Étudier la diagonalisabilité de la matrice A. Si elle est diagonalisable, déterminer une matrice de passage P et une matrice diagonale D telles que A=PDP−1.
En déduire l'expression de la puissance An pour tout entier naturel n.
Déterminer si la matrice B est diagonalisable et, le cas échéant, donner son spectre ainsi que la dimension de ses sous-espaces propres.
1.
Pour la matrice A, commencer par calculer le polynôme caractéristique χA(X)=det(XI−A). Pour faciliter le calcul, on pourra effectuer des opérations sur les colonnes, par exemple C2←C2+2C3.
2.
Une fois les valeurs propres de A obtenues, vérifier que la somme des dimensions des sous-espaces propres est égale à 3.
3.
Pour An, on pourra utiliser la formule An=PDnP−1 ou exploiter les projecteurs spectraux.
4.
Pour la matrice B, observer des symétries ou des blocs. On peut tester des vecteurs colonnes simples ou remarquer que B préserve certains sous-espaces de dimension 2 (comme celui engendré par les vecteurs dont les composantes sont égales deux à deux).
Idées clés
•
Calcul du polynôme caractéristique et recherche de racines évidentes.
•
Détermination des sous-espaces propres par résolution de systèmes linéaires.
•
Utilisation de la structure de blocs ou de symétries pour les matrices de grande taille.
•
Formule du binôme ou décomposition spectrale pour les puissances.
1. Diagonalisation de la matrice A
Calculons le polynôme caractéristique de A :
χA(X)=det(XI−A)=X−2−212X+3−2−1−2X
En effectuant l'opération C2←C2+2C3, on obtient :
χA(X)=X−2−210X−12X−2−1−2X
On peut alors factoriser par (X−1) dans la deuxième colonne :
Les valeurs propres sont λ1=1 (double) et λ2=−3 (simple).
Sous-espace propre E1(A) :
On résout (I−A)X=0 :
−1−2124−2−1−21xyz=000⟺x−2y+z=0
C'est un plan vectoriel de dimension 2. Une base est v1=(2,1,0) et v2=(1,0,1).
Sous-espace propre (A)E−3(A) :}
On résout (−3I−A)X=0 :
−5−2120−2−1−2−3xyz=000⟺{x=−zy=−2z
On trouve v3=(−1,−2,1).
Puisque dimE1+dimE−3=2+1=3, la matrice A est diagonalisable.
D=10001000−3,P=210101−1−21
2. Calcul de An
On utilise la décomposition spectrale An=1nP1+(−3)nP2, où P1 et P2 sont les projecteurs sur les sous-espaces propres.
Puisque P1+P2=I et A=P1−3P2, on a :
Observons la structure de B par blocs 2×2. On remarque que B commute avec les blocs de permutation.
On teste des vecteurs simples.
Soit u1=(1,−1,0,0)T. On calcule Bu1=(3,−3,0,0)T=3u1. Donc 3∈Sp(B).
Soit u2=(0,0,1,−1)T. On calcule Bu2=(0,0,−3,3)T=−3u2. Donc −3∈Sp(B).
Considérons maintenant les vecteurs de la forme (a,a,b,b)T. L'action de B sur ces vecteurs se réduit à :
Baabb=−5a−4b−5a−4b4a+5b4a+5b
On étudie la matrice réduite M=(−54−45).
Son polynôme caractéristique est χM(X)=X2−tr(M)X+det(M)=X2−0X−9=X2−9.
Les valeurs propres de M sont 3 et −3.
Pour λ=3, on cherche M(ba)=3(ba)⟹−8a−4b=0⟹b=−2a. Le vecteur associé est u3=(1,1,−2,−2)T.
Pour λ=−3, on cherche M(ba)=−3(ba)⟹−2a−4b=0⟹a=−2b. Le vecteur associé est u4=(−2,−2,1,1)T.
Le spectre de B est donc :
Sp(B)={3,−3}
Les dimensions des sous-espaces propres sont :
dimE3(B)=2etdimE−3(B)=2
Puisque la somme des dimensions est 2+2=4, la matrice B est diagonalisable.
Pour le calcul de An, une erreur classique est d'oublier que 1n=1 même pour n=0. Il est toujours prudent de vérifier la formule finale pour n=0 (on doit trouver I) et n=1 (on doit trouver A).