta h_2 = 2257\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} = 2257 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}
- \Delta h_3 = 1850 \times (800 - 100) = 1850 \times 700 = 1295 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} = 1295{,}0\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1}
On en déduit :
Pour m = 1{,}0\text{ kg} :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Préciser que la transformation est isobare et ne pas oublier d'inclure l'étape d'échauffement de la vapeur d'eau.
« Il est important de rappeler que la transformation s’effectue à Pconstante. »
« L’échauffement de la vapeur est régulièrement omis. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 36
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : puissance thermique, débit massique
Les pompiers appellent puissance d'un feu l'énergie thermique qu'il dégage chaque seconde. On constate que, pendant l'aspersion d'eau, seulement un tiers de l'eau se vaporise. Estimer dans ce cas la puissance de feu que peut traiter une lance de débit . Dans le cas de l'incendie de Notre-Dame, les pompiers ont estimé que la puissance du feu a atteint . Commenter.
Voir l'indiceIndice
Calculer le débit massique d'eau vaporisée (D_m/3), en déduire la puissance thermique absorbée par une lance et la comparer à la puissance estimée du brasier.
Voir la stratégieStratégie
- Convertir le débit volumique en débit massique d'eau pour une lance.
- Calculer le flux thermique extrait par la fraction d'eau vaporisée (un tiers) en utilisant l'enthalpie massique \Delta h calculée à la question Q35.
- Comparer cette puissance thermique absorbée par lance à la puissance totale du feu (1500\text{ MW}) et déduire le nombre de lances théoriquement nécessaires pour commenter la stratégie d'intervention.
Voir la réponse courteRéponse courte
Puissance absorbée par une lance \mathcal{P} \approx 12\text{ MW}, largement inférieure aux 1500\text{ MW} du brasier, justifiant la mobilisation massive de moyens.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le débit volumique d'une lance est D_v = 500\text{ L}\cdot\text{min}^{-1} = \frac{0{,}500}{60}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}.
La masse volumique de l'eau liquide étant \rho = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, le débit massique total d'eau débité par une lance s'écrit :
Puisqu'un tiers de cette eau se vaporise et est portée à 800\text{ }^\circ\text{C}, le débit massique d'eau vaporisée vaut :
D'après la question Q35, l'énergie absorbée pour vaporiser et chauffer 1\text{ kg} d'eau de 15\text{ }^\circ\text{C} à 800\text{ }^\circ\text{C} est \Delta h \approx 3{,}91\text{ MJ}\cdot\text{kg}^{-1}. La puissance thermique que cette fraction d'eau peut absorber s'exprime donc par :
Application numérique :
Remarque : si l'on prend également en compte les deux tiers d'eau liquide ruisselante qui s'échauffent par exemple jusqu'à 100\text{ }^\circ\text{C} sans se vaporiser, ceux-ci absorbent une puissance supplémentaire :
ce qui porte la puissance totale absorbée par lance à environ 13\text{ MW}, ne modifiant pas l'ordre de grandeur.
Commentaire : Pour neutraliser directement un feu d'une puissance de P_{\text{feu}} = 1500\text{ MW}, il faudrait théoriquement mobiliser simultanément :
Un tel déploiement est matériellement irréalisable en milieu urbain dense et sur un édifice patrimonial :
- cela nécessiterait un approvisionnement en eau colossal (140 \times 500 = 70\,000\text{ L}\cdot\text{min}^{-1}), bien au-delà de la capacité du réseau local et des bouches d'incendie ;
- l'encombrement spatial et la portée limitée des jets empêchent de concentrer autant de lances sur le foyer principal.
Ce calcul met en lumière la réalité tactique des pompiers : face à un embrasement généralisé d'une telle puissance, l'objectif n'est pas d'éteindre le cour du brasier de manière frontale, mais de circonscrire l'incendie, d'empêcher la propagation aux beffrois et aux tours pour éviter l'effondrement de l'édifice, et d'attendre l'épuisement progressif de la charge calorifique de la charpente.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Comparer la puissance absorbée par une lance à la puissance totale du feu et garder un esprit critique sur le nombre de lances obtenu.
« Il n’est pas rare que les candidats ayant la bonne valeur de la puissance de feu traitée par une lance ne songent pas à comparer à la puissance globale de l’incendie »
« d’autres ayant malheureusement obtenu un ordre de grandeur incorrect pour cette puissance, ont pu annoncer un nombre astronomique de lances sans remettre en question leur calcul. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 37
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : gaz parfait, changement d'état
Estimer la quantité d'eau réellement évaporée par minute, toujours pour un débit de . En déduire le volume de vapeur d'eau produit par minute.
Voir l'indiceIndice
Utiliser la loi des gaz parfaits P V = n R T à pression atmosphérique pour convertir la masse d'eau vaporisée par minute en volume de vapeur dégagé.
Voir la stratégieStratégie
- Calculer la masse et la quantité de matière d'eau liquide vaporisée par minute en appliquant la proportion d'un tiers au débit volumique de la lance.
- Assimiler la vapeur d'eau à un gaz parfait à la pression atmosphérique P^\circ = 1{,}0\times 10^5\text{ Pa} pour en déduire le volume occupé, en considérant la température d'ébullition (100\text{ }^\circ\text{C}) et, le cas échéant, la température des gaz chauds (800\text{ }^\circ\text{C}, envisagée à la question Q35).
Voir la réponse courteRéponse courte
Masse vaporisée de 167\text{ kg}\cdot\text{min}^{-1}, correspondant à un volume de vapeur V = nRT/P \approx 280\text{ m}^3\cdot\text{min}^{-1} à 100\text{ }^\circ\text{C}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pendant une durée \Delta t = 1\text{ min}, le volume d'eau liquide débité par la lance est V_{\text{tot}} = 500\text{ L} = 0{,}500\text{ m}^3, soit une masse :
Puisqu'un seul tiers de cette eau se vaporise, la masse d'eau réellement évaporée par minute est :
Soit, en quantité de matière avec M(\mathrm{H_2O}) = 18{,}0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} :
En assimilant la vapeur d'eau produite à un gaz parfait sous la pression atmosphérique ambiante P = P^\circ = 1{,}0 \times 10^5\text{ Pa} :
À la température d'ébullition sous 1\text{ bar}, T_{\text{éb}} = 100\text{ }^\circ\text{C} = 373\text{ K} :
V_{\text{vap}}(100\text{ }^\circ\text{C}) = \frac{9{,}26 \times 10^3 \times 8{,}31 \times 373}{1{,}0 \times 10^5} \approx 287\text{ m}^3 \approx 2{,}9 \times 10^2\text{ m}^3Si cette vapeur est portée à la température du foyer T = 800\text{ }^\circ\text{C} = 1073\text{ K} (conforme à la question Q35) :
V_{\text{vap}}(800\text{ }^\circ\text{C}) = \frac{9{,}26 \times 10^3 \times 8{,}31 \times 1073}{1{,}0 \times 10^5} \approx 826\text{ m}^3 \approx 8{,}3 \times 10^2\text{ m}^3
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Veiller à utiliser la masse volumique de la vapeur d'eau et non celle de l'eau liquide.
« Il est maladroit d’utiliser la masse volumique de l’eau liquide à la place de celle de la vapeur. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
B · Lances à incendie
Question 38
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : trajectoire, chute libre
Estimer la valeur de la vitesse d'éjection du jet arrosant la charpente du chevet de la cathédrale situé le plus en avant sur la photographie présentée figure 6. On admettra que cette image ne présente pas de déformation de perspective.
Voir l'indiceIndice
Utiliser la portée maximale ou la flèche du jet parabolique d'eau visualisé sur la photographie en s'aidant des dimensions connues de la cathédrale.
Voir la stratégieStratégie
- Modéliser la trajectoire d'une parcelle d'eau du jet par une chute libre parabolique dans le champ de pesanteur (en négligeant dans un premier temps les frottements de l'air).
- Utiliser l'échelle fournie par la hauteur des arcs-boutants (h_{\text{ab}} = 30\text{ m}) pour mesurer sur la photographie (figure 6) l'élévation verticale maximale H du jet par rapport à la lance et l'angle d'éjection \alpha.
- Exprimer littéralement puis calculer la vitesse d'éjection V_e.
Voir la réponse courteRéponse courte
Mesure d'échelle sur la photographie et équations horaires de la trajectoire parabolique du jet pour déduire V_e \sim 25\text{--}30\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans le référentiel terrestre supposé galiléen, on applique la seconde loi de Newton à une parcelle d'eau de masse m en vol libre soumise à son seul poids \vec{P} = m\vec{g} :
En choisissant l'origine du repère au niveau de l'extrémité de la lance et l'axe (Ox) dans la direction horizontale du tir, les conditions initiales s'écrivent :
Par intégration successive par rapport au temps :
Le sommet de la trajectoire (flèche du jet) est atteint lorsque la vitesse verticale s'annule :
L'élévation verticale maximale au-dessus du point d'éjection est donc :
Exploitation de la photographie (figure 6) :
- L'énoncé précise que la hauteur estimée de chaque arc-boutant est h_{\text{ab}} = 30\text{ m}. Sur la figure 6, la hauteur d'un arc-boutant du chevet mesure environ 1{,}5\text{ cm}.
Le jet le plus en avant (à droite) part d'une échelle porte-nacelle et monte vers la toiture. On mesure :
- une hauteur maximale atteinte par rapport au point d'éjection mesurée à environ 1{,}0\text{ cm}, soit un dénivelé H \approx 20\text{ m} ;
- un angle d'inclinaison initial avec l'horizontale de l'ordre de \alpha \approx 50^\circ \text{ à } 60^\circ (on retient \alpha \approx 55^\circ).
L'application numérique donne :
Si l'on estime la portée horizontale du jet à L \approx 40\text{ m} avec la relation de portée L \approx \frac{V_e^2 \sin(2\alpha)}{g}, on obtient V_e \approx \sqrt{\frac{9{,}81 \times 40}{\sin(110^\circ)}} \approx 20\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
En tenant compte du freinage aérodynamique (qui diminue la flèche et la portée par rapport au cas balistique idéal), la vitesse réelle en sortie de lance doit être légèrement supérieure. On estime ainsi :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Expliciter clairement la démarche de lecture graphique pour évaluer la hauteur ou la portée du jet.
« La démarche visant à déterminer graphiquement hauteur ou portée du jet est trop souvent implicite. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 39
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : débit volumique, conservation de la masse
Comparer la valeur de à la vitesse de l'eau dans le tuyau et expliquer la différence observée.
Voir l'indiceIndice
Calculer la vitesse moyenne dans le tuyau d'amenée via la conservation du débit volumique V = 4Q/(\pi d^2) et commenter le rôle de la buse convergente.
Voir la stratégieStratégie
- Calculer la vitesse d'écoulement de l'eau V_{\text{tuyau}} dans le tuyau d'incendie à partir du débit volumique Q et de la section intérieure S = \pi d^2 / 4.
- Comparer cette valeur à la vitesse d'éjection V_e estimée à la question précédente.
- Justifier l'écart à l'aide de la conservation du débit volumique pour un fluide incompressible et expliciter le rôle de la buse convergente de la lance.
Voir la réponse courteRéponse courte
Conservation du débit volumique D_v = S v : le rétrécissement de section à la lance impose une forte accélération du jet (V_e \gg v_{\text{tuyau}}).
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'eau étant un liquide assimilable à un fluide incompressible, le débit volumique Q se conserve le long de l'écoulement.
Dans un tuyau de diamètre intérieur d = 70\text{ mm} = 0{,}070\text{ m}, la section droite est :
Pour un débit volumique Q = 500\text{ L}\cdot\text{min}^{-1} = \frac{500 \times 10^{-3}}{60}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} \approx 8{,}33 \times 10^{-3}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1}, la vitesse moyenne de l'eau dans le tuyau vaut :
D'après le résultat de la question Q38, la vitesse d'éjection du jet est de l'ordre de V_e \approx 25\text{ à }30\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. On constate donc que :
Explication : La lance d'incendie comporte à son extrémité un ajutage (ou buse convergente) de section de sortie S_e nettement inférieure à la section S du tuyau d'alimentation.
En vertu de la conservation du débit volumique (Q = S V_{\text{tuyau}} = S_e V_e), le rétrécissement de section impose une accélération du fluide :
Le convergent transforme ainsi une grande partie de l'énergie de pression du fluide en énergie cinétique, ce qui confère au jet la vitesse élevée nécessaire pour assurer une portée balistique suffisante afin d'atteindre la charpente de l'édifice.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Comparer explicitement les valeurs numériques des deux vitesses en plus d'en expliquer l'écart.
« Les raisons de l’écart entre Veet Vtuyau sont souvent citées sans que les valeurs numériques ne soient mentionnées ni comparées. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question déjà tombée ailleurs
Question 40
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en PCSI, BCPST1
Notions : relation de bernoulli, statique des fluides
En supposant le fluide parfait, quelle doit être, en régime permanent, la différence de pression pour que l'eau arrive au niveau d'une nacelle située à de hauteur ?
Voir l'indiceIndice
Appliquer le théorème de Bernoulli le long d'une ligne de courant entre le sol et la nacelle en négligeant les pertes de charge.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le théorème de Bernoulli pour un écoulement stationnaire d'un fluide parfait et incompressible le long d'une ligne de courant entre la sortie de la pompe et l'extrémité du tuyau au niveau de la lance.
- Exploiter la conservation du débit volumique dans un tuyau de section constante pour relier les vitesses, puis en déduire l'expression de \Delta P.
Voir la réponse courteRéponse courte
Charge hydrostatique nécessaire pour monter l'eau à 30\text{ m} sans frottement : \Delta P = \rho g h \approx 3,0\text{ bar}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
On modélise l'écoulement de l'eau dans le tuyau de refoulement selon les hypothèses suivantes :
- le fluide est parfait (viscosité négligée à cette étape) et incompressible de masse volumique \rho = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
- l'écoulement est en régime permanent ;
- la section intérieure du tuyau de diamètre d est constante entre la sortie de la pompe (altitude z_p = 0) et l'entrée de la lance sur la nacelle (altitude z_l = h = 30\text{ m}).
Par conservation du débit volumique Q = S V en fluide incompressible et pour une section S constante, la vitesse moyenne de l'eau est identique en tout point du tuyau :
Le théorème de Bernoulli appliqué le long d'une ligne de courant entre la sortie de la pompe et la lance s'écrit :
Comme V_p = V_l et en fixant l'origine des altitudes au niveau de la pompe (z_p = 0), il vient :
La différence de pression nécessaire est donc :
Application numérique :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Énoncer clairement les hypothèses de travail et proscrire les acronymes non explicités tels que PSIH.
« Les hypothèses de travail doivent être clairement énoncées. »
« PSIH » ne signifie rien pour le correc teur ; il convient de ne pas faire usage d’acronymes sans explication préalable dans la copie. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 41
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : nombre de reynolds, écoulement turbulent
Pour le débit des lances étudiées, l'écoulement dans les tuyaux est-il laminaire ou turbulent ?
Voir l'indiceIndice
Calculer la valeur numérique du nombre de Reynolds Re = \rho V d / \eta et comparer le résultat au seuil critique de turbulence (Re_c \sim 2000 à 3000).
Voir la stratégieStratégie
Pour déterminer le régime d'écoulement (laminaire ou turbulent) dans une conduite cylindrique de diamètre intérieur d, on calcule le nombre de Reynolds de l'écoulement :
puis on compare sa valeur au nombre de Reynolds critique Re_c \simeq 2000 à 2300.
Voir la réponse courteRéponse courte
Re = 4\rho D_v/(\pi d\eta) \approx 1,5 \times 10^5 \gg 2000 : le régime d'écoulement dans le tuyau est pleinement turbulent.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q39, la vitesse moyenne de l'eau dans le tuyau de diamètre d = 70\text{ mm} = 0{,}070\text{ m} pour un débit volumique Q = 500\text{ L}\cdot\text{min}^{-1} = \frac{500 \times 10^{-3}}{60}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} \approx 8{,}33 \times 10^{-3}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} vaut :
Avec la masse volumique \rho = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} et la viscosité dynamique de l'eau \eta = 1{,}0 \times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s}, le nombre de Reynolds associé est :
Pour un écoulement dans une conduite cylindrique, la transition vers la turbulence se produit à un nombre de Reynolds critique Re_c \simeq 2000. Comme :
Résultat
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Définir les grandeurs introduites dans l'expression de Reynolds, mener l'application numérique jusqu'au bout et conclure explicitement.
« Le candidat doit nommer les grandeurs non nécessairement introduites par l’énoncé qu’il choisit de faire apparaitre dans l’expression du nombre de Reynolds. »
« Certains candidats ont laissé la charge aux correcteurs d’effectuer l’application numérique par eux-mêmes et de conclure sur la nature de l’écoulement selon que Re≫2 × 103 ou l’inverse. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 42
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : perte de charge, analyse dimensionnelle
Quelle est la dimension du facteur ?
Voir l'indiceIndice
Effectuer l'analyse dimensionnelle de la relation de Darcy-Weisbach en identifiant la dimension de J comme un gradient de pression (\mathrm{Pa}\cdot\mathrm{m}^{-1}).
Voir la réponse courteRéponse courte
Dans la formule de Darcy \Delta P = f \frac{L}{d}\frac{\rho v^2}{2}, le facteur f est le quotient de deux pressions et est donc sans dimension.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par définition, la perte de charge linéique J représente la diminution de pression par unité de longueur de canalisation :
Examinons la dimension du terme \dfrac{\rho V^2}{2d} intervenant dans la formule de Darcy-Weisbach :
- la masse volumique a pour dimension [\rho] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3} ;
- la vitesse a pour dimension [V] = \mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1} ;
le terme d'énergie cinétique volumique \rho V^2 est homogène à une pression :
[\rho V^2] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3} \cdot (\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1})^2 = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-1}\cdot\mathrm{T}^{-2} = [P] \quad (\text{en }\mathrm{Pa}) ;- le diamètre intérieur a la dimension d'une longueur : [d] = \mathrm{L}.
Le quotient a donc pour dimension :
D'après la formule J = f \dfrac{\rho V^2}{2d}, on en conclut que le facteur f est une grandeur sans dimension :
Résultat
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Vérifier le caractère adimensionné de f en utilisant l'analyse dimensionnelle d'une pression.
« Il est aisé de s’assurer que le facteur fest adimensionné si l’on fait l’effort de rechercher la dimension d’une pression. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 43
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : perte de charge régulière
D'après le tableau 2, le facteur de la relation de Darcy dépend-il de la longueur du tuyau pour un débit de ?
Voir l'indiceIndice
Vérifier si le rapport \Delta P / L reste constant à débit fixé le long de la ligne du tableau 2.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la perte de charge totale \Delta P_f sur une conduite de longueur L à partir de la perte de charge linéique J = \frac{\Delta P_f}{L} = f \frac{\rho V^2}{2d}.
- Analyser le rapport \frac{\Delta P_f}{L} pour les différentes valeurs de la ligne Q = 500\text{ L}\cdot\text{min}^{-1} du tableau 2.
- Conclure sur la dépendance de f vis-à-vis de la longueur L.
Voir la réponse courteRéponse courte
D'après le tableau de mesures, pour un débit donné, le coefficient de frottement f est constant et indépendant de la longueur L.
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La perte de charge totale \Delta P_f subie par le fluide sur une longueur L s'écrit :
À débit fixé (Q = 500\text{ L}\cdot\text{min}^{-1}) et pour une conduite de géométrie donnée (d = 70\text{ mm}), la vitesse moyenne V = \frac{4Q}{\pi d^2} et la masse volumique \rho sont constantes. Le coefficient de frottement f s'exprime donc sous la forme :
Calculons le rapport \frac{\Delta P_f}{L} pour différentes longueurs issues de la ligne à 500\text{ L}\cdot\text{min}^{-1} du tableau 2 :
- pour L = 40\text{ m} : \frac{\Delta P_f}{L} = \frac{0{,}2}{40} = 5{,}0 \times 10^{-3}\text{ bar}\cdot\text{m}^{-1} ;
- pour L = 100\text{ m} : \frac{\Delta P_f}{L} = \frac{0{,}55}{100} = 5{,}5 \times 10^{-3}\text{ bar}\cdot\text{m}^{-1} ;
- pour L = 200\text{ m} : \frac{\Delta P_f}{L} = \frac{1{,}1}{200} = 5{,}5 \times 10^{-3}\text{ bar}\cdot\text{m}^{-1} ;
- pour L = 400\text{ m} : \frac{\Delta P_f}{L} = \frac{2{,}2}{400} = 5{,}5 \times 10^{-3}\text{ bar}\cdot\text{m}^{-1}.
Aux incertitudes de lecture et d'arrondi près (au dixième de bar), la perte de charge \Delta P_f est strictement proportionnelle à la longueur L du tuyau, ce qui correspond à une perte de charge linéique constante :
Par conséquent :
Résultat
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Ne pas confondre pertes de charge et pertes de charge par unité de longueur.
« Plusieurs candidats ont confondu pertes de charges et pertes de charges linéiques. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 44
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : formule de colebrook, rugosité relative
Exploiter la formule de Colebrook afin de calculer la rugosité relative, , d'un tuyau de pour un nombre de Reynolds de . Commenter.
Voir l'indiceIndice
Extraire \varepsilon/d de l'équation implicite de Colebrook en injectant les valeurs de Re et du coefficient de frottement f déduit du tableau de pertes de charge.
Voir la stratégieStratégie
- Relier le nombre de Reynolds imposé (Re = 5 \times 10^5) à la vitesse de l'écoulement et identifier le débit correspondant dans le tableau 2 afin d'en déduire la valeur du facteur de frottement f.
- Inverser la relation implicite de Colebrook pour exprimer la rugosité relative \varepsilon/d.
- Procéder à l'application numérique et commenter l'ordre de grandeur de la rugosité ainsi que le régime d'écoulement.
Voir la réponse courteRéponse courte
Inversion de l'équation de Colebrook avec la valeur de f pour trouver \varepsilon/d \approx 10^{-3}, caractéristique d'une gaine souple lisse.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Pour un tuyau de diamètre d = 70\text{ mm} transportant de l'eau (\rho = 1,0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, \eta = 1,0 \times 10^{-3}\text{ Pa}\cdot\text{s}), un nombre de Reynolds Re = 5 \times 10^5 correspond à une vitesse moyenne :
Le débit volumique correspondant est :
Ce débit est très proche de la dernière ligne du tableau 2 (Q = 1500\text{ L}\cdot\text{min}^{-1}, où V \approx 6,50\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et Re \approx 4,6 \times 10^5). D'après cette ligne, pour L = 100\text{ m}, la perte de charge vaut \Delta P = 5,0\text{ bar}, d'où une perte linéique J = \frac{\Delta P}{L} = 5,0 \times 10^4\text{ Pa} / 100\text{ m} = 500\text{ Pa}\cdot\text{m}^{-1} \times 10 = 5000\text{ Pa}\cdot\text{m}^{-1}. Le facteur de Darcy s'en déduit :
On retrouve une valeur quasiment identique à celle déduite à la question Q43 pour Q = 500\text{ L}\cdot\text{min}^{-1} (f \approx 0,0164), ce qui confirme la très faible dépendance de f vis-à-vis de Re à ces régimes.
La formule de Colebrook utilise le logarithme décimal \log :
En isolant l'argument du logarithme, on obtient :
On en déduit l'expression de la rugosité relative :
Avec f \approx 0,0165 et Re = 5 \times 10^5, on a :
Il vient :
La rugosité absolue correspondante vaut :
Commentaires :
- La rugosité relative est très faible (\varepsilon/d \sim 3 \times 10^{-4}), ce qui montre que la paroi interne des tuyaux d'incendie est particulièrement lisse. La valeur absolue \varepsilon \approx 23\text{ }\mu\text{m} est tout à fait typique d'un tuyau textile gainé intérieurement d'un élastomère ou de caoutchouc extrudé.
- Le terme géométrique de rugosité \frac{\varepsilon/d}{3,7} \approx 8,9 \times 10^{-5} est plus de deux fois supérieur au terme visqueux \frac{2,51}{Re\sqrt{f}} \approx 3,9 \times 10^{-5} : l'écoulement se situe dans le régime de transition vers le régime turbulent rugueux, où les pertes de charge dépendent principalement de la rugosité de la paroi.
Résultat
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Commenter la valeur imposée du nombre de Reynolds ou évaluer l'ordre de grandeur de la vitesse débitante associée avant le calcul numérique.
« le jury a choisi de valoriser les candidats ayant commenté ce choix ou pris le temps de rechercher l’ordre de grandeur de la vitesse débitante associée avant tout calcul numérique du facteur fet de la rugosité relative. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 45
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : perte de charge régulière, perte de charge singulière
Quelle doit être la différence de pression si le tuyau qui alimente la lance en haut de la nacelle a une longueur totale de ? Peut-il y avoir d'autres causes de perte de charge ?
Voir l'indiceIndice
Additionner la charge hydrostatique \rho g h et la perte de charge régulière lue dans le tableau pour L = 200~\mathrm{m}, puis mentionner les pertes de charge singulières.
Voir la stratégieStratégie
- Appliquer le théorème de Bernoulli avec pertes de charge entre la sortie de la pompe et l'extrémité du tuyau alimentant la lance.
- Identifier la perte de charge régulière \Delta P_f associée à la longueur L = 200\text{ m} à l'aide du tableau 2 de l'énoncé.
- Recenser les causes physiques des pertes de charge singulières dans une telle installation.
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\Delta P = \rho gh + f\frac{L}{d}\frac{\rho v^2}{2} \approx 6\text{ bar} ; pertes de charge singulières supplémentaires créées par les coudes et raccords.
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Le théorème de Bernoulli généralisé (avec pertes de charge) appliqué à l'écoulement d'eau entre la sortie de la pompe (cote z_p = 0) et l'extrémité du tuyau au niveau de la nacelle (cote z_l = h = 30\text{ m}), tous deux de diamètre intérieur d = 70\text{ mm} (d'où l'égalité des vitesses moyennes V_p = V_l), s'écrit :
où \Delta P_f représente les pertes de charge le long de la conduite. La différence de pression nécessaire est donc :
D'après la question Q40, le terme de dénivellation vaut :
Pour un débit Q = 500\text{ L}\cdot\text{min}^{-1} et une longueur de tuyau L = 200\text{ m}, la lecture directe dans le tableau 2 donne la perte de charge régulière :
On en déduit la surpression totale minimale requise :
Autres causes de perte de charge :
Outre ces pertes de charge régulières (ou linéaires) réparties le long du tuyau, il existe des pertes de charge singulières (ou localisées) dues aux accidents de géométrie de la canalisation :
- les courbures, torsions, plis et coudes formés par le tuyau souple lors de son déploiement le long du bras élévateur ;
- les raccords et jonctions entre les différents tronçons de tuyaux (les tuyaux de pompiers étant généralement constitués d'éléments mis bout à bout) ;
- la présence de vannes, robinets d'arrêt, clapets ou diviseurs de débit.
Résultat
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Penser à mentionner l'existence des pertes de charge singulières.
« Les pertes singulières sont rarement évoquées. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 46
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : bilan de puissance, premier principe pour écoulement
En s'aidant d'un bilan de puissance, déterminer la puissance électrique minimale à fournir à la pompe pour obtenir une pression à la lance et un débit de dans les conditions décrites plus haut (hauteur de la nacelle , longueur du tuyau ). On supposera que la pression d'alimentation de la pompe est de (en réalité elle peut aller jusqu'à pour les bouches d'incendie).
Voir l'indiceIndice
Calculer la puissance hydraulique nette fournie au fluide \mathcal{P}_{\mathrm{hydr}} = Q \Delta P_{\mathrm{pompe}} nécessaire pour compenser la dénivellation, les frottements et la pression finale requise.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la puissance hydraulique utile \mathcal{P}_u transmise par la pompe au fluide en fonction du débit volumique Q et du gain de pression \Delta P_{\text{pompe}} = P_p - P_{\text{alim}} via un bilan d'énergie en écoulement stationnaire.
- Exprimer la pression de refoulement de la pompe P_p à partir de la pression à la lance P_l et de la différence de pression totale \Delta P calculée à la question Q45.
- En déduire la puissance électrique minimale \mathcal{P}_{\text{élec, min}} en considérant une pompe idéale de rendement mécanique et électrique unitaire (\eta = 1).
Voir la réponse courteRéponse courte
Puissance minimale de pompe \mathcal{P} = D_v \Delta P_{\text{pompe}}, en sommant pression de sortie, hauteur géométrique, pertes et énergie cinétique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons le volume de contrôle constitué de la pompe en régime permanent, traversé par le débit volumique Q. Le premier principe de la thermodynamique appliqué à un écoulement fluide incompressible (ou théorème d'Euler pour une turbomachine) donne la puissance hydraulique nette fournie par la pompe au fluide :
où P_{\text{alim}} = 1\text{ bar} est la pression d'alimentation et P_p la pression en sortie de pompe.
D'après la question Q45, la différence de pression \Delta P = P_p - P_l entre la pompe et la lance tient compte du dénivelé h = 30\text{ m} et des pertes de charge régulières \Delta P_f sur la longueur L = 200\text{ m} de tuyau :
Le saut de pression imposé par la pompe est donc :
La puissance électrique minimale correspond à l'absence de pertes thermiques et mécaniques au sein du groupe moto-pompe (\eta = 1), d'où :
Valeurs numériques :
- Q = 500\text{ L}\cdot\text{min}^{-1} = \frac{500 \times 10^{-3}}{60}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} \approx 8{,}33 \times 10^{-3}\text{ m}^3\cdot\text{s}^{-1} ;
- P_l - P_{\text{alim}} = 6\text{ bar} - 1\text{ bar} = 5\text{ bar} = 5{,}0 \times 10^5\text{ Pa} ;
- \rho g h = 1{,}0 \times 10^3 \times 9{,}81 \times 30 = 2{,}94 \times 10^5\text{ Pa} = 2{,}94\text{ bar} ;
- \Delta P_f = 1{,}1\text{ bar} = 1{,}1 \times 10^5\text{ Pa} (issu du tableau 2 pour Q = 500\text{ L}\cdot\text{min}^{-1} et L = 200\text{ m}) ;
- \Delta P_{\text{pompe}} = 5{,}0 + 2{,}94 + 1{,}1 = 9{,}04\text{ bar} \approx 9{,}0 \times 10^5\text{ Pa}.
On en déduit :
Résultat
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Détailler le raisonnement du bilan en définissant le système et en envisageant un rendement non unitaire pour la pompe.
« Le jury a apprécié l’exposé d’un raisonnement détaillé depuis la définition du système jusqu’à la prise en compte éventuelle d’un rendement non unitaire au niveau de la pompe. »
Source : rapport du jury CentraleSupélec 2021
Question 47
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : débit volumique
L'incendie a duré 15 heures et a mobilisé plus de 500 pompiers, appuyés par 18 lances supposées toutes identiques et de même débit . Toutes les lances n'ont pas été en action pendant cette durée. En admettant que les lances ont été utilisées à leur maximum pendant 2 heures, quelle quantité d'eau a été déversée sur Notre-Dame ?
Voir l'indiceIndice
Multiplier le nombre de lances par le débit unitaire et la durée de fonctionnement maximal pour obtenir le volume et la masse totale d'eau déversée.
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Volume total V = 18 \times D_v \times \Delta t = 18 \times 500 \times 120 = 1,08 \times 10^6\text{ L} \approx 1100\text{ m}^3 d'eau déversée.
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On note N = 18 le nombre de lances déployées, Q = 500\text{ L}\cdot\text{min}^{-1} le débit volumique unitaire d'une lance, et \Delta t = 2\text{ h} = 120\text{ min} la durée d'utilisation à régime maximal.
Le volume total d'eau déversé s'écrit :
Application numérique :
Avec la masse volumique de l'eau \rho = 1{,}0 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, la masse totale d'eau correspondante est :
Résultat
Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2021 ?
Surtout 3 chapitres : Diffusion thermique et diffusion de particules (29 % des questions, partie I), Thermodynamique chimique et équilibres (20 %) et Mécanique des fluides (19 %, partie III). Plus ponctuellement : Premier et second principes de la thermodynamique, Physique quantique, Cinétique chimique, Changements d'état du corps pur, Oxydoréduction et électrochimie…
Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2021 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?
Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2021 ?
Environ 3 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie I est la plus longue (environ 1 h 30).
Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2021 ?
Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2021 ?
Questions de cours : Q1 (loi d'arrhenius), Q10 (conduction thermique), Q15 (onde progressive), Q20 (condition aux limites), Q26 (nombre d'oxydation), Q28 (règle des phases) et Q31 (modèle de bohr). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q6 (réaction de combustion), Q12 (équation de diffusion), Q13 (équation de diffusion), Q23 (réseau cubique à faces centrées), Q27 (constante d'équilibre), Q35 (enthalpie de vaporisation), Q39 (débit volumique), Q40 (relation de bernoulli)….
Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2021 ?
Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2021 contient-il des questions hors du programme actuel ?
Non : bien que le sujet soit antérieur à la réforme des programmes de CPGE (sessions 2023 et suivantes), toutes ses questions restent au programme actuel.
Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 1 PSI 2021 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?
D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury décrit un sujet de longueur raisonnable, aux questions graduées de la restitution de cours jusqu'à des raisonnements demandant de l'initiative, avec 20 % du barème en questions non guidées. Moyenne : 8,93/20 (écart-type 3,94, 3 972 présents).
Quel logarithme utiliser dans la formule de Colebrook en Q44 ?
Le logarithme décimal. Dans la formule de Colebrook issue de la mécanique des fluides, la notation \log désigne usuellement \log_{10}. Utiliser par inadvertance le logarithme népérien conduirait à une valeur de rugosité relative aberrante.
Comment interpréter le degré d'oxydation rationnel de Pb3O4 en Q26 ?
Il traduit la nature d'oxyde mixte du composé. La valeur fractionnaire +8/3 représente la moyenne arithmétique entre deux atomes de plomb au degré d'oxydation +\mathrm{II} et un atome au degré +\mathrm{IV}, selon la formulation (\mathrm{Pb}^{\mathrm{II}})_2\mathrm{Pb}^{\mathrm{IV}}\mathrm{O}_4.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.