1. Recherche des valeurs propres de B.
Soit λ∈C. On calcule le polynôme caractéristique χB(λ)=det(λI2n−B).
Par blocs, on a :
λI2n−B=(λIn−2A−InλIn−A)
Comme le bloc
λIn commute avec
−2A, on peut utiliser la formule du déterminant par blocs :
χB(λ)=det(λ(λIn−A)−(−In)(−2A))=det(λ2In−λA−2A)
Soient
μ1,…,μn les valeurs propres de
A comptées avec multiplicité. Comme on travaille sur
C, on peut trigonaliser
A (ou utiliser ses valeurs propres dans le déterminant) :
χB(λ)=i=1∏n(λ2−μiλ−2μi)
Les valeurs propres de
B sont donc les racines des équations
z2−μiz−2μi=0 pour
i∈{1,…,n}.
2. Analyse des vecteurs propres.
Soit V=(XY)∈C2n avec X,Y∈Cn.
L'équation BV=λV équivaut au système :
{Y=λX2AX+AY=λY⟺{Y=λX(λ+2)AX=λ2X
Si
λ=−2, alors la seconde équation donne
0=4X, donc
X=0 et
Y=0, ce qui est impossible pour un vecteur propre. Ainsi,
λ=−2.
On en déduit que
X doit être un vecteur propre de
A associé à la valeur propre
μ=λ+2λ2 (ou
X∈Ker(A) si
λ=0).
3. Condition nécessaire.
Supposons B diagonalisable.
Alors toute valeur propre de B doit avoir une dimension de sous-espace propre égale à sa multiplicité algébrique.
Soit μ une valeur propre de A. Les valeurs propres correspondantes pour B sont les racines de Pμ(z)=z2−μz−2μ.
Le discriminant de ce trinôme est Δμ=μ2+8μ=μ(μ+8).
Cas μ=0 ou μ=−8 :
Si μ=0, P0(z)=z2, donc λ=0 est racine double. Le sous-espace propre associé est E0(B)={(X0)∣AX=0}=Ker(A)×{0}.
Sa dimension est dimKer(A). Or, si μ=0 est de multiplicité m dans A, λ=0 est de multiplicité 2m dans B.
Pour la diagonalisabilité, il faut dimKer(A)=2m. Or dimKer(A)≤m, donc 2m≤m⟹m=0.
Ainsi, 0 ne peut pas être valeur propre de A.
Par un raisonnement identique, si μ=−8, P−8(z)=(z+4)2. La dimension de E−4(B) serait dimKer(A+8I), alors que sa multiplicité est 2×multA(−8). Cela impose que −8 n'est pas valeur propre de A.
Diagonalisabilité de A :
Puisque B est diagonalisable, il existe une base de C2n formée de vecteurs propres Vj=(XjλjXj).
La famille des premiers blocs (Xj)1≤j≤2n engendre nécessairement Cn par projection. Comme chaque Xj non nul est un vecteur propre de A, A possède une famille génératrice de vecteurs propres, donc A est diagonalisable.
4. Condition suffisante.
Supposons A diagonalisable et Sp(A)∩{0,−8}=∅.
Alors pour chaque μ∈Sp(A), le trinôme z2−μz−2μ possède deux racines distinctes λμ,1 et λμ,2.
Soit (u1,…,un) une base de vecteurs propres de A associée aux valeurs propres (μ1,…,μn).
Pour chaque i∈{1,…,n}, on définit les vecteurs de C2n :
Vi,1=(uiλμi,1ui)etVi,2=(uiλμi,2ui)
On vérifie aisément que ces
2n vecteurs sont des vecteurs propres de
B. Ils forment une famille libre (par un argument de type Vandermonde sur les blocs car
λμi,1=λμi,2).
Ainsi,
B est diagonalisable.
Conclusion :
B est diagonalisable⟺A est diagonalisable et Sp(A)∩{0,−8}=∅