_2(\mathbb{R})$}
On considère l'espace vectoriel des matrices carrées d'ordre à coefficients réels.
Déterminer s'il existe une matrice telle que :
Utiliser le lien entre les valeurs propres d'une matrice et celles de son exponentielle .
Se souvenir qu'une matrice réelle dont le polynôme caractéristique est de degré a soit deux valeurs propres réelles, soit deux valeurs propres complexes conjuguées.
Pour la construction d'un candidat, penser aux matrices de la forme .
Lien spectral : .
Propriété des matrices réelles : les valeurs propres non réelles apparaissent par paires conjuguées.
Calcul de l'exponentielle des matrices antisymétriques de taille .
Analyse nécessaire.
Supposons qu'une telle matrice existe. Soit le spectre de dans .
D'après le cours, les valeurs propres de sont les exponentielles des valeurs propres de . Comme , la seule valeur propre de est .
On en déduit l'égalité d'ensembles :
Ceci impose que et . Par conséquent, il existe deux entiers relatifs et tels que :
En particulier, aucune des valeurs propres de n'est réelle.
Contrainte liée à la réalité de la matrice.
La matrice est à coefficients réels, donc son polynôme caractéristique est dans . Ses racines dans doivent donc être soit réelles, soit conjuguées deux à deux.
Comme nous avons établi que les racines ne sont pas réelles, elles sont nécessairement conjuguées :
En remplaçant par les expressions trouvées précédemment :
Ce qui équivaut à , soit . Cette condition est tout à fait réalisable (par exemple avec et ).
Construction d'un exemple.
Choisissons , ce qui donne et . Le polynôme caractéristique de la matrice recherchée serait alors :
Considérons la matrice compagne ou la matrice de rotation suivante :
Calculons . On remarque que avec . On sait que , , , etc.
Par développement en série entière :
On reconnaît les développements de cosinus et sinus :
Pour , on obtient :
D'où le résultat :
Conclusion.
Il existe bien des matrices répondant à la question.
L'erreur classique consiste à affirmer que est toujours une matrice à coefficients positifs ou que ses valeurs propres sont positives. C'est vrai pour les réels (), mais faux pour les matrices : l'exponentielle peut même ne pas être une matrice réelle positive au sens des coefficients.