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Corrigé détaillé X ENS Physique PSI 2023 (page 2/4 : Parties III et IV)

Autour des thermogénérateurs magnétiques

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Partie III : Compromis puissance/efficacité : thermodynamique à temps fini

Question 13

Dans un diagramme , en faisant apparaître les températures des réservoirs, tracer un cycle de Carnot et un cycle endoréversible, puis les comparer.

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Dans le cycle endoréversible, les échanges thermiques s'effectuent à des températures de fluide T_1 < T_{\text{ch}} et T_2 > T_{\text{fr}} afin d'assurer un flux thermique non nul dans le sens des potentiels décroissants.

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  1. Représenter dans un même plan (T, S) le cycle de Carnot réversible fonctionnant entre les thermostats à T_{\mathrm{ch}} et T_{\mathrm{fr}}, et le cycle endoréversible dont les isothermes s'effectuent à des températures intermédiaires T_1 et T_2 telles que T_{\mathrm{ch}} > T_1 > T_2 > T_{\mathrm{fr}}.
  2. Comparer les deux cycles sur les plans géométrique (aire, écart de température), thermodynamique (rendement) et dynamique (puissance développée).
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Comparaison des deux cycles :

  • Températures d'échange :

    • Pour le cycle de Carnot, les échanges s'effectuent sans gradient thermique avec les sources, soit aux températures T_{\mathrm{ch}} et T_{\mathrm{fr}}.
    • Pour le cycle endoréversible, le fluide échange à des températures internes T_1 et T_2 telles que :

      \boxed{T_{\mathrm{ch}} > T_1 > T_2 > T_{\mathrm{fr}}}

      Ces écarts de température finis, T_{\mathrm{ch}} - T_1 > 0 et T_2 - T_{\mathrm{fr}} > 0, sont indispensables pour permettre des transferts thermiques conductifs à débit non nul dans le sens naturel (du chaud vers le froid).

  • Travail échangé par cycle : Le travail mécanique net produit par le fluide sur un cycle correspond à l'opposé de l'aire intérieure du cycle dans le plan (T, S), soit pour une variation d'entropie donnée \Delta S = S_{\max} - S_{\min} :

    \begin{aligned} |W_{\mathrm{Carnot}}| &= (T_{\mathrm{ch}} - T_{\mathrm{fr}})\,\Delta S \\ |W_{\mathrm{endo}}| &= (T_1 - T_2)\,\Delta S < |W_{\mathrm{Carnot}}| \end{aligned}

    Le travail produit par cycle est donc strictement inférieur pour le cycle endoréversible.

  • Rendement thermodynamique : Le cycle intérieur étant réversible, son rendement est donné par :

    \eta_{\mathrm{endo}} = 1 - \frac{T_2}{T_1}

    Comme T_2 > T_{\mathrm{fr}} et T_1 < T_{\mathrm{ch}}, on a \frac{T_2}{T_1} > \frac{T_{\mathrm{fr}}}{T_{\mathrm{ch}}}, d'où :

    \boxed{\eta_{\mathrm{endo}} < \eta_{\mathrm{C}} = 1 - \frac{T_{\mathrm{fr}}}{T_{\mathrm{ch}}}}
  • Puissance développée : Le cycle de Carnot requiert des temps de contact thermique infinis (\Delta T \to 0), ce qui conduit à une puissance moyenne délivrée nulle (\mathcal{P}_{\mathrm{Carnot}} = 0). En revanche, les écarts de température finis du cycle endoréversible permettent des échanges thermiques en temps fini, et donc une puissance utile non nulle (\mathcal{P}_{\mathrm{endo}} > 0).

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Question 14

À partir de la conductance thermique , déterminer l'expression des flux thermiques (instantanés) échangés avec la source chaude et la source froide, respectivement et , le sens du transfert étant indiqué sur la figure 1. En considérant que, lors d'un cycle, la substance active du système est en contact thermique avec le réservoir « chaud » durant la durée et avec le réservoir « froid » durant la durée , en déduire les chaleurs échangées et sur un cycle thermodynamique.

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Utiliser la loi de conduction de Fourier sous forme intégrée q = K\Delta T en respectant les conventions de signe de la figure 1 ; les températures étant constantes, Q = q \times t.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le transfert thermique conductif instantané à travers la conductance K pour chaque phase de contact, en respectant le sens des flèches défini sur la figure 1.
  2. Intégrer ces flux sur les durées respectives de contact t_1 et t_2 pour obtenir les chaleurs Q_{\mathrm{ch}} et Q_{\mathrm{fr}} échangées par cycle.
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D'après la loi phénoménologique de conduction (analogue à la loi de Fourier ou à la loi d'Ohm thermique), le flux thermique q entre deux milieux à températures T_{\mathrm{a}} et T_{\mathrm{b}} séparés par une conductance thermique K s'écrit q = K(T_{\mathrm{a}} - T_{\mathrm{b}}), le flux étant orienté de T_{\mathrm{a}} vers T_{\mathrm{b}}.

Flux thermiques instantanés :

  • Lors du contact avec la source chaude (durée t_1), la flèche du flux q_{\mathrm{ch}}(t) est orientée du réservoir chaud à la température T_{\mathrm{ch}} vers la substance active à la température T_1. Comme T_{\mathrm{ch}} > T_1, ce flux entrant s'écrit :

    q_{\mathrm{ch}}(t) = K(T_{\mathrm{ch}} - T_1) \quad (\text{pour } t \in [0, t_1])

    et q_{\mathrm{ch}}(t) = 0 le reste du cycle.

  • Lors du contact avec la source froide (durée t_2), la flèche du flux q_{\mathrm{fr}}(t) est orientée de la substance active à la température T_2 vers le réservoir froid à la température T_{\mathrm{fr}}. Comme T_2 > T_{\mathrm{fr}}, ce flux sortant s'écrit :

    q_{\mathrm{fr}}(t) = K(T_2 - T_{\mathrm{fr}}) \quad (\text{pour } t \in [t_1, t_1 + t_2])

    et q_{\mathrm{fr}}(t) = 0 le reste du cycle.

Chaleurs échangées sur un cycle : Les températures étant constantes au cours des isothermes du cycle intérieur, les flux thermiques sont constants durant leurs phases de contact respectives. Par intégration temporelle sur la durée d'un cycle, on obtient :

\begin{aligned} Q_{\mathrm{ch}} &= \int_0^{t_1} q_{\mathrm{ch}}(t) \, \mathrm{d}t = q_{\mathrm{ch}} \, t_1 = K(T_{\mathrm{ch}} - T_1) \, t_1 \\ Q_{\mathrm{fr}} &= \int_0^{t_2} q_{\mathrm{fr}}(t) \, \mathrm{d}t = q_{\mathrm{fr}} \, t_2 = K(T_2 - T_{\mathrm{fr}}) \, t_2 \end{aligned}

D'où les expressions demandées :

\boxed{q_{\mathrm{ch}} = K(T_{\mathrm{ch}} - T_1) \quad \text{et} \quad q_{\mathrm{fr}} = K(T_2 - T_{\mathrm{fr}})}
\boxed{Q_{\mathrm{ch}} = K(T_{\mathrm{ch}} - T_1)\,t_1 \quad \text{et} \quad Q_{\mathrm{fr}} = K(T_2 - T_{\mathrm{fr}})\,t_2}

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Question 15

En appliquant le deuxième principe de la thermodynamique au cycle endoréversible, en déduire une relation entre le rapport et les différentes températures introduites en figure 1.

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Le cycle interne étant supposé réversible, appliquer l'égalité de Clausius Q_{\text{ch}}/T_1 - Q_{\text{fr}}/T_2 = 0 et substituer les expressions de Q_{\text{ch}} et Q_{\text{fr}}.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le deuxième principe de la thermodynamique à la substance active sur un cycle en exploitant l'hypothèse d'endoréversibilité (réversibilité interne du cycle entre T_1 et T_2).
  2. Remplacer les chaleurs Q_{\text{ch}} et Q_{\text{fr}} par leurs expressions établies à la question Q14 pour exprimer le rapport t_1/t_2.
Voir le corrigé complet

Le cycle étant endoréversible, toutes les irréversibilités ont lieu lors des transferts thermiques à travers la conductance K entre la substance et les réservoirs. Le cycle subi par la substance active entre T_1 et T_2 est donc internement réversible, ce qui implique une entropie créée nulle au sein du fluide :

S_{\text{créée}} = 0.

L'entropie étant une fonction d'état, sa variation sur un cycle fermé est nulle : \Delta S = 0. Durant ce cycle, la substance reçoit la chaleur Q_{\text{ch}} à la température uniforme T_1, puis cède la chaleur Q_{\text{fr}} à la température uniforme T_2 (les deux autres étapes étant isentropiques). Le bilan entropique s'écrit :

\Delta S = S_{\text{éch}} + S_{\text{créée}} = \frac{Q_{\text{ch}}}{T_1} - \frac{Q_{\text{fr}}}{T_2} + 0 = 0,

soit :

\frac{Q_{\text{ch}}}{T_1} = \frac{Q_{\text{fr}}}{T_2}.

D'après la question Q14, les quantités de chaleur échangées sur le cycle s'expriment par :

Q_{\text{ch}} = K(T_{\text{ch}} - T_1)\,t_1 \quad \text{et} \quad Q_{\text{fr}} = K(T_2 - T_{\text{fr}})\,t_2.

En injectant ces expressions dans l'égalité de Clausius réversible, il vient :

\frac{K(T_{\text{ch}} - T_1)\,t_1}{T_1} = \frac{K(T_2 - T_{\text{fr}})\,t_2}{T_2}.

On en déduit l'expression du rapport des durées de contact :

\boxed{\frac{t_1}{t_2} = \frac{T_1 (T_2 - T_{\text{fr}})}{T_2 (T_{\text{ch}} - T_1)}}.

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Question 16

La période du cycle, notée , se décompose en deux durées correspondant aux durées de chaque échange thermique, telle que , les deux transformations isentropiques étant considérées comme instantanées. On définit la puissance produite par le système par l'expression :

Montrer que la puissance se met sous la forme suivante :

où les indices sont à compléter.

Voir l'indice

Remplacer t_p = t_1 + t_2 dans \mathcal{P} = (Q_{\text{ch}} - Q_{\text{fr}})/(t_1 + t_2) en factorisant par t_2 et en injectant le rapport t_1/t_2 obtenu à la question précédente.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le travail net fourni par cycle W = Q_{\mathrm{ch}} - Q_{\mathrm{fr}} en factorisant t_1, à l'aide de la réversibilité du cycle intérieur reliant Q_{\mathrm{ch}} et Q_{\mathrm{fr}} (d'après la question Q15).
  2. Exprimer la durée totale du cycle t_p = t_1 + t_2 en fonction de t_1 grâce au rapport t_1/t_2 établi à la question Q15.
  3. Former le quotient \mathcal{P} = W/t_p pour éliminer la durée t_1, puis identifier les indices w, x, y, z par comparaison terme à terme avec la forme imposée par l'énoncé.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q15, la réversibilité du cycle intérieur impose :

\frac{Q_{\mathrm{ch}}}{T_1} = \frac{Q_{\mathrm{fr}}}{T_2} \implies Q_{\mathrm{fr}} = \frac{T_2}{T_1} Q_{\mathrm{ch}}

Le travail fourni sur un cycle s'écrit donc :

W = Q_{\mathrm{ch}} - Q_{\mathrm{fr}} = Q_{\mathrm{ch}}\left(1 - \frac{T_2}{T_1}\right) = Q_{\mathrm{ch}} \frac{T_1 - T_2}{T_1}

En injectant l'expression de Q_{\mathrm{ch}} = K(T_{\mathrm{ch}} - T_1)t_1 obtenue à la question Q14 :

W = K(T_{\mathrm{ch}} - T_1)\frac{T_1 - T_2}{T_1}\, t_1

La durée du cycle est t_p = t_1 + t_2 = t_1\left(1 + \frac{t_2}{t_1}\right). En utilisant l'expression du rapport des durées trouvée à la question Q15 :

\frac{t_2}{t_1} = \frac{T_2(T_{\mathrm{ch}} - T_1)}{T_1(T_2 - T_{\mathrm{fr}})}

on obtient :

\begin{aligned} 1 + \frac{t_2}{t_1} &= 1 + \frac{T_2(T_{\mathrm{ch}} - T_1)}{T_1(T_2 - T_{\mathrm{fr}})} \\ &= \frac{T_1(T_2 - T_{\mathrm{fr}}) + T_2(T_{\mathrm{ch}} - T_1)}{T_1(T_2 - T_{\mathrm{fr}})} \\ &= \frac{T_1 T_2 - T_1 T_{\mathrm{fr}} + T_{\mathrm{ch}} T_2 - T_1 T_2}{T_1(T_2 - T_{\mathrm{fr}})} \\ &= \frac{T_{\mathrm{ch}} T_2 - T_{\mathrm{fr}} T_1}{T_1(T_2 - T_{\mathrm{fr}})} \end{aligned}

La puissance moyenne produite sur un cycle \mathcal{P} = \frac{W}{t_p} s'exprime alors par :

\begin{aligned} \mathcal{P} &= \frac{K(T_{\mathrm{ch}} - T_1)\dfrac{T_1 - T_2}{T_1}\, t_1}{t_1 \dfrac{T_{\mathrm{ch}} T_2 - T_{\mathrm{fr}} T_1}{T_1(T_2 - T_{\mathrm{fr}})}} \\ &= K \frac{(T_1 - T_2)(T_{\mathrm{ch}} - T_1)(T_2 - T_{\mathrm{fr}})}{T_{\mathrm{ch}} T_2 - T_{\mathrm{fr}} T_1} \end{aligned}

Par comparaison directe avec la relation (2) de l'énoncé :

\mathcal{P}(T_{\mathrm{ch}}, T_{\mathrm{fr}}, T_1, T_2) = K \frac{(T_x - T_y) (T_z - T_x) (T_y - T_w)}{T_z T_y - T_w T_x}

on identifie sans ambiguïté les indices :

\boxed{w = \mathrm{fr}, \quad x = 1, \quad y = 2, \quad z = \mathrm{ch}}

ainsi que l'expression de la puissance :

\boxed{\mathcal{P}(T_{\mathrm{ch}}, T_{\mathrm{fr}}, T_1, T_2) = K \frac{(T_1 - T_2) (T_{\mathrm{ch}} - T_1) (T_2 - T_{\mathrm{fr}})}{T_{\mathrm{ch}} T_2 - T_{\mathrm{fr}} T_1}}

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Question 17

Déterminer le rendement du cycle endoréversible () relativement au cycle de Carnot (), soit en fonction de , , et .

Voir l'indice

Calculer le rendement endoréversible \eta_{\text{endo}} = 1 - T_2/T_1 = \Delta T_{\text{adia}}/T_1, puis diviser par \eta_{\text{c}} = \Delta T_{\text{res}}/T_{\text{ch}}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rendement de Carnot \eta_{\mathrm{c}} en fonction de l'écart de température des réservoirs \Delta T_{\mathrm{res}} = T_{\mathrm{ch}} - T_{\mathrm{fr}} et de T_{\mathrm{ch}}.
  2. Exprimer le rendement \eta_{\mathrm{endo}} du cycle endoréversible à partir du premier principe et de la relation de réversibilité interne, en fonction de \Delta T_{\mathrm{adia}} = T_1 - T_2 et de T_1.
  3. Former le quotient \eta_{\mathrm{rel}} = \eta_{\mathrm{endo}} / \eta_{\mathrm{c}}.
Voir le corrigé complet

Le rendement du cycle de Carnot fonctionnant entre les deux réservoirs de température T_{\mathrm{ch}} et T_{\mathrm{fr}} s'écrit :

\eta_{\mathrm{c}} = 1 - \frac{T_{\mathrm{fr}}}{T_{\mathrm{ch}}} = \frac{T_{\mathrm{ch}} - T_{\mathrm{fr}}}{T_{\mathrm{ch}}} = \frac{\Delta T_{\mathrm{res}}}{T_{\mathrm{ch}}}.

Pour le cycle endoréversible, le rendement s'exprime à partir du travail fourni et de la chaleur reçue de la source chaude :

\eta_{\mathrm{endo}} = \frac{W}{Q_{\mathrm{ch}}} = \frac{Q_{\mathrm{ch}} - Q_{\mathrm{fr}}}{Q_{\mathrm{ch}}} = 1 - \frac{Q_{\mathrm{fr}}}{Q_{\mathrm{ch}}}.

D'après la question Q15, la réversibilité du cycle intérieur impose \dfrac{Q_{\mathrm{fr}}}{Q_{\mathrm{ch}}} = \dfrac{T_2}{T_1}, d'où :

\eta_{\mathrm{endo}} = 1 - \frac{T_2}{T_1} = \frac{T_1 - T_2}{T_1} = \frac{\Delta T_{\mathrm{adia}}}{T_1}.

On en déduit l'expression du rendement relatif :

\eta_{\mathrm{rel}} = \frac{\eta_{\mathrm{endo}}}{\eta_{\mathrm{c}}} = \frac{\dfrac{\Delta T_{\mathrm{adia}}}{T_1}}{\dfrac{\Delta T_{\mathrm{res}}}{T_{\mathrm{ch}}}}.
\boxed{\eta_{\mathrm{rel}} = \frac{\Delta T_{\mathrm{adia}}}{\Delta T_{\mathrm{res}}} \frac{T_{\mathrm{ch}}}{T_1}}

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Question 18

Dans le cas d'une récupération d'énergie thermique avec un faible écart de températures, justifier que le rendement de Carnot est faible, et en déduire une simplification de la puissance maximale ainsi que du rendement relatif maximal.

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Effectuer un développement limité de \sqrt{1 - \eta_{\text{c}}} pour \eta_{\text{c}} \ll 1 dans l'expression de f(\eta_{\text{c}}) et de \eta_{\text{rel}}^{\max}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rendement de Carnot en fonction de \Delta T_{\text{res}} et T_{\text{ch}} pour justifier qu'il est petit devant 1 lorsque \Delta T_{\text{res}} \ll T_{\text{ch}}.
  2. Réaliser un développement limité au voisinage de \eta_{\text{c}} = 0 de la fonction f(\eta_{\text{c}}) et de \sqrt{1-\eta_{\text{c}}} pour simplifier \mathcal{P}_{\max} et \eta_{\text{rel}}^{\max}.
Voir le corrigé complet

Le rendement de Carnot s'exprime par :

\eta_{\text{c}} = 1 - \frac{T_{\text{fr}}}{T_{\text{ch}}} = \frac{T_{\text{ch}} - T_{\text{fr}}}{T_{\text{ch}}} = \frac{\Delta T_{\text{res}}}{T_{\text{ch}}}

Dans le cadre de la récupération de chaleur fatale, l'écart de température entre les sources est faible devant la température absolue de la source chaude (\Delta T_{\text{res}} \ll T_{\text{ch}}, par exemple \Delta T_{\text{res}} \approx 30\text{ K} pour T_{\text{ch}} \approx 330\text{ K}). Il en résulte immédiatement :

\eta_{\text{c}} \ll 1

1. Simplification du rendement relatif maximal \eta_{\text{rel}}^{\max} :

D'après l'équation (4) de l'énoncé :

\eta_{\text{rel}}^{\max} = \frac{\Delta T_{\text{adia}}}{\Delta T_{\text{res}}} \left[ \frac{\Delta T_{\text{adia}}}{\Delta T_{\text{res}}} + \left(1 - \frac{\Delta T_{\text{adia}}}{\Delta T_{\text{res}}}\right) \sqrt{1 - \eta_{\text{c}}} \right]^{-1}

À l'ordre 0 en \eta_{\text{c}}, on a \sqrt{1 - \eta_{\text{c}}} \approx 1. Le terme entre crochets devient :

\frac{\Delta T_{\text{adia}}}{\Delta T_{\text{res}}} + \left(1 - \frac{\Delta T_{\text{adia}}}{\Delta T_{\text{res}}}\right) \times 1 = 1

On obtient ainsi la simplification :

\boxed{\eta_{\text{rel}}^{\max} \approx \frac{\Delta T_{\text{adia}}}{\Delta T_{\text{res}}}}

2. Simplification de la puissance maximale \mathcal{P}_{\max} :

Développons la fonction f(\eta_{\text{c}}) au voisinage de \eta_{\text{c}} = 0. À l'ordre 2 pour le numérateur :

\sqrt{1 - \eta_{\text{c}}} = 1 - \frac{1}{2}\eta_{\text{c}} - \frac{1}{8}\eta_{\text{c}}^2 + o(\eta_{\text{c}}^2)

Le numérateur de f(\eta_{\text{c}}) s'écrit alors :

\begin{aligned} N(\eta_{\text{c}}) &= 2(\eta_{\text{c}} - 1) + (2 - \eta_{\text{c}})\left(1 - \frac{1}{2}\eta_{\text{c}} - \frac{1}{8}\eta_{\text{c}}^2 + o(\eta_{\text{c}}^2)\right) \\ &= 2\eta_{\text{c}} - 2 + \left(2 - 2\eta_{\text{c}} + \frac{1}{4}\eta_{\text{c}}^2 + o(\eta_{\text{c}}^2)\right) \\ &= \frac{1}{4}\eta_{\text{c}}^2 + o(\eta_{\text{c}}^2) \end{aligned}

Le dénominateur de f(\eta_{\text{c}}) s'écrit au premier ordre :

D(\eta_{\text{c}}) = \eta_{\text{c}}\sqrt{1 - \eta_{\text{c}}} = \eta_{\text{c}} + o(\eta_{\text{c}})

Il vient donc :

f(\eta_{\text{c}}) = \frac{N(\eta_{\text{c}})}{D(\eta_{\text{c}})} \approx \frac{1}{4}\eta_{\text{c}} = \frac{\Delta T_{\text{res}}}{4T_{\text{ch}}}

En reportant cette approximation dans l'équation (3), la puissance maximale devient :

\boxed{\mathcal{P}_{\max} \approx \frac{1}{4} K \Delta T_{\text{adia}}\left(1 - \frac{\Delta T_{\text{adia}}}{\Delta T_{\text{res}}}\right)\eta_{\text{c}} = \frac{K \Delta T_{\text{res}}}{4T_{\text{ch}}} \Delta T_{\text{adia}}\left(1 - \frac{\Delta T_{\text{adia}}}{\Delta T_{\text{res}}}\right)}

Résultat

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Question 19

Montrer que pour un fixé, la puissance maximale peut s'exprimer en fonction du rendement relatif maximal , de , de et de . Justifier l'allure de la courbe représentée figure 2 en précisant l'ordonnée du graphique.

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Exprimer \Delta T_{\text{adia}}/\Delta T_{\text{res}} en fonction de \eta_{\text{rel}}^{\max}, puis injecter dans \mathcal{P}_{\max} pour faire apparaître le produit \eta_{\text{rel}}^{\max}(1 - \eta_{\text{rel}}^{\max}). L'ordonnée maximale vaut 1 pour \eta_{\text{rel}}^{\max} = 0{,}5.

Voir la stratégie
  1. Exprimer \Delta T_{\mathrm{adia}} en fonction de \eta_{\mathrm{rel}}^{\max} et \Delta T_{\mathrm{res}} grâce aux résultats simplifiés de la question Q18.
  2. Injecter cette relation dans l'expression approchée de la puissance maximale \mathcal{P}_{\max} pour obtenir la dépendance fonctionnelle.
  3. Analyser la fonction obtenue (nature mathématique, zéros, extremum) et identifier la grandeur sans dimension portée en ordonnée de la figure 2.
Voir le corrigé complet

D'après les approximations établies à la question Q18 dans le cadre d'un faible écart de température (\eta_{\mathrm{c}} \ll 1) :

\eta_{\mathrm{rel}}^{\max} \approx \frac{\Delta T_{\mathrm{adia}}}{\Delta T_{\mathrm{res}}} \iff \Delta T_{\mathrm{adia}} \approx \eta_{\mathrm{rel}}^{\max} \, \Delta T_{\mathrm{res}}

En reportant cette relation dans l'expression simplifiée de la puissance maximale obtenue à la question Q18 :

\begin{aligned} \mathcal{P}_{\max} &\approx \frac{K \Delta T_{\mathrm{res}}}{4 T_{\mathrm{ch}}} \Delta T_{\mathrm{adia}} \left( 1 - \frac{\Delta T_{\mathrm{adia}}}{\Delta T_{\mathrm{res}}} \right) \\ &= \frac{K \Delta T_{\mathrm{res}}}{4 T_{\mathrm{ch}}} \left(\eta_{\mathrm{rel}}^{\max} \Delta T_{\mathrm{res}}\right) \left( 1 - \eta_{\mathrm{rel}}^{\max} \right) \end{aligned}

On obtient ainsi :

\boxed{\mathcal{P}_{\max} = \frac{K (\Delta T_{\mathrm{res}})^2}{4 T_{\mathrm{ch}}} \, \eta_{\mathrm{rel}}^{\max} \left(1 - \eta_{\mathrm{rel}}^{\max}\right)}

Justification de l'allure de la courbe (figure 2) et ordonnée du graphique :

  • Pour \Delta T_{\mathrm{res}}, T_{\mathrm{ch}} et K fixés, \mathcal{P}_{\max} est une fonction polynomiale du second degré en \eta_{\mathrm{rel}}^{\max}, de coefficient dominant négatif. La courbe représentative est donc un arc de parabole tourné vers le bas.
  • La puissance s'annule en \eta_{\mathrm{rel}}^{\max} = 0 et \eta_{\mathrm{rel}}^{\max} = 1.
  • Le sommet de la parabole est atteint en \eta_{\mathrm{rel}}^{\max} = 0{,}5 (point B), où le facteur \eta_{\mathrm{rel}}^{\max} (1 - \eta_{\mathrm{rel}}^{\max}) vaut 0{,}25. La puissance maximale absolue vaut alors :

    \mathcal{P}_{\max}^{\mathrm{opt}} = \frac{K (\Delta T_{\mathrm{res}})^2}{16 T_{\mathrm{ch}}}
  • L'ordonnée du graphique variant de 0 à 1 avec un maximum égal à 1 atteint précisément en \eta_{\mathrm{rel}}^{\max} = 0{,}5, l'ordonnée correspond à la puissance maximale normalisée :

    \boxed{\frac{\mathcal{P}_{\max}}{\mathcal{P}_{\max}^{\mathrm{opt}}} = 4 \, \eta_{\mathrm{rel}}^{\max} \left(1 - \eta_{\mathrm{rel}}^{\max}\right)}

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Question 20

Dans un diagramme , tracer les cycles correspondants aux points A, B et C. En déduire pourquoi les cycles A et C sont en mesure de produire la même puissance. Préciser, en justifiant, quel point de fonctionnement est le plus intéressant entre A et C.

Voir l'indice

Le travail sur un cycle est représenté par l'aire du rectangle dans le plan (T, S) ; relier cette aire et la période du cycle à la puissance produite aux points A, B et C.

Voir la stratégie
  1. Relier la position des points A, B et C sur la figure 2 à l'écart de température interne \Delta T_{\text{adia}} = T_1 - T_2 \approx \eta_{\text{rel}}^{\max} \Delta T_{\text{res}} (d'après Q18).
  2. Représenter dans un même diagramme (T,S) les trois cycles endoréversibles (rectangles délimités par les isothermes T_1 et T_2 et deux isentropiques), en faisant apparaître les températures de thermostat T_{\text{ch}} et T_{\text{fr}}.
  3. Interpréter l'égalité des puissances \mathcal{P} = \frac{W}{t_p} pour A et C en analysant le compromis entre l'énergie mécanique récupérée par cycle et la durée de ce cycle.
  4. Comparer l'intérêt pratique de A et C à l'aide de leur rendement énergétique.
Voir le corrigé complet

1. Tracé des cycles dans le plan (T, S) :

D'après le résultat de la question Q18 pour un faible écart de température (\eta_{\text{c}} \ll 1), le rendement relatif maximal s'identifie à :

\eta_{\text{rel}}^{\max} \approx \frac{\Delta T_{\text{adia}}}{\Delta T_{\text{res}}} = \frac{T_1 - T_2}{T_{\text{ch}} - T_{\text{fr}}}

Par symétrie des écarts de température lors de la maximisation (T_{\text{ch}} - T_1 \approx T_2 - T_{\text{fr}}), on a :

  • Point A (\eta_{\text{rel}}^{\max} \approx 0{,}25) : \Delta T_{\text{adia}} \approx \frac{1}{4} \Delta T_{\text{res}} (cycle étroit en température, centré entre T_{\text{ch}} et T_{\text{fr}}) ;
  • Point B (\eta_{\text{rel}}^{\max} = 0{,}50) : \Delta T_{\text{adia}} = \frac{1}{2} \Delta T_{\text{res}} (cycle de hauteur intermédiaire) ;
  • Point C (\eta_{\text{rel}}^{\max} \approx 0{,}75) : \Delta T_{\text{adia}} \approx \frac{3}{4} \Delta T_{\text{res}} (cycle de grande hauteur, T_1 proche de T_{\text{ch}} et T_2 proche de T_{\text{fr}}).

2. Même puissance pour les cycles A et C :

La puissance moyenne produite s'écrit \mathcal{P} = \frac{W}{t_p}.

  • Pour le cycle A : l'écart interne \Delta T_{\text{adia}} est faible, donc le travail mécanique W obtenu par cycle (l'aire du cycle dans le plan (T, S)) est petit. En revanche, les écarts de température avec les sources (T_{\text{ch}} - T_1) et (T_2 - T_{\text{fr}}) sont grands, ce qui assure des flux thermiques instantanés q très élevés et donc des transferts thermiques rapides : la période t_p est courte (fonctionnement rapide).
  • Pour le cycle C : l'écart interne \Delta T_{\text{adia}} est important, fournissant un travail mécanique W par cycle élevé. Mais les écarts avec les thermostats sont très réduits, d'où des transferts thermiques très lents et une période t_p longue (fonctionnement lent).

Le rapport \frac{W}{t_p} prend ainsi la même valeur pour ces deux régimes de fonctionnement.

3. Point de fonctionnement le plus intéressant :

À puissance produite \mathcal{P} identique, le flux de chaleur consommé à la source chaude vaut :

\dot{Q}_{\text{ch}} = \frac{\mathcal{P}}{\eta_{\text{endo}}} = \frac{\mathcal{P}}{\eta_{\text{rel}} \eta_{\text{c}}}

Le rendement du point C étant environ trois fois supérieur à celui du point A (\eta_{\text{rel}}^{\text{C}} \approx 0{,}75 contre \eta_{\text{rel}}^{\text{A}} \approx 0{,}25), le cycle C nécessite de prélever trois fois moins d'énergie thermique pour fournir la même puissance utile :

\boxed{\text{Le point C est nettement plus intéressant que le point A.}}

Résultat

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Partie IV : Substance active du système : matériau magnétocalorique

Question 21

Exprimer la différentielle totale de l'enthalpie libre massique en fonction des variations infinitésimales de la température et de l'excitation magnétique .

Voir l'indice

Différencier g = u - Ts - \frac{\mu_0}{\rho}HM et injecter l'expression de \mathrm{d}u fournie par l'énoncé.

Voir la stratégie
  1. Différencier l'expression de l'enthalpie libre massique g en appliquant la règle de dérivation d'un produit, la masse volumique \rho étant constante.
  2. Injecter l'expression de \mathrm{d}u issue du premier principe (équation (5) de l'énoncé) pour simplifier les termes croisés.
Voir le corrigé complet

L'enthalpie libre massique est définie par :

g = u - T s - \frac{\mu_0}{\rho} H M

La masse volumique \rho étant supposée constante, la différentielle totale de g s'écrit :

\mathrm{d}g = \mathrm{d}u - \mathrm{d}(Ts) - \frac{\mu_0}{\rho} \mathrm{d}(HM) = \mathrm{d}u - T\,\mathrm{d}s - s\,\mathrm{d}T - \frac{\mu_0}{\rho} H\,\mathrm{d}M - \frac{\mu_0}{\rho} M\,\mathrm{d}H

D'après l'équation (5) de l'énoncé, la variation infinitésimale d'énergie interne massique est :

\mathrm{d}u = T\,\mathrm{d}s + \frac{\mu_0 H}{\rho}\,\mathrm{d}M

En substituant cette relation dans l'expression de \mathrm{d}g, les termes en \mathrm{d}s et en \mathrm{d}M s'annulent :

\begin{aligned} \mathrm{d}g &= \left(T\,\mathrm{d}s + \frac{\mu_0 H}{\rho}\,\mathrm{d}M\right) - T\,\mathrm{d}s - s\,\mathrm{d}T - \frac{\mu_0}{\rho} H\,\mathrm{d}M - \frac{\mu_0}{\rho} M\,\mathrm{d}H \\ &= -s\,\mathrm{d}T - \frac{\mu_0}{\rho} M\,\mathrm{d}H \end{aligned}

On obtient ainsi :

\boxed{\mathrm{d}g = -s\,\mathrm{d}T - \frac{\mu_0}{\rho} M\,\mathrm{d}H}

Résultat

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Question 22

À partir de l'égalité et des propriétés de la différentielle totale de , montrer que si dépend de alors dépend de .

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Schwarz sur les dérivées croisées de la fonction d'état g(T, H).

Voir la stratégie
  1. Identifier les dérivées partielles d'ordre 1 de la fonction d'état g(T,H) à partir de sa différentielle totale.
  2. Appliquer le théorème de Schwarz sur les dérivées croisées pour en déduire la relation de Maxwell correspondante.
  3. Conclure quant au lien entre la dépendance thermique de l'aimantation M et la dépendance de l'entropie s vis-à-vis de l'excitation H.
Voir le corrigé complet

D'après la question Q21, la différentielle totale de l'enthalpie libre massique s'écrit :

\mathrm{d}g = -s\,\mathrm{d}T - \frac{\mu_0}{\rho}M\,\mathrm{d}H

Puisque g est une fonction d'état de classe \mathcal{C}^2 des variables indépendantes (T, H), les dérivées partielles premières s'identifient terme à terme :

\left(\frac{\partial g}{\partial T}\right)_H = -s \quad \text{et} \quad \left(\frac{\partial g}{\partial H}\right)_T = -\frac{\mu_0}{\rho}M

en rappelant que la masse volumique \rho est supposée constante.

En appliquant le théorème de Schwarz sur l'égalité des dérivées partielles secondes croisées :

\frac{\partial^2 g}{\partial H \partial T} = \frac{\partial}{\partial H}\left[\left(\frac{\partial g}{\partial T}\right)_H\right]_T = -\left(\frac{\partial s}{\partial H}\right)_T
\frac{\partial^2 g}{\partial T \partial H} = \frac{\partial}{\partial T}\left[\left(\frac{\partial g}{\partial H}\right)_T\right]_H = -\frac{\mu_0}{\rho}\left(\frac{\partial M}{\partial T}\right)_H

L'égalité \frac{\partial^2 g}{\partial H \partial T} = \frac{\partial^2 g}{\partial T \partial H} conduit à la relation de Maxwell magnétique :

\boxed{\left(\frac{\partial s}{\partial H}\right)_T = \frac{\mu_0}{\rho}\left(\frac{\partial M}{\partial T}\right)_H}

Si l'aimantation M dépend de la température T, sa dérivée partielle n'est pas identiquement nulle : \left(\frac{\partial M}{\partial T}\right)_H \neq 0.

Par conséquent, on a nécessairement :

\left(\frac{\partial s}{\partial H}\right)_T \neq 0

ce qui démontre que l'entropie massique s dépend de l'excitation magnétique H.

Résultat

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Question 23

À partir du modèle de matériau proposé pour , en déduire l'expression de la variation d'entropie massique du matériau, notée , pour un champ variant de 0 à 1 tesla.

Voir l'indice

Intégrer la relation de Maxwell obtenue à la question précédente entre H = 0 et H = B_0/\mu_0 à température constante.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la dérivée partielle \left(\frac{\partial M}{\partial T}\right)_H à partir du modèle fourni pour \mu_0 M(H,T).
  2. Utiliser la relation de Maxwell établie à la question Q22 pour obtenir la dérivée partielle \left(\frac{\partial s}{\partial H}\right)_T.
  3. Intégrer à température constante pour obtenir la variation isotherme d'entropie massique \Delta s lors de la variation de \mu_0 H de 0 à 1\text{ T}.
Voir le corrigé complet

Le modèle proposé pour le matériau magnétocalorique s'écrit :

\mu_0 M(H, T) = C_1 \mu_0 H + C_2(35 - T)

En dérivant cette relation par rapport à la température T à excitation magnétique H fixée, on obtient :

\mu_0 \left(\frac{\partial M}{\partial T}\right)_H = -C_2

D'après la relation de Maxwell établie à la question Q22 :

\left(\frac{\partial s}{\partial H}\right)_T = \frac{\mu_0}{\rho}\left(\frac{\partial M}{\partial T}\right)_H = -\frac{C_2}{\rho}

La variation d'entropie massique associée à une variation isotherme du champ magnétique s'obtient par intégration :

\Delta s = \int_0^H \left(\frac{\partial s}{\partial H'}\right)_T \mathrm{d}H' = -\frac{C_2}{\rho} H = -\frac{C_2}{\rho \mu_0} (\mu_0 H)

Pour un champ \mu_0 H variant de 0 à B_0 = 1\text{ T}, l'expression littérale de la variation d'entropie massique est :

\boxed{\Delta s = -\frac{C_2 B_0}{\rho \mu_0}}

Application numérique : Avec les données de l'énoncé :

  • C_2 = 0{,}03\text{ T}\cdot\text{K}^{-1} ;
  • B_0 = 1\text{ T} ;
  • \rho = 7{,}9\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} = 7{,}9 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ;
  • \mu_0 = 4\pi \times 10^{-7}\text{ H}\cdot\text{m}^{-1}.
\begin{aligned} \Delta s &= -\frac{0{,}03 \times 1}{7{,}9 \times 10^3 \times 4\pi \times 10^{-7}} \\ &= -\frac{300}{7{,}9 \times 4\pi} \approx -\frac{300}{99{,}3} \approx -3{,}0\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \end{aligned}
\boxed{\Delta s \approx -3{,}0\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}}

Résultat

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Question 24

À partir du deuxième principe de la thermodynamique et de la différentielle totale de , en déduire la variation de température , dans le cadre d'une transformation adiabatique réversible et pour un champ magnétique , variant de 0 à 1 tesla. On introduira la capacité thermique massique à excitation magnétique constante, , et afin de simplifier l'estimation de la variation de température, est supposée constante sur la gamme de température explorée. La température initiale, notée , sera prise à 25°C. Après avoir obtenu la variation de température , simplifier l'expression en considérant que tend vers 0.

Voir l'indice

Écrire la différentielle \mathrm{d}s = \frac{c_H}{T}\mathrm{d}T + \left(\frac{\partial s}{\partial H}\right)_T \mathrm{d}H = 0, séparer les variables et intégrer entre l'état initial et l'état final.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la différentielle de l'entropie massique s(T, H) à l'aide de la définition de c_H et de la relation de Maxwell établie à la question Q22.
  2. Traduire le caractère adiabatique et réversible via le deuxième principe de la thermodynamique (\mathrm{d}s = 0).
  3. Intégrer l'équation différentielle entre l'état initial (T_i, H = 0) et l'état final (T_f, \mu_0 H = B_0 = 1\text{ T}), puis effectuer le développement limité pour \frac{C_2}{c_H \rho \mu_0} \to 0.
Voir le corrigé complet

Considérons l'entropie massique s comme fonction des variables d'état (T, H). Sa différentielle totale s'écrit :

\mathrm{d}s = \left(\frac{\partial s}{\partial T}\right)_H \mathrm{d}T + \left(\frac{\partial s}{\partial H}\right)_T \mathrm{d}H

D'après la définition de la capacité thermique massique à excitation constante, on a :

\left(\frac{\partial s}{\partial T}\right)_H = \frac{c_H}{T}

D'après la relation de Maxwell établie à la question Q22 et le modèle d'aimantation linéaire en température \mu_0 M(H, T) = C_1\mu_0 H + C_2(35 - T) :

\left(\frac{\partial s}{\partial H}\right)_T = \frac{\mu_0}{\rho}\left(\frac{\partial M}{\partial T}\right)_H = -\frac{C_2}{\rho}

En introduisant le champ d'induction \mu_0 H, la différentielle s'écrit :

\mathrm{d}s = \frac{c_H}{T}\mathrm{d}T - \frac{C_2}{\rho \mu_0}\mathrm{d}(\mu_0 H)

D'après le deuxième principe de la thermodynamique, pour une transformation adiabatique (\delta q = 0) et réversible (s_{\text{créée}} = 0), l'entropie est constante :

\mathrm{d}s = \frac{\delta q}{T} = 0

On en déduit la relation différentielle :

\frac{c_H}{T}\mathrm{d}T = \frac{C_2}{\rho \mu_0}\mathrm{d}(\mu_0 H)

En intégrant entre l'état initial (T_i, champ nul) et l'état final (T_f = T_i + \Delta T_{\mathrm{adia}}, champ \mu_0 H = B_0 = 1\text{ T}), avec c_H constante :

\begin{aligned} c_H \int_{T_i}^{T_f} \frac{\mathrm{d}T}{T} &= \frac{C_2}{\rho \mu_0} \int_0^{B_0} \mathrm{d}(\mu_0 H) \\ \ln\left(\frac{T_f}{T_i}\right) &= \frac{C_2 B_0}{c_H \rho \mu_0} \end{aligned}

D'où l'expression exacte de l'écart de température :

\boxed{ \Delta T_{\mathrm{adia}} = T_i \left[ \exp\left(\frac{C_2 B_0}{c_H \rho \mu_0}\right) - 1 \right] }

Puisque le paramètre sans dimension \varepsilon = \frac{C_2 B_0}{c_H \rho \mu_0} \ll 1, on effectue un développement limité au premier ordre (\mathrm{e}^\varepsilon - 1 \approx \varepsilon) :

\boxed{ \Delta T_{\mathrm{adia}} \approx \frac{C_2 B_0 T_i}{c_H \rho \mu_0} }

Application numérique : Avec T_i = 25^\circ\text{C} = 298\text{ K}, B_0 = 1\text{ T}, C_2 = 0{,}03\text{ T}\cdot\text{K}^{-1}, \rho = 7{,}9 \times 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, c_H = 3{,}0 \times 10^2\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} et \mu_0 = 4\pi \times 10^{-7}\text{ H}\cdot\text{m}^{-1} :

\Delta T_{\mathrm{adia}} \approx \frac{0{,}03 \times 1 \times 298}{300 \times 7{,}9 \times 10^3 \times 4\pi \times 10^{-7}} \approx \frac{8{,}94}{2{,}98 \times 10^3} \approx 3\text{ K}

Ce résultat est bien en accord avec l'ordre de grandeur de 2\text{ K} mentionné à la question suivante.

Résultat

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Question 25

Sachant que , expliquer pourquoi les thermogénérateurs ont un fonctionnement plus proche de celui de Carnot pour des sources de chaleur avec de faibles écarts de température.

Voir l'indice

Comparer l'écart de température adiabatique \Delta T_{\text{adia}} du matériau à l'écart entre les sources \Delta T_{\text{res}} et utiliser les résultats de la partie III.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rendement relatif \eta_{\mathrm{rel}} en fonction de l'écart de température adiabatique \Delta T_{\mathrm{adia}} et de l'écart entre les réservoirs \Delta T_{\mathrm{res}}.
  2. Discuter la condition pour que le cycle soit proche de celui de Carnot (\eta_{\mathrm{rel}} \to 1) au vu de la valeur limitée de \Delta T_{\mathrm{adia}} \approx 2\text{ K}.
Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la partie III (questions Q17 et Q18), le rendement relatif du cycle endoréversible par rapport au rendement de Carnot s'écrit pour de faibles écarts de température :

\eta_{\mathrm{rel}} \approx \frac{\Delta T_{\mathrm{adia}}}{\Delta T_{\mathrm{res}}}

Pour que le fonctionnement du thermogénérateur soit proche de celui du cycle de Carnot, il faut que ce rendement relatif soit proche de 1, c'est-à-dire :

\Delta T_{\mathrm{res}} \approx \Delta T_{\mathrm{adia}}

Or, l'effet magnétocalorique du Gadolinium limite l'échauffement ou le refroidissement adiabatique réversible à une valeur modeste :

\Delta T_{\mathrm{adia}} \approx 2\text{ K}

Par conséquent :

  • Si l'écart de température entre les sources est important (par exemple \Delta T_{\mathrm{res}} = 30\text{ K} ou 75\text{ K}, comme dans le tableau 1), le rendement relatif devient très faible (\eta_{\mathrm{rel}} \sim 0{,}03 \text{ à } 0{,}07 \ll 1). Les irréversibilités de transfert thermique entre les sources et le matériau sont alors prépondérantes.
  • Si au contraire la chaleur à récupérer présente un très faible écart de température avec la source froide (\Delta T_{\mathrm{res}} de l'ordre de quelques kelvins, proche de \Delta T_{\mathrm{adia}}), le rapport \frac{\Delta T_{\mathrm{adia}}}{\Delta T_{\mathrm{res}}} s'approche de l'unité, rendant le fonctionnement quasi réversible et très proche du cycle de Carnot.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.