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Soit (E,⟨⋅,⋅⟩)(E, \langle \cdot, \cdot \rangle) un espace euclidien de dimension n∈N∗n \in \mathbb{N}^*. On considère un endomorphisme symétrique u∈L(E)u \in \mathcal{L}(E), c'est-à-dire tel que pour tout (x,y)∈E2(x, y) \in E^2, ⟨u(x),y⟩=⟨x,u(y)⟩\langle u(x), y \rangle = \langle x, u(y) \rangle.

  1. Soit FF un sous-espace vectoriel de EE stable par uu.
    1. Montrer que la restriction u∣Fu_{|F} est un endomorphisme symétrique de l'espace euclidien (F,⟨⋅,⋅⟩∣F)(F, \langle \cdot, \cdot \rangle_{|F}).
    2. Établir que l'orthogonal F⊥F^{\perp} est également stable par uu.

  2. On se place dans le cas où n=2n=2. Soit A=(abbc)∈S2(R)A = \begin{pmatrix} a & b
    b & c \end{pmatrix} \in \mathcal{S}_2(\mathbb{R})
    une matrice symétrique réelle.
    1. Calculer le discriminant du polynôme caractéristique de AA.
    2. En déduire que AA est diagonalisable dans une base orthonormée de R2\mathbb{R}^2 muni du produit scalaire canonique.

  3. On admet que tout endomorphisme d'un espace vectoriel réel de dimension k≥1k \geq 1 admet au moins un sous-espace stable de dimension 1 ou 2. En utilisant un raisonnement par récurrence sur la dimension nn de EE, démontrer le théorème spectral : tout endomorphisme symétrique d'un espace euclidien est diagonalisable dans une base orthonormée.

1.

Pour la stabilité de F⊥F^\perp, partir de x∈F⊥x \in F^\perp et utiliser la définition de la symétrie de uu en testant le produit scalaire ⟨u(x),y⟩\langle u(x), y \rangle pour un yy quelconque dans FF.

2.

Pour n=2n=2, le discriminant Δ\Delta s'exprime sous forme d'une somme de deux carrés. Un endomorphisme symétrique possède des sous-espaces propres orthogonaux pour des valeurs propres distinctes.

3.

Pour la récurrence, on pourra traiter séparément les cas où le sous-espace stable est de dimension 1 ou 2, puis utiliser l'hypothèse de récurrence sur son orthogonal.

Idées clés

•

Propriété de stabilité de l'orthogonal pour un endomorphisme symétrique.

•

Analyse du polynôme caractéristique en dimension 2.

•

Structure de bloc d'une matrice dans une base adaptée à F⊕F⊥F \oplus F^\perp.

Résolution.

    1. Soit x∈Fx \in F. Puisque FF est stable par uu, u(x)u(x) appartient à FF. La restriction u∣Fu_{|F} est donc un endomorphisme de FF. De plus, pour tout (x,y)∈F2(x, y) \in F^2, la relation ⟨u(x),y⟩=⟨x,u(y)⟩\langle u(x), y \rangle = \langle x, u(y) \rangle reste vraie par restriction du produit scalaire à FF. Ainsi, u∣Fu_{|F} est bien un endomorphisme symétrique de FF.

    2. Soit x∈F⊥x \in F^{\perp}. Pour montrer que u(x)∈F⊥u(x) \in F^{\perp}, on calcule son produit scalaire avec un élément quelconque y∈Fy \in F :
      ⟨u(x),y⟩=⟨x,u(y)⟩\langle u(x), y \rangle = \langle x, u(y) \rangle
      Puisque FF est stable par uu, on a u(y)∈Fu(y) \in F. Par définition de x∈F⊥x \in F^{\perp}, le produit scalaire ⟨x,u(y)⟩\langle x, u(y) \rangle est nul. On en conclut que ∀y∈F,⟨u(x),y⟩=0\forall y \in F, \langle u(x), y \rangle = 0, ce qui signifie que :
      u(x)∈F⊥\boxed{ u(x) \in F^{\perp} }
      L'orthogonal F⊥F^{\perp} est donc stable par uu.

    1. Le polynôme caractéristique de A=(abbc)A = \begin{pmatrix} a & b
      b & c \end{pmatrix}
      est donné par :
      χA(X)=det⁡(XI2−A)=(X−a)(X−c)−b2=X2−(a+c)X+ac−b2\chi_A(X) = \det(XI_2 - A) = (X-a)(X-c) - b^2 = X^2 - (a+c)X + ac - b^2
      Le discriminant Δ\Delta de ce trinôme du second degré est :
      Δ=(a+c)2−4(ac−b2)=a2+2ac+c2−4ac+4b2\Delta = (a+c)^2 - 4(ac - b^2) = a^2 + 2ac + c^2 - 4ac + 4b^2
      Δ=(a−c)2+4b2\boxed{ \Delta = (a-c)^2 + 4b^2 }

    2. Puisque a,b,ca, b, c sont des réels, on a Δ≥0\Delta \geq 0 comme somme de carrés. Si Δ>0\Delta > 0, χA\chi_A possède deux racines réelles distinctes. AA possède donc deux valeurs propres distinctes. Les sous-espaces propres associés sont des droites orthogonales (propriété classique des endomorphismes symétriques). En choisissant un vecteur unitaire dans chaque droite, on obtient une base orthonormée (BON) de diagonalisation. Si Δ=0\Delta = 0, alors a−c=0a-c=0 et b=0b=0, donc a=ca=c et b=0b=0. La matrice AA est alors de la forme aI2aI_2, qui est déjà diagonale dans n'importe quelle BON. Dans tous les cas, \boxed{ \text{Aest orthosemblable à une matrice diagonale.} }

  1. Procédons par récurrence sur n=dim⁡En = \dim E. Initialisation : Pour n=1n=1, tout endomorphisme est une homothétie, donc diagonalisable dans n'importe quelle base orthonormée. Pour n=2n=2, le résultat a été établi à la question 2. Hérédité : Soit n≥3n \geq 3. Supposons que tout endomorphisme symétrique en dimension strictement inférieure à nn soit diagonalisable dans une BON. Soit u∈S(E)u \in \mathcal{S}(E) avec dim⁡E=n\dim E = n. Par l'énoncé, il existe un sous-espace FF stable par uu tel que d=dim⁡F∈{1,2}d = \dim F \in \{1, 2\}. Cas 1 : d=1d=1. Soit e1e_1 un vecteur unitaire engendrant FF. e1e_1 est un vecteur propre de uu. Cas 2 : d=2d=2. D'après la question 2, u∣Fu_{|F} est diagonalisable dans une BON de FF, notée (e1,e2)(e_1, e_2). Ces vecteurs sont des vecteurs propres de uu. Dans les deux cas, on a trouvé une BON de FF constituée de vecteurs propres. D'après la question 1, F⊥F^{\perp} est stable par uu et u∣F⊥u_{|F^{\perp}} est symétrique. Or dim⁡F⊥=n−d<n\dim F^{\perp} = n - d < n. Par hypothèse de récurrence, il existe une BON B′\mathcal{B}' de F⊥F^{\perp} formée de vecteurs propres de u∣F⊥u_{|F^{\perp}} (donc de uu). En concaténant la BON de FF et la BON B′\mathcal{B}' de F⊥F^{\perp}, on obtient une BON de E=F⊕F⊥E = F \oplus F^{\perp} constituée de vecteurs propres de uu.
    La proprieˊteˊ est vraie pour tout n∈N∗.\boxed{ \text{La propriété est vraie pour tout } n \in \mathbb{N}^* .}

Une erreur fréquente est de dire que uu admet toujours une valeur propre réelle sans le justifier. Le théorème spectral affirme justement que le polynôme caractéristique est scindé. Pour éviter la circularité, on utilise ici l'existence d'un sous-espace stable de dimension 1 ou 2 (résultat général sur R\mathbb{R}).