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Soit EE un espace vectoriel de dimension finie sur R\mathbb{R} et u∈L(E)u \in \mathcal{L}(E) un endomorphisme. On note C(u)\mathcal{C}(u) le commutant de uu, c'est-à-dire l'ensemble des endomorphismes vv de EE tels que u∘v=v∘uu \circ v = v \circ u.

Montrer que les deux assertions suivantes sont équivalentes :

  1. Il existe un endomorphisme v∈C(u)v \in \mathcal{C}(u) tel que det⁡(v)=−1\det(v) = -1.
  2. Il existe une décomposition E=F⊕GE = F \oplus G où FF et GG sont deux sous-espaces stables par uu, tels que l'un des deux soit de dimension impaire.

1.

Pour (2)  ⟹  (1)(2) \implies (1), on pourra considérer une symétrie par rapport à FF parallèlement à GG.

2.

Pour (1)  ⟹  (2)(1) \implies (2), on s'intéressera aux sous-espaces caractéristiques de vv (les noyaux ker⁡(v−λId)k\ker(v - \lambda \text{Id})^k) et à leur stabilité par uu.

3.

Rappel : le déterminant d'un endomorphisme est le produit de ses valeurs propres complexes comptées avec leur multiplicité. Pour un endomorphisme réel, les valeurs propres non réelles sont deux à deux conjuguées.

Idées clés

•

Construction d'un élément du commutant via une décomposition stable.

•

Stabilité des sous-espaces caractéristiques par tout endomorphisme qui commute.

•

Lien entre le signe du déterminant et la parité des dimensions des sous-espaces caractéristiques associés aux valeurs propres réelles négatives.

Démonstration de (2)   ⟹  \implies (1).

Supposons qu'il existe FF et GG stables par uu tels que E=F⊕GE = F \oplus G avec, par exemple, dim⁡F\dim F impaire.

On définit l'application vv par :

∀(xF,xG)∈F×G,v(xF+xG)=−xF+xG\forall (x_F, x_G) \in F \times G,   v(x_F + x_G) = -x_F + x_G

  • Déterminant de vv : En choisissant une base de EE adaptée à la décomposition F⊕GF \oplus G, la matrice de vv est diagonale par blocs :
    Mat(v)=(−Idim⁡F00Idim⁡G)\text{Mat}(v) = \begin{pmatrix} -I_{\dim F} & 0
    0 & I_{\dim G} \end{pmatrix}
    Ainsi, det⁡(v)=(−1)dim⁡F×(1)dim⁡G\det(v) = (-1)^{\dim F} \times (1)^{\dim G}. Comme dim⁡F\dim F est impaire :
    det⁡(v)=−1\boxed{\det(v) = -1}

  • Commutation avec uu : Soit x=xF+xG∈Ex = x_F + x_G \in E. Par stabilité de FF et GG sous uu, on a u(xF)∈Fu(x_F) \in F et u(xG)∈Gu(x_G) \in G.
    v(u(x))=v(u(xF)+u(xG))=−u(xF)+u(xG)v(u(x)) = v(u(x_F) + u(x_G)) = -u(x_F) + u(x_G)
    D'autre part :
    u(v(x))=u(−xF+xG)=−u(xF)+u(xG)u(v(x)) = u(-x_F + x_G) = -u(x_F) + u(x_G)
    On en déduit que v∘u=u∘vv \circ u = u \circ v, donc v∈C(u)v \in \mathcal{C}(u).

Démonstration de (1)   ⟹  \implies (2).

Supposons qu'il existe v∈C(u)v \in \mathcal{C}(u) tel que det⁡(v)=−1\det(v) = -1.

Considérons le polynôme caractéristique de vv sur R\mathbb{R}, noté χv\chi_v. Puisque det⁡(v)=(−1)nχv(0)\det(v) = (-1)^n \chi_v(0), le produit des valeurs propres de vv (dans C\mathbb{C}, comptées avec multiplicité) est égal à −1-1.

Les valeurs propres complexes non réelles de vv apparaissent par paires conjuguées (μ,μˉ)(\mu, \bar{\mu}). Le produit associé à chaque paire est μμˉ=∣μ∣2>0\mu \bar{\mu} = |\mu|^2 > 0. Pour que le produit total soit négatif, il est nécessaire que vv possède au moins une valeur propre réelle négative λ<0\lambda < 0 dont la multiplicité totale dans χv\chi_v est impaire.

Soit λ<0\lambda < 0 une telle valeur propre. On considère le sous-espace caractéristique associé à λ\lambda pour l'endomorphisme vv :

F=ker⁡(v−λIdE)mF = \ker(v - \lambda \text{Id}_E)^m
où mm est la multiplicité de λ\lambda dans le polynôme minimal de vv (ou simplement la dimension de l'espace pour être sûr de tout capturer). Par définition des sous-espaces caractéristiques en dimension finie, on sait que dim⁡F\dim F est la multiplicité de λ\lambda dans χv\chi_v, donc :
dim⁡F est impaire\boxed{\dim F \text{ est impaire}}

De plus, d'après le lemme des noyaux appliqué au polynôme caractéristique (ou minimal) de vv, il existe un sous-espace GG tel que :

E=F⊕GE = F \oplus G
où GG est la somme directe des autres sous-espaces caractéristiques de vv.

Vérification de la stabilité :

  • Puisque uu et vv commutent, uu commute avec tout polynôme en vv. En particulier, uu commute avec P(v)=(v−λIdE)mP(v) = (v - \lambda \text{Id}_E)^m.
  • Soit x∈Fx \in F. Alors (v−λIdE)m(u(x))=u((v−λIdE)m(x))=u(0)=0(v - \lambda \text{Id}_E)^m (u(x)) = u((v - \lambda \text{Id}_E)^m (x)) = u(0) = 0.
  • Donc u(x)∈Fu(x) \in F, ce qui prouve que FF est stable par uu.
  • Par le même raisonnement, chaque sous-espace caractéristique de vv est stable par uu, donc leur somme directe GG est également stable par uu.

Nous avons donc construit une décomposition E=F⊕GE = F \oplus G en sous-espaces stables par uu avec dim⁡F\dim F impaire.

Une erreur classique est de penser que (ii) impose que la dimension totale de EE soit impaire. C'est faux : si dim⁡E=4\dim E = 4, on peut avoir dim⁡F=1\dim F = 1 et dim⁡G=3\dim G = 3. Le déterminant de la symétrie sera bien (−1)1=−1(-1)^1 = -1.