Corrigé détaillé Mines Physique 1 MP 2023 (page 2/2 : Parties II et III)
Fonctions spéciales en physique : W de Lambert, intégrales elliptiques et fonction d'erreur
- 34 questions corrigées
- Difficulté estimée : classique (1,6 / 4)
- Faisable en Sup (en MPSI : 24 questions sur 34, parties I et II)
- Vérifié question par question
Comment utiliser ce corrigé
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Partie II : L'intégrale elliptique de première espèce
Question 16
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : pendule simple, théorème du moment cinétique
Établir l'équation différentielle du mouvement vérifiée par la fonction .
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Appliquer le théorème du moment cinétique par rapport à l'axe de rotation fixe ou dériver l'énergie mécanique du pendule par rapport au temps.
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Pour obtenir l'équation différentielle du mouvement d'un pendule simple sans faire intervenir la tension de la tige (qui ne travaille pas et dont le moment en O est nul), on peut :
- appliquer le théorème du moment cinétique au point fixe O dans le référentiel galiléen ;
- ou projeter la relation fondamentale de la dynamique sur le vecteur unitaire orthoradial \vec{u}_\theta.
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On étudie la masse ponctuelle m dans le référentiel terrestre supposé galiléen, muni de la base cylindro-polaire (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_z) où \vec{u}_z = \vec{u}_x \wedge \vec{u}_y est orthogonal au plan du mouvement.
Le vecteur position s'écrit :
Le vecteur vitesse de la masse m est :
Le moment cinétique de la masse m par rapport au point fixe O vaut :
Le bilan des forces appliquées à la masse m comprend :
- la tension de la tige \vec{T} = -T \, \vec{u}_r, de moment nul en O : \vec{\mathcal{M}}_O(\vec{T}) = \vec{0} ;
le poids \vec{P} = m\vec{g} = mg\cos\theta \, \vec{u}_r - mg\sin\theta \, \vec{u}_\theta, dont le moment en O est :
\vec{\mathcal{M}}_O(\vec{P}) = (\ell \, \vec{u}_r) \wedge (mg\cos\theta \, \vec{u}_r - mg\sin\theta \, \vec{u}_\theta) = -mg\ell\sin\theta \, \vec{u}_z
En appliquant le théorème du moment cinétique en O :
soit :
En simplifiant par m\ell^2 \neq 0, on obtient l'équation différentielle non linéaire du pendule simple :
Résultat
Question 17
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : pendule simple, isochronisme des petites oscillations
On fait l'approximation des petits angles tels que . Établir dans ces conditions la période des oscillations. Quelle est la propriété remarquable de la période dans le cadre de cette approximation ?
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Effectuer l'approximation \sin\theta \simeq \theta pour obtenir un oscillateur harmonique linéaire et souligner la propriété d'isochronisme des oscillations.
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D'après la question précédente, l'équation différentielle exacte régissant le mouvement du pendule est :
Dans le cadre de l'approximation des petits angles, on effectue le développement limité au premier ordre \sin\theta \simeq \theta, ce qui conduit à l'équation différentielle linéarisée :
Il s'agit de l'équation différentielle d'un oscillateur harmonique non amorti de pulsation propre \omega_0. La période T_0 des oscillations s'obtient directement par la relation T_0 = \frac{2\pi}{\omega_0} :
La propriété remarquable associée à cette approximation est l'isochronisme des petites oscillations : la période T_0 ne dépend pas de l'amplitude angulaire \theta_0 des oscillations.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 18
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : pendule simple, conservation de l'énergie mécanique, intégrale elliptique
Déterminer l'expression générale de sans faire l'approximation des petits angles. En déduire que la période des oscillations du pendule est donnée par :
La propriété remarquable de la question précédente est-elle conservée ?
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Écrire la conservation de l'énergie mécanique entre la position angulaire quelconque \theta et l'amplitude maximale \theta_0, puis intégrer \mathrm{d}t sur un quart de période.
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- Exprimer l'énergie mécanique du pendule et utiliser sa conservation en l'absence de frottement pour isoler \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t}.
- Exploiter les symétries de la trajectoire pour relier le quart de période T/4 à la durée de descente de \theta = \theta_0 à \theta = 0, puis introduire T_0 = 2\pi\sqrt{\ell/g}.
- Conclure sur le maintien ou non de l'isochronisme des oscillations.
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Le pendule simple est soumis à son poids \vec{P} et à la tension de la tige \vec{T}. La liaison étant sans frottement et la tige de longueur \ell constante, le vecteur déplacement élémentaire \mathrm{d}\vec{OM} = \ell\,\mathrm{d}\theta\,\vec{u}_\theta est orthogonal à \vec{T} = -T\,\vec{u}_r : la tension ne travaille pas. Le poids dérive de l'énergie potentielle de pesanteur :
en choisissant l'origine des potentiels en x=0. L'énergie cinétique du point matériel m vaut :
Le système étant conservatif, l'énergie mécanique E_m = E_c + E_p est constante au cours du mouvement. À l'instant initial t=0, le pendule est lâché sans vitesse initiale depuis \theta = \theta_0 :
Par conservation de l'énergie mécanique :
L'expression générale de la vitesse angulaire est donc :
le signe dépendant du sens de parcours (négatif lors du premier quart de période où \theta décroît).
Le mouvement oscillatoire est périodique et symétrique. Le temps mis par le pendule pour passer de l'élongation maximale \theta_0 à la position d'équilibre \theta = 0 correspond à un quart de période : \Delta t = T/4. Sur cet intervalle, \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} < 0, d'où :
En intégrant entre t=0 (\theta=\theta_0) et t=T/4 (\theta=0) :
Comme T_0 = 2\pi\sqrt{\frac{\ell}{g}} (d'après la question Q17), on a \sqrt{\frac{\ell}{g}} = \frac{T_0}{2\pi}. En multipliant par 4, on obtient bien :
Propriété remarquable : L'intégrale dépend explicitement de la borne supérieure \theta_0 ainsi que de la fonction sous le radical. La période T dépend donc de l'amplitude des oscillations : l'isochronisme des oscillations n'est pas conservé aux grandes amplitudes.
Résultat
Question 19
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : intégration numérique, méthode des rectangles
Après avoir tracé le graphe de la fonction pour , illustrer le principe de la méthode des rectangles médians pour calculer le réel en utilisant 9 rectangles. Si on double le nombre de rectangles utilisés qu'en est-il de la différence entre la valeur exacte de et la valeur approchée numériquement par la méthode des rectangles médians ?
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Dessiner des rectangles dont la hauteur est prise au milieu de chaque sous-intervalle ; rappeler que l'erreur d'une méthode d'ordre 2 varie en 1/N^2, donc est divisée par 4 si N double.
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Soit la fonction f : \chi \mapsto 1 + \sqrt{\chi} définie sur [0; 9]. On souhaite approcher l'intégrale :
Principe de la méthode des rectangles médians On subdivise l'intervalle [a, b] = [0, 9] en N = 9 sous-intervalles réguliers [x_i, x_{i+1}] de même largeur h = \frac{b-a}{N} = 1, avec x_i = i pour i \in \{0, \dots, 9\}.
Sur chaque sous-intervalle [x_i, x_{i+1}], la fonction f est approchée par sa valeur au point médian :
L'aire sous la courbe est ainsi approchée par la somme des aires des 9 rectangles de largeur h et de hauteur f(m_i) :
Effet du doublement du nombre de rectangles La méthode du point milieu (rectangles médians) est une méthode d'intégration numérique d'ordre 2 : l'erreur globale commise s'écrit sous la forme :
Si l'on double le nombre de rectangles utilisés (N' = 2N), le pas d'intégration est divisé par deux (h' = h/2).
Par conséquent, la différence entre la valeur exacte de I et la valeur approchée numériquement est approximativement divisée par 2^2 = 4 :
Résultat
Question 20
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : intégration numérique, python
Recopier et compléter le code suivant permettant de calculer par la méthode des rectangles médians.
import math as m
def f(x,phi):
return...........
S = 0.
N = 100
a = 0.
b = m.pi/2.
pas = ............
theta_0 = m.pi/3.
x = m.sin(theta_0)**2
for i in range(N):
phi = ............
S = ............
print(pas * S)Voir l'indiceIndice
Compléter la largeur de sous-intervalle \mathtt{pas} = (b-a)/N, le centre du sous-intervalle \phi_i = a + (i + 0{,}5)\times\mathtt{pas}, et cumuler les contributions f(x, \phi_i).
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Pour calculer numériquement l'intégrale elliptique complète de première espèce :
par la méthode des rectangles au point médian, on discrétise le segment [a,b] = [0, \pi/2] en N sous-intervalles de même largeur :
Sur chaque sous-intervalle [\phi_i, \phi_{i+1}] = [a + i h,\, a + (i+1)h] avec i \in \{0, \dots, N-1\}, le point médian vaut :
L'intégrale est alors approchée par la somme des aires des rectangles :
où l'intégrande est la fonction f(\chi, \phi) = \frac{1}{\sqrt{1 - \chi \sin^2\phi}}.
Voici le code complété :
import math as m
def f(x, phi):
return 1.0 / m.sqrt(1.0 - x * m.sin(phi)**2)
S = 0.
N = 100
a = 0.
b = m.pi / 2.
pas = (b - a) / N
theta_0 = m.pi / 3.
x = m.sin(theta_0)**2
for i in range(N):
phi = a + (i + 0.5) * pas
S = S + f(x, phi)
print(pas * S)Question 21
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueFaisable en SupNotions : pendule simple
En utilisant la figure 4, pour un pendule tel que , évaluer lorsque . Quel est le décalage temporel induit par la prise en compte de l'approximation des petits angles si l'on envisage de mesurer une heure ?
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Lire le rapport T/T_0 sur le graphe pour \theta_0 = 50^\circ, calculer l'écart relatif sur la période puis multiplier par 3600 secondes pour estimer la dérive sur une heure.
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- Lire graphiquement le rapport T/T_0 sur la figure 4 pour l'abscisse \theta_0 = 50^\circ.
- En déduire la période réelle T avec T_0 = 1\text{ s}.
- Exprimer le décalage temporel cumulé sur une durée de fonctionnement de 1\text{ h} = 3600\text{ s} en comparant la marche d'une horloge basée sur l'approximation des petites oscillations (T_0) à celle du pendule réel oscillant à \theta_0 = 50^\circ (T).
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1. Évaluation de la période T :
Sur la figure 4, l'axe des abscisses présente des graduations principales espacées de 20^\circ, avec une subdivision intermédiaire tous les 10^\circ. L'angle \theta_0 = 50^\circ correspond donc à la ligne verticale médiane entre 40^\circ et 60^\circ.
Sur l'axe des ordonnées, la ligne horizontale intermédiaire entre 1{,}0 et 1{,}1 correspond à 1{,}05. On constate que la courbe représentative coupe cette ligne à l'abscisse \theta_0 = 50^\circ :
Puisque T_0 = 1\text{ s}, on en déduit immédiatement :
2. Décalage temporel sur une heure :
Considérons une horloge à balancier étalonnée dans le cadre de l'approximation des petits angles, qui incrémente son compteur de T_0 = 1\text{ s} à chaque oscillation.
Si cette horloge mesure une durée affichée de \Delta t_{\text{mes}} = 1\text{ h} = 3600\text{ s}, elle a accompli un nombre d'oscillations :
La durée réelle écoulée durant ces N oscillations vaut :
Le décalage temporel absolu induit par l'approximation est donc :
Remarque réciproque : Si l'on s'intéresse au temps affiché par l'horloge au bout d'une heure réelle (\Delta t_{\text{réel}} = 3600\text{ s}), le nombre d'oscillations accomplies est N' = \frac{\Delta t_{\text{réel}}}{T} = \frac{3600}{1{,}05} \simeq 3429. Le temps indiqué par l'horloge est alors \Delta t'_{\text{mes}} = N' T_0 \simeq 3429\text{ s} \simeq 57\text{ min } 9\text{ s}, soit un retard de 171\text{ s} \approx 3\text{ min}. Dans les deux cas, le décalage est d'environ 3 minutes.
Résultat
Question 22
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : cycloïde, roulement san glissement
Dans quelle situation courante rencontre-t-on la cycloïde ?
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Penser à la trajectoire d'une valve ou d'un réflecteur situé sur la roue d'un vélo roulant sans glisser sur une route horizontale rectiligne.
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Dans la vie courante, la cycloïde est la trajectoire décrite par un point fixé sur la circonférence d'un cercle (ou d'une roue) qui roule sans glisser à vitesse constante le long d'une droite rectiligne.
Sur le plan physique et mathématique, la cycloïde possède deux propriétés remarquables célèbres :
- Propriété tautochrone (ou isochrone) : un point matériel glissant sans frottement sur une gouttière cycloïdale sous l'effet de la pesanteur oscille avec une période rigoureusement indépendante de l'amplitude du lâcher (propriété exploitée par Christiaan Huygens pour son horloge à pendule cycloïdal) ;
- Propriété brachistochrone : la cycloïde inversée est la courbe reliant deux points qui minimise le temps de parcours d'un mobile glissant sans frottement sous l'effet de la seule pesanteur (problème posé par Jean Bernoulli en 1696).
Résultat
Partie III : La fonction d'erreur de GAUSS : erf(χ)
A · Introduction au problème de STEFAN
Question 23
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : diffusion thermique, convection thermique
Comment explique-t-on de nos jours le résultat erroné obtenu par Lord KELVIN ?
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Mentionner les deux phénomènes ignorés à l'époque : les mouvements de convection thermique dans le manteau terrestre et le dégagement de chaleur par radioactivité naturelle interne.
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Lord Kelvin avait estimé l'âge de la Terre à quelques dizaines de millions d'années (entre 20 et 100 millions d'années) en supposant que le globe terrestre, initialement fondu, se refroidissait de manière purement conductive, sans source d'énergie interne.
L'erreur de ce résultat s'explique de nos jours principalement par deux éléments méconnus à son époque :
- L'existence de sources d'énergie thermique internes (radioactivité) : Kelvin ignorait la radioactivité, découverte par Henri Becquerel en 1896 puis étudiée par Pierre et Marie Curie. La désintégration radioactive d'isotopes instables à longue durée de vie présents dans le manteau et la croûte terrestre (notamment ^{238}\mathrm{U}, ^{235}\mathrm{U}, ^{232}\mathrm{Th} et ^{40}\mathrm{K}) dégage continuellement de la chaleur (chaleur radiogénique), compensant en grande partie les pertes thermiques superficielles.
- Le mode de transfert thermique dans le manteau (la convection) : Kelvin considérait la Terre comme un solide rigide où la chaleur ne se propage que par conduction pure. En réalité, le manteau terrestre se comporte aux grandes échelles de temps comme un fluide très visqueux au sein duquel s'organise une convection thermique vigoureuse. Ce brassage convectif transporte la chaleur beaucoup plus efficacement vers la base de la lithosphère que la simple diffusion thermique, maintenant un gradient thermique superficiel élevé sur une durée bien plus longue (argument soulevé dès 1895 par John Perry, ancien assistant de Kelvin).
L'âge actuellement admis de la Terre est d'environ 4{,}55 milliards d'années, déterminé grâce aux méthodes de datation radiométrique (notamment le système plomb-plomb sur les météorites).
Question 24
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : loi de fourier, vecteur densité de flux thermique, conductivité thermique
Rappeler la définition du vecteur , densité de flux thermique. Quelle est sa dimension ? Rappeler la loi de Fourier, ainsi que ses conditions d'application. En déduire la dimension de la conductivité thermique .
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Définir le vecteur flux par unité de surface, citer la loi phénoménologique \vec{j}_Q = -\kappa\,\vec{\nabla}T et ses hypothèses (gradient faible, milieu isotrope), puis analyser sa dimension.
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1. Définition et dimension du vecteur densité de flux thermique
Le vecteur densité de flux (ou de courant) thermique \vec{j}_Q caractérise localement le transfert d'énergie thermique par conduction. Le transfert thermique élémentaire \delta^2 Q (ou \delta \phi_Q selon les notations du préambule) traversant une surface orientée \mathrm{d}\vec{S} = \vec{n}\,\mathrm{d}S pendant une durée \mathrm{d}t s'exprime par :
La puissance thermique élémentaire traversant cette surface s'écrit donc :
La puissance \Phi ayant la dimension d'une énergie par unité de temps ([\Phi] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-3}, en watts \mathrm{W}), la dimension de la norme du vecteur densité de flux thermique est :
2. Loi de Fourier et conditions d'application
La loi de Fourier est une loi phénoménologique linéaire reliant le flux de chaleur au gradient de température :
où \kappa > 0 désigne la conductivité thermique du milieu.
Ses conditions d'application sont les suivantes :
- Milieu continu au repos à l'échelle macroscopique : le transfert d'énergie a lieu uniquement par conduction (absence de convection ou de déplacement de matière) ;
- Milieu isotrope : la réponse thermique est identique dans toutes les directions de l'espace, ce qui assure que \kappa est un scalaire (et non un tenseur d'ordre 2) ;
- Approximation des régimes linéaires / équilibre thermodynamique local : les gradients spatiaux de température doivent être suffisamment faibles à l'échelle du libre parcours moyen des porteurs d'énergie (phonons ou électrons), garantissant la proportionnalité entre le flux et le gradient thermique.
3. Dimension de la conductivité thermique
D'après la loi de Fourier, la norme du vecteur densité de flux thermique est reliée au gradient thermique par j_Q = \kappa\,\|\vec{\nabla}T\|, avec \|\vec{\nabla}T\| \sim \frac{\Delta T}{L}, d'où :
en notant \Theta la dimension de la température (kelvin).
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 25
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : équation de la chaleur, diffusivité thermique, bilan d'énergie
Quelle est l'énergie thermique reçue par cette tranche entre et ? Pourquoi étudie-t-on une tranche « mésoscopique » ? Établir l'expression de sa variation d'énergie interne en fonction de , , et puis en fonction de , , , , et . En déduire l'équation de la chaleur à une dimension dans laquelle on précisera l'expression et la dimension du coefficient de diffusion thermique. En déduire l'expression d'une longueur caractéristique en fonction de et du temps .
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Effectuer un bilan thermique sur la tranche mésoscopique (assez grande devant les distances interatomiques mais petite devant l'échelle macroscopique) reliant \mathrm{d}U au flux net entrant.
Voir la stratégieStratégie
- Effectuer un bilan d'énergie sur le système fermé délimité par la tranche mésoscopique fixe entre les plans y et y+\mathrm{d}y pendant la durée \mathrm{d}t.
- Exprimer le transfert thermique net \delta Q entrant par les frontières à l'aide de la composante algébrique j_Q(y,t) du vecteur densité de flux thermique.
- Relier la variation d'énergie interne \mathrm{d}U d'une part à \delta Q (premier principe pour un milieu rigide sans travail utile ni source interne), d'autre part à la capacité thermique du milieu, pour obtenir l'équation de diffusion et le coefficient D.
- Identifier la longueur caractéristique L par analyse dimensionnelle de l'équation aux dérivées partielles.
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1. Énergie thermique \delta Q reçue par la tranche :
La tranche de sol de section \mathcal{S} est comprise entre les abscisses y et y+\mathrm{d}y. Le transfert thermique s'effectue selon la direction \vec{u}_y :
- en y, l'énergie thermique entrant dans la tranche à travers la surface \mathcal{S} orientée selon +\vec{u}_y pendant \mathrm{d}t vaut : \delta Q_{\text{ent}} = j_Q(y, t)\,\mathcal{S}\,\mathrm{d}t ;
- en y+\mathrm{d}y, l'énergie thermique sortant de la tranche pendant \mathrm{d}t vaut : \delta Q_{\text{sort}} = j_Q(y+\mathrm{d}y, t)\,\mathcal{S}\,\mathrm{d}t.
Le bilan d'énergie thermique nette reçue s'écrit donc :
2. Intérêt de l'échelle mésoscopique :
L'échelle mésoscopique correspond à un volume élémentaire \mathrm{d}V = \mathcal{S}\,\mathrm{d}y vérifiant un compromis de deux échelles :
- suffisamment grand devant l'échelle microscopique pour contenir un très grand nombre d'atomes, garantissant ainsi la validité de la description thermodynamique continue et le caractère négligeable des fluctuations statistiques ;
- suffisamment petit devant les échelles macroscopiques caractéristiques des gradients de température, permettant de considérer les grandeurs locales (température, masse volumique) comme uniformes dans la tranche et de linéariser leurs variations spatiales par un développement de Taylor au premier ordre (\mathrm{d}y).
3. Expressions de la variation d'énergie interne \mathrm{d}U :
En appliquant le premier principe de la thermodynamique à la tranche de matière (système fermé immobile et indéformable, donc \delta W = 0) en l'absence de source volumique de chaleur :
d'où :
Par ailleurs, pour une phase condensée indéformable de masse \mathrm{d}m = \rho\,\mathrm{d}V = \rho\,\mathcal{S}\,\mathrm{d}y et de capacité thermique massique c, la variation d'énergie interne associée à l'élévation de température \mathrm{d}T = \frac{\partial T}{\partial t}\,\mathrm{d}t s'écrit :
soit :
4. Équation de la chaleur et coefficient de diffusion D :
En égalant les deux expressions de \mathrm{d}U obtenues :
D'après la loi de Fourier unidimensionnelle (question précédente), j_Q = -\kappa\,\frac{\partial T}{\partial y}. En considérant la conductivité thermique \kappa uniforme et constante :
On obtient ainsi l'équation de diffusion thermique à une dimension :
La dimension du coefficient de diffusion thermique D est :
5. Longueur caractéristique L :
D'après l'équation de diffusion, l'analyse dimensionnelle impose \frac{[T]}{t} \sim D\,\frac{[T]}{L^2}, soit :
Résultat
Question 26
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeNotions : équation de la chaleur, condition aux limites
Quelle est l'équation vérifiée par ? Déterminer les valeurs de , et .
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Utiliser la linéarité de l'équation de diffusion pour montrer que \theta obéit à la même équation de la chaleur, puis traduire les températures aux frontières en valeurs de \theta.
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La température adimensionnée est définie par :
où T_0 et T_1 sont des constantes indépendantes du temps t et de l'espace y.
En dérivant par rapport à t et à y :
D'après l'équation de la chaleur établie à la question Q25, \frac{\partial T}{\partial t} = D \frac{\partial^2 T}{\partial y^2}. Par linéarité, la fonction \theta(y,t) vérifie donc la même équation de diffusion thermique :
Déterminons à présent les valeurs demandées :
À l'instant initial, le milieu y > 0 est à température uniforme T(y>0, t=0) = T_1, d'où :
\theta(y>0, t=0) = \frac{T_1 - T_1}{T_0 - T_1} = 0Pour tout t > 0, la surface en y = 0 est maintenue à la température imposée T_0, donc T(y=0, t>0) = T_0 :
\theta(y=0, t>0) = \frac{T_0 - T_1}{T_0 - T_1} = 1Pour tout temps fini t > 0, le milieu étant semi-infini, l'onde de diffusion thermique n'a pénétré que sur une épaisseur finie caractéristique L \sim \sqrt{Dt}. Le milieu à l'infini n'a pas encore ressenti le changement de température en surface : \lim_{y \to +\infty} T(y,t) = T_1, d'où :
\theta(y \to +\infty, t>0) = \frac{T_1 - T_1}{T_0 - T_1} = 0
On récapitule :
Résultat
Question 27
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : variable d'auto-similarité, équation de diffusion
Montrer que
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Appliquer la règle de dérivation en chaîne pour exprimer \partial/\partial t et \partial^2/\partial y^2 en fonction des dérivées par rapport à \eta.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer les dérivées partielles de la variable de similarité \eta(y,t) = \dfrac{y}{2\sqrt{Dt}} par rapport à l'espace y et au temps t.
- Appliquer le théorème de dérivation des fonctions composées pour calculer \dfrac{\partial \theta}{\partial t} et \dfrac{\partial^2 \theta}{\partial y^2} en fonction des dérivées ordinaires de \theta(\eta).
- Injecter ces expressions dans l'équation de diffusion thermique établie à la question Q26 et simplifier par le facteur temporel commun.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La fonction \theta ne dépend des variables d'espace et de temps qu'à travers la variable de similarité sans dimension :
Calculons les dérivées partielles de \eta par rapport à y et à t :
Par dérivation de la fonction composée \theta(y,t) = \theta(\eta(y,t)), la dérivée temporelle s'écrit :
Pour la variable spatiale y, la dérivée première vaut :
Puisque le préfacteur \dfrac{1}{2\sqrt{Dt}} est indépendant de y, la dérivée seconde s'obtient directement :
D'après le résultat de la question Q26, la température adimensionnée satisfait l'équation de la chaleur sans terme source :
En y substituant les dérivées obtenues ci-dessus :
Pour tout t > 0, en multipliant par 4t et en regroupant les termes, on obtient l'équation différentielle ordinaire cherchée :
Résultat
Question 28
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : fonction d'erreur, équation de diffusion
En utilisant la fonction , montrer que . On donne . En déduire une expression de faisant apparaître une intégrale.
Voir l'indiceIndice
Séparer les variables pour intégrer l'équation différentielle du premier ordre en \varphi, puis intégrer une seconde fois en imposant \theta(0)=1 et \theta(+\infty)=0.
Voir la stratégieStratégie
- Résoudre l'équation différentielle du premier ordre vérifiée par \varphi(\eta) = \theta'(\eta).
- Intégrer \varphi(\eta) pour exprimer \theta(\eta) à l'aide des conditions aux limites déterminées à la question Q26 (\theta(0) = 1 et \lim_{\eta\to+\infty}\theta(\eta) = 0).
- Relier \theta(y,t) à la température physique T(y,t) en réinjectant \eta = \frac{y}{2\sqrt{Dt}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'équation établie à la question Q27, la fonction \varphi(\eta) = \frac{\mathrm{d}\theta(\eta)}{\mathrm{d}\eta} vérifie l'équation différentielle linéaire du premier ordre :
La séparation des variables conduit à \frac{\mathrm{d}\varphi}{\varphi} = -2\eta\,\mathrm{d}\eta, ce qui donne par intégration :
En intégrant de 0 à \eta, on obtient :
D'après la question Q26, en y=0 pour t>0, on a \eta = 0 et \theta(0) = 1. L'expression devient :
La condition à l'infini imposée en Q26 s'écrit \lim_{\eta\to+\infty} \theta(\eta) = 0. En utilisant l'intégrale de Gauss fournie :
On en déduit l'expression de la température adimensionnée :
Par définition de \theta(y,t) (question Q26) et sachant que \eta = \frac{y}{2\sqrt{Dt}} :
En remplaçant \theta(\eta) par son expression :
soit, sous forme simplifiée :
Résultat
B · Formation d'une croûte de lave solide.
Question 29
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : fonction d'erreur, problème de stefan
En reprenant l'équation de la question 27, montrer que
Voir l'indiceIndice
Résoudre l'équation sur \theta(\eta) avec les conditions aux limites spécifiques \theta(0) = 0 et \theta(\lambda) = 1 en utilisant la définition de la fonction d'erreur erf.
Voir la stratégieStratégie
- Résoudre l'équation différentielle linéaire du second ordre établie à la question Q27 pour obtenir l'expression générale de \theta(\eta) en fonction de la fonction d'erreur \mathrm{erf}.
- Déterminer les conditions aux limites pour la variable auto-similaire \theta(\eta) à la surface (\eta = 0) et au front de solidification (\eta = \lambda).
- Identifier les constantes d'intégration pour aboutir à l'expression recherchée.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q27, la température adimensionnée \theta(\eta) vérifie l'équation différentielle :
En posant \varphi(\eta) = \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\eta}, la séparation des variables conduit à :
où C_1 est une constante d'intégration. En intégrant une seconde fois :
En utilisant la définition de la fonction d'erreur \operatorname{erf}(\eta) = \frac{2}{\sqrt{\pi}}\int_0^\eta e^{-z^2}\,\mathrm{d}z, cette solution s'écrit sous la forme générale :
où A et B sont des constantes réelles.
Déterminons ces constantes grâce aux conditions aux limites données dans l'énoncé de la partie III.B :
À la surface extérieure y = 0, la température vaut T(0,t) = T_0, ce qui correspond à \eta = 0 :
\theta(0) = \frac{T(0,t) - T_0}{T_f - T_0} = 0Comme \operatorname{erf}(0) = 0, on en déduit immédiatement B = 0.
À l'interface de solidification y = y_s(t), la température vaut T(y_s,t) = T_f, ce qui correspond à \eta = \eta_s = \lambda :
\theta(\lambda) = \frac{T(y_s,t) - T_0}{T_f - T_0} = \frac{T_f - T_0}{T_f - T_0} = 1On a donc A\,\operatorname{erf}(\lambda) = 1, soit A = \frac{1}{\operatorname{erf}(\lambda)}.
On obtient ainsi le profil de température adimensionnée :
Résultat
Question 30
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : enthalpie de fusion, solidification
Quelle est l'énergie libérée par la solidification à la température d'une tranche de lave de surface en fonction de la masse volumique de la lave en fusion et l'enthalpie de fusion massique : .
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Exprimer la masse de la tranche de lave en cours de solidification \mathrm{d}m = \rho\,S\,\mathrm{d}y_s et multiplier par l'enthalpie massique de solidification (opposée de la fusion).
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Considérons la tranche de lave d'épaisseur \mathrm{d}y_s et de surface S qui se solidifie entre les instants t et t+\mathrm{d}t. Sa masse s'exprime en fonction de la masse volumique \rho par :
La solidification est la transformation inverse de la fusion (\text{liquide} \to \text{solide}). L'enthalpie massique de solidification à la température T_f est donc :
Cette transformation étant exothermique, l'énergie thermique \delta Q libérée par la solidification de la masse \mathrm{d}m est une grandeur positive donnée par :
On en déduit :
Résultat
Question 31
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : problème de stefan, bilan d'énergie
Toute l'énergie libérée par la solidification doit être évacuée par diffusion dans la lave solide car la lave en fusion reste à la température . Montrer que :
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Traduire la continuité du flux énergétique à l'interface de transition de phase : la chaleur latente libérée est intégralement évacuée par diffusion dans le solide vers la surface.
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- Exprimer le flux thermique évacué par conduction à travers l'interface de solidification y = y_s(t) vers la croûte solide en appliquant la loi de Fourier.
- Établir le bilan d'énergie sur l'interface pendant la durée \mathrm{d}t : l'énergie thermique libérée par la solidification de la tranche d'épaisseur \mathrm{d}y_s est intégralement emportée par diffusion thermique dans le solide, le liquide étant isotherme à la température T_f.
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La lave en fusion (y > y_s(t)) est à la température uniforme T_f, son gradient thermique est donc nul et elle n'apporte aucun flux de chaleur à l'interface :
Dans la croûte solide (0 \leqslant y \leqslant y_s(t)), la température croît avec la profondeur de T(0,t) = T_0 jusqu'à T(y_s,t) = T_f > T_0. D'après la loi de Fourier (question Q24), le vecteur densité de flux thermique au voisinage immédiat de l'interface, du côté solide, s'écrit :
Puisque le gradient \left(\frac{\partial T}{\partial y}\right)_{y=y_s} est positif, le transfert thermique s'effectue vers le haut, c'est-à-dire dans le sens opposé à l'axe \vec{u}_y (vers la surface froide y=0).
Le flux d'énergie thermique sortant de l'interface vers la croûte solide à travers la surface S pendant l'intervalle \mathrm{d}t s'exprime par le produit de la composante selon -\vec{u}_y par la surface et la durée :
D'après la question Q30, la solidification de l'épaisseur \mathrm{d}y_s de surface S libère l'énergie thermique :
L'énoncé précisant que la totalité de cette énergie libérée est évacuée par diffusion dans le solide, le bilan énergétique à l'interface s'écrit :
En divisant de part et d'autre par S \, \mathrm{d}t, on obtient la relation demandée :
Résultat
Question 32
Difficulté estimée 3 sur 4 : ExigeantNotions : problème de stefan, variable d'auto-similarité
En déduire que
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Calculer le gradient de température (\partial T/\partial y)_{y=y_s} en dérivant l'expression de \theta(\eta) obtenue en Q29 et injecter \mathrm{d}y_s/\mathrm{d}t = \lambda\sqrt{D/t}.
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- Exprimer la vitesse d'avancée du front de solidification \dfrac{\mathrm{d}y_s(t)}{\mathrm{d}t} à partir de la définition de la variable auto-similaire au front : y_s(t) = 2\lambda\sqrt{Dt}.
- Déterminer le gradient spatial de température \left(\dfrac{\partial T}{\partial y}\right)_{y=y_s} à l'aide de la formule de dérivation des fonctions composées et du profil de température adimensionné \theta(\eta) obtenu à la question Q29.
- Réinjecter ces expressions dans la relation de Stefan établie à la question Q31, puis simplifier en utilisant l'expression de la diffusivité thermique D = \dfrac{\kappa}{\rho c} (question Q25).
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D'après la définition de la constante \lambda, la position de l'interface de solidification s'écrit :
Sa dérivée temporelle est donc :
D'autre part, la température s'exprime en fonction de la température adimensionnée \theta selon (question Q29) :
Par dérivation en chaîne, le gradient de température dans la croûte solide s'écrit :
Or :
Au niveau du front de solidification (y = y_s(t), soit \eta = \lambda), on obtient :
En injectant ces résultats dans le bilan d'énergie à l'interface établi en Q31 :
Le facteur temporel \sqrt{t} se simplifie des deux côtés. En multipliant par \sqrt{D} et en rappelant que par définition de la diffusivité thermique (question Q25), \kappa = \rho c D d'où \dfrac{\kappa\sqrt{D}}{D} = \rho c \sqrt{D}, il vient :
En simplifiant par \rho et en regroupant les termes dépendant de \lambda dans le membre de gauche, on conclut :
Résultat
Question 33
Difficulté estimée 1 sur 4 : Application directeFaisable en SupNotions : méthode de dichotomie, méthode de newton
Quel algorithme peut on utiliser pour obtenir la constante numériquement ? Expliquer en quelques mots son fonctionnement.
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Présenter le principe de l'algorithme de dichotomie (ou de la méthode de Newton) basé sur le théorème des valeurs intermédiaires pour trouver la racine d'une équation non linéaire.
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Pour déterminer numériquement la racine d'une équation scalaire non linéaire de la forme g(\lambda) = 0, le programme de CPGE met en avant deux algorithmes classiques :
- La méthode de dichotomie, particulièrement robuste et universelle ;
- La méthode de Newton-Raphson, à convergence très rapide (quadratique).
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L'équation établie à la question Q32 se met sous la forme g(\lambda) = 0, avec :
La fonction g est continue et strictement décroissante sur ]0, +\infty[. Pour trouver numériquement la constante \lambda, on peut utiliser l'algorithme de dichotomie (ou la méthode de Newton-Raphson).
Fonctionnement de l'algorithme de dichotomie :
- Initialisation : On choisit deux réels a et b encadrant la solution, tels que g(a) \cdot g(b) < 0 (par exemple [a, b] = [0{,}5\,;\,2] au vu du tracé de la figure 7).
Itération : À chaque étape, on évalue la fonction au milieu de l'intervalle m = \dfrac{a + b}{2} :
- si g(a) \cdot g(m) \leqslant 0, la racine appartient à l'intervalle [a, m] : on pose b \leftarrow m ;
- sinon, la racine appartient à [m, b] : on pose a \leftarrow m.
- Critère d'arrêt : La longueur de l'intervalle de recherche est divisée par deux à chaque itération. Le processus s'arrête dès que la largeur b - a devient inférieure à une précision ou tolérance \varepsilon fixée à l'avance. L'approximation de \lambda est alors le dernier milieu m.
Résultat
Question 34
Difficulté estimée 2 sur 4 : ClassiqueNotions : problème de stefan, diffusion thermique
À l'aide de la figure 7, estimer la valeur numérique de . En déduire l'épaisseur de la croûte de lave six mois après l'éruption. Comparer votre résultat à ceux de la figure 8 tirés d'une expérience.
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Calculer numériquement la valeur du second membre de l'équation de Q32, lire la valeur de \lambda sur la figure 7, puis calculer l'épaisseur y_s = 2\lambda\sqrt{Dt} avec t = 6\text{ mois} en secondes.
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- Évaluer numériquement le second membre de la relation établie à la question Q32 à partir des données numériques fournies.
- Lire la valeur correspondante de \lambda sur le graphe de la figure 7.
- Exprimer l'épaisseur y_s(t) = 2\lambda\sqrt{Dt} pour t = 6\text{ mois}, en convertissant la durée en secondes.
- Relever l'épaisseur sur la figure 8 à l'abscisse t = 0{,}5\text{ an} et confronter théorie et expérience.
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D'après la question Q32, la constante \lambda vérifie l'équation :
Calculons numériquement le membre de droite avec les données de l'énoncé :
Sur la figure 7, la courbe coupe le niveau d'ordonnée y \simeq 0{,}71 (légèrement au-dessus de la graduation 0{,}7) à l'abscisse :
(une valeur comprise entre 0{,}8 et 0{,}9 est tout à fait acceptable compte tenu de la précision de lecture).
L'épaisseur de la croûte solide à l'instant t est reliée à la variable de similarité par :
Pour une durée de six mois, soit une demi-année :
Le produit de diffusion vaut :
d'où :
On en déduit l'épaisseur de la croûte solide :
Comparaison avec les mesures de la figure 8 : Sur la figure 8, à l'abscisse t = 0{,}5\text{ an}, la courbe théorique et les points expérimentaux (mesures in situ sur les lacs de lave Makaopuhi et Kilauea Iki) donnent une épaisseur y_m \simeq 5{,}3\text{ m} (l'ensemble des points expérimentaux se situe entre 4{,}5\text{ m} et 5{,}5\text{ m}).
La valeur calculée est en excellent accord avec les observations de terrain, confirmant la validité du modèle de Stefan en \sqrt{t} pour la solidification des coulées magmatiques.
Résultat
Où je me situe, question par question
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.