Déterminer l'ensemble des matrices B∈M3(R) vérifiant l'équation :
B2=AouˋA=100210431
1.
Commencer par étudier les valeurs propres possibles pour une solution B en utilisant le spectre de A.
2.
Justifier que toute solution B doit commuter avec A.
3.
Montrer que la matrice N=A−I est nilpotente d'indice 3. En déduire que A est une matrice cyclique.
4.
Utiliser la structure du commutant d'une matrice cyclique pour chercher B sous la forme d'un polynôme en N.
5.
On pourra également s'inspirer du développement limité de (1+x)1/2 au voisinage de 0.
Idées clés
•
Spectre d'une puissance de matrice : Sp(B2)={λ2,λ∈Sp(B)}.
•
Commutant et matrices cycliques : Si le polynôme minimal de A∈Mn(K) est de degré n, alors son commutant est C(A)=K[A].
•
Développement en série entière de la racine carrée pour les matrices nilpotentes.
Analyse des propriétés de B.
Soit B une solution. Puisque B2=A, B commute avec A car :
AB=B2B=B3=BB2=BA
Notons N=A−I=000200430.
Calculons les puissances de N :
N2=000000600etN3=0
La matrice N est nilpotente d'indice 3.
Ainsi, le polynôme (X−1)3 annule A. Comme ce polynôme est de degré 3 (la taille de la matrice) et que (A−I)2=0, c'est le polynôme minimal de A.
Structure de B.
Puisque le degré du polynôme minimal de A est égal à la dimension de l'espace, A est une matrice cyclique. Son commutant est donc réduit à l'ensemble des polynômes en A :
C(A)=R[A]=Vect(I,A,A2)=Vect(I,N,N2)
Toute solution B est donc de la forme :
B=aI+bN+cN2
avec (a,b,c)∈R3.
Résolution de l'équation.
Exprimons B2 en fonction de a,b,c en utilisant N3=0 :
B2=(aI+bN+cN2)2=a2I+2abN+(b2+2ac)N2
L'équation B2=A devient, par identification sur la base (I,N,N2) :
⎩⎨⎧a2=12ab=1b2+2ac=0
Premier cas : a=1.
2b=1⟹b=21
41+2c=0⟹c=−81
La première solution est B1=I+21N−81N2.
Calculons explicitement ses coefficients :
Une erreur fréquente est de supposer immédiatement que B est triangulaire supérieure. Bien que ce soit vrai ici, cela nécessite une justification rigoureuse (par exemple via le commutant d'une matrice cyclique ou l'étude des sous-espaces stables).
Un autre oubli classique est la solution −B.