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On étudie trois suites de points (An)n≥0(A_{n})_{n \geq 0}, (Bn)n≥0(B_{n})_{n \geq 0} et (Cn)n≥0(C_{n})_{n \geq 0} dans l'espace euclidien R3\mathbb{R}^{3}. Ces suites sont définies par les relations de récurrence suivantes pour tout entier naturel nn :

  • BnB_{n} est le milieu du segment [An,An+1][A_{n}, A_{n+1}],
  • CnC_{n} est le milieu du segment [Bn,Bn+1][B_{n}, B_{n+1}],
  • An+1A_{n+1} est le milieu du segment [Cn,Cn+1][C_{n}, C_{n+1}].
Déterminer l'ensemble des triplets initiaux (A0,B0,C0)(A_{0}, B_{0}, C_{0}) tels que les trois suites (An)n≥0(A_{n})_{n \geq 0}, (Bn)n≥0(B_{n})_{n \geq 0} et (Cn)n≥0(C_{n})_{n \geq 0} soient bornées.

1.

Exprimer An+1A_{n+1}, Bn+1B_{n+1} et Cn+1C_{n+1} en fonction de An,Bn,CnA_n, B_n, C_n pour obtenir un système linéaire.

2.

Introduire la matrice de transition M∈M3(R)M \in \mathcal{M}_3(\mathbb{R}) associée à ce système.

3.

Étudier les valeurs propres de MM et leurs modules pour déterminer la condition de bornitude des itérés.

4.

Identifier le sous-espace stable associé aux valeurs propres de module inférieur ou égal à 11.

Idées clés

•

Traduction matricielle d'un système de suites récurrentes couplées.

•

Étude du spectre d'une matrice : la bornitude de MnX0M^n X_0 dépend du module des valeurs propres.

•

Utilisation de la diagonalisabilité pour décomposer l'espace en sous-espaces stables.

1. Mise en équation du système.

Traduisons les relations de milieu en égalités vectorielles :

  1. Bn=12(An+An+1)  ⟹  An+1=2Bn−AnB_n = \frac{1}{2}(A_n + A_{n+1}) \implies A_{n+1} = 2B_n - A_n
  2. Cn=12(Bn+Bn+1)  ⟹  Bn+1=2Cn−BnC_n = \frac{1}{2}(B_n + B_{n+1}) \implies B_{n+1} = 2C_n - B_n
  3. An+1=12(Cn+Cn+1)  ⟹  Cn+1=2An+1−CnA_{n+1} = \frac{1}{2}(C_n + C_{n+1}) \implies C_{n+1} = 2A_{n+1} - C_n

En substituant la première relation dans la troisième, on obtient :

Cn+1=2(2Bn−An)−Cn=−2An+4Bn−CnC_{n+1} = 2(2B_n - A_n) - C_n = -2A_n + 4B_n - C_n

Posons le vecteur Xn=(AnBnCn)∈(R3)3X_n = \begin{pmatrix} A_n
B_n
C_n \end{pmatrix} \in (\mathbb{R}^3)^3
. Le système s'écrit Xn+1=(M⊗I3)XnX_{n+1} = (M \otimes I_3) X_n avec :

M=(−1200−12−24−1)M = \begin{pmatrix} -1 & 2 & 0
0 & -1 & 2
-2 & 4 & -1 \end{pmatrix}

2. Recherche des valeurs propres de MM.

Calculons le polynôme caractéristique χM(X)=det⁡(XI−M)\chi_M(X) = \det(XI - M) :

χM(X)=∣X+1−200X+1−22−4X+1∣\chi_M(X) = \begin{vmatrix} X+1 & -2 & 0
0 & X+1 & -2
2 & -4 & X+1 \end{vmatrix}

En développant selon la première ligne :

χM(X)=(X+1)[(X+1)2−8]−(−2)[0−(−4)]\chi_M(X) = (X+1) \left[ (X+1)^2 - 8 \right] - (-2) \left[ 0 - (-4) \right]
χM(X)=(X+1)3−8(X+1)+8\chi_M(X) = (X+1)^3 - 8(X+1) + 8

Posons a=X+1a = X+1. L'équation devient a3−8a+8=0a^3 - 8a + 8 = 0. On remarque que a=2a = 2 est une solution car 23−8(2)+8=8−16+8=02^3 - 8(2) + 8 = 8 - 16 + 8 = 0. On peut donc factoriser par (a−2)(a-2) :

a3−8a+8=(a−2)(a2+2a−4)a^3 - 8a + 8 = (a-2)(a^2 + 2a - 4)

Les racines de a2+2a−4a^2 + 2a - 4 sont −2±4+162=−1±5\frac{-2 \pm \sqrt{4 + 16}}{2} = -1 \pm \sqrt{5}. Les valeurs de aa sont donc {2,−1+5,−1−5}\{2, -1+\sqrt{5}, -1-\sqrt{5}\}. Comme X=a−1X = a-1, les valeurs propres de MM sont :

λ1=1,λ2=−2+5,λ3=−2−5\lambda_1 = 1,   \lambda_2 = -2 + \sqrt{5},   \lambda_3 = -2 - \sqrt{5}

3. Analyse de la convergence et bornitude.

Observons les modules des valeurs propres :

  • ∣λ1∣=1|\lambda_1| = 1.
  • ∣λ2∣=5−2≈0,236<1|\lambda_2| = \sqrt{5} - 2 \approx 0,236 < 1.
  • ∣λ3∣=∣−2−5∣=2+5≈4,236>1|\lambda_3| = |-2 - \sqrt{5}| = 2 + \sqrt{5} \approx 4,236 > 1.

La matrice MM possède trois valeurs propres réelles distinctes, elle est donc diagonalisable sur R\mathbb{R}. Les suites (An),(Bn),(Cn)(A_n), (B_n), (C_n) sont bornées si et seulement si la composante de X0X_0 sur le sous-espace propre Eλ3E_{\lambda_3} est nulle.

Cela signifie que X0X_0 doit appartenir au sous-espace Eλ1⊕Eλ2E_{\lambda_1} \oplus E_{\lambda_2}.

4. Détermination de la condition géométrique.

Cherchons les vecteurs propres associés à a=2a=2 (soit λ=1\lambda=1) et a=−1+5a = -1+\sqrt{5} (soit λ=5−2\lambda = \sqrt{5}-2). Pour une valeur aa donnée, on résout (M+I)V=aV  ⟺  (020002−240)(xyz)=a(xyz)(M+I)V = aV \iff \begin{pmatrix} 0 & 2 & 0
0 & 0 & 2
-2 & 4 & 0 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x
y
z \end{pmatrix} = a \begin{pmatrix} x
y
z \end{pmatrix}
.

Le système est : 2y=ax  ⟹  y=a2x2y = ax \implies y = \frac{a}{2}x 2z=ay  ⟹  z=a2y=a24x2z = ay \implies z = \frac{a}{2}y = \frac{a^2}{4}x

Pour a=2a=2, on a le vecteur u1=(111)u_1 = \begin{pmatrix} 1
1
1 \end{pmatrix}
. Pour a=−1+5a=-1+\sqrt{5}, on a le vecteur u2=(15−123−52)u_2 = \begin{pmatrix} 1
\frac{\sqrt{5}-1}{2}
\frac{3-\sqrt{5}}{2} \end{pmatrix}
.

Le vecteur initial X0X_0 doit être dans Vect(u1,u2)\text{Vect}(u_1, u_2) pour chaque coordonnée dans R3\mathbb{R}^3. L'équation du plan Vect(u1,u2)\text{Vect}(u_1, u_2) dans R3\mathbb{R}^3 est de la forme x+αy+βz=0x + \alpha y + \beta z = 0. Par substitution : 1+α+β=01 + \alpha + \beta = 0 1+α5−12+β3−52=01 + \alpha \frac{\sqrt{5}-1}{2} + \beta \frac{3-\sqrt{5}}{2} = 0

On trouve après résolution : α=−3+52\alpha = -\frac{3+\sqrt{5}}{2} et β=1+52\beta = \frac{1+\sqrt{5}}{2}. Ainsi, la condition est :

A0−3+52B0+1+52C0=0⃗\boxed{ A_0 - \frac{3+\sqrt{5}}{2} B_0 + \frac{1+\sqrt{5}}{2} C_0 = \vec{0} }

Attention à ne pas oublier que les points sont dans R3\mathbb{R}^3. La condition porte sur chaque coordonnée, ce qui se résume par une relation vectorielle sur les points initiaux.