On considère l'espace vectoriel des polynômes à coefficients réels. Soit l'endomorphisme de dérivation défini par :
Déterminer s'il existe un endomorphisme tel que .
Étudier le noyau de l'endomorphisme et son lien avec le noyau d'un éventuel .
Utiliser les propriétés d'inclusion des noyaux itérés d'un endomorphisme : .
Analyser la suite des dimensions des noyaux pour aboutir à une contradiction sur et .
Inclusions des noyaux itérés : .
Propriété de stagnation : si , alors pour tout .
Étude des dimensions des noyaux de l'opérateur de dérivation .
Résolution.
Supposons qu'il existe un endomorphisme vérifiant l'équation .
Étape 1 : Analyse des noyaux de et .
Nous savons que pour tout endomorphisme , on a l'inclusion :
D'après l'énoncé, . Or, le noyau de la dérivation est l'ensemble des polynômes constants :
Le noyau de est donc un espace vectoriel de dimension 1. On en déduit :
Puisque est un sous-espace vectoriel de , sa dimension ne peut être que 0 ou 1.
Étape 2 : Étude du cas .
Si , alors est injectif.
Puisque la composée de deux applications injectives est injective, serait également injectif.
Cela impliquerait que est injectif, ce qui est faux car .
\boxed{\dim(\ker(T)) \neq 0}
Étape 3 : Étude du cas .
Si , alors comme et que ces deux espaces ont la même dimension finie (égale à 1), on a l'égalité :
Montrons par récurrence que cette égalité implique pour tout .
L'initialisation est acquise pour et .
Supposons que pour un certain . Soit .
Par hypothèse de récurrence, . Donc , d'où .
Comme , on en déduit . L'inclusion inverse étant triviale, on a :
Étape 4 : Conclusion et contradiction.
En appliquant ce résultat à , on obtient :
En remplaçant par , cette égalité devient :
Or, nous pouvons calculer explicitement ces noyaux :
En comparant les dimensions :
On obtient la contradiction .
\boxed{\text{Il n'existe aucun endomorphisme } T \text{ tel que } T^2 = D}
Une erreur classique est de vouloir travailler sur la base canonique sans vérifier si préserve le degré. En dimension infinie, les propriétés de l'indice de nilpotence ou des noyaux itérés sont plus robustes que les manipulations sur les coefficients.