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Corrigé détaillé CCINP Physique MP 2025 (page 2/3 : Partie II (questions 18 à 35))

La planète Terre

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Partie II : Mesure du niveau des océans (suite)

II.1.2 · Compression d'impulsion

Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : fréquence instantanée, modulation de fréquence

Montrer que le signal décrit par l'équation (4) correspond bien à une fréquence variant linéairement avec le temps entre les instants et , en explicitant la fréquence centrale et la largeur de la bande de fréquences.

Voir l'indice

Dériver la phase totale \Psi(t) par rapport au temps pour expliciter f_e(t), puis évaluer sa plage de variation entre -\tau/2 et \tau/2.

Voir la stratégie
  1. Identifier la phase instantanée \Psi(t) du signal émis e(t) d'après l'équation (4).
  2. Appliquer la relation de définition de la fréquence instantanée f_e(t) = \frac{1}{2\pi}\frac{\mathrm{d}\Psi(t)}{\mathrm{d}t} pour montrer qu'elle varie de façon affine (linéaire) en fonction de t.
  3. En déduire la fréquence centrale f_c = f_e(0) au milieu de l'impulsion et l'excursion en fréquence (largeur de bande) B = f_e(\tau/2) - f_e(-\tau/2).
Voir la réponse courte

Dérivation de la phase par rapport au temps pour obtenir la fréquence instantanée f(t) = f_c + (B/\tau)t, variant sur une largeur B.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (4), le signal s'écrit pour t \in [-\tau/2, \, \tau/2] sous la forme :

e(t) = A_0 \cos(\Psi(t)) \quad \text{avec} \quad \Psi(t) = 2\pi\left(f_0 t + \frac{K}{2}t^2\right)

Par définition de la fréquence instantanée f_e(t), on dérive la phase par rapport au temps :

f_e(t) = \frac{1}{2\pi}\frac{\mathrm{d}\Psi(t)}{\mathrm{d}t} = \frac{1}{2\pi} \cdot 2\pi (f_0 + K t)

soit :

f_e(t) = f_0 + K t

La fréquence instantanée f_e(t) est une fonction affine du temps de pente constante K = \frac{\mathrm{d}f_e}{\mathrm{d}t} : elle varie donc bien linéairement avec le temps sur l'intervalle [-\tau/2, \, \tau/2].

  • Fréquence centrale f_c : elle correspond à la valeur moyenne de la fréquence ou à sa valeur au centre temporel de l'impulsion (t = 0) :

    f_c = f_e(0) = \frac{f_e(-\tau/2) + f_e(\tau/2)}{2} = f_0
    \boxed{f_c = f_0}
  • Largeur de bande B : elle correspond à l'excursion totale en fréquence sur la durée \tau de l'impulsion (avec K > 0 d'après la figure 8) :

    \begin{aligned} B &= f_e\left(\frac{\tau}{2}\right) - f_e\left(-\frac{\tau}{2}\right) \\ &= \left(f_0 + K\frac{\tau}{2}\right) - \left(f_0 - K\frac{\tau}{2}\right) = K\tau \end{aligned}
    \boxed{B = K\tau}

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : compression d'impulsion, résolution spatiale

Exprimer le plus petit écart de distances discernables pour un tel signal en fonction de et de . Faire l'application numérique pour le cas des satellites Jason, sachant que la bande de fréquences utilisée dans ceux-ci est de largeur . Commenter.

Voir l'indice

Trouver le premier zéro de la fonction sinus cardinal pour déterminer la durée minimale séparant deux échos, puis convertir en distance.

Voir la stratégie
  1. Déterminer l'instant de la première annulation de l'enveloppe en sinus cardinal pour en déduire la séparation temporelle minimale entre deux échos.
  2. Relier ce décalage temporel au plus petit écart de distances discernable \Delta d_{\min} via la durée d'aller-retour.
  3. Réaliser l'application numérique et comparer la résolution obtenue à celle de l'impulsion non compressée de la question Q17.
Voir la réponse courte

La durée équivalente vaut 1/B, d'où \Delta d_{\min} = c/(2B) \simeq 47\text{ cm} : résolution altimétrique grandement améliorée grâce à la compression d'impulsion.

Voir le corrigé complet

L'enveloppe du signal en sortie du filtre adapté est proportionnelle à la fonction sinus cardinal :

\operatorname{sinc}\bigl(\pi K\tau (t - t_R)\bigr) = \frac{\sin\bigl(\pi K\tau (t - t_R)\bigr)}{\pi K\tau (t - t_R)}

Le maximum de cette enveloppe est atteint pour t = t_R (où \operatorname{sinc}(0) = 1). La première annulation se produit lorsque l'argument du sinus cardinal atteint \pi, soit :

\pi K\tau \, |t - t_R| = \pi \implies \Delta t_{\text{ann}} = \frac{1}{K\tau}

D'après la question Q18, la largeur de la bande de fréquences vaut B = K\tau, d'où :

\Delta t_{\text{ann}} = \frac{1}{B}

Le retard de réception entre deux échos associés à deux cibles séparées d'une distance \Delta d = d' - d correspond au temps d'aller-retour supplémentaire :

\Delta t_R = t'_R - t_R = \frac{2\Delta d}{c}

Selon le critère de discernabilité imposé, les deux échos sont séparables si le délai entre leurs maxima vérifie \Delta t_R \ge \Delta t_{\text{ann}}, ce qui conduit au plus petit écart de distances discernable :

\frac{2\Delta d_{\min}}{c} = \frac{1}{B}
\boxed{\Delta d_{\min} = \frac{c}{2B}}

Application numérique : avec c = 3,0 \cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} et B = 320\text{ MHz} = 3,2 \cdot 10^8\text{ Hz} :

\Delta d_{\min} = \frac{3,0 \cdot 10^8}{2 \times 3,2 \cdot 10^8} \simeq 0,47\text{ m} \simeq 0,5\text{ m}
\boxed{\Delta d_{\min} \simeq 0,5\text{ m}}

Commentaire :

  • La résolution spatiale passe de 17\text{ km} pour l'impulsion simple non modulée (Q17) à environ 0,5\text{ m} (soit 47\text{ cm}) grâce à la compression d'impulsion, ce qui représente un gain d'un facteur d'environ 3,5 \cdot 10^4.
  • La technique du « chirp » permet ainsi de concilier une grande énergie émise (longue durée d'impulsion \tau \simeq 110\,\mu\text{s}, assurant un bon rapport signal sur bruit) avec une résolution temporelle effective extrêmement fine (\tau_{\text{eff}} \sim 1/B \simeq 3\text{ ns}), indispensable pour l'altimétrie spatiale de précision.

Résultat

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II.2 · Traversée de l'ionosphère

Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : onde plane, polarisation d'une onde

Identifier la direction de propagation éventuelle et la polarisation de l'onde.

Voir l'indice

Examiner la dépendance de phase spatiale en z et la direction vectorielle portée par \vec{e}_x.

Voir la réponse courte

Propagation selon +O_x (phase en \omega t - kx) et polarisation rectiligne suivant l'axe Oy (champ électrique colinéaire à \vec{e}_y).

Voir le corrigé complet

L'expression du champ électrique complexe associée à l'onde s'écrit :

\underline{\vec{E}}(M, t) = E_0 e^{i(\omega t - k(z-z_0))} \vec{e}_x
  1. Direction de propagation éventuelle : La dépendance spatiale de la phase ne fait intervenir que la coordonnée d'espace z. Dans l'éventualité où une propagation a lieu (c'est-à-dire si le nombre d'onde k admet une partie réelle strictement positive), les surfaces équiphases sont les plans d'équation z = \text{cte}.

    L'onde se propage alors selon la direction de l'axe (Oz), dans le sens des z croissants, soit selon le vecteur unitaire \vec{e}_z (direction verticale descendante, dirigée du satellite vers la surface de l'océan).

    \boxed{\text{Direction et sens de propagation éventuelle : selon } +\vec{e}_z \text{ (verticale descendante)}}
  2. Polarisation de l'onde : Le champ électrique est à tout instant colinéaire au vecteur unitaire fixe \vec{e}_x. Sa direction spatiale restant constante au cours du temps et orthogonale à la direction de propagation (\vec{e}_x \cdot \vec{e}_z = 0), l'onde présente une :

    \boxed{\text{Polarisation rectiligne selon la direction de l'axe } (Ox) \text{ (portée par } \vec{e}_x\text{)}}

Résultat

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Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : force de lorentz, approximation non relativiste

Déterminer la condition pour laquelle la composante magnétique de la force de Lorentz exercée par l'onde sur les charges peut être négligée devant la composante électrique. On supposera cette condition respectée dans la suite du sujet.

Voir l'indice

Comparer les ordres de grandeur des forces électrique qE et magnétique qvB en utilisant la relation de structure dans le vide E \sim cB.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les deux composantes de la force de Lorentz subie par une particule de charge q et de vitesse \vec{v}.
  2. Utiliser l'hypothèse de l'énoncé sur le rapport des amplitudes E et B pour relier le champ magnétique au champ électrique.
  3. Établir le rapport des normes de ces deux forces afin d'en déduire la condition recherchée.
Voir la réponse courte

Le rapport des forces vaut v B / E \sim v/c : la composante magnétique est négligeable devant la composante électrique si la vitesse est non relativiste (v \ll c).

Voir le corrigé complet

Une particule de charge q animée d'une vitesse \vec{v} dans le plasma est soumise à la force de Lorentz :

\vec{F}_L = \vec{F}_e + \vec{F}_m = q\vec{E} + q(\vec{v}\wedge\vec{B})

L'ordre de grandeur de la composante électrique de cette force est :

\|\vec{F}_e\| = |q| E

et celui de la composante magnétique est majoré par :

\|\vec{F}_m\| \le |q| v B

D'après l'énoncé, le rapport des amplitudes du champ magnétique et du champ électrique dans le plasma est du même ordre de grandeur que dans le vide, soit :

B \sim \frac{E}{c}

Le rapport des normes s'écrit alors :

\frac{\|\vec{F}_m\|}{\|\vec{F}_e\|} \sim \frac{v B}{E} \sim \frac{v}{c}

Pour que la composante magnétique soit négligeable devant la composante électrique (\|\vec{F}_m\| \ll \|\vec{F}_e\|), la vitesse des particules chargées doit vérifier la condition :

\boxed{v \ll c}

Le mouvement des électrons et des cations doit donc être non relativiste.

Résultat

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : modèle de drude, plasma

En utilisant le principe fondamental de la dynamique appliqué à un électron puis à un cation, exprimer en notation complexe les vitesses et dont sont respectivement animés les électrons et les cations en régime sinusoïdal forcé, en fonction de , , et de la masse ou de la particule considérée.

Voir l'indice

Appliquer le PFD en régime harmonique permanent en remplaçant la dérivée temporelle par une multiplication par i\omega.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique à chaque type de particule chargée dans le référentiel d'étude en ne retenant que la force électrique, conformément à la simplification validée en Q21.
  2. Passer en régime sinusoïdal forcé avec la convention temporelle en e^{i\omega t} de l'énoncé (\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t} \leftrightarrow i\omega) pour isoler les vitesses complexes.
Voir la réponse courte

PFD m \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = q\vec{E} en régime harmonique i\omega m \vec{\underline{v}} = q\vec{\underline{E}}, d'où \vec{\underline{v}}_e = -\frac{e}{i\omega m_e}\vec{\underline{E}} et \vec{\underline{v}}_c = \frac{e}{i\omega m_c}\vec{\underline{E}}.

Voir le corrigé complet

On étudie le mouvement d'une particule chargée dans le référentiel lié au satellite, considéré comme galiléen. D'après le résultat de la question Q21, la composante magnétique de la force de Lorentz est négligeable devant la composante électrique. De plus, le poids est totalement négligeable devant l'action du champ électrique de l'onde, et l'agitation thermique est écartée par hypothèse.

Mouvement d'un électron : L'électron, de masse m_e et de charge q_e = -e, est soumis à la seule force électrique :

\vec{F}_e = -e \vec{E}(M,t)

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

m_e \frac{\mathrm{d}\vec{v}_e}{\mathrm{d}t} = -e \vec{E}(M,t)

En adoptant la représentation complexe associée à l'évolution temporelle harmonique en e^{i\omega t}, la dérivation temporelle se traduit par une multiplication par i\omega :

i m_e \omega \, \underline{\vec{v}}_e = -e \, \underline{\vec{E}}(M,t)

On en déduit l'expression de la vitesse complexe de l'électron :

\boxed{\underline{\vec{v}}_e = -\frac{e}{i m_e \omega}\,\underline{\vec{E}}(M,t) = \frac{ie}{m_e \omega}\,\underline{\vec{E}}(M,t)}

Mouvement d'un cation : Le cation, de masse m_c et de charge q_c = +e, est soumis à la force électrique :

\vec{F}_c = +e \vec{E}(M,t)

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit de même :

m_c \frac{\mathrm{d}\vec{v}_c}{\mathrm{d}t} = +e \vec{E}(M,t)

En notation complexe :

i m_c \omega \, \underline{\vec{v}}_c = +e \, \underline{\vec{E}}(M,t)

D'où l'expression de la vitesse complexe du cation :

\boxed{\underline{\vec{v}}_c = \frac{e}{i m_c \omega}\,\underline{\vec{E}}(M,t) = -\frac{ie}{m_c \omega}\,\underline{\vec{E}}(M,t)}

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : conductivité complexe, pulsation plasma

En utilisant le fait que la masse des cations est bien plus grande que celle des électrons, montrer à partir de la question précédente que la conductivité complexe du plasma peut s'écrire de façon approchée :

où la grandeur , appelée pulsation plasma, est à exprimer en fonction de , , et de .

Voir l'indice

Exprimer le vecteur densité de courant volumique \vec{j} = n e (\vec{v}_c - \vec{v}_e), négliger la contribution ionique et identifier \vec{j} = \underline{\gamma}\vec{E}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur densité volumique de courant complexe \underline{\vec{j}} comme la somme des contributions des électrons et des cations.
  2. Remplacer les vitesses complexes obtenues en Q22 et appliquer l'approximation m_c \gg m_e pour négliger la contribution ionique.
  3. Identifier la conductivité complexe \underline{\gamma}(\omega) via la loi d'Ohm locale \underline{\vec{j}} = \underline{\gamma}(\omega)\underline{\vec{E}}, puis identifier l'expression de la pulsation plasma \omega_p.
Voir la réponse courte

Densité de courant \vec{\underline{j}} \simeq -n e \vec{\underline{v}}_e, identification avec la loi d'Ohm locale \vec{\underline{j}} = \underline{\gamma}\vec{\underline{E}} et définition de \omega_p = \sqrt{n e^2/(\varepsilon_0 m_e)}.

Voir le corrigé complet

Le milieu contient n électrons de charge -e et n cations de charge +e par unité de volume. Le vecteur densité volumique de courant s'écrit donc :

\vec{j} = n(-e)\vec{v}_e + n(+e)\vec{v}_c

En notation complexe, à la pulsation \omega :

\underline{\vec{j}} = -ne\,\underline{\vec{v}}_e + ne\,\underline{\vec{v}}_c

En injectant les expressions des vitesses complexes établies à la question Q22 :

\begin{aligned} \underline{\vec{j}} &= -ne\left(\frac{ie}{m_e\omega}\underline{\vec{E}}\right) + ne\left(-\frac{ie}{m_c\omega}\underline{\vec{E}}\right) \\ &= -i\frac{ne^2}{\omega}\left(\frac{1}{m_e} + \frac{1}{m_c}\right)\underline{\vec{E}} \end{aligned}

Comme la masse des cations est très supérieure à celle des électrons (m_c \gg m_e), on a \frac{1}{m_c} \ll \frac{1}{m_e}, d'où :

\frac{1}{m_e} + \frac{1}{m_c} \simeq \frac{1}{m_e}

Le courant volumique est donc quasi exclusivement porté par les électrons, plus légers et plus mobiles :

\underline{\vec{j}} \simeq -i\frac{ne^2}{m_e\omega}\,\underline{\vec{E}}

D'après la loi d'Ohm locale sous forme complexe \underline{\vec{j}} = \underline{\gamma}(\omega)\underline{\vec{E}}, la conductivité complexe s'identifie à :

\underline{\gamma}(\omega) = -i\frac{ne^2}{m_e\omega} = -i\varepsilon_0 \frac{\omega_p^2}{\omega}

avec :

\boxed{\omega_p = \sqrt{\frac{n e^2}{m_e \varepsilon_0}}}

Résultat

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : onde transverse, conservation de la charge

Le plasma est localement neutre avant le passage de l'onde. Expliquer quelle caractéristique de l'onde électromagnétique permet d'écrire que la densité volumique de charge reste nulle même en présence de l'onde.

Voir l'indice

Utiliser l'équation de Maxwell-Gauss et la transversalité de l'onde plane pour relier \vec{\nabla}\cdot\vec{E} à la densité de charge.

Voir la stratégie
  1. Identifier la relation liant la densité volumique de charge \rho aux grandeurs électromagnétiques (équation de Maxwell-Gauss ou équation de conservation de la charge).
  2. Exprimer la divergence du champ électrique (ou de la densité de courant) à partir de la structure de l'onde donnée dans l'énoncé pour en déduire la caractéristique physique demandée.
Voir la réponse courte

L'onde étant plane transverse, \mathrm{div}\,\vec{E} = 0, ce qui implique d'après l'équation de Maxwell-Gauss une neutralité volumique locale maintenue (\rho = 0).

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, le champ électrique de l'onde s'écrit :

\vec{E}(M, t) = E_0 \cos\bigl(\omega t - k(z - z_0)\bigr)\,\vec{e}_x

Ce champ est dirigé selon \vec{e}_x et ne dépend spatialement que de la coordonnée z. Par conséquent, sa divergence est identiquement nulle :

\mathrm{div}\,\vec{E} = \frac{\partial E_x}{\partial x} + \frac{\partial E_y}{\partial y} + \frac{\partial E_z}{\partial z} = \frac{\partial E_x}{\partial x} = 0

D'après l'équation de Maxwell-Gauss :

\mathrm{div}\,\vec{E} = \frac{\rho}{\varepsilon_0} \implies \rho = 0

De façon équivalente, la densité de courant induite \vec{j} = \gamma\,\vec{E} est purement selon \vec{e}_x et ne dépend que de z, d'où \mathrm{div}\,\vec{j} = 0. L'équation locale de conservation de la charge s'écrit alors :

\frac{\partial \rho}{\partial t} + \mathrm{div}\,\vec{j} = 0 \implies \frac{\partial \rho}{\partial t} = 0

Le plasma étant localement neutre avant le passage de l'onde (\rho = 0), il conserve cette neutralité à tout instant.

La caractéristique de l'onde qui assure ce résultat est donc son caractère transverse (\vec{E} \perp \vec{k} avec un champ spatialement homogène dans les plans d'onde orthogonaux à la direction de propagation).

Question déjà tombée ailleurs

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de maxwell, relation de dispersion

Écrire les équations de Maxwell dans le plasma sous forme complexe. Montrer que la relation de dispersion peut s'écrire :

Voir l'indice

Projeter le rotationnel de Maxwell-Faraday combiné à Maxwell-Ampère en tenant compte du terme de courant \vec{j} = \underline{\gamma}\vec{E}.

Voir la stratégie
  1. Écrire les quatre équations de Maxwell en notation complexe pour une onde plane progressive harmonique, en tenant compte de la neutralité locale \rho = 0 et de la loi d'Ohm locale \underline{\vec{\jmath}} = \underline{\gamma}(\omega)\underline{\vec{E}}.
  2. Utiliser l'identité du double produit vectoriel appliquée à \vec{k}\wedge(\vec{k}\wedge\underline{\vec{E}}) ou le rotationnel du rotationnel pour combiner les équations de Maxwell-Faraday et de Maxwell-Ampère.
  3. Injecter l'expression de la conductivité complexe \underline{\gamma}(\omega) obtenue à la question Q23 pour en déduire la relation de dispersion demandée.
Voir la réponse courte

Prise du rotationnel de Maxwell-Faraday et injection de Maxwell-Ampère avec courant de conduction \vec{\underline{j}} = \underline{\gamma}\vec{\underline{E}}, conduisant à la relation de dispersion.

Voir le corrigé complet

Pour une pseudo-onde plane progressive harmonique de la forme \underline{\vec{E}}(M, t) = \underline{\vec{E}}_0 e^{i(\omega t - \vec{k}\cdot\vec{r})} avec \vec{k} = k\vec{e}_z, les opérateurs différentiels d'espace et de temps se traduisent par :

\frac{\partial}{\partial t} \longleftrightarrow i\omega \quad \text{et} \quad \vec{\nabla} \longleftrightarrow -i\vec{k}

Dans le plasma, la densité volumique de charge est nulle (\rho = 0, question Q24) et le vecteur densité volumique de courant s'écrit \underline{\vec{\jmath}} = \underline{\gamma}(\omega)\underline{\vec{E}}. Les équations de Maxwell s'écrivent donc sous forme complexe :

\begin{aligned} \text{Maxwell-Gauss} \quad & : \quad \mathrm{div}\,\underline{\vec{E}} = 0 \iff -i\vec{k}\cdot\underline{\vec{E}} = 0 \\ \text{Maxwell-Thomson} \quad & : \quad \mathrm{div}\,\underline{\vec{B}} = 0 \iff -i\vec{k}\cdot\underline{\vec{B}} = 0 \\ \text{Maxwell-Faraday} \quad & : \quad \vec{\mathrm{rot}}\,\underline{\vec{E}} = -\frac{\partial\underline{\vec{B}}}{\partial t} \iff \vec{k}\wedge\underline{\vec{E}} = \omega\underline{\vec{B}} \\ \text{Maxwell-Ampère} \quad & : \quad \vec{\mathrm{rot}}\,\underline{\vec{B}} = \mu_0\underline{\vec{\jmath}} + \frac{1}{c^2}\frac{\partial\underline{\vec{E}}}{\partial t} \iff -i\vec{k}\wedge\underline{\vec{B}} = \mu_0\underline{\gamma}(\omega)\underline{\vec{E}} + \frac{i\omega}{c^2}\underline{\vec{E}} \end{aligned}

Appliquons le produit vectoriel par \vec{k} à l'équation de Maxwell-Faraday :

\vec{k}\wedge(\vec{k}\wedge\underline{\vec{E}}) = \omega(\vec{k}\wedge\underline{\vec{B}})

D'après la formule du double produit vectoriel fournie en préambule :

\vec{k}\wedge(\vec{k}\wedge\underline{\vec{E}}) = (\vec{k}\cdot\underline{\vec{E}})\vec{k} - k^2\underline{\vec{E}} = -k^2\underline{\vec{E}} \quad (\text{car } \vec{k}\cdot\underline{\vec{E}} = 0)

D'autre part, en utilisant l'expression de \underline{\gamma}(\omega) = -i\varepsilon_0 \frac{\omega_p^2}{\omega} (question Q23) et la relation c^2\varepsilon_0\mu_0 = 1 dans Maxwell-Ampère :

\begin{aligned} \vec{k}\wedge\underline{\vec{B}} &= i\mu_0\underline{\gamma}(\omega)\underline{\vec{E}} - \frac{\omega}{c^2}\underline{\vec{E}} \\ &= i\mu_0\left(-i\varepsilon_0\frac{\omega_p^2}{\omega}\right)\underline{\vec{E}} - \frac{\omega}{c^2}\underline{\vec{E}} \\ &= \frac{\omega_p^2}{c^2\omega}\underline{\vec{E}} - \frac{\omega}{c^2}\underline{\vec{E}} = -\frac{\omega^2 - \omega_p^2}{\omega c^2}\underline{\vec{E}} \end{aligned}

En reportant cette expression dans la relation vectorielle précédente :

-k^2\underline{\vec{E}} = \omega\left(-\frac{\omega^2 - \omega_p^2}{\omega c^2}\underline{\vec{E}}\right) = -\frac{\omega^2 - \omega_p^2}{c^2}\underline{\vec{E}}

Comme l'amplitude \underline{\vec{E}} est non nulle, on en déduit la relation de dispersion :

\boxed{k^2 = \frac{\omega^2 - \omega_p^2}{c^2}}

Résultat

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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : onde évanescente, épaisseur de peau

Donner l'expression de en fonction de , et de , en justifiant soigneusement le choix de la solution de l'équation 5. Établir les expressions des champs réels et , en faisant apparaître une distance caractéristique dont on donnera l'expression en fonction de , et de . Indiquer le nom donné à ce type d'onde.

Voir l'indice

Poser k^2 < 0, choisir la racine assurant l'extinction de l'onde pour z \to +\infty et utiliser Maxwell-Faraday pour déduire le champ magnétique.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation de dispersion (5) pour \omega < \omega_p, ce qui conduit à un nombre d'onde imaginaire pur, puis retenir la détermination physiquement acceptable garantissant l'atténuation de l'onde pour z > z_0.
  2. Identifier la longueur caractéristique d'atténuation \delta et en déduire le champ électrique réel \vec{E}(M,t).
  3. Déterminer le champ magnétique complexe à l'aide de l'équation de Maxwell-Faraday, puis passer à la grandeur réelle \vec{B}(M,t) et nommer la structure de l'onde obtenue.
Voir la réponse courte

k = -i/\delta avec \delta = c/\sqrt{\omega_p^2 - \omega^2} assurant l'atténuation dans l'espace ; onde stationnaire évanescente sans propagation de phase.

Voir le corrigé complet

D'après la relation de dispersion (équation 5) :

k^2 = \frac{\omega^2 - \omega_p^2}{c^2}

Pour \omega < \omega_p, on a k^2 < 0. Les solutions sont donc imaginaires pures :

k = \pm i \frac{\sqrt{\omega_p^2 - \omega^2}}{c}

Le champ électrique complexe s'écrit :

\underline{\vec{E}}(M, t) = E_0 \, e^{i(\omega t - k(z-z_0))} \, \vec{e}_x = E_0 \, e^{-i k (z-z_0)} \, e^{i\omega t} \, \vec{e}_x

L'onde pénètre dans l'ionosphère en z = z_0 et se propage vers les z > z_0 (l'axe Oz étant vertical descendant). En l'absence de source à l'infini, l'amplitude de l'onde doit rester bornée lorsque z - z_0 > 0. Il faut donc que le terme spatial soit exponentiellement décroissant, soit -ik < 0. On retient ainsi la racine à partie imaginaire négative :

\boxed{k = -i \frac{\sqrt{\omega_p^2 - \omega^2}}{c}}

En introduisant la distance caractéristique d'atténuation (ou profondeur de pénétration) :

\boxed{\delta = \frac{c}{\sqrt{\omega_p^2 - \omega^2}}}

le nombre d'onde s'écrit k = -\dfrac{i}{\delta}, d'où le champ électrique complexe :

\underline{\vec{E}}(M, t) = E_0 \, e^{-\frac{z-z_0}{\delta}} \, e^{i\omega t} \, \vec{e}_x

En prenant la partie réelle, on obtient le champ électrique réel :

\boxed{\vec{E}(M, t) = E_0 \, e^{-\frac{z-z_0}{\delta}} \cos(\omega t) \, \vec{e}_x}

Le champ magnétique associé est déterminé par l'équation de Maxwell-Faraday :

\vec{\operatorname{rot}} \underline{\vec{E}} = -\frac{\partial \underline{\vec{B}}}{\partial t} = -i\omega \underline{\vec{B}}

Comme \underline{\vec{E}} = \underline{E}_x(z,t) \vec{e}_x, le rotationnel se réduit à :

\vec{\operatorname{rot}} \underline{\vec{E}} = \frac{\partial \underline{E}_x}{\partial z} \, \vec{e}_y = -\frac{1}{\delta} \underline{E}_x \, \vec{e}_y

Il vient ainsi :

\underline{\vec{B}}(M,t) = \frac{1}{i\omega \delta} \underline{E}_x \, \vec{e}_y = -\frac{i E_0}{\omega \delta} \, e^{-\frac{z-z_0}{\delta}} \, e^{i\omega t} \, \vec{e}_y

En prenant la partie réelle (sachant que \operatorname{Re}(-i e^{i\omega t}) = \sin(\omega t)) :

\boxed{\vec{B}(M, t) = \frac{E_0}{\omega \delta} \, e^{-\frac{z-z_0}{\delta}} \sin(\omega t) \, \vec{e}_y}

Une telle onde, dont l'amplitude décroît exponentiellement avec la distance et dont les oscillations spatiales sont absentes (phase spatiale constante), est appelée une onde évanescente.

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : vecteur de poynting, onde évanescente

Déterminer la moyenne du vecteur de Poynting de cette onde. Commenter.

Voir l'indice

Calculer la moyenne temporelle du produit vectoriel \frac{1}{2\mu_0}\operatorname{Re}(\underline{\vec{E}}\wedge\underline{\vec{B}}^*) et interpréter le déphasage de \pi/2 entre champ électrique et champ magnétique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le vecteur de Poynting instantané \vec{\Pi}(M, t) = \frac{1}{\mu_0}\vec{E}(M, t) \wedge \vec{B}(M, t) à l'aide des expressions réelles des champs établies à la question Q26 (ou calculer directement sa moyenne temporelle via la formule complexe associée).
  2. Prendre la moyenne temporelle sur une période et commenter la signification physique du résultat pour la propagation de l'onde dans le plasma.
Voir la réponse courte

Champs \vec{E} et \vec{B} en quadrature spatio-temporelle : le vecteur de Poynting moyen est nul, l'onde évanescente ne transporte pas d'énergie.

Voir le corrigé complet

Le vecteur de Poynting instantané s'écrit par définition :

\vec{\Pi}(M, t) = \frac{1}{\mu_0} \vec{E}(M, t) \wedge \vec{B}(M, t)

En utilisant les expressions réelles obtenues à la question Q26 :

\vec{E}(M, t) = E_0 e^{-\frac{z-z_0}{\delta}} \cos(\omega t)\,\vec{e}_x \quad \text{et} \quad \vec{B}(M, t) = \frac{E_0}{\omega \delta} e^{-\frac{z-z_0}{\delta}} \sin(\omega t)\,\vec{e}_y

Sachant que \vec{e}_x \wedge \vec{e}_y = \vec{e}_z et \cos(\omega t)\sin(\omega t) = \frac{1}{2}\sin(2\omega t), on obtient :

\vec{\Pi}(M, t) = \frac{E_0^2}{2\mu_0 \omega \delta} e^{-\frac{2(z-z_0)}{\delta}} \sin(2\omega t)\,\vec{e}_z

En prenant la moyenne temporelle sur une période T = \frac{2\pi}{\omega}, la moyenne de la fonction sinus étant nulle (\langle \sin(2\omega t) \rangle = 0), il vient :

\boxed{\langle \vec{\Pi} \rangle = \vec{0}}

Commentaire :

  • La moyenne temporelle du flux de puissance électromagnétique est rigoureusement nulle : une onde évanescente ne transporte aucune puissance en moyenne dans le plasma selon la direction de propagation d'origine.
  • Les champs \vec{E} et \vec{B} sont en quadrature de phase spatio-temporelle (\pi/2), ce qui témoigne d'un régime purement réactif : l'énergie électromagnétique oscille alternativement entre le champ et l'énergie cinétique des électrons sans propagation nette vers l'aval.
  • Ainsi, pour une couche d'ionosphère d'épaisseur très grande devant \delta, toute onde incidente de pulsation \omega < \omega_p subit une réflexion totale et ne pénètre pas au sein de l'atmosphère inférieure.

Résultat

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : onde progressive, relation de dispersion

Établir les expressions des champs réels et en fonction notamment de dont on donnera l'expression, en justifiant soigneusement le choix de la solution de l'équation 5. Préciser quelle est la nature de l'onde.

Voir l'indice

Prendre la racine réelle positive de k^2 correspondant à une propagation dans le sens des z croissants, puis déterminer \vec{B} via Maxwell-Faraday.

Voir la stratégie
  1. Déterminer les solutions pour le nombre d'onde k à partir de la relation de dispersion (équation 5) pour \omega > \omega_p, puis sélectionner le signe adéquat compte tenu du sens de propagation de l'onde radar.
  2. Prendre la partie réelle du champ électrique complexe \underline{\vec{E}}(M, t).
  3. Déterminer le champ magnétique associé à l'aide de l'équation de Maxwell-Faraday en notation complexe, puis en prendre la partie réelle et conclure sur la nature de l'onde.
Voir la réponse courte

Le vecteur d'onde k = \frac{1}{c}\sqrt{\omega^2 - \omega_p^2} est réel : il s'agit d'une onde plane progressive monochromatique non atténuée se propageant selon +O_x.

Voir le corrigé complet

Pour \omega > \omega_p, la relation de dispersion issue de la question Q25 :

k^2 = \frac{\omega^2 - \omega_p^2}{c^2} > 0

admet deux solutions réelles :

k = \pm \frac{\sqrt{\omega^2 - \omega_p^2}}{c}

La phase de l'onde s'écrit \phi(z, t) = \omega t - k(z - z_0). La vitesse de phase associée est :

v_\varphi = \frac{\mathrm{d}z}{\mathrm{d}t}\Bigg|_{\phi = \mathrm{cste}} = \frac{\omega}{k}

L'onde émise depuis le satellite situé en altitude se propage vers la Terre, c'est-à-dire dans le sens de l'axe Oz vertical descendant (z croissants, pour z \ge z_0). La vitesse de phase doit donc être strictement positive (v_\varphi > 0). Avec \omega > 0, on retient nécessairement la racine positive :

\boxed{k = \frac{\sqrt{\omega^2 - \omega_p^2}}{c}}

Le champ électrique réel est obtenu en prenant la partie réelle du champ complexe \underline{\vec{E}}(M, t) :

\boxed{\vec{E}(M, t) = E_0 \cos\bigl(\omega t - k(z - z_0)\bigr)\vec{e}_x}

Le champ magnétique \underline{\vec{B}}(M, t) se déduit de l'équation de Maxwell-Faraday :

\vec{\nabla} \wedge \underline{\vec{E}} = - \frac{\partial \underline{\vec{B}}}{\partial t} = - i\omega \underline{\vec{B}}

Puisque le champ ne dépend spatialement que de z via l'exponentielle e^{-ikz}, l'opérateur gradient complexe s'identifie à -ik\vec{e}_z. Ainsi :

\underline{\vec{B}}(M, t) = \frac{k}{\omega}\vec{e}_z \wedge \underline{\vec{E}}(M, t) = \frac{k}{\omega} E_0 e^{i(\omega t - k(z-z_0))}\vec{e}_y

En prenant la partie réelle :

\boxed{\vec{B}(M, t) = \frac{k}{\omega} E_0 \cos\bigl(\omega t - k(z - z_0)\bigr)\vec{e}_y}

Nature de l'onde : Il s'agit d'une onde plane progressive harmonique (OPPH) non amortie (propagative), polarisée rectilignement selon \vec{e}_x et transverse électromagnétique (TEM).

Résultat

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Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : filtre passe-haut, pulsation de coupure

En déduire que le plasma se comporte comme un filtre pour la propagation des ondes électromagnétiques, en précisant sa nature et l'expression littérale de sa pulsation de coupure.

Voir l'indice

Observer le passage d'un régime évanescent (bloqué) à un régime propagatif (passant) lorsque la pulsation franchit la valeur \omega_p.

Voir la réponse courte

Seules les pulsations \omega > \omega_p se propagent sans atténuation : le plasma se comporte comme un filtre passe-haut de pulsation de coupure \omega_p.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats établis aux questions précédentes :

  • pour \omega < \omega_p (questions Q26 et Q27), le nombre d'onde k est imaginaire pur. L'onde est évanescente, son amplitude décroît exponentiellement avec la profondeur dans le plasma et le flux d'énergie moyen est nul (\langle \vec{\Pi} \rangle = \vec{0}) : l'onde ne se propage pas et subit une réflexion totale ;
  • pour \omega > \omega_p (question Q28), le nombre d'onde k est réel. L'onde est une onde plane progressive harmonique qui se propage sans amortissement et transporte de l'énergie.

Le plasma ne laisse donc passer que les ondes dont la pulsation est strictement supérieure à un seuil : il se comporte comme un filtre passe-haut pour la propagation des ondes électromagnétiques.

La pulsation de coupure de ce filtre est la pulsation plasma \omega_p définie à la question Q23 :

\boxed{\omega_c = \omega_p = \sqrt{\frac{n e^2}{m_e \varepsilon_0}}}

Résultat

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : pulsation plasma, ionosphère

Le profil de la densité particulaire, qui dépend de l'alternance des jours et des nuits, est représenté figure 9. En déduire le domaine de fréquences que l'on doit choisir pour que l'onde puisse atteindre la surface de l'océan. Commenter le choix de la bande de fréquences utilisée par les satellites Jason, sachant que celle-ci est caractérisée par une fréquence centrale et par une largeur .

Voir l'indice

Déterminer graphiquement la densité maximale n_{\max} sur la figure 9 pour en déduire la fréquence de coupure maximale de l'ionosphère.

Voir la stratégie
  1. Identifier sur la figure 9 la valeur maximale de la densité volumique électronique n_{\max} atteinte dans l'ionosphère (profil de jour).
  2. En déduire la fréquence de coupure maximale f_{p,\max} = \frac{\omega_{p,\max}}{2\pi} et la condition sur le domaine de fréquences pour garantir la traversée de toute l'ionosphère sans réflexion.
  3. Comparer la bande de travail des satellites Jason (f_0 \simeq 13,6\text{ GHz}, B = 320\text{ MHz}) à cette fréquence critique et commenter la pertinence de ce choix (propagation assurée, effets dispersifs très réduits).
Voir la réponse courte

Densité maximale donnant f_p \simeq 12\text{ MHz} : la fréquence radar f_0 = 13,6\text{ GHz} \gg f_p permet une traversée transparente de l'ionosphère.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q29, le plasma se comporte comme un filtre passe-haut de pulsation de coupure \omega_p(z) = \sqrt{\frac{n(z)e^2}{m_e\varepsilon_0}}. Pour que l'onde émise par le satellite atteigne la surface de l'océan, elle doit traverser l'ionosphère sur toute son épaisseur, de jour comme de nuit, sans entrer en régime évanescent (\omega < \omega_p). Il est donc nécessaire que sa pulsation \omega soit supérieure à la pulsation plasma maximale rencontrée :

f > f_{p,\max} = \frac{\omega_{p,\max}}{2\pi} = \frac{1}{2\pi}\sqrt{\frac{n_{\max}e^2}{m_e\varepsilon_0}}

D'après la figure 9, la densité électronique atteint son maximum de jour, vers 300\text{ km} d'altitude, avec :

n_{\max} \simeq 10^{12}\text{ m}^{-3}

En utilisant les données numériques :

\begin{aligned} f_{p,\max} &\simeq \frac{1}{2\pi} \sqrt{\frac{10^{12} \times (1,6\cdot 10^{-19})^2}{9,1\cdot 10^{-31} \times 8,9\cdot 10^{-12}}} \\ &\simeq \frac{1}{2\pi} \sqrt{\frac{2,56\cdot 10^{-26}}{8,1\cdot 10^{-42}}} \simeq \frac{1}{2\pi} \sqrt{3,2\cdot 10^{15}} \\ &\simeq \frac{5,6\cdot 10^7}{6,3} \simeq 9\cdot 10^6\text{ Hz} \simeq 10\text{ MHz} \end{aligned}

Le domaine de fréquences requis pour traverser l'ionosphère est donc :

\boxed{f > f_{p,\max} \simeq 10\text{ MHz}}

Commentaire sur le choix de la bande de fréquences des satellites Jason :

  • La fréquence centrale utilisée est f_0 \simeq 13,6\text{ GHz} = 13\,600\text{ MHz}, et la bande s'étend de 13,44\text{ GHz} à 13,76\text{ GHz}. On a :

    f_0 \gg f_{p,\max} \quad (\text{d'un facteur supérieur à } 10^3)

    L'onde se propage donc sans aucune atténuation par réflexion dans l'ionosphère, quelles que soient l'heure et l'activité solaire.

  • De plus, à de telles hyperfréquences, l'indice de réfraction du plasma n_\varphi = \sqrt{1 - \frac{f_p^2}{f^2}} \simeq 1 - \frac{f_p^2}{2f^2} est extrêmement proche de 1 : la dispersion ainsi que le retard induit par le milieu sont très faibles, ce qui limite considérablement les distorsions et maximise la précision altimétrique.
  • Enfin, la largeur de bande relative est très faible (\frac{B}{f_0} \simeq \frac{0,32}{13,6} \simeq 2,4\,\%) : toutes les composantes spectrales de l'impulsion se propagent pratiquement à la même vitesse de groupe.

Résultat

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Notions : vitesse de phase, vitesse de groupe

Exprimer la vitesse de phase et la vitesse de groupe en fonction de , et de . Représenter et en fonction de .

Voir l'indice

Appliquer les définitions v_\varphi = \omega/k et v_g = \mathrm{d}\omega/\mathrm{d}k à partir de la relation de dispersion (5).

Voir la stratégie
  1. Rappeler les définitions générales de la vitesse de phase v_\varphi = \frac{\omega}{k} et de la vitesse de groupe v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k}.
  2. Exploiter la relation de dispersion k^2 c^2 = \omega^2 - \omega_p^2 établie à la question Q25 pour exprimer v_\varphi, puis différentier cette relation par rapport à k pour obtenir directement v_g.
  3. Étudier les limites lorsque \omega \to \omega_p^+ et \omega \to +\infty afin de tracer soigneusement les rapports v_\varphi/c et v_g/c.
Voir la réponse courte

Définitions v_\varphi = \omega/k et v_g = \mathrm{d}\omega/\mathrm{d}k donnant v_\varphi v_g = c^2, avec v_\varphi > c et v_g < c, tendant vers c à haute fréquence.

Voir le corrigé complet

Pour une onde se propageant dans le plasma (\omega > \omega_p), le nombre d'onde réel vérifie d'après la question Q28 :

k = \frac{\sqrt{\omega^2 - \omega_p^2}}{c} = \frac{\omega}{c}\sqrt{1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}}

Par définition, la vitesse de phase s'écrit :

v_\varphi = \frac{\omega}{k}

Soit :

\boxed{v_\varphi = \frac{c}{\sqrt{1 - \dfrac{\omega_p^2}{\omega^2}}} = \frac{c\,\omega}{\sqrt{\omega^2 - \omega_p^2}}}

La vitesse de groupe est définie par :

v_g = \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k}

En différentiant la relation de dispersion \omega^2 = c^2 k^2 + \omega_p^2 par rapport à k, on obtient :

\begin{aligned} 2\omega \frac{\mathrm{d}\omega}{\mathrm{d}k} &= 2 c^2 k \\ \implies v_g &= \frac{c^2 k}{\omega} = \frac{c^2}{v_\varphi} \end{aligned}

On en déduit l'expression de la vitesse de groupe :

\boxed{v_g = c\sqrt{1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}} = c\,\frac{\sqrt{\omega^2 - \omega_p^2}}{\omega}}

On constate la relation remarquable de Rayleigh : v_\varphi v_g = c^2.

Étudions les comportements asymptotiques pour \omega \in ]\omega_p, +\infty[ :

  • Lorsque \omega \to \omega_p^+, \dfrac{v_\varphi}{c} \to +\infty (asymptote verticale en \omega = \omega_p) et \dfrac{v_g}{c} \to 0 ;
  • Lorsque \omega \to +\infty, \dfrac{v_\varphi}{c} \to 1^+ et \dfrac{v_g}{c} \to 1^- (asymptote horizontale commune d'ordonnée 1).

Résultat

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Question 32

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : milieu dispersif, vitesse de phase

Indiquer si l'ionosphère est dispersive pour les ondes électromagnétiques. Justifier.

Voir l'indice

Vérifier si la vitesse de phase v_\varphi dépend de la pulsation \omega.

Voir la stratégie
  1. Rappeler la définition d'un milieu dispersif en s'appuyant sur la vitesse de phase ou la vitesse de groupe.
  2. Conclure à l'aide des expressions établies à la question Q31.
Voir la réponse courte

La vitesse de phase dépend de la pulsation \omega, ce qui constitue la définition même d'un milieu dispersif.

Voir le corrigé complet

Par définition, un milieu de propagation est dispersif si la vitesse de phase v_\varphi dépend de la pulsation \omega (ou de la fréquence) de l'onde.

D'après les résultats de la question Q31, pour \omega > \omega_p, la vitesse de phase s'écrit :

v_\varphi(\omega) = \frac{c}{\sqrt{1 - \dfrac{\omega_p^2}{\omega^2}}}

Elle dépend explicitement de la pulsation \omega (de même que la vitesse de groupe v_g(\omega)).

\boxed{\text{L'ionosphère est donc un milieu dispersif pour les ondes électromagnétiques.}}

Résultat

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Question 33

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral

Notions : vitesse de groupe, paquet d'ondes

Les deux impulsions, associées aux fréquences centrales et , sont émises par le satellite à l'instant et leurs échos sont détectés respectivement aux instants et . Déterminer une expression approchée du décalage temporel en fonction de et de . On pourra utiliser le développement limité en 0 : à l'ordre 1 en .

Voir l'indice

Exprimer le temps de traversée aller-retour de l'ionosphère pour un paquet d'ondes se propageant à la vitesse de groupe v_g(\omega), puis réaliser un développement limité au premier ordre en (\omega_p/\omega)^2.

Voir la stratégie
  1. Une impulsion radar étant un paquet d'ondes délimité dans le temps, son enveloppe se propage à la vitesse de groupe v_g.
  2. Exprimer le temps de trajet aller-retour d'une impulsion en distinguant le parcours dans le vide et la traversée de la couche ionosphérique d'épaisseur \ell.
  3. Effectuer un développement limité de v_g^{-1} pour \omega \gg \omega_p afin d'obtenir le décalage \Delta t = t_1 - t_0.
Voir la réponse courte

Calcul des temps de trajet aller-retour avec v_g(\omega) puis développement limité à l'ordre 1 en (\omega_p/\omega)^2 pour obtenir \Delta t.

Voir le corrigé complet

Une impulsion de fréquence centrale \omega transporte de l'énergie et de l'information sous la forme d'un paquet d'ondes ; elle se propage donc à la vitesse de groupe v_g(\omega) dans l'ionosphère et à la vitesse c dans les zones assimilées au vide.

L'écho effectue un trajet aller-retour sur la distance totale d séparant le satellite de l'océan. La traversée de l'ionosphère correspond à un aller-retour sur une épaisseur \ell, soit une distance 2\ell, le reste du parcours s'effectuant dans le vide sur une distance 2(d - \ell).

La durée totale d'aller-retour t(\omega) s'écrit donc :

t(\omega) = \frac{2(d - \ell)}{c} + \frac{2\ell}{v_g(\omega)}.

D'après le résultat de la question Q31, la vitesse de groupe s'exprime par :

v_g(\omega) = c \left(1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}\right)^{1/2}.

Puisque les fréquences utilisées (f_1 \simeq 5,3\text{ GHz} et f_0 \simeq 13,6\text{ GHz}) sont très supérieures à la fréquence plasma (f_p \lesssim 10\text{ MHz}, question Q30), on a \frac{\omega_p^2}{\omega^2} \ll 1. En utilisant le développement limité (1 + x)^\alpha = 1 + \alpha x avec x = -\frac{\omega_p^2}{\omega^2} et \alpha = -\frac{1}{2}, il vient :

\frac{1}{v_g(\omega)} = \frac{1}{c}\left(1 - \frac{\omega_p^2}{\omega^2}\right)^{-1/2} \simeq \frac{1}{c}\left(1 + \frac{\omega_p^2}{2\omega^2}\right).

Le temps d'aller-retour prend ainsi la forme approchée :

\begin{aligned} t(\omega) &\simeq \frac{2(d - \ell)}{c} + \frac{2\ell}{c}\left(1 + \frac{\omega_p^2}{2\omega^2}\right) \\ &\simeq \frac{2d}{c} + \frac{\ell\,\omega_p^2}{c\,\omega^2}. \end{aligned}

Appliqué aux deux impulsions de pulsations centrales \omega_0 et \omega_1, on obtient :

t_0 \simeq \frac{2d}{c} + \frac{\ell\,\omega_p^2}{c\,\omega_0^2} \quad \text{et} \quad t_1 \simeq \frac{2d}{c} + \frac{\ell\,\omega_p^2}{c\,\omega_1^2}.

Le décalage temporel \Delta t = t_1 - t_0 s'en déduit directement :

\boxed{\Delta t \simeq \frac{\ell\,\omega_p^2}{c}\left(\frac{1}{\omega_1^2} - \frac{1}{\omega_0^2}\right)}

Résultat

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Question 34

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : correction ionosphérique, radar

En déduire que la distance entre le satellite et la surface de l'océan peut s'écrire approximativement :

où est un terme correctif, appelé correction ionosphérique, que l'on exprimera en fonction de , , et de .

Voir l'indice

Éliminer le terme inconnu \ell\omega_p^2 entre les expressions de t_0 et \Delta t pour isoler la distance géométrique d.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la distance d en isolant cette grandeur dans l'expression du temps de propagation aller-retour t_0 obtenue à la question Q33.
  2. Identifier le terme correctif \varepsilon, puis éliminer la quantité inconnue \ell\omega_p^2 grâce à l'expression du décalage temporel \Delta t établie à la question Q33.
Voir la réponse courte

Élimination du paramètre inconnu \ell\omega_p^2 entre l'expression de t_0 et \Delta t, donnant l'expression du terme correctif \varepsilon.

Voir le corrigé complet

D'après l'étude menée à la question Q33, l'instant t_0 de détection de l'écho associé à l'impulsion de pulsation centrale \omega_0 s'écrit :

t_0 \simeq \frac{2d}{c} + \frac{\ell\omega_p^2}{c\omega_0^2}

En multipliant par \frac{c}{2} et en isolant la distance d, on obtient directement :

d \simeq \frac{ct_0}{2} - \frac{\ell\omega_p^2}{2\omega_0^2}

Par identification avec la forme proposée d \simeq \frac{ct_0}{2} - \varepsilon, le terme correctif s'écrit :

\varepsilon = \frac{\ell\omega_p^2}{2\omega_0^2}

Toujours d'après la question Q33, le décalage temporel \Delta t = t_1 - t_0 entre les deux échos est relié aux paramètres du milieu par :

\Delta t \simeq \frac{\ell\omega_p^2}{c} \left( \frac{1}{\omega_1^2} - \frac{1}{\omega_0^2} \right) = \frac{\ell\omega_p^2}{c} \frac{\omega_0^2 - \omega_1^2}{\omega_0^2\omega_1^2}

On en déduit l'expression du groupement \ell\omega_p^2 en fonction des grandeurs mesurables :

\ell\omega_p^2 = c\Delta t \, \frac{\omega_0^2\omega_1^2}{\omega_0^2 - \omega_1^2}

En réinjectant cette expression dans celle de \varepsilon, il vient :

\varepsilon = \frac{1}{2\omega_0^2} \left( c\Delta t \, \frac{\omega_0^2\omega_1^2}{\omega_0^2 - \omega_1^2} \right)

soit finalement :

\boxed{\varepsilon = \frac{c\Delta t}{2} \frac{\omega_1^2}{\omega_0^2 - \omega_1^2} = \frac{c\Delta t}{2} \frac{1}{\left(\frac{\omega_0}{\omega_1}\right)^2 - 1}}

Résultat

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Question 35

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : vitesse de groupe, temps de propagation

Déterminer, en fonction de et de , l'erreur que l'on commettrait sur la mesure, faite à partir de l'impulsion de fréquence centrale , si l'on considérait la vitesse de groupe égale à . Faire l'application numérique et commenter la valeur obtenue.

Voir l'indice

Comparer le résultat altimétrique obtenu en supposant une propagation à la vitesse c dans l'ionosphère avec la distance réelle corrigée.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'erreur sur la distance \delta d en reliant la mesure naive supposant v_g = c à la distance réelle établie à la question Q34.
  2. Remplacer l'expression de la pulsation plasma \omega_p obtenue à la question Q23 pour exprimer \delta d en fonction des grandeurs demandées.
  3. Réaliser l'application numérique avec un seul chiffre significatif conformément aux consignes, puis comparer cette valeur aux grandeurs physiques présentées dans le préambule de l'épreuve (précision centimétrique du GPS, élévation annuelle du niveau marin de quelques millimètres).
Voir la réponse courte

L'écart vaut \Delta d = \frac{\ell\omega_p^2}{2\omega_0^2} \simeq 2\text{ cm} : non négligeable devant la précision centimétrique recherchée par les satellites altimétriques.

Voir le corrigé complet

Si l'on suppose que l'onde se propage à la célérité c dans tout le trajet (y compris dans l'ionosphère), la distance estimée entre le satellite et la surface de l'océan s'écrit :

d_{\text{mes}} = \frac{c t_0}{2}

D'après la relation établie à la question Q34, la distance réelle d s'écrit :

d \simeq \frac{c t_0}{2} - \varepsilon

L'erreur absolue commise sur la détermination de la distance vaut donc :

\delta d = d_{\text{mes}} - d = \varepsilon = \frac{\ell \omega_p^2}{2\omega_0^2}

En injectant l'expression de la pulsation plasma \omega_p^2 = \dfrac{n e^2}{m_e \varepsilon_0} démontrée à la question Q23, il vient :

\boxed{\delta d = \frac{\ell n e^2}{2 m_e \varepsilon_0 \omega_0^2} = \frac{\ell n e^2}{8\pi^2 m_e \varepsilon_0 f_0^2}}

Procédons à l'application numérique avec les valeurs fournies :

  • \ell = 500\text{ km} = 5\cdot 10^5\text{ m} ;
  • n = 5\cdot 10^{11}\text{ m}^{-3} ;
  • e = 1{,}6\cdot 10^{-19}\text{ C} ;
  • m_e = 9{,}1\cdot 10^{-31}\text{ kg} ;
  • \varepsilon_0 = 8{,}9\cdot 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} ;
  • f_0 = \dfrac{\omega_0}{2\pi} \simeq 13{,}6\text{ GHz} = 13{,}6\cdot 10^9\text{ Hz}.

Calculons le numérateur :

\ell n e^2 = (5\cdot 10^5) \times (5\cdot 10^{11}) \times (1{,}6\cdot 10^{-19})^2 = 25\cdot 10^{16} \times 2{,}56\cdot 10^{-38} \simeq 6{,}4\cdot 10^{-21}\text{ J}\cdot\text{m}

Puis le dénominateur :

\begin{aligned} 8\pi^2 m_e \varepsilon_0 f_0^2 &\simeq 8\times 9{,}87 \times (9{,}1\cdot 10^{-31}) \times (8{,}9\cdot 10^{-12}) \times (13{,}6\cdot 10^9)^2 \\ &\simeq 79 \times 8{,}1\cdot 10^{-42} \times 1{,}85\cdot 10^{20} \\ &\simeq 1{,}2\cdot 10^{-19}\text{ J} \end{aligned}

On en déduit :

\delta d \simeq \frac{6{,}4\cdot 10^{-21}}{1{,}2\cdot 10^{-19}} \simeq 5\cdot 10^{-2}\text{ m}
\boxed{\delta d \simeq 5\text{ cm}}

Commentaire : Cette erreur d'environ 5\text{ cm} est prépondérante et inacceptable devant la précision recherchée sur l'altimétrie :

  • la position GPS du satellite est connue à mieux que le centimètre près ;
  • l'élévation moyenne du niveau des océans à mesurer est de l'ordre de (3{,}6 \pm 0{,}1)\text{ mm/an}.

Une erreur de 5\text{ cm} masquerait complètement le phénomène climatique étudié ; l'utilisation conjointe de deux fréquences pour calibrer et soustraire la correction ionosphérique \varepsilon est donc strictement indispensable.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.