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Corrigé détaillé Centrale Physique Chimie 2 PSI 2024

À propos de la structure de la Terre

Le sujet en bref

Sujet moyen · Ondes mécaniques et acoustiques, Atomistique, liaisons et cristallographie, Mouvement dans un champ de force centrale · 18 incontournables · 14 questions de première année
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Ce sujet transverse s'intéresse à la géophysique interne de la Terre à travers plusieurs prismes fondamentaux de la physique et de la chimie. Il aborde successivement la propagation des ondes sismiques de volume (ondes de compression P et de cisaillement S) en confrontant approches continues et discrètes, la gravimétrie interne par analogie électrostatique, la structure cristalline du noyau métallique à très haute pression, le bilan thermique du noyau terrestre et enfin la modélisation géochimique de la différenciation magmatique par la loi de Rayleigh.

Très formateur pour les épreuves de Centrale-Supélec, ce problème équilibré mobilise des compétences variées : mise en équation rigoureuse d'ondes de d'Alembert et de chaînes d'oscillateurs, symétries et théorèmes intégraux, bilans d'énergie en géométrie sphérique stationnaire, ainsi qu'une exploitation fine du traitement des incertitudes via une simulation Monte-Carlo en langage Python. C'est une excellente synthèse des outils de modélisation physique appliqués aux sciences de la Terre.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 9,32/20)
Temps estimé
≈ 3 h pour tout traiter, pour une épreuve de 4 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

18 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI, MPSI et PTSI : 14 questions sur 40, parties III et V.B.

Où gagner des points

31 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (31) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (2) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe
  • Parties indépendantes

    Les cinq parties traitent de domaines physiques et chimiques bien distincts (ondes, gravitation, cristallographie, transferts thermiques, géochimie) et peuvent être abordées indépendamment les unes des autres.

  • Données en annexe

    Le code Python support de la question Q37 sur la méthode Monte-Carlo figure en annexe 1 à la toute fin du sujet.

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

40 questions
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Partie I : Des informations sur la structure de la Terre issues des ondes

I.A.1 · Ondes longitudinales dans les fluides et solides homogènes

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : approximation acoustique, équation de conservation de la masse

On rappelle que l'équation locale de conservation de la masse s'écrit . En la linéarisant par rapport aux variables et dans le cadre de l'approximation acoustique, établir l'équation aux dérivées partielles liant les variations temporelles de aux variations spatiales de .

Voir l'indice

Injecter les décompositions à l'ordre 1 dans l'équation de continuité et négliger le produit de perturbations \mu_1 v_1.

Voir la réponse courte

Linéarisation de la conservation de la masse au premier ordre : \frac{\partial \mu_1}{\partial t} + \mu_0 \frac{\partial v_1}{\partial x} = 0.

Voir le corrigé complet

L'équation de conservation de la masse s'écrit sous forme locale :

\frac{\partial \mu}{\partial t} + \operatorname{div}(\mu \vec{v}) = 0

L'écoulement étant unidimensionnel selon l'axe (Ox), le vecteur vitesse s'écrit \vec{v}(x,t) = v_1(x,t)\,\vec{e}_x, d'où :

\operatorname{div}(\mu \vec{v}) = \frac{\partial (\mu v_1)}{\partial x}

En introduisant les grandeurs perturbées \mu(x,t) = \mu_0 + \mu_1(x,t) et v(x,t) = v_1(x,t), et sachant que la masse volumique à l'équilibre \mu_0 est uniforme et indépendante du temps :

\begin{aligned} \frac{\partial \mu}{\partial t} &= \frac{\partial \mu_1}{\partial t} \\ \mu v_1 &= (\mu_0 + \mu_1)v_1 = \mu_0 v_1 + \mu_1 v_1 \end{aligned}

Dans le cadre de l'approximation acoustique, le produit \mu_1 v_1 est un infiniment petit du second ordre que l'on néglige devant les termes du premier ordre. L'équation locale linéarisée s'écrit donc :

\boxed{\frac{\partial \mu_1}{\partial t} + \mu_0 \frac{\partial v_1}{\partial x} = 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les termes d'ordre 2 doivent être clairement identifiés lors de la linéarisation.

« Les termes d’ordre 2 doivent être clairement identifiés. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation d'euler, approximation acoustique

Écrire la projection sur du principe fondamental de la dynamique appliqué à une particule de fluide. Toujours dans le cadre de l'approximation acoustique, la linéariser par rapport à la vitesse et à la surpression.

Voir l'indice

Projeter l'équation d'Euler en négligeant le terme convectif d'ordre 2 ainsi que la pesanteur devant les gradients de pression.

Voir la réponse courte

Projection du PFD sur \vec{e}_x et linéarisation au premier ordre : \mu_0 \frac{\partial v_1}{\partial t} = -\frac{\partial P_1}{\partial x}.

Voir le corrigé complet

On applique le principe fondamental de la dynamique à une particule fluide de volume \mathrm{d}\tau, de masse \mathrm{d}m = \mu\,\mathrm{d}\tau, dans le référentiel d'étude galiléen. Les forces de viscosité et de pesanteur étant négligées, le bilan des forces appliquées se résume aux forces de pression :

\mathrm{d}\vec{F}_P = -\vec{\operatorname{grad}} P\,\mathrm{d}\tau

L'équation d'Euler s'écrit alors :

\mu \frac{\mathrm{D}\vec{v}}{\mathrm{D}t} = -\vec{\operatorname{grad}} P

Compte tenu de l'écoulement unidimensionnel suivant l'axe (Ox), le champ de vitesse s'écrit \vec{v}(x,t) = v_1(x,t)\,\vec{e}_x et la pression P(x,t) = P_0 + P_1(x,t) où la pression d'équilibre P_0 est uniforme. La projection sur \vec{e}_x donne :

\mu(x,t) \left( \frac{\partial v_1}{\partial t} + v_1 \frac{\partial v_1}{\partial x} \right) = -\frac{\partial P}{\partial x}

En introduisant \mu(x,t) = \mu_0 + \mu_1(x,t) et P(x,t) = P_0 + P_1(x,t), on obtient :

\big(\mu_0 + \mu_1(x,t)\big) \left( \frac{\partial v_1}{\partial t} + v_1 \frac{\partial v_1}{\partial x} \right) = -\frac{\partial P_1}{\partial x}

Dans le cadre de l'approximation acoustique, les perturbations \mu_1, P_1 et v_1 sont des infiniment petits du premier ordre. Les termes convectif v_1 \frac{\partial v_1}{\partial x} et mixte \mu_1 \frac{\partial v_1}{\partial t} sont donc du second ordre et sont négligés. L'équation linéarisée devient :

\boxed{\mu_0 \frac{\partial v_1}{\partial t} = -\frac{\partial P_1}{\partial x}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Les termes d'ordre 2 doivent être clairement identifiés lors de la projection du PFD.

« Les termes d’ordre 2 doivent être clairement identifiés. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 3

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : compressibilité isentropique, approximation acoustique

Établir une relation linéaire entre et .

Voir l'indice

Exprimer la différentielle de masse volumique \mathrm{d}\mu en fonction de \mathrm{d}P via le coefficient de compressibilité isentropique \chi_s.

Voir la stratégie
  1. L'écoulement acoustique est supposé isentropique. On exprime donc la différentielle de la masse volumique \mu à entropie S constante au voisinage de l'état d'équilibre (P_0, \mu_0).
  2. On relie cette dérivée partielle au coefficient de compressibilité isentropique \chi_s fourni par l'énoncé pour obtenir la relation linéaire recherchée au premier ordre.
Voir la réponse courte

Relation thermodynamique acoustique isentropique : P_1 = \frac{\mu_1}{\mu_0 \chi_s} via le coefficient de compressibilité isentropique \chi_s.

Voir le corrigé complet

L'évolution du fluide étant supposée isentropique, la masse volumique \mu peut être considérée comme une fonction de la seule pression P (à entropie S fixée).

Au voisinage de l'état d'équilibre caractérisé par (P_0, \mu_0), un développement de Taylor au premier ordre donne :

\mu(x, t) = \mu(P_0) + \left(\frac{\partial \mu}{\partial P}\right)_{\!S} \big(P(x, t) - P_0\big)

En introduisant les grandeurs perturbées du premier ordre \mu(x,t) = \mu_0 + \mu_1(x,t) et P(x,t) = P_0 + P_1(x,t), il vient :

\mu_1(x, t) = \left(\frac{\partial \mu}{\partial P}\right)_{\!S} P_1(x, t)

D'après la définition du coefficient de compressibilité isentropique donnée dans l'énoncé :

\chi_s \approx \frac{1}{\mu_0}\left(\frac{\partial \mu}{\partial P}\right)_{\!S} \quad \implies \quad \left(\frac{\partial \mu}{\partial P}\right)_{\!S} = \mu_0 \chi_s

On en déduit la relation linéaire entre la surpression P_1(x, t) et la surmasse volumique \mu_1(x, t) :

\boxed{\mu_1(x, t) = \mu_0 \chi_s P_1(x, t) \quad \iff \quad P_1(x, t) = \frac{\mu_1(x, t)}{\mu_0 \chi_s}}

Résultat

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : équation de d'alembert, célérité acoustique

En déduire l'équation aux dérivées partielles, de propagation, satisfaite par et expliciter l'expression de la célérité des ondes longitudinales de pression dans le fluide.

Voir l'indice

Dériver temporellement l'équation de conservation de la masse linéarisée et y injecter la dérivée spatiale de l'équation d'Euler.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'équation de conservation de la masse (Q1) en fonction de P_1 grâce à la relation thermodynamique (Q3).
  2. Éliminer le champ de vitesse v_1 en combinant la dérivée temporelle de cette équation avec la dérivée spatiale de l'équation d'Euler linéarisée (Q2).
  3. Identifier l'équation d'onde de d'Alembert pour en déduire l'expression de la célérité c.
Voir la réponse courte

Combinaison des équations linéarisées pour obtenir l'équation de d'Alembert avec c = 1/\sqrt{\mu_0 \chi_s}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q3, la relation thermodynamique s'écrit :

\mu_1(x, t) = \mu_0 \chi_s P_1(x, t)

En injectant cette expression dans l'équation de conservation de la masse linéarisée (question Q1) :

\mu_0 \chi_s \frac{\partial P_1}{\partial t} + \mu_0 \frac{\partial v_1}{\partial x} = 0 \iff \chi_s \frac{\partial P_1}{\partial t} + \frac{\partial v_1}{\partial x} = 0

En dérivant cette relation par rapport au temps t :

\chi_s \frac{\partial^2 P_1}{\partial t^2} + \frac{\partial^2 v_1}{\partial t \partial x} = 0 \tag{1}

Par ailleurs, l'équation d'Euler linéarisée (question Q2) fournit :

\frac{\partial v_1}{\partial t} = -\frac{1}{\mu_0}\frac{\partial P_1}{\partial x}

En dérivant celle-ci par rapport à l'espace x et en appliquant le théorème de Schwarz (\frac{\partial^2 v_1}{\partial x \partial t} = \frac{\partial^2 v_1}{\partial t \partial x}) :

\frac{\partial^2 v_1}{\partial t \partial x} = -\frac{1}{\mu_0}\frac{\partial^2 P_1}{\partial x^2} \tag{2}

En substituant (2) dans (1), on obtient l'équation de propagation satisfaite par la surpression :

\boxed{\frac{\partial^2 P_1}{\partial x^2} - \mu_0 \chi_s \frac{\partial^2 P_1}{\partial t^2} = 0}

Il s'agit d'une équation de d'Alembert unidimensionnelle \frac{\partial^2 P_1}{\partial x^2} - \frac{1}{c^2} \frac{\partial^2 P_1}{\partial t^2} = 0, où la célérité c s'identifie par :

\boxed{c = \frac{1}{\sqrt{\mu_0 \chi_s}}}

Résultat

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : célérité acoustique, gaz parfait, loi de laplace

Déterminer l'expression de la célérité de ces ondes dans l'air (assimilé à un gaz parfait) en fonction de sa température , de son rapport entre capacités thermiques à pression et volume constants, de sa masse molaire moyenne et de la constante des gaz parfaits . Faire l'application numérique pour , , et .

Voir l'indice

Calculer le coefficient isentropique \chi_s = 1/(\gamma P_0) pour la loi de Laplace d'un gaz parfait et exprimer P_0/\mu_0 via l'équation d'état.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le coefficient de compressibilité isentropique \chi_s pour un gaz parfait vérifiant la loi de Laplace (P V^\gamma = \text{cte}).
  2. Exprimer la masse volumique à l'équilibre \mu_0 à partir de l'équation d'état des gaz parfaits, puis injecter ces deux grandeurs dans la relation c = 1/\sqrt{\mu_0 \chi_s} issue de la question Q4.
  3. Réaliser l'application numérique avec les grandeurs converties dans le système international d'unités (notamment la masse molaire en \text{kg}\cdot\text{mol}^{-1}).
Voir la réponse courte

Utilisation de \chi_s = 1/(\gamma P_0) pour obtenir c_1 = \sqrt{\frac{\gamma R T_0}{M_{\text{air}}}} \approx 343\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Pour un gaz parfait subissant une transformation isentropique, la loi de Laplace s'écrit :

P V^\gamma = \text{cte}

Par différentiation logarithmique à entropie S fixée, on obtient :

\frac{\mathrm{d}P}{P} + \gamma \frac{\mathrm{d}V}{V} = 0 \implies \left(\frac{\partial V}{\partial P}\right)_S = -\frac{V}{\gamma P}

Le coefficient de compressibilité isentropique s'en déduit à l'état d'équilibre :

\chi_s = -\frac{1}{V}\left(\frac{\partial V}{\partial P}\right)_S = \frac{1}{\gamma P_0}

Par ailleurs, l'équation d'état du gaz parfait pour une masse m de volume V donne :

P_0 V = \frac{m}{M_{\text{air}}} R T_0 \implies \mu_0 = \frac{m}{V} = \frac{P_0 M_{\text{air}}}{R T_0}

D'après l'expression établie à la question Q4, la célérité c_1 des ondes acoustiques dans l'air s'écrit :

c_1 = \frac{1}{\sqrt{\mu_0 \chi_s}} = \frac{1}{\sqrt{\dfrac{P_0 M_{\text{air}}}{R T_0} \times \dfrac{1}{\gamma P_0}}}

soit finalement :

\boxed{c_1 = \sqrt{\frac{\gamma R T_0}{M_{\text{air}}}}}

Application numérique :

  • T_0 = 293\text{ K}
  • \gamma = 1{,}40
  • M_{\text{air}} = 29{,}0 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1}
  • R = 8{,}31\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}
c_1 = \sqrt{\frac{1{,}40 \times 8{,}31 \times 293}{29{,}0 \times 10^{-3}}} \approx 343\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{c_1 = 343\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il est nécessaire de rappeler les conditions d'application de la loi de Laplace.

« Les conditions d’application de la loi de Laplace doivent être rappelées. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 6

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : célérité acoustique, compressibilité isentropique

Déterminer à présent la célérité de ces ondes dans l'eau liquide à avec et .

Voir l'indice

Appliquer directement la formule c = 1/\sqrt{\mu_0 \chi_s} avec les valeurs numériques de l'eau.

Voir la réponse courte

Calcul direct c_2 = 1/\sqrt{\mu_0 \chi_s} \approx 1{,}43 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

Voir le corrigé complet

D'après l'expression établie à la question Q4, la célérité d'une onde acoustique longitudinale dans un fluide s'écrit en fonction de la masse volumique \mu_0 et du coefficient de compressibilité isentropique \chi_s :

c_2 = \frac{1}{\sqrt{\mu_0 \chi_s}}

Avec les données numériques fournies pour l'eau liquide à 293\text{ K} :

\begin{aligned} \mu_0 &= 1{,}00 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} \\ \chi_s &= 4{,}90 \times 10^{-10}\text{ Pa}^{-1} \end{aligned}

On en déduit :

c_2 = \frac{1}{\sqrt{1{,}00 \times 10^3 \times 4{,}90 \times 10^{-10}}} = \frac{1}{\sqrt{49{,}0 \times 10^{-8}}} = \frac{10^4}{7} \approx 1{,}43 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{c_2 = 1{,}43 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 1{,}43\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : onde longitudinale, module d'young

En déduire l'expression de la célérité des ondes longitudinales de compression-dilatation dans le barreau en fonction de et de la masse volumique . La calculer pour le fer à et sous pression atmosphérique sachant que, dans ces conditions, et .

Voir l'indice

Faire l'analogie formelle entre la surpression acoustique -P_1 et la contrainte T_c, puis identifier \chi_s à l'inverse du module d'Young 1/E.

Voir la stratégie
  1. Établir l'analogie entre les grandeurs du fluide et celles du barreau solide à une dimension : identifier le terme équivalent à la surpression et celui équivalent à la compressibilité isentropique.
  2. Transposer l'expression de la célérité c = 1/\sqrt{\mu_0 \chi_s} obtenue à la question Q4 au cas du solide.
  3. Réaliser l'application numérique avec les données fournies pour le fer.
Voir la réponse courte

Par analogie élastique, c_\ell = \sqrt{E/\mu}, ce qui donne c_\ell \approx 4{,}99 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} pour le fer.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, la contrainte mécanique interne T_c joue le rôle de -P_1, de sorte que \mathrm{d}T_c \leftrightarrow -\mathrm{d}P.

Pour une déformation purement longitudinale selon l'axe (Ox), la variation relative de longueur \frac{\mathrm{d}\ell}{\ell} correspond à la variation relative de volume \frac{\mathrm{d}V}{V} du tronçon de barreau. En comparant la définition du module d'Young :

\frac{1}{E} = \frac{1}{\ell}\left(\frac{\partial \ell}{\partial T_c}\right)_S

à celle du coefficient de compressibilité isentropique :

\chi_s = -\frac{1}{V}\left(\frac{\partial V}{\partial P}\right)_S \approx \frac{1}{\ell}\left(\frac{\partial \ell}{\partial T_c}\right)_S,

on identifie directement :

\chi_s \longleftrightarrow \frac{1}{E}.

En transposant la formule de la célérité acoustique c = \frac{1}{\sqrt{\mu_0 \chi_s}} établie à la question Q4, on en déduit l'expression de la célérité c_\ell des ondes longitudinales dans le barreau :

\boxed{c_\ell = \sqrt{\frac{E}{\mu}}}

Application numérique : Pour le fer à 293\text{ K}, avec E = 196\text{ GPa} = 196 \times 10^9\text{ Pa} et \mu_{\text{Fe}} = 7{,}87 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} :

c_\ell = \sqrt{\frac{196 \times 10^9}{7{,}87 \times 10^3}} \approx 4{,}99 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{c_\ell = 4{,}99 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : célérité acoustique, compressibilité

Proposer une interprétation physique pour les différences observées entre les célérités des ondes longitudinales , et .

Voir l'indice

Relier la rigidité du milieu (faible compressibilité liée à l'intensité des forces de cohésion intermoléculaires ou atomiques) à la valeur de la célérité.

Voir la stratégie
  1. Rappeler les valeurs obtenues aux questions précédentes pour mettre en évidence la hiérarchie c_1 < c_2 < c_\ell.
  2. Interpréter la célérité comme le rapport entre un terme de rappel élastique (rigidité microscopique) et un terme d'inertie (masse volumique).
  3. Conclure sur le rôle prédominant du renforcement des interactions interatomiques/intermoléculaires lors du passage de l'état gazeux à l'état liquide, puis solide.
Voir la réponse courte

La célérité croît de l'air au solide car la rigidité (incompressibilité) augmente beaucoup plus vite que la masse volumique.

Voir le corrigé complet

Les résultats numériques obtenus aux questions précédentes révèlent la hiérarchie suivante :

c_1 \approx 343\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad (\text{air, gaz}) \quad < \quad c_2 \approx 1{,}43 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad (\text{eau, liquide}) \quad < \quad c_\ell \approx 4{,}99 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \quad (\text{fer, solide})

D'un point de vue mécanique, la célérité d'une onde élastique dépend de deux propriétés antagonistes du milieu :

  • un terme de raideur ou de rappel élastique, caractérisé par le module d'incompressibilité K_s = 1/\chi_s (pour les fluides) ou le module d'Young E (pour le solide), qui favorise une propagation rapide de la perturbation ;
  • un terme d'inertie, caractérisé par la masse volumique \mu_0, qui tend à freiner la propagation.

La célérité s'exprime génériquement sous la forme :

c = \sqrt{\frac{\text{terme élastique}}{\text{terme d'inertie}}}

Lorsqu'on passe de l'air à l'eau, puis au fer :

  • la masse volumique augmente considérablement : d'environ 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} pour l'air à 1{,}00 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} pour l'eau, puis 7{,}87 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} pour le fer ;
  • en contrepartie, la cohésion microscopique et la force des interactions interatomiques augmentent dans des proportions encore bien plus spectaculaires :

    • dans l'air (gaz), les molécules sont quasi-libres sans interaction à distance : K_{s,\text{air}} = \gamma P_0 \approx 1{,}4 \times 10^5\text{ Pa} ;
    • dans l'eau (liquide), la matière est condensée avec de fortes liaisons intermoléculaires (liaisons hydrogène, interactions de van der Waals) : K_{s,\text{eau}} \approx 2{,}0 \times 10^9\text{ Pa}, soit un facteur 10^4 par rapport au gaz ;
    • dans le fer (solide cristallin), les atomes sont liés par des liaisons métalliques très rigides au sein d'un réseau cristallin : E \approx 196 \times 10^9\text{ Pa}, soit un facteur 10^2 supplémentaire par rapport à l'eau.
\boxed{ c_1 < c_2 < c_\ell \quad : \quad \text{l'augmentation considérable de la rigidité microscopique (rappel élastique) l'emporte largement sur l'effet de l'inertie volumique.} }

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Veillez à ne pas contredire la formule établie en affirmant que les ondes se propagent plus vite dans les milieux denses.

« La plupart des candidats contredisent l’expression de la célérité qu’ils viennent d’établir, en affirmant que « les ondes se propagent plus vite dans les milieux denses ». »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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I.A.2 · Ondes transversales dans un solide homogène

Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : oscillateur couplé, équation différentielle

Établir l'équation différentielle régissant l'évolution temporelle du déplacement du plan de rang en fonction notamment de , et .

Voir l'indice

Appliquer le principe fondamental de la dynamique selon l'axe (Oz) au plan atomique n soumis aux forces de rappel élastiques de ses deux voisins immédiats.

Voir la stratégie
  1. Définir le système constitué par le plan atomique de rang n et faire le bilan des forces qui lui sont appliquées par ses deux plus proches voisins (plans n-1 et n+1).
  2. Appliquer le principe fondamental de la dynamique projeté sur l'axe (Oz) dans le référentiel d'étude galiléen.
Voir la réponse courte

PFD appliqué au plan n soumis aux forces de rappel transversales des plans voisins : m\ddot{\xi}_n = C(\xi_{n+1} + \xi_{n-1} - 2\xi_n).

Voir le corrigé complet

On applique le principe fondamental de la dynamique au plan atomique de rang n, de masse m, dans le référentiel du laboratoire supposé galiléen.

Le mouvement étant purement transverse selon la direction (Oz), le vecteur accélération s'écrit :

\vec{a}_n(t) = \frac{\mathrm{d}^2 \xi_n}{\mathrm{d}t^2}(t)\,\vec{e}_z

Le plan de rang n est soumis uniquement aux forces de rappel élastique exercées par ses deux plus proches voisins, les plans de rang n+1 et n-1 :

  • le plan n+1 exerce la force donnée par l'énoncé :

    \vec{F}_{n+1\to n} = C \big(\xi_{n+1}(t) - \xi_n(t)\big)\,\vec{e}_z
  • le plan n-1 exerce, d'après le principe des actions réciproques ou par invariance par translation/symétrie d'indice, la force :

    \vec{F}_{n-1\to n} = C \big(\xi_{n-1}(t) - \xi_n(t)\big)\,\vec{e}_z

En projetant la relation fondamentale de la dynamique m \vec{a}_n = \vec{F}_{n+1\to n} + \vec{F}_{n-1\to n} sur le vecteur unitaire \vec{e}_z, on obtient :

\begin{aligned} m \frac{\mathrm{d}^2 \xi_n}{\mathrm{d}t^2} &= C \big(\xi_{n+1}(t) - \xi_n(t)\big) + C \big(\xi_{n-1}(t) - \xi_n(t)\big) \\ &= C \big(\xi_{n+1}(t) + \xi_{n-1}(t) - 2\xi_n(t)\big) \end{aligned}

L'équation différentielle régissant l'évolution temporelle de \xi_n(t) est donc :

\boxed{m \frac{\mathrm{d}^2 \xi_n}{\mathrm{d}t^2}(t) = C \big(\xi_{n+1}(t) + \xi_{n-1}(t) - 2\xi_n(t)\big)}

Résultat

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : relation de dispersion, onde progressive

Obtenir la relation de dispersion entre et . L'écrire sous la forme avec .

Voir l'indice

Injecter la forme proposée dans l'équation différentielle et factoriser par une exponentielle imaginaire pour faire émerger un sinus au carré.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme d'onde progressive harmonique \underline{\xi}_n(t) = \underline{A}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(nkd - \omega t)} dans l'équation différentielle établie à la question Q9.
  2. Factoriser par \underline{\xi}_n(t) et transformer la combinaison d'exponentielles imaginaires à l'aide des formules d'Euler et de trigonométrie.
  3. En déduire l'expression explicite de la pulsation temporelle strictement positive \omega en fonction de k, d et \omega_0 = \sqrt{C/m}.
Voir la réponse courte

Injection d'une onde plane progressive monochromatique : \omega = 2\omega_0 \left|\sin(kd/2)\right|.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q9, l'équation régissant le déplacement du plan de rang n s'écrit :

m \frac{\mathrm{d}^2 \xi_n}{\mathrm{d}t^2} = C \big(\xi_{n+1}(t) + \xi_{n-1}(t) - 2\xi_n(t)\big)

En injectant la solution cherchée sous forme complexe \underline{\xi}_n(t) = \underline{A}\,\mathrm{e}^{\mathrm{i}(nkd - \omega t)}, la dérivée temporelle seconde vaut :

\frac{\mathrm{d}^2 \underline{\xi}_n}{\mathrm{d}t^2} = (-\mathrm{i}\omega)^2 \underline{\xi}_n(t) = -\omega^2 \underline{\xi}_n(t)

Le membre de droite s'exprime quant à lui sous la forme :

\begin{aligned} \underline{\xi}_{n+1}(t) + \underline{\xi}_{n-1}(t) - 2\underline{\xi}_n(t) &= \underline{\xi}_n(t) \left( \mathrm{e}^{\mathrm{i}kd} + \mathrm{e}^{-\mathrm{i}kd} - 2 \right) \\ &= \underline{\xi}_n(t) \big( 2\cos(kd) - 2 \big) \\ &= -4\sin^2\left(\frac{kd}{2}\right) \underline{\xi}_n(t) \end{aligned}

Comme \underline{A} \neq 0, l'équation du mouvement implique, pour tout t :

-m \omega^2 = -4C \sin^2\left(\frac{kd}{2}\right) \implies \omega^2 = 4\,\frac{C}{m}\sin^2\left(\frac{kd}{2}\right) = 4\omega_0^2 \sin^2\left(\frac{kd}{2}\right)

avec \omega_0 = \sqrt{C/m}. La pulsation \omega étant par définition une constante réelle strictement positive, on en déduit la relation de dispersion :

\boxed{\omega = 2\omega_0 \left|\sin\left(\frac{kd}{2}\right)\right|}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : relation de dispersion, pulsation de coupure

Tracer l'allure de la courbe donnant en fonction de pour . Montrer que le cristal se comporte comme un filtre passe-bas dont on déterminera la pulsation de coupure .

Voir l'indice

Tracer la branche acoustique |\sin(kd/2)| sur la première zone de Brillouin et déterminer son maximum absolu.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la relation de dispersion établie à la question Q10 pour tracer la courbe \omega(k) sur l'intervalle ]-\pi/d, \pi/d[ (première zone de Brillouin), en relevant les tangentes à l'origine et aux bornes.
  2. Analyser l'existence de solutions purement réelles pour le vecteur d'onde k : si \omega \le \omega_c, l'onde se propage sans atténuation ; pour \omega > \omega_c, k devient complexe, ce qui conduit à une onde évanescente (bande atténuée). En déduire le comportement passe-bas et la pulsation de coupure.
Voir la réponse courte

Tracé de la courbe sinusoïdale sur la zone de Brillouin ; le cristal filtre au-delà de \omega_c = 2\omega_0.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, la pulsation \omega > 0 vérifie pour tout k \in ]-\pi/d, \pi/d[ :

\omega(k) = 2\omega_0 \left|\sin\left(\frac{kd}{2}\right)\right|

La fonction est paire. Au voisinage de k = 0, \omega(k) \sim \omega_0 d |k|, ce qui correspond à une vitesse de groupe finie \pm \omega_0 d avec un point anguleux en k = 0. Lorsque |k| \to \pi/d, \omega atteint sa borne supérieure 2\omega_0 avec une tangente horizontale puisque :

\frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k} = \omega_0 d \cos\left(\frac{kd}{2}\right) \xrightarrow[k \to \pm \pi/d]{} 0

Comportement de filtre passe-bas :

  • Pour une pulsation \omega \le 2\omega_0, l'équation \sin(kd/2) = \omega/(2\omega_0) admet des solutions k \in \mathbb{R}. L'onde \underline{\xi}_n(t) = \underline{A}\exp(\mathrm{i}(nkd - \omega t)) se propage sans atténuation spatiale le long de la chaîne : le signal est transmis.
  • Pour une pulsation imposée \omega > 2\omega_0, il n'existe aucune solution réelle pour k. On a alors \sin(kd/2) > 1, ce qui impose à k d'être complexe avec une partie imaginaire non nulle : k = \pm \pi/d - \mathrm{i}\kappa (\kappa > 0). L'onde présente une décroissance spatiale exponentielle en \mathrm{e}^{-n\kappa d} : il s'agit d'une onde évanescente (bande interdite). L'onde ne peut pas se propager dans le réseau sans être amortie exponentiellement.

Le cristal filtre donc les hautes pulsations et laisse passer sans atténuation les ondes de pulsations inférieures à une pulsation de coupure \omega_c. Il se comporte comme un filtre passe-bas de pulsation de coupure :

\boxed{\omega_c = 2\omega_0 = 2\sqrt{\frac{C}{m}}}

Résultat

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : vitesse de phase, vitesse de groupe

Établir les expressions littérales de la vitesse de phase et de la vitesse de groupe en fonction de , et pour .

Voir l'indice

Appliquer strictement les définitions différentielles v_\varphi = \omega/k et v_g = \mathrm{d}\omega/\mathrm{d}k.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression de la relation de dispersion obtenue à la question Q10 sur l'intervalle k \in \left]0, \frac{\pi}{d}\right[ afin de lever la valeur absolue.
  2. Appliquer la définition de la vitesse de phase : v_\varphi = \frac{\omega}{k}.
  3. Appliquer la définition de la vitesse de groupe : v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k}.
Voir la réponse courte

Calcul des quotients v_\varphi = \omega/k et v_g = \mathrm{d}\omega/\mathrm{d}k = \omega_0 d \cos(kd/2).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, la relation de dispersion s'écrit :

\omega(k) = 2\omega_0 \left|\sin\left(\frac{kd}{2}\right)\right|

Pour k \in \left]0, \frac{\pi}{d}\right[, on a \frac{kd}{2} \in \left]0, \frac{\pi}{2}\right[, d'où \sin\left(\frac{kd}{2}\right) > 0. La pulsation s'écrit donc simplement :

\omega(k) = 2\omega_0 \sin\left(\frac{kd}{2}\right)

Vitesse de phase Par définition, la vitesse de phase est donnée par :

v_\varphi = \frac{\omega}{k}

En injectant l'expression de \omega(k), on obtient :

\boxed{v_\varphi = \frac{2\omega_0}{k}\sin\left(\frac{kd}{2}\right) = \omega_0 d \, \frac{\sin(kd/2)}{kd/2}}

Vitesse de groupe Par définition, la vitesse de groupe correspond à la dérivée de la pulsation par rapport au vecteur d'onde :

\begin{aligned} v_g &= \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k} \\ &= 2\omega_0 \times \frac{d}{2} \cos\left(\frac{kd}{2}\right) \end{aligned}

Soit :

\boxed{v_g = \omega_0 d \cos\left(\frac{kd}{2}\right)}

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : approximation des milieux continus, relation de dispersion

Déduire la célérité des ondes transversales dans le cadre de cette approximation en fonction de , et .

Voir l'indice

Réaliser un développement limité au premier ordre pour kd \ll 1 dans l'expression de la pulsation ou de la vitesse de phase.

Voir la stratégie
  1. Traduire l'approximation des milieux continus (\lambda \gg d) en une condition sur la grandeur sans dimension kd.
  2. Effectuer un développement limité de la relation de dispersion \omega(k) ou des vitesses v_\varphi et v_g obtenues à la question Q12 lorsque kd \to 0.
  3. Identifier la célérité c_t des ondes dans ce régime non dispersif en fonction de d, C et m.
Voir la réponse courte

Limite des grandes longueurs d'onde (k \to 0) où v_\varphi = v_g = c_t = \omega_0 d = d\sqrt{C/m}.

Voir le corrigé complet

L'approximation des milieux continus correspond à une longueur d'onde grande devant la distance interatomique :

\lambda \gg d \iff k = \frac{2\pi}{\lambda} \ll \frac{2\pi}{d} \iff kd \ll 1

Pour kd \ll 1, effectuons un développement limité à l'ordre 1 de la relation de dispersion obtenue à la question Q10 :

\omega(k) = 2\omega_0 \sin\left(\frac{kd}{2}\right) \approx 2\omega_0 \left(\frac{kd}{2}\right) = \omega_0 d \, k

La pulsation \omega devient proportionnelle au nombre d'onde k. Dès lors, la vitesse de phase et la vitesse de groupe sont égales et indépendantes de la pulsation :

v_\varphi = \frac{\omega}{k} \xrightarrow[kd \to 0]{} \omega_0 d \quad \text{et} \quad v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k} \xrightarrow[kd \to 0]{} \omega_0 d

Le milieu se comporte donc comme un milieu non dispersif, et les ondes transversales s'y propagent à une célérité c_t constante. En rappelant que \omega_0 = \sqrt{C/m}, on obtient :

\boxed{c_t = d \sqrt{\frac{C}{m}}}

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : onde transversale, célérité

Discuter la relation compte tenu du résultat de la question précédente. Calculer pour le fer à et à pression atmosphérique.

Voir l'indice

Identifier la masse par plan et la raideur C aux grandeurs macroscopiques volumiques L et \mu, puis effectuer l'application numérique pour le fer.

Voir la stratégie
  1. Relier l'expression macroscopique c_t = \sqrt{L/\mu} à l'expression microscopique c_t = d\sqrt{C/m} obtenue en Q13 en exprimant la masse d'un plan et la force de rappel transverse pour une section \Sigma.
  2. Comparer la structure de cette formule à celle de la célérité des ondes longitudinales c_\ell = \sqrt{E/\mu} (Q7).
  3. Effectuer l'application numérique pour le fer à 293\text{ K} à l'aide de la relation L \approx 0{,}4\,E et des données de la question Q7.
Voir la réponse courte

Identification dimensionnelle des paramètres microscopiques avec le module de cisaillement L et calcul de c_t pour le fer.

Voir le corrigé complet

1. Discussion de la relation c_t = \sqrt{L/µ} :

À la question Q13, l'approche microscopique dans l'approximation des milieux continus a conduit à :

c_t = d\sqrt{\frac{C}{m}} = \sqrt{\frac{C\,d^2}{m}}

Considérons une tranche de solide de section \Sigma orthogonale à (Ox) et d'épaisseur d (associée à un plan atomique). Sa masse est :

m = \mu\,\Sigma\,d

Par ailleurs, dans le cadre de l'élasticité linéaire, la contrainte de cisaillement s'écrit \sigma = L\,\frac{\partial \xi}{\partial x}. La force nette transverse s'exerçant sur une tranche comprise entre x et x+d est :

\mathrm{d}F_z = \Sigma\,\mathrm{d}\sigma = \Sigma\,L\,\frac{\partial^2 \xi}{\partial x^2}\,d

En identifiant cette expression à la force de rappel discrète au second ordre C\,d^2\,\frac{\partial^2 \xi}{\partial x^2}, on obtient la correspondance microscopique-macroscopique :

C = \frac{L\,\Sigma}{d}

En injectant ces relations dans l'expression microscopique :

c_t = \sqrt{\frac{\left(\frac{L\,\Sigma}{d}\right)d^2}{\mu\,\Sigma\,d}} = \sqrt{\frac{L}{\mu}}

L'expression macroscopique est donc en parfaite cohérence avec le modèle microscopique. De plus, elle présente une structure analogue à celle des ondes longitudinales établie à la question Q7 (c_\ell = \sqrt{E/\mu}), où le module d'Young E (associé à une élongation/compression axiale) est remplacé par le module de cisaillement L (associé au glissement relatif des couches).

2. Calcul de c_t pour le fer à 293\text{ K} :

On a L \approx 0{,}4\,E, d'où :

c_t = \sqrt{\frac{0{,}4\,E}{\mu_{\mathrm{Fe}}}}

Avec E = 196\text{ GPa} = 196 \times 10^9\text{ Pa} et \mu_{\mathrm{Fe}} = 7{,}87 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} :

L \approx 0{,}4 \times 196 \times 10^9 = 78{,}4 \times 10^9\text{ Pa} = 78{,}4\text{ GPa}
c_t = \sqrt{\frac{78{,}4 \times 10^9}{7{,}87 \times 10^3}} \approx 3{,}16 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
\boxed{c_t \approx 3{,}16 \times 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} = 3{,}16\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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I.B · Ondes P et S dans la Terre et modèle PREM

Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : onde sismique, onde transversale

En explicitant la démarche, attribuer aux vitesses des ondes P et S les profils en tirets ou en pointillés de la figure 3. Discuter la cohérence de cette figure avec la structure interne de la Terre décrite dans l'introduction du sujet.

Voir l'indice

Noter que les ondes transversales de cisaillement S ne peuvent pas se propager dans un liquide (L = 0 \implies v_S = 0), ce qui identifie immédiatement le profil nul dans le noyau externe.

Voir la stratégie
  1. Comparer les expressions théoriques des célérités v_P et v_S dans un solide et dans un fluide pour en déduire les critères d'attribution : v_P > v_S partout, et v_S = 0 dans un milieu fluide.
  2. Relier les discontinuités observées sur les profils de vitesse et de masse volumique aux différentes enveloppes terrestres et discontinuités présentées à la figure 1.
Voir la réponse courte

v_P > v_S attribue les profils ; disparition des ondes S dans le noyau externe car c'est un milieu liquide.

Voir le corrigé complet

D'après les expressions fournies par l'énoncé :

v_P = \sqrt{\frac{K + \frac{4}{3}L}{\mu}} \quad \text{et} \quad v_S = \sqrt{\frac{L}{\mu}}

Les modules élastiques K et L étant strictement positifs dans un milieu solide, on a :

v_P > v_S \quad \text{dans tout milieu solide}

Dans un fluide, le module de cisaillement est nul (L = 0), ce qui entraîne :

v_S = 0 \quad \text{et} \quad v_P = \sqrt{\frac{K}{\mu}} > 0

Sur la figure 3 :

  • Le profil en tirets présente toujours les valeurs les plus élevées et ne s'annule jamais : il correspond à la vitesse des ondes P (v_P).
  • Le profil en pointillés présente des valeurs plus faibles et s'annule complètement entre r \approx 1\,220\text{ km} et r \approx 3\,480\text{ km} : il correspond à la vitesse des ondes S (v_S).
\boxed{\text{Tirets : ondes P } (v_P) \qquad ; \qquad \text{Pointillés : ondes S } (v_S)}

Cohérence avec la structure interne de la Terre :

  • Graine (noyau interne, 0 \le r \lesssim 1\,220\text{ km}) : Les ondes S s'y propagent (v_S \approx 3{,}5\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}), ce qui confirme le caractère solide de la graine. La masse volumique y est maximale (\mu \approx 13\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}).
  • Discontinuité de Lehmann (C, à r \approx 1\,216\text{ km}) : Elle sépare nettement la graine solide du noyau externe liquide, marquée par l'annulation brutale de v_S et une chute de v_P.
  • Noyau externe (1\,220\text{ km} \lesssim r \lesssim 3\,486\text{ km}) : L'absence d'ondes S (v_S = 0) prouve que cette couche est un fluide liquide. Son épaisseur correspond bien à 2\,270\text{ km} (1\,216 + 2\,270 = 3\,486\text{ km}).
  • Discontinuité de Gutenberg (B, à r = R_T - 2\,885\text{ km} \approx 3\,486\text{ km}) : Elle marque la frontière noyau-manteau par un saut très net de la masse volumique (chute brutale de \sim 10 à \sim 5{,}5\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}), la réapparition des ondes S et un bond de la vitesse v_P (qui passe de 8 à près de 14\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}).
  • Manteau (3\,486\text{ km} \lesssim r \lesssim 6\,340\text{ km}) : v_S > 0, le manteau est donc entièrement solide (comportement élastique aux échelles de temps des ondes sismiques), de masse volumique intermédiaire (\mu entre 3{,}5 et 5{,}5\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}).
  • Croûte terrestre et discontinuité de Mohorovičić (A) : Au voisinage immédiat de la surface (r > 6\,300\text{ km}), on observe une forte décroissance des vitesses et une baisse de \mu vers \approx 2{,}7\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}.

Le modèle PREM est donc en accord remarquable avec la structure en couches concentriques présentée en introduction.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'argumentation doit valider la nature liquide du noyau externe et confirmer la structure en couches grâce à la discontinuité de vP.

« La réponse doit être fondée sur des arguments convaincants. »

« La discussion sur la cohérence de la figure 3 avec la structure interne de la Terre doit mettre en évidence les éléments les plus importants : la validation de la nature liquide du noyau externe et la confirmation de la structure en couches grâce à la discontinuité de la vitesse vP. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Partie II : Étude d'un modèle gravimétrique de la Terre

II.A · Préliminaire : l'analogie électrostatique-gravitation

Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : théorème de gauss, champ de gravitation

En utilisant l'analogie entre le champ électrostatique et le champ gravitationnel, montrer que ce dernier, noté , vérifie l'équation locale où est la constante universelle de gravitation et la masse volumique locale. En déduire l'énoncé du théorème de Gauss de la gravitation (analogue du théorème de Gauss de l'électromagnétisme).

Voir l'indice

Effectuer l'analogie formelle en remplaçant la charge électrique q par -m et 1/(4\pi\varepsilon_0) par G, puis appliquer le théorème de Green-Ostrogradsky.

Voir la stratégie
  1. Établir la correspondance entre la loi de Coulomb en électrostatique et la loi de gravitation universelle de Newton pour identifier les substitutions formelles.
  2. Transposer l'équation locale de Maxwell-Gauss au champ de gravitation à l'aide de cette analogie.
  3. Appliquer le théorème de Green-Ostrogradsky (théorème de flux-divergence) pour énoncer le théorème de Gauss gravitationnel sous forme intégrale.
Voir la réponse courte

Analogie avec l'électrostatique en remplaçant q/\varepsilon_0 par -4\pi G m, donnant l'équation locale et le flux gravitationnel.

Voir le corrigé complet

Considérons une source ponctuelle située à l'origine O.

  • En électrostatique, une charge ponctuelle q crée en un point M repéré par \vec{r} = \vec{OM} = r\vec{e}_r le champ :

    \vec{E} = \frac{q}{4\pi\varepsilon_0 r^2}\,\vec{e}_r
  • En gravitation, une masse ponctuelle m crée en ce même point le champ :

    \vec{\mathcal{G}} = -\frac{Gm}{r^2}\,\vec{e}_r

Par identification formelle entre ces deux expressions, on dégage le dictionnaire d'analogie :

\vec{E} \;\longleftrightarrow\; \vec{\mathcal{G}}, \qquad q \;\longleftrightarrow\; m, \qquad \frac{1}{4\pi\varepsilon_0} \;\longleftrightarrow\; -G \quad\text{soit}\quad \frac{1}{\varepsilon_0} \;\longleftrightarrow\; -4\pi G

Pour une distribution continue de matière, la densité volumique de charge \rho est remplacée par la masse volumique locale \mu.

L'équation locale de Maxwell-Gauss pour le champ électrostatique s'écrit :

\operatorname{div}\vec{E} = \frac{\rho}{\varepsilon_0}

En appliquant les règles d'analogie précédentes, on obtient directement l'équation locale régissant le champ gravitationnel :

\boxed{\operatorname{div}\vec{\mathcal{G}} = -4\pi G\mu}

Intégrons cette équation sur un volume V délimité par une surface fermée \Sigma orientée vers l'extérieur par son vecteur surface élémentaire \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}}. D'après le théorème de Green-Ostrogradsky :

\oiint_{\Sigma} \vec{\mathcal{G}} \cdot \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} = \iiint_V \operatorname{div}\vec{\mathcal{G}}\,\mathrm{d}\tau = -4\pi G \iiint_V \mu\,\mathrm{d}\tau

Or l'intégrale volumique de la masse volumique représente la masse intérieure totale M_{\text{int}} contenue dans le volume V. On en déduit l'énoncé du théorème de Gauss pour la gravitation :

\boxed{\oiint_{\Sigma} \vec{\mathcal{G}} \cdot \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} = -4\pi G M_{\text{int}}}

Énoncé : Le flux sortant du champ gravitationnel \vec{\mathcal{G}} à travers toute surface fermée \Sigma orientée vers l'extérieur est égal à -4\pi G fois la masse intérieure totale M_{\text{int}} délimitée par cette surface.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'analogie entre champ électrostatique et champ gravitationnel doit être menée de manière complète.

« l’analogie entre les champs électrostatique et gravitationnel est souvent incomplète »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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II.B · Un premier modèle gravimétrique fruste de la Terre

Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : théorème de gauss, champ de gravitation

Déterminer le champ gravitationnel en tout point de l'espace en introduisant un système de coordonnées adapté.

Voir l'indice

Exploiter la symétrie sphérique et appliquer le théorème de Gauss gravitationnel à une sphère de rayon r pour r \le R_T puis r \ge R_T.

Voir la stratégie
  1. Choisir le système de coordonnées sphériques (r, \theta, \varphi) de centre O adapté à la géométrie du problème.
  2. Analyser les symétries et invariances de la distribution sphérique et homogène de masse pour déterminer la direction et les dépendances du champ gravitationnel.
  3. Appliquer le théorème de Gauss de la gravitation (établi à la question Q16) à travers une sphère centrée en O de rayon r, en distinguant l'intérieur (r \le R_T) et l'extérieur (r \ge R_T) de la Terre.
Voir la réponse courte

Application du théorème de Gauss sur une sphère de rayon r pour r < R_T et r > R_T.

Voir le corrigé complet

On repère tout point de l'espace par ses coordonnées sphériques (r, \theta, \varphi) de centre O et de base locale (\vec{e}_r, \vec{e}_\theta, \vec{e}_\varphi).

Symétries et invariances :

  • Tout plan passant par le centre O est un plan de symétrie de la distribution de masse. Le champ gravitationnel \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(M) appartient à l'intersection de tous ces plans : il est purement radial, \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(M) = \mathcal{G}(r, \theta, \varphi)\,\vec{e}_r.
  • La distribution de masse est invariante par toute rotation autour de O, donc par rapport aux angles \theta et \varphi. La composante radiale ne dépend ainsi que de la coordonnée radiale r :

    \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(r) = \mathcal{G}(r)\,\vec{e}_r

Théorème de Gauss : On choisit pour surface de Gauss \Sigma la sphère de centre O et de rayon r, orientée vers l'extérieur par \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} = \mathrm{d}S\,\vec{e}_r. Le flux gravitationnel sortant à travers \Sigma s'écrit :

\begin{aligned} \Phi_{\mathcal{G}} &= \oiint_{\Sigma} \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}} \cdot \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} = \mathcal{G}(r) \oiint_{\Sigma} \mathrm{d}S = 4\pi r^2 \mathcal{G}(r) \end{aligned}

D'après le théorème de Gauss de la gravitation (question Q16), ce flux vaut :

4\pi r^2 \mathcal{G}(r) = -4\pi G M_{\text{int}}(r) \implies \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(r) = -\frac{G M_{\text{int}}(r)}{r^2}\,\vec{e}_r

où M_{\text{int}}(r) est la masse contenue à l'intérieur de la sphère de rayon r.

La masse totale s'écrit M_T = \frac{4}{3}\pi R_T^3 \mu_0, soit une masse volumique moyenne \mu_0 = \frac{3M_T}{4\pi R_T^3}.

  • À l'extérieur de la Terre (r \ge R_T) : La surface de Gauss englobe toute la masse de la Terre, soit M_{\text{int}}(r) = M_T :

    \boxed{ \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(r) = -\frac{G M_T}{r^2}\,\vec{e}_r = -\frac{4\pi G \mu_0 R_T^3}{3 r^2}\,\vec{e}_r }
  • À l'intérieur de la Terre (r \le R_T) : La masse intérieure correspond au volume de la boule de rayon r de masse volumique \mu_0 :

    \begin{aligned} M_{\text{int}}(r) &= \mu_0 \times \frac{4}{3}\pi r^3 = M_T \left(\frac{r}{R_T}\right)^3 \end{aligned}

    On en déduit :

    \boxed{ \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(r) = -\frac{4}{3}\pi G \mu_0 r\,\vec{e}_r = -\frac{G M_T}{R_T^3} r\,\vec{e}_r }

Le champ est continu en r = R_T et vaut \vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(R_T) = -\frac{G M_T}{R_T^2}\,\vec{e}_r.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Schéma ou tracé

Notions : champ de gravitation, théorème de gauss

Tracer sa norme en fonction de la distance au centre .

Voir l'indice

Tracer une fonction affine croissante partant de l'origine jusqu'à la surface terrestre, raccordée à une décroissance en 1/r^2 à l'extérieur.

Voir la réponse courte

Tracé de \|\vec{\mathcal{G}}(r)\| : croissance linéaire de 0 à R_T, puis décroissance en 1/r^2.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q17, l'expression de la norme \mathcal{G}(r) = \|\vec{\mathcal{G}}_{T_{\text{h}}}(r)\| du champ gravitationnel créé par la boule homogène est donnée par :

\mathcal{G}(r) = \begin{cases} \dfrac{G M_T}{R_T^3}\,r = \mathcal{G}_0\,\dfrac{r}{R_T} & \text{pour } r \le R_T \\[8pt] \dfrac{G M_T}{r^2} = \mathcal{G}_0\left(\dfrac{R_T}{r}\right)^2 & \text{pour } r \ge R_T \end{cases}

où \mathcal{G}_0 = \dfrac{G M_T}{R_T^2} est la valeur du champ à la surface.

Le profil de la norme \mathcal{G}(r) présente ainsi les propriétés remarquables suivantes :

  • pour r \in [0, R_T], la norme croît linéairement de 0 à \mathcal{G}_0 avec une pente positive égale à \dfrac{\mathcal{G}_0}{R_T} ;
  • en r = R_T, la fonction est continue et atteint son maximum \mathcal{G}_0 ;
  • pour r \ge R_T, elle décroît en 1/r^2 et tend vers 0 lorsque r \to +\infty ;
  • la dérivée par rapport à r présente un saut en r = R_T (pente \dfrac{\mathcal{G}_0}{R_T} à gauche, et -\dfrac{2\mathcal{G}_0}{R_T} à droite), traduisant la discontinuité de la masse volumique de \mu_0 à 0.
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Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : champ de gravitation, pesanteur

Calculer sa valeur à la surface de la Terre.

Voir l'indice

Calculer la valeur numérique du champ gravitationnel surfacique \mathcal{G}_0 = G M_T / R_T^2.

Voir la réponse courte

Calcul de \mathcal{G}_0 = GM_T/R_T^2 \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats établis aux questions Q17 et Q18, la norme du champ gravitationnel à la surface de la Terre (r = R_T) s'exprime par :

\mathcal{G}_0 = \frac{G M_T}{R_T^2}

Avec les données numériques fournies :

  • G = 6{,}67 \times 10^{-11}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{s}^{-2} ;
  • M_T = 5{,}972 \times 10^{24}\text{ kg} ;
  • R_T = 6371\text{ km} = 6{,}371 \times 10^6\text{ m}.

On obtient :

\mathcal{G}_0 = \frac{6{,}67 \times 10^{-11} \times 5{,}972 \times 10^{24}}{(6{,}371 \times 10^6)^2} \approx 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}
\boxed{\mathcal{G}_0 = 9{,}81\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} \quad (\text{ou }\text{N}\cdot\text{kg}^{-1})}

Résultat

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II.C · Un second modèle gravimétrique (noyau + manteau) de la Terre

Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : théorème de gauss, champ de gravitation

Justifier que la valeur de à la surface de la Terre dans le cadre de ce modèle est inchangée par rapport à celle évaluée à la question Q 19.

Voir l'indice

Remarquer que la masse totale M_T et la symétrie sphérique globale de la Terre restent rigoureusement identiques pour toute surface entourant la planète.

Voir la réponse courte

À la surface r = R_T, la masse intérieure reste la masse totale M_T, donc le champ est inchangé d'après Gauss.

Voir le corrigé complet

La répartition de masse dans ce second modèle conserve une symétrie sphérique de centre O. Les invariances par rotation autour de tout axe passant par O et le fait que les plans contenant O soient des plans de symétrie de la distribution imposent que le champ gravitationnel est purement radial et ne dépend que de la coordonnée radiale r :

\vec{\mathcal{G}}(r) = -\mathcal{G}(r)\,\vec{e}_r

Appliquons le théorème de Gauss pour la gravitation (établi à la question Q16) à une surface fermée \Sigma constituée par la sphère de centre O et de rayon r = R_T :

\oiint_{\Sigma} \vec{\mathcal{G}} \cdot \mathrm{d}\vec{S}_{\text{ext}} = -4\pi R_T^2 \mathcal{G}_0 = -4\pi G M_{\text{int}}

Or, la masse intérieure à la surface terrestre (r = R_T) correspond à la masse totale de la Terre M_T, qui reste inchangée :

M_{\text{int}} = M_T = \frac{4}{3}\pi R_T^3 \mu_0

On en déduit immédiatement la norme du champ gravitationnel à la surface :

\boxed{\mathcal{G}_0 = \frac{G M_T}{R_T^2} = \frac{4\pi G \mu_0 R_T}{3}}

Ce résultat dépend uniquement de la masse totale M_T et du rayon extérieur R_T, et est totalement indépendant de la répartition radiale de la masse à l'intérieur de la sphère, dès lors que celle-ci présente une symétrie sphérique. La valeur de \mathcal{G}_0 est donc rigoureusement identique à celle obtenue à la question Q19.

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : masse volumique, intégration

Déterminer la distribution de masse volumique pour la Terre dans ce modèle. L'exprimer en fonction de , et dans le noyau et en fonction de , et dans le manteau.

Voir l'indice

Utiliser le théorème de Gauss ou l'expression de la divergence en coordonnées sphériques pour remonter à \mu(r) à partir de la norme du champ gravitationnel dans chaque zone.

Voir la stratégie
  1. Exprimer analytiquement la norme \mathcal{G}_T(r) du champ gravitationnel à partir du graphe de la figure 4 dans les deux domaines (noyau et manteau).
  2. Relier la masse volumique locale \mu(r) au champ gravitationnel par l'équation locale de Gauss \operatorname{div}\vec{\mathcal{G}} = -4\pi G\mu (ou par la forme intégrale appliquée à une sphère de rayon r).
  3. Remplacer \mathcal{G}_0 par son expression établie à la question Q19 pour respecter les variables demandées.
Voir la réponse courte

Expression de la masse volumique constante dans le noyau et calcul dans le manteau par bilan intégral de masse.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 4, le champ gravitationnel intérieur \vec{\mathcal{G}}_T(r) = -\mathcal{G}_T(r)\vec{e}_r présente deux régimes :

\begin{aligned} \text{Pour } 0 \le r \le R_2 \text{ (noyau) :} & \quad \mathcal{G}_T(r) = \mathcal{G}_0 \frac{r}{R_2} \\ \text{Pour } R_2 < r \le R_T \text{ (manteau) :} & \quad \mathcal{G}_T(r) = \mathcal{G}_0 \end{aligned}

D'après la question Q16, le champ gravitationnel vérifie l'équation locale de Gauss :

\operatorname{div}\vec{\mathcal{G}}_T = -4\pi G \mu(r)

En coordonnées sphériques, le champ étant purement radial et ne dépendant que de r, la divergence s'écrit d'après le formulaire :

\operatorname{div}\vec{\mathcal{G}}_T = \frac{1}{r^2}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r^2 \mathcal{G}_r\right) = -\frac{1}{r^2}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r^2 \mathcal{G}_T(r)\right)

On en déduit l'expression générale de la masse volumique locale :

\mu(r) = \frac{1}{4\pi G r^2}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r^2 \mathcal{G}_T(r)\right)

1. Dans le noyau (0 \le r \le R_2) :

r^2 \mathcal{G}_T(r) = \frac{\mathcal{G}_0}{R_2} r^3 \implies \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r^2 \mathcal{G}_T(r)\right) = 3\frac{\mathcal{G}_0}{R_2} r^2

La masse volumique est donc uniforme dans le noyau :

\mu(r) = \frac{3\mathcal{G}_0}{4\pi G R_2}

Or, d'après les questions Q17 et Q19, \mathcal{G}_0 = \dfrac{4}{3}\pi G \mu_0 R_T. On obtient ainsi :

\boxed{\mu(r) = \mu_0 \frac{R_T}{R_2} \quad \text{pour } 0 \le r \le R_2}

2. Dans le manteau (R_2 < r \le R_T) :

r^2 \mathcal{G}_T(r) = \mathcal{G}_0 r^2 \implies \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}r}\left(r^2 \mathcal{G}_T(r)\right) = 2\mathcal{G}_0 r

Il vient :

\mu(r) = \frac{2\mathcal{G}_0 r}{4\pi G r^2} = \frac{\mathcal{G}_0}{2\pi G r}

En exprimant \mathcal{G}_0 en fonction de la masse totale de la Terre M_T, \mathcal{G}_0 = \dfrac{G M_T}{R_T^2} :

\boxed{\mu(r) = \frac{M_T}{2\pi R_T^2 r} \quad \text{pour } R_2 < r \le R_T}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Évitez de confondre norme et composante radiale ; appliquez la loi locale de Q16 avec la figure 4 pour obtenir le profil.

« moins de 9 % des copies obtiennent au moins les trois quarts des points attribuées à la question Q21. »

« La principale raison est la confusion entre la norme du champ gravitationnel et sa composante radiale. »

« En appliquant la loi locale donnée par le sujet en Q16. et en exploitant la figure 4, les candidats parviennent rapidement au profil de masse volumique souhaité. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : masse volumique, modèle planétaire

Tracer l'allure de cette distribution de masse volumique en précisant les valeurs numériques remarquables. Discuter les similitudes et les différences de ce modèle avec le profil de masse volumique donné par le modèle PREM sur la figure 3.

Voir l'indice

Calculer les valeurs de \mu(r) aux frontières remarquables (0, R_2^-, R_2^+ et R_T) et constater le saut de densité à la discontinuité de Gutenberg.

Voir la stratégie
  1. Évaluer numériquement la masse volumique moyenne \mu_0, le rayon du noyau R_2, puis les valeurs remarquables de \mu(r) aux frontières (r \in [0, R_2], r = R_2^+ et r = R_T).
  2. Tracer l'allure de la courbe \mu(r) en faisant apparaître la discontinuité à l'interface noyau-manteau (r = R_2).
  3. Comparer ce modèle à deux compartiments avec le profil issu du modèle PREM (figure 3) en soulignant les points communs et les simplifications.
Voir la réponse courte

Tracé par morceaux avec discontinuité à la frontière noyau-manteau et comparaison qualitative avec le profil continu par morceaux de PREM.

Voir le corrigé complet

D'après les données de l'énoncé et la figure 1 :

  • Masse volumique moyenne :

    \mu_0 = \frac{3M_T}{4\pi R_T^3} = \frac{3 \times 5{,}972 \times 10^{24}}{4\pi \times (6{,}371 \times 10^6)^3} \approx 5{,}51 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} = 5{,}51\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}
  • Rayon à la discontinuité de Gutenberg : R_2 = R_T - 2885\text{ km} = 3486\text{ km}, soit un rapport :

    \frac{R_T}{R_2} = \frac{6371}{3486} \approx 1{,}828

On en déduit les valeurs remarquables de la distribution établie à la question précédente :

  • Dans le noyau (0 \le r \le R_2) :

    \mu_{\text{noyau}} = \mu_0 \frac{R_T}{R_2} \approx 5{,}51 \times 1{,}828 \approx \mathbf{10{,}1\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}} \quad (1{,}01 \times 10^4\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3})
  • Dans le manteau à la base (r \to R_2^+) :

    \mu(R_2^+) = \frac{2}{3}\mu_{\text{noyau}} \approx \mathbf{6{,}7\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}} \quad (6{,}7 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3})
  • À la surface de la Terre (r = R_T) :

    \mu(R_T) = \frac{2}{3}\mu_0 \approx \mathbf{3{,}7\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}} \quad (3{,}7 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3})

Comparaison avec le modèle PREM (figure 3) :

  • Similitudes :

    • On retrouve une nette discontinuité de masse volumique à la frontière manteau-noyau (r \approx 3500\text{ km}), avec un saut brutal de densité.
    • Les ordres de grandeur sont très bien restitués : PREM donne \mu \approx 10\text{ à }12\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} dans le noyau externe et \mu \approx 3{,}4\text{ à }5{,}6\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} dans le manteau, en accord avec les valeurs trouvées (10{,}1 et 3{,}7\text{ à }6{,}7\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}).
    • La décroissance globale de \mu(r) avec la distance r au centre est respectée.
  • Différences :

    • Le présent modèle considère un noyau homogène (\mu = \text{cste}), ignorant l'existence de la graine solide dense (\mu \approx 13\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}) et la discontinuité de Lehmann (r \approx 1216\text{ km}).
    • Dans le manteau, le modèle impose une loi continue en 1/r, alors que le profil PREM présente des sauts associés aux transitions de phase minéralogiques (manteau supérieur/inférieur vers 410 et 660 km de profondeur) ainsi que la croûte superficielle peu dense.
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Partie III : Composition chimique de la graine

Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : liaison métallique, cristal métallique

Préciser le type de liaison à l'origine de la cohésion du cristal de fer.

Voir l'indice

Identifier le type d'interaction assurant la cohésion d'un empilement régulier de cations métalliques baignant dans un gaz d'électrons délocalisés.

Voir la réponse courte

Cohésion assurée par la liaison métallique (mise en commun des électrons de délocalisation par les cœurs ioniques).

Voir le corrigé complet

Le fer étant un élément métallique (Z = 26), la cohésion du cristal de fer solide est assurée par la liaison métallique.

Dans le modèle du gaz d'électrons (ou modèle de Drude-Lorentz), le cristal est décrit comme un empilement périodique d'ions positifs fixes (\text{Fe}^{n+}) baignant dans un fluide d'électrons de valence délocalisés sur l'ensemble du réseau (le « gaz » ou « mer » d'électrons). L'attraction électrostatique entre ce nuage électronique délocalisé et les cations assure la cohésion et la stabilité mécanique du solide.

\boxed{\text{La cohésion du cristal de fer est assurée par la liaison métallique.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très sélective où seulement 10 % des candidats ont su identifier les liaisons métalliques.

« Seulement 10 % des candidats identifient les liaisons métalliques comme étant à l’origine de la cohésion du cristal de fer. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

Question déjà tombée ailleurs

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : réseau cfc, compacité

Représenter la maille du réseau cubique à faces centrées. Déterminer et calculer la compacité de la maille.

Voir l'indice

Dénombrer la population de la maille conventionnelle CFC, exprimer le paramètre de maille par la condition de tangence le long de la diagonale d'une face, et en déduire le rapport des volumes.

Voir la stratégie
  1. Représenter en perspective cavalière la maille cubique à faces centrées (CFC) avec les atomes aux sommets et aux centres des faces.
  2. Dénombrer la population N d'atomes appartenant en propre à la maille selon leur multiplicité.
  3. Identifier la direction de plus grand contact (diagonale d'une face) pour relier le paramètre de maille a au rayon atomique R, puis calculer la compacité c = V_{\text{occupé}} / V_{\text{maille}}.
Voir la réponse courte

Schéma de la maille CFC, tangence le long de la diagonale des faces (a\sqrt{2} = 4r) et compacité c = \frac{\pi\sqrt{2}}{6} \approx 0{,}74.

Voir le corrigé complet

1. Représentation de la maille cubique à faces centrées

Dans le réseau cubique à faces centrées (CFC), les atomes sont situés aux 8 sommets du cube et aux centres des 6 faces.

2. Population de la maille

Les atomes sont partagés entre plusieurs mailles adjacentes :

  • 8 atomes aux sommets, partagés chacun par 8 mailles (multiplicité 1/8) ;
  • 6 atomes aux centres des faces, partagés chacun par 2 mailles (multiplicité 1/2).

Le nombre N d'atomes appartenant en propre à la maille vaut donc :

N = 8 \times \frac{1}{8} + 6 \times \frac{1}{2} = 1 + 3 = 4

3. Condition de contact et compacité

Dans le modèle des sphères dures indéformables de rayon R, la tangence a lieu le long de la diagonale d'une face de côté a :

d_{\text{diag}} = a\sqrt{2} = 4R \implies a = 2\sqrt{2}\,R

Le volume propre occupé par les 4 atomes dans la maille s'écrit :

V_{\text{atomes}} = N \times \left(\frac{4}{3}\pi R^3\right) = \frac{16}{3}\pi R^3

Le volume total de la maille cubique vaut :

V_{\text{maille}} = a^3 = \left(2\sqrt{2}\,R\right)^3 = 16\sqrt{2}\,R^3

La compacité c est le rapport du volume occupé au volume disponible :

c = \frac{V_{\text{atomes}}}{V_{\text{maille}}} = \frac{\frac{16}{3}\pi R^3}{16\sqrt{2}\,R^3} = \frac{\pi}{3\sqrt{2}} = \frac{\pi\sqrt{2}}{6}

Numériquement :

\boxed{c = \frac{\pi\sqrt{2}}{6} \approx 0{,}74 = 74\,\%}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question abordée par 95 % des candidats, mais seulement 26 % d'entre eux obtiennent la note maximale.

« 95 % des candidats abordent la question Q24. et 26 % obtiennent la totalité des points du barème. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : réseau cfc, masse volumique, rayon atomique

Déterminer le rayon atomique du fer à pression ambiante pour la variété allotropique fer sachant que sa densité vaut .

Voir l'indice

Relier la masse volumique du fer \gamma à la masse de la maille divisée par son volume, puis en extraire le rayon atomique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la masse volumique \mu_{\text{Fe}_\gamma} de la maille cubique à faces centrées en fonction du nombre de motifs par maille N, de la masse molaire M_{\text{Fe}}, de la constante d'Avogadro N_A et du paramètre de maille a.
  2. Relier le paramètre de maille a au rayon atomique r_{\text{Fe}_\gamma} grâce à la condition de contact entre atomes établie à la question Q24.
  3. En déduire l'expression littérale de r_{\text{Fe}_\gamma} puis réaliser l'application numérique avec trois chiffres significatifs.
Voir la réponse courte

Calcul du paramètre a = (4M/(\mathcal{N}_A \mu))^{1/3} puis déduction du rayon atomique r = a\sqrt{2}/4 \approx 126\text{ pm}.

Voir le corrigé complet

La masse volumique du fer \gamma est définie par le rapport de la masse du contenu de la maille sur son volume V = a^3 :

\mu_{\text{Fe}_\gamma} = \frac{N\,M_{\text{Fe}}}{N_A\,a^3}

où N = 4 correspond au nombre d'atomes de fer par maille dans le réseau cubique à faces centrées (d'après la question Q24).

Par définition de la densité d'un solide par rapport à l'eau liquide (\rho_{\text{eau}} = 1{,}00 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}), on a :

\mu_{\text{Fe}_\gamma} = d_{\text{Fe}_\gamma}\,\rho_{\text{eau}}

D'après la question Q24, la condition de tangence des sphères dures le long de la diagonale d'une face s'écrit :

a\sqrt{2} = 4\,r_{\text{Fe}_\gamma} \iff a = 2\sqrt{2}\,r_{\text{Fe}_\gamma}

En injectant cette relation dans l'expression de la masse volumique, le volume de la maille devient :

a^3 = (2\sqrt{2}\,r_{\text{Fe}_\gamma})^3 = 16\sqrt{2}\,r_{\text{Fe}_\gamma}^3

d'où :

\mu_{\text{Fe}_\gamma} = \frac{4\,M_{\text{Fe}}}{N_A \times 16\sqrt{2}\,r_{\text{Fe}_\gamma}^3} = \frac{M_{\text{Fe}}}{4\sqrt{2}\,N_A\,r_{\text{Fe}_\gamma}^3}

On en déduit l'expression du rayon atomique :

\boxed{r_{\text{Fe}_\gamma} = \left(\frac{M_{\text{Fe}}}{4\sqrt{2}\,N_A\,d_{\text{Fe}_\gamma}\,\rho_{\text{eau}}}\right)^{1/3}}

Application numérique : Avec les valeurs numériques fournies par l'énoncé :

  • M_{\text{Fe}} = 55{,}8\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 55{,}8 \times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} ;
  • N_A = 6{,}02 \times 10^{23}\text{ mol}^{-1} ;
  • d_{\text{Fe}_\gamma} = 7{,}87 et \rho_{\text{eau}} = 1{,}00 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;

il vient :

r_{\text{Fe}_\gamma} = \left(\frac{55{,}8 \times 10^{-3}}{4\sqrt{2} \times 6{,}02 \times 10^{23} \times 7{,}87 \times 10^3}\right)^{1/3} \approx 1{,}28 \times 10^{-10}\text{ m}

soit :

\boxed{r_{\text{Fe}_\gamma} = 128\text{ pm}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Seulement 75 % des candidats abordent la question et 17 % la réussissent pleinement.

« Ils ne sont plus que 75 % à traiter la question Q25. et seulement 17 % avec succès. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, TSI1

Notions : masse volumique, composition chimique

En vous appuyant sur les résultats présentés à la figure 6, ainsi que sur les profils de masse volumique et de vitesses prévus par le modèle PREM en figure 3, montrer que le noyau ne peut pas être constitué que de fer pur et que la prise en compte d'éléments plus légers est nécessaire.

Voir l'indice

Comparer la masse volumique mesurée expérimentalement sous haute pression pour le fer pur sur la figure 6 à celle imposée par le modèle PREM dans le noyau interne.

Voir la stratégie
  1. Identifier les conditions de pression et de température régnant dans le noyau (graine et noyau externe) à partir du texte et des figures.
  2. Lire sur la figure 6 (droite) la masse volumique du fer pur sous ces conditions thermodynamiques et la comparer au profil de masse volumique \mu(r) fourni par le modèle PREM (figure 3).
  3. Confronter les vitesses de propagation des ondes sismiques déduites des modules élastiques de la figure 6 (gauche) avec les vitesses sismiques de la figure 3.
  4. Conclure sur la nécessité d'incorporer des éléments chimiques plus légers.
Voir la réponse courte

La densité du fer pur aux pressions du noyau est supérieure à celle mesurée par PREM, impliquant des éléments légers.

Voir le corrigé complet

1. Conditions thermodynamiques du noyau

  • Dans la graine (r \in [0\,;\,1216\text{ km}]), la pression varie entre 330\text{ GPa} et 350\text{ GPa} et la température dépasse 5000\text{ K}.
  • Dans le noyau externe (r \in [1216\,;\,3486\text{ km}]), la pression varie d'environ 135\text{ GPa} (discontinuité de Gutenberg, r=R_2) à 330\text{ GPa} (discontinuité de Lehmann, r=R_1), pour des températures comprises entre T_2 = 3800\text{ K} et T_1 = 5000\text{ K}.

2. Comparaison des masses volumiques

  • Dans la graine (fer \varepsilon solide) : D'après la figure 6 (droite), à P \approx 330\text{--}350\text{ GPa}, par interpolation entre les isothermes à 4000\text{ K} et 7000\text{ K}, la masse volumique du fer pur solide à T \approx 5000\text{ K} vaut :

    \mu_{\text{Fe},\varepsilon} \approx 13{,}3\text{ à }13{,}5\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}

    Or, le profil PREM (figure 3) indique pour la graine (r < 1216\text{ km}) une masse volumique comprise entre :

    \mu_{\text{PREM}} \approx 12{,}8\text{ et }13{,}1\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}

    Le fer pur est donc environ 3\text{ à }5\,\% plus dense que le milieu réel de la graine.

  • Dans le noyau externe (fer liquide) : D'après la courbe du fer liquide (figure 6, droite), la masse volumique varie de \approx 10{,}8\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} (à 135\text{ GPa}) à \approx 12{,}8\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} (à 330\text{ GPa}). Sur le profil PREM (figure 3), \mu varie de 9{,}9\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} à 12{,}1\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}. Le fer liquide pur est là encore trop dense d'environ 6\text{ à }10\,\%.

3. Comparaison des vitesses sismiques dans la graine D'après la figure 6 (gauche), à P \approx 330\text{ GPa}, le fer pur possède :

K \approx 1250\text{--}1300\text{ GPa} \quad \text{et} \quad L \approx 450\text{--}480\text{ GPa}

Avec \mu \approx 13{,}4 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, les relations rappelées en partie I.B donnent pour le fer pur :

\begin{aligned} v_S &= \sqrt{\frac{L}{\mu}} \approx \sqrt{\frac{460 \times 10^9}{13{,}4 \times 10^3}} \approx 5{,}9\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \\ v_P &= \sqrt{\frac{K + \frac{4}{3}L}{\mu}} \approx \sqrt{\frac{(1280 + 613) \times 10^9}{13{,}4 \times 10^3}} \approx 11{,}9\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

Or, le modèle PREM (figure 3) donne pour la graine :

v_S \approx 3{,}6\text{ km}\cdot\text{s}^{-1} \quad \text{et} \quad v_P \approx 11{,}2\text{ km}\cdot\text{s}^{-1}

Les vitesses prévues pour le fer pur sont significativement supérieures aux vitesses réelles mesurées, en particulier pour l'onde S.

\boxed{\text{Le fer pur est trop dense et trop rigide : la présence d'éléments plus légers ($Z < 26$) est indispensable.}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question très valorisée (8 % du barème) où consacrer 15 à 20 minutes d'analyse appuyée sur les documents permet de faire la différence.

« Il est regrettable que plus des trois quarts des candidats n’abordent pas cette question, pourtant fortement valorisée dans le barème (8 % du total). »

« Consacrer une durée raisonnable (15 à 20 minutes) à cette question, en développant un raisonnement pertinent et argumenté et en donnant les références aux documents fournis permet de se démarquer. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI

Notions : solution solide, site interstitiel, alliage

Il est communément admis que le noyau est constitué d'environ 80

Voir l'indice

Comparer les rayons atomiques du nickel, du silicium et de l'oxygène à celui du fer pour discuter la substitution dans le réseau ou l'insertion dans les sites interstitiels.

Voir la stratégie
  1. Rappeler les critères d'incorporation d'un élément dans le fer solide donnés par le préambule : substitution (rayons atomiques très proches) ou insertion dans un site interstitiel sans déformation de la maille compacte.
  2. Calculer le rayon d'habitabilité des sites interstitiels (octaédriques et tétraédriques) d'un empilement compact de fer à partir de r_{\mathrm{Fe}_\gamma} \approx 128\text{ pm}.
  3. Comparer les rayons du nickel (r_{\mathrm{Ni}}), du silicium (r_{\mathrm{Si}}) et de l'oxygène (r_{\mathrm{O}}) à ceux du fer et des sites interstitiels pour conclure quant à l'expulsion des éléments légers lors de la cristallisation.
Voir la réponse courte

Insertion d'éléments légers de faible rayon (O, Si) dans les sites et substitution du fer par le nickel de taille comparable.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, les structures hexagonale compacte (fer \varepsilon) et cubique à faces centrées (fer \gamma) sont toutes deux compactes ; leurs sites interstitiels présentent donc les mêmes critères géométriques d'habitabilité sans déformation de la maille. En prenant pour référence le rayon atomique du fer r_{\mathrm{Fe}} \approx 128\text{ pm} (déterminé à la question Q25) :

  • Sites octaédriques : le rayon maximal d'une sphère pouvant s'y loger sans repousser les atomes voisins vaut :

    r_{\mathrm{octa}} = (\sqrt{2}-1)\,r_{\mathrm{Fe}} \approx 0{,}414 \times 128\text{ pm} \approx 53\text{ pm}
  • Sites tétraédriques : le rayon maximal d'insertion sans déformation vaut :

    r_{\mathrm{t\acute{e}tra}} = \left(\sqrt{\frac{3}{2}}-1\right)r_{\mathrm{Fe}} \approx 0{,}225 \times 128\text{ pm} \approx 29\text{ pm}

Analysons les différents éléments présents dans le noyau :

  1. Le nickel (r_{\mathrm{Ni}} = 125\text{ pm}) : Son rayon atomique est extrêmement proche de celui du fer :

    \frac{|r_{\mathrm{Ni}} - r_{\mathrm{Fe}}|}{r_{\mathrm{Fe}}} = \frac{|125 - 128|}{128} \approx 2{,}3\% \ll 15\%

    Le nickel peut donc facilement former un alliage de substitution avec le fer. Il est parfaitement soluble dans le réseau cristallin de la graine solide et n'est pas expulsé lors de la cristallisation.

  2. L'oxygène (r_{\mathrm{O}} = 60\text{ pm}) : Son rayon est nettement trop petit pour une substitution (r_{\mathrm{O}}/r_{\mathrm{Fe}} \approx 0{,}47), mais il est supérieur au rayon des sites octaédriques (60\text{ pm} > 53\text{ pm}) et bien supérieur à celui des sites tétraédriques (60\text{ pm} \gg 29\text{ pm}). L'oxygène ne peut donc pas s'insérer sans déformer significativement la maille.
  3. Le silicium (r_{\mathrm{Si}} = 110\text{ pm}) : Son rayon est beaucoup trop grand pour une insertion (110\text{ pm} \gg 53\text{ pm}). En substitution, la différence de taille avec le fer atteint 14\%, ce qui déstabilise le réseau cristallin compact par rapport à la phase liquide où l'arrangement atomique est plus souple.
\boxed{\text{Ni s'incorpore par substitution, tandis que Si et O ne peuvent s'insérer sans déformer la maille : ils sont expulsés vers le liquide.}}

Ces éléments légers (O et Si) présentent donc une affinité nettement plus forte pour le liquide magmatique que pour le fer solide compact. Lors de la solidification de la graine, ils sont exclus du réseau cristallin en formation, ce qui valide l'hypothèse de leur expulsion et de l'enrichissement de la base du noyau externe liquide en éléments légers.

Résultat

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Partie IV : Aspects thermiques au sein du noyau de la Terre

IV.A · Transferts thermiques dans le noyau externe

Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : loi de fourier, flux thermique

Exprimer le flux thermique traversant par conduction, dans le sens radial croissant, la sphère de centre et de rayon en fonction de , et .

Voir l'indice

Écrire le flux thermique comme l'intégrale du vecteur densité de courant thermique de Fourier à travers la sphère d'aire 4\pi r^2.

Voir la réponse courte

Flux thermique à travers une sphère : \Phi_{\text{th}}(r) = \vec{\jmath}_Q \cdot (4\pi r^2 \vec{e}_r) = -4\pi r^2 \lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}.

Voir le corrigé complet

Compte tenu de la symétrie sphérique du système et des conditions aux limites, le champ scalaire de température ne dépend que de la coordonnée radiale : T = T(r).

D'après la loi phénoménologique de Fourier, le vecteur densité volumique de courant thermique s'écrit :

\vec{\jmath}_{th}(r) = -\lambda\,\overrightarrow{\operatorname{grad}} T(r) = -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}(r)\,\vec{e}_r

Le flux thermique \Phi_{th}(r) traversant la sphère \mathcal{S}(r) de centre O et de rayon r, orientée vers l'extérieur (dans le sens radial croissant selon \vec{e}_r), est donné par :

\begin{aligned} \Phi_{th}(r) &= \iint_{\mathcal{S}(r)} \vec{\jmath}_{th}(r) \cdot \mathrm{d}\vec{S} \\ &= \iint_{\mathcal{S}(r)} \left(-\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}(r)\,\vec{e}_r\right) \cdot \left(\vec{e}_r\,\mathrm{d}S\right) \\ &= -\lambda \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}(r) \iint_{\mathcal{S}(r)} \mathrm{d}S \end{aligned}

Comme l'aire d'une sphère de rayon r vaut 4\pi r^2, on obtient :

\boxed{\Phi_{th}(r) = -4\pi\lambda r^2 \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}(r)}

Résultat

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : résistance thermique, bilan d'énergie

Expliquer pourquoi il est raisonnable de considérer ce flux thermique indépendant de dans le noyau externe. En déduire l'expression de la conductivité thermique en fonction de , , , et du flux thermique profond .

Voir l'indice

Traduire le bilan thermique stationnaire sans source volumique interne, puis intégrer par séparation des variables entre R_1 et R_2.

Voir la stratégie
  1. Justifier la conservation du flux thermique \Phi_{\text{th}}(r) à l'aide d'un bilan d'énergie en régime stationnaire dans le noyau externe, en exploitant l'absence quasi-totale de sources de chaleur volumiques.
  2. Intégrer l'expression obtenue à la question Q28 entre la base du noyau externe (r=R_1) et son sommet (r=R_2) en utilisant les températures aux limites T_1 et T_2, puis en déduire \lambda.
Voir la réponse courte

Conservation du flux en régime stationnaire sans source, puis intégration radiale entre R_1 et R_2 pour exprimer \lambda.

Voir le corrigé complet

L'étude est menée en régime stationnaire. Par ailleurs, d'après les données de l'énoncé, la radioactivité volumique au sein du noyau est négligeable (elle ne représente qu'environ 0{,}06\,\% du flux thermique total). Le noyau externe est donc dépourvu de terme source ou puits de chaleur volumique (p_{\text{th}} \approx 0).

L'équation locale de l'énergie en régime stationnaire s'écrit ainsi :

\operatorname{div}\vec{\jmath}_{\text{th}} = 0

En intégrant sur le volume délimité par deux sphères concentriques de rayons R_1 et r (avec R_1 \le r \le R_2) et en appliquant le théorème de Green-Ostrogradski, le flux thermique traversant toute sphère de rayon r est conservatif :

\Phi_{\text{th}}(r) = \text{cte} = \Phi_{\text{th,pr}}

Tout le flux thermique issu des zones profondes (refroidissement séculaire \Phi_{\text{th,i}} et chaleur latente de cristallisation à l'interface \Phi_{\text{th,d}}) traverse ainsi intégralement chaque couche sphérique du noyau externe jusqu'à la limite manteau-noyau en R_2.

D'après le résultat de la question Q28, on a :

\Phi_{\text{th,pr}} = -4\pi\lambda r^2 \frac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}r}(r)

En séparant les variables :

\mathrm{d}T = -\frac{\Phi_{\text{th,pr}}}{4\pi\lambda}\,\frac{\mathrm{d}r}{r^2}

On intègre cette relation entre la surface de la graine (r = R_1, T = T_1) et la surface externe du noyau (r = R_2, T = T_2) :

\begin{aligned} \int_{T_1}^{T_2} \mathrm{d}T &= -\frac{\Phi_{\text{th,pr}}}{4\pi\lambda} \int_{R_1}^{R_2} \frac{\mathrm{d}r}{r^2} \\ T_2 - T_1 &= -\frac{\Phi_{\text{th,pr}}}{4\pi\lambda} \left[ -\frac{1}{r} \right]_{R_1}^{R_2} = \frac{\Phi_{\text{th,pr}}}{4\pi\lambda} \left( \frac{1}{R_2} - \frac{1}{R_1} \right) \end{aligned}

Sachant que T_1 > T_2 et R_2 > R_1, on réécrit :

T_1 - T_2 = \frac{\Phi_{\text{th,pr}}}{4\pi\lambda} \left( \frac{1}{R_1} - \frac{1}{R_2} \right) = \frac{\Phi_{\text{th,pr}}}{4\pi\lambda} \frac{R_2 - R_1}{R_1 R_2}

On en déduit l'expression de la conductivité thermique :

\boxed{\lambda = \frac{\Phi_{\text{th,pr}}}{4\pi(T_1 - T_2)}\left(\frac{1}{R_1} - \frac{1}{R_2}\right) = \frac{\Phi_{\text{th,pr}}(R_2 - R_1)}{4\pi R_1 R_2 (T_1 - T_2)}}

Résultat

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Question 30

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique

Notions : conductivité thermique, résistance thermique

Estimer la valeur de la conductivité thermique dans ce modèle.

Voir l'indice

Évaluer numériquement la conductivité thermique apparente \lambda à l'aide des données géométriques et thermiques de la figure 1.

Voir la stratégie
  1. Identifier les valeurs numériques des rayons R_1 et R_2 à partir des cotes de la figure 1.
  2. Rassembler les données de température (T_1, T_2) et de flux thermique profond (\Phi_{\text{th,pr}}).
  3. Effectuer l'application numérique de l'expression établie à la question précédente.
Voir la réponse courte

Application numérique à partir des rayons et températures des frontières de la graine et du manteau.

Voir le corrigé complet

D'après la figure 1 de l'énoncé :

  • Le rayon de la graine solide correspond à la discontinuité de Lehmann (point C) :

    R_1 = 1216\text{ km} = 1{,}216 \times 10^6\text{ m}
  • Le rayon de la surface externe du noyau liquide correspond à la discontinuité de Gutenberg (point B), située à une profondeur de 2885\text{ km} sous la surface terrestre (rayon R_T = 6371\text{ km}), soit également R_1 + 2270\text{ km} :

    R_2 = 6371 - 2885 = 3486\text{ km} = 3{,}486 \times 10^6\text{ m}
  • Les températures aux frontières valent T_1 = 5000\text{ K} et T_2 = 3800\text{ K}, d'où un écart thermique :

    T_1 - T_2 = 1200\text{ K}
  • Le flux thermique profond issu du noyau est donné par le texte introductif de la partie IV :

    \Phi_{\text{th,pr}} = 1 \times 10^{13}\text{ W}

En appliquant la formule établie à la question Q29 :

\begin{aligned} \lambda &= \frac{\Phi_{\text{th,pr}}}{4\pi (T_1 - T_2)} \left( \frac{1}{R_1} - \frac{1}{R_2} \right) \\ &= \frac{1 \times 10^{13}}{4\pi \times 1200} \left( \frac{1}{1{,}216 \times 10^6} - \frac{1}{3{,}486 \times 10^6} \right) \\ &\approx 3{,}55 \times 10^2\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \end{aligned}

Compte tenu de la précision sur le flux thermique (un seul chiffre significatif), on retient :

\boxed{\lambda \approx 4 \times 10^2\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \quad (\text{ou } 3{,}6 \times 10^2\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1})}

Résultat

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : convection, transfert thermique

Conclure à propos des mécanismes de transfert thermique réels dans le noyau externe.

Voir l'indice

Confronter la valeur trouvée à la valeur maximale mesurée expérimentalement (10^2\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}) pour en déduire le mode de transfert réel.

Voir la réponse courte

La valeur très élevée trouvée montre qu'un transfert purement conductif est irréaliste : la convection domine dans le noyau externe.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q30, pour évacuer l'intégralité du flux thermique profond \Phi_{\text{th,pr}} = 1 \times 10^{13}\text{ W} par conduction pure, il faudrait une conductivité thermique minimale :

\lambda_{\text{modèle}} \approx 3{,}6 \times 10^2\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}

Or, les mesures expérimentales indiquent que la conductivité thermique réelle du fer liquide dans ces conditions ne dépasse pas :

\lambda_{\text{réelle}} \le 1 \times 10^2\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}

Le flux maximal pouvant être évacué par conduction seule est donc :

\Phi_{\text{cond,max}} = \frac{\lambda_{\text{réelle}}}{\lambda_{\text{modèle}}}\,\Phi_{\text{th,pr}} \le 2{,}8 \times 10^{12}\text{ W} < \Phi_{\text{th,pr}}

La conduction thermique est donc nettement insuffisante pour assurer l'évacuation de la totalité de la puissance thermique issue des profondeurs.

Le noyau externe étant liquide (viscosité relativement faible), le mécanisme prépondérant de transfert thermique est la convection thermique (mouvements macroscopiques de fluide sous l'effet de la poussée d'Archimède induite par les gradients de masse volumique).

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IV.B · Croissance de la graine

Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : enthalpie de changement d'état, bilan d'énergie

Montrer que le taux de croissance de la graine s'écrit

où est l'enthalpie massique de solidification du fluide du noyau externe dans les conditions de température et de pression qui règnent à l'interface.

Voir l'indice

Exprimer la masse cristallisée pendant \mathrm{d}t à travers la coquille sphérique de rayon R_1 et relier l'énergie de changement d'état libérée au flux thermique \Phi_{th,d}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le volume puis la masse \mathrm{d}m de la pellicule de fer liquide qui cristallise pendant la durée \mathrm{d}t.
  2. Établir l'énergie thermique libérée lors de ce changement d'état à température et pression constantes à l'aide de l'enthalpie massique de solidification \Delta_{\text{sol}}h.
  3. Relier cette énergie libérée au flux thermique de différenciation \Phi_{th,d} pour en déduire l'expression du taux de croissance \tau = \frac{\mathrm{d}r}{\mathrm{d}t}.
Voir la réponse courte

Bilan thermique à l'interface de solidification de la graine reliant le flux de chaleur latente évacué à \mathrm{d}R_1/\mathrm{d}t.

Voir le corrigé complet

Considérons la pellicule sphérique de fluide comprise entre les rayons R_1 et R_1 + \mathrm{d}r qui cristallise entre les instants t et t + \mathrm{d}t.

L'épaisseur \mathrm{d}r étant infinitésimale devant R_1, le volume de cette couche sphérique s'écrit :

\mathrm{d}V = 4\pi R_1^2\,\mathrm{d}r

La masse de liquide se solidifiant pendant l'intervalle \mathrm{d}t est donc :

\mathrm{d}m = \mu_N\,\mathrm{d}V = 4\pi R_1^2 \mu_N\,\mathrm{d}r

La cristallisation s'effectue à pression et température constantes à l'interface. La variation d'enthalpie associée à la solidification de cette masse \mathrm{d}m est :

\mathrm{d}H = \mathrm{d}m\,\Delta_{\text{sol}}h = 4\pi R_1^2 \mu_N\,\mathrm{d}r\,\Delta_{\text{sol}}h

D'après le premier principe de la thermodynamique appliqué à ce système fermé subissant une transformation monobare sans travail utile, l'énergie thermique reçue par la pellicule est \delta Q = \mathrm{d}H. L'énergie thermique libérée (cédée au milieu extérieur) au cours de la durée \mathrm{d}t vaut donc :

\delta Q_{\text{libérée}} = -\delta Q = -\mathrm{d}H = -4\pi R_1^2 \mu_N\,\mathrm{d}r\,\Delta_{\text{sol}}h

Par définition, le flux thermique de différenciation \Phi_{th,d} représente la puissance thermique libérée par cette cristallisation à l'interface graine-noyau externe :

\Phi_{th,d} = \frac{\delta Q_{\text{libérée}}}{\mathrm{d}t} = -4\pi R_1^2 \mu_N \frac{\mathrm{d}r}{\mathrm{d}t} \Delta_{\text{sol}}h

En identifiant le taux de croissance \tau = \frac{\mathrm{d}r}{\mathrm{d}t}, on obtient :

\boxed{\tau = -\frac{\Phi_{th,d}}{4\pi R_1^2 \mu_N \Delta_{\text{sol}}h}}

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : enthalpie de changement d'état, solidification

En déduire une estimation de la valeur de . Discuter le résultat sachant que l'enthalpie massique de solidification du fer à température et pression ambiante est de .

Voir l'indice

Isoler l'enthalpie massique de solidification dans la relation précédente et comparer son ordre de grandeur avec la valeur à pression ambiante.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \Delta_{\text{sol}}h à partir de la relation établie à la question Q32 en isolant cette grandeur.
  2. Effectuer l'application numérique en veillant à convertir le taux de croissance \tau en unités SI (\text{m}\cdot\text{s}^{-1}) et en relevant le rayon de la graine R_1 sur la figure 1.
  3. Discuter le signe, l'ordre de grandeur et comparer la valeur obtenue à celle du fer à pression et température ambiantes en tenant compte des conditions régnantes à l'interface (pression et température extrêmes, composition d'alliage).
Voir la réponse courte

Calcul de l'enthalpie massique et discussion sur l'effet stabilisant des très hautes pressions sur la transition solide-liquide.

Voir le corrigé complet

D'après la relation obtenue à la question Q32 :

\tau = -\frac{\Phi_{th,d}}{4\pi R_1^2 \mu_N \Delta_{\text{sol}}h}

On en déduit l'expression de l'enthalpie massique de solidification :

\boxed{\Delta_{\text{sol}}h = -\frac{\Phi_{th,d}}{4\pi R_1^2 \mu_N \tau}}

D'après les données de l'énoncé et la figure 1 :

  • \Phi_{th,d} = 1 \times 10^{12}\text{ W} ;
  • R_1 = 1216\text{ km} = 1{,}216 \times 10^6\text{ m} (rayon de la graine solide) ;
  • \mu_N = 1 \times 10^4\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \tau \approx 0{,}3\text{ mm/an} = \frac{0{,}3 \times 10^{-3}}{365{,}25 \times 24 \times 3600}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \approx 9{,}5 \times 10^{-12}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.

Calculons le débit massique de matière cristallisée :

\begin{aligned} D_m &= 4\pi R_1^2 \mu_N \tau \\ &= 4\pi \times (1{,}216 \times 10^6)^2 \times 1 \times 10^4 \times 9{,}5 \times 10^{-12} \approx 1{,}8 \times 10^6\text{ kg}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

On obtient ainsi :

\begin{aligned} \Delta_{\text{sol}}h &= -\frac{1 \times 10^{12}}{1{,}8 \times 10^6} \approx -5{,}7 \times 10^5\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1} \end{aligned}

Soit, en conservant un chiffre significatif compte tenu de la précision sur \tau :

\boxed{\Delta_{\text{sol}}h \approx -6 \times 10^2\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1} \quad (\text{ou } -5{,}7 \times 10^2\text{ kJ}\cdot\text{kg}^{-1})}

Résultat

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Partie V : Coefficient de partage et type de volcanisme

V.A · Loi de Rayleigh

Question 34

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : fraction massique, bilan de matière

Exprimer , et en fonction de , , , , et .

Voir l'indice

Traduire que la masse partielle d'un élément est le produit de sa fraction massique par la masse totale du sous-système (liquide ou solide).

Voir la réponse courte

Expressions élémentaires des masses d'élément i : m_L^i = w_L^i m_L et m_S^i = w_S^i \mathrm{d}m_S.

Voir le corrigé complet

Par définition, la fraction massique w d'un constituant dans un mélange est le rapport de la masse de ce constituant sur la masse totale du mélange considéré :

w = \frac{m_{\text{constituant}}}{m_{\text{total}}}

En appliquant cette définition aux différentes phases décrites :

  • À l'instant t, dans la phase liquide de masse totale m_L(t), la masse d'élément i s'écrit :

    \boxed{m_L^i(t) = w_L^i(t)\, m_L(t)}
  • À l'instant t+\mathrm{d}t, dans la phase liquide restante de masse totale m_L(t+\mathrm{d}t), la masse d'élément i s'écrit :

    \boxed{m_L^i(t+\mathrm{d}t) = w_L^i(t+\mathrm{d}t)\, m_L(t+\mathrm{d}t)}
  • Dans la masse infinitésimale de solide formé \mathrm{d}m_S entre t et t+\mathrm{d}t, la masse d'élément i incorporée vaut :

    \boxed{m_S^i(t+\mathrm{d}t) = w_S^i(t+\mathrm{d}t)\, \mathrm{d}m_S}

Résultat

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équilibre chimique, bilan de matière, loi de rayleigh

En traduisant la conservation de la matière totale, puis la conservation de l'élément entre les instants et , établir une relation entre , et . En déduire la loi dite de Rayleigh :

où on exprimera en fonction des données du problème.

Voir l'indice

Écrire la conservation de la masse totale (\mathrm{d}m_S = -\mathrm{d}m_L) et celle de l'élément i pour obtenir une équation différentielle séparable en variables \mathrm{d}w_L^i/w_L^i et \mathrm{d}m_L/m_L.

Voir la stratégie
  1. Traduire la conservation de la masse totale du système fermé {liquide + solide formé} entre les instants t et t+\mathrm{d}t pour relier \mathrm{d}m_S à \mathrm{d}m_L.
  2. Écrire le bilan de masse sur l'élément chimique i entre ces deux instants en utilisant la définition du coefficient de partage D_i, puis négliger les infiniment petits d'ordre 2 pour obtenir la relation différentielle reliant \frac{\mathrm{d}w_L^i}{w_L^i} et \frac{\mathrm{d}m_L}{m_L}.
  3. Intégrer l'équation différentielle entre l'état initial (t=0, où m_L = m_{L,0} et w_L^i = w_{L,0}^i, soit f=1) et l'état à l'instant t pour identifier la loi de Rayleigh et la constante \beta.
Voir la réponse courte

Bilan de masse total et sur l'élément i avec w_S^i = D_i w_L^i, intégration pour obtenir la loi de Rayleigh.

Voir le corrigé complet

Considérons le système fermé constitué de la masse de magma liquide m_L(t) à l'instant t. Entre t et t+\mathrm{d}t, ce système évolue en une masse résiduelle de liquide m_L(t+\mathrm{d}t) = m_L(t) + \mathrm{d}m_L et une masse solide nouvellement cristallisée \mathrm{d}m_S.

1. Conservation de la matière totale La conservation de la masse totale s'écrit :

m_L(t) = m_L(t+\mathrm{d}t) + \mathrm{d}m_S = m_L(t) + \mathrm{d}m_L + \mathrm{d}m_S

D'où :

\mathrm{d}m_S = -\mathrm{d}m_L

(la masse liquide diminuant par cristallisation, \mathrm{d}m_L < 0, ce qui assure \mathrm{d}m_S > 0).

2. Conservation de l'élément i La masse totale d'élément i se conserve au cours de cette transformation :

m_L^i(t) = m_L^i(t+\mathrm{d}t) + m_S^i(t+\mathrm{d}t)

En utilisant les résultats de la question précédente et la définition D_i = \frac{w_S^i(t+\mathrm{d}t)}{w_L^i(t)}, il vient :

\begin{aligned} m_L^i(t) &= w_L^i(t)\,m_L(t) \\ m_L^i(t+\mathrm{d}t) &= \big(w_L^i(t) + \mathrm{d}w_L^i\big)\big(m_L(t) + \mathrm{d}m_L\big) \\ m_S^i(t+\mathrm{d}t) &= w_S^i(t+\mathrm{d}t)\,\mathrm{d}m_S = D_i\,w_L^i(t)\,(-\mathrm{d}m_L) \end{aligned}

En substituant ces expressions dans le bilan de conservation :

w_L^i\,m_L = \big(w_L^i + \mathrm{d}w_L^i\big)\big(m_L + \mathrm{d}m_L\big) - D_i\,w_L^i\,\mathrm{d}m_L

En développant et en négligeant le terme du second ordre \mathrm{d}w_L^i\,\mathrm{d}m_L :

w_L^i\,m_L = w_L^i\,m_L + w_L^i\,\mathrm{d}m_L + m_L\,\mathrm{d}w_L^i - D_i\,w_L^i\,\mathrm{d}m_L

Ce qui se simplifie en :

m_L\,\mathrm{d}w_L^i = (D_i - 1)\,w_L^i\,\mathrm{d}m_L

En divisant par le produit m_L\,w_L^i, on obtient la relation différentielle cherchée :

\boxed{\frac{\mathrm{d}w_L^i}{w_L^i} = (D_i - 1)\,\frac{\mathrm{d}m_L}{m_L}}

3. Établissement de la loi de Rayleigh Le coefficient D_i étant constant au cours de la différenciation, on intègre cette relation entre l'état initial avant différenciation (m_L = m_{L,0}, w_L^i = w_{L,0}^i) et l'état à l'instant t :

\begin{aligned} \int_{w_{L,0}^i}^{w_L^i(t)} \frac{\mathrm{d}w_L^i}{w_L^i} &= (D_i - 1) \int_{m_{L,0}}^{m_L(t)} \frac{\mathrm{d}m_L}{m_L} \\ \ln\left(\frac{w_L^i(t)}{w_{L,0}^i}\right) &= (D_i - 1)\ln\left(\frac{m_L(t)}{m_{L,0}}\right) \end{aligned}

En introduisant le degré de différenciation f = \frac{m_L(t)}{m_{L,0}} et en prenant l'exponentielle :

\frac{w_L^i(t)}{w_{L,0}^i} = f^{D_i - 1} \implies w_L^i(t) = w_{L,0}^i\,f^{D_i - 1}

Par identification avec la forme w_L^i(t) = \beta\,f^{D_i - 1}, on déduit :

\boxed{\beta = w_{L,0}^i}

Résultat

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V.B · Validation de l'hypothèse d'un processus de cristallisation fractionnée

Question 36

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : fraction massique, approximation

Montrer que, pour deux éléments et dont les coefficients de partage vérifient et , le rapport est constant.

Voir l'indice

Prendre la limite D_i \ll 1 et D_j \ll 1 dans la loi de Rayleigh pour exprimer le rapport w_L^i/w_L^j.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les fractions massiques w_L^i(t) et w_L^j(t) à l'aide de la loi de Rayleigh établie à la question Q35.
  2. Former le quotient de ces deux grandeurs et utiliser l'approximation relative aux coefficients de partage D_i \ll 1 et D_j \ll 1.
Voir la réponse courte

Pour D_i \ll 1, les puissances D_i - 1 \approx -1 se simplifient dans le quotient w_L^i/w_L^j.

Voir le corrigé complet

D'après la loi de Rayleigh établie à la question Q35, la fraction massique d'un élément i dans la phase liquide au cours de la cristallisation fractionnée s'écrit :

w_L^i(t) = w_{L,0}^i \, f^{D_i - 1}

où w_{L,0}^i est la fraction massique initiale dans le magma primaire et f = m_L(t)/m_{L,0} est le degré de différenciation.

De même, pour l'élément j :

w_L^j(t) = w_{L,0}^j \, f^{D_j - 1}

En effectuant le rapport membre à membre de ces deux expressions, on obtient :

\frac{w_L^i(t)}{w_L^j(t)} = \frac{w_{L,0}^i}{w_{L,0}^j} \, f^{D_i - D_j}

Lorsque les deux éléments présentent une très faible affinité pour les phases solides formées, leurs coefficients de partage vérifient D_i \ll 1 et D_j \ll 1. Par conséquent :

D_i - D_j \approx 0 \implies f^{D_i - D_j} \approx f^0 = 1

On en déduit que le rapport des fractions massiques est indépendant du degré de différenciation f, et donc indépendant du temps au cours du processus de cristallisation :

\boxed{\frac{w_L^i}{w_L^j} \approx \frac{w_{L,0}^i}{w_{L,0}^j} = \text{cte}}

Résultat

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Question 37

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Exploitation de document
  • Python
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : méthode monte-carlo, incertitude

Décrire en quelques lignes le principe d'une simulation Monte-Carlo en faisant le lien avec les variables A, X, a et u_a du code proposé en annexe 1. On commentera en particulier précisément le rôle des lignes 25, 36 et 38.

Voir l'indice

Expliquer la simulation de tirages aléatoires selon des lois normales pour propager les incertitudes de mesure sur les coefficients de la régression affine.

Voir la stratégie
  1. Rappeler le principe général d'une méthode de Monte-Carlo pour l'évaluation et la propagation des incertitudes de mesure.
  2. Associer précisément la démarche aux variables X, a, A et u_a définies dans le script.
  3. Expliciter le fonctionnement mathématique et algorithmique des lignes imposées (25, 36 et 38).
Voir la réponse courte

Méthode Monte-Carlo : tirages gaussiens des concentrations, calcul des pentes par régression et évaluation de l'écart-type sur a.

Voir le corrigé complet

1. Principe de la simulation de Monte-Carlo et rôle des variables

La méthode de Monte-Carlo permet de propager numériquement les incertitudes de mesure d'un modèle non trivial sans recourir à des formules analytiques approchées de propagation :

  • On simule un grand nombre N de réalisations virtuelles de l'expérience (ici N = 10\,000). Pour chaque point de mesure, les valeurs des grandeurs d'entrée sont tirées aléatoirement selon leur loi de probabilité respective (ici une loi normale centrée sur la valeur mesurée et d'écart-type l'incertitude-type associée).
  • La variable X (respectivement Y) représente le vecteur des abscisses (respectivement des ordonnées) synthétisé lors d'un tirage donné.
  • La variable a est la pente de la droite de régression linéaire ajustée sur ce jeu de données simulé particulier (X, Y) par la fonction np.polyfit.
  • La liste A accumule les N valeurs de la pente a calculées au fil des tirages, constituant ainsi l'échantillon statistique de la variable aléatoire associée à la pente.
  • La variable u_a est l'écart-type expérimental de cet échantillon de pentes, qui fournit l'estimation de l'incertitude-type u(a) sur la pente.

2. Commentaire détaillé des lignes 25, 36 et 38

  • Ligne 25 : x = rd.normal(Th[i], u_Th[i], 1)[0]
    Cette instruction effectue un tirage pseudo-aléatoire d'un flottant scalaire selon une loi normale centrée sur la valeur mesurée Th[i] avec un écart-type égal à son incertitude-type u_Th[i]. L'argument 1 génère un tableau d'un unique élément, extrait par [0]. Cela permet de modéliser la variabilité de la mesure de la teneur en thorium du i-ième échantillon.
  • Ligne 36 : am = sum(A)/NbreTirages
    Cette ligne calcule la moyenne arithmétique de la distribution des pentes obtenues sur l'ensemble des N = 10\,000 tirages :

    \overline{a} = \frac{1}{N} \sum_{j=1}^{N} a_j

    Elle donne la meilleure estimation (l'espérance) de la pente de la droite de régression.

  • Ligne 38 : u_a = np.sqrt(sum(A_carre)/NbreTirages-am**2)
    Cette ligne calcule l'écart-type empirique des pentes en appliquant le théorème de Koenig-Huygens :

    u(a) = \sqrt{\langle a^2 \rangle - \langle a \rangle^2} = \sqrt{\frac{1}{N}\sum_{j=1}^{N} a_j^2 - \overline{a}^2}

    Cet écart-type caractérise la dispersion de la pente induite par les incertitudes sur les fractions massiques et représente directement l'incertitude-type sur la pente.

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne vous limitez pas à des termes vagues : expliquez clairement le principe de la méthode Monte-Carlo et son objectif contextuel.

« Se limiter à quelques expressions telles que « tirage aléatoire » ou « incertitude » ne suffit pas à expliquer le principe de la méthode ni son objectif dans le contexte proposé. »

Source : rapport du jury CentraleSupélec 2024

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Question 38

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : modèle géochimique, validation expérimentale

Expliquer en quoi ce résultat permet de conclure sur la validation de l'hypothèse de processus de cristallisation fractionnée.

Voir l'indice

Vérifier la compatibilité à zéro de l'ordonnée à l'origine au regard de son incertitude-type pour confirmer la stricte proportionnalité.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la prédiction théorique établie en question Q36 pour deux éléments incompatibles dans le cadre du modèle de cristallisation fractionnée de Rayleigh.
  2. Comparer l'ordonnée à l'origine b estimée numériquement à sa valeur théorique attendue (b_{\text{th}} = 0), en utilisant le critère statistique de compatibilité avec l'incertitude-type u(b).
  3. Analyser graphiquement la figure 10 (alignement des points et passage de la droite dans les barres d'incertitude).
  4. Conclure sur la validité de l'hypothèse.
Voir la réponse courte

L'alignement linéaire des points de mesure confirme la constance du rapport et valide l'hypothèse de cristallisation fractionnée.

Voir le corrigé complet

Le rubidium (\mathrm{Rb}) et le thorium (\mathrm{Th}) sont deux éléments fortement incompatibles avec les mailles cristallines des minéraux en formation (D_{\mathrm{Rb}} \ll 1 et D_{\mathrm{Th}} \ll 1).

D'après la loi de Rayleigh établie à la question Q36, le rapport de leurs fractions massiques dans le liquide magmatique résiduel doit rester constant au cours de la différenciation :

w_L(\mathrm{Rb}) = a \, w_L(\mathrm{Th})

avec une ordonnée à l'origine théorique rigoureusement nulle :

b_{\text{th}} = 0\text{ ppm}

L'exploitation des mesures expérimentales par la méthode de Monte-Carlo fournit :

b = 0{,}30\text{ ppm} \quad \text{avec} \quad u(b) = 0{,}35\text{ ppm}

L'écart à la valeur théorique normalisé par l'incertitude-type vaut :

E_n = \frac{|b - b_{\text{th}}|}{u(b)} = \frac{0{,}298}{0{,}349} \approx 0{,}85 < 2

La valeur 0\text{ ppm} appartient donc bien à l'intervalle de confiance à 95\,\% de l'ordonnée à l'origine, [b - 2u(b),\, b + 2u(b)] = [-0{,}40,\, 1{,}00]\text{ ppm}. L'ordonnée à l'origine est ainsi statistiquement compatible avec zéro.

De plus, sur la figure 10, la droite de régression affine passe à l'intérieur de l'ensemble des rectangles d'incertitude élargie à 95\,\%. L'alignement remarquable des points de mesures sur cette droite confirme la proportionnalité entre w(\mathrm{Rb}) et w(\mathrm{Th}).

\boxed{\text{Ces résultats valident l'hypothèse d'une différenciation par cristallisation fractionnée.}}

Résultat

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V.C · Caractérisation du type de volcanisme de la Chaine des Puys

Question 39

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : écoulement diphasique, viscosité

En exploitant la figure 12, décrire précisément les caractéristiques du magma (taille des bulles, vitesse de remontée du magma, abondance de gaz) pour les deux types d'éruptions (stromboliens et hawaiiens).

Voir l'indice

Relever sur la figure 12 les plages caractéristiques de diamètre des bulles de gaz, de vitesse de montée et de proportion massique de gaz pour chaque régime.

Voir la stratégie

Pour répondre à cette question d'analyse documentaire et graphique :

  1. On analyse le graphe de gauche de la figure 12, qui relie la taille des bulles (diamètre) à la vitesse de remontée du magma.
  2. On analyse le graphe de droite de la figure 12, qui relie la vitesse de remontée du magma à la fraction massique de gaz dissous/exsolvé.
  3. On synthétise les trois grandeurs demandées (taille des bulles, vitesse d'ascension, abondance en gaz) pour chaque dynamisme éruptif.
Voir la réponse courte

Analyse comparée des régimes d'écoulement diphasique (bulles coalescentes vs émulsion fine, vitesse et dégazage).

Voir le corrigé complet

L'exploitation des deux diagrammes de la figure 12 permet de dégager les caractéristiques suivantes :

1. Éruptions de type strombolien (explosives)

  • Vitesse de remontée du magma : elle est faible. Le graphe de gauche montre que ce régime correspond à des valeurs de \log(v) \lesssim -1, soit des vitesses v \lesssim 0{,}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (typiquement comprises entre 10^{-3} et 10^{-1}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}). Le graphe de droite confirme que le domaine strombolien se situe sous la bande de transition, à des vitesses inférieures à 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}.
  • Taille des bulles de gaz : les bulles sont de grande taille (métriques). Le graphe de gauche indique \log(d) \in [0\,;\,0{,}5], ce qui correspond à des poches de gaz de diamètre de l'ordre de 1\text{ m} à quelques mètres.
  • Abondance de gaz : pour une vitesse d'ascension donnée (par exemple v \sim 10^{-2}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}), le régime strombolien est favorisé par de fortes fractions massiques de gaz (typiquement supérieures à 0{,}4\text{ à }0{,}6\,\%).

2. Éruptions de type hawaiien (effusives)

  • Vitesse de remontée du magma : elle est élevée. Le graphe de gauche indique \log(v) \gtrsim -0{,}5, soit v \gtrsim 0{,}3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} (pouvant atteindre et dépasser 1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}). Le graphe de droite montre que le domaine hawaiien occupe les vitesses supérieures à la zone de transition (v \gtrsim 10^{-2}\text{ à }10^{-1}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}).
  • Taille des bulles de gaz : les bulles sont de petite taille (millimétriques à centimétriques). Le graphe de gauche indique \log(d) \lesssim -2, soit des diamètres d \sim 10^{-3}\text{ à }10^{-2}\text{ m} (1\text{ mm} à 1\text{ cm}).
  • Abondance de gaz : le régime hawaiien prédomine aux plus faibles fractions massiques de gaz (typiquement inférieures à 0{,}3\text{ à }0{,}4\,\% pour des vitesses intermédiaires) ou requiert une vitesse d'ascension d'autant plus grande que la teneur en gaz est élevée.
\boxed{ \begin{array}{lcccc} \hline \textbf{Type d'éruption} & \textbf{Vitesse de montée } v & \textbf{Diamètre des bulles } d & \textbf{Abondance de gaz} \\ \hline \text{Strombolien (explosif)} & \text{Faible } (v \lesssim 10^{-2}\text{--}10^{-1}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) & \text{Grand } (d \sim 1\text{ m}) & \text{Élevée (à } v \text{ fixée)} \\ \text{Hawaiien (effusif)} & \text{Élevée } (v \gtrsim 10^{-1}\text{--}1\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}) & \text{Petit } (d \sim 1\text{ mm}\text{--}1\text{ cm}) & \text{Plus faible} \\ \hline \end{array} }

Résultat

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Question 40

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : viscosité, écoulement

En déduire le lien entre la viscosité et le caractère explosif ou effusif de l'éruption, puis à quel type de volcanisme se rattachent les volcans de la Chaine des Puys.

Voir l'indice

Relier l'enrichissement en silice à l'augmentation de viscosité, qui entrave la libération progressive des gaz dissous sous pression.

Voir la stratégie
  1. Analyser le rôle physique de la viscosité sur l'échappement des gaz dissous lors de la décompression du magma pour établir le lien avec le dynamisme éruptif (effusif ou explosif).
  2. Combiner la validation de la cristallisation fractionnée (question Q38), la haute teneur en silice et en gaz dissous pour caractériser le type de volcanisme de la Chaîne des Puys.
Voir la réponse courte

Un magma très visqueux piège les gaz et conduit à des éruptions explosives caractéristiques des volcans de la Chaîne des Puys.

Voir le corrigé complet

1. Lien entre viscosité et dynamisme éruptif :

  • Magma de faible viscosité (faible teneur en silice) : la faible résistance à l'écoulement permet aux gaz de s'échapper continûment et facilement lors de la décompression sans engendrer de surpression critique. La lave s'épanche de façon continue et calme à la surface : le dynamisme est effusif (éruptions de type hawaiien).
  • Magma de forte viscosité (enrichi en silice) : les forces de frottement visqueux empêchent l'échappement aisé des bulles de gaz, piégeant ainsi les volatils au sein du magma. Lors de l'ascension, la surpression accumulée dans les bulles conduit à une fragmentation violente et explosive du magma : le dynamisme est explosif (éruptions de type strombolien, avec éjection de téphras et coulées pyroclastiques).

2. Type de volcanisme de la Chaîne des Puys : D'après la question Q38, l'hypothèse de cristallisation fractionnée est validée pour la Chaîne des Puys. Ce processus enrichit progressivement le magma résiduel en silice, ce qui :

  • augmente fortement sa viscosité ;
  • s'accompagne, selon l'énoncé, d'une très forte teneur en gaz dissous.

L'association d'une viscosité élevée et d'une grande quantité de gaz dissous conduit inéluctablement à un confinement des surpressions et à une détente explosive.

\boxed{\text{Les volcans de la Chaîne des Puys se rattachent au volcanisme explosif (de type strombolien).}}

Résultat

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2024 ?

Surtout 4 chapitres : Ondes mécaniques et acoustiques (35 % des questions, partie I), Mouvement dans un champ de force centrale (12 %, partie II), Atomistique, liaisons et cristallographie (12 %, partie III) et Thermodynamique chimique et équilibres (12 %, partie V). Plus ponctuellement : Diffusion thermique et diffusion de particules, Électrostatique, Mécanique des fluides, Changements d'état du corps pur et Premier et second principes de la thermodynamique.

Peut-on travailler le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2024 dès la première année (PCSI, MPSI ou PTSI) ?

En partie : 14 questions sur 40 (35 %) ne demandent que le programme de PCSI, MPSI ou PTSI. Blocs abordables : la partie III en entier (Q23 à Q27) et la sous-partie V.B (Q36 à Q38), ainsi que Q9, Q19, Q21, Q22, Q34 et Q35. Avec les autres programmes de première année : 9 en MP2I, 12 en TSI1 et 8 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2024 ?

Environ 3 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 4 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti. La partie I est la plus longue (environ 1 h).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2024 ?

Aucune question n'est vraiment difficile : toutes sont cotées 1 ou 2 sur 4 dans ce corrigé.

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2024 ?

Questions de cours : Q1 (approximation acoustique), Q2 (équation d'euler), Q3 (compressibilité isentropique), Q4 (équation de d'alembert), Q16 (théorème de gauss), Q23 (liaison métallique), Q24 (réseau cfc) et Q28 (loi de fourier). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q5 (célérité acoustique), Q9 (oscillateur couplé), Q10 (relation de dispersion), Q11 (relation de dispersion), Q12 (vitesse de phase), Q17 (théorème de gauss), Q18 (champ de gravitation), Q25 (réseau cfc)….

Où gagner des points facilement dans le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2024 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (31 sur 40), par exemple : Q1 à Q9, Q11 à Q14, Q16, Q18 à Q20, Q23 à Q28, Q30, Q31, Q33, Q34, Q36 et Q38 à Q40. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q32 et Q35.

Le sujet CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2024 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury parle d'un niveau raisonnable : toutes les questions ont été abordées et la note maximale a été approchée dans chaque section, mais le bilan de la partie III est décevant. Moyenne : 9,32/20 (écart-type 4,1, 4 159 présents).

Que faire si l'on bloque sur l'établissement de la loi de Rayleigh en Q35 ?

Admettre la formule fournie par l'énoncé (w_L^i = \beta f^{D_i - 1}) pour aborder sans attendre la sous-partie V.B. Les questions Q36 et Q38 s'appuient directement sur ce résultat sans exiger sa démonstration préalable.

Qu'attend le jury pour la présentation de la méthode Monte-Carlo en Q37 ?

Expliciter le principe statistique concret en liant chaque variable du script à la physique du problème : tirages aléatoires selon une loi normale simulant les incertitudes expérimentales, régressions linéaires répétées et extraction de l'écart-type de la pente.

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