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On considère la matrice A=(11−1−13−3−22−2)A = \begin{pmatrix} 1 & 1 & -1
-1 & 3 & -3
-2 & 2 & -2 \end{pmatrix}
.

  1. Calculer le polynôme caractéristique de AA. AA est-elle diagonalisable ?
  2. Montrer qu'il existe une base de R3\mathbb{R}^3 dans laquelle la matrice de l'endomorphisme associé à AA est :
    T=(010000002)T = \begin{pmatrix} 0 & 1 & 0
    0 & 0 & 0
    0 & 0 & 2 \end{pmatrix}
  3. On suppose qu'il existe M∈M3(R)M \in \mathcal{M}_3(\mathbb{R}) telle que M2=AM^2 = A.
    1. Montrer que MM commute avec AA.
    2. En déduire que MM laisse stable les sous-espaces N1=ker⁡(A2)N_1 = \ker(A^2) et N2=ker⁡(A−2I)N_2 = \ker(A-2I).
    3. Soit M1M_1 l'endomorphisme induit par MM sur N1N_1. Montrer que M12=A∣N1M_1^2 = A_{|N_1}.
    4. En calculant le carré d'une matrice nilpotente de M2(R)\mathcal{M}_2(\mathbb{R}), aboutir à une contradiction.
  4. Conclure sur l'ensemble des solutions de l'équation M2=AM^2 = A.

1.

Pour la question 2, chercher un vecteur v2v_2 tel que Av2=v1Av_2 = v_1 avec Av1=0Av_1 = 0.

2.

Pour la question 3.(d), se rappeler que si N∈M2(R)N \in \mathcal{M}_2(\mathbb{R}) est nilpotente, alors N2=0N^2 = 0.

Idées clés

•

Utilisation des noyaux itérés pour les matrices non diagonalisables.

•

Stabilité des sous-espaces caractéristiques par le commutant.

•

Propriété des matrices nilpotentes en dimension 2.

Résolution.

  1. Après calcul, on trouve χA(X)=−X2(X−2)\chi_A(X) = -X^2(X-2). Les valeurs propres sont 00 (double) et 22 (simple). On calcule ker⁡(A)=vect((1,1,2))\ker(A) = \text{vect}((1, 1, 2)). Comme dim⁡ker⁡(A)=1<2\dim \ker(A) = 1 < 2, AA n'est pas diagonalisable.
  2. Posons v3=(0,1,1)v_3 = (0, 1, 1) tel que Av3=2v3Av_3 = 2v_3. Cherchons v1,v2v_1, v_2 tels que Av1=0Av_1=0 et Av2=v1Av_2=v_1. On prend v1=(1,1,2)v_1 = (1, 1, 2). La résolution de Av2=v1Av_2=v_1 donne par exemple v2=(1,1,1)v_2 = (1, 1, 1). La famille (v1,v2,v3)(v_1, v_2, v_3) est une base et la matrice de AA y est bien TT.

    1. Comme M2=AM^2=A, alors MA=M(M2)=M3=(M2)M=AMMA = M(M^2) = M^3 = (M^2)M = AM.
    2. Puisque MM et AA commutent, MM laisse stable le noyau de tout polynôme en AA. C'est le cas pour N1=ker⁡(A2)N_1 = \ker(A^2) et N2=ker⁡(A−2I)N_2 = \ker(A-2I).
    3. Par restriction de la relation M2=AM^2=A au sous-espace stable N1N_1, on a immédiatement M12=A∣N1M_1^2 = A_{|N_1}.
    4. Dans la base (v1,v2)(v_1, v_2) de N1N_1, la matrice de A∣N1A_{|N_1} est N=(0100)N = \begin{pmatrix} 0 & 1
      0 & 0 \end{pmatrix}
      . Soit M1M_1 la matrice de la restriction de MM à N1N_1. On doit avoir M12=NM_1^2 = N. Comme N2=0N^2 = 0, on a M14=0M_1^4 = 0, donc M1M_1 est nilpotente. Or, en dimension 2, si M1M_1 est nilpotente, son indice de nilpotence est au plus 2. On a donc M12=0M_1^2 = 0. Ceci implique N=0N = 0, ce qui est faux.
      Contradiction\boxed{\text{Contradiction}}

  3. L'équation M2=AM^2 = A ne possède aucune solution.
    S=∅\boxed{\mathcal{S} = \emptyset}

L'erreur classique est de penser qu'une matrice ayant des valeurs propres positives ou nulles possède toujours une racine carrée. Le cas non diagonalisable montre que la structure des blocs de Jordan (ou ici des noyaux itérés) peut empêcher l'existence d'une racine.