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Soit EE un espace vectoriel sur R\mathbb{R} de dimension finie. On considère un endomorphisme uL(E)u \in \mathcal{L}(E) que l'on suppose diagonalisable.

Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur les sous-espaces propres de uu pour qu'il existe un endomorphisme vL(E)v \in \mathcal{L}(E) vérifiant l'équation v2=uv^2 = u.

1.

Si v2=uv^2 = u, montrer que uu et vv commutent et en déduire que vv stabilise les sous-espaces propres de uu.

2.

Étudier la restriction de vv à chaque sous-espace propre Eλ(u)E_\lambda(u).

3.

Pour les valeurs propres strictement négatives, utiliser un argument de déterminant ou de polynôme annulateur sur l'espace réel.

4.

Pour la synthèse, construire vv par blocs sur chaque sous-espace propre.

Idées clés

Commutation de uu et vv pour exploiter la stabilité des sous-espaces propres.

Utilisation du déterminant pour obtenir une condition de parité sur R\mathbb{R}.

Construction explicite par blocs de rotation pour les valeurs propres négatives.

Analyse.

Supposons qu'il existe vL(E)v \in \mathcal{L}(E) tel que v2=uv^2 = u.

Puisque vv commute avec lui-même, on a :

uv=v2v=v3=vv2=vuuv = v^2 \cdot v = v^3 = v \cdot v^2 = vu

Ainsi, uu et vv commutent. Il en résulte que vv laisse stable chaque sous-espace propre de uu. Soit λsp(u)\lambda \in \text{sp}(u) une valeur propre de uu et Eλ=ker(uλId)E_\lambda = \ker(u - \lambda \text{Id}) le sous-espace propre associé.

Notons vλv_\lambda la restriction de vv à EλE_\lambda. Puisque v(Eλ)Eλv(E_\lambda) \subset E_\lambda, vλv_\lambda est un endomorphisme de EλE_\lambda et vérifie :

vλ2=uEλ=λIdEλv_\lambda^2 = u_{|E_\lambda} = \lambda \text{Id}_{E_\lambda}

Considérons le cas où λ<0\lambda < 0. En prenant le déterminant de l'égalité précédente, on obtient :

det(vλ)2=det(λIdEλ)=λdimEλ\det(v_\lambda)^2 = \det(\lambda \text{Id}_{E_\lambda}) = \lambda^{\dim E_\lambda}

Comme vv est un endomorphisme d'un espace vectoriel réel, son déterminant det(vλ)\det(v_\lambda) est un nombre réel. Par conséquent, det(vλ)20\det(v_\lambda)^2 \geq 0.

Or, si λ<0\lambda < 0, la quantité λdimEλ\lambda^{\dim E_\lambda} est positive ou nulle si et seulement si l'exposant est pair. On en déduit que pour toute valeur propre négative, la dimension du sous-espace propre associé doit être paire.

Synthèse.

Supposons que pour toute valeur propre λ<0\lambda < 0 de uu, dimEλ\dim E_\lambda est paire. Comme uu est diagonalisable, EE est la somme directe des sous-espaces propres de uu :

E=λsp(u)EλE = \bigoplus_{\lambda \in \text{sp}(u)} E_\lambda

Nous allons construire vv en définissant sa restriction à chaque EλE_\lambda.

  1. Si λ>0\lambda > 0 : on définit vv sur EλE_\lambda par vλ=λIdEλv_\lambda = \sqrt{\lambda} \text{Id}_{E_\lambda}. On a bien vλ2=λIdv_\lambda^2 = \lambda \text{Id}.
  2. Si λ=0\lambda = 0 : on définit vv sur E0E_0 par v0=0v_0 = 0. On a bien v02=0Idv_0^2 = 0 \text{Id}.
  3. Si λ<0\lambda < 0 : par hypothèse, dλ=dimEλ=2kd_\lambda = \dim E_\lambda = 2k est pair. Il existe une base de EλE_\lambda dans laquelle on peut définir vλv_\lambda par une matrice diagonale par blocs de la forme :
    Mat(vλ)=diag(R,R,,R)avec R=(0λλ0)\text{Mat}(v_\lambda) = \text{diag}(R, R, \dots, R)   \text{avec } R = \begin{pmatrix} 0 & -\sqrt{-\lambda}
    \sqrt{-\lambda} & 0 \end{pmatrix}
    Calculons le carré du bloc RR :
    R2=(0λλ0)(0λλ0)=(λ00λ)=λI2R^2 = \begin{pmatrix} 0 & -\sqrt{-\lambda}
    \sqrt{-\lambda} & 0 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} 0 & -\sqrt{-\lambda}
    \sqrt{-\lambda} & 0 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} \lambda & 0
    0 & \lambda \end{pmatrix} = \lambda I_2
    On en déduit que vλ2=λIdEλv_\lambda^2 = \lambda \text{Id}_{E_\lambda}.

L'endomorphisme vv ainsi défini par morceaux sur la décomposition en somme directe vérifie v2=uv^2 = u.

Conclusion.

La condition est : λsp(u)R,dimker(uλId)2N\boxed{ \text{La condition est : } \forall \lambda \in \text{sp}(u) \cap \mathbb{R}_-^*,   \dim \ker(u - \lambda \text{Id}) \in 2\mathbb{N} }

Ne pas oublier de traiter le cas λ=0\lambda = 0. Si uu est diagonalisable, uu restreint à son noyau est nul, donc v2=0v^2=0 admet toujours une solution (par exemple v=0v=0), quelle que soit la dimension du noyau.