Corrigé détaillé CCINP Physique Chimie MP 2022 (page 2/2 : Parties V à IX)
18 mars 1965 : le premier piéton de l'espace
- 21 questions corrigées
- Difficulté estimée : classique (1,8 / 4)
- Faisable en Sup (Parties I, II, III, VIII et IX.A-B faisables en première année)
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Partie V : Communications entre le vaisseau et le centre terrestre
Question 11
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : plasma, relation de dispersion, vitesse de groupe
On suppose que la base de contrôle envoie des ondes électromagnétiques planes dans tout le demi-espace au-dessus de la Terre. On s'intéresse à une composante du spectre émis caractérisé par le champ électrique réel . a) Préciser les caractéristiques de l'onde.
Par la suite, on utilisera les grandeurs complexes associées aux champs comme avec . On s'intéresse à la propagation de l'onde dans le plasma. b) En appliquant le principe fondamental de la dynamique aux charges mobiles et en faisant des approximations que l'on explicitera, établir que la conductivité complexe du plasma peut s'écrire
On pose . c) En explicitant les équations de Maxwell dans le vide, établir la structure géométrique de l'onde et la relation de dispersion liant et . d) En déduire que le plasma se comporte comme un filtre passe-haut dont on établira la pulsation de coupure. e) Traduire la condition de propagation en termes de longueur d'onde. Dans le cas de la propagation, le plasma est-il un milieu dispersif ? Déterminer la vitesse de groupe en fonction de , et de . f) La communication entre le centre de tir et les cosmonautes se fait par une modulation, par les ondes acoustiques, de la fréquence du signal électromagnétique (la porteuse). Est-ce les sons graves ou les sons aigus qui arrivent les premiers au niveau de la réception quand ils ont été émis simultanément ? g) Application numérique : sachant que la densité d'électrons varie entre le jour et la nuit, calculer les fréquences de coupure correspondantes. Vérifier que la fréquence indiquée sur la figure 5 permet bien de communiquer. Indiquer les longueurs d'onde qui vont se réfléchir le jour et celles qui vont se réfléchir la nuit faute de pouvoir se propager. Cette fréquence vous parait-elle un bon choix ? h) Lors du freinage du vaisseau par l'atmosphère, la communication n'est plus possible avec la base. Expliquer pourquoi, sachant que sous l'effet de l'énorme échauffement, l'atmosphère se transforme en plasma plus dense avec une densité électronique de .
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Écrire le principe fondamental de la dynamique sur un électron soumis au champ électrique de l'onde pour exprimer le vecteur densité de courant volumique, puis injecter \vec{j} dans l'équation d'onde issue des équations de Maxwell.
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Cette question aborde la modélisation classique de la propagation d'une onde électromagnétique dans un plasma peu collisionnel (modèle de Drude sans frottement pour l'ionosphère) :
- Identifier les symétries et propriétés spatiales et temporelles de l'onde proposée.
- Appliquer le principe fondamental de la dynamique à un électron du plasma soumis au champ de l'onde en justifiant les approximations usuelles, puis en déduire la loi d'Ohm locale complexe \underline{\vec{\jmath}} = \gamma \underline{\vec{E}}.
- Utiliser les équations de Maxwell pour établir l'équation de propagation et en déduire la relation de dispersion \omega^2 = \omega_c^2 + k^2 c^2.
- Analyser les régimes de propagation/atténuation et calculer la vitesse de groupe, puis appliquer numériquement aux conditions ionosphériques diurnes et nocturnes, ainsi qu'au phénomène de black-out de rentrée atmosphérique.
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a) Caractéristiques de l'onde : L'expression du champ électrique réel est \vec{E}_{\text{phys}} = E_0 \cos(\omega t - kz) \vec{e}_x. Il s'agit d'une onde :
- plane : le champ ne dépend spatialement que de la coordonnée z, les plans d'onde (plans équiphases) sont les plans orthogonaux à l'axe (Oz) ;
- progressive : elle se propage dans le sens des z croissants (vers le haut), avec un terme de phase (\omega t - kz) ;
- monochromatique (ou harmonique) de pulsation \omega, de période T = \frac{2\pi}{\omega} et de fréquence f = \frac{\omega}{2\pi} ;
- polarisée rectilignement selon la direction fixe \vec{e}_x, transverse à la direction de propagation portée par \vec{e}_z.
b) Conductivité complexe du plasma : Le plasma est constitué d'ions positifs et d'électrons de densité volumique n.
- Les ions ont une masse beaucoup plus grande que celle des électrons (m_i \gg m_e), leur inertie est très grande : on les considère comme immobiles sous l'effet du champ électromagnétique. Seuls les électrons participent au courant.
- Le plasma étant peu dense, on néglige les collisions entre particules (pas de terme phénoménologique de frottement).
- La force magnétique de Lorentz est négligeable devant la force électrique : \frac{\|\vec{v} \times \vec{B}\|}{\|\vec{E}\|} \sim \frac{v B}{E} \sim \frac{v}{c} \ll 1 pour des électrons non relativistes.
Dans le référentiel d'étude supposé galiléen, le principe fondamental de la dynamique appliqué à un électron s'écrit :
En régime sinusoïdal établi, en notation complexe avec une dépendance en \exp(i\omega t) :
Le vecteur densité volumique de courant s'obtient par \underline{\vec{\jmath}} = -n e \underline{\vec{v}} :
Par identification avec la loi d'Ohm locale \underline{\vec{\jmath}} = \gamma \underline{\vec{E}}, on en déduit la conductivité complexe du plasma :
c) Structure géométrique et relation de dispersion : Les équations de Maxwell dans le plasma s'écrivent, en l'absence de charges libres non neutralisées à l'échelle macroscopique (\rho = 0) :
Pour une onde plane progressive harmonique dépendant de (\omega t - kz), les opérateurs différentiels spatio-temporels s'expriment par \vec{\nabla} \equiv -i\vec{k} = -i k \vec{e}_z et \frac{\partial}{\partial t} \equiv i\omega.
Structure géométrique :
- D'après (M-G), -i\vec{k} \cdot \underline{\vec{E}} = 0 \implies \underline{\vec{E}} \cdot \vec{e}_z = 0, l'onde est donc transverse électrique.
- D'après (M-\Phi), -i\vec{k} \cdot \underline{\vec{B}} = 0 \implies \underline{\vec{B}} \cdot \vec{e}_z = 0, l'onde est transverse magnétique.
D'après (M-F), -i\vec{k} \times \underline{\vec{E}} = -i\omega \underline{\vec{B}}, d'où :
\underline{\vec{B}} = \frac{\vec{k} \times \underline{\vec{E}}}{\omega} = \frac{k}{\omega} E_0 \exp[i(\omega t - kz)] \vec{e}_yLe trièdre (\vec{e}_x, \vec{e}_y, \vec{e}_z) étant direct, les champs \vec{E}, \vec{B} et le vecteur d'onde \vec{k} forment un trièdre orthogonal direct. L'onde est donc transverse électromagnétique (TEM).
Relation de dispersion : En appliquant l'identité \vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}}\,\underline{\vec{E}}) = \vec{\operatorname{grad}}(\mathrm{div}\,\underline{\vec{E}}) - \Delta \underline{\vec{E}} :
Comme \mathrm{div}\,\underline{\vec{E}} = 0, \Delta \underline{\vec{E}} = -k^2 \underline{\vec{E}}, et \mu_0 \varepsilon_0 = \frac{1}{c^2} :
En remplaçant \gamma = -i\frac{n e^2}{m_e \omega}, on a -\mu_0 (i\omega \gamma) = -\mu_0 \frac{n e^2}{m_e} = -\frac{1}{\varepsilon_0 c^2}\frac{n e^2}{m_e} = -\frac{\omega_c^2}{c^2}. Il vient :
d) Comportement passe-haut et pulsation de coupure :
- Si \omega > \omega_c, k^2 > 0 : le nombre d'onde k = \frac{\sqrt{\omega^2 - \omega_c^2}}{c} est réel. L'onde se propage sans atténuation dans le plasma.
- Si \omega < \omega_c, k^2 < 0 : le nombre d'onde est imaginaire pur, k = -i\kappa avec \kappa = \frac{\sqrt{\omega_c^2 - \omega^2}}{c}. L'onde est stationnaire et évanescente en \exp(-\kappa z) ; aucune énergie n'est propagée en moyenne temporelle, l'onde est totalement réfléchie à l'entrée du milieu.
Le milieu agit donc comme un filtre passe-haut dont la pulsation de coupure est la pulsation plasma :
e) Condition de propagation, dispersion et vitesse de groupe : La longueur d'onde dans le vide associée à une pulsation \omega étant \lambda = \frac{2\pi c}{\omega}, et \lambda_c = \frac{2\pi c}{\omega_c} :
Pour \omega > \omega_c, la vitesse de phase vaut v_\varphi = \frac{\omega}{k} = \frac{c}{\sqrt{1 - \frac{\omega_c^2}{\omega^2}}} > c. Comme v_\varphi dépend de la pulsation \omega, le plasma est un milieu dispersif.
La relation de dispersion différentiée donne :
Comme \frac{kc}{\omega} = \sqrt{1 - \frac{\omega_c^2}{\omega^2}} = \sqrt{1 - \left(\frac{\lambda}{\lambda_c}\right)^2}, on obtient :
On remarque la relation classique v_\varphi v_g = c^2.
f) Vitesse d'arrivée des sons graves et aigus : La vitesse de groupe s'écrit également v_g(\omega) = c\sqrt{1 - \frac{\omega_c^2}{\omega^2}}. C'est une fonction strictement croissante de la pulsation \omega. Les composantes spectrales électromagnétiques de fréquence plus élevée se propagent donc à une vitesse de groupe plus grande, plus proche de c. Dans le cadre d'un signal modulé où les composantes acoustiques aiguës induisent des composantes électromagnétiques plus éloignées et plus hautes en fréquence (ou en assimilant le transport de l'information aux fréquences les plus élevées), ce sont les sons aigus qui arrivent les premiers au récepteur.
g) Application numérique : La fréquence de coupure s'écrit f_c = \frac{\omega_c}{2\pi} = \frac{1}{2\pi}\sqrt{\frac{n e^2}{m_e \varepsilon_0}}. Avec les valeurs numériques fournies :
Le jour : pour n = 10^{12}\text{ m}^{-3} :
f_{c,\text{jour}} = 8,98 \times \sqrt{10^{12}} \approx 8,98\cdot 10^6\text{ Hz} \approx \boxed{9,0\text{ MHz}}La longueur d'onde de coupure associée est \lambda_{c,\text{jour}} = \frac{c}{f_{c,\text{jour}}} = \frac{3,00\cdot 10^8}{8,98\cdot 10^6} \approx \boxed{33\text{ m}}.
La nuit : pour n = 2\cdot 10^{10}\text{ m}^{-3} :
f_{c,\text{nuit}} = 8,98 \times \sqrt{2\cdot 10^{10}} \approx 1,27\cdot 10^6\text{ Hz} \approx \boxed{1,3\text{ MHz}}La longueur d'onde de coupure associée est \lambda_{c,\text{nuit}} = \frac{c}{f_{c,\text{nuit}}} = \frac{3,00\cdot 10^8}{1,27\cdot 10^6} \approx \boxed{2,4\cdot 10^2\text{ m}}.
Sur la figure 5, on relève la fréquence de la balise radio du Voskhod-2 :
Comme f_{\text{signal}} > f_{c,\text{jour}} > f_{c,\text{nuit}} (ou de manière équivalente \lambda_{\text{signal}} \approx 15\text{ m} < \lambda_c jour et nuit), cette onde peut se propager à travers l'ionosphère et assure ainsi la communication de jour comme de nuit.
- Longueurs d'onde réfléchies le jour : \lambda > 33\text{ m} (soit f < 9,0\text{ MHz}).
- Longueurs d'onde réfléchies la nuit : \lambda > 240\text{ m} (soit f < 1,3\text{ MHz}).
Cette fréquence de 20\text{ MHz} est un très bon choix : elle est suffisamment supérieure au maximum diurne de coupure (9\text{ MHz}) pour traverser l'ionosphère à tout moment, tout en restant dans le domaine des ondes décamétriques (HF), qui requiert une technologie radio compacte et robuste.
h) Black-out lors du freinage atmosphérique : Lors de la rentrée atmosphérique à grande vitesse, l'échauffement par compression et frottement visqueux ionise l'air, formant une gaine de plasma dense autour du vaisseau avec n_p \ge 1\cdot 10^{15}\text{ m}^{-3}. La fréquence de coupure de ce plasma vaut :
La fréquence de communication du vaisseau (f \approx 20\text{ MHz}) est nettement inférieure à f_{c,\text{plasma}} :
L'onde émise est donc évanescente et subit une réflexion totale sur cette gaine d'ionisation entourant le vaisseau. Aucune communication radio avec la base n'est alors possible : c'est le phénomène de black-out radio de rentrée atmosphérique.
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Question déjà tombée ailleurs
Question 12
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : formule des réseaux, interférence
Pour émettre les ondes porteuses électromagnétiques, on utilise des réseaux d'antennes. Ces antennes sont réparties périodiquement dans l'espace (figure 7) émettant des ondes cohérentes de longueur d'onde . Les ondes sont en phase à l'émission. a) Rappeler en la justifiant ce qu'on appelle, dans le cas considéré, « la formule des réseaux » qui permet d'obtenir dans certaines directions des interférences constructives à partir d'ondes reçues cohérentes. Quel est l'avantage d'un nombre très grand d'antennes ? b) Comparer l'intensité du signal émis par une antenne unique ou par 4 antennes pour une onde émise : pour la première antenne. On comparera l'intensité des signaux émis au voisinage de en supposant . Existe-t-il d'autres directions pour lesquelles il y a un maximum d'intensité ? Commenter.
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Déterminer le déphasage géométrique entre deux antennes successives \Delta \varphi = \frac{2\pi}{\lambda} d \cos\theta et sommer les exponentielles complexes à l'aide de la somme d'une suite géométrique.
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- Exprimer la différence de marche et le déphasage entre deux antennes successives dans la direction repérée par \theta, puis poser la condition d'interférences constructives pour retrouver la formule des réseaux.
- Sommer les amplitudes complexes des ondes émises par les N=4 antennes en introduisant la variable u = \frac{\pi d}{\lambda}\cos\theta, puis étudier le maximum principal en \theta = \pi/2 et l'existence d'autres ordres d'interférence.
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a) Formule des réseaux et rôle du nombre d'antennes
Considérons un réseau de sources ponctuelles identiques, synchrones et en phase, alignées le long d'un axe z avec un pas spatial d. Dans l'approximation de Fraunhofer (observation à l'infini ou à grande distance par rapport aux dimensions du réseau), les rayons émis vers le récepteur dans une direction faisant un angle \theta avec l'axe z (figure 7) sont parallèles.
La différence de marche entre deux antennes consécutives O_n et O_{n+1} séparées de \vec{O_n O_{n+1}} = d\,\vec{e}_z s'écrit :
Le déphasage correspondant entre deux ondes consécutives est :
Les interférences sont constructives lorsque toutes les ondes arrivent en phase, soit \Delta\varphi = 2p\pi avec p \in \mathbb{Z}. On obtient ainsi la formule des réseaux :
Avantages d'un très grand nombre N d'antennes :
- Directivité accrue : la largeur angulaire du lobe principal est inversement proportionnelle à la taille totale du réseau (\Delta\theta \sim \frac{\lambda}{N d}), ce qui permet de focaliser l'onde émise dans une direction spatiale extrêmement précise.
- Gain en puissance : dans la direction de pointage, les amplitudes s'ajoutent en phase (s_{\text{tot}} = N s_0), si bien que l'intensité maximale est multipliée par N^2 (I_{\max} = N^2 I_0), concentrant l'énergie vers la cible et limitant les pertes dans les autres directions.
b) Comparaison des intensités pour 1 et 4 antennes
Pour une antenne unique isolée, le signal reçu est s_1(t) = s_0 \exp(i\omega t) (à un facteur de propagation commun près), d'où une intensité :
Pour N = 4 antennes émettant en phase, le signal résultant s'écrit :
En sommant cette suite géométrique de raison e^{-i\Delta\varphi} et en factorisant par l'angle moitié :
En posant u = \frac{\Delta\varphi}{2} = \frac{\pi d}{\lambda}\cos\theta, l'intensité totale est donnée par :
Pour un pas d = \frac{\lambda}{2}, on a u = \frac{\pi}{2}\cos\theta. Au voisinage de \theta = \frac{\pi}{2}, on a \cos\theta \to 0, donc u \to 0. D'après l'indication du sujet, \lim_{u\to 0}\frac{\sin 4u}{\sin u} = 4. L'intensité au centre du faisceau vaut donc :
L'intensité dans la direction perpendiculaire à l'axe du réseau est 16 fois supérieure à celle produite par une antenne seule.
Recherche d'autres maxima d'intensité :
Pour obtenir un autre maximum principal (pour lequel \left|\frac{\sin 4u}{\sin u}\right| = 4), il faudrait que u = p\pi avec p \in \mathbb{Z}^*. Cela impose :
\frac{\pi}{2}\cos\theta = p\pi \implies \cos\theta = 2pPour |p| \ge 1, |2p| \ge 2 > 1, ce qui est impossible car |\cos\theta| \le 1. Il n'existe donc aucun autre maximum principal.
Il existe uniquement des maxima secondaires d'intensité très faible. Le premier zéro du lobe principal a lieu pour 4u = \pm\pi \implies \cos\theta = \pm \frac{1}{2} (\theta = \frac{\pi}{3} ou \frac{2\pi}{3}). Le maximum secondaire situé vers u \approx \frac{3\pi}{8} présente une intensité :
I_{\text{sec}} \approx \frac{I_0}{\sin^2(3\pi/8)} \approx 1{,}17\,I_0 \ll 16\,I_0
Commentaire : le choix de la distance inter-éléments d = \frac{\lambda}{2} est une règle fondamentale dans la conception des réseaux d'antennes. Elle assure l'absence de lobes de réseau (grating lobes), c'est-à-dire de directions parasites où la totalité de la puissance constructive serait rayonnée, garantissant ainsi une émission univoque et hautement directive vers le satellite.
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Partie VI : Difficile survie sur Terre à cause du froid
Question 13
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : résistance thermique, loi de newton
Un homme nu perd de l'énergie par des phénomènes de convection et de rayonnement avec une puissance surfacique où est la température de surface de la peau de l'homme, est la température du milieu extérieur supposée constante, ce qui permet de considérer constante aussi égale à . Il y a conduction à travers la peau d'épaisseur et de conductivité thermique . La température du corps humain en dessous du derme est uniforme et égale à . On se place en régime permanent. On fait l'hypothèse simplificatrice de planéité locale parce que l'épaisseur est très inférieure aux rayons de courbure de la peau. a) Définir la notion de résistance thermique de conduction associée au derme de l'homme nu dont la surface vaut . Donner son expression en fonction de , et de . Calculer sa valeur. b) Définir la résistance de convection-rayonnement de l'homme nu et préciser si elle est en parallèle ou en série avec . L'organisme de l'homme émet de l'eau par les voies respiratoires, ce qui correspond à une puissance . Le métabolisme lui apporte une puissance . c) Calculer la puissance qui permettrait à un homme nu de vivre dans un environnement à . Commenter, sachant qu'en général le métabolisme d'un homme normalement nourri peut lui fournir . d) En fait, les cosmonautes sont habillés de leur scaphandre qui les recouvrent à . On considère qu'au niveau de leur combinaison d'épaisseur , il n'y a plus ni convection ni rayonnement mais seulement conduction avec une conductivité égale à et qu'on peut négliger le phénomène de diffusion thermique dans le derme. Calculer la résistance équivalente et la puissance qui permettrait aux cosmonautes de survivre à la température de . Commenter.
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Associer en série la résistance conductive du derme R_{\text{diff}} = \frac{e}{\lambda S} et la résistance superficielle d'échange R_{\text{cr}} = \frac{1}{\alpha S}, puis écrire le bilan d'énergie stationnaire reliant les pertes thermiques au métabolisme.
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- Pour les questions a) et b), on exploite l'analogie électrothermique en exprimant le lien entre l'écart de température \Delta T et le flux thermique \Phi pour la conduction (loi de Fourier monodimensionnelle) et pour le transfert de surface (loi de Newton pour convection-rayonnement).
- En c), on effectue un bilan d'énergie en régime stationnaire pour le corps humain : la puissance métabolique P_m compense les pertes respiratoires P_e et le flux thermique traversant successivement le derme puis l'atmosphère (résistances en série).
- En d), le corps est décomposé en deux zones en parallèle soumises au même gradient global T_{\text{eq}} - T_{\text{ext}} : la zone vêtue (conduction seule à travers la combinaison) et la zone nue (convection-rayonnement seul).
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a) Résistance thermique de conduction du derme
Par analogie avec la loi d'Ohm (U = R I), la résistance thermique R_{\text{diff}} est définie par le quotient de l'écart de température \Delta T entre les deux faces d'une paroi par le flux thermique \Phi qui la traverse :
D'après la loi de Fourier, dans l'approximation d'une géométrie plane monodimensionnelle selon un axe Ox orthogonal à la peau :
En régime permanent et sans source interne dans le derme, le flux thermique \Phi = J_Q S est conservatif :
On en déduit l'expression de la résistance thermique de conduction :
Application numérique :
b) Résistance de convection-rayonnement
Le flux thermique total évacué par convection et rayonnement à travers la surface S de la peau s'écrit \Phi_{\text{cr}} = p_p S = \alpha S (T_h - T_{\text{ext}}). La résistance thermique associée est donc définie par :
Application numérique :
En régime permanent, la chaleur traverse successivement le derme par conduction, puis l'interface cutanée par convection-rayonnement : ces deux transferts s'effectuent sous le même flux thermique global, donc R_{\text{cr}} est en série avec R_{\text{diff}}. La résistance thermique totale s'écrit :
c) Puissance métabolique nécessaire pour l'homme nu
En régime permanent, le premier principe appliqué à l'organisme impose un bilan de puissance nul :
Avec T_{\text{eq}} = 310\text{ K} et T_{\text{ext}} = 263\text{ K}, l'écart de température vaut \Delta T = 47\text{ K}.
D'où la puissance métabolique nécessaire :
Commentaire : Un être humain normalement nourri ne peut fournir qu'environ 150\text{ W}. La puissance requise (633\text{ W}) étant plus de quatre fois supérieure, l'organisme ne peut compenser ces déperditions : l'homme nu entre très rapidement en hypothermie sévère et meurt de froid.
d) Effet du scaphandre
Le corps présente désormais deux zones de déperdition thermique opérant en parallèle entre les températures T_{\text{eq}} et T_{\text{ext}} :
Une zone couverte à 90\,\% (S_1 = 0,90 S = 1,35\text{ m}^2), où le transfert se fait uniquement par conduction dans la combinaison (la diffusion dans le derme étant négligée) :
R_1 = \frac{e'}{\lambda' S_1} = \frac{0,05}{0,05 \times 1,35} = \frac{1}{1,35}\text{ K}\cdot\text{W}^{-1} \approx 0,741\text{ K}\cdot\text{W}^{-1}Une zone non couverte à 10\,\% (S_2 = 0,10 S = 0,15\text{ m}^2), où le transfert s'effectue par convection-rayonnement (la diffusion cutanée restant négligeable) :
R_2 = \frac{1}{\alpha S_2} = \frac{1}{9,0 \times 0,15} = \frac{1}{1,35}\text{ K}\cdot\text{W}^{-1} \approx 0,741\text{ K}\cdot\text{W}^{-1}
Les deux résistances étant en parallèle, la résistance équivalente R_{\text{éq}} vaut :
À la température extérieure de -10\text{ }^\circ\text{C} (T_{\text{ext}} = 263\text{ K}, \Delta T = 47\text{ K}), le flux thermique perdu est :
La puissance métabolique nécessaire devient :
Commentaire : La puissance requise (135\text{ W}) est inférieure aux 150\text{ W} du métabolisme de base : les cosmonautes peuvent survivre à -10\text{ }^\circ\text{C}. Cependant, la marge est très faible. Si la température chute à -30\text{ }^\circ\text{C} (\Delta T = 67\text{ K}), la puissance requise passe à P_m' = 8 + 67 \times 2,70 \approx 189\text{ W} > 150\text{ W}, ce qui justifie pleinement le largage urgent de vêtements adaptés et la construction d'un abri de fortune par les sauveteurs.
Résultat
Partie VII : Existence du pergélisol
Question 14
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : équation de diffusion, onde thermique
Pourquoi peut-on s'intéresser à une variation harmonique ? Que représentent et ?
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Rappeler que l'équation de la diffusion thermique est linéaire et invoquer le théorème de Fourier : T_0 est la moyenne annuelle et \theta_0 l'amplitude de l'oscillation thermique de surface.
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- Justifier l'approche harmonique en s'appuyant sur la linéarité de l'équation de diffusion thermique et l'analyse de Fourier.
- Identifier les grandeurs physiques associées à la composante continue et à la modulation temporelle dans l'expression de la température de surface.
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L'équation de la diffusion thermique (équation de la chaleur sans terme source) qui régit l'évolution spatio-temporelle de la température T(z,t) dans le sol est une équation aux dérivées partielles linéaire à coefficients constants (les propriétés thermophysiques \lambda, c et \mu étant supposées uniformes et indépendantes de la température).
D'après le théorème de Fourier, toute sollicitation de surface périodique dans le temps (période journalière de 24\text{ h} ou annuelle d'1\text{ an}) se décompose en une composante continue et une somme d'harmoniques sinusoïdales :
En vertu du principe de superposition propre aux systèmes linéaires, la solution générale est la superposition des réponses à chaque harmonique. L'étude d'une composante harmonique élémentaire à la pulsation \omega suffit donc à décrire le comportement du système (et constitue une excellente approximation si l'on se restreint au fondamental).
D'après la forme complexe T(0,t) = T_0 + \theta_0 \exp(i\omega t), en repassant à la grandeur réelle T(0,t) = T_0 + \theta_0 \cos(\omega t) (en choisissant l'origine des temps telle que la phase soit nulle) :
- \boxed{{T_0}} représente la température moyenne à la surface du sol (moyenne temporelle sur une période).
- \boxed{{\theta_0}} représente l'amplitude des variations périodiques de la température à la surface du sol (demi-étendue des oscillations thermiques).
Résultat
Question 15
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : équation de la chaleur, premier principe
Traduire le premier principe pour le système élémentaire, de section , situé entre et en supposant que le sol est caractérisé par une capacité thermique massique , une masse volumique et une conductivité thermique supposées constantes et uniformes. En déduire l'équation différentielle à laquelle obéit .
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Appliquer le premier principe de la thermodynamique à une tranche de sol d'épaisseur \mathrm{d}z entre les instants t et t+\mathrm{d}t en combinant la variation d'énergie interne avec le flux net issu de la loi de Fourier.
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- Définir le système fermé élémentaire constitué de la tranche de sol comprise entre z et z + \mathrm{d}z, de section S, entre les instants t et t + \mathrm{d}t.
- Appliquer le premier principe de la thermodynamique sous forme locale/intégrale en explicitant la variation d'énergie interne et le bilan des transferts thermiques conductifs aux frontières.
- Injecter la loi de Fourier unidimensionnelle pour aboutir à l'équation de la diffusion thermique (équation de la chaleur).
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Considérons le système fermé constitué par la tranche de sol située entre les cotes z et z + \mathrm{d}z, de section droite S normale à l'axe (Oz), de volume \mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}z et de masse :
Le milieu étant condensé et indéformable, le travail des forces de pression est nul (\delta W = 0) et les capacités thermiques à volume et pression constants sont confondues (c_v = c_p = c). De plus, il n'y a pas de source de chaleur interne.
Entre les instants t et t + \mathrm{d}t, la variation d'énergie interne élémentaire du système s'écrit :
D'après le premier principe de la thermodynamique, \mathrm{d}U = \delta Q, où \delta Q est le transfert thermique net reçu à travers les parois :
- Par invariance par translation selon x et y, le flux thermique est purement axial selon \vec{e}_z ; il n'y a donc aucun échange latéral.
- À la cote z, la puissance thermique reçue à travers la section S orientée selon +\vec{e}_z est \Phi(z,t) = \vec{J}_Q(z,t)\cdot\vec{e}_z \, S = J_Q(z,t)\,S.
- À la cote z + \mathrm{d}z, la puissance thermique reçue est -\Phi(z+\mathrm{d}z,t) = -J_Q(z+\mathrm{d}z,t)\,S.
Le bilan thermique algébrique pendant \mathrm{d}t s'exprime ainsi :
La loi de Fourier unidimensionnelle s'écrit :
La conductivité thermique \lambda étant uniforme et constante :
En égalant \mathrm{d}U et \delta Q et en simplifiant par S\,\mathrm{d}z\,\mathrm{d}t \neq 0, on obtient l'équation différentielle régissant T(z,t) :
soit encore :
Résultat
Question 16
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : équation de la chaleur, longueur de pénétration
On cherche donc des solutions à variables séparées du type . a) À quelle équation différentielle obéit ? Quelle est la dimension de ? b) En déduire la loi . Quel type de solution avez-vous obtenu ? c) Exprimer la longueur de pénétration de l'onde et la vitesse de phase en fonction de , , et de . d) Le sol est caractérisé par les valeurs suivantes :
Calculer la longueur de pénétration de l'onde engendrée par les variations annuelles de température. e) En Sibérie, la température moyenne sur une année de la ville Ojmajakon vaut avec des amplitudes de variations d'environ . Jusqu'à quelle profondeur le sol restera-t-il gelé en été ?
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Poser la solution spatiale sous forme exponentielle en ne conservant que la racine de partie réelle négative afin d'assurer la convergence en profondeur, et identifier l'épaisseur de pénétration \delta = \sqrt{2\lambda/(\mu c \omega)}.
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- Injecter la forme à variables séparées dans l'équation de diffusion établie en Q15 pour obtenir l'équation différentielle en z et analyser la dimension du préfacteur par analyse dimensionnelle.
- Résoudre l'équation différentielle spatiale en éliminant la solution divergeant à l'infini et en imposant la condition aux limites en z=0, puis revenir à la grandeur réelle.
- Déterminer l'atténuation spatiale \delta et la vitesse de phase v_\varphi à partir de l'expression de l'onde progressive amortie.
- Effectuer les applications numériques en précisant la pulsation annuelle et en discutant la valeur numérique de \lambda fournie par l'énoncé.
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a) Équation différentielle vérifiée par f(z) et analyse dimensionnelle
D'après le résultat de la question Q15, l'équation de diffusion thermique à une dimension s'écrit :
En introduisant l'expression à variables séparées T(z,t) - T_0 = f(z)\exp(i\omega t), on a :
En injectant ces dérivées dans l'équation de diffusion et après simplification par \exp(i\omega t), on obtient :
Pour la dimension de la grandeur K = \dfrac{\omega c \mu}{\lambda}, rappelons les dimensions des grandeurs intervenant :
- [\omega] = \mathrm{T}^{-1} ;
- La diffusivité thermique D = \dfrac{\lambda}{\mu c} est homogène à une surface par unité de temps : [D] = \mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}.
Il vient donc immédiatement :
b) Loi T(z,t) et nature de la solution
L'équation caractéristique associée à l'équation différentielle spatiale est r^2 - i\,\dfrac{\mu c \omega}{\lambda} = 0. En posant :
et sachant que \sqrt{i} = \dfrac{1+i}{\sqrt{2}}, les deux racines caractéristiques sont :
La solution générale s'écrit donc :
Comme la température doit rester finie lorsque z \to +\infty, le terme croissant impose B = 0.
La condition à la surface z = 0 donne :
On en déduit la forme complexe de l'écart de température :
En prenant la partie réelle :
Il s'agit d'une onde thermique plane progressive amortie se propageant selon les z croissants.
c) Longueur de pénétration et vitesse de phase
L'amplitude décroît exponentiellement selon le facteur \exp(-z/\delta). La longueur caractéristique d'atténuation (ou épaisseur de peau thermique) est :
La phase de l'onde s'écrit \varphi(z,t) = \omega t - \dfrac{z}{\delta}. Le plan d'onde se déplace à la vitesse de phase v_\varphi telle que \mathrm{d}\varphi = 0, soit \omega\,\mathrm{d}t - \dfrac{\mathrm{d}z}{\delta} = 0 :
d) Application numérique de la longueur de pénétration annuelle
Pour les variations annuelles, la période est T_{\text{an}} = 365,25 \times 24 \times 3600 \approx 3,16\cdot 10^7\text{ s}, d'où :
Avec les valeurs numériques données dans le sujet : \lambda = 1,5\cdot 10^3\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, c = 9,0\cdot 10^2\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} et \mu = 1,6\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} :
Remarque physique : La conductivité thermique usuelle d'un sol est de l'ordre de 1,5\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} (et non 1,5\cdot 10^3). Avec la valeur réaliste \lambda = 1,5\text{ W}\cdot\text{m}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, on trouverait \delta \approx 3,2\text{ m}.
e) Profondeur du sol gelé en été
À la profondeur z, la température maximale atteinte au cours de l'année (en été) correspond au maximum de l'oscillation cosinusoïdale (\cos = 1) :
Le sol reste gelé en été si et seulement si T_{\max}(z) \le 0\text{ }^\circ\text{C} :
Avec T_0 = -16\text{ }^\circ\text{C} et \theta_0 = 40\text{ }^\circ\text{C} :
Avec la valeur calculée à partir des données de l'énoncé (\delta \approx 102\text{ m}) :
\boxed{z_{\text{gel}} \ge 94\text{ m}}Avec la valeur physique usuelle (\delta \approx 3,24\text{ m}) :
z_{\text{gel}} \ge 0,916 \times 3,24\text{ m} \approx 3,0\text{ m}
Ainsi, le sol reste gelé toute l'année au-delà d'une profondeur seuil z_{\text{gel}}, constituant le pergélisol sous la couche superficielle active qui dégèle en été.
Résultat
Partie VIII : Thermokarst dû aux bulles de méthane
Question 17
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : schéma de lewis, enthalpie standard de réaction, température de flamme
Intéressons-nous aux propriétés chimiques du méthane. a) Indiquer les configurations électroniques des atomes H, C et O. Proposer des formules de Lewis pour les molécules d'eau, de dioxyde de carbone, de monoxyde de carbone et de méthane. b) Écrire les réactions de combustion complète (réaction 1) ou incomplète (réaction 2) du méthane . Une combustion complète donne naissance à la forme oxydée du carbone tandis qu'une combustion incomplète donne naissance à la forme oxydée . c) Calculer les enthalpies standards de ces deux réactions, supposées indépendantes de la température. d) En assimilant les bulles de méthane à des sphères, de rayon de à et , calculer l'énergie maximale libérée par l'oxydation de la bulle. Évaluer le volume d'air nécessaire. On considère les gaz parfaits et l'air comme un mélange parfait contenant de dioxygène et du diazote. e) En supposant l'oxydation complète totale (1), quelle température obtiendrait-on à partir d'une température estivale de ? On supposera la combustion suffisamment rapide pour supposer que le système siège de la transformation chimique évolue de manière isobare adiabatique. On admet que les gaz parfaits sont caractérisés par une capacité thermique molaire isobare qui vaut . La capacité thermique isobare molaire de l'eau liquide vaut et son enthalpie molaire de vaporisation vaut . Commenter, sachant que la température d'auto-inflammation des herbes sèches et brindilles est de l'ordre de .
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Établir les schémas de Lewis des espèces en dénombrant les doublets liants et non liants, appliquer la loi de Hess pour les enthalpies standard de réaction, puis écrire \Delta H = 0 pour évaluer la température de flamme adiabatique.
Voir la stratégieStratégie
- Pour la question a), appliquer les règles de remplissage (Klechkowski, Pauli, Hund) pour les atomes, puis dénombrer les électrons de valence pour établir les schémas de Lewis des molécules selon la règle de l'octet.
- Pour les questions b) et c), écrire les équations équilibrées pour une mole de méthane avec \mathrm{H_2O} sous sa forme de référence tabulée (\mathrm{H_2O(\ell)}), puis appliquer la loi de Hess.
- Pour la question d), déterminer le volume de la sphère, la quantité de matière via l'équation d'état des gaz parfaits, l'énergie libérée puis le volume d'air en tenant compte de la proportion de \mathrm{O_2}.
- Pour la question e), concevoir un cycle thermodynamique isobare à \Delta H = 0 (flamme adiabatique) pour trouver la température finale des produits.
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a) Configurations électroniques et formules de Lewis
- \mathrm{H}\ (Z = 1) : 1s^1 (1 électron de valence).
- \mathrm{C}\ (Z = 6) : 1s^2\, 2s^2\, 2p^2 (4 électrons de valence).
- \mathrm{O}\ (Z = 8) : 1s^2\, 2s^2\, 2p^4 (6 électrons de valence).
Formules de Lewis :
b) Réactions de combustion Pour une mole de méthane :
c) Enthalpies standard de réaction à 298\text{ K} D'après la loi de Hess :
d) Énergie libérée et volume d'air nécessaire Le volume d'une bulle sphérique de rayon R = 40\text{ m} vaut :
La quantité de matière de méthane correspondante, à P = 10^5\text{ Pa} et T = 273\text{ K}, est :
L'énergie maximale libérée correspond à la combustion complète :
La stœchiométrie impose n(\mathrm{O_2}) = 2\,n(\mathrm{CH_4}). Dans les mêmes conditions de température et de pression, le volume de dioxygène est V(\mathrm{O_2}) = 2\,V. L'air contenant 20\,\% de \mathrm{O_2}, le volume d'air nécessaire est :
e) Température de flamme adiabatique La transformation étant adiabatique et isobare à la pression P^\circ, la variation d'enthalpie globale est nulle : \Delta H = 0. Considérons la combustion d'une mole de \mathrm{CH_4} dans la quantité stœchiométrique d'air (2\text{ mol de }\mathrm{O_2} et 8\text{ mol de }\mathrm{N_2}) à T_0 = 27\text{ }^\circ\text{C} = 300\text{ K}. Les produits sont constitués de 1\text{ mol de }\mathrm{CO_2(g)}, 2\text{ mol de }\mathrm{H_2O} et 8\text{ mol de }\mathrm{N_2(g)}.
On décompose la transformation en :
- Réaction à T_0 formant \mathrm{H_2O(\ell)} : \Delta H_1 = \Delta_r H^\circ_1 \approx -890{,}7\text{ kJ}.
Échauffement de 2\text{ mol} de \mathrm{H_2O(\ell)} de T_0 = 300\text{ K} à T_{\text{eb}} = 373\text{ K} :
\Delta H_2 = 2\,C_p'\,(T_{\text{eb}} - T_0) = 2 \times 75 \times 73 = 10{,}95\text{ kJ}Vaporisation de 2\text{ mol} d'eau à 373\text{ K} :
\Delta H_3 = 2\,\Delta_{\text{vap}}H^\circ = 2 \times 40{,}8 = 81{,}6\text{ kJ}Échauffement des gaz jusqu'à la température finale T_f :
\begin{aligned} \Delta H_4 &= 1 \times C_p\,(T_f - T_0) + 8 \times C_p\,(T_f - T_0) + 2 \times C_p\,(T_f - T_{\text{eb}}) \\ &= 9\,C_p\,(T_f - 300) + 2\,C_p\,(T_f - 373) \\ &= 11\,C_p\,T_f - C_p\,(2700 + 746) = 11\,C_p\,T_f - 3446\,C_p \end{aligned}
Avec C_p = 21\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, le bilan \Delta H = \Delta H_1 + \Delta H_2 + \Delta H_3 + \Delta H_4 = 0 s'écrit :
(Dans l'hypothèse d'une combustion sans diazote, on obtiendrait une température encore plus élevée, de l'ordre de 10^4\text{ K}, physiquement limitée par la dissociation thermique des molécules).
Cette température est très largement supérieure à la température d'auto-inflammation de la végétation sèche (300\text{ }^\circ\text{C}). L'inflammation de telles poches de méthane constitue donc une source d'ignition redoutable et immédiate des incendies de taïga.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Partie IX : Ressources minières de la Sibérie
A · Le diamant
Question 18
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : potentiel chimique, équilibre de phases
On donne les valeurs à des potentiels chimiques standards ainsi que les masses volumiques des variétés allotropiques du carbone que sont le graphite et le diamant dans le tableau. La masse volumique est supposée invariable.
| Variété allotropique du carbone | Graphite | Diamant |
| Masse volumique | ||
| Potentiel chimique standard à |
a) Rappeler la définition du potentiel chimique d'un constituant. Quelle est la variété thermodynamiquement stable du carbone dans les conditions habituelles (, ) ? b) Établir que pour un corps pur en phase condensée, on a formule dans laquelle est le volume molaire et la pression. c) En déduire sous quelle pression les deux variétés allotropiques pourraient être en équilibre à . d) Commenter.
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Partir de la différentielle du potentiel chimique d'un corps pur \mathrm{d}\mu = V_{\text{mol}}\,\mathrm{d}P - S_{\text{mol}}\,\mathrm{d}T et intégrer l'égalité des potentiels à température ambiante constante en supposant les volumes molaires indépendants de la pression.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler la définition thermodynamique générale du potentiel chimique et son lien avec le critère d'évolution spontanée à T et P fixées.
- Exprimer la différentielle de l'enthalpie libre molaire d'un corps pur à partir de la relation fondamentale de Gibbs pour obtenir la dépendance en pression.
- Écrire la condition d'égalité des potentiels chimiques à l'équilibre et intégrer avec l'hypothèse de phase condensée incompressible pour déterminer la pression d'équilibre.
- Discuter la valeur obtenue en lien avec la géologie, la formation par impact de météorite et la notion de métastabilité cinétique.
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a) Définition du potentiel chimique et variété stable
Pour un système fermé ou ouvert de composition variable, le potentiel chimique \mu_i du constituant i est défini par :
Pour un corps pur sous une seule phase, le potentiel chimique s'identifie à son enthalpie libre molaire :
À température et pression fixées (T = 298\text{ K}, P^\circ = 1\text{ bar}), la condition d'équilibre stable correspond au minimum de l'enthalpie libre, donc au potentiel chimique standard le plus faible. D'après le tableau :
La variété thermodynamiquement stable du carbone dans les conditions ambiantes est donc le graphite.
b) Dépendance du potentiel chimique avec la pression
L'identité thermodynamique fondamentale pour un corps pur s'écrit :
Comme G(T,P,n) = n\,\mu(T,P), on a par différentiation \mathrm{d}G = n\,\mathrm{d}\mu + \mu\,\mathrm{d}n, d'où :
où S_{\text{mol}} = S/n et V_{\text{mol}} = V/n désignent respectivement l'entropie molaire et le volume molaire. À température constante (\mathrm{d}T = 0), on en déduit directement :
c) Pression d'équilibre à 298\text{ K}
Les deux variétés allotropiques sont en équilibre physico-chimique à la température T = 298\text{ K} sous une pression P_{\text{éq}} si leurs potentiels chimiques sont égaux :
Les phases étant condensées et de masse volumique \rho supposée invariable avec la pression (incompressibilité), le volume molaire V_{\text{mol}} = \frac{M}{\rho} est constant. L'intégration de la relation établie en b) entre la pression standard P^\circ = 1\text{ bar} = 10^5\text{ Pa} et P_{\text{éq}} donne pour chaque phase :
L'égalité des potentiels chimiques conduit à :
Soit, en notant que \mu^\circ_{\text{graphite}} = 0 :
Avec M(\text{C}) = 12\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 12\cdot 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} :
L'application numérique donne :
Comme P^\circ = 1\text{ bar} \ll P_{\text{éq}} :
d) Commentaire
- La pression requise pour stabiliser le diamant par rapport au graphite est gigantesque (de l'ordre de 14\,000\text{ bar}). Une augmentation de pression favorise la phase la plus dense (ici le diamant car V_{\text{mol, diam}} < V_{\text{mol, graph}}), conformément au principe de Le Chatelier.
- De telles pressions n'existent naturellement que dans les profondeurs du manteau terrestre (à plus de 150\text{ km} sous la surface) ou lors de conditions dynamiques extrêmes générées par l'impact météoritique violent évoqué dans le texte pour les gisements sibériens.
- Dans les conditions ambiantes, bien que le diamant soit thermodynamiquement instable par rapport au graphite, il subsiste indéfiniment : la transformation solide-solide implique la rupture de liaisons covalentes très fortes (hybridation \mathrm{sp^3} vers \mathrm{sp^2}) et présente une barrière d'activation considérable. Le diamant se trouve donc dans un état métastable régi par un blocage cinétique.
Résultat
B · Le nickel
Question 19
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : isotope, masse molaire
Son abondance isotopique est issue de ses cinq isotopes stables : de ; de ; de ; de complétés par . Évaluer sa masse atomique.
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Calculer la masse atomique moyenne en effectuant la somme pondérée des masses molaires isotopiques par leurs fractions molaires respectives.
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- Déterminer l'abondance isotopique de l'isotope ^{64}_{28}\mathrm{Ni} en écrivant que la somme des fractions molaires des isotopes stables vaut 100\,\%.
- Évaluer la masse atomique moyenne en effectuant la moyenne pondérée des masses des différents isotopes, assimilées au premier ordre à leurs nombres de masse respectifs A_i.
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La somme des pourcentages des cinq isotopes stables est égale à 100\,\%. L'abondance de l'isotope ^{64}_{28}\mathrm{Ni} est donc :
En l'absence des masses isotopiques exactes, on approche la masse atomique de chaque isotope par son nombre de masse A_i exprimé en unités de masse atomique (\mathrm{u}) ou en \mathrm{g}\cdot\mathrm{mol}^{-1} pour la masse molaire atomique.
La masse atomique moyenne de l'élément nickel s'évalue par la moyenne pondérée :
Soit numériquement :
En ne conservant que quatre chiffres significatifs, cohérents avec les abondances fournies :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 20
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : maille cubique à faces centrées, site interstitiel
Le nickel cristallise dans la structure cubique à faces centrées. a) Évaluer son paramètre de maille ainsi que son rayon atomique , sachant que sa masse volumique vaut . b) Indiquer les sites d'insertion tétraédriques et octaédriques de la structure cristalline. Calculer le rayon maximal que peut avoir un atome qui se placerait sur un site octaédrique. On peut montrer de même que la taille maximale du rayon d'occupation d'un site tétraédrique dans le nickel vaut . La taille des atomes de fer vaut . Les alliages du nickel appelés ferronickel sont-ils des alliages de substitution ou d'insertion ?
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Exprimer la masse volumique du réseau cubique à faces centrées \rho = \frac{4 M}{N_A a^3}, exploiter la condition de contact suivant la diagonale d'une face, puis analyser la coordinence des sites d'insertion par rapport au rayon de l'atome de fer.
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- Pour la question a), dénombrer les atomes par maille cubique à faces centrées (CFC) pour relier la masse volumique \rho au paramètre de maille a, puis utiliser la condition de contact le long de la diagonale d'une face pour en déduire le rayon atomique R(\mathrm{Ni}).
- Pour la question b), situer géométriquement les sites d'insertion, exprimer la condition de contact le long d'une arête pour le site octaédrique, et comparer le rayon atomique du fer R(\mathrm{Fe}) aux rayons des sites et à celui du nickel.
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a) Paramètre de maille et rayon atomique du nickel
Dans une maille cubique à faces centrées (CFC) :
- Les 8 atomes aux sommets sont partagés entre 8 mailles ;
- Les 6 atomes au centre des faces sont partagés entre 2 mailles.
La population de la maille est donc :
La masse volumique s'exprime par le quotient de la masse de la maille par son volume V = a^3 :
où N_A \approx 6{,}022\cdot 10^{23}\text{ mol}^{-1} et M(\mathrm{Ni}) \approx 58{,}76\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 58{,}76\cdot 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} (d'après Q19). On en déduit :
Application numérique :
Dans le réseau CFC, les atomes de nickel sont en contact le long de la diagonale d'une face du cube :
Application numérique :
b) Sites d'insertion et nature du ferronickel
Sites octaédriques : ils sont situés au centre du cube (coordonnées réduites \left(\frac{1}{2}, \frac{1}{2}, \frac{1}{2}\right)) et au milieu des 12 arêtes (par exemple \left(\frac{1}{2}, 0, 0\right)). La maille en compte en propre :
N_{\text{octa}} = 1 \times 1 + 12 \times \frac{1}{4} = 4\text{ sites octaédriques par maille}.Sites tétraédriques : ils sont situés au centre des 8 sous-cubes de côté a/2 (coordonnées réduites \left(\pm \frac{1}{4}, \pm \frac{1}{4}, \pm \frac{1}{4}\right) par rapport au centre). La maille en compte en propre :
N_{\text{tétra}} = 8 \times 1 = 8\text{ sites tétraédriques par maille}.
Calcul du rayon maximal d'insertion dans un site octaédrique :
Le long d'une arête du cube, le site octaédrique est compris entre deux atomes de nickel situés aux sommets. À la limite de contact sans distorsion du réseau :
Comme a = 2\sqrt{2}\,R(\mathrm{Ni}), on obtient l'habitabilité du site octaédrique :
Application numérique :
Nature de l'alliage ferronickel :
Le rayon atomique du fer vaut R(\mathrm{Fe}) = 124\text{ pm}. On constate que :
Le fer est bien trop volumineux pour s'insérer dans les interstices de la maille. En revanche, sa taille est quasiment identique à celle du nickel :
Les atomes de fer se substituent donc aux atomes de nickel aux nœuds du réseau :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 21
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : enthalpie libre standard de réaction, constante d'équilibre
Le procédé Mond est un procédé de purification à du métal qui utilise la facilité unique du nickel à former du tétracarbonyle . Le nickel, obtenu par réduction du minerai, est un produit solide impur contenant du cobalt, du fer et du cuivre. Le résidu métallique est traité au monoxyde de carbone à une température d'environ à car seul le nickel réagit au dans ces conditions pour former un carbonyle gazeux :
Le mélange gazeux de monoxyde de carbone et de tétracarbonyle de nickel est alors chauffé à une température d'environ à pour décomposer le , qui donne du nickel métallique : , le nickel étant, cette fois, pur.
a) Établir l'expression de l'enthalpie libre associée à la réaction :
au-dessus de , où et sont des constantes numériques à déterminer. Pour quelle température , obtient-on ? Calculer la constante d'équilibre de cette réaction à et à . b) Commenter les signes de et . Quel est l'effet d'une augmentation isobare de température ? Quel est l'effet d'une augmentation isotherme de pression ? c) La carbonylation industrielle est réalisée dans des fours à tambours rotatifs, à la température et à la pression standard . Pourquoi le four doit-il donc être vigoureusement refroidi à l'eau pour rester à ? Évaluer la quantité de chaleur évacuée par l'eau de refroidissement pour la transformation d'une tonne de nickel en carbonyle. Évaluer la fraction molaire du tétracarbonyle dans ces conditions, une fois l'équilibre atteint, en supposant que la réaction est très avancée dans le sens de l'écriture.
Mais la pénétration du monoxyde de carbone dans l'alliage de nickel au cours de la carbonylation est très lente à . Pour augmenter la vitesse de réaction, on travaille à une plus haute température égale à et à une plus forte pression . d) Quel sera l'état physique du tétracarbonyle de nickel ? On rappelle que l'équilibre de phase obéit à la loi de Van 't Hoff. e) Vérifier que la fraction molaire de tétracarbonyle vaut environ à l'équilibre. Commenter.
Voir l'indiceIndice
Calculer \Delta_r H^\circ et \Delta_r S^\circ de la réaction de synthèse du tétracarbonyle de nickel, en déduire la température d'inversion par \Delta_r G^\circ(T_i) = 0 et étudier le déplacement de l'équilibre sous l'effet d'une surpression.
Voir la stratégieStratégie
- Pour l'enthalpie libre de réaction, on utilise la relation \Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T\Delta_r S^\circ (approximation d'Ellingham) en faisant attention à l'état gazeux de \mathrm{Ni(CO)}_4 au-dessus de sa température d'ébullition T_{\text{vap}} = 316\text{ K}.
- La loi de modération de Le Chatelier ou les relations de Van 't Hoff permettent de prédire l'influence des grandeurs intensives (T et P).
- Pour le changement d'état sous haute pression, on applique la formule de Clapeyron intégrée (loi de Van 't Hoff appliquée à la vaporisation) pour calculer la pression de vapeur saturante P_{\text{sat}}(T_2).
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a) Pour la réaction \mathrm{Ni}_{(\mathrm{s})} + 4\,\mathrm{CO}_{(\mathrm{g})} = \mathrm{Ni}(\mathrm{CO})_{4(\mathrm{g})}, déterminons les grandeurs de réaction au-dessus de T_{\text{vap}} = 316\text{ K}.
L'équilibre liquide-vapeur du tétracarbonyle à T_{\text{vap}} = 316\text{ K} sous P^\circ = 1\text{ bar} impose \Delta_{\text{vap}} G^\circ(T_{\text{vap}}) = 0, soit :
D'après la loi de Hess, les grandeurs relatives à \mathrm{Ni}(\mathrm{CO})_{4(\mathrm{g})} sont :
On en déduit l'enthalpie standard et l'entropie standard de réaction :
L'enthalpie libre standard s'écrit \Delta_r G^\circ(T) = \Delta_r H^\circ - T\Delta_r S^\circ = \alpha + \beta T, d'où :
La température d'inversion T_i vérifie \Delta_r G^\circ(T_i) = 0 :
La constante d'équilibre est donnée par K^\circ(T) = \exp\left(-\frac{\Delta_r G^\circ(T)}{RT}\right) :
À T = 50\text{ }^\circ\text{C} = 323{,}15\text{ K} : \Delta_r G^\circ(323) = -158\cdot 10^3 + 407{,}1 \times 323{,}15 \approx -26{,}4\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1},
\boxed{K^\circ(50\text{ }^\circ\text{C}) = \exp\left(\frac{26{,}4\cdot 10^3}{8{,}31 \times 323{,}15}\right) \approx 1{,}9\cdot 10^4}À T = 160\text{ }^\circ\text{C} = 433{,}15\text{ K} : \Delta_r G^\circ(433) = -158\cdot 10^3 + 407{,}1 \times 433{,}15 \approx +18{,}3\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1},
\boxed{K^\circ(160\text{ }^\circ\text{C}) = \exp\left(-\frac{18{,}3\cdot 10^3}{8{,}31 \times 433{,}15}\right) \approx 6{,}3\cdot 10^{-3}}
b)
- \alpha = \Delta_r H^\circ < 0 traduit le caractère fortement exothermique de la réaction.
- \beta = -\Delta_r S^\circ > 0 correspond à une diminution d'entropie (\Delta_r S^\circ < 0), cohérente avec la disparition de trois moles de gaz (\Delta \nu_g = 1 - 4 = -3 < 0).
- Augmentation isobare de température : d'après la loi de Van 't Hoff, \frac{\mathrm{d}\ln K^\circ}{\mathrm{d}T} = \frac{\Delta_r H^\circ}{RT^2} < 0. K^\circ diminue, donc une augmentation de température favorise le sens indirect (endothermique), ce qui décompose le tétracarbonyle.
- Augmentation isotherme de pression : d'après le principe de modération de Le Chatelier, une hausse de pression déplace l'équilibre dans le sens d'une diminution de la quantité de matière gazeuse (\Delta \nu_g = -3 < 0), soit dans le sens direct (formation de \mathrm{Ni}(\mathrm{CO})_4).
c) La réaction étant très exothermique, la formation de \mathrm{Ni}(\mathrm{CO})_4 libère beaucoup d'énergie thermique. Sans refroidissement, la température du réacteur monterait, ce qui déplacerait l'équilibre dans le sens indirect et chuterait le rendement. Le réacteur doit donc être refroidi.
Pour une tonne de nickel pur (m = 10^6\text{ g}), avec M(\mathrm{Ni}) \approx 58{,}7\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}, la quantité de matière transformée est :
La chaleur reçue à pression constante est Q_p = \xi \Delta_r H^\circ = -2{,}69\cdot 10^9\text{ J}. La chaleur évacuée par le fluide de refroidissement vaut donc :
À l'équilibre, avec la fraction molaire x de \mathrm{Ni}(\mathrm{CO})_4 et (1-x) pour \mathrm{CO}, sous P = P^\circ = 1\text{ bar} :
Comme K^\circ \gg 1, la réaction est très avancée (x \approx 1), d'où :
d) L'équilibre de vaporisation liquide-gaz obéit à la loi de Van 't Hoff :
Pour T_2 = 433\text{ K} et T_{\text{vap}} = 316\text{ K} sous P^\circ = 1\text{ bar} :
La pression totale appliquée au système est P = 20\text{ bar}. Comme P < P_{\text{sat}}(T_2), la pression partielle maximale de \mathrm{Ni}(\mathrm{CO})_4 est strictement inférieure à P_{\text{sat}} : il ne peut pas y avoir condensation. Le tétracarbonyle de nickel est donc à l'état gazeux.
e) À T_2 = 433\text{ K} et P = 20\text{ bar}, la constante d'équilibre s'exprime en fonction des fractions molaires :
Ce qui conduit à :
Pour la valeur x = 0{,}66 :
On vérifie bien que \boldsymbol{x \approx 0{,}66} à l'équilibre.
Commentaire : L'élévation de température (160\text{ }^\circ\text{C} au lieu de 50\text{ }^\circ\text{C}) permet d'accélérer considérablement la cinétique de réaction (vitesse de pénétration du \mathrm{CO}). Bien qu'elle soit thermodynamiquement défavorable (K^\circ chute de 10^4 à 10^{-3}), l'application d'une haute pression de 20\text{ bar} déplace l'équilibre vers la formation de produit et compense cette baisse, maintenant une conversion remarquable (66\,\%).
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.