Soit et une matrice supposée diagonalisable. On définit la matrice par la relation :
Pour la question 1, utiliser le fait qu'une matrice diagonalisable s'exprime comme un polynôme en si et seulement si le polynôme est injectif sur le spectre de .
Pour la question 2, chercher deux complexes distincts et tels que . Construire ensuite une matrice diagonale simple.
Structure des algèbres monogènes : ssi sépare les valeurs propres de .
Lien entre diagonalisation et interpolation de Lagrange.
Étude de la monotonie pour l'injectivité sur .
1. Cas réel.
Posons le polynôme . On a ainsi .
Puisque est diagonalisable sur , il existe une matrice inversible et une matrice diagonale telles que :
Par conséquent, pour tout polynôme , on a . En particulier :
Soit l'ensemble des valeurs propres distinctes de . Pour montrer que , il suffit de trouver un polynôme tel que . D'après la forme diagonale, cela revient à chercher tel que :
L'existence d'un tel polynôme est garantie par l'interpolation de Lagrange si et seulement si les valeurs sont deux à deux distinctes. Étudions la fonction sur . Sa dérivée est :
Comme pour tout réel , la fonction est strictement croissante sur . Elle est donc injective. Ainsi, pour tous réels distincts et , on a .
En utilisant le polynôme d'interpolation de Lagrange qui prend les valeurs aux points , on obtient .
2. Cas complexe.
Sur , le polynôme n'est plus injectif. Cherchons deux valeurs distinctes ayant la même image. Par exemple, résolvons :
Considérons la matrice . est diagonalisable (elle est déjà diagonale) et ses valeurs propres sont distinctes. Calculons :
Dans ce cas, l'ensemble des polynômes en est :
Or, la matrice n'est pas une matrice scalaire (puisque ). Donc :
Le résultat ne subsiste donc pas en remplaçant par .
L'erreur classique consiste à croire que est toujours possible. Il faut impérativement que soit une injection de l'ensemble des valeurs propres de vers l'ensemble des valeurs propres de .