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Corrigé détaillé Mines Physique 1 MP 2023

Fonctions spéciales en physique : W de Lambert, intégrales elliptiques et fonction d'erreur

Le sujet en bref

Sujet moyen · Cinématique et dynamique du point, Diffusion thermique et diffusion de particules, Approche énergétique et oscillateurs mécaniques · 12 incontournables · 24 questions de première année
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Ce sujet original et très formateur illustre la puissance des « fonctions spéciales » (fonction W de Lambert, intégrale elliptique de première espèce , fonction d'erreur de Gauss ) pour dépasser les approximations classiques et obtenir des solutions analytiques exactes à des problèmes physiques non linéaires ou diffusifs.

L'épreuve est constituée de trois parties totalement indépendantes. La première traite du tir d'un projectile avec frottement fluide linéaire, menant à l'optimisation de la portée via la fonction de Lambert. La deuxième s'intéresse aux oscillations de grande amplitude d'un pendule simple et à la perte d'isochronisme, résolues par une intégrale elliptique et calculées numériquement par la méthode des rectangles médians en Python. La troisième aborde la diffusion thermique monodimensionnelle semi-infinie et le problème historique de Stefan modélisant la solidification d'un lac de lave basaltique.

Très progressif et agréable à traiter, ce sujet constitue un excellent support de révision transversal combinant mécanique newtonienne, thermodynamique de diffusion, modélisation géophysique et analyse numérique.

Difficulté
Moyen, d'après les résultats et le rapport du jury (moyenne 11,68/20)
Temps estimé
≈ 2 h 55 pour tout traiter, pour une épreuve de 3 h (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

12 questions classiques, à savoir refaire :

Où gagner des points

21 questions rapides et accessibles · 8 résultats donnés par l'énoncé
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Rapides et accessibles (21) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Résultat donné (8) : l'énoncé fournit le résultat, utilisable pour la suite même sans l'avoir établi.

Points à signaler : erreur d'énoncé
  • Erreur d'énoncé

    Dans le code Python fourni en Q20, l'affectation x = m.sin(theta_0)**2 comporte une coquille : le changement de variable classique pour le pendule simple fait intervenir \sin^2(\theta_0/2) et non \sin^2(\theta_0).

Comment utiliser ce corrigé

Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés

Sommaire

34 questions
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Partie I : La fonction de W de LAMBERT

A · Tir d'un projectile sans frottements

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : référentiel galiléen, référentiel terrestre

Rappeler la définition d'un référentiel galiléen. Dans quelle mesure le référentiel terrestre peut-il être supposé galiléen ?

Voir l'indice

Rappeler le principe d'inertie définissant un repère galiléen et comparer la durée du vol du projectile à la période de rotation terrestre (24 heures).

Voir la réponse courte

Définition du référentiel galiléen (principe d'inertie) et validité pour le référentiel terrestre sur des durées courtes devant la période de rotation de 24 h.

Voir le corrigé complet

Définition d'un référentiel galiléen :
Un référentiel galiléen (ou inertiel) est un référentiel dans lequel le principe d'inertie (première loi de Newton) est vérifié : tout point matériel mécaniquement isolé (ou pseudo-isolé, c'est-à-dire soumis à un ensemble de forces dont la résultante est nulle) est animé d'un mouvement rectiligne et uniforme (\vec{v} = \vec{\text{cste}}).

Validité de l'approximation pour le référentiel terrestre :
Le référentiel terrestre est en rotation propre par rapport au référentiel géocentrique autour de l'axe des pôles, à la vitesse angulaire :

\Omega = \frac{2\pi}{T_{\text{sidéral}}} \approx 7{,}27 \times 10^{-5}\text{ rad}\cdot\text{s}^{-1} \quad \text{avec } T_{\text{sidéral}} \approx 86\,164\text{ s} \approx 24\text{ h}.

Il n'est donc pas rigoureusement galiléen en raison de :

  • l'accélération d'entraînement axifuge, qui est statique et incorporée directement dans la définition de la pesanteur locale \vec{g} ;
  • l'accélération complémentaire de Coriolis \vec{a}_{\mathrm{C}} = 2\vec{\Omega} \wedge \vec{v}, responsable des forces d'inertie de Coriolis.

Le référentiel terrestre peut être considéré comme galiléen si les effets de la force de Coriolis sont négligeables devant les forces appliquées (ici le poids). Cela se traduit par la condition sur la durée caractéristique \Delta t de l'expérience :

\boxed{\Delta t \ll T_{\text{sidéral}} \sim 24\text{ h}}

ou, en termes d'accélérations, par 2\Omega v \ll g. Pour un tir de projectile usuel d'une durée de l'ordre de quelques secondes ou minutes (v \sim 10\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} donne a_{\mathrm{C}} \sim 10^{-3}\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} \ll g \approx 9{,}8\text{ m}\cdot\text{s}^{-2}), cette condition est largement vérifiée.

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : principe fondamental de la dynamique, équation horaire

Établir les équations horaires du mouvement. Montrer que le mouvement est plan.

Voir l'indice

Projeter la deuxième loi de Newton \vec{P} = m\vec{a} sur les axes cartésiens et intégrer deux fois avec les conditions initiales en vitesse et position.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la deuxième loi de Newton au projectile dans le référentiel d'étude en précisant le bilan des forces.
  2. Intégrer les équations différentielles scalaires en tenant compte des conditions initiales de position et de vitesse.
  3. Conclure sur le caractère plan du mouvement en constatant l'annulation d'une des coordonnées d'espace à tout instant.
Voir la réponse courte

Application du PFD au projectile soumis à son seul poids, intégration vectorielle prouvant la planéité et obtention des équations horaires cartésiennes.

Voir le corrigé complet

On étudie le projectile de masse m, assimilé à un point matériel M, dans le référentiel terrestre supposé galiléen (question Q1). Ce référentiel est muni du repère orthonormé direct (O, \vec{u}_x, \vec{u}_y, \vec{u}_z) représenté sur la figure 1, où la verticale ascendante est portée par \vec{u}_z et le champ de pesanteur s'écrit \vec{g} = -g\,\vec{u}_z.

En l'absence de frottements de l'air, le projectile n'est soumis qu'à son poids :

\vec{P} = m\vec{g} = -m g\,\vec{u}_z

La deuxième loi de Newton s'écrit :

m\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = m\vec{g} \quad \implies \quad \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = \vec{g}

Par projection sur les trois axes :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}v_x}{\mathrm{d}t} &= 0 \\ \frac{\mathrm{d}v_y}{\mathrm{d}t} &= 0 \\ \frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}t} &= -g \end{aligned}

À l'instant initial t = 0, la position est \vec{OM}(0) = \vec{0} et le vecteur vitesse appartient au plan (O, \vec{u}_y, \vec{u}_z) :

\vec{v}(0) = v_0 \cos\theta_0\,\vec{u}_y + v_0 \sin\theta_0\,\vec{u}_z

Une première intégration donne les composantes de la vitesse à chaque instant t :

\begin{aligned} v_x(t) &= 0 \\ v_y(t) &= v_0 \cos\theta_0 \\ v_z(t) &= -gt + v_0 \sin\theta_0 \end{aligned}

Une seconde intégration avec les conditions initiales de position x(0) = 0, y(0) = 0 et z(0) = 0 conduit aux équations horaires :

\boxed{\begin{aligned} x(t) &= 0 \\ y(t) &= v_0 \cos\theta_0 \, t \\ z(t) &= -\frac{1}{2}gt^2 + v_0 \sin\theta_0 \, t \end{aligned}}

Puisque x(t) = 0 pour tout t \ge 0, la trajectoire du projectile est intégralement contenue dans le plan vertical (O, \vec{u}_y, \vec{u}_z) : le mouvement est plan.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : trajectoire parabolique

Établir l'équation de la trajectoire. Quelle est la forme de la trajectoire ? Est-elle symétrique ?

Voir l'indice

Exprimer le temps t en fonction de l'abscisse y puis l'injecter dans la cote z(t) pour obtenir une parabole admettant un axe de symétrie vertical.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le temps t en fonction de la coordonnée horizontale y à partir des équations horaires obtenues à la question 2.
  2. Injecter cette expression dans l'équation horaire z(t) pour obtenir z(y).
  3. Identifier la nature géométrique de la courbe obtenue et préciser son axe de symétrie.
Voir la réponse courte

Élimination du temps entre x(t) et y(t) pour obtenir l'équation de la parabole d'axe vertical symétrique par rapport à son sommet.

Voir le corrigé complet

D'après les équations horaires établies à la question 2, le mouvement s'effectue dans le plan (O, \vec{u}_y, \vec{u}_z) avec :

\begin{aligned} y(t) &= v_0 \cos\theta_0 \, t \\ z(t) &= -\frac{1}{2} g t^2 + v_0 \sin\theta_0 \, t \end{aligned}

Comme \theta_0 \in \left]0, \frac{\pi}{2}\right[, on a \cos\theta_0 \neq 0. On exprime le temps t en fonction de y :

t = \frac{y}{v_0 \cos\theta_0}

En reportant cette expression dans z(t), on obtient l'équation de la trajectoire :

z(y) = -\frac{g}{2 v_0^2 \cos^2\theta_0} y^2 + y \tan\theta_0
\boxed{z(y) = -\frac{g}{2 v_0^2 \cos^2\theta_0} y^2 + (\tan\theta_0) y}

Forme de la trajectoire : La fonction z(y) est un polynôme du second degré en y avec un coefficient dominant négatif (-\frac{g}{2v_0^2\cos^2\theta_0} < 0). La trajectoire est donc une parabole à axe vertical orientée vers le bas.

Symétrie : Toute parabole admet pour axe de symétrie sa droite focale (ici verticale), passant par son extremum (le sommet S). La trajectoire est donc symétrique par rapport à la droite verticale d'abscisse :

y_S = \frac{v_0^2 \sin(2\theta_0)}{2g}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 4

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : portée, sommet de la trajectoire

Déterminer les coordonnées du sommet de la trajectoire. Définir la portée du tir et établir son expression. Quel est l'angle assurant un tir de portée maximale ?

Voir l'indice

Le sommet s'obtient par l'annulation de la composante verticale de la vitesse ; la portée correspond à l'abscisse non nulle annulant la cote z(y). Utiliser la formule de duplication \sin(2\theta_0).

Voir la stratégie
  1. Caractériser le sommet S par l'annulation de la composante verticale de la vitesse (\dot{z}(t_S) = 0) ou par l'extremum de la fonction z(y).
  2. Définir la portée \ell comme la distance au sol entre le point de tir et le point d'impact, puis calculer sa valeur en résolvant z(y)=0 (ou par symétrie de la parabole).
  3. Optimiser l'expression de la portée par rapport à l'angle de tir \theta_0 \in [0, \pi/2].
Voir la réponse courte

Coordonnées du sommet où v_y = 0, calcul de la portée \ell = \frac{v_0^2 \sin(2\theta_0)}{g} et maximisation pour \theta_0 = 45^\circ.

Voir le corrigé complet

1. Coordonnées du sommet S de la trajectoire

Au sommet S, la vitesse verticale du projectile s'annule :

\dot{z}(t_S) = -g t_S + v_0 \sin\theta_0 = 0 \implies t_S = \frac{v_0 \sin\theta_0}{g}

En injectant cet instant dans les équations horaires établies à la question 2 :

\begin{aligned} x_S &= 0 \\ y_S &= v_0 \cos\theta_0 \, t_S = \frac{v_0^2 \sin\theta_0 \cos\theta_0}{g} = \frac{v_0^2 \sin(2\theta_0)}{2g} \\ z_S &= -\frac{1}{2}g t_S^2 + v_0 \sin\theta_0 \, t_S = \frac{v_0^2 \sin^2\theta_0}{2g} \end{aligned}

Le sommet S a donc pour coordonnées :

\boxed{S \left(0\, ;\, \frac{v_0^2 \sin(2\theta_0)}{2g}\, ;\, \frac{v_0^2 \sin^2\theta_0}{2g}\right)}

2. Définition et expression de la portée \ell

La portée \ell est la distance horizontale séparant le point de lancement O du point où le projectile retombe au sol (altitude z = 0, avec y > 0).

D'après l'équation de la trajectoire établie à la question 3 :

z(y) = y \left( \tan\theta_0 - \frac{g}{2 v_0^2 \cos^2\theta_0} y \right)

La condition z(\ell) = 0 avec \ell > 0 conduit à :

\ell = \frac{2 v_0^2}{g} \tan\theta_0 \cos^2\theta_0 = \frac{2 v_0^2 \sin\theta_0 \cos\theta_0}{g}

On retrouve par ailleurs, en accord avec la symétrie de la trajectoire parabolique, que \ell = 2 y_S :

\boxed{\ell = \frac{v_0^2 \sin(2\theta_0)}{g}}

3. Angle assurant la portée maximale

Pour une vitesse initiale v_0 fixée, la portée dépend de l'angle de tir selon la fonction \theta_0 \mapsto \sin(2\theta_0).

L'angle \theta_0 étant compris entre 0 et \pi/2, on a 2\theta_0 \in [0, \pi]. La fonction sinus atteint son maximum (égal à 1) en 2\theta_0 = \pi/2, soit :

\boxed{\theta_0 = \frac{\pi}{4} = 45^\circ}

La portée maximale vaut alors \ell_{\max} = \frac{v_0^2}{g}.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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B · Tir d'un projectile avec frottements

Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : frottement fluide, analyse dimensionnelle

Quelle est la dimension du coefficient ? Définir à partir de un temps caractéristique . Le mouvement reste-t-il plan ?

Voir l'indice

Effectuer une analyse dimensionnelle sur \vec{f} = -\alpha \vec{v} et construire le temps \tau = m/\alpha. Remarquer que la force reste dans le plan vertical initial.

Voir la réponse courte

Analyse dimensionnelle [\alpha] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-1}, définition du temps caractéristique \tau = m/\alpha et planéité par colinéarité des forces dans le plan vertical initial.

Voir le corrigé complet

1. Dimension du coefficient \alpha :

La force de frottement fluide s'écrit \vec{f} = -\alpha \vec{v}. Par identification des dimensions :

[\alpha] = \frac{[f]}{[v]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-2}}{\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-1}} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-1}

Le coefficient \alpha a la dimension d'une masse divisée par un temps, son unité dans le Système international est le \mathrm{kg\cdot s^{-1}}.

\boxed{[\alpha] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-1}}

2. Définition du temps caractéristique \tau :

La seule grandeur intrinsèque du projectile pouvant être combinée avec \alpha pour obtenir une durée est sa masse m (de dimension \mathrm{M}). On définit donc le temps caractéristique de relaxation de la vitesse par :

\boxed{\tau = \frac{m}{\alpha}}

3. Maintien du caractère plan du mouvement :

Appliquons le principe fondamental de la dynamique au projectile de masse m dans le référentiel d'étude supposé galiléen :

m\frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = m\vec{g} - \alpha \vec{v}

Projetons cette équation sur l'axe horizontal (Ox) orthogonal au plan de tir (O, \vec{u}_y, \vec{u}_z), sachant que \vec{g} = -g\,\vec{u}_z n'a aucune composante selon \vec{u}_x :

m\ddot{x} = -\alpha \dot{x} \iff \ddot{x} + \frac{1}{\tau}\dot{x} = 0

La vitesse selon (Ox) vérifie \dot{x}(t) = \dot{x}(0)\,\mathrm{e}^{-t/\tau}. Or, à t=0, le tir a lieu dans le plan vertical (O, \vec{u}_y, \vec{u}_z), de sorte que \dot{x}(0) = 0 et x(0) = 0. Il en résulte :

\forall t \geqslant 0, \quad \dot{x}(t) = 0 \quad \text{puis} \quad x(t) = 0
\boxed{\text{Le mouvement reste plan, confiné dans le plan }(O, \vec{u}_y, \vec{u}_z).}

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : principe fondamental de la dynamique, frottement fluide, équation horaire

Établir, en fonction , , , et , les nouvelles équations horaires du mouvement.

Voir l'indice

Résoudre les équations différentielles linéaires d'ordre un sur v_y(t) et v_z(t), puis intégrer pour obtenir y(t) et z(t) avec y(0)=0 et z(0)=0.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le principe fondamental de la dynamique au projectile dans le référentiel d'étude pour obtenir les équations différentielles vérifiées par les composantes de la vitesse.
  2. Résoudre ces équations différentielles linéaires du premier ordre en utilisant les conditions initiales sur la vitesse.
  3. Intégrer les composantes de la vitesse par rapport au temps en tenant compte des conditions initiales de position (x(0)=y(0)=z(0)=0).
Voir la réponse courte

PFD projeté selon les axes, résolution des équations différentielles linéaires d'ordre 1 en vitesse et intégration temporelle avec conditions initiales.

Voir le corrigé complet

On étudie le projectile de masse m dans le référentiel terrestre supposé galiléen. Il est soumis à son poids \vec{P} = -m g \vec{u}_z et à la force de frottement fluide \vec{f} = -\alpha \vec{v} = -\frac{m}{\tau}\vec{v}.

Le principe fondamental de la dynamique s'écrit :

m \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} = -mg \vec{u}_z - \frac{m}{\tau}\vec{v} \iff \frac{\mathrm{d}\vec{v}}{\mathrm{d}t} + \frac{1}{\tau}\vec{v} = -g \vec{u}_z

D'après la question Q5, le mouvement a lieu dans le plan (O, \vec{u}_y, \vec{u}_z) avec la condition initiale x(0) = 0 et \dot{x}(0) = 0, d'où :

x(t) = 0

Mouvement suivant l'axe (Oy) :

\frac{\mathrm{d}v_y}{\mathrm{d}t} + \frac{1}{\tau} v_y = 0

La solution générale est de la forme v_y(t) = A\, e^{-t/\tau}. Avec la condition initiale v_y(0) = v_0 \cos\theta_0, il vient A = v_0 \cos\theta_0, soit :

v_y(t) = v_0 \cos\theta_0\, e^{-t/\tau}

En intégrant entre 0 et t avec y(0) = 0 :

y(t) = \int_0^t v_y(t')\,\mathrm{d}t' = v_0 \cos\theta_0 \left[ -\tau\, e^{-t'/\tau} \right]_0^t
y(t) = v_0 \tau \cos\theta_0 \left(1 - e^{-t/\tau}\right)

Mouvement suivant l'axe (Oz) :

\frac{\mathrm{d}v_z}{\mathrm{d}t} + \frac{1}{\tau} v_z = -g

La solution générale est la somme d'une solution de l'équation homogène et d'une solution particulière constante v_{z,\mathrm{part}} = -g\tau :

v_z(t) = B\, e^{-t/\tau} - g\tau

Avec la condition initiale v_z(0) = v_0 \sin\theta_0, on détermine la constante B :

B - g\tau = v_0 \sin\theta_0 \implies B = v_0 \sin\theta_0 + g\tau

D'où l'expression de la vitesse verticale :

v_z(t) = \left(v_0 \sin\theta_0 + g\tau\right) e^{-t/\tau} - g\tau

En intégrant entre 0 et t avec z(0) = 0 :

\begin{aligned} z(t) &= \int_0^t v_z(t')\,\mathrm{d}t' \\ &= \left(v_0 \sin\theta_0 + g\tau\right) \left[ -\tau\, e^{-t'/\tau} \right]_0^t - g\tau t \end{aligned}
z(t) = \left(v_0 \sin\theta_0 + g\tau\right)\tau \left(1 - e^{-t/\tau}\right) - g\tau t

En résumé, les équations horaires du mouvement s'écrivent :

\boxed{\begin{cases} x(t) = 0 \\ y(t) = v_0 \tau \cos\theta_0 \left(1 - e^{-t/\tau}\right) \\ z(t) = \left(v_0 \sin\theta_0 + g\tau\right)\tau \left(1 - e^{-t/\tau}\right) - g\tau t \end{cases}}

Résultat

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : développement limité, chute libre

Dans la situation où , simplifier les équations horaires de la trajectoire et donner l'allure du mouvement.

Voir l'indice

Effectuer un développement limité au premier ordre non trivial des termes exponentiels \exp(-t/\tau) pour t \ll \tau.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un développement limité au voisinage de t = 0 (soit t/\tau \ll 1) de la fonction exponentielle présente dans les équations horaires obtenues à la question Q6.
  2. Conserver l'ordre minimal non nul pour chaque composante : l'ordre 1 pour y(t) et l'ordre 2 pour z(t) afin de faire apparaître l'effet de la pesanteur, le terme d'ordre 1 en g\tau t se compensant exactement.
  3. Identifier l'équation de la trajectoire correspondante et conclure sur la nature et l'allure du mouvement aux temps courts.
Voir la réponse courte

Développement limité à l'ordre 2 de l'exponentielle pour t \ll \tau, redonnant le mouvement parabolique de la chute libre sans frottement.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q6, les équations horaires du mouvement s'écrivent :

\begin{aligned} y(t) &= v_0 \tau \cos\theta_0 \left(1 - \mathrm{e}^{-t/\tau}\right) \\ z(t) &= (v_0 \sin\theta_0 + g\tau)\tau \left(1 - \mathrm{e}^{-t/\tau}\right) - g\tau t \end{aligned}

Pour t \ll \tau, posons \varepsilon = \frac{t}{\tau} \ll 1. Le développement limité de l'exponentielle à l'ordre 2 s'écrit :

\mathrm{e}^{-t/\tau} = 1 - \frac{t}{\tau} + \frac{t^2}{2\tau^2} + \mathcal{o}\left(\frac{t^2}{\tau^2}\right)

soit :

1 - \mathrm{e}^{-t/\tau} = \frac{t}{\tau} - \frac{t^2}{2\tau^2} + \mathcal{o}\left(\frac{t^2}{\tau^2}\right)

Injectons ce développement dans les équations horaires :

  • Pour la coordonnée horizontale y(t), au premier ordre non nul en t/\tau :

    \begin{aligned} y(t) &= v_0 \tau \cos\theta_0 \left( \frac{t}{\tau} + \mathcal{O}\left(\frac{t^2}{\tau^2}\right) \right) \simeq v_0 \cos\theta_0 \, t \end{aligned}
  • Pour la coordonnée verticale z(t), en développant à l'ordre 2 :

    \begin{aligned} z(t) &= (v_0 \sin\theta_0 + g\tau)\tau \left( \frac{t}{\tau} - \frac{t^2}{2\tau^2} \right) - g\tau t + \mathcal{o}(t^2) \\ &= v_0 \sin\theta_0 \, t + g\tau t - \frac{v_0 \sin\theta_0}{2\tau} t^2 - \frac{1}{2}gt^2 - g\tau t + \mathcal{o}(t^2) \\ &= v_0 \sin\theta_0 \, t - \frac{1}{2}gt^2 - \frac{v_0 \sin\theta_0}{2\tau} t^2 + \mathcal{o}(t^2) \end{aligned}

    Comme t \ll \tau, le terme \frac{v_0 \sin\theta_0}{2\tau} t^2 = \left(v_0 \sin\theta_0 \, t\right) \frac{t}{2\tau} est négligeable devant le terme d'impulsion initiale v_0 \sin\theta_0 \, t, ce qui conduit à :

    z(t) \simeq v_0 \sin\theta_0 \, t - \frac{1}{2}gt^2

On obtient ainsi les équations horaires simplifiées :

\boxed{\begin{cases} y(t) \simeq v_0 \cos\theta_0 \, t \\ z(t) \simeq -\dfrac{1}{2}gt^2 + v_0 \sin\theta_0 \, t \end{cases}}

En éliminant le temps t = \frac{y}{v_0 \cos\theta_0}, on retrouve :

z(y) \simeq -\frac{g}{2v_0^2 \cos^2\theta_0} y^2 + (\tan\theta_0) y

Allure du mouvement : Pour t \ll \tau, les frottements fluides sont encore négligeables devant les forces d'inertie et le poids. L'allure de la trajectoire est donc parabolique, identique à celle du tir sans frottement étudiée en première partie.

Résultat

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : vitesse limite, asymptote

Dans la situation où , simplifier les équations horaires du mouvement en faisant apparaitre une vitesse limite . Où retombe le projectile ?

Voir l'indice

Faire tendre l'exponentielle vers 0 dans les équations horaires et identifier le régime de vitesse limite verticale v_\infty = g\tau ainsi que l'abscisse maximale atteinte.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le comportement asymptotique du vecteur vitesse pour t \gg \tau afin d'identifier la vitesse limite scalaire v_\infty.
  2. Négliger les termes exponentiels e^{-t/\tau} devant 1 dans les équations horaires établies à la question 6.
  3. En déduire le comportement géométrique de la trajectoire (asymptote verticale) et la position du point d'impact au sol.
Voir la réponse courte

À t \gg \tau, l'exponentielle s'annule : le mouvement admet une asymptote verticale en x = \tau v_0 \cos\theta_0 et une vitesse limite verticale v_\infty = g\tau.

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question 6, le vecteur vitesse s'écrit :

\vec{v}(t) = v_0\cos\theta_0\, e^{-t/\tau}\,\vec{u}_y + \left[(v_0\sin\theta_0 + g\tau)e^{-t/\tau} - g\tau\right]\vec{u}_z

Lorsque t \gg \tau, le terme e^{-t/\tau} devient négligeable devant 1. La vitesse tend alors vers une vitesse limite verticale dirigée vers le bas :

\vec{v}(t) \underset{t \gg \tau}{\longrightarrow} -g\tau\,\vec{u}_z = -\vec{v}_\infty

On identifie ainsi la vitesse limite :

\boxed{v_\infty = g\tau}

En négligeant le terme en e^{-t/\tau} dans les équations horaires de la question 6, il vient pour t \gg \tau :

\begin{aligned} y(t) &\simeq v_0 \tau \cos\theta_0 \\ z(t) &\simeq (v_0\sin\theta_0 + v_\infty)\tau - v_\infty t \end{aligned}

soit :

\boxed{\begin{cases} y(t) \simeq v_0\tau\cos\theta_0 \\ z(t) \simeq (v_0\sin\theta_0 + v_\infty)\tau - v_\infty t \end{cases}}

Point de chute du projectile :

La composante horizontale y(t) s'immobilise pratiquement à la valeur constante y_\infty = v_0 \tau \cos\theta_0, ce qui correspond à une asymptote verticale d'équation y = v_0\tau\cos\theta_0. Le mouvement est alors une chute rectiligne verticale uniforme à la vitesse v_\infty.

Par conséquent, si le temps de vol vérifie t \gg \tau, le projectile retombe au sol (z=0) en un point de coordonnées :

\boxed{(x = 0, \quad y \simeq v_0\tau\cos\theta_0, \quad z = 0)}

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : frottement fluide, trajectoire

Déduire des résultats précédents, l'allure globale de la trajectoire dans une situation où le temps de vol est grand devant , en séparant la trajectoire en trois phases.

Voir l'indice

Distinguer la phase balistique initiale parabolique, la phase de décélération horizontale avec passage au sommet, et la descente finale quasi-verticale.

Voir la réponse courte

Synthèse en trois phases (départ parabolique, sommet dissymétrique, retombée quasi-verticale) et tracé soigné de l'allure dissymétrique de la trajectoire.

Voir le corrigé complet

Lorsque le temps de vol est très supérieur au temps caractéristique \tau (t_{\text{vol}} \gg \tau), l'évolution du projectile se décompose naturellement en trois phases successives :

  1. Phase 1 : Régime initial ou balistique (t \ll \tau)
    D'après le résultat de la question Q7, les frottements fluides n'ont pas encore eu le temps de dissiper une fraction notable de l'énergie cinétique. La trajectoire coïncide localement avec la parabole de tir balistique dans le vide :

    z(y) \simeq -\frac{g}{2v_0^2\cos^2\theta_0}\,y^2 + y\tan\theta_0

    La vitesse horizontale reste proche de sa valeur initiale v_0\cos\theta_0.

  2. Phase 2 : Phase de transition et sommet (t \sim \tau)
    L'amortissement exponentiel de la vitesse horizontale (v_y(t) = v_0\cos\theta_0\,\mathrm{e}^{-t/\tau}) commence à faire sentir pleinement son effet. La courbure de la trajectoire augmente, brisant la symétrie par rapport au sommet. Le sommet est atteint à une altitude et une portée plus faibles que dans le cas sans frottement, et la vitesse commence à basculer vers le bas.
  3. Phase 3 : Régime de chute asymptotique (t \gg \tau)
    D'après les résultats de la question Q8, la vitesse horizontale devient quasi nulle (v_y \to 0) et la vitesse verticale atteint sa valeur limite v_z \to -v_\infty = -g\tau. La trajectoire rejoint l'asymptote verticale d'équation :

    y = y_\infty = v_0\tau\cos\theta_0

    Le mouvement est alors une chute verticale rectiligne et uniforme à la vitesse limite v_\infty.

L'allure générale de la trajectoire présente donc une dissymétrie très marquée, caractérisée par une montée parabolique suivie d'une retombée quasi verticale le long de son asymptote :

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Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : frottement fluide, trajectoire

Tracer l'allure de la trajectoire pour un temps de vol de l'ordre de .

Voir l'indice

Tracer une courbe débutant à l'origine avec la tangente initiale d'angle \theta_0, montrant une dissymétrie marquée entre la montée et la descente.

Voir la réponse courte

Tracé de la trajectoire intermédiaire déformée vers l'avant par le frottement sans que l'asymptote verticale ne soit encore pleinement atteinte.

Voir le corrigé complet

Lorsque le temps de vol est du même ordre de grandeur que le temps caractéristique \tau (t_{\text{vol}} \sim \tau) :

  • La force de frottement produit un effet cumulé notable mais le régime asymptotique de chute verticale (t \gg \tau) n'a pas le temps de s'établir complètement.
  • Au voisinage immédiat de l'origine (t \ll \tau), la vitesse initiale et la tangente sont identiques à celles du cas sans frottement.
  • La décroissance de la vitesse horizontale v_y(t) = v_0 \cos\theta_0 \, e^{-t/\tau} rompt la symétrie de la trajectoire : la branche descendante est plus redressée (pente plus forte en valeur absolue) que la branche ascendante.
  • L'altitude maximale atteinte (sommet S) et la portée \ell sont toutes deux inférieures à celles obtenues sans frottement.
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C · La portée maximale d'un tir avec frottement

Question 11

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : fonction de lambert

Dresser le tableau de variation de la fonction et déterminer la valeur de son minimum global. La fonction W de LAMBERT est définie comme étant la fonction réciproque de sur . Reproduire le graphe de représenté sur la partie gauche de la figure 2 et expliquer comment en déduire l'allure de W représenté sur la partie droite.

Voir l'indice

Calculer la dérivée T'(\chi) = (\chi+1)\mathrm{e}^\chi pour trouver le minimum en \chi = -1, puis utiliser la symétrie par rapport à la première bissectrice pour tracer la réciproque.

Voir la stratégie
  1. Étudier la fonction T (dérivée, signe, limites) pour dresser son tableau de variations et en déduire la valeur \beta de son minimum global.
  2. Justifier la bijection de la restriction de T sur [-1, +\infty[ vers [\beta, +\infty[, ce qui permet de définir sa fonction réciproque W.
  3. Tracer les courbes représentatives et expliciter la transformation géométrique (symétrie axiale par rapport à la première bissectrice) permettant d'obtenir le graphe de W à partir de celui de T.
Voir la réponse courte

Étude de T'(\chi) = (1+\chi)e^\chi, minimum global en \chi = -1 valant \beta = -1/e, puis tracé de la réciproque W par symétrie axiale.

Voir le corrigé complet

1. Variations et minimum de T

La fonction T : \chi \mapsto \chi e^\chi est de classe \mathcal{C}^\infty sur \mathbb{R} comme produit de fonctions usuelles. Sa dérivée première est :

T'(\chi) = e^\chi + \chi e^\chi = (1+\chi)e^\chi

Comme l'exponentielle est strictement positive sur \mathbb{R}, le signe de T'(\chi) est identique à celui de 1+\chi :

  • T'(\chi) < 0 pour \chi \in ]-\infty, -1[ ;
  • T'(-1) = 0 ;
  • T'(\chi) > 0 pour \chi \in ]-1, +\infty[.

Limites aux bornes :

  • En -\infty, par croissances comparées, \lim_{\chi \to -\infty} \chi e^\chi = 0^- ;
  • En +\infty, \lim_{\chi \to +\infty} \chi e^\chi = +\infty.

La fonction T est donc strictement décroissante sur ]-\infty, -1] et strictement croissante sur [-1, +\infty[. Elle admet un minimum global en \chi = -1, et la valeur de ce minimum global est :

\boxed{\beta = T(-1) = -\frac{1}{e} \simeq -0{,}368}

D'où le tableau de variations de T :

\chi-\infty-10+\infty
T'(\chi)-0++
0+\infty
T(\chi)\searrow\nearrow\nearrow
\beta = -\frac{1}{e}0

2. Déduction du graphe de W

La fonction T étant continue et strictement croissante sur [-1, +\infty[, elle réalise d'après le théorème de la bijection une bijection de [-1, +\infty[ sur son image :

T\big([-1, +\infty[\big) = [\beta, +\infty[ = \left[-\frac{1}{e}, +\infty\right[

Sa fonction réciproque, notée W (branche principale de la fonction de Lambert), est donc définie sur [\beta, +\infty[ à valeurs dans [-1, +\infty[.

Dans un repère orthonormé, la courbe représentative de la fonction réciproque W s'obtient par symétrie axiale par rapport à la première bissectrice d'équation y = \chi de la courbe de la restriction de T à [-1, +\infty[ :

  • Le point (-1, \beta) = (-1, -1/e) de la courbe de T devient le point (\beta, -1) = (-1/e, -1) pour W ;
  • La tangente horizontale de T en (-1, \beta) (T'(-1)=0) se transforme en une tangente verticale pour W en (\beta, -1) ;
  • Le point origine (0,0) est invariant (T(0) = 0 \iff W(0) = 0), avec une tangente de pente T'(0) = 1, donc également de pente 1 pour W en 0 ;
  • La branche parabolique de T dirigée selon l'axe (Oy) en +\infty devient une branche parabolique dirigée selon l'axe (Ox) pour W en +\infty (croissance très lente, sub-logarithmique).

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Python
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : méthode d'euler, fonction de lambert

On peut montrer que : . Quelle est la valeur de ? On souhaite appliquer le schéma d'Euler explicite avec un pas pour résoudre cette équation différentielle. Donner le code python permettant d'obtenir une représentation graphique de sur l'intervalle .

Voir l'indice

Remarquer que T(0) = 0 pour déduire W(0), puis écrire l'algorithme d'Euler explicite W_{k+1} = W_k + h\,W'(\chi_k) avec W'(\chi) = 1/(\chi + \mathrm{e}^{W(\chi)}).

Voir la stratégie
  1. Déterminer W(0) en utilisant la définition de W comme bijection réciproque de T sur [\beta, +\infty[.
  2. Réécrire l'équation différentielle sous la forme W'(\chi) = f(\chi, W(\chi)).
  3. Implémenter le schéma d'Euler explicite W_{k+1} = W_k + h\,f(\chi_k, W_k) avec h = 0{,}0001 sur l'intervalle [0 \,;\, 2{,}5[, puis tracer la courbe avec matplotlib.pyplot.
Voir la réponse courte

Calcul de W(0) = 0 puis écriture de l'algorithme d'Euler explicite W_{k+1} = W_k + h/(\chi_k + e^{W_k}) et tracé de la solution avec matplotlib.

Voir le corrigé complet

Par définition, la fonction de Lambert W est la bijection réciproque de la restriction de T à [-1, +\infty[ :

T(\chi) = \chi e^{\chi} \implies T(0) = 0 \times e^0 = 0

Comme 0 \in [-1, +\infty[, on en déduit immédiatement :

\boxed{\mathrm{W}(0) = 0}

L'équation différentielle fournie se met sous forme résolue :

\mathrm{W}'(\chi) = \frac{1}{\chi + \exp(\mathrm{W}(\chi))}

Pour \chi \geqslant 0, le dénominateur est strictement positif. Le schéma d'Euler explicite avec un pas h = 0{,}0001 s'écrit, en posant \chi_k = k h et W_k \approx \mathrm{W}(\chi_k) :

W_{k+1} = W_k + \frac{h}{\chi_k + \exp(W_k)} \quad \text{avec } W_0 = 0

Le code Python suivant effectue la résolution numérique et trace la courbe demandée :

import numpy as np
import matplotlib.pyplot as plt

# Parametres
h = 0.0001
chi = np.arange(0.0, 2.5, h)
N = len(chi)

# Initialisation
W = np.zeros(N)
W[0] = 0.0

# Schema d'Euler explicite
for k in range(N - 1):
    W[k + 1] = W[k] + h / (chi[k] + np.exp(W[k]))

# Trace de la representation graphique
plt.figure(figsize=(8, 5))
plt.plot(chi, W, label="W(chi)")
plt.xlabel("chi")
plt.ylabel("W(chi)")
plt.title("Fonction W de Lambert obtenue par la methode d'Euler")
plt.grid(True)
plt.legend()
plt.show()

Résultat

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Question 13

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : portée, fonction de lambert

En déduire à quel instant le projectile touche le sol. On posera .

Voir l'indice

Écrire la condition d'impact au sol z(t^*) = 0 sous la forme standard at^* + b + c\,\mathrm{e}^{dt^*} = 0 et appliquer la formule fournie par l'énoncé.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la condition de retour au sol z(t^*) = 0 pour t^* > 0 à partir de l'équation horaire z(t) obtenue à la question 6.
  2. Identifier les constantes a, b, c et d pour mettre cette condition sous la forme a t^* + b + c e^{d t^*} = 0.
  3. Appliquer la formule fournie par l'énoncé en utilisant la variable sans dimension u = -\left(1 + \dfrac{v_0 \sin \theta_0}{g\tau}\right).
Voir la réponse courte

Équation y(t^*) = 0 réécrite sous la forme X e^X = u e^u avec X = -t^*/\tau + u, conduisant à t^* = \tau (u - W(u e^u)).

Voir le corrigé complet

D'après la question 6, l'altitude du projectile au cours du temps s'écrit :

z(t) = - g\tau t + (v_0\sin\theta_0 + g\tau)\tau - (v_0\sin\theta_0 + g\tau)\tau \, e^{-t/\tau}

Le projectile touche le sol à l'instant t^* > 0 tel que z(t^*) = 0, soit :

a t^* + b + c \, e^{d t^*} = 0

Par identification directe, on a :

\begin{aligned} a &= -g\tau \\ b &= (v_0\sin\theta_0 + g\tau)\tau \\ c &= -(v_0\sin\theta_0 + g\tau)\tau = -b \\ d &= -\frac{1}{\tau} \end{aligned}

On a bien ad = (-g\tau)(-1/\tau) = g \neq 0. Exprimons les différents termes de la formule admise à l'aide de la variable u = -\left(1 + \dfrac{v_0\sin\theta_0}{g\tau}\right) :

  • -\dfrac{b}{a} = \dfrac{(v_0\sin\theta_0 + g\tau)\tau}{g\tau} = \tau\left(1 + \frac{v_0\sin\theta_0}{g\tau}\right) = -\tau u
  • -\dfrac{1}{d} = \tau
  • \dfrac{cd}{a} = \frac{-b(-1/\tau)}{-g\tau} = -\frac{b}{g\tau^2} = -\left(1 + \frac{v_0\sin\theta_0}{g\tau}\right) = u
  • -\dfrac{bd}{a} = \left(-\frac{b}{a}\right) d = (-\tau u)\left(-\frac{1}{\tau}\right) = u \implies \exp\left(-\frac{bd}{a}\right) = e^u

L'argument de la fonction \mathrm{W} dans l'expression est donc :

\frac{cd}{a} \exp\left(-\frac{bd}{a}\right) = u \, e^u

En appliquant la formule donnée par l'énoncé, l'instant t^* s'écrit :

t^* = -\tau u + \tau \, \mathrm{W}(u \, e^u)
\boxed{t^* = \tau \Big( \mathrm{W}(u \, e^u) - u \Big)}

Résultat

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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : portée, fonction de lambert

On rappelle que par définition où est la fonction identité : . En déduire que la portée est donnée par .

Voir l'indice

Substituer l'expression simplifiée de \exp(-t^*/\tau) issue de la relation fonctionnelle de Lambert dans la portée horizontale \ell = y(t^*).

Voir la stratégie
  1. Exprimer la portée \ell comme la coordonnée horizontale y(t^*) à la date t^* de retombée au sol obtenue à la question Q13.
  2. Exprimer le facteur exponentiel e^{-t^*/\tau} à l'aide de la relation fondamentale de la fonction \mathrm{W} de Lambert appliquée à la variable X = u e^u.
  3. Conclure sur la formule de la portée \ell.
Voir la réponse courte

Remplacement de t^* dans l'équation horaire x(t) et simplification grâce à la relation fonctionnelle e^{-t^*/\tau} = W(u e^u)/u.

Voir le corrigé complet

La portée \ell est l'abscisse du projectile lorsqu'il retombe sur le sol horizontal (z=0) à l'instant t^* > 0 :

\ell = y(t^*)

D'après l'équation horaire établie à la question Q6, on a :

y(t^*) = \tau v_0 \cos\theta_0 \left(1 - e^{-t^*/\tau}\right)

D'après le résultat de la question Q13, la date d'impact s'écrit :

t^* = \tau \left(\mathrm{W}(u e^u) - u\right) \iff -\frac{t^*}{\tau} = u - \mathrm{W}(u e^u)

En prenant l'exponentielle, le terme e^{-t^*/\tau} devient :

e^{-t^*/\tau} = \exp\left(u - \mathrm{W}(u e^u)\right) = e^u \, e^{-\mathrm{W}(u e^u)}

La relation fondamentale définissant la fonction de Lambert s'écrit, pour tout réel X appartenant à son domaine :

\mathrm{W}(X) \exp(\mathrm{W}(X)) = X \iff \exp(-\mathrm{W}(X)) = \frac{\mathrm{W}(X)}{X}

En appliquant cette identité à X = u e^u, il vient :

e^{-\mathrm{W}(u e^u)} = \frac{\mathrm{W}(u e^u)}{u e^u}

On en déduit l'expression simplifiée de l'exponentielle :

e^{-t^*/\tau} = e^u \times \frac{\mathrm{W}(u e^u)}{u e^u} = \frac{\mathrm{W}(u e^u)}{u}

En reportant cette expression dans la formule de y(t^*), on obtient directement l'expression de la portée :

\boxed{\ell = \tau v_0 \cos\theta_0 \left(1 - \frac{\mathrm{W}(u e^u)}{u}\right)}

Résultat

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1

Notions : portée, lecture de graphe

À l'aide de la figure 2, déterminer la valeur numérique de l'angle assurant la portée maximale pour , et .

Voir l'indice

Calculer la vitesse limite v_\infty = g\tau, en déduire le rapport \gamma = v_0/v_\infty, puis évaluer l'argument de W pour effectuer une lecture graphique sur la figure 2.

Voir la stratégie
  1. Calculer la vitesse limite v_\infty = g\tau et le paramètre adimensionné \gamma = v_0/v_\infty.
  2. Évaluer l'argument X = \frac{\gamma^2 - 1}{e} de la fonction de Lambert.
  3. Déterminer graphiquement W(X) à l'aide de la figure 2, puis en déduire \sin\theta_{\max} et l'angle \theta_{\max}.
Voir la réponse courte

Calcul du paramètre sans dimension associé aux données, lecture graphique du maximum de la portée et obtention d'un angle optimal inférieur à 45^\circ.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q8, la vitesse limite de chute verticale vaut :

v_\infty = g\tau = 9{,}8 \times 0{,}4 = 3{,}92\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}

On en déduit la valeur du paramètre sans dimension \gamma :

\gamma = \frac{v_0}{v_\infty} = \frac{10}{3{,}92} \simeq 2{,}55

Calculons l'argument de la fonction W intervenant dans l'expression de \theta_{\max} :

\gamma^2 - 1 \simeq (2{,}55)^2 - 1 = 6{,}50 - 1 = 5{,}50

En prenant pour la base de l'exponentielle e \simeq 2{,}72 :

X = \frac{\gamma^2 - 1}{e} \simeq \frac{5{,}50}{2{,}72} \simeq 2{,}02 \simeq 2{,}0

Par lecture sur le graphe de droite de la figure 2, pour l'abscisse \chi = 2{,}0, on lit sur l'axe des ordonnées :

\mathrm{W}(2{,}0) \simeq 0{,}85

On reporte cette valeur dans l'expression de \sin\theta_{\max} fournie par l'énoncé pour \gamma \neq 1 :

\begin{aligned} \sin\theta_{\max} &= \frac{\gamma\,\mathrm{W}\left(\frac{\gamma^2-1}{e}\right)}{\gamma^2 - 1 - \mathrm{W}\left(\frac{\gamma^2-1}{e}\right)} \\ &\simeq \frac{2{,}55 \times 0{,}85}{5{,}50 - 0{,}85} = \frac{2{,}17}{4{,}65} \simeq 0{,}466 \end{aligned}

Sachant que \sin(30^\circ) = 0{,}50 et \sin(27^\circ) \simeq 0{,}454, on en déduit :

\boxed{\theta_{\max} \simeq 28^\circ}

Résultat

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Partie II : L'intégrale elliptique de première espèce

Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : pendule simple, théorème du moment cinétique

Établir l'équation différentielle du mouvement vérifiée par la fonction .

Voir l'indice

Appliquer le théorème du moment cinétique par rapport à l'axe de rotation fixe ou dériver l'énergie mécanique du pendule par rapport au temps.

Voir la stratégie

Pour obtenir l'équation différentielle du mouvement d'un pendule simple sans faire intervenir la tension de la tige (qui ne travaille pas et dont le moment en O est nul), on peut :

  1. appliquer le théorème du moment cinétique au point fixe O dans le référentiel galiléen ;
  2. ou projeter la relation fondamentale de la dynamique sur le vecteur unitaire orthoradial \vec{u}_\theta.
Voir la réponse courte

Application du théorème du moment cinétique ou conservation de l'énergie mécanique pour établir l'équation différentielle non linéaire \ddot{\theta} + \frac{g}{\ell}\sin\theta = 0.

Voir le corrigé complet

On étudie la masse ponctuelle m dans le référentiel terrestre supposé galiléen, muni de la base cylindro-polaire (\vec{u}_r, \vec{u}_\theta, \vec{u}_z) où \vec{u}_z = \vec{u}_x \wedge \vec{u}_y est orthogonal au plan du mouvement.

Le vecteur position s'écrit :

\vec{OM} = \ell \, \vec{u}_r

Le vecteur vitesse de la masse m est :

\vec{v} = \ell \, \dot{\theta} \, \vec{u}_\theta

Le moment cinétique de la masse m par rapport au point fixe O vaut :

\vec{L}_O = \vec{OM} \wedge (m\vec{v}) = (\ell \, \vec{u}_r) \wedge (m \ell \dot{\theta} \, \vec{u}_\theta) = m\ell^2 \dot{\theta} \, \vec{u}_z

Le bilan des forces appliquées à la masse m comprend :

  • la tension de la tige \vec{T} = -T \, \vec{u}_r, de moment nul en O : \vec{\mathcal{M}}_O(\vec{T}) = \vec{0} ;
  • le poids \vec{P} = m\vec{g} = mg\cos\theta \, \vec{u}_r - mg\sin\theta \, \vec{u}_\theta, dont le moment en O est :

    \vec{\mathcal{M}}_O(\vec{P}) = (\ell \, \vec{u}_r) \wedge (mg\cos\theta \, \vec{u}_r - mg\sin\theta \, \vec{u}_\theta) = -mg\ell\sin\theta \, \vec{u}_z

En appliquant le théorème du moment cinétique en O :

\frac{\mathrm{d}\vec{L}_O}{\mathrm{d}t} = \vec{\mathcal{M}}_O(\vec{P}) + \vec{\mathcal{M}}_O(\vec{T})

soit :

m\ell^2 \ddot{\theta} \, \vec{u}_z = -mg\ell\sin\theta \, \vec{u}_z

En simplifiant par m\ell^2 \neq 0, on obtient l'équation différentielle non linéaire du pendule simple :

\boxed{\ddot{\theta}(t) + \frac{g}{\ell}\sin\theta(t) = 0}

Résultat

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : pendule simple, isochronisme des petites oscillations

On fait l'approximation des petits angles tels que . Établir dans ces conditions la période des oscillations. Quelle est la propriété remarquable de la période dans le cadre de cette approximation ?

Voir l'indice

Effectuer l'approximation \sin\theta \simeq \theta pour obtenir un oscillateur harmonique linéaire et souligner la propriété d'isochronisme des oscillations.

Voir la réponse courte

Linéarisation \sin\theta \approx \theta, identification de la pulsation propre \omega_0 = \sqrt{g/\ell}, calcul de T_0 = 2\pi\sqrt{\ell/g} et mise en évidence de l'isochronisme.

Voir le corrigé complet

D'après la question précédente, l'équation différentielle exacte régissant le mouvement du pendule est :

\ddot{\theta}(t) + \frac{g}{\ell}\sin\theta(t) = 0

Dans le cadre de l'approximation des petits angles, on effectue le développement limité au premier ordre \sin\theta \simeq \theta, ce qui conduit à l'équation différentielle linéarisée :

\ddot{\theta}(t) + \omega_0^2\,\theta(t) = 0 \quad \text{avec} \quad \omega_0 = \sqrt{\frac{g}{\ell}}

Il s'agit de l'équation différentielle d'un oscillateur harmonique non amorti de pulsation propre \omega_0. La période T_0 des oscillations s'obtient directement par la relation T_0 = \frac{2\pi}{\omega_0} :

\boxed{T_0 = 2\pi\sqrt{\frac{\ell}{g}}}

La propriété remarquable associée à cette approximation est l'isochronisme des petites oscillations : la période T_0 ne dépend pas de l'amplitude angulaire \theta_0 des oscillations.

Résultat

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : pendule simple, conservation de l'énergie mécanique, intégrale elliptique

Déterminer l'expression générale de sans faire l'approximation des petits angles. En déduire que la période des oscillations du pendule est donnée par :

La propriété remarquable de la question précédente est-elle conservée ?

Voir l'indice

Écrire la conservation de l'énergie mécanique entre la position angulaire quelconque \theta et l'amplitude maximale \theta_0, puis intégrer \mathrm{d}t sur un quart de période.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie mécanique du pendule et utiliser sa conservation en l'absence de frottement pour isoler \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t}.
  2. Exploiter les symétries de la trajectoire pour relier le quart de période T/4 à la durée de descente de \theta = \theta_0 à \theta = 0, puis introduire T_0 = 2\pi\sqrt{\ell/g}.
  3. Conclure sur le maintien ou non de l'isochronisme des oscillations.
Voir la réponse courte

Conservation de l'énergie mécanique pour exprimer \dot{\theta}, intégration sur un quart de période et constat de la perte d'isochronisme aux grands angles.

Voir le corrigé complet

Le pendule simple est soumis à son poids \vec{P} et à la tension de la tige \vec{T}. La liaison étant sans frottement et la tige de longueur \ell constante, le vecteur déplacement élémentaire \mathrm{d}\vec{OM} = \ell\,\mathrm{d}\theta\,\vec{u}_\theta est orthogonal à \vec{T} = -T\,\vec{u}_r : la tension ne travaille pas. Le poids dérive de l'énergie potentielle de pesanteur :

E_p(\theta) = -mgx = -mg\ell\cos\theta

en choisissant l'origine des potentiels en x=0. L'énergie cinétique du point matériel m vaut :

E_c = \frac{1}{2}m v^2 = \frac{1}{2}m\ell^2\left(\frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t}\right)^2

Le système étant conservatif, l'énergie mécanique E_m = E_c + E_p est constante au cours du mouvement. À l'instant initial t=0, le pendule est lâché sans vitesse initiale depuis \theta = \theta_0 :

E_m = E_p(\theta_0) = -mg\ell\cos\theta_0

Par conservation de l'énergie mécanique :

\frac{1}{2}m\ell^2\left(\frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t}\right)^2 - mg\ell\cos\theta = -mg\ell\cos\theta_0 \implies \left(\frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t}\right)^2 = \frac{2g}{\ell}(\cos\theta - \cos\theta_0)

L'expression générale de la vitesse angulaire est donc :

\boxed{\frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} = \pm \sqrt{\frac{2g}{\ell}(\cos\theta - \cos\theta_0)}}

le signe dépendant du sens de parcours (négatif lors du premier quart de période où \theta décroît).

Le mouvement oscillatoire est périodique et symétrique. Le temps mis par le pendule pour passer de l'élongation maximale \theta_0 à la position d'équilibre \theta = 0 correspond à un quart de période : \Delta t = T/4. Sur cet intervalle, \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}t} < 0, d'où :

\mathrm{d}t = -\frac{\mathrm{d}\theta}{\sqrt{\frac{2g}{\ell}(\cos\theta - \cos\theta_0)}}

En intégrant entre t=0 (\theta=\theta_0) et t=T/4 (\theta=0) :

\frac{T}{4} = \int_{\theta_0}^0 -\frac{\mathrm{d}\theta}{\sqrt{\frac{2g}{\ell}(\cos\theta - \cos\theta_0)}} = \sqrt{\frac{\ell}{g}}\int_0^{\theta_0} \frac{\mathrm{d}\theta}{\sqrt{2(\cos\theta - \cos\theta_0)}}

Comme T_0 = 2\pi\sqrt{\frac{\ell}{g}} (d'après la question Q17), on a \sqrt{\frac{\ell}{g}} = \frac{T_0}{2\pi}. En multipliant par 4, on obtient bien :

\boxed{T = \frac{2T_0}{\pi}\int_0^{\theta_0} \frac{\mathrm{d}\theta}{\sqrt{2(\cos\theta - \cos\theta_0)}}}

Propriété remarquable : L'intégrale dépend explicitement de la borne supérieure \theta_0 ainsi que de la fonction sous le radical. La période T dépend donc de l'amplitude des oscillations : l'isochronisme des oscillations n'est pas conservé aux grandes amplitudes.

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : intégration numérique, méthode des rectangles

Après avoir tracé le graphe de la fonction pour , illustrer le principe de la méthode des rectangles médians pour calculer le réel en utilisant 9 rectangles. Si on double le nombre de rectangles utilisés qu'en est-il de la différence entre la valeur exacte de et la valeur approchée numériquement par la méthode des rectangles médians ?

Voir l'indice

Dessiner des rectangles dont la hauteur est prise au milieu de chaque sous-intervalle ; rappeler que l'erreur d'une méthode d'ordre 2 varie en 1/N^2, donc est divisée par 4 si N double.

Voir la réponse courte

Tracé de la courbe et des 9 rectangles centrés sur le point médian ; l'erreur globale étant d'ordre 2 en h, elle est divisée par 4 si N double.

Voir le corrigé complet

Soit la fonction f : \chi \mapsto 1 + \sqrt{\chi} définie sur [0; 9]. On souhaite approcher l'intégrale :

I = \int_0^9 f(\chi)\,\mathrm{d}\chi = \int_0^9 (1 + \sqrt{\chi})\,\mathrm{d}\chi

Principe de la méthode des rectangles médians On subdivise l'intervalle [a, b] = [0, 9] en N = 9 sous-intervalles réguliers [x_i, x_{i+1}] de même largeur h = \frac{b-a}{N} = 1, avec x_i = i pour i \in \{0, \dots, 9\}.

Sur chaque sous-intervalle [x_i, x_{i+1}], la fonction f est approchée par sa valeur au point médian :

m_i = \frac{x_i + x_{i+1}}{2} = i + \frac{1}{2}

L'aire sous la courbe est ainsi approchée par la somme des aires des 9 rectangles de largeur h et de hauteur f(m_i) :

I_{\mathrm{num}} = \sum_{i=0}^8 h \times f(m_i) = \sum_{i=0}^8 \left(1 + \sqrt{i + \frac{1}{2}}\right)

Effet du doublement du nombre de rectangles La méthode du point milieu (rectangles médians) est une méthode d'intégration numérique d'ordre 2 : l'erreur globale commise s'écrit sous la forme :

E(h) = |I - I_{\mathrm{num}}| = \mathcal{O}(h^2) = \mathcal{O}\left(\frac{1}{N^2}\right)

Si l'on double le nombre de rectangles utilisés (N' = 2N), le pas d'intégration est divisé par deux (h' = h/2).

Par conséquent, la différence entre la valeur exacte de I et la valeur approchée numériquement est approximativement divisée par 2^2 = 4 :

\boxed{|I - I_{\mathrm{num}}(2N)| \simeq \frac{1}{4}\,|I - I_{\mathrm{num}}(N)|}

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Python
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : intégration numérique, python

Recopier et compléter le code suivant permettant de calculer par la méthode des rectangles médians.

import math as m
def f(x,phi):
    return...........

S = 0.
N = 100
a = 0.
b = m.pi/2.
pas = ............
theta_0 = m.pi/3.
x = m.sin(theta_0)**2
for i in range(N):
    phi = ............
    S = ............
print(pas * S)
Voir l'indice

Compléter la largeur de sous-intervalle \mathtt{pas} = (b-a)/N, le centre du sous-intervalle \phi_i = a + (i + 0{,}5)\times\mathtt{pas}, et cumuler les contributions f(x, \phi_i).

Voir la réponse courte

Complétion du script Python : fonction intégrant 1/\sqrt{1-x\sin^2\phi}, pas (b-a)/N, évaluation au point médian \phi = a + (i+0,5)\times\text{pas} et somme pondérée.

Voir le corrigé complet

Pour calculer numériquement l'intégrale elliptique complète de première espèce :

\mathcal{K}(\chi) = \int_0^{\pi/2} \frac{\mathrm{d}\phi}{\sqrt{1 - \chi \sin^2\phi}}

par la méthode des rectangles au point médian, on discrétise le segment [a,b] = [0, \pi/2] en N sous-intervalles de même largeur :

h = \frac{b-a}{N}

Sur chaque sous-intervalle [\phi_i, \phi_{i+1}] = [a + i h,\, a + (i+1)h] avec i \in \{0, \dots, N-1\}, le point médian vaut :

\phi_{i+1/2} = a + \left(i + \frac{1}{2}\right) h

L'intégrale est alors approchée par la somme des aires des rectangles :

\mathcal{K}(\chi) \simeq h \sum_{i=0}^{N-1} f(\chi, \phi_{i+1/2})

où l'intégrande est la fonction f(\chi, \phi) = \frac{1}{\sqrt{1 - \chi \sin^2\phi}}.

Voici le code complété :

import math as m

def f(x, phi):
    return 1.0 / m.sqrt(1.0 - x * m.sin(phi)**2)

S = 0.
N = 100
a = 0.
b = m.pi / 2.
pas = (b - a) / N
theta_0 = m.pi / 3.
x = m.sin(theta_0)**2
for i in range(N):
    phi = a + (i + 0.5) * pas
    S = S + f(x, phi)
print(pas * S)
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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI

Notions : pendule simple

En utilisant la figure 4, pour un pendule tel que , évaluer lorsque . Quel est le décalage temporel induit par la prise en compte de l'approximation des petits angles si l'on envisage de mesurer une heure ?

Voir l'indice

Lire le rapport T/T_0 sur le graphe pour \theta_0 = 50^\circ, calculer l'écart relatif sur la période puis multiplier par 3600 secondes pour estimer la dérive sur une heure.

Voir la stratégie
  1. Lire graphiquement le rapport T/T_0 sur la figure 4 pour l'abscisse \theta_0 = 50^\circ.
  2. En déduire la période réelle T avec T_0 = 1\text{ s}.
  3. Exprimer le décalage temporel cumulé sur une durée de fonctionnement de 1\text{ h} = 3600\text{ s} en comparant la marche d'une horloge basée sur l'approximation des petites oscillations (T_0) à celle du pendule réel oscillant à \theta_0 = 50^\circ (T).
Voir la réponse courte

Lecture du rapport T/T_0 \approx 1,05 à 50^\circ sur la figure 4, d'où T \approx 1,05\text{ s}, et calcul d'un décalage d'environ 3 minutes sur une durée d'une heure.

Voir le corrigé complet

1. Évaluation de la période T :

Sur la figure 4, l'axe des abscisses présente des graduations principales espacées de 20^\circ, avec une subdivision intermédiaire tous les 10^\circ. L'angle \theta_0 = 50^\circ correspond donc à la ligne verticale médiane entre 40^\circ et 60^\circ.

Sur l'axe des ordonnées, la ligne horizontale intermédiaire entre 1{,}0 et 1{,}1 correspond à 1{,}05. On constate que la courbe représentative coupe cette ligne à l'abscisse \theta_0 = 50^\circ :

\frac{T(\theta_0 = 50^\circ)}{T_0} \simeq 1{,}05

Puisque T_0 = 1\text{ s}, on en déduit immédiatement :

\boxed{T \simeq 1{,}05\text{ s}}

2. Décalage temporel sur une heure :

Considérons une horloge à balancier étalonnée dans le cadre de l'approximation des petits angles, qui incrémente son compteur de T_0 = 1\text{ s} à chaque oscillation.

Si cette horloge mesure une durée affichée de \Delta t_{\text{mes}} = 1\text{ h} = 3600\text{ s}, elle a accompli un nombre d'oscillations :

N = \frac{\Delta t_{\text{mes}}}{T_0} = 3600

La durée réelle écoulée durant ces N oscillations vaut :

\Delta t_{\text{réel}} = N\,T = 3600 \times 1{,}05\text{ s} = 3780\text{ s} = 1\text{ h } 3\text{ min}

Le décalage temporel absolu induit par l'approximation est donc :

\delta t = \Delta t_{\text{réel}} - \Delta t_{\text{mes}} = N(T - T_0) = 3600 \times 0{,}05\text{ s} = 180\text{ s}
\boxed{\delta t = 180\text{ s} = 3\text{ min}}

Remarque réciproque : Si l'on s'intéresse au temps affiché par l'horloge au bout d'une heure réelle (\Delta t_{\text{réel}} = 3600\text{ s}), le nombre d'oscillations accomplies est N' = \frac{\Delta t_{\text{réel}}}{T} = \frac{3600}{1{,}05} \simeq 3429. Le temps indiqué par l'horloge est alors \Delta t'_{\text{mes}} = N' T_0 \simeq 3429\text{ s} \simeq 57\text{ min } 9\text{ s}, soit un retard de 171\text{ s} \approx 3\text{ min}. Dans les deux cas, le décalage est d'environ 3 minutes.

Résultat

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : cycloïde, roulement sans glissement

Dans quelle situation courante rencontre-t-on la cycloïde ?

Voir l'indice

Penser à la trajectoire d'une valve ou d'un réflecteur situé sur la roue d'un vélo roulant sans glisser sur une route horizontale rectiligne.

Voir la réponse courte

Trajectoire d'un point fixé sur la circonférence d'une roue roulant sans glisser sur une surface plane (ou problème de la courbe brachistochrone/tautochrone).

Voir le corrigé complet

Dans la vie courante, la cycloïde est la trajectoire décrite par un point fixé sur la circonférence d'un cercle (ou d'une roue) qui roule sans glisser à vitesse constante le long d'une droite rectiligne.

\boxed{\text{Trajectoire d'une valve (ou d'un catadioptre) sur la jante d'une roue de bicyclette roulant en ligne droite sur le sol.}}

Sur le plan physique et mathématique, la cycloïde possède deux propriétés remarquables célèbres :

  • Propriété tautochrone (ou isochrone) : un point matériel glissant sans frottement sur une gouttière cycloïdale sous l'effet de la pesanteur oscille avec une période rigoureusement indépendante de l'amplitude du lâcher (propriété exploitée par Christiaan Huygens pour son horloge à pendule cycloïdal) ;
  • Propriété brachistochrone : la cycloïde inversée est la courbe reliant deux points qui minimise le temps de parcours d'un mobile glissant sans frottement sous l'effet de la seule pesanteur (problème posé par Jean Bernoulli en 1696).

Résultat

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Partie III : La fonction d'erreur de GAUSS : erf(χ)

A · Introduction au problème de STEFAN

Question 23

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : diffusion thermique, convection thermique

Comment explique-t-on de nos jours le résultat erroné obtenu par Lord KELVIN ?

Voir l'indice

Mentionner les deux phénomènes ignorés à l'époque : les mouvements de convection thermique dans le manteau terrestre et le dégagement de chaleur par radioactivité naturelle interne.

Voir la réponse courte

Kelvin a sous-estimé l'âge de la Terre en négligeant le transfert thermique convectif dans le manteau ainsi que la chaleur issue de la radioactivité des roches.

Voir le corrigé complet

Lord Kelvin avait estimé l'âge de la Terre à quelques dizaines de millions d'années (entre 20 et 100 millions d'années) en supposant que le globe terrestre, initialement fondu, se refroidissait de manière purement conductive, sans source d'énergie interne.

L'erreur de ce résultat s'explique de nos jours principalement par deux éléments méconnus à son époque :

  1. L'existence de sources d'énergie thermique internes (radioactivité) : Kelvin ignorait la radioactivité, découverte par Henri Becquerel en 1896 puis étudiée par Pierre et Marie Curie. La désintégration radioactive d'isotopes instables à longue durée de vie présents dans le manteau et la croûte terrestre (notamment ^{238}\mathrm{U}, ^{235}\mathrm{U}, ^{232}\mathrm{Th} et ^{40}\mathrm{K}) dégage continuellement de la chaleur (chaleur radiogénique), compensant en grande partie les pertes thermiques superficielles.
  2. Le mode de transfert thermique dans le manteau (la convection) : Kelvin considérait la Terre comme un solide rigide où la chaleur ne se propage que par conduction pure. En réalité, le manteau terrestre se comporte aux grandes échelles de temps comme un fluide très visqueux au sein duquel s'organise une convection thermique vigoureuse. Ce brassage convectif transporte la chaleur beaucoup plus efficacement vers la base de la lithosphère que la simple diffusion thermique, maintenant un gradient thermique superficiel élevé sur une durée bien plus longue (argument soulevé dès 1895 par John Perry, ancien assistant de Kelvin).

L'âge actuellement admis de la Terre est d'environ 4{,}55 milliards d'années, déterminé grâce aux méthodes de datation radiométrique (notamment le système plomb-plomb sur les météorites).

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Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : loi de fourier, vecteur densité de flux thermique, conductivité thermique

Rappeler la définition du vecteur , densité de flux thermique. Quelle est sa dimension ? Rappeler la loi de Fourier, ainsi que ses conditions d'application. En déduire la dimension de la conductivité thermique .

Voir l'indice

Définir le vecteur flux par unité de surface, citer la loi phénoménologique \vec{j}_Q = -\kappa\,\vec{\nabla}T et ses hypothèses (gradient faible, milieu isotrope), puis analyser sa dimension.

Voir la réponse courte

Définition de \vec{j}_Q, énoncé de la loi de Fourier \vec{j}_Q = -\kappa \vec{\nabla}T en milieu isotrope et analyse dimensionnelle [\kappa] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-3}\cdot\Theta^{-1}.

Voir le corrigé complet

1. Définition et dimension du vecteur densité de flux thermique

Le vecteur densité de flux (ou de courant) thermique \vec{j}_Q caractérise localement le transfert d'énergie thermique par conduction. Le transfert thermique élémentaire \delta^2 Q (ou \delta \phi_Q selon les notations du préambule) traversant une surface orientée \mathrm{d}\vec{S} = \vec{n}\,\mathrm{d}S pendant une durée \mathrm{d}t s'exprime par :

\delta^2 Q = \vec{j}_Q \cdot \mathrm{d}\vec{S}\,\mathrm{d}t

La puissance thermique élémentaire traversant cette surface s'écrit donc :

\mathrm{d}\Phi = \frac{\delta^2 Q}{\mathrm{d}t} = \vec{j}_Q \cdot \mathrm{d}\vec{S}

La puissance \Phi ayant la dimension d'une énergie par unité de temps ([\Phi] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-3}, en watts \mathrm{W}), la dimension de la norme du vecteur densité de flux thermique est :

[j_Q] = \frac{[\Phi]}{[\mathcal{S}]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-3}}{\mathrm{L}^2} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-3}
\boxed{[j_Q] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-3}} \quad (\text{en }\mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-2})

2. Loi de Fourier et conditions d'application

La loi de Fourier est une loi phénoménologique linéaire reliant le flux de chaleur au gradient de température :

\boxed{\vec{j}_Q = -\kappa\,\vec{\nabla}T}

où \kappa > 0 désigne la conductivité thermique du milieu.

Ses conditions d'application sont les suivantes :

  • Milieu continu au repos à l'échelle macroscopique : le transfert d'énergie a lieu uniquement par conduction (absence de convection ou de déplacement de matière) ;
  • Milieu isotrope : la réponse thermique est identique dans toutes les directions de l'espace, ce qui assure que \kappa est un scalaire (et non un tenseur d'ordre 2) ;
  • Approximation des régimes linéaires / équilibre thermodynamique local : les gradients spatiaux de température doivent être suffisamment faibles à l'échelle du libre parcours moyen des porteurs d'énergie (phonons ou électrons), garantissant la proportionnalité entre le flux et le gradient thermique.

3. Dimension de la conductivité thermique

D'après la loi de Fourier, la norme du vecteur densité de flux thermique est reliée au gradient thermique par j_Q = \kappa\,\|\vec{\nabla}T\|, avec \|\vec{\nabla}T\| \sim \frac{\Delta T}{L}, d'où :

[\kappa] = \frac{[j_Q]}{[\|\vec{\nabla}T\|]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{T}^{-3}}{\Theta\cdot\mathrm{L}^{-1}} = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-3}\cdot\Theta^{-1}

en notant \Theta la dimension de la température (kelvin).

\boxed{[\kappa] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-3}\cdot\Theta^{-1}} \quad (\text{en }\mathrm{W}\cdot\mathrm{m}^{-1}\cdot\mathrm{K}^{-1})

Résultat

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : équation de la chaleur, diffusivité thermique, bilan d'énergie

Quelle est l'énergie thermique reçue par cette tranche entre et ? Pourquoi étudie-t-on une tranche « mésoscopique » ? Établir l'expression de sa variation d'énergie interne en fonction de , , et puis en fonction de , , , , et . En déduire l'équation de la chaleur à une dimension dans laquelle on précisera l'expression et la dimension du coefficient de diffusion thermique. En déduire l'expression d'une longueur caractéristique en fonction de et du temps .

Voir l'indice

Effectuer un bilan thermique sur la tranche mésoscopique (assez grande devant les distances interatomiques mais petite devant l'échelle macroscopique) reliant \mathrm{d}U au flux net entrant.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un bilan d'énergie sur le système fermé délimité par la tranche mésoscopique fixe entre les plans y et y+\mathrm{d}y pendant la durée \mathrm{d}t.
  2. Exprimer le transfert thermique net \delta Q entrant par les frontières à l'aide de la composante algébrique j_Q(y,t) du vecteur densité de flux thermique.
  3. Relier la variation d'énergie interne \mathrm{d}U d'une part à \delta Q (premier principe pour un milieu rigide sans travail utile ni source interne), d'autre part à la capacité thermique du milieu, pour obtenir l'équation de diffusion et le coefficient D.
  4. Identifier la longueur caractéristique L par analyse dimensionnelle de l'équation aux dérivées partielles.
Voir la réponse courte

Bilan thermique sur une tranche élémentaire liant \mathrm{d}U au flux net, obtention de l'équation de diffusion avec D = \kappa/(\rho c) et échelle L \sim \sqrt{Dt}.

Voir le corrigé complet

1. Énergie thermique \delta Q reçue par la tranche :

La tranche de sol de section \mathcal{S} est comprise entre les abscisses y et y+\mathrm{d}y. Le transfert thermique s'effectue selon la direction \vec{u}_y :

  • en y, l'énergie thermique entrant dans la tranche à travers la surface \mathcal{S} orientée selon +\vec{u}_y pendant \mathrm{d}t vaut : \delta Q_{\text{ent}} = j_Q(y, t)\,\mathcal{S}\,\mathrm{d}t ;
  • en y+\mathrm{d}y, l'énergie thermique sortant de la tranche pendant \mathrm{d}t vaut : \delta Q_{\text{sort}} = j_Q(y+\mathrm{d}y, t)\,\mathcal{S}\,\mathrm{d}t.

Le bilan d'énergie thermique nette reçue s'écrit donc :

\delta Q = \delta Q_{\text{ent}} - \delta Q_{\text{sort}} = \left[ j_Q(y,t) - j_Q(y+\mathrm{d}y,t) \right] \mathcal{S}\,\mathrm{d}t
\boxed{\delta Q = -\frac{\partial j_Q}{\partial y}(y,t)\,\mathcal{S}\,\mathrm{d}y\,\mathrm{d}t}

2. Intérêt de l'échelle mésoscopique :

L'échelle mésoscopique correspond à un volume élémentaire \mathrm{d}V = \mathcal{S}\,\mathrm{d}y vérifiant un compromis de deux échelles :

  • suffisamment grand devant l'échelle microscopique pour contenir un très grand nombre d'atomes, garantissant ainsi la validité de la description thermodynamique continue et le caractère négligeable des fluctuations statistiques ;
  • suffisamment petit devant les échelles macroscopiques caractéristiques des gradients de température, permettant de considérer les grandeurs locales (température, masse volumique) comme uniformes dans la tranche et de linéariser leurs variations spatiales par un développement de Taylor au premier ordre (\mathrm{d}y).

3. Expressions de la variation d'énergie interne \mathrm{d}U :

En appliquant le premier principe de la thermodynamique à la tranche de matière (système fermé immobile et indéformable, donc \delta W = 0) en l'absence de source volumique de chaleur :

\mathrm{d}U = \delta W + \delta Q = \delta Q

d'où :

\boxed{\mathrm{d}U = -\frac{\partial j_Q}{\partial y}\,\mathcal{S}\,\mathrm{d}y\,\mathrm{d}t}

Par ailleurs, pour une phase condensée indéformable de masse \mathrm{d}m = \rho\,\mathrm{d}V = \rho\,\mathcal{S}\,\mathrm{d}y et de capacité thermique massique c, la variation d'énergie interne associée à l'élévation de température \mathrm{d}T = \frac{\partial T}{\partial t}\,\mathrm{d}t s'écrit :

\mathrm{d}U = \mathrm{d}m\,c\,\mathrm{d}T

soit :

\boxed{\mathrm{d}U = \rho\,c\,\mathcal{S}\,\frac{\partial T}{\partial t}\,\mathrm{d}y\,\mathrm{d}t}

4. Équation de la chaleur et coefficient de diffusion D :

En égalant les deux expressions de \mathrm{d}U obtenues :

\rho\,c\,\mathcal{S}\,\frac{\partial T}{\partial t}\,\mathrm{d}y\,\mathrm{d}t = -\frac{\partial j_Q}{\partial y}\,\mathcal{S}\,\mathrm{d}y\,\mathrm{d}t \implies \rho\,c\,\frac{\partial T}{\partial t} = -\frac{\partial j_Q}{\partial y}

D'après la loi de Fourier unidimensionnelle (question précédente), j_Q = -\kappa\,\frac{\partial T}{\partial y}. En considérant la conductivité thermique \kappa uniforme et constante :

-\frac{\partial j_Q}{\partial y} = \kappa\,\frac{\partial^2 T}{\partial y^2}

On obtient ainsi l'équation de diffusion thermique à une dimension :

\frac{\partial T}{\partial t} = D\,\frac{\partial^2 T}{\partial y^2} \quad \text{avec} \quad \boxed{D = \frac{\kappa}{\rho\,c}}

La dimension du coefficient de diffusion thermique D est :

[D] = \frac{[\kappa]}{[\rho][c]} = \frac{\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}\cdot\mathrm{T}^{-3}\cdot\Theta^{-1}}{(\mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^{-3})\cdot(\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-2}\cdot\Theta^{-1})} = \mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1}
\boxed{[D] = \mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-1} \quad (\text{soit en }\mathrm{m}^2\cdot\mathrm{s}^{-1})}

5. Longueur caractéristique L :

D'après l'équation de diffusion, l'analyse dimensionnelle impose \frac{[T]}{t} \sim D\,\frac{[T]}{L^2}, soit :

L^2 \sim D\,t \implies \boxed{L = \sqrt{D\,t}}

Résultat

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Question 26

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : équation de la chaleur, condition aux limites

Quelle est l'équation vérifiée par ? Déterminer les valeurs de , et .

Voir l'indice

Utiliser la linéarité de l'équation de diffusion pour montrer que \theta obéit à la même équation de la chaleur, puis traduire les températures aux frontières en valeurs de \theta.

Voir la réponse courte

Par linéarité, la variable adimensionnée \theta vérifie la même équation de la chaleur, avec conditions initiales et aux limites normalisées à 0 ou 1.

Voir le corrigé complet

La température adimensionnée est définie par :

\theta(y,t) = \frac{T(y,t) - T_1}{T_0 - T_1}

où T_0 et T_1 sont des constantes indépendantes du temps t et de l'espace y.

En dérivant par rapport à t et à y :

\begin{aligned} \frac{\partial \theta}{\partial t} &= \frac{1}{T_0 - T_1} \frac{\partial T}{\partial t} \\ \frac{\partial^2 \theta}{\partial y^2} &= \frac{1}{T_0 - T_1} \frac{\partial^2 T}{\partial y^2} \end{aligned}

D'après l'équation de la chaleur établie à la question Q25, \frac{\partial T}{\partial t} = D \frac{\partial^2 T}{\partial y^2}. Par linéarité, la fonction \theta(y,t) vérifie donc la même équation de diffusion thermique :

\boxed{\frac{\partial \theta}{\partial t} = D \frac{\partial^2 \theta}{\partial y^2}}

Déterminons à présent les valeurs demandées :

  • À l'instant initial, le milieu y > 0 est à température uniforme T(y>0, t=0) = T_1, d'où :

    \theta(y>0, t=0) = \frac{T_1 - T_1}{T_0 - T_1} = 0
  • Pour tout t > 0, la surface en y = 0 est maintenue à la température imposée T_0, donc T(y=0, t>0) = T_0 :

    \theta(y=0, t>0) = \frac{T_0 - T_1}{T_0 - T_1} = 1
  • Pour tout temps fini t > 0, le milieu étant semi-infini, l'onde de diffusion thermique n'a pénétré que sur une épaisseur finie caractéristique L \sim \sqrt{Dt}. Le milieu à l'infini n'a pas encore ressenti le changement de température en surface : \lim_{y \to +\infty} T(y,t) = T_1, d'où :

    \theta(y \to +\infty, t>0) = \frac{T_1 - T_1}{T_0 - T_1} = 0

On récapitule :

\boxed{\theta(y > 0, t = 0) = 0, \quad \theta(y = 0, t > 0) = 1, \quad \theta(y \to +\infty, t > 0) = 0}

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : variable d'auto-similarité, équation de diffusion

Montrer que

Voir l'indice

Appliquer la règle de dérivation en chaîne pour exprimer \partial/\partial t et \partial^2/\partial y^2 en fonction des dérivées par rapport à \eta.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les dérivées partielles de la variable de similarité \eta(y,t) = \dfrac{y}{2\sqrt{Dt}} par rapport à l'espace y et au temps t.
  2. Appliquer le théorème de dérivation des fonctions composées pour calculer \dfrac{\partial \theta}{\partial t} et \dfrac{\partial^2 \theta}{\partial y^2} en fonction des dérivées ordinaires de \theta(\eta).
  3. Injecter ces expressions dans l'équation de diffusion thermique établie à la question Q26 et simplifier par le facteur temporel commun.
Voir la réponse courte

Dérivation composée de \theta(\eta) par rapport à t et y avec \eta = y/(2\sqrt{Dt}) et substitution dans l'équation de la chaleur pour éliminer le temps.

Voir le corrigé complet

La fonction \theta ne dépend des variables d'espace et de temps qu'à travers la variable de similarité sans dimension :

\eta(y,t) = \frac{y}{2\sqrt{Dt}} = \frac{y}{2\sqrt{D}}\, t^{-1/2}

Calculons les dérivées partielles de \eta par rapport à y et à t :

\begin{aligned} \frac{\partial \eta}{\partial y} &= \frac{1}{2\sqrt{Dt}} \\ \frac{\partial \eta}{\partial t} &= -\frac{1}{2}\frac{y}{2\sqrt{D}}\, t^{-3/2} = -\frac{y}{4\sqrt{Dt}\cdot t} = -\frac{\eta}{2t} \end{aligned}

Par dérivation de la fonction composée \theta(y,t) = \theta(\eta(y,t)), la dérivée temporelle s'écrit :

\frac{\partial \theta}{\partial t} = \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\eta} \frac{\partial \eta}{\partial t} = -\frac{\eta}{2t} \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\eta}

Pour la variable spatiale y, la dérivée première vaut :

\frac{\partial \theta}{\partial y} = \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\eta} \frac{\partial \eta}{\partial y} = \frac{1}{2\sqrt{Dt}} \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\eta}

Puisque le préfacteur \dfrac{1}{2\sqrt{Dt}} est indépendant de y, la dérivée seconde s'obtient directement :

\frac{\partial^2 \theta}{\partial y^2} = \frac{\partial}{\partial y}\left(\frac{\partial \theta}{\partial y}\right) = \frac{1}{2\sqrt{Dt}} \frac{\partial}{\partial y}\left(\frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\eta}\right) = \frac{1}{2\sqrt{Dt}} \left(\frac{\mathrm{d}^2\theta}{\mathrm{d}\eta^2} \frac{\partial \eta}{\partial y}\right) = \frac{1}{4Dt} \frac{\mathrm{d}^2\theta}{\mathrm{d}\eta^2}

D'après le résultat de la question Q26, la température adimensionnée satisfait l'équation de la chaleur sans terme source :

\frac{\partial \theta}{\partial t} = D \frac{\partial^2 \theta}{\partial y^2}

En y substituant les dérivées obtenues ci-dessus :

-\frac{\eta}{2t} \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\eta} = D \left(\frac{1}{4Dt} \frac{\mathrm{d}^2\theta}{\mathrm{d}\eta^2}\right) = \frac{1}{4t} \frac{\mathrm{d}^2\theta}{\mathrm{d}\eta^2}

Pour tout t > 0, en multipliant par 4t et en regroupant les termes, on obtient l'équation différentielle ordinaire cherchée :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2\theta(\eta)}{\mathrm{d}\eta^2} + 2\eta \frac{\mathrm{d}\theta(\eta)}{\mathrm{d}\eta} = 0}

Résultat

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : fonction d'erreur, équation de diffusion

En utilisant la fonction , montrer que . On donne . En déduire une expression de faisant apparaître une intégrale.

Voir l'indice

Séparer les variables pour intégrer l'équation différentielle du premier ordre en \varphi, puis intégrer une seconde fois en imposant \theta(0)=1 et \theta(+\infty)=0.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation différentielle du premier ordre vérifiée par \varphi(\eta) = \theta'(\eta).
  2. Intégrer \varphi(\eta) pour exprimer \theta(\eta) à l'aide des conditions aux limites déterminées à la question Q26 (\theta(0) = 1 et \lim_{\eta\to+\infty}\theta(\eta) = 0).
  3. Relier \theta(y,t) à la température physique T(y,t) en réinjectant \eta = \frac{y}{2\sqrt{Dt}}.
Voir la réponse courte

Intégration de \varphi'/\varphi = -2\eta en exponentielle de Gauss, puis seconde intégration satisfaisant les conditions aux limites pour obtenir la fonction \mathrm{erfc}(\eta).

Voir le corrigé complet

D'après l'équation établie à la question Q27, la fonction \varphi(\eta) = \frac{\mathrm{d}\theta(\eta)}{\mathrm{d}\eta} vérifie l'équation différentielle linéaire du premier ordre :

\frac{\mathrm{d}\varphi}{\mathrm{d}\eta} + 2\eta\,\varphi(\eta) = 0

La séparation des variables conduit à \frac{\mathrm{d}\varphi}{\varphi} = -2\eta\,\mathrm{d}\eta, ce qui donne par intégration :

\varphi(\eta) = A\,e^{-\eta^2} \quad \text{avec } A \in \mathbb{R}

En intégrant de 0 à \eta, on obtient :

\theta(\eta) - \theta(0) = \int_0^\eta \varphi(z)\,\mathrm{d}z = A\int_0^\eta e^{-z^2}\,\mathrm{d}z

D'après la question Q26, en y=0 pour t>0, on a \eta = 0 et \theta(0) = 1. L'expression devient :

\theta(\eta) = 1 + A\int_0^\eta e^{-z^2}\,\mathrm{d}z

La condition à l'infini imposée en Q26 s'écrit \lim_{\eta\to+\infty} \theta(\eta) = 0. En utilisant l'intégrale de Gauss fournie :

1 + A\int_0^{+\infty} e^{-z^2}\,\mathrm{d}z = 1 + A\,\frac{\sqrt{\pi}}{2} = 0 \implies A = -\frac{2}{\sqrt{\pi}}

On en déduit l'expression de la température adimensionnée :

\boxed{\theta(\eta) = 1 - \frac{2}{\sqrt{\pi}}\int_0^\eta e^{-z^2}\,\mathrm{d}z}

Par définition de \theta(y,t) (question Q26) et sachant que \eta = \frac{y}{2\sqrt{Dt}} :

\theta(y,t) = \frac{T(y,t) - T_1}{T_0 - T_1} \implies T(y,t) = T_1 + (T_0 - T_1)\,\theta(\eta)

En remplaçant \theta(\eta) par son expression :

T(y,t) = T_1 + (T_0 - T_1)\left(1 - \frac{2}{\sqrt{\pi}}\int_0^{\frac{y}{2\sqrt{Dt}}} e^{-z^2}\,\mathrm{d}z\right)

soit, sous forme simplifiée :

\boxed{T(y,t) = T_0 + (T_1 - T_0)\,\frac{2}{\sqrt{\pi}}\int_0^{\frac{y}{2\sqrt{Dt}}} e^{-z^2}\,\mathrm{d}z}

Résultat

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B · Formation d'une croûte de lave solide.

Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : fonction d'erreur, problème de stefan

En reprenant l'équation de la question 27, montrer que

Voir l'indice

Résoudre l'équation sur \theta(\eta) avec les conditions aux limites spécifiques \theta(0) = 0 et \theta(\lambda) = 1 en utilisant la définition de la fonction d'erreur erf.

Voir la stratégie
  1. Résoudre l'équation différentielle linéaire du second ordre établie à la question Q27 pour obtenir l'expression générale de \theta(\eta) en fonction de la fonction d'erreur \mathrm{erf}.
  2. Déterminer les conditions aux limites pour la variable auto-similaire \theta(\eta) à la surface (\eta = 0) et au front de solidification (\eta = \lambda).
  3. Identifier les constantes d'intégration pour aboutir à l'expression recherchée.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation en tenant compte de la condition au front de solidification mobile \eta = \lambda où \theta = 1, introduisant le dénominateur \mathrm{erf}(\lambda).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q27, la température adimensionnée \theta(\eta) vérifie l'équation différentielle :

\frac{\mathrm{d}^2\theta}{\mathrm{d}\eta^2} + 2\eta\,\frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\eta} = 0

En posant \varphi(\eta) = \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\eta}, la séparation des variables conduit à :

\frac{\mathrm{d}\varphi}{\varphi} = -2\eta\,\mathrm{d}\eta \implies \varphi(\eta) = C_1\,e^{-\eta^2}

où C_1 est une constante d'intégration. En intégrant une seconde fois :

\theta(\eta) = \theta(0) + C_1 \int_0^\eta e^{-z^2}\,\mathrm{d}z

En utilisant la définition de la fonction d'erreur \operatorname{erf}(\eta) = \frac{2}{\sqrt{\pi}}\int_0^\eta e^{-z^2}\,\mathrm{d}z, cette solution s'écrit sous la forme générale :

\theta(\eta) = A\,\operatorname{erf}(\eta) + B

où A et B sont des constantes réelles.

Déterminons ces constantes grâce aux conditions aux limites données dans l'énoncé de la partie III.B :

  • À la surface extérieure y = 0, la température vaut T(0,t) = T_0, ce qui correspond à \eta = 0 :

    \theta(0) = \frac{T(0,t) - T_0}{T_f - T_0} = 0

    Comme \operatorname{erf}(0) = 0, on en déduit immédiatement B = 0.

  • À l'interface de solidification y = y_s(t), la température vaut T(y_s,t) = T_f, ce qui correspond à \eta = \eta_s = \lambda :

    \theta(\lambda) = \frac{T(y_s,t) - T_0}{T_f - T_0} = \frac{T_f - T_0}{T_f - T_0} = 1

    On a donc A\,\operatorname{erf}(\lambda) = 1, soit A = \frac{1}{\operatorname{erf}(\lambda)}.

On obtient ainsi le profil de température adimensionnée :

\boxed{\theta(\eta) = \frac{\operatorname{erf}(\eta)}{\operatorname{erf}(\lambda)}}

Résultat

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Question 30

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : enthalpie de fusion, solidification

Quelle est l'énergie libérée par la solidification à la température d'une tranche de lave de surface en fonction de la masse volumique de la lave en fusion et l'enthalpie de fusion massique : .

Voir l'indice

Exprimer la masse de la tranche de lave en cours de solidification \mathrm{d}m = \rho\,S\,\mathrm{d}y_s et multiplier par l'enthalpie massique de solidification (opposée de la fusion).

Voir la réponse courte

Expression de la masse solidifiée \mathrm{d}m = \rho S \mathrm{d}y_s et de l'énergie thermique libérée \delta Q = \rho S \Delta h_{\mathrm{fusion}} \mathrm{d}y_s.

Voir le corrigé complet

Considérons la tranche de lave d'épaisseur \mathrm{d}y_s et de surface S qui se solidifie entre les instants t et t+\mathrm{d}t. Sa masse s'exprime en fonction de la masse volumique \rho par :

\mathrm{d}m = \rho \, S \, \mathrm{d}y_s

La solidification est la transformation inverse de la fusion (\text{liquide} \to \text{solide}). L'enthalpie massique de solidification à la température T_f est donc :

\Delta h_{\mathrm{liq}\to\mathrm{sol}}(T_f) = -\Delta h_{\mathrm{sol}\to\mathrm{liq}}(T_f)

Cette transformation étant exothermique, l'énergie thermique \delta Q libérée par la solidification de la masse \mathrm{d}m est une grandeur positive donnée par :

\delta Q = -\mathrm{d}H_{\mathrm{transfo}} = -\mathrm{d}m \, \Delta h_{\mathrm{liq}\to\mathrm{sol}}(T_f) = \mathrm{d}m \, \Delta h_{\mathrm{sol}\to\mathrm{liq}}(T_f)

On en déduit :

\boxed{\delta Q = \rho \, S \, \Delta h_{\mathrm{sol}\to\mathrm{liq}}(T_f) \, \mathrm{d}y_s}

Résultat

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : problème de stefan, bilan d'énergie

Toute l'énergie libérée par la solidification doit être évacuée par diffusion dans la lave solide car la lave en fusion reste à la température . Montrer que :

Voir l'indice

Traduire la continuité du flux énergétique à l'interface de transition de phase : la chaleur latente libérée est intégralement évacuée par diffusion dans le solide vers la surface.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le flux thermique évacué par conduction à travers l'interface de solidification y = y_s(t) vers la croûte solide en appliquant la loi de Fourier.
  2. Établir le bilan d'énergie sur l'interface pendant la durée \mathrm{d}t : l'énergie thermique libérée par la solidification de la tranche d'épaisseur \mathrm{d}y_s est intégralement emportée par diffusion thermique dans le solide, le liquide étant isotherme à la température T_f.
Voir la réponse courte

Bilan d'énergie à l'interface mobile égalant le flux thermique conduit dans la phase solide à la chaleur latente dégagée par l'avancée du front de solidification.

Voir le corrigé complet

La lave en fusion (y > y_s(t)) est à la température uniforme T_f, son gradient thermique est donc nul et elle n'apporte aucun flux de chaleur à l'interface :

\vec{j}_{Q,\text{liq}}(y_s^+) = \vec{0}.

Dans la croûte solide (0 \leqslant y \leqslant y_s(t)), la température croît avec la profondeur de T(0,t) = T_0 jusqu'à T(y_s,t) = T_f > T_0. D'après la loi de Fourier (question Q24), le vecteur densité de flux thermique au voisinage immédiat de l'interface, du côté solide, s'écrit :

\vec{j}_Q(y_s^-) = -\kappa \left(\frac{\partial T}{\partial y}\right)_{y=y_s} \vec{u}_y.

Puisque le gradient \left(\frac{\partial T}{\partial y}\right)_{y=y_s} est positif, le transfert thermique s'effectue vers le haut, c'est-à-dire dans le sens opposé à l'axe \vec{u}_y (vers la surface froide y=0).

Le flux d'énergie thermique sortant de l'interface vers la croûte solide à travers la surface S pendant l'intervalle \mathrm{d}t s'exprime par le produit de la composante selon -\vec{u}_y par la surface et la durée :

\delta Q_{\text{évac}} = \vec{j}_Q(y_s^-) \cdot (-\vec{u}_y) \, S \, \mathrm{d}t = \kappa \left(\frac{\partial T}{\partial y}\right)_{y=y_s} S \, \mathrm{d}t.

D'après la question Q30, la solidification de l'épaisseur \mathrm{d}y_s de surface S libère l'énergie thermique :

\delta Q = \rho \, S \, \Delta h_{\mathrm{sol}\to\mathrm{liq}}(T_f) \, \mathrm{d}y_s.

L'énoncé précisant que la totalité de cette énergie libérée est évacuée par diffusion dans le solide, le bilan énergétique à l'interface s'écrit :

\begin{aligned} \delta Q &= \delta Q_{\text{évac}} \\ \rho \, S \, \Delta h_{\mathrm{sol}\to\mathrm{liq}}(T_f) \, \mathrm{d}y_s &= \kappa \left(\frac{\partial T}{\partial y}\right)_{y=y_s} S \, \mathrm{d}t. \end{aligned}

En divisant de part et d'autre par S \, \mathrm{d}t, on obtient la relation demandée :

\boxed{\rho \Delta h_{\mathrm{sol}\to\mathrm{liq}}(T_f) \frac{\mathrm{d}y_s(t)}{\mathrm{d}t} = \kappa \left(\frac{\partial T}{\partial y}\right)_{y=y_s}}

Résultat

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Question 32

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : problème de stefan, variable d'auto-similarité

En déduire que

Voir l'indice

Calculer le gradient de température (\partial T/\partial y)_{y=y_s} en dérivant l'expression de \theta(\eta) obtenue en Q29 et injecter \mathrm{d}y_s/\mathrm{d}t = \lambda\sqrt{D/t}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la vitesse d'avancée du front de solidification \dfrac{\mathrm{d}y_s(t)}{\mathrm{d}t} à partir de la définition de la variable auto-similaire au front : y_s(t) = 2\lambda\sqrt{Dt}.
  2. Déterminer le gradient spatial de température \left(\dfrac{\partial T}{\partial y}\right)_{y=y_s} à l'aide de la formule de dérivation des fonctions composées et du profil de température adimensionné \theta(\eta) obtenu à la question Q29.
  3. Réinjecter ces expressions dans la relation de Stefan établie à la question Q31, puis simplifier en utilisant l'expression de la diffusivité thermique D = \dfrac{\kappa}{\rho c} (question Q25).
Voir la réponse courte

Injection de l'expression de \theta(\eta) et de y_s(t) = 2\lambda\sqrt{Dt} dans la condition de Stefan pour éliminer t et isoler l'équation transcendante en \lambda.

Voir le corrigé complet

D'après la définition de la constante \lambda, la position de l'interface de solidification s'écrit :

y_s(t) = 2\lambda\sqrt{Dt} = 2\lambda\sqrt{D}\,t^{1/2}

Sa dérivée temporelle est donc :

\frac{\mathrm{d}y_s(t)}{\mathrm{d}t} = 2\lambda\sqrt{D}\left(\frac{1}{2\sqrt{t}}\right) = \frac{\lambda\sqrt{D}}{\sqrt{t}}

D'autre part, la température s'exprime en fonction de la température adimensionnée \theta selon (question Q29) :

T(y,t) = T_0 + (T_f - T_0)\,\theta(\eta) \quad \text{avec} \quad \eta = \frac{y}{2\sqrt{Dt}} \quad \text{et} \quad \theta(\eta) = \frac{\operatorname{erf}(\eta)}{\operatorname{erf}(\lambda)}

Par dérivation en chaîne, le gradient de température dans la croûte solide s'écrit :

\frac{\partial T}{\partial y} = (T_f - T_0)\,\frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\eta}\,\frac{\partial \eta}{\partial y}

Or :

\frac{\partial \eta}{\partial y} = \frac{1}{2\sqrt{Dt}} \quad \text{et} \quad \frac{\mathrm{d}\theta}{\mathrm{d}\eta} = \frac{1}{\operatorname{erf}(\lambda)}\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}\eta}(\operatorname{erf}(\eta)) = \frac{1}{\operatorname{erf}(\lambda)}\left(\frac{2}{\sqrt{\pi}}e^{-\eta^2}\right)

Au niveau du front de solidification (y = y_s(t), soit \eta = \lambda), on obtient :

\left(\frac{\partial T}{\partial y}\right)_{y=y_s} = (T_f - T_0)\left(\frac{2}{\sqrt{\pi}\operatorname{erf}(\lambda)}e^{-\lambda^2}\right)\frac{1}{2\sqrt{Dt}} = \frac{T_f - T_0}{\sqrt{\pi}\operatorname{erf}(\lambda)}\frac{e^{-\lambda^2}}{\sqrt{Dt}}

En injectant ces résultats dans le bilan d'énergie à l'interface établi en Q31 :

\rho \Delta h_{\mathrm{sol}\to\mathrm{liq}}(T_f) \frac{\lambda\sqrt{D}}{\sqrt{t}} = \kappa \frac{T_f - T_0}{\sqrt{\pi}\operatorname{erf}(\lambda)}\frac{e^{-\lambda^2}}{\sqrt{Dt}}

Le facteur temporel \sqrt{t} se simplifie des deux côtés. En multipliant par \sqrt{D} et en rappelant que par définition de la diffusivité thermique (question Q25), \kappa = \rho c D d'où \dfrac{\kappa\sqrt{D}}{D} = \rho c \sqrt{D}, il vient :

\rho \Delta h_{\mathrm{sol}\to\mathrm{liq}}(T_f)\,\lambda = \rho c (T_f - T_0) \frac{e^{-\lambda^2}}{\sqrt{\pi}\operatorname{erf}(\lambda)}

En simplifiant par \rho et en regroupant les termes dépendant de \lambda dans le membre de gauche, on conclut :

\boxed{\frac{\exp(-\lambda^2)}{\lambda \operatorname{erf}(\lambda)} = \frac{\sqrt{\pi}}{c(T_f - T_0)} \Delta h_{\mathrm{sol}\to\mathrm{liq}}(T_f)}

Résultat

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Question 33

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : méthode de dichotomie, méthode de newton

Quel algorithme peut on utiliser pour obtenir la constante numériquement ? Expliquer en quelques mots son fonctionnement.

Voir l'indice

Présenter le principe de l'algorithme de dichotomie (ou de la méthode de Newton) basé sur le théorème des valeurs intermédiaires pour trouver la racine d'une équation non linéaire.

Voir la stratégie

Pour déterminer numériquement la racine d'une équation scalaire non linéaire de la forme g(\lambda) = 0, le programme de CPGE met en avant deux algorithmes classiques :

  1. La méthode de dichotomie, particulièrement robuste et universelle ;
  2. La méthode de Newton-Raphson, à convergence très rapide (quadratique).
Voir la réponse courte

Présentation de la méthode de dichotomie (division de l'intervalle par encadrement) ou de Newton-Raphson (approximation par la tangente) pour résoudre l'équation non linéaire.

Voir le corrigé complet

L'équation établie à la question Q32 se met sous la forme g(\lambda) = 0, avec :

g(\lambda) = \frac{\exp(-\lambda^2)}{\lambda\,\operatorname{erf}(\lambda)} - \frac{\sqrt{\pi}\,\Delta h_{\mathrm{sol}\to\mathrm{liq}}(T_f)}{c(T_f - T_0)}

La fonction g est continue et strictement décroissante sur ]0, +\infty[. Pour trouver numériquement la constante \lambda, on peut utiliser l'algorithme de dichotomie (ou la méthode de Newton-Raphson).

Fonctionnement de l'algorithme de dichotomie :

  • Initialisation : On choisit deux réels a et b encadrant la solution, tels que g(a) \cdot g(b) < 0 (par exemple [a, b] = [0{,}5\,;\,2] au vu du tracé de la figure 7).
  • Itération : À chaque étape, on évalue la fonction au milieu de l'intervalle m = \dfrac{a + b}{2} :

    • si g(a) \cdot g(m) \leqslant 0, la racine appartient à l'intervalle [a, m] : on pose b \leftarrow m ;
    • sinon, la racine appartient à [m, b] : on pose a \leftarrow m.
  • Critère d'arrêt : La longueur de l'intervalle de recherche est divisée par deux à chaque itération. Le processus s'arrête dès que la largeur b - a devient inférieure à une précision ou tolérance \varepsilon fixée à l'avance. L'approximation de \lambda est alors le dernier milieu m.
\boxed{\text{Méthode de dichotomie (ou méthode de Newton-Raphson)}}

Résultat

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Question 34

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Application numérique
  • Exploitation de document

Notions : problème de stefan, diffusion thermique

À l'aide de la figure 7, estimer la valeur numérique de . En déduire l'épaisseur de la croûte de lave six mois après l'éruption. Comparer votre résultat à ceux de la figure 8 tirés d'une expérience.

Voir l'indice

Calculer numériquement la valeur du second membre de l'équation de Q32, lire la valeur de \lambda sur la figure 7, puis calculer l'épaisseur y_s = 2\lambda\sqrt{Dt} avec t = 6\text{ mois} en secondes.

Voir la stratégie
  1. Évaluer numériquement le second membre de la relation établie à la question Q32 à partir des données numériques fournies.
  2. Lire la valeur correspondante de \lambda sur le graphe de la figure 7.
  3. Exprimer l'épaisseur y_s(t) = 2\lambda\sqrt{Dt} pour t = 6\text{ mois}, en convertissant la durée en secondes.
  4. Relever l'épaisseur sur la figure 8 à l'abscisse t = 0{,}5\text{ an} et confronter théorie et expérience.
Voir la réponse courte

Lecture graphique de \lambda sur la figure 7, calcul de l'épaisseur y_s = 2\lambda\sqrt{Dt} pour une durée de 6 mois et validation avec les mesures expérimentales.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q32, la constante \lambda vérifie l'équation :

\frac{\exp(-\lambda^2)}{\lambda \operatorname{erf}(\lambda)} = \frac{\sqrt{\pi}}{c(T_f - T_0)} \Delta h_{\mathrm{sol}\to\mathrm{liq}}(T_f)

Calculons numériquement le membre de droite avec les données de l'énoncé :

\begin{aligned} \frac{\sqrt{\pi}}{c(T_f - T_0)} \Delta h_{\mathrm{sol}\to\mathrm{liq}}(T_f) &= \frac{1{,}77 \times 400 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}}{1 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{K}^{-1} \times 1000\text{ K}} \\ &= 1{,}77 \times 0{,}40 \\ &= 0{,}708 \simeq 0{,}71 \end{aligned}

Sur la figure 7, la courbe coupe le niveau d'ordonnée y \simeq 0{,}71 (légèrement au-dessus de la graduation 0{,}7) à l'abscisse :

\boxed{\lambda \simeq 0{,}85}

(une valeur comprise entre 0{,}8 et 0{,}9 est tout à fait acceptable compte tenu de la précision de lecture).

L'épaisseur de la croûte solide à l'instant t est reliée à la variable de similarité par :

y_s(t) = 2\lambda\sqrt{Dt}

Pour une durée de six mois, soit une demi-année :

t = 0{,}5\text{ an} \simeq 0{,}5 \times 365{,}25 \times 86\,400\text{ s} \simeq 1{,}58 \times 10^7\text{ s}

Le produit de diffusion vaut :

Dt \simeq 7 \times 10^{-7}\text{ m}^2\cdot\text{s}^{-1} \times 1{,}58 \times 10^7\text{ s} \simeq 11{,}1\text{ m}^2

d'où :

\sqrt{Dt} \simeq \sqrt{11{,}1} \simeq 3{,}33\text{ m}

On en déduit l'épaisseur de la croûte solide :

y_s(6\text{ mois}) = 2 \times 0{,}85 \times 3{,}33\text{ m} \simeq 5{,}7\text{ m}
\boxed{y_s(6\text{ mois}) \simeq 5{,}6\text{ à }5{,}7\text{ m}}

Comparaison avec les mesures de la figure 8 : Sur la figure 8, à l'abscisse t = 0{,}5\text{ an}, la courbe théorique et les points expérimentaux (mesures in situ sur les lacs de lave Makaopuhi et Kilauea Iki) donnent une épaisseur y_m \simeq 5{,}3\text{ m} (l'ensemble des points expérimentaux se situe entre 4{,}5\text{ m} et 5{,}5\text{ m}).

La valeur calculée est en excellent accord avec les observations de terrain, confirmant la validité du modèle de Stefan en \sqrt{t} pour la solidification des coulées magmatiques.

Résultat

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet Mines-Ponts Physique 1 MP 2023 ?

Surtout 3 chapitres : Cinématique et dynamique du point (49 % des questions, partie I), Diffusion thermique et diffusion de particules (31 %, partie III) et Approche énergétique et oscillateurs mécaniques (15 %, partie II). Plus ponctuellement : Changements d'état du corps pur et Référentiels non galiléens.

Peut-on travailler le sujet Mines-Ponts Physique 1 MP 2023 dès la première année (MPSI) ?

En partie : 24 questions sur 34 (71 %) ne demandent que le programme de MPSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 à Q15) et la partie II en entier (Q16 à Q22), ainsi que Q30 et Q33. Avec les autres programmes de première année : 24 en PCSI, 24 en PTSI, 20 en MP2I, 11 en TSI1 et 20 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet Mines-Ponts Physique 1 MP 2023 ?

Environ 3 h pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé), pour une épreuve de 3 h : le sujet est faisable en entier dans le temps imparti.

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet Mines-Ponts Physique 1 MP 2023 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q13 (portée) et Q32 (problème de stefan).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet Mines-Ponts Physique 1 MP 2023 ?

Questions de cours : Q1 (référentiel galiléen), Q17 (pendule simple), Q22 (cycloïde), Q23 (diffusion thermique), Q24 (loi de fourier) et Q33 (méthode de dichotomie). Classiques incontournables, à savoir refaire : Q2 (principe fondamental de la dynamique), Q3 (trajectoire parabolique), Q4 (portée), Q6 (principe fondamental de la dynamique), Q16 (pendule simple), Q18 (pendule simple), Q25 (équation de la chaleur), Q27 (variable d'auto-similarité)….

Où gagner des points facilement dans le sujet Mines-Ponts Physique 1 MP 2023 ?

Beaucoup de questions rapides et accessibles (21 sur 34), par exemple : Q1 à Q5, Q7 à Q11, Q15 à Q17, Q20 à Q24, Q26, Q30 et Q33. Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q14, Q18, Q25, Q27 à Q29, Q31 et Q32.

Le sujet Mines-Ponts Physique 1 MP 2023 était-il difficile et quelle a été la moyenne ?

D'après le rapport du jury, c'est un sujet de difficulté moyenne. Le jury a trouvé la première partie très sélective alors qu'elle était classique, tandis que les questions mathématiques et l'équation de la chaleur ont été globalement bien traitées ; la fin du sujet a été très peu abordée. Moyenne : 11,68/20 (écart-type 3,68, 5 091 présents).

Faut-il connaître les propriétés de la fonction W de Lambert pour ce sujet ?

Non : l'énoncé introduit et définit entièrement cette fonction à la question Q11, puis guide son application au tir balistique aux questions Q12 à Q14.

Quel modèle classique sous-tend l'étude de la croûte de lave en partie III ?

C'est le problème de Stefan à une dimension : la diffusion thermique dans la phase solidifiée gouverne l'évacuation de la chaleur latente et la progression du front mobile en Q31 et Q32.

Où je me situe, question par question

Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.

Note estimée
–
0 question réussie sur 34
Position estimée
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Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 34 questions de ce corrigé. La position suppose des notes réparties selon une loi normale de moyenne 11,68 et d'écart-type 3,68 (chiffres officiels de l'épreuve). Votre sélection reste sur cet appareil.

Source des chiffres : document officiel du concours.

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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.