Soit et un corps. On considère un sous-espace vectoriel de .
Montrer que si , alors le sous-espace contient au moins une matrice nilpotente non nulle.
Pensez à l'espace des matrices strictement triangulaires supérieures, noté .
Quelle est la dimension de ?
Utilisez la formule de Grassmann pour justifier que l'intersection de avec ce sous-espace est non réduite à .
Utilisation de la formule de Grassmann pour les dimensions.
Lien entre structure triangulaire stricte et nilpotence.
Comparaison avec la dimension de l'espace total .
Résolution.
Considérons l'ensemble des matrices strictement triangulaires supérieures de .
On sait que cet ensemble est un sous-espace vectoriel de .
Calculons sa dimension. Une matrice appartient à si et seulement si pour tout .
Le nombre de coefficients au-dessus de la diagonale est donné par :
On en déduit donc la dimension du sous-espace des matrices strictement triangulaires :
Appliquons maintenant la formule de Grassmann au sous-espace et au sous-espace . Ces deux espaces sont des sous-espaces de , dont la dimension est . On a l'inégalité suivante sur la dimension de la somme :
D'après la formule de Grassmann, la dimension de l'intersection est :
En utilisant l'inégalité sur la somme, on obtient la minoration :
Injectons les valeurs et hypothèses de l'énoncé :
Simplifions l'expression du membre de droite :
Nous avons donc établi que :
Par conséquent, l'intersection n'est pas réduite au vecteur nul. Il existe donc une matrice telle que et .
Or, toute matrice strictement triangulaire supérieure est nilpotente (son polynôme caractéristique est ).
Conclusion : contient bien une matrice nilpotente non nulle.
Une erreur classique consiste à penser que si (la dimension de l'espace des nilpotents "standard"), le résultat est vrai. Or, le complémentaire de l'espace des nilpotents n'est pas un sous-espace. La borne est bien plus restrictive et nécessaire, comme le montre le cas des matrices symétriques réelles.