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Soit R∈Mn(Z)R \in \mathcal{M}_{n}(\mathbb{Z}) une matrice telle que M=In+3RM = I_{n} + 3 R. On s'intéresse aux puissances de MM.

  1. On suppose qu'il existe k∈N∗k \in \mathbb{N}^{*} tel que Mk=InM^{k} = I_{n}.
    1. Montrer que les valeurs propres de RR sont des nombres complexes de module strictement inférieur à 11.
    2. Justifier que le polynôme caractéristique de RR est à coefficients entiers.
    3. En déduire que RR est une matrice nilpotente.
  2. En utilisant la diagonalisabilité de MM, démontrer que si Mk=InM^{k} = I_{n}, alors R=0R = 0.
  3. Que peut-on dire du résultat si l'on remplace 33 par 22 dans la définition de MM ?

1.

La question 1(a) se traite par une analyse sur les racines de l'unité, similairement à l'exercice précédent.

2.

Pour 1(c), un polynôme dont toutes les racines ont un module <1<1 et dont les coefficients sont entiers est très contraint.

3.

Pour la question 3, chercher un contre-exemple simple en dimension 2 avec M2=I2M^2 = I_2.

Idées clés

•

Lien entre spectre de MM et spectre de RR.

•

Propriété des entiers : le seul entier de module strictement inférieur à 11 est 00.

•

Lien entre nilpotence et diagonalisabilité.

Résolution.

  1. Propriétés de RR.
    1. Comme Mk=InM^k = I_n, les valeurs propres de MM sont dans Uk\mathbb{U}_k. Soit λ\lambda une valeur propre de RR. Alors μ=1+3λ\mu = 1 + 3\lambda est une valeur propre de MM. On a donc ∣1+3λ∣=1|1 + 3\lambda| = 1. Posons μ=eiθ\mu = e^{i\theta}. Alors 3λ=eiθ−13\lambda = e^{i\theta} - 1. Par l'inégalité triangulaire, ∣3λ∣≤∣eiθ∣+∣−1∣=2|3\lambda| \leq |e^{i\theta}| + |-1| = 2. Ainsi, ∣λ∣≤23|\lambda| \leq \frac{2}{3}. On a donc bien :
      ∣λ∣<1\boxed{|\lambda| < 1}

    2. Le polynôme caractéristique χR\chi_R est donné par det⁡(XIn−R)\det(XI_n - R). Comme R∈Mn(Z)R \in \mathcal{M}_n(\mathbb{Z}), le déterminant est une somme de produits de termes entiers. Par conséquent, les coefficients de χR\chi_R sont des entiers :
      χR∈Z[X]\boxed{\chi_R \in \mathbb{Z}[X]}

    3. Notons χR(X)=Xn+an−1Xn−1+⋯+a0\chi_R(X) = X^n + a_{n-1}X^{n-1} + \dots + a_0. On sait que a0=(−1)n∏λia_0 = (-1)^n \prod \lambda_i. Puisque ∣λi∣<1|\lambda_i| < 1, on a ∣a0∣<1|a_0| < 1. Comme a0∈Za_0 \in \mathbb{Z}, on a nécessairement a0=0a_0 = 0. De manière plus générale, les fonctions symétriques élémentaires des racines λi\lambda_i sont les coefficients aja_j. Cependant, un argument plus simple consiste à dire que si χR≠Xn\chi_R \neq X^n, alors il existe un coefficient non nul de plus bas degré, qui est le produit des racines non nulles. Ce produit serait de module <1<1 et entier, ce qui est impossible. Donc χR(X)=Xn\chi_R(X) = X^n. Le spectre de RR est réduit à {0}\{0\} :
      R est nilpotente\boxed{R \text{ est nilpotente}}

  2. Conclusion sur RR. La matrice MM est annulée par Xk−1X^k - 1, qui est scindé à racines simples sur C\mathbb{C}. MM est donc diagonalisable. Comme R=13(M−In)R = \frac{1}{3}(M - I_n), RR est également diagonalisable (car elle est un polynôme en MM). Une matrice diagonalisable et nilpotente est nécessairement nulle.
    R=0\boxed{R = 0}

  3. Cas m=2m=2. Si M=In+2RM = I_n + 2R, le résultat est faux. Prenons M=(−100−1)=−I2M = \begin{pmatrix} -1 & 0
    0 & -1 \end{pmatrix} = -I_2
    . On a bien M2=I2M^2 = I_2. On cherche RR tel que I2+2R=−I2I_2 + 2R = -I_2, soit 2R=−2I22R = -2I_2, d'où R=−I2R = -I_2. Ici RR est une matrice entière non nulle. Remarque : La condition m≥3m \geq 3 est donc cruciale car pour m=2m=2, la valeur propre ω=−1\omega = -1 de MM donne une valeur propre λ=−1−12=−1\lambda = \frac{-1-1}{2} = -1 pour RR, de module 11, ce qui bloque l'argument.

Ne pas oublier de justifier pourquoi RR est diagonalisable. Le fait que MM soit diagonalisable implique que n'importe quelle combinaison linéaire aM+bIaM + bI l'est aussi.