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Soit EE un espace vectoriel de dimension finie sur le corps C\mathbb{C}. Soit uL(E)u \in \mathcal{L}(E) un endomorphisme de EE.

Montrer que uu est un endomorphisme nilpotent si, et seulement si, pour tout sous-espace vectoriel FF de EE stable par uu tel que F{0}F \neq \{0\}, l'endomorphisme induit uFL(F)u_{|F} \in \mathcal{L}(F) n'est pas un automorphisme de FF.

1.

Pour le sens direct, utiliser le fait que si uu est nilpotent, alors toute restriction de uu à un sous-espace stable l'est également. Rappeler ensuite le lien entre nilpotence et inversibilité.

2.

Pour le sens réciproque, exploiter l'existence de vecteurs propres (puisque le corps de base est C\mathbb{C}) pour construire des sous-espaces stables de dimension 1.

3.

Conclure sur le spectre de uu et utiliser le théorème de Cayley-Hamilton ou la trigonalisabilité.

Idées clés

Lien entre les valeurs propres d'un endomorphisme et celles de sa restriction à un sous-espace stable.

Un endomorphisme nilpotent sur un espace de dimension non nulle n'est jamais inversible.

Sur C\mathbb{C}, tout endomorphisme admet au moins une valeur propre.

Sens direct : \Longrightarrow

Supposons que uu est nilpotent. Il existe donc un entier pNp \in \mathbb{N}^* tel que up=0u^p = 0.

Soit FF un sous-espace vectoriel de EE non nul et stable par uu. Notons v=uFv = u_{|F} l'endomorphisme induit par uu sur FF.

Pour tout xFx \in F, on a vp(x)=up(x)=0v^p(x) = u^p(x) = 0. Ainsi :

vp=0Fv^p = 0_F

L'endomorphisme induit vv est donc lui aussi nilpotent.

Si vv était inversible (un automorphisme), alors en composant par (v1)p(v^{-1})^p à gauche, on obtiendrait :

(v1)pvp=IdF    0=IdF(v^{-1})^p \circ v^p = Id_F \implies 0 = Id_F

Comme F{0}F \neq \{0\}, c'est absurde.

On en conclut que v=uFv = u_{|F} n'est pas inversible.

Si u est nilpotent, toute restriction aˋ un stable non nul n’est pas inversible.\boxed{\text{Si } u \text{ est nilpotent, toute restriction à un stable non nul n'est pas inversible.}}

Sens réciproque : \Longleftarrow

Supposons que pour tout sous-espace FF stable par uu non nul, uFu_{|F} n'est pas inversible.

Raisonnons sur le spectre de uu. Puisque EE est un espace vectoriel sur C\mathbb{C}, le polynôme caractéristique χu\chi_u est scindé. En particulier, uu admet au moins une valeur propre.

Soit λC\lambda \in \mathbb{C} une valeur propre de uu. Il existe un vecteur propre xE{0}x \in E \setminus \{0\} associé à λ\lambda.

Considérons la droite vectorielle F=Vect(x)F = \text{Vect}(x). Par définition d'un vecteur propre, u(x)=λxu(x) = \lambda x, donc FF est stable par uu.

Par hypothèse, l'induit uFu_{|F} n'est pas inversible. Or, sur cette droite FF, l'endomorphisme uFu_{|F} est simplement la homothétie de rapport λ\lambda.

Un tel endomorphisme est non inversible si et seulement si son rapport est nul :

λ=0\lambda = 0

Ainsi, la seule valeur propre possible de uu dans C\mathbb{C} est 00.

Sp(u)={0}\boxed{\text{Sp}(u) = \{0\}}

Puisque C\mathbb{C} est algébriquement clos, le polynôme caractéristique de uu est de la forme :

χu(X)=Xnouˋ n=dimE\chi_u(X) = X^n   \text{où } n = \dim E

D'après le théorème de Cayley-Hamilton, nous savons que χu(u)=0\chi_u(u) = 0, d'où :

un=0\boxed{u^n = 0}

L'endomorphisme uu est donc bien nilpotent.

Ne pas oublier de préciser que le caractère scindé du polynôme caractéristique (garanti ici par le corps C\mathbb{C}) est essentiel pour affirmer que l'absence de valeurs propres non nulles implique la nilpotence.