Soit un polynôme unitaire de degré défini par :
Démontrer que pour toute racine complexe de , on a l'inégalité suivante :
Introduire la matrice compagnon associée au polynôme ou sa transposée.
Utiliser le fait que les racines de sont exactement les valeurs propres de sa matrice compagnon.
Pour un vecteur propre de la transposée , traduire la relation en un système d'équations sur les composantes de .
Distinguer le cas et le cas . Dans le second cas, utiliser la somme d'une progression géométrique pour majorer .
Lien entre racines d'un polynôme et spectre de sa matrice compagnon.
Utilisation de la norme infinie d'un vecteur propre pour obtenir des inégalités sur la valeur propre.
Majoration par une série géométrique.
Résolution.
Considérons la matrice compagnon associée au polynôme , ou plus commodément sa transposée définie par :
Le polynôme caractéristique de cette matrice est . Ainsi, les valeurs propres de sont exactement les racines de dans .
Soit une racine de . Il existe un vecteur propre tel que . Ce système se traduit par les relations suivantes :
En substituant les premières équations, on obtient pour tout , . Comme , on a nécessairement . La dernière ligne devient alors :
En simplifiant par , on retrouve bien la relation caractéristique :
Passons maintenant à la majoration de . Si , l'inégalité est immédiate puisque .
Supposons désormais que . En utilisant l'inégalité triangulaire dans la relation précédente :
On majore chaque coefficient par leur maximum :
On reconnaît une somme de termes en progression géométrique de raison :
Comme , on a . On en déduit :
En divisant par , il vient :
Ce qui est équivalent à , soit finalement :
Dans tous les cas, on a bien établi que :
L'erreur classique est de ne pas traiter séparément le cas . En effet, la somme de la série géométrique n'est exploitable pour obtenir de manière simple que si .