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Soit M∈M2(R)M \in \mathcal{M}_{2}(\mathbb{R}). On suppose que MM ne possède aucune valeur propre réelle.

Démontrer que MM est semblable à une unique matrice de la forme

(a−bba)avec(a,b)∈R×R+∗\begin{pmatrix} a & -b
b & a \end{pmatrix}   \text{avec}   (a, b) \in \mathbb{R} \times \mathbb{R}^{+*}

1.

Étudier le polynôme caractéristique de MM et ses racines dans C\mathbb{C}.

2.

Considérer un vecteur propre complexe Z=X+iYZ = X + iY associé à une valeur propre non réelle et décomposer ses parties réelle et imaginaire.

3.

Montrer que la famille (Y,X)(Y, X) forme une base de R2\mathbb{R}^2 et écrire la matrice de l'endomorphisme dans cette base.

4.

Pour l'unicité, utiliser le fait que le polynôme caractéristique est invariant par similitude.

Idées clés

•

Lien entre valeurs propres complexes et réduction réelle.

•

Invariance du polynôme caractéristique par similitude.

•

Décomposition d'un vecteur propre complexe en vecteurs de R2\mathbb{R}^2.

1. Existence de la forme réduite

Soit χM(X)=det⁡(XI2−M)=X2−tr(M)X+det⁡(M)\chi_M(X) = \det(XI_2 - M) = X^2 - \text{tr}(M)X + \det(M) le polynôme caractéristique de MM.

Par hypothèse, MM n'a pas de valeur propre réelle, donc le discriminant de ce trinôme du second degré est strictement négatif :

Δ=tr(M)2−4det⁡(M)<0\Delta = \text{tr}(M)^2 - 4\det(M) < 0

Le polynôme χM\chi_M admet donc deux racines complexes conjuguées distinctes, que l'on note λ=a+ib\lambda = a + ib et λˉ=a−ib\bar{\lambda} = a - ib.

Comme Δ<0\Delta < 0, on a b≠0b \neq 0. Quitte à échanger λ\lambda et λˉ\bar{\lambda}, on peut supposer sans perte de généralité que b>0b > 0.

Soit Z∈C2∖{0}Z \in \mathbb{C}^2 \setminus \{0\} un vecteur propre de MM associé à la valeur propre λ=a+ib\lambda = a + ib. On décompose ZZ en ses parties réelle et imaginaire :

Z=X+iYavec(X,Y)∈R2×R2Z = X + iY   \text{avec}   (X, Y) \in \mathbb{R}^2 \times \mathbb{R}^2

L'égalité MZ=λZMZ = \lambda Z se traduit par :

M(X+iY)=(a+ib)(X+iY)M(X + iY) = (a + ib)(X + iY)

En développant le membre de droite, on obtient :

MX+iMY=(aX−bY)+i(bX+aY)MX + iMY = (aX - bY) + i(bX + aY)

Par identification des parties réelles et imaginaires (puisque M,X,Y,a,bM, X, Y, a, b sont réels), on dispose du système suivant :

{MX=aX−bYMY=bX+aY\left\{ \begin{array}{l} MX = aX - bY
MY = bX + aY \end{array} \right.

Montrons que la famille (Y,X)(Y, X) est libre dans R2\mathbb{R}^2.

Supposons par l'absurde que (Y,X)(Y, X) soit liée. Comme Z≠0Z \neq 0, XX et YY ne sont pas tous deux nuls.

Si X=0X = 0, alors Z=iYZ = iY, et l'équation MX=aX−bYMX = aX - bY donne 0=−bY0 = -bY, d'où Y=0Y=0 car b≠0b \neq 0, ce qui est exclu.

Si X≠0X \neq 0, il existe c∈Rc \in \mathbb{R} tel que Y=cXY = cX. Alors Z=(1+ic)XZ = (1 + ic)X. L'équation MZ=λZMZ = \lambda Z devient M(1+ic)X=λ(1+ic)XM(1+ic)X = \lambda(1+ic)X.

En simplifiant par 1+ic≠01+ic \neq 0, on obtient MX=λXMX = \lambda X. Ceci implique que λ\lambda est une valeur propre réelle, ce qui contredit l'hypothèse.

Ainsi, B=(Y,X)\mathcal{B} = (Y, X) est une base de R2\mathbb{R}^2. Dans cette base, la matrice de l'endomorphisme associé à MM est :

MatB(u)=(a−bba)\boxed{ \text{Mat}_{\mathcal{B}}(u) = \begin{pmatrix} a & -b
b & a \end{pmatrix} }

Ceci prouve que MM est semblable à une matrice de la forme souhaitée.

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2. Unicité de la forme réduite

Supposons que MM soit semblable à une matrice C=(a−bba)C = \begin{pmatrix} a & -b
b & a \end{pmatrix}
avec b>0b > 0.

Le polynôme caractéristique de CC est :

χC(X)=(X−a)2+b2\chi_C(X) = (X-a)^2 + b^2

Les racines de χC\chi_C dans C\mathbb{C} sont exactement a+iba + ib et a−iba - ib.

Puisque deux matrices semblables ont le même polynôme caractéristique, les valeurs aa et bb sont entièrement déterminées par le spectre de MM.

En effet, si MM est semblable à une autre matrice de même forme avec des paramètres (a′,b′)(a', b'), alors :

(X−a)2+b2=(X−a′)2+(b′)2(X-a)^2 + b^2 = (X-a')^2 + (b')^2

En identifiant les parties réelles et imaginaires des racines (avec b,b′>0b, b' > 0), on obtient nécessairement :

a=a′etb=b′\boxed{ a = a'   \text{et}   b = b' }

L'unicité est donc établie.

Une erreur fréquente est d'oublier de justifier que XX et YY forment une famille libre. Sans cette étape, on ne peut pas affirmer qu'il existe une base de R2\mathbb{R}^2 donnant la forme matricielle attendue.