Soient et deux matrices de .
Pour la question 1, considérez l'endomorphisme de défini par et étudiez ses valeurs propres potentielles en calculant .
Pour la question 2, exprimez comme un commutateur en exploitant la relation pour montrer que sa trace est nulle pour tout . Utilisez ensuite le lien entre la trace des puissances et la nilpotence sur .
Étude des valeurs propres d'un endomorphisme d'espace vectoriel de dimension finie.
Propriété de la trace d'un commutateur : .
Caractérisation des matrices nilpotentes par la trace des puissances successives.
Résolution.
Remarquons que la condition de l'énoncé s'écrit . Ainsi, si , est un vecteur propre de associé à la valeur propre .
Calculons en utilisant la règle de dérivation du crochet :
En remplaçant par , on obtient :
Par une récurrence immédiate, on montre que pour tout :
Si la matrice n'est pas nilpotente, alors pour tout , . Dans ce cas, chaque scalaire est une valeur propre de l'endomorphisme .
Or, est un endomorphisme d'un espace de dimension finie (). Il ne peut donc posséder qu'un nombre fini de valeurs propres.
Comme , les valeurs sont toutes distinctes. Ceci impose l'existence d'un entier tel que .
Puisque et commutent, commute avec toutes les puissances de . Pour , on peut écrire :
En utilisant le fait que , on obtient :
Soit et . Nous avons établi que :
La trace d'un commutateur étant nulle, il en découle :
Soient les valeurs propres de dans (comptées avec multiplicité). La condition sur les traces se traduit par le système suivant :
D'après les relations de Newton, cela implique que tous les coefficients du polynôme caractéristique de (sauf le terme de plus haut degré) sont nuls. Ainsi, .
Par le théorème de Cayley-Hamilton, ou simplement car son spectre est réduit à , la matrice est nilpotente.
Attention à ne pas oublier l'hypothèse dans la première question. Si , et commutent, et n'a aucune raison d'être nilpotente (prendre ).