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On se propose d'étudier l'existence et le nombre de solutions X∈Mn(C)X \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) de l'équation X2=AX^2 = A pour différentes matrices AA.

  1. Soit A∈Mn(C)A \in \mathcal{M}_n(\mathbb{C}) une matrice possédant nn valeurs propres distinctes notées λ1,…,λn\lambda_1, \dots, \lambda_n. Démontrer que l'équation X2=AX^2 = A admet un nombre fini de solutions dans Mn(C)\mathcal{M}_n(\mathbb{C}). Préciser ce nombre en fonction du nombre de valeurs propres non nulles de AA.

  2. Déterminer l'ensemble des solutions X∈M3(C)X \in \mathcal{M}_3(\mathbb{C}) de l'équation X2=AX^2 = A pour les matrices suivantes :
    A1=(31−1111−202);A2=(31−1111202)A_1 = \begin{pmatrix} 3 & 1 & -1
    1 & 1 & 1
    -2 & 0 & 2 \end{pmatrix}   ;   A_2 = \begin{pmatrix} 3 & 1 & -1
    1 & 1 & 1
    2 & 0 & 2 \end{pmatrix}
    A3=(100110104);A4=(012004000)A_3 = \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0
    1 & 1 & 0
    1 & 0 & 4 \end{pmatrix}   ;   A_4 = \begin{pmatrix} 0 & 1 & 2
    0 & 0 & 4
    0 & 0 & 0 \end{pmatrix}

1.

Pour la question 1, utiliser le fait que si X2=AX^2 = A, alors XX et AA commutent. En déduire que XX et AA sont diagonalisables dans la même base.

2.

Pour la question 2, commencer par calculer le polynôme caractéristique et déterminer si la matrice est diagonalisable.

3.

Pour A4A_4, étudier l'indice de nilpotence de XX.

4.

Pour les matrices non diagonalisables (A2A_2 et A3A_3), chercher XX sous forme de polynôme en AA en utilisant un développement de Taylor formel pour la racine carrée.

Idées clés

•

Lien entre commutant et réduction : si AA a nn valeurs propres distinctes, son commutant est l'ensemble des polynômes en AA.

•

Utilisation de la structure de bloc pour les matrices non diagonalisables.

•

Propriétés de l'indice de nilpotence : si Xk=0X^k = 0, alors l'indice de nilpotence de XX est inférieur ou égal à nn.

Résolution.

  1. Cas où AA possède nn valeurs propres distinctes. Soit XX une solution de X2=AX^2 = A. On remarque immédiatement que AX=X2X=X3AX = X^2 X = X^3 et XA=XX2=X3XA = X X^2 = X^3, donc AA et XX commutent. Puisque AA possède nn valeurs propres distinctes, les sous-espaces propres de AA sont des droites vectorielles. Comme XX commute avec AA, XX laisse stable chaque sous-espace propre de AA. Soit (e1,…,en)(e_1, \dots, e_n) une base de vecteurs propres de AA associée aux valeurs propres λ1,…,λn\lambda_1, \dots, \lambda_n. Chaque eie_i est donc aussi un vecteur propre de XX. On note μi\mu_i la valeur propre de XX associée à eie_i. L'équation X2=AX^2 = A se traduit alors par :
    ∀i∈{1,…,n},μi2=λi\forall i \in \{1, \dots, n\},   \mu_i^2 = \lambda_i
    • Si λi≠0\lambda_i \neq 0, l'équation μi2=λi\mu_i^2 = \lambda_i admet exactement deux solutions distinctes dans C\mathbb{C}.
    • Si λi=0\lambda_i = 0, l'équation admet l'unique solution μi=0\mu_i = 0.
    Soit pp le nombre de valeurs propres non nulles de AA. Chaque choix d'un n-uplet (μ1,…,μn)(\mu_1, \dots, \mu_n) définit une unique matrice XX (car XX est déterminée par ses valeurs propres dans la base de diagonalisation de AA). Le nombre de solutions est donc 2p2^p.
    Nombre de solutions=2rg(A)\boxed{\text{Nombre de solutions} = 2^{\text{rg}(A)}}
    (Note : ici le rang est égal au nombre de valeurs propres non nulles car AA est diagonalisable).

  2. Étude des cas particuliers.

    Cas de A1A_1 : Le calcul du polynôme caractéristique donne χA1(x)=−x(x−2)(x−4)\chi_{A_1}(x) = -x(x-2)(x-4). Les valeurs propres sont {0,2,4}\{0, 2, 4\}. Elles sont distinctes. D'après la question 1, avec p=2p=2 valeurs propres non nulles :

    L’eˊquation X2=A1 posseˋde 22=4 solutions.\boxed{\text{L'équation } X^2 = A_1 \text{ possède } 2^2 = 4 \text{ solutions.}}

    Cas de A2A_2 : On trouve χA2(x)=−(x−2)3\chi_{A_2}(x) = -(x-2)^3. La seule valeur propre est 22. On vérifie que (A2−2I)2≠0(A_2-2I)^2 \neq 0. A2A_2 n'est pas diagonalisable. Si X2=A2X^2 = A_2, alors XX commute avec A2A_2, donc X∈C[A2]X \in \mathbb{C}[A_2] car le polynôme minimal de A2A_2 est de degré 3. Posons A2=2I+NA_2 = 2I + N avec N3=0N^3=0 et N2≠0N^2 \neq 0. On cherche XX sous la forme X=αI+βN+γN2X = \alpha I + \beta N + \gamma N^2. X2=α2I+2αβN+(2αγ+β2)N2X^2 = \alpha^2 I + 2\alpha\beta N + (2\alpha\gamma + \beta^2) N^2. Par identification avec 2I+N2I + N : α2=2  ⟹  α=±2\alpha^2 = 2 \implies \alpha = \pm \sqrt{2}. 2αβ=1  ⟹  β=12α2\alpha\beta = 1 \implies \beta = \frac{1}{2\alpha}. 2αγ+β2=0  ⟹  γ=−β22α=−18α32\alpha\gamma + \beta^2 = 0 \implies \gamma = -\frac{\beta^2}{2\alpha} = -\frac{1}{8\alpha^3}.

    L’eˊquation X2=A2 posseˋde 2 solutions.\boxed{\text{L'équation } X^2 = A_2 \text{ possède } 2 \text{ solutions.}}

    Cas de A3A_3 : On a χA3(x)=−(x−1)2(x−4)\chi_{A_3}(x) = -(x-1)^2(x-4). Les valeurs propres sont 1 (double) et 4 (simple). On vérifie que dim(ker(A3−I))=1\text{dim}(\text{ker}(A_3-I)) = 1, donc A3A_3 n'est pas diagonalisable. Par un raisonnement de décomposition en blocs (lemme des noyaux), XX doit préserver le sous-espace caractéristique associé à 1 (de dimension 2) et le sous-espace propre associé à 4 (de dimension 1). Sur le bloc de taille 2, on a une structure similaire à A2A_2 (2 choix de racines). Sur le bloc de taille 1, on a μ2=4\mu^2=4 (2 choix).

    L’eˊquation X2=A3 posseˋde 2×2=4 solutions.\boxed{\text{L'équation } X^2 = A_3 \text{ possède } 2 \times 2 = 4 \text{ solutions.}}

    Cas de A4A_4 : A4A_4 est une matrice triangulaire supérieure stricte, elle est nilpotente. On calcule A42≠0A_4^2 \neq 0 et A43=0A_4^3 = 0. L'indice de nilpotence de A4A_4 est 3. Supposons qu'il existe XX tel que X2=A4X^2 = A_4. Alors X2×3=A43=0X^{2 \times 3} = A_4^3 = 0, donc XX est nilpotente. Comme X∈M3(C)X \in \mathcal{M}_3(\mathbb{C}), son indice de nilpotence kk vérifie k≤3k \le 3, donc X3=0X^3 = 0. Mais alors X4=0X^4 = 0 (car 4>34 > 3), ce qui implique A42=(X2)2=X4=0A_4^2 = (X^2)^2 = X^4 = 0. C'est contradictoire avec A42≠0A_4^2 \neq 0.

    L’eˊquation X2=A4 n’admet aucune solution.\boxed{\text{L'équation } X^2 = A_4 \text{ n'admet aucune solution.}}

Dans le cas où AA a des valeurs propres multiples et est diagonalisable, il peut y avoir une infinité de solutions (penser à X2=I2X^2 = I_2). L'hypothèse "valeurs propres distinctes" est cruciale pour le nombre fini.