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)$ à droites stables finies}

Soit n∈{2,3}n \in \{2, 3\}. On considère le groupe spécial linéaire SLn(C)SL_n(\mathbb{C}) composé des matrices de taille n×nn \times n à coefficients complexes de déterminant égal à 11.

Déterminer l'ensemble des matrices M∈SLn(C)M \in SL_n(\mathbb{C}) n'ayant qu'un nombre fini de droites vectorielles stables pour n=2n=2, puis pour n=3n=3.

1.

Rappeler le lien étroit entre les droites stables d'un endomorphisme et ses vecteurs propres.

2.

Étudier la dimension des sous-espaces propres. Que se passe-t-il pour le nombre de droites contenues dans un sous-espace propre si sa dimension est supérieure ou égale à 22 ?

3.

Utiliser le fait que sur C\mathbb{C}, le polynôme caractéristique est toujours scindé.

4.

Pour chaque valeur propre λ\lambda, discuter selon la dimension du sous-espace propre Eλ(M)=ker⁡(M−λIn)E_\lambda(M) = \ker(M - \lambda I_n).

Idées clés

•

Une droite vectorielle D=Vect(v)\mathcal{D} = \text{Vect}(v) est stable par MM si et seulement si vv est un vecteur propre de MM.

•

Dans un espace vectoriel de dimension d≥2d \geq 2 sur C\mathbb{C}, il existe une infinité de droites vectorielles.

•

La condition "nombre fini de droites stables" équivaut à dire que chaque sous-espace propre est de dimension 1.

Analyse préliminaire.

Soit M∈Mn(C)M \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}). Puisque le corps de base est C\mathbb{C}, le polynôme caractéristique χM\chi_M est scindé. MM admet donc au moins une valeur propre.

Une droite vectorielle LL est stable par MM si et seulement si elle est engendrée par un vecteur propre.

Si un sous-espace propre Eλ(M)E_\lambda(M) est de dimension d≥2d \geq 2, alors toute droite incluse dans Eλ(M)E_\lambda(M) est stable par MM. Comme C\mathbb{C} est un corps infini, il existe une infinité de telles droites.

Par conséquent, MM admet un nombre fini de droites stables si et seulement si pour chaque valeur propre λ∈Sp(M)\lambda \in \text{Sp}(M), on a :

dim⁡(Eλ(M))=1\boxed{\dim(E_\lambda(M)) = 1}

Cas n=2n=2.

Soit M∈SL2(C)M \in SL_2(\mathbb{C}). Notons λ1,λ2\lambda_1, \lambda_2 ses valeurs propres (éventuellement confondues). On a λ1λ2=det⁡(M)=1\lambda_1 \lambda_2 = \det(M) = 1.

  1. Premier sous-cas : deux valeurs propres distinctes. Si λ1≠λ2\lambda_1 \neq \lambda_2, alors chaque sous-espace propre est de dimension 1 par majoration par la multiplicité dans le polynôme caractéristique. Dans ce cas, MM possède exactement deux droites stables. Ce sont les matrices diagonalisables de SL2(C)SL_2(\mathbb{C}) dont les valeurs propres sont distinctes et inverses l'une de l'autre.

  2. Deuxième sous-cas : une valeur propre double. Si λ1=λ2=λ\lambda_1 = \lambda_2 = \lambda, alors λ2=1\lambda^2 = 1, d'où λ=1\lambda = 1 ou λ=−1\lambda = -1. Si dim⁡(Eλ(M))=2\dim(E_\lambda(M)) = 2, alors M=λI2M = \lambda I_2. MM est soit I2I_2, soit −I2-I_2. Dans ces deux cas, toutes les droites de C2\mathbb{C}^2 sont stables : il y en a une infinité. Si dim⁡(Eλ(M))=1\dim(E_\lambda(M)) = 1, alors MM n'est pas diagonalisable. Son polynôme minimal est (X−λ)2(X-\lambda)^2. Il n'y a qu'une seule droite stable.

Conclusion pour n=2n=2 : Les matrices de SL2(C)SL_2(\mathbb{C}) ayant un nombre fini de droites stables sont les matrices MM telles que pour toute valeur propre λ\lambda, dim⁡(ker⁡(M−λI2))=1\dim(\ker(M-\lambda I_2)) = 1. Cela correspond aux matrices qui ne sont pas égales à I2I_2 ou −I2-I_2.

M∈SL2(C)∖{I2,−I2}\boxed{ M \in SL_2(\mathbb{C}) \setminus \{I_2, -I_2\} }

Cas n=3n=3.

Soit M∈SL3(C)M \in SL_3(\mathbb{C}). Les valeurs propres λ1,λ2,λ3\lambda_1, \lambda_2, \lambda_3 vérifient λ1λ2λ3=1\lambda_1 \lambda_2 \lambda_3 = 1.

  1. Sous-cas : trois valeurs propres distinctes. Chaque sous-espace propre est de dimension 1. Il y a exactement 3 droites stables.
  2. Sous-cas : deux valeurs propres distinctes. Supposons λ1=λ2=λ\lambda_1 = \lambda_2 = \lambda et λ3=μ\lambda_3 = \mu avec λ≠μ\lambda \neq \mu. On doit avoir dim⁡(Eμ(M))=1\dim(E_\mu(M)) = 1 (automatique car μ\mu est simple). La condition imposée est donc dim⁡(Eλ(M))=1\dim(E_\lambda(M)) = 1. Cela signifie que MM n'est pas diagonalisable (car la multiplicité de λ\lambda est 2).
  3. Sous-cas : une valeur propre triple. On a λ1=λ2=λ3=λ\lambda_1 = \lambda_2 = \lambda_3 = \lambda. Comme λ3=1\lambda^3 = 1, λ∈{1,j,j2}\lambda \in \{1, j, j^2\}. La condition imposée est dim⁡(Eλ(M))=1\dim(E_\lambda(M)) = 1. Ceci impose que le polynôme minimal de MM soit (X−λ)3(X-\lambda)^3.

Conclusion générale :

Pour n=2n=2 comme pour n=3n=3 (et plus généralement pour tout nn), les matrices M∈SLn(C)M \in SL_n(\mathbb{C}) possédant un nombre fini de droites stables sont celles dont tous les sous-espaces propres sont de dimension 1.

En termes de réduction, cela signifie que pour chaque valeur propre λ\lambda de multiplicité mλm_\lambda dans χM\chi_M, le bloc de réduction associé (dans une forme triangulaire de type Dunford ou par l'étude des noyaux itérés) doit n'avoir qu'un seul vecteur propre à un facteur scalaire près.

L'erreur classique est d'oublier que si une matrice est diagonalisable avec une valeur propre multiple, elle possède une infinité de droites stables. Par exemple, l'identité I2I_2 a pour seules valeurs propres {1}\{1\}, mais admet une infinité de droites stables.