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On considère la matrice suivante de M3(R)\mathcal{M}_3(\mathbb{R}) :

A=(900140111)A = \begin{pmatrix} 9 & 0 & 0
1 & 4 & 0
1 & 1 & 1 \end{pmatrix}

  1. Justifier que AA est diagonalisable. Déterminer ses valeurs propres et une base de vecteurs propres.
  2. Soit MM3(R)M \in \mathcal{M}_3(\mathbb{R}) une solution de l'équation M2=AM^2 = A.
    1. Montrer que MM et AA commutent.
    2. En déduire que les vecteurs propres de AA sont aussi des vecteurs propres de MM.
    3. Déterminer l'ensemble des solutions de l'équation M2=AM^2 = A dans M3(R)\mathcal{M}_3(\mathbb{R}).
  3. On considère maintenant l'équation X2=(1144521084)X^2 = \begin{pmatrix} -1 & -1 & -4
    -4 & 5 & 2
    -10 & 8 & -4 \end{pmatrix}
    . Expliquer sans calcul pourquoi le nombre de solutions peut différer selon que l'on travaille dans M3(R)\mathcal{M}_3(\mathbb{R}) ou M3(C)\mathcal{M}_3(\mathbb{C}).

1.

Pour la question 2.(a), utiliser le fait que MM est un polynôme en M2M^2.

2.

Pour la question 2.(b), si vv est un vecteur propre de AA associé à la valeur propre simple λ\lambda, étudier A(Mv)A(Mv).

3.

Pour la question 3, penser au signe des valeurs propres. Une valeur propre négative possède-t-elle une racine carrée réelle ?

Idées clés

Commutation : si M2=AM^2=A, alors MA=MM2=M2M=AMMA = M \cdot M^2 = M^2 \cdot M = AM.

Stabilité des sous-espaces propres par un endomorphisme qui commute.

Pour une matrice à valeurs propres distinctes, les racines carrées sont diagonalisables dans la même base.

Résolution.

  1. La matrice AA est triangulaire inférieure. Ses valeurs propres sont ses coefficients diagonaux.
    sp(A)={9,4,1}\boxed{\text{sp}(A) = \{9, 4, 1\}}

    Les trois valeurs propres sont distinctes dans un espace de dimension 3, donc AA est diagonalisable. Cherchons les vecteurs propres : - Pour λ=9\lambda=9 : (A9I)X=0    (000150118)(xyz)=0(A-9I)X=0 \iff \begin{pmatrix} 0 & 0 & 0
    1 & -5 & 0
    1 & 1 & -8 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x
    y
    z \end{pmatrix} = 0
    . On trouve V1=(40,8,6)V_1 = (40, 8, 6). - Pour λ=4\lambda=4 : (A4I)X=0    (500100113)(xyz)=0(A-4I)X=0 \iff \begin{pmatrix} 5 & 0 & 0
    1 & 0 & 0
    1 & 1 & -3 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x
    y
    z \end{pmatrix} = 0
    . On trouve V2=(0,3,1)V_2 = (0, 3, 1). - Pour λ=1\lambda=1 : (AI)X=0    (800130110)(xyz)=0(A-I)X=0 \iff \begin{pmatrix} 8 & 0 & 0
    1 & 3 & 0
    1 & 1 & 0 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x
    y
    z \end{pmatrix} = 0
    . On trouve V3=(0,0,1)V_3 = (0, 0, 1).

    1. On a M2=AM^2 = A. Ainsi :
      MA=M(M2)=M3=(M2)M=AMMA = M(M^2) = M^3 = (M^2)M = AM
    2. Soit vv un vecteur propre de AA associé à la valeur propre λ\lambda. Comme AA et MM commutent, le sous-espace propre Eλ(A)E_\lambda(A) est stable par MM. Or, dimEλ(A)=1\dim E_\lambda(A) = 1 car les valeurs propres sont simples. Tout vecteur non nul vEλ(A)v \in E_\lambda(A) est donc un vecteur propre de MM.
    3. Dans la base P=(V1,V2,V3)P = (V_1, V_2, V_3), on a A=PDP1A = P D P^{-1} avec D=diag(9,4,1)D = \text{diag}(9, 4, 1). D'après ce qui précède, MM est aussi diagonale dans cette base : M=PΔP1M = P \Delta P^{-1} avec Δ=diag(μ1,μ2,μ3)\Delta = \text{diag}(\mu_1, \mu_2, \mu_3). La condition M2=AM^2 = A devient Δ2=D\Delta^2 = D, soit :
      μ12=9,μ22=4,μ32=1\mu_1^2 = 9,   \mu_2^2 = 4,   \mu_3^2 = 1
      Il y a 2 choix pour chaque μi\mu_i (±3,±2,±1\pm 3, \pm 2, \pm 1), soit 23=82^3 = 8 solutions :
      M=Pdiag(±3,±2,±1)P1\boxed{M = P \text{diag}(\pm 3, \pm 2, \pm 1) P^{-1}}

  2. Si une matrice AA possède une valeur propre strictement négative, elle ne peut pas avoir de racine carrée réelle car le carré d'une valeur propre de MM (réelle) devrait être égal à cette valeur propre négative. En revanche, dans C\mathbb{C}, chaque complexe non nul possède deux racines carrées distinctes.

Ne pas oublier de justifier la commutation AM=MAAM=MA. Attention, la relation M2=AM^2=A n'implique pas toujours que MM est un polynôme en AA (c'est vrai ici car les valeurs propres sont simples).